Brownsville Station.

BIOGRAPHIE.

 

BROWNSVILLE STATION/Ann Arbor (Michigan)

 

Brownsville station 1

 

Actif entre 1969 et 1978,depuis 2012.

Labels:Epic,Big Tree.

Genre:rock garage,protopunk,punk blues,hard rock boogie.

Site officiel:brownsvillestation.com

 

La filière de Detroit.

Quand on est élevé entre MC5, Ted Nugent et Bob Seger, né dans la même ville que les Stooges (Ann Arbor), il ne faut pas s'attendre à faire autre chose que du hard rock électrisé et intense. Les chiens n'ont jamais fait de chats et Brownsville Station est bien dans la filière High Voltage émanant de Detroit.

Pas aussi populaire certes parce que plombé par la critique rock pour des accointances glam (pantalons pattes d'éph, bottines à talons et paillettes), mais pas pourri pour autant comme il est possible d'en témoigner encore aujourd'hui puisque le groupe est toujours actif et ce, depuis 2012.

Brownsville station 4La filière de Detroit.

Brownsville station 5

Des accointances vestimentaires glam avérées.

Brownsville station cub kodaCub Koda, son maître à penser.

Brownsville station 2Les 7 minutes fantastiques de Martian Boogie.

Un beau cursus.

Sur la carte de visite en vigueur dans les 70's, on pointe un concert porto-ricain devant 350.000 âmes, une présence sur la TV américaine, le mythique Madison Square Garden, 6 singles placés dans le top 50 dont le hit immortel Smokin' In The Boys Room (3 aux Etats-Unis et 27 au Royaume-Uni), disque d'or écoulé à plus de 2 millions d'exemplaires et Kings Of The Party (N°31), ainsi que 7 albums studio. Tout ça en presque 10 ans, soit entre 1969 et 1978.

A la base de Brownsville Station, le regretté Michael Cub Koda, décédé en juillet 2000 d'une maladie rénale. Natif de Detroit, ce chanteur-guitariste et songwriter, par ailleurs critique musical et diplômé de la Manchester High School, Koda, féru de rock 'n' roll, épris de blues et fan de rockabilly, forme très tôt son propre groupe, The Del-Tinos (1963).

Il a 14 ans et depuis l'âge de 5 ans, il pratique la batterie. Les Del-Tinos enregistrent trois singles dont une reprise de Roy Orbison (Go, Go, Go/1963) avant de se séparer en 1966. Koda rebondit sur d'autres formations locales ; il jouit d'une bonne réputation dans la région de Detroit.

Cub Koda, âme de Brownsville Station.

Après avoir tourné le dos à l'Université, il officie un temps comme sideman du côté de Las Vegas, puis se lance, après quelques balbutiements, dans l'aventure qui va donner naissance à Brownsville Station (1969) dont il devient le leader charismatique, après avoir rencontré fortuitement le guitariste Michael Lutz dans un magasin de disques d'Ann Arbor.

Le duo est complété par le bassiste-chanteur Tony Driggins et le batteur TJ Cronley. Brownsville Station s'inscrit alors comme une des formations les plus prisées du Midwest et se montre rapidement l'égal des groupes prestigeux de la place, les MC5, Bob Seger System, The Rationals, Scot Richard Case et Stooges.

Son apprentissage se fait en ouvrant pour ces sommités de Detroit ; il y fait briller son hard rock boogie de grande qualité et se constitue sa base de fans.

Du rock sans chichis, mais terriblement bien fait.

En 1970, Brownsville Station signe un premier single qui, à défaut d'avoir une couverture nationale, se fait remarquer dans le landernau : Rock And Roll Holiday (Hideout). Le public mord à l'hameçon et pousse le groupe à se surpasser. Be-Bop Confidential, sorti initialement sur un label local (Palladium/1970) suscite l'intérêt de Warner Bros qui se charge de le diffuser à l'échelon du marché américain. Et ça gagne.

Un premier LP s'ensuit : No BS (1970), toujours édité sur l'étiquette Palladium et relayé par Warner Bros. Il se résume en quelques mots : du rock 'n' roll sans chichis, décapant, sans originalité et sans trop se poser de questions, mais terriblement bien fait et efficace avec ses amplis Marshall poussés à donf.

Ainsi ancré dans les 50's, Brownsville Station se forge progressivement une réputation de groupe des oldies et peine à sortir de ce cliché. Dès 1971 et après la sortie de Tell Me All About It, le label s'en sépare.

Le groupe passe une année à tourner, avant de rebondir du côté de Big Tree Records. Dans le même temps, TJ Cronley, attiré par les sirènes des Marines, cède sa place à David Henry Weck.

Yeah !

Koda, Lutz, Driggins et Weck donnent le jour à un deuxième album, A Night On The Town (1972), un peu moins bon que No BS mais nettement inférieur à Yeah (1973), tenu pour être la meilleure pièce du catalogue des hard rockeurs de Detroit.

Après le départ de Driggins, Brownsville Station est passé en trio. Quant à Yeah, malgré 8 reprises aussi variées les unes que les autres, signe de la profonde connaissance de la musique de son maître à penser Cub Koda, il traduit un Brownsville Station touché par la grâce, à l'image de Smokin' In The Boys Room (signé Mike Lutz et Cub Koda) qui, porté par les radios FM fera la carrière commerciale décrite plus haut.

Nazarian

« Grinnell était la franchise d'un magasin de disques de Detroit se situant dans l'artère principale de la ville ; c'était le point de rendez-vous des rockeurs d'Ann Arbor. J'y passais l'essentiel de mon temps et c'est là que j'ai rencontré les gars de Brownsville Station, surtout Cud Koda, son âme. Quand je dis ça, ce n'est pas faire injure à Henry Weck et Michael Lutz. Le groupe était très populaire dans l'Etat du Michigan. Notre rencontre a fait tilt et Cub est devenu un intime durant de longues années. Cud était une tête et une personne qui connaissait l'histoire du blues sur le bout des ongles. » (Bruce Nazarian)

La référence Smokin' In The Boys Room.

Fort de cet immense succès et de la bonne réception par le public et la critique de Yeah, Brownsville Station remet le couvert dès 1974 en réalisant un excellent 4ème opus, le dénommé School Punks, malgré un énième recyclage de 50's.

Taillé sur mesure pour avoir une vie sur les ondes, il est, à l'image de Kings Of The Party (2éme plus grand succès du groupe), de I Get So Excited, I'm The Leader Of The Gang, Meet Me on the 4th Floor, I Got It Bad for You et de Fast Phyllis, un des moments franchement récréatifs de la discographie du groupe.

Bien que sur une trajectoire favorable, les relations avec le label se tendent ; sorti en 1975, l'introspectif Motor City Connection, cinquième levée, ne satisfait pas Big Tree Records. A vouloir être trop ambitieux, Brownsville Station perd en cohérence et, plus grave, fait un flop commercial. Le trio quitte sa maison de disques.

Un parcours brillant.

En s'engageant, dès 1977, du côté de Private Stock Records de Larry Uttal (1974/78), le groupe s'étoffe et passe à 4 membres avec l'arrivée (importante) du guitariste Bruce Nazarian (mort en octobre 2015). Le nouveau line-up réalise un sixième LP (éponyme) très convaincant, produit par Eddie Kramer et par lequel on peut ressentir toute la puissance dégagée par le jeu de Brownsville Station. Par ce disque porté par les deux derniers singles (Lady et les 7 minutes de Martian Boogie) du groupe, la bande à Koda évolue à un excellent niveau et se libère, un peu tard, du poids occasionné par le succès de Smokin' In The Boys Room.

Un peu tard, car le cœur n'y est plus vraiment du côté de son leader Koda, attiré par une carrière solo et d'autres projets dans la profession. Néanmoins, un ultime album paraît en 1979. Air Special (Epic Records), hard rock ne faisant pas spécialement dans la dentelle, précède la fin de cette formation méconnue sur la scène de Detroit et dont le catalogue a servi à promouvoir Mötley Crüe (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1972

 

Brownsville station a night at the town

 

BROWNSVILLE STATION

A NIGHT AT THE TOWN – 1972  4/5

 

Publié en 1972.

Produit par

Durée:36:26.

Label:Big Tree Records.

Genre:boogie rock,hard rock,rock 'n' roll,Detroit Rock.

 

High Energy rock.

 

C’est dans la banlieue estudiantine (Ann Arbor) d’une Detroit alors opulente (mais aujourd’hui croulant sous les dettes), que Brownsville Station a élu domicile en 1969.

Célèbre pour son patrimoine musical varié (gospel, jazz, R & B, soul, rap), la ville du Michigan a également été portée par différents courants rock (hard, garage et plus tard hardcore) qui ont révélé les Stooges d’Iggy Pop, Frost, MC 5, fin des 60’s, puis le local Alice Cooper, Ted Nugent, Bob Seger ou Grand Funk Railroad durant les 70’s, et enfin, dans les années 90, White Stripes. Cet ancien symbole fort de l’American Dream (en faillite depuis) fut aussi le siège de la Motown, à l’origine des carrières internationales de Diana Ross, Marvin Gaye, les Temptations et de Stevie Wonder, natif de cette cité.

Detroit est donc une place forte du rock dans laquelle pullulait une ribambelle de formations à l’esprit bien loin du flower power ambiant, à l’époque des premières escarmouches de Brownsville Station initiées par le quatuor Cub Koda, Mike Lutz, TJ Cronley (auquel succède rapidement Henry Weck) et Tony Driggins, de beaux spécimen bien déjantés, croyez m’en.. Bruce Nazarian intègre le groupe plus tard, en 1975, groupe qui replie les gaules en 79.

Sept LP, tous d’excellent niveau, sont associés au parcours de ce groupe particulièrement saignant, provoc’ et qui va à l’essentiel, l’efficacité, sans emprunter de chemins détournés. Si Yeah (1973) est le plus marquant et le plus abouti d’entre eux, à mon sens, j’ai, pour l’heure, choisi d’évoquer son prédécesseur : A Night At The Town, publié l’année d’avant et qui lui-même fait suite à un probant No BS (70).

Le moindre que l’on puisse constater, c’est que ça dépote grave. Traduction : les quatre illuminés ne sont pas là pour amuser la galerie (quoi que Koda est un showman incomparable), sinon par leurs accoutrements exubérants, et pratiquent un très bon rock brut de décoffrage, à fond les manettes, sans se poser de questions, à condition que ça paie. Et c’est le cas.

Les guitares déchirent de toutes parts, le chant est bien géré, les mélodies sont simples, l’énergie est permanente, la cohésion collective totale : c’est du rock de besogneux, un des plus convaincants de cette scène du Michigan, inspiré des Chuck Berry et autres rock & rollers des 50’s.

Sauvage, sans chichis, franc du collier, sans se canuler la tronche, efficace et festif. C’est burné et réjouissant, et j’aime quand c’est comac. Inutile donc de tenter d’y dénicher une parcelle de finesse ou d’originalité. Brownsville Station n’a pas été programmé pour ça. Par contre côté scène, l’affaire était redoutable, dit-on.

Un plaisir spécial émane plus particulièrement de titres comme Mister Robert, Country Flavor, Rock With The Music et surtout de Jonah’s Here To Stay. Avis favorable (RAZOR©).

 

1. Rock With The Music.

2. I Got Time.

3. Lovin' Lady Lee.

4. Mad For Me.

5. Mister Robert.

6. Wanted (Dead Or Alive).

7. Country Flavor.

8. Jonah's Here To Stay.

9. Leavin' Here.

10. The Man Who Wanted More (Saints Rock & Roll).

 

Cub Koda:chant,guitare,harmonica.

Michael Lutz:chant,guitare,claviers.

Tony Driggins:chant,basse.

David Henri Weck:batterie.

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