Mungo Jerry.

BIOGRAPHIE.

 

 

MUNGO JERRY/Colpington (England)

 

Mungo jerry intro

 

Actif entre 1969 et 1972,toujours actif.

Labels:Dawn Records,Pye records,Polydor,Janus Records.

Genre:rock,pop,soft rock,folk rock,pop-rock,skiffle.

Site officiel:mungojerry.com

 

Un tsunami nommé In The Summertime.

Il aura fallu un single pour que la vie de Mungo Jerry bascule du jour au lendemain (pour ne pas dire du matin à l'après-midi), de l'anonymat à la gloire, pour que la Mungomania embrase l'été 1970, après que In The Summertime tombe dans les bacs en mai de cette année.

Souvenez-vous du "chh chh-chh, uh, chh chh-chh, uh" marmonné par Ray Dorset en introduction de ce mémorable succès, lequel permet à Mungo Jerry d'être enfin pris au sérieux, d'entreprendre, dans la foulée, une tournée américaine et de fouler pour la première fois les scènes prestigieuses des Fillmore East et West, du Whisky A-Go-Go, du Troubadour.

In The Summertime se classe, en effet, en tête des charts dans de nombreux pays (26), s'écoule à des dizaines de millions d'exemplaires (on évoque 100 millions dont 72.500 pièces en une seule matinée de mai 70 au Royaume-Uni), prenant place parmi les singles les plus vendus sur la planète.

Mungo jerry 70 annee exceptionnelle1970 : année exceptionnelle pour Mungo Jerry...

Mungo jerry in the summertime single... grâce à In The Summetime, tube planétaire.

Mungo jerry ray dorset 1Ray Dorset, la force motrice de Mungo Jerry...

Ray dorset 2019...et toujours actif en 2019.

Mungo jerry electronically testedElectronically Tested, meilleur LP du groupe.

Été 70, Ray Dorset décolle enfin.

C'est, bien sûr, le titre de référence de Mungo Jerry, par ailleurs auteur d'autres hits bien classés (Baby Jump, Alright, Alright, Alright, Hello Nadine).

C'est surtout le point de départ de la prolifique carrière de son auteur et interprète, Ray Dorset, force motrice de Mungo Jerry, pour lequel, en 2019, l'été en question s'est transformé en été indien, au regard de son dernier album Xstreme (sorti fin août 2019), très bien accueilli par la critique.

A l'écoute de ce qui est son 22ème LP, il ne fait aucun doute : la figure charismatique de Mungo Jerry n'a rien perdu de son groove.

Raymond Edward Dorset, né à Ashford (Middlesex) est le plus connu des membres de Mungo Jerry. Ses rouflaquettes généreuses, sa tignasse afro, ses dents du bonheur et sa façon de frapper le sol du pied pour donner le rythme sont restées aussi légendaires que le titre populaire qu'il a composé en 10 minutes pendant une pause, alors qu'il travaille comme ouvrier de laboratoire chez l'horloger Timex (1968).

De Blue Moon Skiffle Group à Mungo Jerry.

Dès 1957, Dorset est influencé par le rock and roll des Bill Haley et Elvis Presley et réunit une première formation, The Blue Moon Skiffle Group, laquelle compte en son sein un batteur nommé Phil Collins... mais qui n'a rien à voir avec le leader de Genesis. Il a alors 11 ans et joue de la Washboard.

Renvoyé de son école, il accepte un emploi de coiffeur pour dames à Ashford où il vit. Il occupe ses temps de repos à jouer avec les Buccaneers, renommés les Conchords (une démo, Going Down Slow/Wo-Oh-Ho) en 1958, puis The Tramps qui partagent, deux jours par semaine, le Richmond avec les Stones et enfin The Sweet And Saur Band (1964), qui va devenir un habitué du Speakeasy.

C'est à ce niveau qu'il croise, en 1967, la route de Roger Earl (Savoy Brown, Foghat) au sein de Memphis Leather, ex-Camino Real. Quand Roger quitte le groupe pour battre pour Savoy Brown, son frère Colin, alors designer pour Peter Blake (Sgt Pepper's des Beatles) l’intègre aux claviers et Ray Bowerman le remplace.

Dorset y signe ses premières compositions (album The First Impression/The Good Earth - Swinging London – Saga Records/1968) tandis que Memphis Leather mute en The Good Earth, auteur d'un LP, The Good Earth, It's Hard Rock And Roll That (Saga/1968). Le bassiste Dave Hutchins est alors le 4ème larron.

Bowerman, préférant Bobby Parker, et Hutchins ayant été démis de ses fonctions, Dorset et Earl recrutent Joe Rush (washboard, basse et percussions) pour évoluer en trio à trois voix (fin 68), avant que le guitariste-banjoïste-harmoniciste de blues Paul King ne vienne le compléter.

Rush parti, The Good Earth accueille Mike Cole (basse) et change radicalement de style, ouvrant ainsi la voie à Mungo Jerry.

Du groove, du groove, du groove.

Dorset, Earl, King, Cole et occasionnellement Rush, forment le premier line-up officiel de Mungo Jerry, au nom inspiré par le poème Mungojerrie And Rumpleteazer, extrait du livre de Thomas Stearns Eliot, Old Possum's Boof Of Practical Cats (1939). Il y en aura bien d'autres au fil des décennies.

Saga Records ne croit pas en cette nouvelle orientation artistique articulée autour du blues et du jug band ; le label laisse tomber le groupe en 1969. Pye Records, via sa filiale prog Dawn, s'y intéresse.

Le producteur Barry Murray prend sous son aile cette formation un tantinet décalée et, au lieu d'un LP, envoie en éclaireur (1970) un maxi-single 33 1/3 rpm, sorte de EP à 3-4 pistes sur lequel figurent la première version de In The Summertime, Mighty Man et Dust Pneumonia Blues, repris à Woody Guthrie.

Alors que le single vient tout juste de sortir, Mungo Jerry passe pour la première fois à Leycett (périphérie de Newcastle) dans le cadre du Hollywood Music Festival et rencontre un triomphe exceptionnel.

L'exceptionnelle année 70.

Le groupe de Dorset (avec Rush au washboard) livre une telle prestation telle qu'il est reprogrammé le lendemain (23/24 mai 70) et qu'il réduit à la portion congrue des formations légendaires comme Grateful Dead, dont c'était la première représentation sur le sol britannique, comme Black Sabbath, Free, Colosseum, Traffic et Family, déjà bien implantés dans le cœur des 35.000 spectateurs présents.

Sa performance mémorable lui ouvre également les portes de la mythique émission musicale hebdomadaire anglaise,Top Of The Pops (4 juin au 23 juillet 1970).

A l'occasion de l'enregistrement du maxi-single évoqué ce-dessus, sont également mis en boite les 12 premiers morceaux destinés alimenter le premier album du groupe (sans Rush), l'éponyme Mungo Jerry, à la pochette verte et au lettrage rouge.

A l'époque, le vinyle britannique diffusé par Janus (Pye Records) est doublé d'une photo du groupe en 3D et d'une paire de lunettes rouges pour la visionner.

Il sort cette même année 70, mais sa publication est précipitée par l'envie du label de capitaliser sur le succès de In The Summertime.

Mungo jerry colin earl

« Un hebdomadaire musical de l'époque venait d'être publié et, comme un tsunami, la Mungomania s'est mise en route. On nous a tout promis, tout cédé. On allait même faire des films...Ce n'était pas désagréable à l'époque. On était tous très jeunes. Mais si j'avais eu la possibilité d'y réfléchir sérieusement, j'aurais été plus prudent pour le coup. Nous avons fini par faire une seule et unique tournée américaine qui nous a fait fouler des scènes prestigieuses. C'était en septembre 70. » (Colin Earl)

L'excellent Electronically Tested.

Baby Jump, 2ème single envoyé au casse-pipes, précède l'excellent LP sur lequel il figure et sorti en mars 71, Electronically Tested, dont le pendant américain est Memoirs of A Stokebroker.

Ce disque apparaît dans d'autres pays, dans des versions différentes et rendues confuses au motif d'y faire figurer impérativement le hit-phare du groupe.

Cole n'est déjà plus dans l'effectif et son départ va en appeler d'autres. Il est remplacé par John Godfrey. Si le succès n'est pas un hasard, il n'est pas une assurance tous risques pour retenir les membres.

Des conflits en interne.

Ray Dorset étant un peu l'homme à tout faire et la figure emblématique de Mungo Jerry, il fait de l'ombre aux autres. A King notamment, qui n'arrive pas à placer ses compositions.

Ce dernier laisse tomber Mungo Jerry après avoir pris part au 3ème volet discographique, You Don't Have To Be In The Army (octobre 71). Il est imité par Colin Earl qui, avec King (Rush y prend part) forme le Earl King Boogie Band, après avoir un moment envisagé de s'approprier le nom de Mungo Jerry. C'est un fait : plus personne ne veut travailler avec Ray auquel on reproche d'avoir pris le melon.

Après cette débâcle humaine, le claviériste Jon Pope et le batteur Tim Reeves (une première pour Mungo Jerry que d'inclure un batteur permanent) s'invitent au line-up (1972) mais Ray est le seul maître à bord.

Commence alors une longue période moins juteuse (exception faite de Alright Alright Alright, N° 3 des charts en 73), marquée par le passage du groupe chez Polydor, par des changements de personnel incessants, par des albums qui n'attirent guère l'attention. Bien que rentrant progressivement dans le rang, restent toutefois les singles pour maintenir la tête de Mungo Jerry hors de l'eau (Open Up, Alright Alright Alright, Wild Love, Long Legged Woman Dressed In Black, Hello Nadine, Prospects, It's A Secret).

Depuis cette période glorieuse, Mike Cole est toujours dans la musique mais l'enseigne désormais, tandis que Colin Earl a cessé toute activité en raison d'un AVC. Paul King est toujours actif tandis que Joe Rush est rangé des voitures.

Dorset a rebondi en solo mais sa difficulté a été qu'il incarnait tellement Mungo Jerry que ça lui a collé à la peau pendant longtemps. Depuis il en est libéré et mène une carrière artistique très appréciée. Pour lui, c'est toujours l'été. L'été indien (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Mungo jerry electronically tested 1

 

MUNGO JERRY

ELECTRONICALLY TESTED – 1971  4,5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Barry Murray.

Durée:38:56.

Label:Dawn Records.

Genre:pop-rock,soft rock.

 

Le panard !

 

Electronically Tested, deuxième LP de Mungo Jerry, dont il se dit que son titre aurait été inspiré par les recommandations figurant sur les boites de capotes anglaises, reflète bien le passé skiffle et jug band de Ray Dorset, songwriter unique et principale force motrice du groupe.

N°13 dans les classements grands-bretons, ce LP est un disque pour se faire plaisir et en donner. La musique est sans chichis, spontanée, fraîche et basée sur des riffs simples, joyeusement agressive et gravement entraînante.

Avec le père Rouflaquettes et sa dentition à la Noah, on prend son pied sans se poser de questions. Tout invite à battre de la socquette. Quoi qu'il écrive, ça accroche et ça donne envie de se dégourdir les cannes. Même son roadie Ray Bizz Bissiker n'a pas pu résister au plaisir de prendre part à ce lot festif.

Mungo Jerry fait du rock le sourire aux lèvres et le fait très bien. Il le fait ollectivement et avec une unité sur la même longueur d'ondes, y compris Paul King, pourtant frustré de ne pas pouvoir glisser dans ce lot un seul de ses titres (ceci motivera son départ après l'album).

Toutes proportions gardées, on pourrait voir en ce Mungo Jerry terriblement efficace et accrocheur à chaque note, des similitudes avec Creedence Clearwater Revival.

On écartera les deux hits du LP, In The Summertime et le superbe Baby Jump, pour mettre plus l'accent sur des titres qui méritent le déplacement : She Rowed, Coming Back To You When The Time Comes, Memoirs Of A Stockbroker, Follow Me Down, Somebody Stole My Wife, et le seul non-Dorset, I Just Wanna Make Love To You (Willie Dixon). Là, pour le coup, c'est le panard (RAZOR©).

 

1. She Rowed.

2. I Just Wanna Make Love To You.

3. In The Summertime.

4. Somebody Stole My Life.

5. Baby Jump.

6. Follow Me Down.

7. Memoirs Of A Stockbroker.

8. You Better Leave That Whisky Alone.

9. Coming Back To You When The Time Comes.

 

Ray Dorset:chant,guitares,harmonica,kazoo,battements pied,tambourin.

Paul King:chant,guitares,harmonica,harmonica,cruche,guitare-banjo,flûte à bec.

Colin Earl:piano.

John Godfrey:basse.

Roger Earl:batterie.

Ray Bissiker:flûte à bec.

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