Marianne Faithfull.

BIOGRAPHIE.

MARIANNE FAITHFULL/Londres (Angleterre)

 

Marianne faithfull intro

 

Née Marian Evelyn Gabriel Faithfull,le 29 décembre 1946 à Londres (Angleterre).

Active depuis 1964.

Labels:Decca,Deram,London,Island,RCA,Columbia,Instinct,Sanctuary,Naïve,Hut/Virgin,Anti.

Genre:rock,folk,pop,pop-rock,jazz,blues,alternative.

Site officiel:mariannefaithfull.org.uk


Revenue de nulle part.

En 1985, pour Marianne Faithfull, l'équation est on ne peut plus simple : c'est refais-toi une santé, lâche la dope et renais. Réinvente-toi ou crève au bout de cette aiguille qui t'accompagne depuis trop longtemps. Depuis presqu'une vingtaine d'années déjà.

C'en est trop, elle fait alors peur à voir, amaigrie, affaiblie, pour ne pas dire carrément usée, alors qu'elle n'a pas encore atteint la quarantaine. Il lui faut prendre la décision, la seule qui vaille : décrocher de toute cette merde et, dans le même temps, éloigner tout ce qui pourrait parasiter le combat qu'elle a décidé de mener.

Marianne faithfull tom smith 65Marianne Faithfull : une débutante douée (Tom Smith 65)...

Marianne faithfull jagger...vite tombée dans la gueule du loup...(Ici Mick Jagger)

Marianne faithfull delon...ou dans les bras de Delon.

Marianne faithfull as tears go byAs Tears Go By : son graal avec...

Marianne faithfull broken english 85...Broken English dans les 80's.

Marianne faithfull nowToujours sur le devant de la scène aujourd'hui.

Et c'en est un, long, difficile, douloureux, mentalement comme physiquement. En rompant avec un mode de vie rock & roll qui a mis en terre nombre de ses amis et en décidant enfin de contrôler sa vie, celle qui s'est retrouvée à 17 ans dans le chaudron sulfureux des Rolling Stones s'est sauvée.

Ni nostalgie, ni regrets, ni états d'âme.

Aujourd'hui, la légendaire interprète de As Tears Go By n'éprouve pas plus de nostalgie de son passé tumultueux qu'elle ne nourrit de regrets d'avoir, en deux décennies, brûlé 9 vies, elle se fout même de tout ce qui peut se dire sur son compte. Malgré une overdose que l'on pensait fatale (6 jours de coma en 1969), l'ancienne toxico est bel et bien en vie et c'est tout ce qui importe pour cette femme qui ne s'est jamais considérée comme une victime. Tout est assumé mais tout a une fin aussi...

Aujourd'hui qu'elle est clean et qu'elle s'est définitivement redressée, l'égérie rock des 60's est repartie de plus belle, s'investissant plus que jamais dans le l'écriture et le chant, persuadée que sa chance n'était pas passée. Plus de 50 ans après ses débuts, elle montre à chacune de ses représentations ce qu'elle a encore dans les tripes. Elle aime tellement son métier et son public...

Une fille bien née.

Née les derniers jours de l'année 46 dans l'arrondissement nord-londonien de Camden (Hampstead), Marianne Faithfull est la fille d'un officier du renseignement britannique, Robert Glynn Faithfull, et d'une aristo d'origine austro-hongroise, Eva Von Sacher-Masoch qui se qualifie de Baronne Erisso. La famille vit à Londres jusqu'au divorce du couple, alors que Marianne a six ans. Elle suit sa maman dans le Berkshire où elle effectue sa scolarité entre Brixton (primaire) et Reading (St Joseph's Roman Catholic Convent School) où elle entre dans un pensionnat. C'est là qu'elle fait ses premières piges sur les planches, via des représentations théâtrales, et qu'elle prend goût au contact avec un public.

Au sortir d'une scolarité stricte et religieuse, elle a le choix entre aller à l'Université étudier la littérature anglaise ou la philo, s'inscrire à un cours d'art dramatique ou intégrer une école de musique. Elle n'a pas encore totalement déterminé quel sera son avenir, que le destin se charge de précipiter sa décision.

La rencontre avec Oldham.

En se rendant à une fête, la jeune fille fraîchement émoulue du pensionnat et folkeuse débutante sur la scène trépidante londonienne, rencontre à l'occasion d'une soirée, le manager des Stones, Andrew Oldham, lequel lui sort le grand jeu : faire un disque, le produire et solliciter Mick Jagger et Keith Richards pour composer le titre.

En deux temps, trois mouvements, l'alcool et le bagou d'Oldham aidant, la jeune blondinette de 17 ans tombe dans la gueule des loups. Nous sommes en 1964 et elle fait de la sublime ballade As Tears Go By, un N° 9 des charts UK, avant même que les Rolling Stones, alors ancrés dans le rock et le R & B, ne la greffent à leur répertoire.

As Tears Go By pour décoller.

Prévu à l'origine pour figurer en face B, le titre en question, non seulement révèle Marianne, mais il la fait entrer dans l'univers festif du show-biz, impitoyable et décadent, qu'elle ne peut plus supporter moins d'une décennie plus tard et dont elle porte (vocalement) toujours les stigmates aujourd'hui.

Le succès en Europe est immédiat et même les Américains, difficiles à impressionner, se confondent en éloges sur la belle et jeune anglaise. Marianne Faithfull est propulsée dans la cour des grands avant l'heure et sans y être vraiment préparée...

Derrière, elle enchaîne une série de singles convaincants comme This Little Bird et Summer Nights (des top 10) et signe, en 1965, son plus gros succès, Come And Stay With Me (N°4), quand elle s'éloigne d'Oldham pour se rapprocher du producteur et imprésario Tony Calder. Dans le même temps et sous la houlette de ce dernier, elle amorce sa discographie studio avec deux LP publiés simultanément : Come My Way et l'éponyme Marianne Faithfull (Decca Records/1965).

Figure emblématique des Swinging Sixties.

Marianne Faithfull épouse alors John Dunbar (6 mai 1965), un artiste de la contre-culture des 60's, donne le jour à un enfant (Nicolas en novembre de la même année) avant de s'acoquiner dans une relation brûlante avec Mick Jagger. Elle devient une figure emblématique des Swinging Sixties, croque la vie à pleine dents mais tombe aussi dans les excès qu'elle génère : drogue, alcool, sexe, séparation... Malheureusement, la drogue, on parle là d'héroïne, elle en devient une consommatrice régulière et terriblement accro et sa carrière professionnelle en subit le contrecoup.

Après Go Away From My World (fin 1965), elle publie encore North Country Maid (1966) et Love In A Mist (1967) et quelques singles dont Sister Morphine (qu'elle co-écrit sans en toucher les bénéfices), mais rien de bien significatif. Sa tête et son corps sont ailleurs...

Dans la seconde moitié des 60's, elle dérive complètement, se retrouvant défoncée et dans une fâcheuse posture (à poil) lors d'une perquisition chez Keith Richards (1967), en faisant une fausse couche, en suivant les Beatles en Inde dans leur quête de spiritualité (1968), en se voyant retirer la garde de Nicolas, en frôlant la mort d'une overdose en Australie, en tentant de se suicider... Ses excès et ses fréquentations, considérées comme subversives pour la jeunesse anglaise, l'amènent à être dans le collimateur des Services Secrets...

Broken English pour revenir au premier plan.

Dans ce Rolling Stones Circus, Marianne creuse lentement sa tombe. Si le milieu de la musique l'enfonce, le cinéma (elle en a déjà tâté en 1966 et en 1967 avec Jean-Luc Godard et Michael Winner) va lui permettre de ne pas sombrer totalement (Anna avec Gainsbourg en 68 et La Motocyclette avec Delon en 1969).

Marianne faithfull portrait

« On associe toujours le nom de Mick jagger au mien, mais j’aurais pu faire sans lui ! Et j’aurais eu du succès quoi que je fasse, j’en suis certaine. J’étais intelligente et il y avait quelque chose de très fort en moi. Il n’a pas été la seule chance de ma vie, sinon je ne serais pas encore là ! » (Marianne Faithfull)

Elle tourne alors le dos à Jagger et sa bande (1970), met en marge une carrière musicale qui ne fait que décliner et se remarie en 1975 (Ben Brierly). Elle ne la reprend qu'en 1976 en réalisant, quasiment 10 ans après Love In A Mist, un sixième LP studio, Dreamin' My Dreams (NEMS) qu'elle veut country, avant de revenir sur le devant de la scène trois ans plus tard avec Broken English (Island Records) auquel la critique réserve le meilleur accueil.

N°82 du Billboard et 57 au Royaume-Uni, il permet à Marianne d'être nominée aux Grammy Awards pour la meilleur performance rock féminine.

Après avoir touché le fond, l'anglaise se remet à enfiler les albums (Dangerous Acquaintances/1981, A Child's Adventure/1983, Rich Kid Blues/1985, Strange Weather/1987), décide de s'occupe d'elle en acceptant de se faire soigner.

Du sens à sa vie.

Même si depuis, sa carrière n'a jamais retrouvé son lustre d'antan, Marianne Faithfull peut s'enorgueillir toutefois d'avoir redonné un sens à sa vie et d'être débarrassée de ses vieux démons. C'est incontestablement sa plus grande victoire (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 7 - 1979

 

Marianne faithfull broken english 86

 

MARIANNE FAITHFULL

BROKEN ENGLISH – 1979  5/5

 

Publié en 1979.

Produit par Mark Miller Mundy.

Durée:36:26.

Label:Island Records.

Genre:rock,pop-rock,art rock,new wave.

 

Que Marianne était jolie.

Au moment où Marianne Faithfull publie Broken English, elle a déjà déroulé du cable dans sa vie d'artiste. On est à la fin des années 70 (novembre 1979) et l'anglaise vient de traverser une phase des plus délicates où drogues, alcool, anorexie, scandales et errances diverses (elle se retrouve à la rue juste avant Broken English) ont animé son quotidien. Celle qui fut l'égérie des Rolling Stones est alors au plus mal sur le plan sanitaire (forte dépendance) et psychologique (on lui a enlevé la garde de son enfant). Elle meurt à petit feu.

Professionnellement, elle n'est que l'ombre de ce qu'elle fut dans les 60's et ce n'est pas Dreamin' My Dreams, sorti en 1976, qui remonte sa cote de popularité. La Faithfull est au fond du trou. Le label Island de Chris Blackwell, le musicien Barry Reynolds et le producteur Mark Mundy vont la remettre sur les bons rails. Sa voix se charge de donner une autre dimension à son parcours. Sa carrière bascule, aidée en cela par la presse musicale qui pousse très fort derrière ce 7ème LP.

Grâce aux éloges de la critique, Broken English devient un succès dans les bacs en pointant à un honorable 82ème rang au Billboard, en faisant 57 au Royaume-Uni (top 5 en Allemagne), en étant certifié disque d'or en France. Pour l'ensemble de sa prestation vocale sur Broken English, Marianne Faithfull gratte au passage une nomination aux Grammies. Au regard des scores réalisés auprès du public, c'est une aubaine pour la chanteuse londonienne qui relance ainsi sa carrière. Dans les faits, c'est certainement le meilleur travail de l'artiste et l'est resté depuis, malgré quelques derniers albums de l'ère moderne (Kissin' Time, Before The Poison), pas vilains du tout. Marianne est une voix et le démontre ici.

Fusion de new wave, de blues, de pop et de reggae (rappelons que le label Island est jamaïcain), Broken English est son graal, son heure de gloire avec As Tears Go By de la décennie précédente. Il faut en être. Poussée par Blackwell pour l'écriture, épaulée par des pointures de la place londonienne comme l'ex-Traffic et Blind Faith Stevie Winwood ou comme Barry Reynolds, un pilier de la maison Blackwell d'alors, cette survivante du rock livre pour le coup le disque le plus intime et personnel de son catalogue, les chansons ayant été écrites et enregistrées à partir de son propre vécu.

Certaines des pièces de Broken English atteignent une profondeur et une noirceur parfois effrayantes. C'est le cas du cinglant Working Class Hero, exceptionnellement traité par Miss X (surnom donné par Keith Richards) ou du poignant The Ballad Of Lucy Jordan (signé du touche-à-tout Shel Silverstein) dont elle livre une brillante interprétation ; sa voix éraillée, plus cassée que celle qu'on lui connaissait jusque là, mise à mal par les excès de la vie, se révèle ici d'une grande émotion. Ce dernier titre deviendra la B.O de Thelma et Louise de Ridley Scott.

Ses addictions, ses blessures, ses vieux démons, Marianne les exhume dans What's The Hurry ou Brain Drain, autres terreaux fertiles d'un fantastique album dont il ne faut absolument rien écarter. Il fut, en effet, l'un des tout meilleurs disques de cette triste fin de décennie pour le disque et le rock (RAZOR©).

 

1. Broken English.

2. Witches' Song.

3. Brain Drain.

4. Guilt.

5. The Ballad Of Lucy Jordan.

6. What's The Hurry.

7. Working Class Hero.

8. Why'd Ya Do It ?

 

Marianne Faithfull:chant.

Barry Reynolds:guitare.

Joe Mavety:guitare.

Steve York:basse.

Terry Stannard:batterie.

Dyan Birch:choeurs.

Frankie Collins :choeurs.

Jim Cuomo:saxophone.

Isabella Dulaney:choeurs.

Guy Humphries:guitare.

Morris Pert:percussions.

Darryl Way:violon.

Steve Winwood:claviers.

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