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Mitch Ryder.

BIOGRAPHIE.

 

 

MITCH RYDER/Detroit (Michigan – USA)

 

Mitch ryder 2

 

Né William Sherille Levise Jr. le 26 février 1945 à Hamtramck (Michigan).

Actif depuis 1962.

Labels:Dinovoice,New Voice Records,Crewe,DOT,Paramount,Seeds & Stems,Line,Quality,BushFunk.

Genre:rock and roll,rhythm & blues,blue-eyed soul,frat rock,hard rock,garage rock,blues-rock,blues électrique.

Site officiel:mitchryder.net

 

L'échiquier garage de Detroit.

Le terreau du Detroit des 60's a permis à des groupes d'une belle férocité rock and rollienne et à haute énergie de s'exprimer : MC5, Iggy And The Stooges, Alice Cooper, Ted Nugent, Question Mark & The Mysterians, The Pleasure Seekers (pré Suzi Quatro), Bob Seger...

Avant que ces formations de la Motor City n'explosent, elles se sont patiemment construites sur la florissante scène garage de la place ouvrière de Detroit, dont le centre d'expression stratégique est le club The Hideout, situé à Harper Woods.

Mitch Ryder est également issu de cet échiquier. Comme beaucoup de ses collègues musiciens du moment, quand les Beatles débarquent en Amérique du Nord en pionniers de la British Invasion, il reste hermétique à cet élan musical invasif et fidèle aux fondamentaux du rock and roll.

Mitch ryder introLa meilleure chose qui soit arrivée au rock...

Mitch in detroitjpegwith steve hunter john ron cooke brett tuggleMitch et ses Detroit Wheels.

Mitch ryder une des grandes voix oubliees du rock americain photo peter szymanski 1551877319Une voix émouvante (©Peter Szymanski).

Mitch ryder jenny take a ride nov 65Jenny Take A Ride, N°10 du Billboard 66.

La meilleure chose qui soit arrivée au rock.

Ryder fusionne le rockabilly des années 50 avec la soul de la première moitié des 60's, chère à la Motown et qui va donner ses lettres de noblesse à la culture musicale de Detroit.

Le natif du Michigan en livre un registre furieux, récréatif, enthousiaste qui bouleverse les codes en vigueur appliqués par leurs homologues britanniques.

Parmi les premiers à initier cette filière sauvage qui fait fi de la Beatlemania, Mitch Ryder est, dixit Keith Richards, la meilleure chose qui soit arrivée au rock. On peut faire confiance au guitariste des Rolling Stones, quand il évoque le milieu et son confrère.

Des reprises et des medleys.

Depuis le début des années 60 que le guitariste pratique le métier, Mitch Ryder s'est forgé l'image d'un des chanteurs les plus puissants de la Motor City, l'un des plus crédibles de sa génération quand il s'agit d'interpréter le rock et le R&B. Sa particularité première est d'avoir construit principalement son succès sur les reprises (Shake A Tail Feather, I Like It Like That, Shakin' With Linda) et, pour certaines de ses chansons, les plus populaires notamment, d'avoir utilisé le medley avec une grande efficacité, à l'instar de Jenny Take A Ride (novembre 1965), mix entre le Jenny Jenny de Little Richard et C.C Rider de Chuck Willis, de Devil With A Blue Dress On & Good Golly Miss Molly, N°4 du Billboard (septembre 1966) ou de Too Many Fish In The Sea & Three Little Fishes (avril 1967).

Cette musique a eu une influence proverbiale sur les artistes de la génération suivante, John Mellencamp, Ted Nugent et Bruce Springsteen notamment...

Une voix émouvante pour un blanc.

Né William Sherille Levise Jr, le 26 février 1945 à Hamtramck, dans l'enclave de Detroit (Michigan), Ryder est le fils d'un chanteur de big band radiophonique. Élevé dans la banlieue blanche de Warren où est établie la communauté polonaise dont il est issu, il y effectue sa scolarité. Attiré par la culture noire et par le R&B, il se passionne très tôt pour le chant ; durant ses années-lycée, il se produit au sein d'un groupe, The Tempest, pour lequel il est Billy Lee.

Mitch ryder 2020

« L'énergie est le fruit de l'adolescence. Nous en avions à revendre. Quelle que soit la chanson que nous jouions, elle était dix fois plus rapide que l'original. Personnellement, ma formation s'est faite au contact de musiciens et chanteurs noirs. Le R&B était mon environnement. Et puis, un jour, j'ai rencontré les Wheels, des rock and rollers de grand talent. Nous avons fusionné le R&B et le rock en un produit au son rock R&B que personne d'autre ne développait à l'époque. » (Mitch Ryder)

A 17 ans, il enregistre un premier single, That's The Way It's Gonna Be/Fool For You (1962/Carrie) avant de se produire régulièrement dans les clubs de la place comme lead chanteur des Peps, groupe vocal dont les deux autres membres sont noirs.

Malgré une voix émouvante pour un blanc, les acrimonies raciales de l'époque ont alors raison de sa persévérance sous ce format et dans cette voie.

De Billy Lee & The Rivieras à Mitch Ryder & The Detroit Wheels.

Lassé, il rebondit auprès de Billy Lee & The Rivieras (1964) où il croise la route du futur guitariste de Cactus, Jim McCarty, un des pionniers du hard rock.

Groupe-maison du Walled Lake Casino, lieu de rassemblement des ados du Michigan où il ouvre pour les ténors du moment de la Motown, le combo de Billy Lee, devient un nom incontournable sur la scène de Detroit. Le jeune Levise apprivoise avec beaucoup d'autorité déjà ce rock teinté de R&B.

S'il en tire pas profit immédiatement, Billy Lee et ses musiciens n'en réalise pas moins, un très bon single, You Know/Won't You Dance With Me (Hyland/1964) par lequel il attire l'attention de Bob Crewe, un producteur de disques.

Ce dernier vient de fonder son label, DynoVoice Records (1965, puis New Voice), et attire à lui Billy et ses Rivieras qu'il rebaptise Mitch Ryder & The Detroit Wheels.

1966/67, créneau fécond.

L'identité de Mitch Ryder est choisie au doigt mouillé en pointant l'index sur un nom de l'annuaire téléphonique de Manhattan, tandis que le choix de Detroit Wheels répond au fait que celui de Rivieras était déjà utilisé ailleurs.

Après un premier single improductif (I Need Help/1965), le medley de deux standards du rock évoqué précédemment, Jenny Take A Ride, s'invite à la 10ème place du Billboard en janvier 1966, avant que, deux mois plus tard, Little Latin Lupe Lu, repris aux Righteous Brothers, en fasse de même (N°17), puis, à l'automne 66, que Devil With A Blue Dress On & Good Golly Miss Molly (N°4) réalise un score encore meilleur.

Deux autres singles, Sock It To Me Baby/I Never Had It Better et le medley Too Many Fish In The Sea & Three Little Fishes intègrent respectivement ce même classement aux 6ème et 24ème rangs en 1967. Le créneau 1966/1967 consiste en la période la plus féconde, commercialement, du groupe de Detroit.

Le Mitch Ryder Show...

Après 1967, la magie n'opère plus tant la formule paraît désuète ; elle amène le groupe à se séparer et Ryder se produire seul désormais, toujours sous la tutelle de Crewe et à... Las Vegas.

Le producteur a des projets pour son protégé, à savoir lui adjoindre un véritable orchestre de cuivres d'une dizaine de musiciens ; le Mitch Ryder Show est né, Ryder troque sa casaque garage pour un costume de crooner. On est loin de la puissance des Wheels...

Joy/I'd Rather Go To Jail (N°41/1967) ouvre ce nouveau registre qui va générer quelques succès mineurs dans le Billboard 100 : What Now My Love (30), You Are My Sunshine (88), (You've Got) Personality And Chantilly Lace (87), tous en 1967.

...avant de rentrer dans le rang.

Cette expérience sonne la fin de l'artiste qui, après un rebond auprès de Booker T. & The MG pour un LP (The Detroit-Memphis Experiment/1969), rentre à Detroit.

Il retrouve le batteur Johnny Bee Badanjek (Detroit Wheels) dans un projet éphémère nommé Detroit (un album éponyme/1971).

En proie à des problèmes de voix, Mitch quitte ses partenaires en 1972 ; il est alors remplacé par Rusty Day, ancien de Amboy Dukes et de Cactus.

Ryder, désabusé par l'aventure avec Crewe, luttant contre les excès de drogue et d'alcool, se met en retrait de la musique, déménage à Denver où il travaille le jour et compose la nuit avec sa deuxième épouse, Kimberley. Par ailleurs, il se met à la peinture et travaille sur un roman.

Il réapparaît en 1978 sur son propre label, Seeds And Stems avec un nouvel album, le premier en 7 ans : How I Spent My Vacation (1979).

Toujours populaire.

Celui-ci ouvre la porte à une dizaine de LP décents durant la décennie suivante, dont Never Kick A Sleeping Dog (1984), produit par John Cougar Mellencamp et l'excellent Red Blood White Mink (1988).

Tout en continuant à tourner, Mitch Ryder travaille sur sa biographie et charge un peu plus son catalogue entre les 90's et le nouveau millénaire (une grosse quinzaine de LP).

Le réussi rock/vintage Detroit Breakout (2019) nous ramène à l'artiste qu'il n’aurait jamais dû cesser d'être et que Crewe a tué dans l’œuf.

Ce Ryder là, si les américains ont parfois la mémoire musicale courte, a toujours un panel élargi de fans en Europe (en Allemagne notamment où il tourne régulièrement et enregistre souvent).

Bien que disparu des écrans radars depuis longtemps, il n'en est pas moins à la base du son rock and roll de Detroit et ça il faut ne pas l'oublier (RAZOR©2021).

MON CHOIX DISCOGRAOHIQUE.

LP Studio 1 - 1966

 

Mitch ryder take a ride 1966

 

MITCH RYDER & THE DETROIT WHEELS

TAKE A RIDE – 1966  4/5

 

Publié en 1966.

Produit par Bob Crewe.

Durée:40:02.

Label:New Voice Records.

Genre:rock & roll,pop-rock,r&b,blue eyed soul,hard rock.

 

Tête baissée, brut de décoffrage.

 

Alors que le flower power bat son plein en Californie, la scène de Detroit accouche d'une bombe discographique. L'auteur de cette déflagration musicale s'appelle Mitch Ryder à la tête des Detroit Wheels.

L'identité du groupe qui jusque là reste cantonné sur Detroit et sa périphérie, vient alors de muter de Billy Lee & The Rivieras en Mitch Ryder & The Detroit Wheels.

Take A Ride, l'engin explosif en question, est son premier album ; pour un coup d'essai, c'est un coup de maître, même si je tempérerai les commentaires dithyrambiques et un peu trop partisans vus ça-et-là.

Le LP, sorti en 1966, fait suite au single quasiment du même nom, Jenny Take A Ride, lequel rencontre un gros succès en prenant la 10ème place du Billboard 1965.

Alimenté par une matière rock & roll, R&B et boogie-blues à haute énergie qui fait la réussite du Mitch Ryder live, ce disque, dominé par la voix soul émouvante de Ryder, par la guitare efficace de Jim McCarty et une rythmique frénétique, gravite autour de reprises dont certaines sont totalement maîtrisées comme Shake A Tail Feather, le medley Jenny Takes A Ride, Let Your Lovelight Shine, Just A Little Bit, Baby Jane (Mo-Mo Jane), Bring It On Home To Me, Come See About Me.

Si, à l'instar de ces titres, Mitch et ses gars affrontent le rock and roll et la R&B tête baissée, dans une ambiance et un son brut de décoffrage détonant, le reste de l'album tient plus du pétard que de la grosse détonation.

Fort heureusement, pas mouillé ce qui garantit une écoute qui ne perd pas de son intérêt jusqu'au Baby Jane final. Take A Ride est un excellent disque (RAZOR©2021).

 

1. Skake A Tail Feather.

2. Come See About Me.

3. Let Your Lovelight Shine.

4. Just A Little Bit.

5. I Hope.

6. Jenny Take A Ride.

7. Please, Please, Please.

8. I'll Go Crazy.

9. I Got You.

10. Sticks And Stones.

11. Bring It On Home To Me.

12. Baby Jane (Mo-Mo Jane).

 

Jim McCarty,Joe Cubert:guitare.

Earl Eliot:basse.

Johnny Badanjek:batterie.

Mitch Ryder:chant.

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