The Kinks.

BIOGRAPHIE.

 

THE KINKS/Londres (Angleterre)

 

Kinks 1964

 

Années actives:1963/1996.

Label:Pye Records,Cameo,Reprise,RCA,Arista,London,MCA,Columbia,Koch,Guardian,Universal.

Genre:rock,pop,british invasion,pop/rock,hard rock.

Site officiel:thekinks.info

 

Un groupe faiseur de tubes.

Muswell Hill, quartier du nord de Londres, a permis aux Kinks, par l’entreprise des frères Davies, de faire ses premiers pas sur la scène rock anglaise dont il est devenu, au fil du temps, un inamovible pilier ainsi que  l’une des formations les plus importantes et les plus influentes de cette époque, un des acteurs les plus ardents de la british invasion pour aller titiller le yankee sur son sol.

Faiseurs de tubes, les Kinks ont vendu des millions de disques et été, de tous temps, l’objet de nombreuses célébrations ou remises de distinctions internationales, signe de l’impact que le groupe a laissé dans le rock et sur les générations qui se sont succédé depuis leur avènement.

Kinks 2

Kinks 1

Kinks 3

Des débuts tonitruants. 

Les Kinks ont connu des débuts époustouflants dans ce qui était alors le mouvement beat, signant ça-et-là un lot conséquent de chansons devenues depuis des classiques.

Formé au début des années 60 (1963) par la fratrie Davies, Ray, leader et principal auteur-compositeur, et Dave, guitariste à qui l’on doit le son de guitare saturé caractéristique du groupe à ses débuts, ce qui fut d’abord Ravens avant de devenir Kinks avec l’arrivée du bassiste Peter Quaife et du batteur Mick Avory, pratique une musique puisant ses influences dans différents genres : rock, rhythm & blues, british music hall, folk et country.

Un contrat chez Pye.

Dans sa formule originale, Pete Quaife, Dave Davies, Ray Davies et Mick Avory qui a pris le relais de Micky Willett, les Kinks décrochent rapidement un contrat, aidé en cela par le producteur de Chicago alors à en poste Londres, Shel Talmy, et que l’on retrouve derrière de nombreux succès des Kinks. Si un premier engagement tombe pour Pye Records dès 1964, Mike Avory n’a pas encore vraiment les deux pieds dans la formation dans la mesure où, sans que ses qualités soient remises en cause, Shel Talmy, l’homme à tout faire du moment, lui préfère pour les premiers enregistrements en studio, des batteurs plus expérimentés comme Clem Cattini dont le nom apparaît sur les grands disques rock anglais ou comme Bobby Graham, un des grands noms de la batterie du Royaume-Uni.

Mike Avory apparaît alors aux percussions et sa ténacité et sa patience sont finalement récompensées puisqu’en 1965, il occupe définitivement le poste, faisant de lui le plus fidèle des collaborateurs des frères Davies dans Kinks.

Une Kinksmania s’organise.

Dès leur troisième single, les deux premiers n’ayant pas marché au point que Pye s’interroge sur le bien-fondé de cette association, les Kinks, en août 1964, s’installent en tête des hits U.K et, un mois plus tard, au septième rang des charts U.S. Le titre déclenche une Kinksmania phénoménale, frôlant la folie furieuse à chaque interprétation.

Ecrite par Ray Davies, You Really Got Me (sans Mick Avory), devenue depuis classique du rock, considérée comme le morceau qui lance le hard rock et source d’inspiration pour le punk à venir, a été composée, dixit la légende, par son auteur un soir dans la maison familiale sur un piano désaccordé. Le son ne satisfaisant ni les frères Davies, ni l’entourage professionnel de Pye, Dave Davies, de rage, larde son ampli de coups de couteau qui, mis à mal, restitue un son assez distordu inespéré servant de base au réenregistrement du morceau qui va inonder la planète. All Day And All The Night, publié deux mois plus tard (N°2 au Royaume-Uni et 7 aux U.S.A) et construit sur le même schéma confirme. A la fin de l’année 1964, les Kinks sont nés et ont pignon sur rue.

La place du con.

Entre 1965 et 1967, ils vont reproduire cette bonne habitude de figurer dans les hits internationaux : 9 fois chez eux, sept chez l’Oncle Sam. Outre les singles, les anglais vont signer une série d’albums influents pour les uns, moindres pour d’autres. Derrière chacun d’entre eux se profile l’écriture affutée de Ray Davies pour lequel la culture et le mode de vie british servent de vivier inépuisable. Malgré le rôle important, voire déterminant joué par le groupe dans le rock, les Kinks restent dans la mémoire collective celui qui a occupé la place du con : quatrième. Au pied du podium, derrière les Beatles, les Stones, les Who. Au regard de leur catalogue et des risques pris à ne pas se cantonner dans un genre unique, le constat est un peu dur.

Les Kinks ouvrent leur compteur discographique par l’album Kinks en 1964 ; Phobia, en 1993, le referme. Les premières joutes vinyliques s’avèrent nerveuses et destructrices. A l’image de leurs concerts très agités, au point de se voire brandir un carton rouge sous le nez rouge chez les Yankees.

Kinks quailfe

« Village Green Preservation Society est le seul album sur lequel tous les quatre membres ont contribué. C’est le seul où nous avons participé en tant que groupe. C’est aussi le dernier que j’ai fait avec les Kinks ». (Peter Quaife)

Des débuts brouillons.

Dans ce contexte, le premier LP est encore un peu bordélique. Son suivant, Kinda Kinks (1965), plus blues, plus posé, plus travaillé surtout, a meilleur port, même s’il est enregistré dans la précipitation pour pouvoir se payer sur une bête qui cartonne bien que pas encore totalement aboutie.

The Kink Kontroversy, troisième pli de 1965, obéit toujours à des impératifs marketing tant la demande du public est conséquente et pressante. Si la qualité croît, elle le doit à l’écriture de Ray Davies qui, progressivement commence à sensibiliser son public. Les compositions du leader se font d’ailleurs plus acérées et railleuses comme en atteste le psychédélique Face To Face (1966), premier palier important du groupe et surtout reflet d’une époque.

Des chefs d’œuvre à la pelle.

L’année du flower power sort Something Else By The Kinks (1967). Shel Talmy apparaît pour la dernière fois derrière ce disque voulu simple par son maître compositeur lequel s’éclate comme un fou sur cet album. Résultat, le LP, dans sa douceur pop british, est exceptionnel. Il est un virage dans la carrière des Kinks.

1968 est l’année de The Kinks Are The Village Green Preservation Society. Les quatre anglais (les 2 Davies, Quailfe et Avory) élèvent encore leur niveau, au point de devoir considérer cet album comme une pièce maîtresse de leur catalogue. Il faut rappeler que le créneau 66/70 chez les Kinks, c’est quelque chose ! A leur meilleur niveau, ils n’avaient rien à envier à qui que ce soit.

Kinks brothers

Ray Davies a aussi son Sgt Peppers.

Avec Arthur (Or The decline And Fall Of The British Empire), en 1969, on entre dans le cercle des albums-concepts. Plus dur, corrosif, cynique, l’album a contre lui de ne pas avoir l’adhésion de Pye qui en est encore à rêver singles. Ce qui n’empêche pas Davies de signer son deuxième chef d’œuvre de rang. C’est son Sergent Peppers à lui. Et toc !

A ce stade de leur carrière, les Kinks sont alors portés par la critique rock, même si côté public, c’est plus laborieux. L’amer Lola Versus Powerman And The Moneygoround Part 1 (1970), encore un disque conceptuel, renoue avec le très haut niveau. Les Kinks volent, Ray Davies plane.

Sur le reculoir.

Percy (1971) est un premier accroc sérieux dans le répertoire, mais il n’y a pas péril en la demeure dans la mesure où cet album-concept sert de bande-son pour la comédie anglaise du même nom. Il clôture la collaboration avec Pye qui ne s’est jamais remise du parti pris délibéré de Ray Davies de faire du disque conceptuel, plus à même de pouvoir mettre en valeur ce qu’il a en tête.

La suite, autrement dit Muswell Hillbillies (1971), dixième levée du groupe, se fait pour RCA. Il est encore et toujours à thème, réfère au quartier qui a vu grandir les frères Davies, à la famille. C’est le dernier grand disque des Kinks qui sont alors au sommet de leur art.

S’il y a encore un semblant de vie dans ce que propose Everybody’s in Show-Biz (1972), il marque pourtant le début de la fin de Kinks et le commencement des pitreries signées Ray Davies qui devient limite casse-couilles et carrément prétentieux (Perservation Act 1 et 2 de 1973 et 1974).

La surprise Low Budget.

A Soap Opera (1975) n’est que l’ombre des Kinks ; Schoolboys In Disgrace, la même année, vaut à peine mieux. Sleepwalker (1977) marque toutefois une reprise en main bénéfique et le recadrage des dirigeants d’Arista pour lequels les Kinks viennent de s’engager, n’y changera rien. Si Misfits (1978) permet à l’écriture de Ray Davies de retrouver des couleurs et de la cohérence et oblige ce dernier à rentrer dans le rang suite aux menaces de l’éditeur, le dix septième jet studio ne reste pas dans les annales malgré un mieux indiscutable.

Paradoxalement, alors que plus personne n’aurait misé une livre sur les Kinks décontenancés par ces musiciens toujours à contre-courant, ceux-ci publient un Low Budget en 1979 qui témoigne de la qualité, de la simplicité, de l’énergie et de l’envie. Deuxième meilleure vente du groupe, le hard rock dans lequel ils se jettent voracement leur permet de prolonger un plaisir auquel Phobia (1993) met un terme.

Même niveau de réputation que les Beatles et les Stones.

En 1996, le groupe se sépare dans l’indifférence après avoir pourtant été un baron du rock et placé au même niveau de réputation que les Beatles ou les Stones. The Knack, The Jam, les Pretenders, Blur, Oasis savent tous ce qu’ils doivent à la tribu des Davies qui, depuis a vu Peter Quaife, en proie à de graves problèmes rénaux depuis une dizaine d’années, la quitter pour toujours en 2010 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE KINKS 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Kinks album

 

THE KINKS

KINKS – 1964  3/5

 

Publié au Royaume-Uni en octobre 1964.

Produit par Shel Talmy.

Durée:32:55.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S.A).

Genre:rock,R&B.

 

Rapport déséquilibré, mais achat inévitable.

 

Les Kinks, c’est la place du con. Quatrième. Au pied du podium des années 60, derrière l’inamovible triumvirat d’anthologie forme des Beatles, des Stones et des Who, ces derniers étant pourtant arrivés un an plus tard. Pourtant qui oserait nier l’influence qu’a eue ce groupe dans le concert rock british ? Mais c’était écrit. Leur destinée était ainsi tracée. Fatalitas.

En 1964, quand Kinks (en écoute intégrale 1/14), leur premier LP est publié pour Pye, les deux 45 tours précédents avaient fait chou blanc, n’atteignant pas les charts comme l’avait programmé l’éditeur. Pas loin de se faire lourder, Ray Davies et son frangin Dave, dans un éclair de génie pour l’un et en maltraitant l’ampli pour l’autre, signent alors le distordu et sauvage You Really Got Me, hit en puissance au riff imparable, annonciateur du hard rock. Les Kinks rentrent alors dans l’histoire affublés d’une réputation de zinzins et se positionnent comme le leader de la vague anglaise qui va submerger l’Amérique.

Le noyau des Kinks, les deux demi-frangins Davies, Ray, un sublime songwriter et Dave, guitariste virtuose, crée un son particulier, jamais le même. Ils ont leur propre marque de fabrique. Leur son est démolisseur  et nerveux, comme leurs concerts. Plusieurs cartons rouges leur sont brandis sous le nez. Qui plus est aux States où ils deviennent interdits de séjour pour l’ensemble de leur œuvre de destruction massive.

Rythm & blues, music hall, folk, country, blues, pop british… les Kinks intègrent toutes ces influences à leur musique. Ils sont une valeur sûre de la scène anglaise sans en toucher vraiment les bénéfices. Chez l’Oncle Sam, les Davies passent mieux, mais sans qu’il faille pour autant jubiler pour eux, même si dans son sillage se développent de multiples unités de rock garage.

Le label n’est pas étranger à cet état de fait qui pousse constamment au cul la formation pour qu’elle fasse du chiffre. Entendez par là qu’elle remplisse les caisses du service marketing. A vouloir urgemment exploiter cette magnifique poule aux œufs d’or, Pye en oublie l’essentiel : laisser du temps à la tribu Davies pour peaufiner ses enregistrements et à Ray, le songwriter en chef, d’alimenter le disque en une matière conséquente et cohérente. Ce qui n’est pas le cas ici, mais on ne leur en a pas beaucoup laissé le choix, ni la possibilité malgré ce que Ray Davies avait en tête.

Cet album, sorti en Angleterre début octobre 1964, produit par Shel Talmy et publié sous le label Reprise outre-Atlantique n’est pas ce que les zozos ont fait de mieux, même si c’est celui qui abrite le succès interplanétaire évoqué ci-dessus. Il est un bon moyen cependant de tâter du Kinks. De renifler à quoi ressemble les bestiaux, encore bien tendres en âge et expérience dans le milieu de requins dont fourmille l’industrie du disque…

Cinq titres de ce répertoire sont de la main de Ray Davies, le reste n’est que bricolage et petits arrangements lucratifs autour de reprises et de chansons traditionnelles réarrangées pour la circonstance. A ce petit jeu, Shalmy n’est pas le dernier à passer à la caisse pour empocher quelques royalties en s’appropriant les versions retouchées.

Mick Avory, alors batteur du groupe, est écarté au profit d’un batteur de sessions Bobby Graham. Prennent part aux sessions Jimmy Page, Jon Lord et Perry Ford. Au final, Kinks n’est pas meilleur ni pire que ce que fait la grande majorité des formations de R & B britanniques du moment. Il manque de cohérence, s’avère hésitant et mal agencé avec des morceaux pas toujours nécessaires. Bordélique et brouillon, You Really Got Me domine de la tête et des épaules un lot que l’on écoute pourtant avec plaisir. Le rapport est déséquilibré certes, mais l’achat est inévitable car l’histoire du rock passe aussi par ce disque (RAZOR©).

 

1. Beautiful Delilah.

2. So Mystifying.

3. Just Can't Go to Sleep.

4. Long Tall Shorty.

5. I Took My Baby Home.

6. I'm a Lover Not a Fighter.

7. You Really Got Me.

8. Cadillac.

9. Bald Headed Woman.

10. Revenge.

11. Too Much Monkey Business.

12. I've Been Driving On Bald Mountain.

13. Stop Your Sobbing.

14. Got Love If You Want It.

 

Ray Davies:guitare,harmonica,claviers,chant.

Dave Davies:guitare,chant.

Peter Quaife:basse,chant.

Mick Avory:tambourin,batterie.

Jimmy Page:guitare 12 cordes,guitare acoustique.

Jon Lord,Perry Ford:piano

Bobby Graham:batterie.

 

LP Studio 2 - 1965

 

Kinks kinda kinks

 

THE KINKS

KINDA KINKS – 1965 3/5

 

Publié en mars 1965 (U.K), en août 1965 (U.S.A).

Produit par Shel Talmy.

Durée:27:38.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S).

Genre:rock.

 

Du mieux.

 

Les affreux jojos du rock british, punks avant l’heure, sont de solides prétendants au titre de leader au niveau mondial pour lequel ils sont encore devancés par les Beatles et les Rolling Stones. Si les premiers nommés sont considérés comme le groupe à minettes et sans histoire, le deuxième leur ressemble comme une goutte d’eau et c’est sur le créneau de la baston, de la vulgarité et des frasques qu’ils surfent pour laisser à distance la bande à Jagger/Richards/Jones. Pas gagné. Toujours est-il qu’on est loin des clichés de dandysme et d’élégance accolée à cette formation.

Formés depuis peu, les Kinks sont le groupe qui monte et You Really Got Me, tombé le 4 août 1964, assomme littéralement son monde. Tous n’ont d’oreille que pour ces quatre zozos qui, en tournée, se mettent sur la gueule, se disputent, boudent et vont même jusqu’à parfois se saborder en livrant délibérément des prestations techniquement discutables : Ray le leader, auteur-compositeur et chanteur à la voix nasillarde caractéristique ; son frère Dave à la guitare furibonde ; Mick Avory, batteur enfin intégré, et le bassiste Peter Quaife, acteurs d’une rythmique bien lourde.

Kinks est sorti en octobre 1964, mais n’a pas fait de gros scores, exception faite du titre mythique mentionné par ailleurs. Leurs premiers gemmes sont soumis à une telle pression de l’éditeur que tout se fait dans l’urgence histoire de thésauriser sur un nom voué aux plus grands espoirs.

Kinda Kinks (en écoute intégrale ici), sorti en mars 1965, n’échappe pas à cette poussée marketing. En dépit des contraintes commerciales imposées, ces gamins affichent une grande personnalité dans leur musique et leurs compositions entre rock et blues, derrière lesquelles se profile Ray Davies, se démarquent de la concurrence directe. Pour le reste, le principe des reprises est reconduit pour accélérer la publication de l’album et ainsi profiter de la spirale favorable générée par You Really Got Me.

Positionné au troisième rang des charts en Angleterre et en 1965, Kinda Kinks n’a pas le privilège de détenir en son sein de titres exceptionnels comme celui cité précédemment, mais dispose de son lot de bonnes petites chansons comme Tired Of Waiting For You, Nothin’ In The World Can Stop Me Worryin’ ‘Bout That Girl, Naggin’ Woman, Got My Feet On The Ground ou Something Better Beginning. Malgré la note à 3/5, il est indéniable que ça progresse (RAZOR©).

 

1. Look for Me Baby.

2. Got My Feet on the Ground.

3. Nothin' in the World Can Stop Me Worryin' 'Bout That Girl .

4. Naggin' Woman.

5. Wonder Where My Baby Is Tonight.

6. Tired of Waiting for You.

7. Dancing in the Street.

8. Don't Ever Change.

9. Come on Now.

10. So Long.

11. You Shouldn't Be Sad.

12. Something Better Beginning.

 

Peter Quaife:basse.

Dave Davies:guitare,harmonica,claviers,chant.

Ray Davies:guitare,chant.

Mick Avory:batterie.

 

LP Studio 3 - 1965

 

Kinks kinkkontroversey

 

THE KINKS

THE KINK KONTROVERSY – 1965  4/5

 

Publié le 26 novembre 1965 (U.K),30 mars 1966 (U.S.A).

Produit par Shel Talmy.

Durée:30:29.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S.A).

Genre:rock.

 

Les Kinks passent à la vitesse supérieure.

 

Avec un titre ironique référant à la réputation sulfureuse d’un groupe qualifié d’affreux jojos qui déclenche des manifestations belliqueuses sur le Vieux Continent et se voit interdire de séjour chez l’Oncle Sam, The Kinks Kontroversy (en écoute version Deluxe ici), troisième jet des anglais, sort fin novembre 1965 au Royaume-Uni, précédant de quelques mois la publication américaine (mars 1966).

Pour faire suite à deux albums discutables quant à leur finalité dictée essentiellement par des impératifs commerciaux (Kinks et Kinda Kinks), The Kinks Kontroversy, plus abouti, plus soigné, moins superficiel, s’avère bien meilleur que ceux auxquels il succède. Les Kinks rendent en effet une copie plus propre, plus mature et de qualité qui, si elle ne fait pas du LP en question un grand crû, n’en génère pas moins un produit du catalogue Kinks à posséder impérativement au regard de son aspect transitoire important dans la carrière du groupe.

Une page se tourne ici dont le fougueux Milk Cow Blues est le symbole. L’interdiction de fouler le territoire américain oblige les Kinks à revoir leur stratégie, à s’éloigner des reprises du répertoire yankee et de l’étiquette R & B héritée de leurs travaux précédents, même si Gotta Get The First Plane Home, When I See That Girl Of Mine ou It’s Too Late en sont encore imprégnées, étiquette pour laquelle ils ont gagné leur galon de rivaux des Stones.

Les Kinks se rapprochent, de par l’écriture plus conséquente de Ray Davies et à l’image de I’m On An Island ou de Ring The Bells, de ce qui va définir prochainement le groupe et constituer son originale marque de fabrique. La fusion entre le son tranchant de You Really Got Me et l’orientation plus douce et introspective dictée par son leader, pourtant en phase dépressive à cette époque, s’opère ici. A la surprise générale, personne, je crois, n’attendait alors le groupe dans ce registre sonore et lyrique.

Son état mental défaillant transparaît dans le ton sur lequel est servi la nouvelle donne, dans les notes et les mots dont il nous abreuve dans The Kinks Kontroversy. Mais son écriture semble agir comme la plus salvatrice des thérapies. Pour lui, c’est déjà une victoire et l’album entier en bénéficie. Les Kinks ne sont plus les mêmes désormais.

Si, par rapport aux Kinks d’hier, il est indéniable que l’avancée est capitale, comparé à la crème discographique à venir, ce disque est encore en retrait. On ne s’en plaindra pas cependant car il véhicule de belles pièces. Brutales à l’image de ‘Til The End Of The Day, lancinantes comme l’obsédant et sombre Ring The Bells, mélodiques telles l’ensoleillé I’m On An Island ou entraînantes comme When I See That Girl Of Mine, nostalgiques à l’instar de Where Have All The Good Times Gone. Tout fan des anglais et des années 60 sera au rendez-vous de The Kinks Kontroversy (RAZOR©).

 

1. Milk Cow Blues.

2. Ring the Bells.

3. Gotta Get the First Plane Home.

4. When I See That Girl of Mine.

5. I Am Free.

6. Till the End of the Day.

7. The World Keeps Going Round.

8. I'm on an Island.

9. Where Have All the Good Times Gone.

10. It's Too Late.

11. What's in Store for Me.

12. You Can't Win.

 

Ray Davies:chant,guitare rythmique.

Dave Davies:chant,lead guitare.

Pete Quaife:basse,choeurs.

Mick Avory:batterie.

 

LP Studio 4 - 1966

 

Kinks face to face

 

THE KINKS

FACE TO FACE – 1966  5/5

 

Publié le 28 octobre 1966.

Produit par Shel Talmy.

Durée:38:31.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S.A).

Genre:rock,pop-rock.

 

Davies au Pays des Merveilles.

 

Face To Face (en écoute intégrale ici), édité durant l’automne 1966, marque l’entrée dans la cuvée millésimée des Kinks. Les judicieuses orientations prises à l’occasion du précédent  The Kinks Kontroversy conduisent à porter un regard différent et bienveillant surtout, sur les travaux du groupe. Ceux-ci traduisent une rupture musicale mais également mentale.

Le songwriting impliquant différemment Ray Davies, plus introspectif que jamais, le son adouci, la voie pop-rock empruntée, l’ambiance moins agressive tranchent avec le passé discographique antérieur, même si The Kinks Kontroversy, encore un tantinet influencé par le blues, l’annonçait. On tient là le meilleur LP de leur phase initiale, tandis que leurs auteurs s’affirment alors comme un des plus grands groupes de rock du moment. Peut être même le plus vénéré.

Ray Davies écrit l’intégralité des morceaux d’un album qui se pose un peu en concept-disque. En proie à des problèmes psychologiques et de bibine, placé sous la pression d’une maison de disques qui, raisonnant uniquement singles, bride sa créativité et n’a qu’une hâte, remettre en activité la pompe à fric, il répond par une écriture cynique, acérée qui lui vaut les rappels à l’ordre de Pye.

Il puise dans le creuset social du moment, dans les préoccupations des jeunes de sa génération et dans le culte qu’il voue à Dylan, la substance nécessaire pour alimenter le délicieux et mélodieux Face To Face, par ailleurs animé de bruitages et sonorités psychédéliques jusqu’alors inédits : Sunny Afternoon, que l’on ne présente plus, Little Miss Queen Of Darkness, Most Exclusive Residence For Sale (et les soucis d’argent), Rainy Day In June (et son ambiance orageuse), Rosie Won’t You Please Come Home (sur la mort de sa sœur), le satirique Dandy, House Of The Country, Fancy (influencé par des sonorités indiennes), You’re Looking Fine, Holiday In Waikiki (et son ambiance de bord de mer) et le nostalgique I’ll Remember.

Album so british, reflet d’une société et d’une époque, Face To Face annonce l’amorce d’une période artistique ambitieuse et audacieuse qui va prendre forme dès le magnifique disque suivant, Something Else By The Kinks. Appelons-la Davies au Pays des Merveilles, car c’est ce qu’il se dégage véritablement de la tierce discographique à venir (RAZOR©).

 

1. Party Line.
2. Rosie Won't You Please Come Home.
3. Dandy.
4. Too Much on My Mind.
5. Session Man.
6. Rainy Day in June.
7. House in the Country.
8. Holiday in Waikiki.
9. Most Exclusive Residence for Sale.
10. Fancy.
11. Little Miss Queen of Darkness.
12. You're Lookin' Fine.
13. Sunny Afternoon.
14. I'll Remember.

Ray Davies:guitare,piano,chant.

Dave Davies:guitare,harmonica,claviers.

Nicky Hopkins:piano.

Peter Quaife:basse.

Mick Avory:percussions,batterie.

John Dalton:basse.

 

LP Studio 5 - 1967

 

Kinks something else

 

THE KINKS

SOMETHING ELSE BY THE KINKS – 1967  5/5

 

Publié le 15 septembre 1967.

Produit par Shel Talmy,Ray Davies.

Durée:36:32.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S.A).

Genre:rock,pop-rock.

 

Du Bourbon dans la théière…

 

Alors que les mélodies élégamment obsédantes du sublime Face To face n’ont pas encore fini de diffuser leurs notes pop aux quatre coins du globe, et prennent un malin plaisir à prolonger leur séjour dans des esprits encore sous le choc et l’émotion, histoire de bien propager l’info comme quoi le Kinks nouveau est arrivé, les anglais de Davies remettent le couvert l’année où le flower power bat son plein.

Comme pour mieux objecter à la face du monde musical que le psychédélisme et tout le tralala, ils s’en foutent comme de l’an 40, malgré le fait  d’y avoir tâté dans l’album précédent, ils reprennent en fait  là où ils ont laissé Face To Face, en prenant bien le soin cependant d’enfoncer le clou et d’en faire un clone bonifié de ce dernier.

Mêmes causes, mêmes effets, le raffiné et classe Something Else By The Kinks (en écoute intégrale version Deluxe ici), miroir de l’Angleterre victorienne dépeinte par Ray Davies, par ailleurs coproducteur du disque, débarqué dans les bacs des disquaires en septembre 1967, a de qui tenir et de quoi mettre tout le monde d’accord. Les meilleurs, ils sont là devant vous.

Dernier LP estampillé Kinks à accrocher les charts britanniques, la musique ici alambiquée et l’écriture ingénieuse s’accommodent mal de performance commerciale. L’endroit est bien trop smart pour oser envoyer au casse-pipe une de ses pièces. Le présent répertoire trône au côté des ouvrages discographiques légendaires du moment.

Il n’a rien à envier au rival de la place et du moment, le Sgt Peppers des Fab Four, pour n’en citer qu’un. Là où la concurrence use d’arrangements complexes, les Kinks, dans ce qui est leur cinquième album studio, opposent la simplicité et la douceur pop made in Great-Britain.

Something Else marque un second virage dans la carrière du groupe, dont Ray Davies assurera, au sortir de ce disque, le contrôle total. Certains crient « au fou ! » de faire simple, et de balayer d’un revers de la main le psychédélisme ambiant.

Ray Davies n’en a cure, mais pour montrer qu’il sait de quoi il retourne, il colore l’album d’infimes touches psyché. L’essentiel est, pour ce génial compositeur, ailleurs. Certain d’avoir trouvé sa voie dans une écriture plus subtile, plus posée, plus tendre, mais sans jamais se départir de son ironie, Davies, assagi par une épouse et un bébé, prend son pied à railler le quotidien de ses compatriotes anglais un peu vieillots, son enfance et de tacler, de temps à autre, l’Establishment british.

Simplicité : tel est le leitmotiv de Something Else. Sans prise de tête, avec humour et dérision. Le plaisir d’écrire de Ray Davies est évident. Il en ressort un charme et un naturel exceptionnels, qui contrastent avec l’apport du demi-frérot Dave (3 titres dont Death Of A Clown), plus brutal (Love Me Till The Sun Shines), plus rock & roll (Funny Face).

Waterloo Sunset définit parfaitement la prouesse réalisée par Ray Davies à l’écriture. Trente ans, plus tard, cette chanson qui fait écho au passé de l’auteur, est aujourd’hui vue comme étant la plus belle des années 60 pour de nombreux observateurs du rock.

Album aux nombreux visages, à l’ambiance douce, douce-amère, Something Else se veut d’abord pop (Two Sisters, David Watts) mais serpente également entre la bossa nova avec No Return, la contest song (Death Of A Clown), les humeurs plus rock de Dave, ou renvoie au music hall (Tin Soldier, Harry Rag) et aux vieilles traditions du passé (Afternoon Tea, Lazy Old Sun, End Of The Season).

C’est complètement en dehors des clous du moment, d’où les raisons de son insuccès au niveau de ses ventes, tant anglaises qu’amerloques.  Something Else sonne comme nul autre disque et ne présente pas de faiblesse.

Après avoir été les précurseurs du hard rock, les Kinks sont époustouflants dans le registre pop british présent. Et ça, il ne faut pas le rater ! Fafafafafafa … (RAZOR©)

 

1. David Watts.

2. Death of a Clown.

3. Two Sisters.

4. No Return.

5. Harry Rag.

6. Tin Soldier Man.

7. Situation Vacant.

8. Love Me Till the Sun Shines.

9. Lazy Old Sun.

10. Afternoon Tea.

11. Funny Face.

12. End of the Season.

13. Waterloo Sunset.

 

Ray Davies:chant,guitare rythmique,harmonica.

Dave Davies:lead guitare,guitare 12 cordes,chant.

Pete Quaife:basse,choeurs.

Mick Avory:batterie,percussions.

Nicky Hopkins:claviers,piano,orgue,clavecin.

Rasa Davies:choeurs.

 

LP Studio 6 - 1968

 

Kinks vilage green

 

THE KINKS

THE KINKS ARE THE VILLAGE GREEN PRESERVATION SOCIETY – 1968  5/5

 

Publié le 22 novembre 1968.

Produit par Ray Davies.

Durée:38:46.

Label:Pye (U.K),Reprise (U.S.A).

Genre:rock.

 

Mythique, malgré les peaux de banane.

 

Plus de 45 ans après les faits, on en est encore à regretter que Pye n’ait pas laissé les coudées franches à la Davies Team, entendez par là les Kinks. En effet, ceux-ci n’ont pas bénéficié du même traitement de faveur que leur concurrence directe de l’époque (Beatles, Stones et Who), celle qui la précède sur le podium au pied duquel ils ont été injustement relégués. La faute à un label qui, non comptant d’avoir fait des ronds sur son dos, a mis le groupe sous l’éteignoir dès le premier orteil posé dans la maison.

Entre les titres que s’est affecté Shel Talmy sur les premiers albums pour empocher des royalties, entre la compil’ sortie aux States soit disant pour promouvoir Sunny Afternoon, juste avant la sortie de Face To Face et qui plombera la réussite commerciale de ce dernier, entre les LP british jamais identiques à leurs homologues yankees, entre les compositions de Ray Davies écartées en dernière minute du lot initialement prévu ou entre une écriture carrément bridée, Pye a tout fait pour freiner artistiquement la formation anglaise, son seul intérêt résidant dans l’argent que pouvait rapporter un single.

S’il est un album qui traduit bien l’attitude déplorable et despotique de Pye, c’est celui qui nous intéresse présentement, The Kinks Are The Village Green Preservation (en écoute version Deluxe ici), sixième LP studio, sorti le 22 novembre 1968. Ray Davies, le songwriter attitré, a alors de quoi alimenter un double disque et un titre en tête bien arrêté pour traduire au mieux son travail.

Que nenni. Pye n’en veut pas. Un single, du tube, ok, passe encore, on débloque un budget, mais un album concept, vous rigolez ? On n’a pas les moyens de vos ambitions, Mister Davies…

Le Mister Davies en question, dépressif, frustré, dans une impasse financière personnelle, remonté comme une pendule mais pris aux couilles, menace de saborder l’affaire que rien n’y fait et que les Kinks doivent se résoudre à enregistrer leur numéro 6 avec la bite et le couteau. La concurrence en rit, elle sait pourquoi. Avec un son amélioré, The Kinks Are The Village Green Preservation Society aurait couché tout le monde.

Qu’à cela ne tienne, même sans gros moyens, il est élevé au rang d’album d’anthologie, de chef d’œuvre et reconduit cette bonne habitude des Kinks, depuis trois disques, de produire du haut, du très haut niveau.

Poissards, mais surtout mal promus par des gens qui n’auraient pas misé une livre sur ce projet, les Kinks, au moment de sa publication, sont mis en concurrence avec deux monstres sacrés discographiques anglais : Beggar’s Banquet des Stones et le White Album des Beatles. Leur œuvre, pourtant de haute volée dans le landernau pop british, passe quasiment inaperçue du public. Pas de la critique qui va s’en émouvoir.

En dépit de toutes peaux de banane glissées sous ses pas, l’album se positionne, cela va de soi, comme une pièce maîtresse du répertoire. Resté longtemps ignoré, terriblement et injustement sous-coté, le temps lui a rendu les honneurs auxquels il aurait toujours dû prétendre. Aujourd’hui, on parle de disque d’anthologie. Et ce n’est que justice.

Ray Davies, génie de l’écriture des Kinks, mais naviguant à contre-courant de ce qui se fait chez les voisins, n’ignore alors rien de l’immensité du travail qu’il réalise. Les Kinks sont anglais, avec leur son si typique et se foutent bien de l’Amérique. Leur trip n’est pas le LSD et les hip. Leur truc à eux, c’est de naviguer contre le vent, sans se soucier d’éventuelles retombées commerciales. D’ailleurs, elles n’arriveront pas et ils s’en foutent royalement. Il sont heureux de l’avoir fait. Davies est un artiste et les Kinks sont un traducteur exceptionnel de son incomparable talent.

La cible du Davies songwriter ? L’Angleterre et ses vieilles traditions, les jeunes demoiselles, la confiture de Grandma, la vie à la campagne, les trains à vapeur, une collection de personnages et de faits thématiques sortis tout droit de son imaginaire.

Les mélodies, simples, sont immanquables, les arrangements très fignolés, l’atmosphère est calme, sereine, nostalgique dans un mode pop. L’univers ambiant est essentiellement paresseux et raffiné. Il en émerge des grands titres : le morceau éponyme, Johnny Thunder, Last Of The Steam-Powered Trains, Starstruck, Animal Farm, Cat Phenomenal, Village Green.

Pur et simple disque d’une pop merveilleuse et intemporelle, plein d’imagination, The Kinks Are The Village Preservation Society compte parmi ce que les anglais ont de meilleur en musique et dans le rock. Alors on met le mouchoir dessus et on garde au chaud. La texture est magique. Le temps qui passe lui offre une magnifique revanche (RAZOR©).

 

1. The Village Green Preservation Society.
2. Do You Remember Walter?
3. Picture Book.
4. Johnny Thunder.
5. Last Of The Steam-powered Trains.
6. Big Sky.
7. Sitting By The Riverside.
8. Animal Farm.
9. Village Green.
10. Starstruck.
11. Phenomenal Cat.
12. All Of My Friends Were There.
13. Wicked Annabella.
14. Monica.
15. People Take Pictures Of Each Other.

 

Ray Davies:guitare,piano,chant.

Dave Davies:lead guitare,choeurs,harmonica.

Peter Quaife:basse.

Mick Avory:batterie.

Nicky Hopkins:piano.

 

LP Studio 7 - 1969

 

Kinks arthur

 

THE KINKS

ARTHUR (OR THE DECLINE AND FALL OF THE BRITISH EMPIRE) – 1969  5/5

 

Publié le 10 octobre 1969.

Produit par Ray Davies.

Durée:49:18.

Label:Pye (U.K.),Reprise (U.S.A).

Genre:rock.

 

L’heure de gloire de Ray Davies (et des Kinks).

 

Pour ce septième album de 1969, Arthur (Or The Decline And Fall Of The British Empire) à écouter ici, sensé préparer le retour des Kinks sur le sol ricain après leurs déboires antérieurs, Ray Davies ne fait pas dans la demi-mesure. Il veut son opéra-rock pour la TV. Il a le concept, le producteur (le britannique Granada TV), mais ne parvient pas à réunir le budget pour boucler l’affaire décemment.

Qu’à cela ne tienne, il fait de son projet de départ un album-concept d’une cinquantaine de minutes, mais cette tergiversation engendre un retard dans la sortie initialement prévue.  Il espère que celui-ci fasse plus de tapage que son chef d’œuvre précédemment publié, The Kinks Are The Village Green Preservation Society (1968), pour lequel il n’a bénéficié ni du soutien financier de Pye, encore moins de l’enthousiasme de ce dernier à le promouvoir.

Arthur, même s’il permet le retour dans les charts yankees, est autant boudé par la masse que celui qui le précède, pas par la critique, y compris celle américaine, qui voue un regard bienveillant à cet opus ambitieux et à son auteur, le visionnaire Ray. Il faut dire qu’il véhicule de véritables pièces d’orfèvrerie comme l’énorme Victoria, Arthur, Australia, le brillant Shangri-La, Mr Churchill Says, Young And Innocent Days, Some Mother’s Son et le militaire Yes Sir, No Sir. L’offre est majeure, exceptionnelle.

Tiré par le superbe Victoria, une des meilleures chansons des Kinks et qui raconte l’histoire de la décadence de l’Empire Britannique du point de vue d’Arthur, en réalité un membre de la famille  Davies, cet opéra-rock prend place dans le haut du panier vinylique des anglais. Du grand art !

D’une histoire pas très porteuse pour un tel projet rock, Ray Davies en a fait un vibrant tableau, une œuvre puissante et précise. La musique est mémorable, la conception scripturale subtilement accomplie, les titres (pour la première fois plus longs, au-delà des trois minutes), d’une grande profondeur lyrique, sont bien à leur place dans ce contexte de cartes postales caustiques. Rarement album-concept n’a été plus influent à son époque.

Comparé (à tort) au projet concurrent des Who (Tommy), dont certains disaient en son temps qu’Arthur n’était qu’une pâle copie, ce disque est musicalement plus mordant et énergisé que les deux derniers qui le précèdent. Il est vrai que la guitare de l’autre Davis, Dave, n’a jamais été aussi abrasive que sur cet album. Les Kinks, privé de Quaife, parti créer son groupe et remplacé par John Dalton, proposent un rock plus dur. Même Mike Avory n’a jamais frappé les fûts avec une telle force. Ray Davies n’a jamais été aussi inspiré au point que son disque est vu depuis comme son Sgt Peppers.  

Ray Davies doit bien sourire aujourd’hui d’avoir dressé un portrait corrosif, mais terriblement réaliste de la société anglaise d’alors. Derrière le portrait d’Arthur, c’est une grande partie de la société anglaise contemporaine qui se mord les doigts d’avoir été roulée dans la farine. Le cynisme et l’humour de Ray Davies ont donc vu juste. Bingo ! (RAZOR©)

 

1. Victoria.

2. Yes Sir, No Sir.

3. Some Mother's Son.

4. Drivin'.

5. Brainwashed.

6. Australia.

7. Shangri-La.

8. Mr. Churchill Says.

9. She's Bought a Hat Like Princess Marina.

10. Young and Innocent Days.

11. Nothing to Say.

12. Arthur.

 

Ray Davies:chant,guitare rythmique,claviers. 

Dave Davies:lead guitare,choeurs.

John Dalton:basse,choeurs.

Mick Avory:batterie,percussion.

DISCOGRAPHIE THE KINKS 70'S.

LP Studio 8 - 1970

 

Kinks lola

 

THE KINKS

LOLA VERSUS POWERMAN AND THE MONEYGOROUND, PART 1 – 1970  5/5

 

Sortie le 27 novembre 1970.

Produit par Ray Davies.

Durée:40:07.

Label:Pye (U.K).

Genre:rock.

 

Réquisitoire Anti-establishment.

 

Pour dire vrai, le regain de popularité dont bénéficient les Kinks avec Lola Versus Powerman And The Moneygoround, Part 1 (en écoute intégrale ici), on l’attendait plus sur les deux chefs d’œuvre précédents. Non pas que cet album de novembre 70 leur soit inférieur, loin s’en faut, mais c’est avant lui que les effets de l’écriture et du son des Kinks auraient déjà dû récolter les lauriers ; c’est donc une belle surprise de constater que, pour la première fois depuis longtemps, ce disque fédère autour de son nom, et le public, et la presse rock.

Que la critique applaudisse des deux mains, normal. Depuis Face To Face, elle a les anglais à la bonne et se fend de commentaires dithyrambiques pour toute la discographie engagée derrière ce disque de 1966 : Something Else By The Kinks (1967), The Kinks Are the Village Green Preservation Society (1968), Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire – 1969) sont effectivement de très grandes œuvres. Mais que le public s’y mette aussi, c’est plus surprenant. Notamment celui américain qui réagit favorablement à ce nouveau LP, quand, dans le même temps, en Grande Bretagne, ça ne se bouscule pas au portillon pour adhérer au N° 8 du catalogue.

Si Lola Versus Powerman And The Moneygoround, Part 1 (1970) rompt avec le bide commercial jusque là récurrent en insistant avec un troisième concept-album de rang, pas le genre de disque à finir dans les charts généralement, il le doit surtout aux deux singles qui tirent l’album : le légendaire Lola, deuxième au Royaume-Uni, neuvième aux States et Apeman que reprendra Serge Lama sous Superman, cinquième sur ses terres. Preuve que même les rosbeefs s’y sont mis.

Lola Versus Powerman And The Moneygoround a toutefois d’autres arguments dans la besace qui contribuent à son succès. Il balance entre pop-rock, hard-rock, reconduit le principe du concept-album comme dit précédemment et épouse, comme c’en est devenu une habitude, une troisième appellation à rallonges d’affilée. Son titre masque un réquisitoire acerbe sur l’establishment british.

Pour l’occasion, le leader charismatique, Ray Davies, règle ses comptes avec l’industrie du disque. Les Kinks peuvent désormais tout s’autoriser, ils ont alors le vent en poupe ; ils sont à l’apogée de leur carrière, tandis que les Beatles commencent à ranger leur matériel et que les acteurs de la British Invasion ont, pour la plupart, déjà vidé les lieux.

Moins connu que ses illustres devanciers, ce disque amer et réquisitoire à l’égard de l’environnement professionnel dans lequel les Kinks évoluent, ne leur est en rien inférieur, disais-je. Les paroles sont acerbes sur un univers désenchanté, les chansons différentes, mais néanmoins complémentaires, les mélodies agréables et accrocheuses.

Ce disque est bien équilibré et sonne particulièrement bien. L’essentiel de Lola Vs Powerman est constitué de très bons titres de chevet. Lola approche sans aucun ressentiment, ni la moindre indulgence le délicat sujet de la transsexualité. Apeman l’écolo voit Ray Davies confronter l’homme aux problèmes qu’il a créés. Coup de klaxon, quelques mesures d’un piano bastringue, une petite voix douce qui attaque les premières paroles… j’adore cette ambiance un peu puérile, drôle, mais tellement authentique.

Utilisé pour le film de Wes Anderson (The Darjeeling Limited en 2007), à l’instar de Powerman et This Time Tomorrow, le touchant Strangers du frangin Davies (qui signe aussi Rats), compte parmi les titres notables du disque. This Time Tomorrow est l’autre point d’orgue de Lola Vs Powerman ; cette ballade mélancolique s’articule autour d’une sublime prouesse vocale de Ray Davies et d’une utilisation très maîtrisée du banjo.

Avec respectivement pour thème le chômage et la paranoïa du show-biz, Get Back The Line, musicalement très beau et Top Of The Pops s’inscrivent dans le lot des grandes chansons d’un album engendré par les souffrances d’un auteur-compositeur génial mis à mal par son milieu de travail.

Succès critique et commercial donc, l’album montre que les Kinks n’ont rien perdu de la simplicité, de l’originalité qui a été la leur ces dernières années. Le bilan de Lola Vs Powerman est encore très élogieux. Il peut prendre place dans la quinte magique du groupe sans la moindre discussion.

Quant au Part 1 associé au titre de l’album, rien n’indique que Lola machin chose annonçait une suite. Peut-être faut-il y voir un coup de bluff des Kinks à l’endroit d’un label peu coopérateur et qui n’a toujours rien compris au film (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. The Contenders.

3. Strangers.

4. Denmark Street.

5. Get Back in Line.

6.  Lola.

7. Top of the Pops.

8. The Moneygoround.

9. This Time Tomorrow.

10. A Long Way From Home.

11. Rats.

12. Apeman.

13. Powerman.

14. Got to Be Free.

 

Ray Davies:chant,guitare,harmonica,claviers.

Dave Davies:chant,guitare.

John Dalton:basse,choeurs.

Mick Avory:batterie.

 

LP Studio 9 - 1971

 

Kinks percy

 

THE KINKS

PERCY – 1971  3/5

 

Publié le 26 mars 1971.

Produit par Ray Davies.

Durée:33:04.

Label Pye Records.

Genre:pop-rock.

 

Bye Bye Pye.

 

Entre un disque studio classique qui a vocation à restituer l’esprit de son auteur et un disque destiné à servir de bande-son à un film laissant peu de latitude à son concepteur, il y a un gouffre. L’opération tient plus de la planche savonnée que du tremplin pour se relancer. Mais bon, quand on est anglais et que l’on fait appel à vous dans un contexte populaire qui vous est devenu favorable, difficile de refuser la perche que l’on vous tend et qui peut assoir définitivement votre réputation.

Il est vraisemblable qu’animé par un égo assez développé, frustré qu’on ne l’ait jusqu’alors pas jugé à sa juste valeur, muselé par un label dont on ne comprend pas toujours les motivations, revanchard après toutes les galères personnelles vécues, Ray Davies ait sauté sur l’occasion pour conforter l’image ambiante des Kinks.

Percy (en écoute intégrale ici), numéro 9 du catalogue, sorti en mars 71, obéit donc à un schéma encore différent de tout ce que Kinks a produit et notamment du concept-album, cheval de bataille artistique du groupe depuis 3 ans. Même si Percy porte en lui les stigmates du concept-album.

Conçu pour les besoins d’une comédie britannique de Ralph Thomas, le film traite d’un homme qui, accidentellement est victime d’une mutilation du pénis et qui devient le destinataire de la première greffe de sexe, celui-ci émanant du personnage volage mort pendant le même accident. Vaste programme. Allez greffer une musique là-dessus.

C’est l’ultime album pour Pye Records, la fin de sept ans de collaboration ambiguë et tumultueuse. Il n’a pas vraiment enrichi la discographie du groupe, ni ne l’a terni, pas plus qu’il n’a marqué, en son temps, et la critique musicale rock et les fans.

Même si de nouvelles compositions pop figurent sur l’album au côté d’instrumentaux (Lola, Running Round Town, Whip Lady, Helga, God’s Children End), l’album souffre vraisemblablement du peu de crédit accordé au film, un navet de chez navet. Percy n’a donc rien de comparable à la flamboyance d’Arthur ou de Lola, les albums précédents.

Certains titres dominent les autres d’une bonne tête, comme la belle ballade God’s Children, Animals In The Zoo, The Way Love Used To Be (un des plus beaux fleurons des Kinks, dont on peut bien se demander quelle est sa place dans ce contexte de greffe de zigounette), Completely (un blues instrumental sympa), Moments et Dreams.

Comme l’écoute est agréable pour l’oreille et propice à se détendre, j’aurai opté pour un 3,5, mais la note recule d’un cran du fait d’un nombre trop conséquent d’instrumentaux qui ne me séduisent pas toujours. 3 me paraît pleinement justifié. Beaucoup s’en contenteraient (RAZOR©).

 

1. God's Children.

2. Lola.

3. The Way Love Used to Be.

4. Completely.

5. Running Round Town.

6. Moments.

7. Animals In The Zoo.

8. Just Friends.

9. Whip Lady.

10. Dreams.

11. Helga.

12. Willesden Green.

13. God's Children – End.

 

Dave Davies:guitare,harmonica,claviers,chant.

Ray Davies:guitare,chant.

Mick Avory:batterie.

John Dalton:basse.

John Gosling:claviers.

 

LP Studio 10 - 1971

 

Kinks muswell

 

THE KINKS

MUSWELL HILLBILLIES – 1971  5/5

 

Publié le 24 novembre 1971.

Produit par Ray Davies.

Durée:44:39.

Label:RCA.

Genre:rock,country rock.

 

Une époque s’achève.

 

Quand on évoque la carrière des Kinks, on concentre généralement leur zénith artistique sur la trilogie Kinks Village, Arthur et Lola, mais il n’est pas incohérent d’élargir cette plénitude musicale à Something’s Else By The Kinks (1967) et à Muswell Hillbillies (1971) sur lequel on se pose maintenant.

Le moyen Percy a scellé la fin du contrat avec Pye dont on sait aujourd’hui qu’il fut un calvaire pour Ray Davies notamment auquel le label n’a pas laissé carte blanche, muselant ainsi une créativité qui n’a été que partiellement exploitée et qui ne demandait qu’à s’exprimer.

RCA récupère le groupe lequel publie, dès novembre 1971, Muswell Hillbillies (en écoute intégrale ici) qui, pour ceux qui n’ont pas suivi jusqu’ici l’histoire des Kinks, réfère au quartier nord londonien où les frères Davies ont passé leur jeunesse et formé cette formation.

Il n’échappe pas à la règle des albums à thème, genre dans lequel le groupe anglais s’est engouffré avec plus (Arthur et Lola notamment) ou moins (Percy) de réussite dans ses trois travaux antérieurs.

Le thème requis pour alimenter Muswell Hillbillies porte  sur les réalités du monde contemporain (Acute Schizophrenia Paranoia Blues), les affres de la rénovation urbaine (20th Century Man, Here Come The People In Grey et Muswell Hillbilly) en vogue dans l’Angleterre des années 70 (que Davies avait déjà abordé dans The Kinks Are The Village Green Preservation Society), ainsi que sur la vie familiale (Have A Cup Of Tea, Uncle Son), sur la vie tout court, déprimante, précaire, et ses inéluctables échappatoires dramatiques comme Alcohol, évasifs comme Holiday, de la classe ouvrière d’alors.

Fidèle à son écriture, Ray Davies se montre satirique, drôle et inspiré. Son sarcasme est toutefois teinté de beaucoup d’affection, de tristesse, de frustration, de résignation (la ballade Oklahoma U.S.A est très touchante) et de désespoir (Holloway Jail).

Mélange de music-hall typiquement british et de racines américaines folk/country (Muswell Hillbilly et notamment, un très bon 20th Century Man), cet album se positionne incontestablement comme le dernier grand disque de ces Kinks d’anthologie. Ray Davies est à son apogée lyrique. Les Kinks au sommet de leur art.

Raymond Douglas Davies, dit Ray Davies, y jette ses dernières forces. Une époque s’achève, raison de plus pour ne pas s’en priver, car ce qui suit…. (RAZOR©).

 

1. 20th Century Man.

2. Acute Schizophrenia Paranoia Blues.

3. Holiday.

4. Skin and Bone.

5. Alcohol.

6. Complicated Life.

7. Here Come the People in Grey.

8. Have a Cuppa Tea.

9. Holloway Jail.

10. Oklahoma U.S.A.

11. Uncle Son

12. Muswell Hillbilly.

 

Ray Davies:guitare acoustique,chant.

Dave Davies:lead guitare,slide guitare,chœurs.

John Dalton:basse.

John Gosling:claviers.

Mick Avory;batterie,percussions.

Mike Cotton:trompette.

John Beecham:trombone,tuba.

 

LP hybride studio 11/live - 1972

 

Kinks everybody s in show biz

 

THE KINKS

EVERYBODY’S IN SHOW-BIZ – 1972  3/5

 

Publié le 25 août 1972.

Produit par Ray Davies.

Durée:69:26.

Label:RCA.

Genre:rock.

 

Le début des bouffonneries.

 

Je suis beaucoup plus réservé sur cet album avec lequel je n’arrive pas à faire copain-copain. Sorti en format double LP et en août 1972, Everybody’s In Show Biz (en écoute intégrale ici) se scinde entre une première partie studio enregistrée en juin 72 à Londres, qui fait la part belle à des originaux traitant du sujet de la vie erratique de star. Pas de doute, c’est du Kinks. Moins croustillant que ce que l’on a eu à se mettre sous la dent hier encore, mais c’est dans la lignée Ray Davies : 10 titres enrobés de dixieland, de notes jazzy mais dont  les mélodies semblent moins accrocheuses, moins ambitieuses, plus ennuyeuses. Le second volet (en écoute intégrale ici) sur lequel sont collectés des enregistrements live est bien meilleur.

Je vous annonçais Muswell Hillbillies comme étant le dernier grand disque studio des Kinks. Je persiste et je signe. Une chose est sûre, c’est qu’Everybody’s In Show Biz est loin de lui discuter cet honneur,  étant un ton, voire deux, en dessous de celui auquel il succède.

Si le onzième jet s’en sort honnêtement, il le doit essentiellement à sa deuxième partie, du live en 11 escales. Et ce pour deux raisons. Un, c’est la première fois que les Kinks sont entendus en public. Il n’y a aucun précédent en ce sens, mais encore conviendrait-il de fouiller du côté du Kinks des Amériques pour s’en convaincre vraiment. Le catalogue est tellement confus…

Deux, sur ce que l’on entend de la prestation live collectée sur Everybody’s In Show Biz et localisée au Carnégie Hall new yorkais (2 et 3 mars 1972), les Kinks s’y montrent à leur avantage et fidèles à leur réputation de groupe scénique avec un répertoire hérité principalement de Muswell Hillbillies. Même si l’agencement de cette face semble assez bordélique.

Les Kinks discographiques ne sont donc pas encore vraiment enterrés grâce à leur performance live pleine de sève. Mais c’est tout comme. Au regard de leurs travaux ultérieurs, ils respirent même la santé. Manque d’homogénéité, ennui…

Ray Davies, dont je suis un inconditionnel, me captive moins sur ce disque. Il interprète plus qu’il ne vit sa mélancolie. Ce Davies-là, en proie à des excentricités, donne l’impression de laisser filer. En faisant le choix du vaudeville et du kitsch, son cercle d’admirateurs se restreint plus qu’il ne se développe.

L’album, côté studio, déroule son fil, paresseusement, sans que l’émotion ne prenne. Le bon vieux temps semble loin. Il faut attendre la pièce maîtresse Celluloid Heroes pour rompre cette langueur un peu trop monotone. Mais encore faut-il pouvoir atteindre ce palier pour pouvoir y goûter. Heureusement que sur la route pour y parvenir est jalonnée de  quelques belles bornes comme Sitting In My Motel, Road Movie ou Supersonic Rocket Ship. Les grands moments pour s’enthousiasmer font défaut, d’où cette sensation d’inachevé, de bâclé. C’est la première fois que je ressens une telle sensation sur un disque des Kinks et, par expérience, je n’ignore pas ce qui se profile derrière et qui n’augure rien de bon (RAZOR©).

 

Disque studio.

1. Here Comes Yet Another Day.

2. Maximum Consumption.

3. Unreal Reality.

4. Hot Potatoes.

5. Sitting in My Hotel.

6. Motorway.

7. You Don't Know My Name.

8. Supersonic Rocket Ship.

9. Look a Little on the Sunnyside.

10. Celluloid Heroes.

 

Disque live.

11. Top of the Pops.

12. Brainwashed.

13. Mr. Wonderful.

14. Acute Schizophrenia Paranoia Blues.

15. Holiday.

16. Muswell Hillbilly.

17. Alcohol.

18. The Banana Boat Song (Day-O).

19. Skin and Bone.

20. Baby Face.

21. Lola.

 

Dave Davies,Ray Davies:guitare,chant.

Alan Holmes:flûte,saxophone.

Davy Jones:saxophone.

Mike Cotton:trompette.

John Beecham:trombone.

John Gosling:claviers.

John Dalton:basse.

Mick Avory:batterie.

 

LP Studio 12 - 1973

 

Kinks preservation act 1

 

THE KINKS

PERSERVATION ACT 1 – 1973  3/5

 

Publié le 16 novembre 1973.

Produit par Ray Davies.

Durée:46:54.

Label:RCA.

Genre:rock.

 

Trop de concept, tue le concept.

 

On le pressentait. C’est fait. Les Kinks ont un coup de mou depuis l’album hybride précédent ; on l’espérait tous passager, histoire de prolonger encore un peu une relation avec un groupe culte des années 60/70 que l’on a tant aimé pour avoir inscrit, dans le livre d’or du rock, des pages mythiques.

Porté jusqu’alors par un Ray Davies visionnaire, leader et compositeur d’exception, ce dernier se mélange un peu les pinceaux en imaginant donner un prolongement à The Kinks Are The Village Green Preservation Society de 1968.

A l’époque, le label Pye lui refuse alors les moyens réclamés pour réaliser un double album et taillé sans scrupules dans les titres au risque de dénaturer son œuvre. Est-ce la mouche qui pique Davies pour que celui-ci, passé chez RCA, enregistre cette version dérivée du disque d’alors, qu’il intitule, comme pour mieux y référer, Preservation Act 1 (en écoute intégrale ici) ? Dans son esprit, un acte 2 est déjà bien calé qui sort 6 mois plus tard, en mai 1974.

Mais Davies le génial songwriter n’est plus ou moins. Lui qui n’avait pas son pareil pour nous régaler d’histoires très imagées converties en exceptionnelles chansons, se complique une vie par ailleurs elle-même compliquée et douloureuse.

Autrement dit, Ray Davies, en novembre 1973 et à l’époque de la sortie de ce disque, n’est que l’ombre du grand Davies qu’il fut il y a peu encore. En reconduisant, pour la énième fois, l’idée du concept, il devient lourd. Concept-truc, concept-machin, concept-tagadatsointsoin, à force la démarche ambitieuse vire en œuvre nombrilique, pompeuse, ennuyeuse. Trop de concept, tue le concept, Raymond.

Davies s’enfonce inexorablement, s’entête et il n’est que lui pour ne pas s’en apercevoir. Quand l’affaire est belle, on le crie haut et fort. Quand elle ne l’est pas, on ne va pas se gêner pour le faire savoir. Cette extension conceptuelle remise sur le tapis 5 ans plus tard est d’une lourdeur innommable, d’un kitsch hilarant, d’un ennui total et permanent. C’est franchement casse-burnes.

Ce projet fastidieux et discutable introduit les personnages de l’histoire dans son Act1 pour une histoire qui se déroule dans la suite (Preservation Act 2, encore plus crasse). Va y comprendre quelque chose, Charlie ?

Soyons réalistes. Ce disque n’est que prétexte à un Raymond Douglas Davies en sérieuse perte de vitesse à l’écriture, pour continuer à faire semblant de croire qu’il en a encore sous la semelle. C’est un jardin taillé sur mesure, par et pour le boss, pour y faire croître un égo se faisant de plus en plus surdimensionné.

La manière dont il s’étale sur la pochette conforte cette impression de nombrilisme notoire. Un peu vaniteux sur le coup, même s’il chante correctement et qu’il offre deux titres vraiment superbes, le délicieusement paresseux Sitting In The Midday Sun et le doux folk-rock Sweet Lady Genevieve, Raymond Douglas balbutie complètement sa copie.

Peu de choses restent en mémoire une fois qu’on en a fait le tour. C’est chiant à outrance (les cuivres comme les chœurs de châtrés), difficile à écouter dans la continuité et dans l’ordre (alors, adieu l’idée du concept), parfois même ridicule, compliqué quant à son scénario, dépourvu de tout sens, et ce, en dépit d’une belle musicalité et de quelques  rares mélodies parfois bien senties. Trop de concept tue le concept.

Ce sera malheureusement comme ça pour le futur. On ne va donc  pas épiloguer des heures sur un lot de quatre à cinq chansons décentes.  Alors, laissons le bébé aux seuls mordus du groupe, on a mieux à faire (RAZOR©).

 

1. Morning Song.

2. Daylight.

3. Sweet Lady Genevieve.

4. There's a Change in the Weather.

5. Where Are They Now?

6. One of the Survivors.

7. Cricket.

8. Money & Corruption / I Am Your Man.

9. Here Comes Flash.

10. Sitting in the Midday Sun.

11. Demolition.

 

Dave Davies,Ray Davies:chant,guitare.

John Gosling:claviers.

John Dalton:basse.

Mick Avory:batterie.

Laurie Brown:flûte,saxophone ténor ,trompette.

Alan Holmes:clarinette, saxophone baryton.

John Beecham:trombone,tuba.

Pamela Travis,Krysia Kocjan,Sue Brown,Lewis Rich,Lee Pavey:choeurs.

 

LP Studio 13 - 1974

 

Kinks preservation act 2

 

THE KINKS

PRESERVATION ACT 2 – 1974  2/5

 

Publié en mai 1974.

Produit par Ray davies.

Durée:75:55.

Label:RCA.

Genre:rock.

 

Il y a loin de la coupe aux lèvres.

 

A partir du moment où l’acte 1 de Preservation, destiné à planter le décor pour le passage à un volume 2, ne m’a pas séduit le moins du monde, il était quasiment écrit que la suite, Preservation Act 2 (en écoute intégrale ici) des Kinks, n’aurait pas plus mes faveurs que son prédécesseur. Ray Davis pensait tenir dans ce projet, la plus grande comédie musicale rock jamais créée. Il s’est fourré le doigt dans l’œil jusqu’au fion. Les signes avant-coureurs de la perte de vitesse de son leader de l’écriture pour laquelle les témoins sont unanimes, ont une explication.

Ray Davies traverse une phase personnelle particulièrement délicate qui influe sur un mental que l’on a déjà vu souvent perturbé dans le passé. Aux soucis de vie vient se greffer l’empressement de la maison de disques à vouloir sortir quelque chose, au plus vite et à tout prix. La pression est énorme sur les épaules fragilisées du songwriter ; il peine à gérer une situation qui fait tourner son ambition discographique du moment en eau de boudin.

Les compositions initialement prévues ont été retirées et détruites, la réécriture a été négligée, voire carrément bâclée, le concept scindé en deux : d’une part, sur un premier vinyle, le décor est planté avec la présentation du cadre et des personnages (c’est le fameux et insipide Preservation Act 1), d’autre part, sur un double LP publié moins d’un an plus tard, en mai 1974, (et enregistré dans le complexe des studios Konk à Hornsey dans le nord londonien), l’histoire opposant Mr. Black et Mr. Flash.

On pouvait imaginer canevas moins décousu pour une ambition aussi grandiose. Le dessein dans son ensemble a fait l’objet de sérieuses controverses. Critiques et fans ont trouvé amer un projet, plombé dès le départ, et plus à même de séduire un spectateur de théâtre qu’un audiophile rock.

Preservation Act 1 fa été un échec, ce numéro 2 fait pire encore. On est donc bien loin de la merveilleuse épopée conceptuelle des Arthur, Lola ou autres Village Green. Au rayon de la qualité, la pochette est prémonitoire de son contenu bordélique, présomptueux, difficilement pénétrable, approximatif, et désespérément indigent en chansons qui tiennent un tantinet la route.

Sont concentrées ici 75 minutes de froideur, de négligé, de faiblesse. Cette saga Preservation Act 1 et 2 n’a rien du trésor enfoui et que l’on ressort comme par enchantement, comme certains avis veulent le laisser croire. D’un âne en 1974, tu ne fais pas un cheval de course au troisième millénaire. Foutaises.

L’œuvre est ridicule, et d’un très faible niveau. Il y est plus question de récit que de musique. Cette dernière a-t-elle au moins été considérée dans l’affaire ? Introduction To Solution, He’s Evil, le bonus Mirror Of Love (heureusement qu’il est là, celui-ci !), voire Oh Where Oh Where Is Love permettent à ce double disque d’éviter le zéro pointé. Il ne s’en est jamais autant rapproché. Si ça, ce n’est pas un aveu de fin de cycle, ça peut y ressembler ! (RAZOR ©).

 

1. Announcement.

2. Introduction to Solution.

3. When a Solution Comes.

4. Money Talks.

5. Announcement.

6. Shepherds of the Nation.

7. Scum of the Earth.

8. Second-Hand Car Spiv.

9. He's Evil.

10. Mirror of Love.

11. Announcement.

12. Nobody Gives.

13. Oh Where Oh Where Is Love?

14. Flash's Dream (The Final Elbow).

15. Flash's Confession.

16. Nothing Lasts Forever.

17. Announcement.

18. Artificial Man.

19. Scrapheap City.

20. Announcement.

21. Salvation Road.

 

Dave Davies,Ray Davies:chant,guitare.

John Gosling:claviers.

John Dalton:basse.

Mick Avory:batterie.

Laurie Brown:flûte,saxophone ténor,trompette.

Alan Holmes:clarinette,saxophone baryton.

John Beecham:trombone,tuba.

Pamela Travis,Krysia Kocjan,Sue Brown,Lee Pavey,Chris Musk:choeurs.

 

LP Studio 14 - 1975

 

Kinks a soap opera

 

THE KINKS

THE KINKS PRESENT A SOAP OPERA – 1975  2/5

 

Publié le 16 mai 1975.

Produit par Ray Davies.

Durée:37:30.

Label:RCA.

Genre:rock.

 

Y a le feu à bord !

 

Les géniales inspirations de son leader de l’écriture se sont évaporées on ne sait trop où. Et ça se voit, ça s’entend, ça se sent, ça se ressent, les Kinks boitent bas en cette année 1975 qui les amène à pondre devinez quoi ? Un album-concept ! Qu’il raconte l’histoire d’une vedette qui se glisse dans la peau  d’un quidam ordinaire, le dénommé Norman, dans le but de s’imprégner de ce qu’est une existence banale, ne change rien au problème. Il peut nous en inventer dix, vingt, cent scénarii le Davies, qu’importe ! C’est l’idée du concept-disque qui passe mal. Quand c’est gratiné, passe encore, mais comme la tendance des derniers LP, bâtis sur le même principe, vire au n’importe quoi, à la longue, ils me gavent les Kinks, d’autant plus qu’ils reconduisent ici les cuivres et les voix de châtrés qui m’ont pompés sur le premier acte.

La soupe au menu du Kinks Present A Soap Opera (en écoute intégrale ici), album de mai 75, n’a rien du velouté servi dans les grandes occasions. Si soupe il y a, elle est à la grimace. Indigeste.

Il faudra bien que Ray Davies en finisse un jour avec ces albums-concept à la con. Il creuse sa tombe, le gazier. N’y a-il personne dans l’entourage pour lui agiter sous le nez les chiffres de ses derniers albums ? Passe que ça ne se vende pas, mais même la critique s’en détourne de son travail. Pourtant, la presse rock et les Davies, ça a toujours été une chouette relation.

Il devient franchement lourd, le boss, et s’entête dans un créneau sur lequel il a surfé avec bonheur certes, mais dans lequel il s’enlise exagérément depuis Percy. Le pire, c’est qu’il entraîne dans sa chute le line-up restant qui n’a qu’une chose à faire : subir les bouffonneries de son leader sans sourciller.

Résultat des courses : ce disque confus, stupide, incompréhensible, jamais convaincant, ne vaut rien, il est tout bonnement pitoyable et n’est qu’une parodie d’album des Kinks. Hormis Ducks On The Wall, c’est  emmerdant à écouter. Cette tendance à l’ennui devient récurrente et là c’est grave docteur.

Je ne vais pas en faire des tonnes sur ce travail mièvre et emphatique, ce serait lui accorder trop d’honneur. J’ai été un supporter de la première heure de Ray Davies (et des Kinks). Force est de constater qu’ils ne sont, ici, même plus l’ombre des icones du rock que j’ai aimées et toujours défendues. Mais là, désolé, je ne peux rien faire pour vous. Etes-vous encore les Kinks ? J’en doute. Un tel disque demande réaction. Et vite ! (RAZOR©)

 

1. Everybody's a Star (Starmaker).

2. Ordinary People.

3. Rush Hour Blues.

4. Nine to Five.

5. When Work Is Over.

6. Have Another Drink.

7.Underneath the Neon Sign.

8. Holiday Romance.

9. You Make It All Worthwhile.

10. Ducks on the Wall.

11. A Face in the Crowd.

12.You Can't Stop the Music.

 

Dave Davies:chant,guitare.

Alan Holmes:saxophone.

Laurie Brown:trompette.

John Beecham:trombone.

John Gosling:claviers.

John Dalton:basse.

Mick Avory:batterie.

Pamela Travis ,Shirley Roden,Lyndsey Moore,June Ritchie,Stanley Meyers:choeurs.

 

LP Studio 15 - 1976

 

Kinks schoolboys

 

THE KINKS

SCHOOLBOYS IN DISGRACE – 1976  3/5

 

Publié le 17 novemnre 1975.

Produit par Ray Davies.

Durée:36:26.

Label:RCA.

Genre:rock,hard rock,doo-wop.

 

Des Kinks en culottes courtes.

 

La période théâtrale des Kinks continue par un énième album-concept en 1976, Schoolboys In Disgrace (en écoute intégrale ici), et rien n’y fait, les anglais sont devenus ennuyeux. Un peu moins que sur la pitrerie précédente, A Soap Opera (1975), mais à peine plus passionnants quand même.

Les Kinks ne proposent pas ici une musique particulièrement motivante, affaiblie par l’inspiration en berne de son meneur de revue et une grande partie de l’album est sans réel intérêt.

La seule chose vraiment intéressante qui soit ici, c’est de constater que le groupe tonifie un peu plus sa musique, lui donnant plus de force et une vitalité qui lui a fait récemment défaut. On revient au rock, ce qui est plutôt une bonne nouvelle et une tendance généralement appréciée des fans restants.

Côté concept, si l’idée, portée sur Schoolboys In Disgrace de bâtir la trame autour de la scolarité des Davies, s’avère finalement bonne, elle n’est pas assez traduite comme il se doit en musique. L’ensemble est encore erratique, malgré une amélioration par rapport à A Soap Opera.

Les Kinks reviennent à ce qu’ils savent faire de mieux : du rock. Dans ce contexte durci, la guitare de Dave Davies se montre et c’est apprécié. Le plaisir de jouer semble, comme par magie, revenu. Reste à retrouver le niveau d’avant-hier. Et l’inspiration.

Meilleur que son prédécesseur, Schooboys In Disgrace réunit un lot de titres que j’ai personnellement appréciés : Jack The Idiot Dunce, Headmaster, No More Looking Back, The Hard Way, I’m In Disgrace et à la ballade The First Time We Fall In Love).

Guère difficile dans la mesure où le dernier LP est le pire de leur collection. Reconduisant, pour partie de ses titres, la pauvreté entrevue dans  Soap Opera, ce disque n’est pas mauvais en soi, mais il y a mieux en magasin.

Il marque néanmoins un regain d’intérêt pour ces Kinks renaissants. C’est certainement leur plus beau travail depuis Everybody’s In Show-Biz. 4 ans de disette, c’est un vrai soulagement et un crève-cœur pour un Kinks addict (RAZOR).

 

1. Schooldays.

2. Jack the Idiot Dunce.

3. Education.

4. The First Time We Fall in Love.

5. I'm in Disgrace.

6. Headmaster.

7. The Hard Way.

8. The Last Assembly.

9. No More Looking Back.

10. Finale.

 

Ray Davies:chant,guitare,piano.

Dave Davies:guitare,chant.

Mick Avory:batterie.

John Dalton:basse.

John Gosling:claviers.

John Beecham:trombone.

Alan Holmes:saxophones.

Nick Newell:saxophone ténor.

Pamela Travis,Debbie Doss,Shirley Roden:chœurs.

 

LP Studio 16 - 1977

 

Kinks sleepwalker

 

THE KINKS

SLEEPWALKER – 1977  3,5/5

 

Publié le 12 février 1977.

Produit par ray davies.

Durée:40:10.

Label:Arista.

Genre:rock.

 

Avec Arista, tu files droit.

 

Les Kinks ? En 1977 et après la peu glorieuse période vinylo-conceptuelle démarrée avec Percy, j’en ai fait mon deuil. Plus rien ne sera jamais comme avant, tel est mon crédo du moment, malgré un léger regain perceptible dans Schoolboys In Disgrace (1976). Il est essentiellement dû à un durcissement de leur musique et à un lot, hélas maigrelet, de titres supérieurs, laissant à penser qu’il y a toujours quelque chose qui sommeille à l’intérieur de ce diable de Ray Davies.

Mais c’est par pure curiosité, plus que par véritable fanatisme pur et dur, que j’accorde, en 1977, une attention accrue  à leur nouveau disque, le dénommé Sleepwalker. Par ailleurs, de savoir que son créateur en chef en a fini avec la voie des concepts albums excentriques attise mon désir d’en reprendre un petit supplément.

Troisième motivation ayant dicté ce prolongement à leurs côtés, le changement de label. Après Pye et RCA qui n’ont jamais vraiment donné  au groupe les moyens de leurs ambitions, c’est Arista qui s’y colle. Choix salvateur ?

On pourrait le penser dans la mesure où les cadres du label mettent les choses au point : tes albums-concepts machinchouette, les théâtralités, Raymond, tu mets le mouchoir dessus. Pas de ça chez nous… Désormais, on donne au public ce qu’il veut. Compris ?

Pigé. Il s’exécute, bien lui en prend. Ray Davies marche à nouveau dans les clous, les musiciens revivent et, à l’image de Sleepwalker, retrouvent, comme par enchantement, des couleurs. Ce disque sonne bien, se révèle beaucoup plus abordable que le lot des derniers albums.

L’écriture est simplifiée, plus inspirée et orientée vers des thèmes plus que des concepts, plus nerveuse et bichonnée. Parallèlement, Dave Davies en ajoutant une dose supplémentaire d’agressivité, hausse son niveau, semblant jouer comme jamais, requinqué de retrouver une importance qu’on lui avait enlevée. Ses riffs sont ici fracassants.

Le groupe est au diapason et montre qu’il est encore capable de belles choses. Il semble s’être enfin réveillé. C’est efficace, d’autant que les mélodies sont à nouveau séduisantes. Le groupe entre de pied ferme dans le rock Arena et perd, dans le même temps, John Dalton, son bassiste, durant l’enregistrement. Dommage pour lui, il a mal choisi son moment. Andy Pyle le relèvera à son poste.

Le superbe Music Jukebox, bien sûr, Mr. Big Man, la belle ballade Brother, le doux Stormy Sky, Sleepwalker et Full Moon sortent du lot des 9 titres ici collectés. Avec la qualité en prime, c’est du 3,5/5 (RAZOR©).

 

1. Life on the Road.

2. Mr. Big Man.

3. Sleepwalker.

4. Brother.

5. Juke Box Music.

6. Sleepless Night.

7. Stormy Sky.

8. Full Moon.

9. Life Goes On.

 

Ray Davies:chant,guitare,claviers.

Dave Davies:chant,guitare,choeurs.

John Gosling:claviers,chœurs.

Andy Pyle:basse électrique.

John Dalton:basse.

Mick Avory:batterie,percussions.

 

LP Studio 17 - 1978

 

Kinks misfits

 

THE KINKS

MISFITS – 1978  3,5/5

 

Publié en mai 1978.

Produit par Ray Davies.

Durée:40:29.

Label:Arista.

Genre:rock.

 

Les Kinks de la nouvelle ère.

 

Mai 1978. Le phénomène punk donne sa pleine mesure, le disco fait son trou. Ray Davies et les Kinks passent pour des has-been pour le public de l’époque. Quant au fan club invétéré, il s’est sérieusement étiolé à cause des pitreries de son leader qui a embarqué le groupe dans une impasse, jusqu’à ce qu’il ne signe pour Arista où il retrouve des couleurs, de l’envie et du plaisir. Sleepwalker (1977) en est l’exemple type. Le recadrage imposé par le label et l’orientation vers un rock plus Arena portent ses fruits. Il faut toutefois confirmer pour faire revenir à soi des supporters qui, sceptiques, se sont raréfiés depuis Percy et le début des conneries.

Misfits (en écoute intégale ici), sorti en 1978, endosse sur lui cette double mission de reconquérir les aficionados perdus et de faire les yeux doux à un panel de nouveaux adeptes. A charge pour lui de refaire frémir de plaisir et d’émotion l’entourage musical des Kinks. En ce sens, la décision de vitaliser leur musique a été la meilleure prise ces derniers temps. D’avoir rendu aux Kinks la puissance pour laquelle ils étaient passés maîtres, a fait marquer des points à Sleepwalker. Reste à communiquer derrière et surtout à enfoncer le clou pour pouvoir annoncer un vrai retour des anglais.

C’est un fait avéré ici : les Kinks recréent, remordent, redonnent du rythme et se remettent à plaire. Le survivant Ray Davies, victime et héros de cet album, plus mature du haut de ses 34 printemps, échaudé par ses errances passées, comme les grands crus vinicoles, vieillit bien.

Il remet son écriture satirique et incisive au service du rock. Aidée en cela par un quintet de musiciens talentueux, la belle mécanique repart de plus belle. D’où Misfits qui se classe 21ème aux States ; il sera moins apprécié sur le sol britannique, mais cet incident de parcours ne constitue en rien une véritable surprise.

Les mélodies sont faciles à capter, les confessions de son songwriter repenti, s’avèrent poignantes. Cet album suscite tour à tour, de l’émotion, de la tendresse, de la pudeur ; il est tourmenté, violent, déchirant. J’aime la manière contenue avec laquelle tout est refoulé, même si aucun des titres n’explose vraiment. Dommage.

Lyriquement et musicalement, il a ses temps forts : A Rock & Roll Fantasy, Misfits, In A Foreign Land, bien bâti mais sans grande surprise, Permanent Waves, Black Messiah.

Pendant que les Clash enflamment les pro-punks avec son second album, Give ‘Em Enough Rope et que Stayin’ Alive met le feu aux discothèques, les Kinks continuent tranquillement leur petit bonhomme de chemin, renouant partiellement avec le succès. Une constante chez ce groupe (RAZOR©).

 

1. Misfits.

2. Hay Fever.

3. Black Messiah.

4. A Rock & Roll Fantasy.

5. In a Foreign Land.

6. Permanent Waves.

7. Live Life.

8. Out of the Wardrobe.

9. Trust Your Heart.

10. Get Up.

 

Ray Davies:chant,guitare,piano,synthétiseur.

Dave Davies:lead guitare,chant.

Mick Avory,Nick Trevizik,Clem Cattini:batterie.

Andy Pyle:basse.

John Gosling:piano,orgue,synthétiseur.

John Dalton,Ron Lawrence,Zaine Griff:basse.

John Beecham:trombone.

Nick Newall:clarinette.

Mike Cotton:trompette.

 

LP Studio 18 - 1979

 

Kinks low budget

 

THE KINKS

LOW BUDGET – 1979  4/5

 

Publié le 10 juillet 1979.

Produit par Ray Davies.

Durée:43:16.

Label:Arista.

Genre:hard rock.

 

Petit budget mais gros gains.  

 

Et bein voilà ! Il suffisait de se faire remonter les bretelles pour que les Kinks se bougent un peu la couenne. Merci Arista de nous les avoir ramenés dans les clous, d’une part, sur le devant de la scène, de l’autre. Sleepwalker, Misfits et maintenant Low Budget (en écoute intégrale ici), en 1979, les Kinks de cette fin de 70’s ont bien réagi aux injonctions du label et c’est tant mieux. C’est tout bénéfice pour les fans et ce n’est que justice au regard du statut de groupe essentiel du rock qui est le sien.

Alors qu’ils étaient au fond du trou avant de signer pour Arista, les voilà maintenant qui retrouvent une immense popularité et tout ça, sans avoir jamais souscrit au moindre courant en vogue, en restant fidèle à leurs principes, même si le coup est passé tout près de s’embourber définitivement par moments.

Alors qu’ils resurgissent de nulle part, l’heure est à s’interroger sur leur carrière. 17 LP studio, 15 ans de présence au sommet à quelques exceptions près, des albums mythiques, des titres légendaires. Si ça, ça ne parle pas, que faut-il ? Où sont les Beatles ? Que font les Who ? Et les Stones ?

L’envie et le plaisir nourrissant à nouveau le quotidien de la tribu Davies, Low Budget marque une étape supplémentaire dans la reconquête amorcée par les Kinks. Entre Misfits et cette présente levée, il est manifeste que les britanniques en ont encore dans la culotte. Il faut en passer par de la simplicité et de l’énergie. C’est chose faite et le résultat ne se fait pas attendre : non content d’être revenus au forceps, les Kinks se remettent à squatter les charts où il apparaît au onzième rang.    

Débordant de vitalité, il n’affiche pas d’originalité particulière, mais peut être recensé parmi les grands disques hard rock de son époque. Pendant que Ray Davies use de son habituelle causticité verbale, Dave allume Keith Richards en pompant le célèbre riff de Jumpin’ Jack Flash pour Catch Me Now I’m Falling.

Personnellement, ces Kinks ludiques et apparemment heureux de vivre, m’amusent beaucoup et me séduisent franchement. Bon, on ne va pas se la jouer… c’est commercial et ça fait se trémousser les ricains qui, en pincent pour eux (moins les anglais).

Il est clair que ça n’a que peu de rapport avec les pointures discographiques du groupe (Face To Face, Arthur, Village Green par exemple), mais ce Low Budget permet de boucler les années 70 sur une excellente note. On peut dire que personne ne s’y attendait. Moi le premier (RAZOR©).

 

1. Attitude.

2. Catch Me Now I'm Falling.

3. Pressure.

4. National Health.

5. (Wish I Could Fly Like) Superman.

6. Low Budget.

7. In a Space.

8. Little Bit of Emotion.

9. A Gallon of Gas.

10. Misery.

11. Moving Pictures.

 

Ray Davies:chant,guitare,piano,synthétiseur.

Dave Davies:lead guitare,chant.

Mick Avory:batterie.

Andy Pyle:basse.

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