Nazz.

BIOGRAPHIE.

 

NAZZ/Philadelphie (Pennsylvanie)

 

Nazz 1

 

Actif entre 1967 et 1970,de 2006 à aujourd’hui.

Label:SGC.

Genre:rock garage,rock psychédélique,power pop.

 

La voie garage de Philadelphie.

Formation née en 1967 en Pennsylvanie, Nazz évolue dans le rock garage. Combo trempant plus particulièrement dans un rock psychédélique mêlé de power-pop, Nazz est la formation par laquelle le guitariste Todd Rundgren fait ses premiers vrais pas dans le rock, après une pige d’une dizaine de mois dans le blues avec les Woody’s Truck Stop, populaires localement. La mode étant alors aux Dead, à l’acid rock et à San Francisco, les autres Woody prennent la direction de la Californie.   

Pas Rundgren qui, débarqué tout droit de la banlieue de Philadelphie, emmène sur son porte-bagages, le regretté Carson Van Osten (décédé deux jours avant Noël 2015), bassiste sous la même bannière et, par ailleurs, créateur de Comics pour Disney. L’objectif est de fonder un super groupe sur la scène locale. Robert « Stewkey » Antoni, chanteur et claviériste et le batteur Thom Mooney se joignent au duo. Le premier nommé vient des Munchkins, le second d’Elizabeth. Rundgren se montre convaincant, pesant de tout son poids dans le montage de cette formation.

Nazz rundgren 2

« A peine sorti de l'école secondaire, j’ai rejoint un groupe de blues local les Woody’s Truck Stop de Philadelphie. Après une dizaine de mois, le reste du groupe découvre Grateful Dead, la west-coast, l’acid-rock et ses à-côtés. Au lieu de continuer à jouer du blues, ils décident d’aller en Californie avec dans l’idée d’intégrer une communauté, de faire des expériences liées au LSD. Ce n’était pas mon trip du moment. Mon intérêt était local et mon objectif était de monter un super-groupe de Philadelphie. C’est Nazz. » (Todd Rundgren)

L’anglais pour modèle.

Groupe bien de son époque, Nazz, inspiré par ce qui débarque sur le sol US dans le cadre de la British Invasion, pratique une musique qui pioche un peu partout chez les Rosbeefs comme les Beatles, les Yardbirds, les Cream, les Who, les Kinks, les Hollies ou chez les ricains comme Hendrix, Blue Cheer ou les Beach Boys. C’est d’ailleurs d’un titre des Yardbirds figurant sur Roger The Engineer (1966) qu’il tire le nom derrière lequel se range le quatuor : The Nazz Are Blue, face B d’un single US du nom de Happening Ten Years Time Ago.

Jusque fin 1967, l’anglophile Nazz est plutôt discret, malgré des débuts effectués au Town Hall de Philadelphie, en première partie des Doors au mois de juillet de cette année. En septembre, il bénéficie d’un petit coup de pouce du destin sous la forme d’un soutien financier assuré par un magasin de disques du cru, Jerry Bartoff & Jack Warfield. Ces derniers prennent contact avec le Président d’American Artists Entertainment.

Nazz 2

L’adhésion de la presse, pas celle du public.

John Kurland, promoteur, les sollicite alors, étant à la recherche d’un groupe à gérer. Il s’assure le concours de Michael Friedman. Les deux hommes vont diriger Nazz mais vont surtout le formater pour le positionner sur le marché des teenyboppers, à savoir les ados filles de 10/15 ans. Pour faire monter la demande, les deux managers s’attachent à limiter les apparitions de Nazz en public.

En été 1968, Nazz signe chez SGC Records, un greffon d’Atlantic. Un premier LP est publié en octobre. Son titre est réduit à sa plus simple expression : Nazz. Malgré un single porteur, Hello It’s Me, premier original né sous la plume de Rundgren et 71ème dans les charts, publié en face B de l’autre titre phare du moment, Open My Eyes (le plus connu), l’album ne convainc pas le grand public.

Nazz ne passe pourtant pas inaperçu avec ses deux singles ; la presse les juge favorablement.

Grosse frustration.

Nazz prend la direction de l’Angleterre pour les besoins de son deuxième album, prévu pour s’appeler Fungo Bat. Au final, il se trouve confronté à des problèmes de visa et son ambitieux projet sur les terres de leurs idoles capote. De retour aux Etats-Unis, Nazz investit les studios de Los Angeles pour, entre fin 68 et début 69, enregistrer ce qui donnera Nazz Nazz (avril 1969), disque réduit de double LP à simple.

Une grande partie de la matière initialement prévue, celle influencée par Laura Nyro et où il chante s’accompagnant en même temps au piano, ne figure pas dans les cartons. Frustré, Rundgren tourne le dos au groupe après la tournée d’été 1969 et emboite le pas à une carrière solo. Néanmoins, l’album, très diversifié, est une belle alternance de rock psychédéliques et de ballades pop. Dans le même mouvement, Van Osten laisse également ses camarades.

Nazz, nouvelle mouture.

Stewkey Antoni reprend les rênes de Nazz et le chant délaissé par Todd Rundgren. Il recrute Craig Bolyn, guitariste ainsi que Greg Sempler, bassiste. La nouvelle mouture sort un 3ème opus, Nazz III, paru en 1970 et dont l’ossature est constituée des titres précédemment évincés signés par le songwriter démissionnaire dont la voix a tout simplement été effacée au profit de celle d’Antoni. Le groupe n’y résiste pas malgré la ténacité d’Antoni qui continue à tourner en 1970 sous le nom de Nazz.

Depuis 2006, sous la houlette de Stewkey, il a remis ça avec un nouveau line-up. Nazz, groupe de liaison entre deux époques, compte encore aujourd’hui un public de fidèles. Sa musique psych rock, depuis relayée par les Nuggets, a influencé des centaines de musiciens au fil du temps. Dans une vinylothèque qui se respecte, Nazz a toute sa place (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Nazz album

 

NAZZ

NAZZ – 1968  4/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Michael Friedman.

Durée:38:13.

Label:SGC Records.

Genre:rock,rock garage,rock psychédélique.

 

Une énigme.

 

L’énigmatique Nazz (et non pas The Nazz) est né à Philadelphie, en 1967, du fait de la réunion de Robert Stewkey Antoni (chant et claviers), de Thom Mooney (batterie), de Carson Van Osten (basse) et du tout jeune guitariste Todd Rundgren, alors âgé d’à peine vingt ans.

Ces deux derniers ayant préalablement joué dans Woody’s Truck Stop, groupe de blues hérité du nom du garage de motos où le groupe répétait, il n’en faut pas plus pour couper court à la rumeur persistante selon laquelle Nazz est le premier groupe de Todd Rundgren. Dont acte.

Ce point étant précisé, dire de Nazz qu’il a injustement été sous-estimé, est une lapalissade. La présence de John Kurland, manager, et de Michael Friedman, manager associé, leurs choix stratégiques parfois douteux, ont certainement contribué à état de fait.  

Sa carrière a été brève, mais ponctuée de beaux faits d’armes. Puisant son inspiration dans le creuset de l’omniprésente et massive Bristish Invasion, influencée par les Beatles, Nazz (dont le nom est extrait du titre des Yardbirds, The Nazz Are Blue) est une des premières formations de garage rock psychédélique des sixties.

La valeur, qu’on lui prête alors, lui permet d’ouvrir pour les Doors, lors d’un concert de juillet 1967, d’être convoité par SGC pour pourvoir au remplacement des Monkees et d’entrer rapidement en studio pour l’enregistrement d’un premier album, sobrement intitulé Nazz (octobre 1968).

A sa sortie, tout le monde en tombe les bras. Original, inventif, ingénieux, varié, bien produit, nanti d’un son psychédélique simultanément très sixties et contemporain, porté par le joyau trempé dans l’acide qu’est Open My Eyes, par Back Of Your Mind, par le single Hello It’s Me (71 dans les charts), par Wildwood Blues, par un énergique Lemming Song ou un  délicieux She’s Goin’ Down (les titres les plus lourds sont les meilleurs) mais supportant également quelques failles comme When I Get My Plane, Crowded ou If That’s The Way You Feel, Nazz, disque et groupe confondus, méritent d’être visités.

Les premiers pas d’un Todd Rundgren encore musicalement juvénile, mais déjà affirmé à l’écriture, la section rythmique extraordinaire (notamment ce batteur qu’est Thom Mooney) sont des curiosités sur lesquelles il convient de se fixer.

Un disque de ce niveau aurait dû appeler une autre carrière que la fugace apparition attachée à ce groupe américain (leur rupture est consommée en 1970, deux autres albums suivront, dont un dernier, Nazz III, fait à leur insu). Encore une de ces énigmes que le rock garde secrètement pour lui…(RAZOR©)

 

1. Open My Eyes.

2. Back of Your Mind.

3. See What You Can Be.

4. Hello It’s Me.

5. Wildwood Blues.

6. If That's the Way You Feel.

7. When I Get My Plane.

8. Lemming Song.

9. Crowded.

10. She's Goin' Down.

 

Todd Rundgren:guitare,chant.

Robert "Stewkey" Antoni:claviers,chant.

Thom Mooney:batterie.

Carson Van Osten:basse,chant.

LP Studio 2 - 1969

 

Nazz nazz

 

NAZZ

NAZZ NAZZ – 1969  3/5

 

Publié en avril 1969.

Produit par Nazz.

Durée:45:31.

Label:SGC Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Un tremplin pour Rundgren.

 

L’idée de départ de faire de Nazz Nazz (en écoute intégrale ici) un double LP sous une autre appellation, Fungo Bat (le nom de la batte de baseball) ayant avorté, les philadelphiens de Nazz publient ce deuxième album qui manque toutefois d’un peu de maturité, en dépit d’un Rundgren qui apprend plus vite qu’il n’y paraît.

Plus ambitieux, mais également plus inégal que son devancier, il ne m’a que partiellement séduit. Affaire de goût. Sans remettre en cause le talent de ses acteurs, ni la qualité de ce qui y figure, il est un des albums de cette période qui m’a le moins sensibilisé, abstraction faite de certaines pistes : Forget All About It, l’acoustique aux belles harmonies vocales Letters Don’t Count, l’exotique Gonna Cry Today, le psychédélique Under The Ice, Meridian Leeward.

Noyé dans la masse des groupes du moment, Nazz a, rappelons-le, traversé furtivement la fin des sixties sans faire trop de ramdam. Nazz Nazz est un tremplin supplémentaire pour la carrière solo du jeune Todd Rundgren. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des atouts très convaincants (RAZOR©).

 

1. Forget All About It.

2. Not Wrong Long.

3. Rain Rider.

4. Gonna Cry Today.

5. Meridian Leeward.

6. Under the Ice.

7. Hang On Paul.

8. Kiddie Boy.

9. Featherbedding Lover.

10. Letters Don't Count.

11. A Beautiful Song.

 

Robert "Stewkey" Antoni:claviers,chant.

Thom Mooney:batterie.

Todd Rundgren:guitare,chant.

Carson Van Osten:basse,chant.

LP Studio 3 - 1971

 

Nazz 3

 

NAZZ

NAZZ III – 1971  3,5/5

 

Publié en mai 1971.

Produit par Nazz.

Durée:42:44.

Label:SGC Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Belle pioche.

 

Sur les cendres du projet avorté de double album, Fungo Bat, sont nés les deuxième et troisième LP de Nazz, autrement dit Nazz Nazz (1969) et Nazz III, sorti en 1971.

Ce dernier est en quelque sorte un disque posthume dans la mesure où le groupe était séparé lorsqu’il a été publié. Le hic, pour Todd Rundgren qui avait déjà tourné les talents à Nazz, c’est que cet album est sorti en même temps que son second travail en solo Runt /The Ballad Of Todd Rundgren.

Nazz III est publié sans son accord aussi, sur 5 chutes sur lesquelles apparaît Rundgren (Only One Winner, It’s Not That Easy, Take The hand, How Can You Call The Beautiful et Resolutio), la voix du démissionnaire a été remplacée par celle de Stewkey, sans que Rundgren n’en ait perçu la moindre royaltie. De là à dire que Nazz a raclé les fonds de tiroir pour réaliser cet album répondant à des impératifs contractuels, il y a un pas.

Nazz III, n’est pas mauvais. Il constitue même l’agréable surprise d’un catalogue bien mince au regard du talent de Nazz et d’une formation recentrée autour de la voix de Robert Stewkey Antoni. A l’écoute de Nazz Nazz et de Nazz III, on en arrive à regretter que Fungo Beat n’ait pas vu le jour sous la forme initialement prévue, avec Todd Rundgren de surcroît.

La ballade Take The Hand, Are You My Window, Only One Winner, Some People, Magic Me, Resolution, It’s Not That Easy, Christopher Columbus sont les faits saillants d’un disque intéressant qui complète parfaitement la discographie de ce groupe sous-estimé. Je le dis et le répète : pour des titres appelés à un autre emploi et vu le contexte, la pioche est très satisfaisante (RAZOR©).

 

1. Some People.

2. Only One Winner.

3. Kicks.

4. Resolution.

5. It's Not That Easy.

6. Old Time Lovemaking.

7. Magic Me.

8. Loosen Up.

9. Take the Hand.

10. How Can You Call That Beautiful.

11. Plenty of Lovin'.

12. Christopher Columbus.

13. You Are My Window.

 

Robert "Stewkey" Antoni:claviers,chant.

Thom Mooney:batterie.

Todd Rundgren:guitare,choeurs,chant sur 13.

Carson Van Osten:bass,chant.

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