John Phillips.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN PHILLIPS/Los Angeles (Californie)

 

John phillips 1

 

Né le 30 août 1935 à Parris Island (Californie),mort le 18 mars 2001 à Los Angeles (Californie).

Actif entre 1965 et 1979.

Label:Dunhill,Eagle.

Genre:folk,country-rock,pop-rock,sunshine pop,folk-rock,pop psychédélique.

 

Le loup-roi de Laurel Canyon.

Quand on évoque le nom de John Phillips, c'est généralement pour référer à son passé glorieux d'artiste californien fondateur et chanteur-compositeur principal au sein des Mamas & Papas, d'arrangeur de leurs mémorables harmonies et d'auteur de California Dreamin', Monday Monday, Creeque Alley ou de l'hymne San Francisco (Be Sure to Wear Flowers in Your Hair) pour Scott McKenzie.

C'est moins pour parler de la face cachée de l'homme sur lequel pèsent de sérieuses allégations de viols et de relations incestueuses ainsi que d'incitations à la drogue, révélées en 2009 par sa fille Mackenzie Philips, actrice et chanteuse, dans son autobiographie High On Arrival. Mort en 2001, l'accusé, figure majeure du Los Angeles hippie et de la contre-culture, n'a pas eu à subir les retombées d'une telle révélation, mais quand on connaît la vie dissolue et dépravée menée par ce dernier dans les 60's/70's libertaires, nul n'en est surpris.

Phillips régnait sur le Laurel Canyon festif autant que sur les hits, les Mamas signant, sous sa coupe, 6 Top 10 en deux ans (California Dreamin', Monday Monday, I Saw Her Again, Words Of Love, Dedicated To The One I Love et Creeque Alley) et écoulant des millions de disques dans le monde.

Passé par l'incontournable Greenwich Village.

Fils d'un officier de marine, John Phillips voit le jour en Caroline du Sud, à Parris Island fin août 1935. Plus tard, il part étudier à l'Université George Washington, puis à la United States Naval Academy avant de prendre le chemin de New York, dès 1957, où il va prendre part au renouveau du folk sur la scène de Greenwich Village ; il y rencontre Scott McKenzie et fonde, avec lui, quelques formations dont les Abstracts, inspirés par les ensembles vocaux comme The Four Freshmen, The Hi-Los, The Four Preps. Les Abstracts deviennent les Smoothies en 1960, lesquels évoluent vers un trio folk (avec le banjoïste Dick Weissman) : The Journeymen (3 LP pour Capitol).

John, 25 ans, marié, 2 enfants, tombe alors amoureux de Michelle Gilliam, une belle jeune fille de 16 ans (déjà). Il divorce de sa première épouse et se remarie en 1962, en Californie. Il met un terme aux Journeymen et rebondit avec sa blonde sur les New Journeymen que rejoint le guitariste et chanteur Denny Doherty (The Hepsters, The Colonials, The Halifax Three).

Doherty est alors proche de Cass Elliot (The Big Three). A l'occasion d'une tournée de Halifax Three, Doherty rencontre Phillips et sa nouvelle épouse avant de rejoindre le Big Three de Cass Elliot avec Zal Yanovsky (Lovin' Spoonful) ; le groupe évolue en Mugwumps mais doit cesser son activité en raison de problèmes financiers.

John phillips 3 spokeo fotoJohn Phillips, jet-setteur de Laurel Canyon.

John phillips mamasA la tête des Mamas & Papas.

John phillips mamas 2Doherty,John et Michelle Phillips, Cass Elliot.

John phillips mckenzie phillipsJohn Phillips et sa fille Mckenzie Phillips.

Les Mamas & Papas, c'est lui.

C'est le moment choisi par John Phillips et les New Journeymen pour relancer Doherty, excellent chanteur, et de lui proposer de remplacer Marshall Brickman (1965). La même année, c'est au tour de Cass Elliot de rejoindre les New Journeymen. Le groupe change alors son nom pour The Magic Circle puis mute en Mamas & Papas, influencés par les Beatles et par leurs mélodies pop ; ils déménagent sur Los Angeles où ils se lient d'amitié avec Lou Adler, alors producteur de Johnny Rivers, célèbre pour son long blues-hommage à John Lee Hooker (1967) ; ce dernier, propriétaire du label Dunhill Records, les signe en septembre 1965.

Un premier single à succès, California Dreamin', sort en décembre 1965. Ecrite par les époux Phillips à l'époque où ils arpentent encore les rues de Greenwich, cette belle chanson traduit le mal du pays ressenti par Michelle et symbolise également tout l'attrait exercé par la Californie sur la jeunesse américaine ; elle se classe au 4ème rang des charts US et fait 23 au Royaume-Uni.

Avec ce titre, la bande à John Phillips ouvre la voie aux ballades à succès qui vont être la caractéristique des Mamas & Papas, 5 LP au compteur entre 1966 et 1971 : If You Can Believe Your Eyes And Ears (1966), The Mamas And The Papas, appelé aussi Cass, John, Michelle, Dennie (1966), The Mamas And The Papas Deliver (1967), The Papas And The Mamas (1968), People Like Us (1971) et, en 1970, un live du nom de Historic Performances Recorded At The Monterey International Pop Festival.

Monterey, c'est encore lui.

Les Mamas And Papas prennent part, en effet, au Festival pop de Monterey en juin 1967 ; John Phillips en est aussi un des co-organisateurs illuminés, avec Lou Adler, Alan Pariser, promoteur de spectacles de Los Angeles et Derek Taylor, journaliste et attaché de presse des Beatles et des Beach Boys.

Deux ans avant le légendaire Woodstock et le tristement célèbre Altamont, alors que la pop musique n'est pas pris très au sérieux, naît dans une ville côtière du sud de San Francisco, le premier grand raoût pop-rock-folk-blues-soul à regrouper pendant trois jours autant de stars huppées réunies sous l'enseigne pop : Hendrix, Otis Redding, Janis Joplin, les Who, Ravi Shankar, Johnny Rivers, Canned Heat,The Association, Simon & Garfunkel, Eric Burdon, Jefferson Airplane, Grateful Dead...

Pas de Beatles, pas de Stones ni de Beach Boys, encore moins de Dylan immobilisé par son accident de moto... les Mamas & Papas, alors à leur apogée, profitent de l'aubaine pour devenir les stars d'un festival pour lequel les organisateurs, John Phillips étant parmi les plus ardents, installent une arène de 7.000 places assises, une zone-bivouac pour les artistes, et une enfilade de stands (bijoux, artisanat, nourritures) et confient la couverture cinématographique de l'événement à Donn A. Pennebaker, le réalisateur de documentaire américaine alors en vogue. Un flux conséquent de journalistes étant recensé, Monterey bénéficie d'un relais médiatique énorme dans le monde entier. John, mais aussi Michelle Phillips, très impliquée, n'est pas le dernier à avoir contribué à la popularité de ce festival.

John phillips michelle portrait

« J'ai un merveilleux souvenir de cette époque et du groupe. Je ne craignais rien à son sujet car John Phillips tenait parfaitement la barre. » (Michelle Phillips)

Premières pressions...

Pourtant, un an auparavant, force est de constater que l'on ne donne alors plus cher des chances des Mamas & Papas malgré l'enchaînement de ses succès. Michelle Phillips, déjà impliquée dans une relation cachée avec Doherty en 1965, tombe dans les bras de Gene Clark des Byrds. Si John lui pardonne son premier écart, il l'expulse du groupe au second, en juin 66, et embauche à sa place Jill Gibson (Jan & Dean), rencontrée grace à Adler, laquelle sera, par ailleurs, photographe de l'historique festival de Monterey.

Jill, malgré sa qualité et tout le tapage fait autour de son arrivée au sein du groupe, ne remplace pas Michelle dans les cœurs de l'entourage des Mamas ; elle est gentiment écartée fin août 1966 mais Michelle est aussitôt réintégrée, ce qui contribue au flou consistant à lever le voile sur qui, de Jill ou de Michelle, chante sur les disques de cette période, assurément la plus juteuse.

L'excellent John The Wolf King Of L.A.

Monterey et la gloire engendrée par ses hits légendaires ont accru la pression sur le groupe vocal lequel se disloque progressivement, renforcé par l'envie de Cass Elliot de continuer en solo dès fin 68. Début 1969, le succès étant devenu plus difficile, Dunhill libère les Mamas de ses contrats ; John Phillips officialise la rupture et, en janvier 1970, sort un premier LP pour son compte : l'excellent John Phillips (John The Wolf King of L.A), alimenté par une puissante écriture autobiographique et soutenu par la mémorable unité de session angeline des Wrecking Crew.

Un deuxième album lui est crédité, Browster McCloud (1970), bande-son du film de Robert Altman, qui n'a pas laissé un souvenir impérissable. Hélas, de plus en plus miné par les prises de drogues, John Phillips, grassement rétribué pour avoir été l'auteur des hits précédemment cités, se met progressivement en marge de la scène musicale et se laisse vivre. Il se contente de produire, de signer des musiques de films et de travailler sur une comédie musicale.

Quand le succès le fuit.

En 1973, il s'installe à Londres où il enregistre quelques pistes en solo avec Mick Jagger et Keith Richards pour producteurs. Ceux-ci encouragent Phillips à réaliser un nouvel album lequel serait publié sur le label Rolling Stones Records. Le projet tombe à l'eau, l'ancien Papas est sous influence permanente d'un cocktail de cocaïne et d'héroïne qu'il avoue s'injecter tous les ¼ d'heure pendant deux ans !

De drogue, il en est toujours question en 1981 quand Phillips est reconnu coupable de trafic ; risquant plusieurs dizaines d'années de prison, pour alléger sa peine, il se lance dans une campagne contre les stupéfiants aux côtés de sa fille Mckzenzie Phillips, celle-là même que Philips a initiée aux hallucinogènes alors qu'elle avait 12 ans.

Une fois libéré et en meilleure santé physique, il reforme les Mamas & Papas avec sa fille, Spanky McFarlane (Spanky And Our Gang) et Denny Doherty, puis, avec ce line-up renforcé parfois par Scott McKenzie, repart en tournée. Mais les Mamas & Papas sont morts depuis 1974 quand est décédée la charismatique Cass Elliot.

Retour gagnant.

En 1986, il publie son autobiographie, Papa John, puis co-signe, pour les Beach Boys, avec Terry Melcher, Mike Love et Scott McKenzie, le single Kokomo (juillet 1988/Elektra), numéro 1 des ventes aux Etats-Unis, en Australie et au Japon.

En proie à des problèmes de santé induits par ses années de drogues et d'alcools, il subit une transplantation du foie en 1992. Six ans plus tard, John Phillips et Michelle (seule survivante des Mamas & Papas), ainsi que Denny Doherty (mort en 2007), sont réunis à l'occasion de l'intronisation des Mamas & Papas au Rock And Roll Hall Of Fame.

Le 23 avril 2001 est publié à titre posthume Pay Pack & Follow, l'album non édité que les Stones ont produits dans les 70's. Hélas, John Phillips s'est éteint depuis un peu plus d'un mois (13 mars), laissant derrière lui une sale réputation de jet-setteur débauché, 4 ex et 5 enfants. N'en retenons que ses inoubliables chansons et ses mélodies intemporelles (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

John phillips john the wolf king of l a 70

 

JOHN PHILLIPS

JOHN THE WOLFKING OF L.A – 1970  4,5/5

 

Publié en janvier 1970.

Produit par Lou Adler.

Durée:33:29.

Label:Dunhill.

Genre:folk,folk-rock,country-rock.
 

Fils à Papa.

 

John Edmund Andrew Philips, alias John Phillips est un fils à Papa. Je n’entends pas par là ce que la définition en retient, à savoir le fils parfait, l’enfant de bonne famille, celui qui porte beau, s’exprime bien, un peu beaucoup lèche-cul à l’école et qui use du statut social de son géniteur pour réussir une vie généralement passée à glander.

Quand je dis fils à Papa, j’en réfère essentiellement à son illustre passé de Mamas & Papas, qu’il a contribué à mettre sur pied en 1966. Ce fils d’un officier des Marines et d’une indienne cherokee, s’exprime pourtant bien puisqu’il est la plume qui signe la fine fleur de ce que le groupe californien exporte sur les scènes internationales : California Dreamin’, Monday Monday, I Saw Her Again, Creeque Alley… et San Francisco (Be Sure To Wear Flowers In Your Hair) qu’il écrit pour Scott Mc Kenzie, qui devient d’abord l’hymne du Human Be-In avant de s’établir comme numéro un dans tout le monde.

Phillips met en sommeil les Mamas en 1968, avant de les réactiver pour un temps très court, en 1971. Entre les deux, en 1969, il s’offre une sorte de pantouflage doré en enregistrant son propre album : John The Wolfking Of L.A. publié un an plus tard (70).

A cette époque, il est à fond la caisse le nez dans la dope et l’alcool, héro, coke, et amphés confondus ; son couple est en fin de cycle. Sa dérive couvre toute la décennie (et la suivante, et celle d’après…) et finit par une inculpation pour trafic et possession de drogue en 1981.

L’artisan principal des Mamas ayant collecté un lot de chansons restées inédites et qui n’auraient pas dépareillé le catalogue du groupe, les utilise pour alimenter ce qui, au final, s’avère comme le seul album solo qui lui soit comptabilisé.

Produit par Lou Adler, l’homme derrière les Mamas, Spirit et Carole King, l’enregistrement bénéficie de la présence de musiciens de session triés sur le volet (Wrecking Crew) et issus du haut du panier de la scène californienne : le claviériste Larry Knechtel, le batteur Hal Blaine, le pedal steel guitariste Buddy Emmons, le guitariste et joueur de dobro James Burton, le steel guitariste Red Rhodes, le violoniste Gordon Terry, les guitaristes David Cohen et Dr. Eric Hord et le bassiste Joe Osborn. La majorité de ceux-ci a œuvré dans l’entourage de Presley.

Cet album de détente, bâti sur un mid-tempo continu, installé dans une ambiance country-folk-rock moelleuse et référant à des faits et personnages affectant directement Phillips, se recommande dans sa globalité mais plus précisément pour ses accroches restées mémorables comme April Anne qui introduit le répertoire, le mélancolique Topanga Canyon, Malibu People, Down The Beach, Mississippi et le final Holland Tunnel (rien à voir avec une quelconque actualité visant la popularité de notre président aujourd’hui).

Annoncé comme un immense événement, son LP n’a pas le retentissement attendu, sans que sa qualité puisse être un seul instant remise en question. Pour John Phillips commence alors une très longue descente aux enfers (RAZOR©).

 

1. April Anne.

2. Topanga Canyon.

3. Malibu People.

4. Someone's Sleeping.

5. Drum.

6. Captain.

7. Let It Bleed, Genevieve.

8. Down the Beach.

9. Mississippi.

10. Holland Tunnel.

 

John Phillips:chant,guitare,harmonica.

Buddy Emmons:pedal steel.

James Burton:guitare, dobro.

Red Rhodes:steel guitare.

Darlene Love,Fanita James,Jean King:choeurs.

Gordon Terry:violon.

Hal Blaine:batterie.

David Cohen,Dr. Eric Hord:guitare.

Larry Knechtel:claviers.

Joe Osborn:basse.

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