Fresh Blueberry Pancake.

 

FRESH BLUEBERRY PANCAKE/Pittsburgh (Pennsylvanie-USA)

 

Fresh blueberry pancake heavy

 

Actif entre 1968 et 1972.

Label:Shadok Records.

Genre:heavy psych,rock psychédélique,garage rock,rock,blues-rock.

 

La rage dans la panse.

Son mandat dans le rock et sur la scène de Pittsburgh d'où il est originaire, a été trop court et pas assez encadré pour que Fresh Blueberry Pancake puisse alors voir sa flatteuse popularité s'exporter au-delà des confins de la Pennsylvanie. Calé sur le circuit des bars et clubs de la ville sidérurgique et ancré dans l'acid rock des 60's, le groupe évolue dans une structure à trois, composée du bassiste et chanteur Tony Impavido, du guitariste John Behrens et du batteur Geoff Reidell. Ils ont pour modèle Cream et le Jimi Hendrix Experience.

Option tricéphale, dévotion aux power trios, on ne se fiera donc pas aux apparences de son nom doux et gourmand référant à un dessert. Elles sont pour le coup trompeuses, les Crêpes aux Myrtilles, traduction de Blueberry Pancake, ont la rage et la fougue de la jeunesse, la volonté de renverser la table et les défauts qui vont avec.

4 ans vierges de tout disque.

La structure tricéphale de Pittsburg, brute de décoffrage, n'a pas froid aux yeux ; audacieuse, gonflée même, elle s'approprie les répertoires des maîtres du genre pour tenter de percer dans le métier. Histoire d'enfoncer le clou.

Behrens, Impavido et Reidell n'ont, musicalement parlant, pas inventé la poudre, sans quoi leur parcours aurait été tout autre, mais ils s'emploient du mieux qu'ils peuvent à communiquer leur explosivité. Leurs moyens sont rustres, leurs arguments limités mais leur résolution reste inébranlable pendant les 4 ans que la formation dure. De 1968 à 1972. Quatre ans durant lesquels Fresh Blueberry Pancake reste vierge de tout disque. Enfin, de tout disque officiel, car des démos, il en tombe comme à Gravelotte. Rien de suffisamment marquant toutefois pour faire basculer l'embryonnaire groupe de kids en un combo crédible pour le milieu.

Réhabilité par les chercheurs de trésors.

Pourtant le heavy psych qui constitue son fonds de commerce n'a rien d'inférieur à ce que beaucoup de seconds couteaux du moment, comme lui, proposent. Le problème, c'est que ça n'imprime pas ; on comprend mieux pourquoi il rend une copie immaculée au terme de sa législature sur la scène de Pittsburgh. Fresh Blueberry Pancake a du potentiel, même si ça reste brouillon et confus, mais n'imprime pas, ni ne marque son territoire.

Il faut que les chasseurs de trésors contemporains du rock lui redonnent une seconde chance en exhumant les fameuses démos pour que le groupe se fasse enfin un nom. Curiosité de la fin des 60's/début 70's, l'objet alors négligemment présenté dans une pochette blanche fadasse et sans identité, affublée du seul nom de Heavy (un autocollant), réapparaît comme par enchantement sous un visuel soigné et illustré façon BD dans l'esprit du nom du groupe. Jamais le Fresh Blueberry Pancake n'a connu de tels honneurs depuis qu'il s'est mis en tête de traiter d'égal à égal avec leurs homologues de Pennsylvanie, de boxer chez les lourds à trois têtes.

Une œuvre inachevée mais révélatrice.

De son temps, Heavy aurait dû être le disque sauvant de l'anonymat Fresh Blueberry Pancake, mais avec seulement 54 exemplaires pressés, il ne faut pas crier au scandale. Depuis, il est devenu une collection de 9 démos autrement considérée mais pour être honnête, véhiculant son lot d'imperfection et d'approximation, voire de manque de cohérence. Difficile, de ce fait, d'apprécier à sa juste valeur un groupe dont l'oeuvre n'est pas achevée, dont l'histoire n'est pas connue et vraisemblablement livré à lui même.

On est dans le cas de l'artiste-peintre qui n'a pas achevé sa toile, de l'écrivain qui n'a pas relu ses écrits. On ne peut donc que passer d'un pied à l'autre et tantôt s'enflammer pour ces garnements, tantôt leur tirer les oreilles pour leur propension à se faire mousser et à chercher à épater la galerie.

Ces montagnes russes heavy psych dont l'intérêt n'est pas garanti sur la durée de l'écoute tant il y a redondance et maladresses, permettent seulement de se faire une idée et, le cas échéant pour ceux qu'ils ont convaincu, de susciter des regrets. Difficile de nier qu'il y a de la bave aux commissures des lèvres, de l'impatience à montrer de quoi ils sont capables, de l'activité, de la lourdeur, mais il y a aussi énormément de déchets, du manque d'inspiration et d'originalité et beaucoup d'hésitations. Les défauts de l'âge quoi ! Si jeunesse savait... (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Collection - 2001

 

Fresh blueberry pancake heavy

 

FRESH BLUEBERRY PANCAKE

HEAVY – 1970  3/5

 

Démos publiées en 1970 (54 exemplaires).

Durée:33:05.

Label:Shadoks Records.

Genre:blues-rock,rock garage,rock psychédélique.

 

Ne pas se fier aux appâts rances.

 

Surtout ne pas se fier aux apparences, elles sont parfois trompeuses. Sous le nom doux et gourmand de Fresh Blueberry Pancake, que l’on peut traduire par « crêpe aux myrtilles », se cache un tonitruant power trio, façon Blue Cheer pour situer, et qui, pour déverser son trop-plein de rage et se prendre à rêver à une carrière dorée dans le rock, n’hésite pas une seconde à s’approprier le répertoire de Cream, Hendrix, Steppenwolf.

Malheureusement, si la mouture pennsylvanienne fait des éticelles, c'est le moins que l'on puisse dire, elle ne laisse pas une place mémorable dans la mémoire collective avec seulement une cinquantaine de pièces d'acétate venudes sous le manteau. L'on doit aux impénitents chasseurs de trésors contemporains de réhabiliter une enseigne dont on ignore tout, dont on sait peu de choses, sans quoi, le nom passait à la trappe pour toujours.

Adepte de heavy psych, ce combo de Pittsburgh est monté de toutes pièces en 1968 et œuvre quatre ans dans le métier du rock sans marquer suffisamment son territoire. Pas le moindre moindre LP digne de ce nom à se mettre sous la dent durant sa période d'activité, sinon un concentré de démos, ça fait tâche sur le CV. Pas vendeur comme on dit. Révélateur surtout d'un niveau qu'on lui prête mais qu'il n'a pas, faute à sa jeunesse et à une fougue mal, très mal canalisée, à des moyens limités, financiers comme humains. J'évoque là un encadrement déficient qui aurait pu conseiller et accompagner ce trio déterminé mais brouillon.

D’illustre inconnu hier, il apparaît donc aux yeux du rock d'aujourd'hui comme une belle curiosité des années fin 60, début 70. Fresh Blueberry Pancake débarque en 2001, comme par enchantement, avec un disque sous le bras dont la pochette, illustrée façon BD, le vend comme un spécimen de heavy (son titre) et de psych (l'illustration). L'édition de Shadoks contraste avec la fadeur et la nudité de la version d’origine, privée de la moindre identité et habillée d’un autocollant orange sur lequel le nom Heavy a été rajouté. Le chat est maigre, l'objet suspect : méfiance,méfiance ! Ne pas se fier aux appâts rances !

Baptisé Heavy pour les besoins de la promotion de ce qui aurait constitué son vinyle-témoin un jour ou l’autre, ce disque rare n’est en fait qu’une réunion de 9 démos heavy psych datant de sa période d'activité (1968/72).

Heavy (en écoute intégrale ici) peut être donc simultanément, à tomber sur le cul de par certaines facettes, mais aussi inégal et par moments rabat-joie et trop démonstratif. Il a les défauts de la jeunesse de ses acteurs, les dénommés Tony Impavido (basse,chant), John Behrens (guitare,chant) et Gary Rydell (batterie), aussi inconnus au bataillon que le groupe qui les révèle à l'aube du troisième millénaire.

Il y a donc à boire et à manger ici. Son aspect démo ne permet pas de maintenir un intérêt constant à leur travail. Mais soyons beau joueur, les trois acteurs qui sont encore très jeunes, livrent quelques pièces fracassantes et étranges qui méritent d’être découvertes (You Tube).

Les kids sont bruts de décoffrage et gonflés comme pas deux pour se permettre la liberté de livrer ces enregistrements en une seule prise et sans retouches. Heavy est une sorte de live en studio, fait avec l’énergie de la jeunesse. Pour elle tout, ces jeunes âmes montrent une certaine propension à dévoiler des biceps encore biscottos, à gesticuler pour attirer l'attention. Ces acteurs d'hier n'ont rien à envier aux ceusses qui se définissent commes des machines aujourd'hui. On est dans le même état d'esprit.

Ils ont la rage dans la panse et du riff de malade pour l’exprimer (un décoiffant Hassles et Stranded qui respectivement débute et clôture ce répertoire, Clow On A Rope), mais parallèlement aussi de quoi montrer qu'ils touchent leur bille dans un registre plus tempéré comme le style bluesy de Where Is The Sun ou celui d’inspiration plus jazzy, Being In Town.

Retravaillé, un morceau folk-rock comme Bad Boys Turns Good, aurait pu avoir une tenue meilleure, mais il boit la tasse avec son harmonica mal maîtrisé et trop dominateur. Accordons encore un peu de crédit à l’étrange I Call Him Lord (pour son jeu de basse), à Sleep Bound (jazzy), à Down On The Farm et basta , c'est déjà beaucoup !

L’activité et la lourdeur garage ne manquent pas, mais les compositions ne sont pas toujours très inspirées et leur jeu est encore très hésitant, mal assuré. Rien d'anormal dans ce constat.

Interprétons donc les imperfections de cette formation juvénile pleine d’entrain et qui veut tout fracasser, qui veut en mettre plein les mirettes, comme les défauts inhérents à l’âge. En lisant entre les lignes, il ne faut pas être devin pour deviner que cette mayonnaise aurait pu prendre si d’aventure…

Pour l’heure, c’est resté à l’état d’embryon et assez irrégulier. Dommage, il y avait mieux à faire. Amis collectionneurs, à vos starting-blocks, c’est rare, ça ne fait pas de mal même si c'est loin d'être génial (RAZOR©).

 

1. Hassles.

2. Being In Town.

3. Clown On A Rope.

4. Bad Boy Turns Good.

5. I Call Him Lord.

6. Down On The Farm.

7. Where’s The Sun.

8. Sleep Bound.

9. Stranded.

 

Tony Impavido:basse,chant.

John Behrens:guitare,chant.

Gary Rydell:batterie.

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