Steve Winwood.

BIOGRAPHIE.

 

STEVE WINWOOD/Birmingham (West Midlands - UK)

 

Stevewinwood intro

 

Né le 12 mai 1948 à Handsworth (Angleterre).

Actif depuis 1961.

Labels:Island,Virgin,Wincraft Music,CBS.

Genre:soul,R&B,blues-rock,pop-rock,rock.

Site officiel:stevewinwood.com

 

Acteur majeur de la pop british.

En nommant Nine Lives son album de 2008, Steve Winwood ne pouvait pas être plus dans le vrai. Du câble, il en a déroulé dans sa carrière. Les vies, dans le parcours de rock star qui est le sien, il les a accumulées.

Les vies en groupe, en solo, en studio, sur la route... Que ce soit pour son compte, avec The Spencer Davis Group par lequel tout a commencé, avec Traffic dont il a fait un des groupes phares des 60's, puis des 70's, avec Blind Faith, dont l'échec fut aussi retentissant que les espoirs qu'il a suscités, puis le Ginger Baker's Air Force, le super-groupe de jazz-fusion, jamais le natif de Birmingham, pourtant plongé très jeune dans ce milieu impitoyable, n'a dévié de sa route, ni se s'est brûlé les ailes.

Le statut de star internationale qu'il acquiert précocement (il a 15 ans) aurait pu tourner la tête de ce fidèle de Ray Charles qui, en 60 ans de carrière (il a débuté en 1961) a écrit certaines des pages les plus exceptionnelles de la pop british.

Stevewinwood spencer davis groupDes débuts avec Spencer Davis Group.Stevewinwood traffic gettyTraffic dès 1967.Stevewinwood blind faith 69Blind Faith (1969), son premier accroc.Stevewinwood traddic john barleycorn must dieUn premier LP solo crédité à Traffic (1970).Stevewinwood nine livesNine Lives (2008).Stevewinwoodsteelydan Un Tour avec Steely Dan.

Un touche-à-tout toujours actif.

Intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame pour son rôle majeur dans Traffic, classé parmi les plus grands chanteurs de tous les temps (N°33/2008), détenteur de deux Grammy Awards, ce compositeur hors pair, doublé d'un claviériste extraordinaire et d'un guitariste talentueux, a influencé durablement des générations entières de musiciens.

En six décennies de carrière, Steve Winwood s'est façonné un catalogue parmi les plus prolifiques et les plus intéressants de la musique populaire : Gimme Some Lovin', Back In The High Life Again, Can't Find My Way Home, Arc Of A Diver, Higher Love, Roll With It, While You See A Chance, Dear Mr. Fantasy, Split Decision, The Finer Things, Valerie, The Low Spark Of High Heeled Boys... Ses ventes de disques culminent bien au-delà des 50 millions de pièces. Génial touche-à-tout (songwriter, chanteur, claviériste, guitariste, batteur, musicien de session, producteur), l'artiste est toujours actif aujourd'hui.

Depuis 2020 que l'idée est dans les cartons, la pandémie a contrecarré les plans de Steve de se produire avec Steely Dan ; il est toutefois quasiment acquis que les deux parties se retrouveront enfin durant l'été 2022 pour la tournée Earth After Hours (de mai à juillet 2022). Sûr que ça va jazz-rocker fort dans les amphithéâtres sélectionnés pour les accueillir...

Né dans la banlieue de Birmingham (Handsworth), une place musicale généreuse dans son apport au rock (John Bonham, Carl Palmer, Duran Duran, Black Sabbath, UB40, Electric Light Orchestra, The Moody Blues, Judas Priest...) Stephen Lawrence Winwood marche très tôt dans les pas de Lawrence, son paternel, ouvrier mais parallèlement saxophoniste et clarinettiste semi-professionnel, puisque, dès l'âge de 4 ans, son aîné le met au piano, avant d'apprendre aussi la batterie et la guitare.

Du Ron Atkinson Band au Spencer Davis Group...

Doué, il intègre 4 ans plus tard le Ron Atkinson Band (Dixieland) dans lequel jouent déjà son père et son frère Muff, avant, quelques années plus tard, de faire une entrée précoce sur la scène R&B de Birmingham.

Fan de Ray Charles, il pointe régulièrement à l'orgue quand les tournées britanniques des stars du blues et du rock telles que Muddy Waters, John Lee Hooker, Howlin' Wolf, B.B. King, Otis Spann, Bo Diddley ou Chuck Berry, les amènent à passer dans la région.

C'est un ado de 14 ans, toujours scolarisé, qui, en 1963, contribue, avec son frère Muff, Peter York et le gallois Spencer Davis (il a 9 ans d'écart avec Steve), à constituer un groupe qui va faire parler de lui à l'heure de la british invasion : le Spencer Davis Group.

Dans ce collectif, outre les claviers, Steve brille également au chant ; son talent précoce attire les regards du monde du rock sur cette formation en vogue sur la scène beat ambiante avant que le label Island Records de Chris Blackwell ne la prenne sous sa coupe (1964).

Début 1966, le Spencer Davis Group rafle la mise avec Keep On Running, repris au jamaïcain Jackie Edwards, songwriter-maison d'Island Records, titre qu'il propulse en tête des charts britanniques. De l'autre côté de l'Atlantique, la chanson fait 76.

En octobre de la même année, une tempête s'abat de nouveau sur le Royaume-Uni quand est publié Gimme Some Lovin'. La bande à Steve Winwood (il est désormais l'incontournable star du groupe) y va d'un deuxième gros coup consécutif.

Même s'il rate de peu la première marche des charts grands-bretons, il se classe second quand, dans le même temps aux États-Unis, il pointe à un honorable 7ème rang.

Si I'm A Man, dont Chicago Transit Authority livre une version étirée anthologique (avec un solo de batterie mémorable), fait encore top 10 (N°9) en Grande-Bretagne et aux States (N°10), la chanson est le dernier succès du Spencer Davis Group (début 1967).

Conforté par Traffic.

Elle précède le départ des frères Winwood, lesquels privilégient désormais leur propre carrière (avril 1967).

Si l'aîné des Winwood (Muff) fait alors le choix de devenir A&R pour Chris Blackwell et de donner la priorité au métier de producteur, Steve, de son côté, après avoir participé au projet de groupe élitiste de blues (avec Jack Bruce, Paul Jones, Pete York et Ben Palmer) de studio initié par Eric Clapton (The Powerhouse/1966) fonde Traffic avec d'autres musiciens de la scène de Birmingham, à savoir Jim Capaldi, batteur-chanteur et songwriter, Dave Mason, guitariste, et Chris Wood, saxophoniste et flûtiste.

Le quatuor signe pour Island Records et publie, dès mai 1967, un premier single, Paper Sun. Le titre se classe N°5 au Royaume-Uni mais son suivant, Hole In My Shoe, fait encore mieux en atteignant la 2ème place des charts britanniques, quelques mois plus tard (été 1967), tandis que Here We Go Round The Mulberry Bush (novembre 1967) intègre le top 10 des mêmes classements.

S'ensuit un premier LP, Mr. Fantasy (décembre 1967) qui établit Traffic comme un des meilleurs groupes contemporains du moment et conforte Steve Winwood comme un des plus grands chanteurs de tous les temps.

Traffic est alors une valeur sûre du rock international, ce que confirme les albums suivants (Traffic et Last Exit) ; à la surprise générale, la formation de Birmingham se sépare au début de l'année 1969, suite à des divergences artistiques entre le noyau Winwood/Capaldi et Dave Mason.

Premier accroc.

Steve profite de cette opportunité pour rebondir sur un projet qui lui tient à cœur, celui de former un super-groupe de blues-rock avec Eric Clapton ; l'idée, vraisemblablement née du montage du précédent Powerhouse, est désormais réalisable, le guitariste en ayant fini avec Cream.

Blind Faith réunit également Ginger Baker et Ric Grech, ancien de la maison Family ; Jimmy Miller les rejoint, à charge pour lui d'encadrer les enregistrements.

Ambitieux et excitant, le groupe en question va vite s'avérer un flop complet et l'accueil tant en Angleterre que de l'autre côté de l'Atlantique est mitigé, au motif d'un répertoire limité pour ne pas faire de Blind Faith une pâle copie de Traffic ou de Cream.

Les liens qu'entretient Clapton avec Delaney & Bonnie pour lequel Blind Faith ouvre alors, achèvent d'éloigner le guitar-hero de ce projet de courte durée, néanmoins ponctué d'un album : l'éponyme Blind Faith, sorti en août 1969 chez Polydor.

John Barleycorn Must Die avant une carrière solo.

Pour digérer cette immense déception, Steve réactive Traffic (sans Dave Mason) qui, avec l'excellent John Barleycorn Must Die (juillet 1970/Island), séduit le marché américain.

5ème du Billboard 200, 11ème au Royaume-Uni, le quatrième album de Traffic était prévu pour ouvrir le catalogue personnel de Winwood. Initialement nommé Mad Shadows, John Barleycorn Must Die est certifié or.

Stevewinwood portrait

« Spencer Davis a eu une influence sur moi pour devenir un musicien professionnel, et je l'en remercie. » (Steve Winwood)

Traffic est arrêté en 1975 après avoir engrangé trois opus supplémentaires : The Low Spark Of High Heeled Boys en 1971, Shoot Out At The Fantasy Factory, deux ans plus tard, et When The Eagle Flies (1974), dernier LP avant que les complices Winwood et Capaldi ne se retrouvent en 1994 (Far From Home).

Steve meuble le vide entre la fin de Traffic et le début de sa carrière solo en se rapprochant du percussionniste Stomu Yamashta et du batteur Michael Shrieve (ex Santana) pour un LP progressif et expérimental, Go (1976).

Son parcours personnel prend effet en 1977 avec l'éponyme Steve Winwood, seul album des 70's. Celui-ci est une déception pour les fans de l'artiste et un échec dans les bacs, malgré une 22ème place au Billbard 200 ; les singles qui en sont extraits, Hold On et Time Is Running Out, n'ont guère plus de succès.

Winwood se réinvente et ça paie.

Le travail de sessions (Sandy Denny, John Martyn, Gong, Jim Capaldi, George Harrison, Marianne Faithfull...) et les collaborations accaparant beaucoup l'anglais, il faut attendre le début des 80's pour que sa discographie studio prenne un peu plus de volume : Arc Of A Diver (1980) et Talking Back To The Night (1982).

Le premier nommé fait 3 au Billboard, Winwood se réinvente et ça paie. Tiré du LP, While You See A Chance se classe N°7 du Billboard 100. Talking Back To The Night, son suivant, ne brille pas autant, se satisfaisant d'une honorable 28ème position ans les classements d'albums américains.

L'un comme l'autre, enregistrés seul dans son home studio de haute technologie, se parent toutefois de platine.

Peu après le milieu des années 80, il signe alors ce qui est, à ce jour, son meilleur travail, à savoir Back In The High Life (1986/Island). Moins réussi artistiquement, Roll With It (juin 1988), son suivant et cinquième levée studio personnelle, s'avère néanmoins un succès commercial (N°1 du Billboard et N°4 en Angleterre). Ce dernier s'écoule à plus de trois millions d'exemplaires.

Refugees Of The Heart marque les retrouvailles avec Jim Capaldi ; celles-ci débouchent sur la reformation de Traffic et sur un nouvel album crédité au groupe, Far From Home (1994), bien que quasiment tous les titres soient l’apanage de Steve (instruments, chant...).

Greatest Hits Live...

La tournée de promo de Far From Home génère un live, The Last Great Traffic Jam, publié ultérieurement (2005). Il est le dernier réunissant les deux membres les plus influents de Traffic, Jim Capaldi décédant d'un cancer de l'estomac, la même année, à l'âge de 60 ans.

Dans le même temps, Steve Winwood continue à collaborer aux projets de ses confrères tout en alimentant son catalogue de trois opus supplémentaires, Junction Seven (1997), About Time (2003), publié sur son propre label (Windcraft), et Nine Lives (2008), lesquels ne connaissent pas le même bonheur que leurs prédécesseurs.

Dernier en date, Greatest Hits Live, sorti en 2017, comble un vide, celui d'être, malgré sa carrière impressionnante, le premier disque en public personnel de l'artiste. Steve Winwood s'y montre sublime...comme souvent (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 9 - 2008

 

Steve winwood nine lives 2

 

STEVE WINWOOD

NINE LIVES – 2008  4/5

 

Publié le 29 avril 2008.

Produit par Steve Winwood.

Durée:57:13.

Label:Columbia Records.

Genre:pop-rock.

 

Quand Traffic rencontre Santana.

 

En intitulant son neuvième album studio Nine Lives (2008), il est légitime de penser que Steve Winwood réfère à son parcours conséquent de rock star et à ses diverses incarnations musicales ; il n'en est rien ; le titre n'est qu'un clin d'oeil au fait que sa publication correspond au neuvième pan de son catalogue discographique et qu'elle est construite autour de neuf titres. C'est aussi simple que ça.

Alors qu'il a déjà bien écorné le nouveau millénaire, l'artiste issu du généreux et talentueux échiquier de Birmingham et figure notable de la scène pop-rock internationale, nous revient avec un disque mélodique très coloré, coulant, attestant que, malgré le poids des ans, il n'a rien perdu de son immense talent.

L'avancée dans l'âge semble ne pas être un problème pour la rock star, sur le plan vocal, de la motivation et de l'inspiration, Nine Lives le dévoilant aussi solide qu'au début d'une carrière débutée très jeunes, dans la première partie des 60's.

Au lieu de se satisfaire de capitaliser sur son brillant parcours en ressassant ses succès, celui-ci, qui n'a quand même plus rien à prouver au regard de son CV, continue à rester créatif, propose de la nouveauté et de la fraîcheur.

Pour ce, il joue sur les atouts qu'il a dans son escarcelle depuis ses débuts : la variété musicale et son organe vocal, toujours préservé malgré les sollicitations.

Force est de constater qu'l reste toujours aussi agréable à écouter et que le mélange de blues, de rock, de pop, de soul, de jazz, d'afro-cubain, de caribéen, de funk qu'il développe pour soutenir sa voix est encore très saignant et accrocheur. Pas étonnant dès lors que le label majeur qu'est Columbia soit derrière à soutenir ses efforts.

Winwood est un des rares anciens encore en activité dont la crédibilité ne peut être discutée, pas plus que son côté très propfessionnel par ailleurs.

Séduisant, Nine Lives, entré au 12ème rang des albums 200 du Billboard, s'écoule à 26.000 pièces dès le premier week end suivant sa sortie ; c'est dire la cote qui teste la sienne. CBS n'a pas misé sur le mauvais cheval, loin s'en faut.

Si Nine Lives poursuit dans la veine musicale dévoilée par le précédent About Time, sorti 5 ans avant (2003), Winwood semble avoir enfin trouvé le son après lequel il court en vain depuis des décennies ; il se replace dans les pas des albums classiques de Traffic, j'ai nommé les The Low Spark Of High Heeled Boy et l'incontournable John Barleycorn Must Die, prévu à l'origine pour être son premier album solo, mais finalement crédité au collectif.

Le petit plus, c'est de rapprocher, toutes proportions gardées, ce Traffic inoubliable de Santana et c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'oreille.

Production raffinée et précise, arrangements élégants et subtils, grooves décontractés, belles et profondes lignes de basse imprimées depuis son orgue, percussions soft... tout s'imbrique parfaitement et tend à l'équilibre tant recherché. Nine Lives sonne comme un aboutissement pour son auteur, inspiré et bien recentré sur son sujet.

La matière, très introspective et sérieuse, est traitée de façon convaincante et séduisante. On regrettera cependant le petit couac final qu'est Other Shore, sauvé par son délicieux saxophone.

Celle-ci en tire tous les bénéfices d'autant que les 9 jams (8 d'entre eux vont au-delà des 5 minutes) ici recensées profitent avantageusement du soutien d'un groupe de musiciens dont la ligne de conduite s'appuie sur beaucoup de douceur et de délicatesse.

Eric Clapton, vieux pote de l'époque Blind Faith, en est un des acteurs qui fait briller sa guitare sur Dirty City. C'est l'autre intérêt de ce disque mélodique, charmant et accrocheur, son meilleur depuis belle lurette (RAZOR©2022).

 

1. I'm Not Drowning.

2. Fly.

3. Raging Sea.

4. Dirty City.

5. We're All Looking.

6. Hungry Man.

7. Secrets.

8. At Times We Do Forget.

9. Other Store.

 

Steve Winwood:chant,orgue Hammond,guitares.

Tim Cansfield:guitares.

Eric Clapton:guitares,guitare solo sur 4.

José Pires de Almeida Neto:guitares.

Richard Bailey:batterie.

Karl Vanden Bossche:percussions.

Paul Booth:saxophone,sifflotement.

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