Rod Stewart.

BIOGRAPHIE.

 

ROD STEWART/Londres (Angleterre)

 

Rod stewart1

 

Né Roderick David Stewart, dit Rod Stewart.

Né le 10 janvier 1945 à Londres (Angleterre).

Actif de 1967 à aujourd'hui.

Label:Mercury (1967-1974),WEA (1975-1998),J-Records (1998 - 2015 ).

Genre musical:rock,pop-rock,blues-rock,blue-eyed soul,folk-rock.

Site officiel: www.rodstewart.com.

Figure incontournable du rock.

Pour l’état-civil il est Roderick David Stewart, mais il est communément appelé Rod : Rod Stewart, 70 ans depuis le début de l’année 2015, natif d’Highgate, quartier londonien, est chanteur depuis 1964. De rhythm & blues d’abord, puis de rock au fil du temps.

Personnage incontournable du rock, et notamment de celui des 70’s, ce britannique d’origine écossaise a ses premiers contacts avec la musique à 12 ans quand son père lui offre une guitare ; mais le jeune homme, membre du club de Brentford pense surtout football, attiré qu’il est par une carrière professionnelle. Ses espoirs de passer pro sont rapidement douchés par un milieu impitoyable et exigeant.

Puisque le foot ne veut pas de lui, il sera chanteur. Il opte alors pour la vie de bohême et se retrouve à galérer, à errer entre Paris et Saint Trop’, entre Italie et Espagne d’où il est expulsé pour vagabondage. Sa maigreur fait alors peine à voir. Retour à la case départ, l’Angleterre, où il se fait recadrer par son paternel avant de se tourner vers le milieu plus soigné des mods : coupe french line, chemises Ben Sherman ou polo Fred Perry, costume bespoke, Clarks, Bowling Shoes, Loafers… Rod Stewart soigne son look, bosse, suit les concerts jazz et enregistre quelques titres R & B, restés sans lendemain mais resurgis une fois la popularité de l’artiste établie. Nous sommes en 1964.

Rod The Mod.

Grâce au dénicheur de talents et à l’influence opérée par Long John Baldry, chanteur de blues et membre du groupe de blues pionnier Alexis Korner’s Blues Incorporated, Rod Stewart intègre les Steampacket de Baldry, où évoluent la choriste Julie Driscoll et l’organiste Brian Auger. Le groupe est managé par Giorgio Gomelsky (Rolling Stones, Yardbirds). Rod Stewart devient alors Rod The Mod pour le public et le milieu, mais Steampacket ne résiste pas à la rivalité entre Stewart et Auger (1966).

Rod Stewart rebondit sur l’éphémère Shotgun Express (mai 1966) connu pour avoir servi de tremplin à Mick Fleetwood et Peter Green, futurs Fleetwood Mac, avant d’opter pour le Jeff Beck Group, début 1967. Parallèlement, il poursuit à enregistrer ses propres couvertures de R & B, sans succès.

Rod stewart 3 faces ron wood

Les Faces comme tremplin.

La collaboration entre les deux grandes figures que sont Rod Stewart et Jeff Beck, lequel vient de quitter les Yardbirds pour raisons de santé, est une étape importante dans les carrières respectives des deux artistes et pour le rock également. Aux côtés de Rod Stewart, Jeff Beck parvient à attirer à lui aussi Ron Wood et Nicky Hopkins (et Mickey Waller).

Les deux LP qui témoignent de cette rencontre, Truth (1968), modèle de heavy metal, et Beck-Ola (1969), déferlante de rock électrique, appartiennent au Gotha du rock. Rod Stewart s’y montre plutôt à son avantage, mais ne résiste pas à l’ambiance délétère régnant au sein du Jeff Beck Group.

Il le quitte et entraîne Ron Wood dans sa fuite. Les Faces s’invitent alors au programme de Rod. D’abord sur ce qu’il reste des cendres de feu Small Faces de Steve Marriott, puis par le biais des Quiet Melons. Les Faces, créés en 1969, impliquent les deux fuyards et valeurs montantes britanniques, Stewart et Wood, ainsi que Ronnie Lane, Ian McLagan et Kenny Jones.

Une carrière solo menée en parallèle.

Les Faces ont leur propre identité sonore. Signés par Warner Bros, ces anglais considérés comme de bons buveurs de Guinness réalisent 4 albums studio (First Step/1970, Long Player/1971, A Nod Is As Good As A Wink…To A Blind Horse/1971 et Ooh La La/1973) et 1 live (Coast To Coast : Overture And Beginners/1974) entre mars 1970 et 1974 ; leur réputation va bien au-delà des frontières anglaises, les States en pinçant énormément pour eux grâce surtout à Rod Stewart qui, parallèlement a lancé une carrière solo plutôt convaincante avec The Rod Stewart Album (U.S.A/1969), publié au Royaume-Uni sous le titre de An Old Raincoat Won't Ever Let You Down en février 1970.

Les débuts de Rod Stewart seul sont particulièrement remarqués ; son suivant, Gasoline Alley, fait encore plus fort. Publié en juin 1970 chez l’Oncle Sam, trois mois plus tard au Royaume-Uni, il confirme le statut de star du londonien. Every Picture Tells A Story va encore plus loin, sacrant Rod comme meilleur chanteur britannique et prenant place, comme son prédécesseur discographique, parmi les 100 plus grands LP rock de tous les temps.

Si les Faces contribuent aux albums de Rod, lui, en contrepartie, cherche de plus en plus à mettre la main sur le groupe, ce qui va générer des tensions entre Stewart et  Lane, provoquant le départ anticipé de ce dernier.

Tout lui sourit.

Les Faces rendent l’âme en 1975 (ils se réuniront en 1986 à l’appel de son légendaire chanteur, puis en 1993 et en 2009) ; Rod Stewart, dans le même temps, après le mythique Every Picture Tells A Story, publie Never A Dull Moment (1972), une copie quasiment conforme du vinyle antérieur, entrant directement à la place de N°1 dans les charts. Tout réussi à Stewart qui mène une existence de nabab : voitures de luxe, femmes, argent à gogo, maison de star ; la TV, les radios, la presse lui sont acquises.

Avec Smiler (1974), la critique le fait redescendre de son petit nuage, jugeant son travail comme le plus faible de toute sa production discographique d’alors. Le 5ème album a quand même suffisamment de beaux atouts pour pouvoir prolonger un peu le flirt avec l’anglais.

Rod stewart 2

« J’ai eu de la chance avec ma voix. Depuis mon cancer de la thyroïde, elle a évolué et me permet de chanter dans un autre registre, surtout quand je chante des ballades. La maladie a réduit ma voix d’un demi-ton et l’a dotée d’une chaleur qui n’existait pas auparavant.» (Rod Stewart)

Le strass et les paillettes.

En 1975, Rod Stewart part alors s’installer aux States. A Beverly Hills, le paradis des stars. A Los Angeles, il y enregistre, sous la direction de Tom Dowd, son numéro 6, Atlantic Crossing (1975), différent certes, mais encore très agréable.

A Night On The Town est édité en 1976 ; il est l’album qui abrite le fameux Tonight’s The Night, interdit sur les ondes pour son caractère un peu trop sexy. Rod Stewart surfe alors sur le rock du moment, mais agace la presse pour son côté m’as-tu-vu. Cette même année 76, Rod réunit autour de lui une formation pour l’accompagner sur les tournées dans laquelle on retrouve avec surprise et au sortir de son expérience avec Jeff Beck et Tim Bogert (B.B.A), le batteur Carmine Appice notamment. Ce groupe lui sera plus ou moins fidèle jusqu’au début des 80’s.

L’année 1977 anglaise est frappée par une forte vague punk ; dans ce contexte tendu, Rod The Mod y va d’un Foot Loose & Fancy Free sans commune mesure avec sa première partie de carrière où il chante pour les cockneys. Rod est starisé à donf et le fait savoir dans ses textes un peu provocs’. Le courant passe de plus en plus mal avec cette caricature de Rod, bronzée, tirée à quatre épingles, hautaine et se pavanant aux bras des plus belles gonzesses de la place.

Rod stewart time 2013

Time pour émouvoir à nouveau.

Le single Da Ya Think I’m Sexy (1978), single coécrit avec Carmine Appice, tiré de l’album Blondes Have More Fun, ne fait rien pour arranger les choses.

D’une part, Rod a complètement viré sa cuti vis-à-vis du rock de ses débuts ; de l’autre, son succès, inspiré du refrain de Jorge Ben (Taj Mahal) et de la mélodie de Bobby Womack (If You Want My Love Put Something Down On It) lui vaut d’être accusé de plagiat et de reverser les droits à ses auteurs, ou plutôt, en grand seigneur qu’il est, à l’Unicef. L’album est très controversé, Rod Stewart a les deux pieds dans le disco. Il est alors à des années lumières du cockney des Faces et perd progressivement ses fans.  

Grande figure de la musique, marié trois fois, perd de huit enfants avec cinq épouses différentes, consommateur occasionnel de cocaïne par voie anale pour se pas s’abîmer le nez, s’il est resté légendaire pour ses tubes exceptionnels, n’en a pas moins cessé, depuis le début des années 80, à alimenter la chronique people par ses frasques de star. Celle musicale verse plutôt dans la variété où il tape à satiété dans le Great American Songbook, taillé sur mesure pour son timbre vocal.

Reconverti en crooner, cet éternel séducteur surprend son monde en 2013 en revenant sur le devant de la scène avec un excellent disque (Time) pour lequel il a endossé, pour la première fois depuis longtemps, le costume d’auteur. Pour la première fois depuis longtemps aussi, Rod se remet à émouvoir, à accrocher. Finalement, c’est comme ça qu’on le préfère (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Rod stewart an old raincoat

 

ROD STEWART

AN OLD RAINCOAT WON'T EVER LET YOU DOWN – 1969  4,5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Rod Stewart,Lou Reizner.

Durée:32:47.

Label:Vertigo (02/70-U.K),Mercury (11/69 aux U.S.A).

Genre:rock,pop-rock,rock & roll,R&B,white soul,folk rock.

 

Chaudement recommandé.

 

Un vieil imperméable ne vous laissera jamais tomber. Quel curieux titre pour un début de carrière solo. An Old Raincoat Won't Ever Let You Down (en écoute intégrale ici), publié en novembre 1969 aux Etats-Unis d’abord, pour Mercury et sous l’identité de The Rod Stewart Album, ouvre le catalogue de Rod Stewart. Au Royaume-Uni, ce même disque pour Vertigo sort dans la première quinzaine de février 1970.

Rod Stewart évolue à cette époque avec les Faces et démarre une carrière personnelle parallèle. Les Faces lui viennent en soutien sur ce disque pour lequel pointent Ron Wood, Mick Waller, Ian McLagan, mais aussi Martin Pugh et Martin Quittenton de Steamhammer, Keith Emerson, sur le point de saborder les Nice au profit d’Emerson Lake & Palmer, et Mike d’Abo, chanteur et songwriter de Manfred Mann.

Classé 139 dans les classements américains d’albums, An Old Raincoat Won't Ever Let You Down s’appuie essentiellement sur des originaux signés Rod Stewart complétés par une reprise de Street Fighting Man des Stones et par Handbags And Gladrags que Mike d’Abo a composée en 1967 et dont Chris Farlowe fait, la même année, une première version. La version proposée ici par Rod est arrangée par son auteur qui joue également du piano sur l’enregistrement.

Le premier LP de Rod The Mod se place dans une veine folk, rock, blues ; il réunit un lot de chansons de très grande qualité dont l’excellent morceau populaire d’Ewan McColl, Dirty Old Town, que reprennent les Pogues  en 1985 (Rum, Sodomy And The Lash) pour en faire la version la plus connue aujourd’hui.

La dot personnelle de Stewart est très convaincante, notamment le morceau titre, une tuerie. Rod chante comme jamais, avec infiniment de passion et d’émotion ; le groupe est compétent. Rod Stewart pose la première magnifique pierre d’un édifice qui va s’avérer fructueux. C’est  dans cette phase initiale (les 4 premiers LP) qu’il est le plus crédible. Chaudement recommandé (RAZOR©).

 

1. Street Fighting Man.

2. Man of Constant Sorrow.

3. Blind Prayer.

4. Handbags and Gladrags.

5. An Old Raincoat Won't Ever Let You Down.

6. I Wouldn't Ever Change a Thing.

7. Cindy's Lament.

8. Dirty Old Town.

 

Martin Quittenton:guitare acoustique.

Ronald (Good Looking) Wood:basse.

Michael Waller:batterie.

Martin Pugh,Ronald Wood:guitare.

Ian Maclagan:orgue,piano.

Mike D'Abo:piano et arrangements sur 4.   

Rod Stewart:chant,arrangements,guitare sur 2.

LP Studio 2 - 1970

 

Rod stewart gasoline alley 1970

 

ROD STEWART

GASOLINE ALLEY – 1970  5/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Rod Stewart,Lou Reizner.

Durée:41:30.

Label :Vertigo (U.K),Mercury (U.S.A)

Genre:rock

 

Le seul, le vrai, l’immense Stewart est là. Pas ailleurs.

 

Gonflé comme une outre, agressif et hautain, con comme un balai, converti à la pop et au disco en 1976 (Da Ya Think I’m Sexy ?) jusqu’à ce qu’il n’opère un retour aux sources progressif et crédible au début du siècle, Rod Stewart, ridicule et pitoyable diva des années 80/90 accro aux stéroïdes (pour des problèmes de voix) et au suppositoire pour masquer les prises de cocaïne, n’a pas toujours eu des admirateurs ces derniers temps. Heureusement, Time (2013) et ses 12 originaux ont réhabilité le personnage et l’artiste. Rod Stewart, pour ceux qui s’en souviennent, a été un monument du rock british avant de virer enflure has-been. Mais ça c’était avant, comme dit la pub.

Par avant, j’entends les tubes légendaires qu’il a signés comme Maggie May, Lady Day en 71 ou Sailing en 72, les merveilleux Gasoline Alley et Every Picture Tells A Story, deux albums références du rock et, si l’on remonte plus loin encore, je réfère aussi à son LP initial A Raincoat… tagada tsoin tsoin, à ses premiers pas dans les Hoochies Coochies, puis auprès de Jeff Beck qui le fait prendre de l’envergure, ainsi qu’à son implication, en parallèle avec sa carrière solo, dans des Small Faces qui virent en Faces.

Le londonien d’origine écossaise Rod Stewart, destiné à devenir footeux, s’impose comme un incontournable acteur de la scène anglaise. Il faut l’avoir connu à cette époque. C’était quelqu’un et le gâchis qui caractérise une deuxième partie de carrière ne doit pas faire oublier qui il a été. Ce Rod là, je n’en connais pas beaucoup qui crachait dessus. D’où le plaisir de le retrouver comme à ses plus belles heures, en 2013. Chassez-vous de l’esprit l’image de la rock star décadente et vieillissante et recentrez-vous sur l’artiste convaincant qu’il était.

Gasoline Alley (en écoute intégrale ici), publié en 1970, est l’un des deux maillons indispensables du catalogue  en solo de cette période, avec son suivant Every Picture Tells A Story (1971). Pris en tenaille entre les non moins excellents An Old Raincoat Won’t Ever Let You Down (1969) et Never A Dull Moment (1972), ce duo discographique est ce qui se fait de mieux chez Stewart.

Gasoline Alley s’inscrit dans le même schéma que son devancier et propose 9 titres qui alternent entre originaux et reprises, pour l’essentiel traités instrumentalement en acoustique et dans une approche folklorique. Lady Day, Jo’s Lament et Gasoline Alley sont signés Stewart. Du Stewart de haut niveau.

Du côté du répertoire emprunté à autrui, les couvertures les plus lumineuses sont : Cut Across Shorty de la country woman Marijohn Wilkin , My Way Of Giving des proches Ronnie Lane et Steve Marriott, It’s All Over Now (Bobby Womack) merveilleusement lancinant, le grandiose Only A Hobo (Dylan), le phénoménal Country Comfort que l’on doit à Elton John (et Bernie Taupin) et qui rappelle que le pianiste homosexuel a aussi été un crack dans une vie antérieure.

On tient là les meilleures plages d’un disque pour lequel les potes Faces ont fait le déplacement. Et les Faces, faut-il le rappeler, c’était quelque chose. La complicité entre le beau déjanté qu’est Ron Wood et Rod Stewart n’avait rien à envier au tandem concurrent des stones, Jagger/Richards. C’était le temps où Stewart avait une double vie.

L’œuvre parle d’elle-même : raucité et sensibilité de la voix, douceur et profondeur de la musique balançant subtilement de l’acoustique à l’électrique, ballades pleines de pureté et de sincérité, complaintes qui n’ont plus cours aujourd’hui, jeu de gratte subtil de Wood, créativité… ça n’a pas pris une ride.

On est loin ici de la star fripée, maquillée, peroxydée, suspendue aux bras des mannequins. On ne parle plus du même Stewart. Le seul, le vrai, c’est celui du temps de Gasoline Alley. Nostalgie quand tu nous tiens… (RAZOR©)

 

1. Gasoline Alley.

2. It's All Over Now.

3. Only a Hobo.

4. My Way of Giving.

5. Country Comfort.

6. Cut Across Shorty.

7. Lady Day.

8. Jo's Lament.

9. You're My Girl (I Don't Want to Discuss It).

 

Rod Stewart:chant,guitare sur 8

Martin Quittenton:guitare.

Ron Wood:guitare,basse.

Sam Mitchell:guitare slide.

Ronnie Lane:basse,chant sur 4.

Ian McLagan:piano,orgue.

William Gaff:sifflet.

Dennis O'Flynn:alto.

Dick Powell:violon.

Stanley Matthews:mandoline.

Mick Waller,Kenney Jones:batterie.

Pete Sears:piano,basse.

LP Studio 3 - 1971

 

Rod stewart every picture

 

ROD STEWART

EVERY PICTURE TELLS A STORY – 1971  5/5

 

Publié en mai 1971.

Produit par Rod Stewart.

Durée:40:31.

Label :Mercury.

Genre:rock.

 

Album séminal.

 

Après avoir trainé ses guêtres dans des petites formations comme Jimmy Powell And The Five Dimensions où il apparait initialement comme harmoniciste et deuxième chanteur, puis fait équipe pendant un an avec Long John Baldry, d’abord dans les Hoochie Coochie Men que ce dernier a créé, puis dans Steampacket toujours avec Long John Baldry qui le reconduit à ses côtés et auprès de Brian Auger et de Julie Driscoll), après avoir collaboré avec Peter Green et Mike Fleetwood dans le Shotgun Express où il se familiarise avec le chant, rejoint le Jeff Beck Group où il prend de l’étoffe (Truth et Ola), puis officié au sein des Faces, le scottish Roderick David Stewart, dit Rod Stewart, débute une carrière en solitaire au début des années 70.

Si son premier LP est plutôt passé inaperçu, malgré sa grande qualité  (An Old Raincoat Won’t Ever Let You Down), Gasoline Alley confirme tout le potentiel de l’artiste. Il faut cependant attendre le troisième opus pour que Rod Stewart ne transforme l’essai.

En 1971, Every Picture Tells A Story (en écoute intégrale ici), numéro 1 au Royaume-Uni comme aux States, lance véritablement le parcours d’un artiste qui va accumuler les succès, virer vers la pop et le disco (Da Ya Think I’m Sexy), devenir une star déjantée, défrayer la chronique pour ses coups de queue à gogo et son goût pour la coke.

Au fil du temps, le blond peroxydé se constitue un catalogue que beaucoup lui envient : Lady Lay, Maggie May, Sailing, Da Ya Think I’m Sexy, Passion et Baby Jane.

Every Picture Tells A Story est sa référence. Autour de Rod, on retrouve des Faces, les potes de défonce à la Guinness et au Bourbon, avec lesquels il continue à tourner parallèlement : les deux Ronnie, Ron Wood (qui mutera chez les Stones) et Ronnie Lane, Ian McLagan.

Pointent également au rendez-vous de ce disque des musiciens réputés comme Danny Thompson (Pentangle, Alexis Korner Blues Incorporated), Andy Pyle (ancien Blodwyn Pig et futur Juicy Lucy, Savoy Brown, Kinks et Wishbone Ash), Peter Sears (qui collaborera dans le Jefferson Starship), Kenney Jones (batteur des Small Faces puis des Who à la mort de Keith Moon). Every Picture Tells A Story bénéficie également du soutien vocal de Maggie Bell, la Janis Joplin écossaise (Stone The Crows).

Excellent mélange de hard, de folk et de blues, ce LP confirme par ailleurs que Rod Stewart est une des très grandes voix du moment (travaillée et entretenue au Bourbon). Il n’a pas son pareil pour magnifier le répertoire de Dylan (Tomorrow Is A Long Time) et faire du Reason To Believe de Tim Hardin, une des plus grandes couvertures de tous les temps.

Il reprend par ailleurs et avec bonheur, le That’s All Right Mama d’Arthur Crudup, popularisé par le King, ainsi que (I Know) I’m Losing You des Temptations et Seems Like A Long Time de Ted Anderson (qui figure également sur Tarkio de Brewer & Shipley, sorti cette même année 71).

Ce petit bijou discographique se complète d’originaux époustouflants, comme Maggie May, comme la chanson titre ou la ballade mature qu’est Mandolin Wind. N’en déplaise aux détracteurs de Stewart ou aux fans des Stones de Sticky Fingers, paru également en 71, le fracassant et énergique Every Picture Tells A Story surpasse ce qui se fait cette année-là.

Fait sans se canuler la tronche mais juste pour le plaisir, sans idées préconçues, ce disque, constitué de joyaux inestimables, suscite une excitation permanente. Il permet à Rod Stewart, alors chanteur de rock incomparable et sans égal, de faire ce qu’il sait bien faire depuis, le paon. Le numéro, c’est lui. D’où le caractère indispensable de cette prestation discographique unique qui, j’en suis convaincu, vous fera revoir votre jugement sur cet artiste que le temps et la starification ont  transformé en un crooner kitsch, glamour mais surtout pitoyable. Avant d’en arriver là, il a fallu en passer par cette étape mémorable (RAZOR©).

 

1. Every Picture Tells a Story.

 2. Seems Like a Long Time.

 3. That's All Right.

 4. Amazing Grace.

 5. Tomorrow Is a Long Time.

 6. O. Henry.

 7. Maggie May.

 8. Mandolin Wind.

 9. (I Know) I'm Losing You.

 10. Reason to Believe.

 

Rod Stewart:chant.

Ron Wood:guitare,basse.

Sam Mitchell:guitare slide.

Martin Quittenton:guitare acoustique.

Micky Waller:batterie.

Pete Sears:piano.

Ian McLagan:orgue.

Danny Thompson:basse.

Andy Pyle:basse.

Dick Powell:violon.

Maggie Bell:chant sur 1.

Madeline Bell,Mateus Rose,John Baldry:choeurs.

Ray Jackson:mandoline.

Kenney Jones:batterie sur 9.

Ronnie Lane:basse sur 9.

DISCOGRAPHIE SOLO ERE MODERNE.

LP Studio 26 - 2013

 

Rod stewart time 2013

 

ROD STEWART

TIME – 2013  4/5

 

Publié le 3 mai 2013.

Produit par Rod Stewart,Kevin Savigar.

Durée:50:10.

Label:Capitol,Decca,UCJ.

Genre:rock.

 

Rod flirte avec l’âge d’or.

 

Rod Stewart chante comme il respire et ce, dès ses débuts effectués auprès de Jeff Beck, avant qu’il ne brille ensuite avec les Faces. On ne peut pas en dire autant sur le plan de l’écriture, genre dans lequel il ne montre pas une envie et une inspiration débordantes d’en découdre avec la page blanche.

C’est, en tous cas, le triste constat que l’on est amené à faire depuis plus d’une décennie où la superstar au 150 millions d’albums écoulés, fait souvent appel à des concepteurs externes ou réalise des disques de reprises. Bref, le bonhomme ne se foule pas des masses et se repose sur son statut de diva du rock pour glander.

Serait-ce le fait de s’être attelé à la tâche d’écriture de son autobiographie qui lui a permis de retrouver un second souffle et une motivation nouvelle ? Tout laisse à le croire car Rod a, pour son nouveau disque baptisé Time (en écoute intégrale ici), endossé le costume d’auteur.

Le moins que l’on puisse admettre est qu’il fait montre de bien belles dispositions dans ces habits-là, suscitant de vives émotions à se dévoiler, à s’épancher sur ses propres expériences. Il émeut, accroche, envoûte et s’avère encore capable, à presque 70 berges, de réaliser de grandes performances vocales.  

N’ayant jamais été adhérent aveugle du répertoire de celui qui était promis à une belle carrière, balle au pied, je n’en ai pas moins apprécié cet album orchestré à grand renfort de guitare acoustique, de violon, d’accordéon, d’harmonica et de mandoline.

Son fonds de commerce est essentiellement blues, rock et soul, porté par une voix dont la raucité émerveille toujours autant et à laquelle la maladie a amené un peu plus de chaleur. Comme la muse est revenue, on a droit à onze originaux pas piqués des vers (Picture In A Frame est la seule reprise) ; en quelques titres sur les douze que compte Time, le londonien renoue avec sa période glorieuse, celle des quatre premiers LP de sa carrière ; on flirte avec l’âge d’or, sans toutefois chercher à comparer ce qui l’est difficilement.

Les compositions les plus séduisantes, les plus porteuses et annonciatrices d’un excellent crû, ont pour nom She Makes Me Happy et Can’t Stop Me Now, les deux  pièces pop radieuses qui introduisent l’album, le rock The Finest Woman, la ballade intimiste Brighton Beach, l’accrocheur It’s Over sur le thème du divorce d’avec Rachel Hunter, le gai Beautiful Morning, Live The Life, Pure Love et le morceau-titre.

Laissez-vous séduire, c’est pas mal du tout. Y a d’la joie, d’la bonne humeur… ça ne m’a pas laissé insensible, même si, comme je l’ai dit plus haut, je n’ai été client que du Rod de jeff Beck, des Faces et des premiers pas en solo entre 1969 et 1972. Cet album me rappelle parfois cette période extraordinaire de l’anglais. Qui s’en plaindra ? (RAZOR©)

 

1. She Makes Me Happy. 

2. Can’t Stop Me Now. 

3. It’s Over. 

4. Brighton Beach. 

5. Beautiful Morning. 

6. Live The Life. 

7. The Finest Woman. 

8. Time. 

9. Picture In A Frame.

10. Sexual Religion. 

11. Make Love To Me Tonight. 

12. Pure Love.

 

Kenny Aronoff:batterie,tambourin.       

Belinda Broughton,Bruce Dukov,Nina Evtuhov,Natalie Leggett,Serena McKinney,Grace Oh,Sid Page,Alyssa Park,Radu Pieptea,Katia Popov,Marc Sazer,Katie Sloan,Tereza Stanislav,Yelena Tegoryan,Roger Wilkie:violon.

Bridget Cady,Sandy Chilla,Angela Fisher,Sharlotte Gibson,Kim Johnson, Angela Michael,Di Reed,Lucie Woodward:choeurs.   

Giovanna Clayton,Antony Cooke,Stephen Erdody,Tim Loo,Andrew Shulman,Cecilia Tsan:celli.

Jim Cregan:guitare acoustique.    

Brian Dembow,Thomas Diener,Matthew Funes,Neel Hammond,Tamara Hatwan,Shawn Mann,Luke Mauer,Dave Walther:viola.

Drew Dembowski,Steve Dress,Conrad Korsch,Edward Meares,Michael Valerio:basse.

J'Anna Jacoby:mandoline,cordes,violon.        

Chuck Kentis:accordéon,orgue Hammond,harmonica,claviers,piano.

Don Kirkpatrick,Paul Warren:guitares.  

Nick Lane,Lee Thornburg:cor.

Matt O'Connor:maracas,shaker,tambourin.

David Palmer:batterie.

Jimmy Roberts:cuivres,saxophone.

Kevin Savigar:celeste,claviers,piano.

Rod Stewart:chant,guitare.

Emerson Swinford:dulcimer,guitares,mandoline.

Gina Zimitti:chef d’orchestre.

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