Julie Driscoll.

BIOGRAPHIE.

 

JULIE DRISCOLL/Londres (Angleterre)

 

Julie driscoll

 

Epouse Tippetts.

Née le 8 juin 1947 à Londres (Angleterre).

Années actives:de 1963 à 2015.

Label:Marmalade.

Genre:pop,R & B,jazz,folk-rock,pop psychédélique,jazz-rock,soul.

Site officiel:mindyourownmusic.co.uk

 

Les ricains avaient Pearl, les anglais Jools.

Les ondulations de son corps filiforme et les mouvements de ses doigts décrivant des sinuosités au dessus de sa tête restent dans toutes les mémoires. Les écrans télévisés crachent alors un mauvais noir et blanc, mais elle apparait sur les plateaux, belle comme un cœur, avec des yeux à nafissatoudialliser un déèska dormant sur la béquille. Julie Driscoll, chanteuse britannique, fut très populaire entre le milieu des années 60 et le début des seventies. Les ricains avaient Pearl, les rosbeefs, Jools, une des plus grandes voix soul d’Angleterre, en même temps qu’une figure féminine incontournable de la culture pop british de cette période.

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Julie a fait dans le soul, le jazz-rock, le R & B et le rock psychédélique qui lui a valu notamment de briller avec Brian Auger. Son passage dans le milieu du rock tient du coup de bol.

Secrétaire du fan-club des Yardbirds, elle est remarquée par le manager du groupe et grand dénicheur de talents, Giorgio Gomelsky, un homme du milieu de la nuit et des clubs du London Swinging d’alors.

Le Steampacket pour tremplin.

Sa première expérience musicale date de 1963, date à laquelle elle publie un premier single Take Me By The Hand, mais c’est avec le Steampacket, groupe de blues anglais formé par John Baldry, qu’elle va réellement faire le grand saut dans la profession. Elle y côtoie Rod Stewart, ainsi que Brian Auger et Vic Briggs avec lesquels elle va contribuer à la formation de Trinity, dirigée par Auger.Après Save Me, une reprise d’Aretha Franklin (1967), The Face et ses potes, comme va l’appeler la presse rock anglaise, enchaîne avec Tramp.

Mais cette collaboration, démarrée en 1966, si elle donne naissance à de nombreux hits, le plus populaire d’entre eux est la reprise de Bob Dylan et Rick Danko, This Wheel’s On Fire.

Auger/Trinity/Driscoll : une union innovante.

Brian Auger et le Trinity en font, en 1968, une version énorme qui culmine au cinquième rang des charts du Royaume-Uni. Elle est depuis étroitement liée à l’ère psychédélique british. Julie Driscoll, Brian Auger & The Trinity signent par ailleurs un LP, Open, qui, la même année, figure à la douzième place des albums ; cet album abrite la version hallucinée de Saison Of The Witch, le classique de Donovan.

L’association Auger/Driscoll/Trinity dure jusqu’en mai/juin 1969. Elle prend fin avec Streetnoise, un grand moment de la carrière discographique de cette alliance commencée du coté de Steampacket.

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« Fut un temps où je ne pouvais pas sortir au risque d’être reconnue.

J’allais jusqu’à faire des promenades autour de Vauxhall Bridge et de Lambeth en pleine nuit. » (Julie Driscoll)

La diva androgyne anglaise, semblant sortie tout droit d’un magazine de mode, amorce alors une carrière solo qui va l’éloigner du registre pop qui l’a révélée. Ses débuts vont s’avérer pour le moins ambitieux : 1969, c’est le titre de son probant premier album, permet à Jools de rencontrer Keith Tippett, pianiste et compositeur, figure influente des premières heures du jazz-rock né à la fin des années 60, claviériste sur les troisième et quatrième LP de King Crimson, dont il était très proche pour être l’arrangeur attitré du groupe pour les parties de piano.

De Jools à Madame Tippetts.

Julie Driscoll en pince pour ce dernier qui l’épouse en 1970. Encore Driscoll au moment des enregistrements de 1969, à la sortie du LP, bizarrement en 1971, elle est déjà Madame Tippett (ou Tippetts). 1969 révèle les dispositions vocales époustouflantes de son interprète. Cette rencontre artistique l’ancre de manière plus conséquente dans le jazz, plus particulièrement le jazz progressif où elle contribue aux travaux de son mari, ainsi que dans la musique expérimentale.

L’excellent Sunset Glow parait en 1974 qui expérimente notamment les techniques vocales improvisées avant qu’elle ne rejoigne Maggie Nicols, Brian Ely et Phil MInton réunis sur l’album Sweet And S’Ours de 1978.

Le jazz comme terrain d’expression.

Julie passe les années 80 à s’impliquer dans un grand nombre de petites formations, avant de passer à l’étape supérieure dans les 90’s où elle privilégie les grands ensembles (Mujician, The Dedication Orchestra,Tapestry…). Sa dernière implication discographique remonte à 2012. On la retrouve avec Martin Archer sur Serpentine où, dans un registre complètement différent, elle fait valoir avec toujours autant de classe son incomparable technique vocale dont elle a conservé l’inflexion bluesy qui fit son succès dans les années 60 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S AVEC BRIAN AUGER & THE TRINITY.

LP Studio 2 - 1969

 

Julie driscoll brian auger trinity streetnoise

 

JULIE DRISCOLL, BRIAN AUGER & THE TRINITY

STREETNOISE – 1969  5/5

 

Presque trop beau...

 

Publié en 1969.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:74:04.

Label:Marmalade Records.

Genre:jazz,rock progressif.

 

Paru en 1969, le double Streetnoise (en écoute intégrale ici) est la deuxième et ultime collaboration - parlons plutôt de cohabitation, le terme est plus approprié -  entre les britanniques Julie Driscoll et Brian Auger & The Trinity ; l’autre implication de Jools sur un LP du claviériste anglais alors en vogue étant l’album Open en 1967.

Les enfants, ruez-vous sur cet album, c’est tout ce que j’ai à vous dire. Cocktail de classique, de gospel, de jazz, de blues et de rock, d’une grande tenue musicale, interprété par des musiciens virtuoses, notamment Brian Auger qui, à l’orgue et au piano, nous régale de ses solos subtils et inspirés à la John Lord ou Keith Emerson, agrémenté de la voix érotique, époustouflante et sensuelle, pleine d’émotion de Julie Driscoll, Streetnoise est parfois étrange, mais c’est ce qui fait son génie.

Bon, d’accord, la moitié de Streetnoise est constituée de reprises comme Light My Fire des Doors, sublime et embrumé au possible, Let The Sunshine In de la comédie musicale Hair, comme  Take Me To The Water de Nina Simone, comme Save The Country (Laura Nyro, une auteur-compositeur née dans le Bronx et qui a arrêté sa carrière à 24 ans), comme All Blues de Miles Davis ou Indian Rope Man de Richie Havens.

Mais y a pas de mal à ça, non ? D’autant plus que l’interprétation de ces versions empruntées relègue au rang de reprises les originaux. Parmi les morceaux propres à Driscoll, qui ne chante pas sur tous les morceaux, et Brian Auger, accordez une attention particulière à l’instrumental qui démarre l’album, Tropic Of Capricorn (et son solo d’orgue Hammond crédité à Brian Auger) aux variations jazzy, à I’ve Got The Life et sa joie de vivre, Czechoslovakia (créditée à Driscoll), A Word About Colour (émouvant), When I Was Young (arrangé par Jools), au gospelisé Take Me To The Water.

Ne négligez rien, allez jusqu’au bout de l’écoute. Cet album sur lequel les guitares n’apparaissent, pour ainsi dire, pas, est une fusion aboutie de jazz rock, de pop anglaise, de folk et de touches progressives. Il est radicalement différent de ce qui se faisait à l’époque et dégage une impression étrange.

La voix orgasmique de Driscoll et les sonorités qu’Auger tire de son orgue Hammond, se marient à merveille. C’est l’ultime tour de piste, de Julie Driscoll, devenue Tippetts, et de Brian Auger. Streetnoise n’est pas sans faire resurgir les souvenirs d’une époque marquée par les révoltes d’une jeunesse adolescente en proie à des désirs (utopiques) de paix et d’amour. Franchement, allez-y. Foncez sur Streetnoise. C’est fascinant et brillant. Du grand art. C’est presque trop beau ! (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Tropic Of Capricorn.

2. Czechoslovakia.

3. Take Me To The Water.

4. A Word About Colour.

 

Disque 2.

5. Light My Fire.

6. Indian Rope Man.

7. When I Was Young.

8. The Flesh Failures (Let the Sunshine In).

 

Disque 3.

9. Ellis Island.

10. In Search Of The Sun.

11. Finally Found You Out.

12. Looking in the Eye of the World.

 

Disque 4.

13. Vauxhall To Lambeth Bridge.

14. All Blues.

15. I've Got Life.

16. Save the Country.

 

Brian "Auge" Auger:orgue,piano,piano électrique,chant.

Julie "Jools" Driscoll:chant,guitare acoustique.

Clive "Toli" Thacker:batterie,percussions.

David "Lobs" Ambrose:basse,guitare acoustique,choeurs.

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Julie driscoll 1969

 

JULIE DRISCOLL

1969 – 1971  4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:38:01.

Label:Polydor.

Genre:folk-rock.

 

Jools rompt avec son passé.

 

1969, comme son titre ne l’indique pas le moins du monde, est paru en 1971. Prévu à l’origine pour figurer sur le label Marmalade, filiale de Polydor du dénicheur de talent et organisateur d’événements hors pair qu’est Giorgio Gomelsky, qui sera, je l’ignorais jusqu’à ce jour, le manager de Magma, il est publié deux ans plus tard chez Polydor.

1969 est le premier album en solitaire de Julie Driscoll après qu’elle ait tourné le dos à Brian Auger & The Trinity. Avant d’en arriver là, celle que ses fans surnomment affectueusement Jools, ancienne animatrice du fan club des Yardbirds, débute sa carrière au sein du Steampacket avec Rod Stewart, Long John Baldry et Brian Auger.

Trouvaille de Gomelsky qui gère ses premiers pas dans le métier, Julie Driscoll rencontre rapidement une immense popularité au contact de l’organiste Brian Auger, un des artistes les plus respectés du paysage pop anglo-saxon, un des plus grands visionnaires de sa génération et ce, dès 1967.

La France voue une adoration sans bornes à cette voix soul d’une rare puissance pour une artiste blanche. Cette très jolie chanteuse, et sensuelle par-dessus le marché, qui se tortille langoureusement jusqu’au bout de ses doigts, est élevée au statut de vedette internationale grâce à son interprétation gracieuse de Wheel’s On Fire de Bob Dylan (1968).

Cette starisation est un poids pour elle, aussi profite-t-elle de l’opportunité de la cessation d’activité du groupe pop de son ami Auger, pour redescendre d’un petit nuage lourd à supporter, médiatiquement usant, physiquement éprouvant, et prendre l’option  de desseins musicaux plus personnels et plus expérimentaux.

Pop star, très peu pour elle, elle est trop touche-à-tout, aventureuse et curieuse pour se cloisonner artistiquement parlant, d’autant plus que, dans le même temps, elle rencontre le pianiste Keith Tippett (Tippetts en vérité) qui, épousé en 1970, est officiellement son mari au moment de la sortie de ce disque.

L’heure est donc venue pour Jools de faire ses propres chansons. Pour 1969, elle en propose huit très remarquées, desquelles émane un souffle de liberté et d’inventivité. Le registre est à dominante folk-rock avec des incursions dans le jazz et des influences très Canterbury. Il faut dire que le parterre des musiciens de ce disque est essentiellement issu de cette scène : autour de l’élu du cœur de Julie, on retrouve Elton Dean (Soft Machine), Nick Evans (Keith Tippett Group, Soft Machine, Centipede), Karl Jenkins (Nucleus et futur Soft Machine), Marc Charig (même cursus), ainsi que le flûtiste avant-gardiste de jazz, Bob Downes.

Ajoutez à ces illustres représentants du jazz, des pointures du rock comme les Brian Godding (ex-Blossom Toes), Jim Creegan (The Falcons, Blossom Toes et Family), Brian Belshaw (Blossom Toes), Chris Spedding, guitariste de sessions polyvalent qui a gravité un temps dans l’entourage de Jack Bruce… Quel casting !

Dans le sillage de la voix sublime de Jools et de la contribution chaleureuse de Tippett et de sa bande, 1969 se pare d’une foultitude d’émotions nées de leur situation d’amoureux fous. La matière haut de gamme est ici conséquente.

Le raffiné Leaving It All Behind, dans son habillage canterburien, met la lumière sur la qualité exceptionnelle et la pertinence de l’apport de la section cuivres dans l’univers de Driscoll. Karl Jenkins (cuivres et hautbois), c’est quelque chose.

Cette nouvelle orientation de l’artiste appuyée par les superbes arrangements de Tippett s’affiche d’entrée dans un explosif A New Awakening. Driscoll à la guitare acoustique, Tippett au piano et Jeff Clyne à la basse invitent ensuite à un phénoménal Those That We Love. C’est simple, mais traité à la perfection et avec la passion amoureuse qui anime les esprits du couple.

Break Out ? L’interprétation relève du divin. Pour The Choice, Driscoll reconduit la formule à trois gagnante de Those That We Love à la différence près que l’excellent flûtiste Bob Downes relaie (et de quelle manière) le pianiste Tippett. Cette même flûte s’invite sur le charmant et intime Lullaby, venant gracieusement en soutien d’une voix décidément merveilleuse et de la guitare acoustique.

Walk Down bat le rappel des cuivres, se positionnant comme un sublime compromis entre folk-rock et free jazz. La ballade enflammée I Nearly Forgot… But I Went Back referme une œuvre unique de 38 minutes. On connaissait jusqu’alors la voix impressionnante de cette diva ; on sait aujourd’hui son goût de l’aventure et de la liberté. Le risque pris de rompre avec son passé pop est gagnant  comme ce grand disque le prouve (RAZOR©).  

 

1. A New Awakening.

2. Those That We Love.

3. Leaving It All Behind.

4. Break Out.

5. The Choice.

6. Lullaby.

7. Walk Down.

8. I Nearly Forgot...but I Went Back.

 

Julie Driscoll:chant,guitare acoustique.

Chris Spedding:guitare, basse.

Keith Tippett:piano,celeste,arrangements.

Elton Dean:saxophone alto.

Nick Evans:trombone.

Brian Godding:guitare, voix.

Trevor Tompkins:batterie.

Derek Wadsworth:trombone.

Jeff Clyne:basse.

Mark Charig:cornet.

Karl Jenkins:hautbois.

Bud Parkes:trompette.

Stan Sultzman:saxophone alto.

Brian Belshaw:basse,voix.

Jim Creegan:guitare.

Barry Reeves:batterie.

Bob Downes:flûte.

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