Screaming Lord Sutch.

BIOGRAPHIE.

 

SCREAMING LORD SUTCH (& THE SAVAGES)/Londres (UK)

 

Screaming lord sutch poignard

 

Né David Edward Sutch, le 10 novembre 1940 à Hampstead (Londres), décédé le 16 juin 1999 à South Harrow.

Actif entre 1958 et 1993.

Labels:Atlantic,Cotillion,Babylon,Fury,Wounded Bird,Jet,Sheffield Tape Archive,Decca,CBS,RMR,Ace,HMV,Oriole,Cameo,Hep House.

Genre:rock,garage rock,rock & roll,hard rock,beat,proto-punk,rockabilly,psychobilly.


La rencontre du théâtre de l'absurde et du rock.

Plus connu sous l'identité de Screaming Lord Sutch, David Edward Sutch est un musicien pop-rock qui a surtout fait parler de lui durant les 60's. Pas pour son véritable talent de musicien ou de chanteur (loin de là), plutôt pour pour son statut de bête de scène et pour avoir été une personnalité excentrique infusée dans le macabre.

De Lord, il n'a que le nom, dont il s'est auto-affublé au passage, n'appartenant officiellement à aucune pairie.

Lord Sutch est en quelque sorte l'initiateur, en moins subtil, sensible et talentueux, du croisement entre le théâtre de l'absurde et du rock, bien avant Arthur Brown ou Vincent Furnier, alias Alice Cooper.

Screaming lord sutch 1La rencontre du théâtre de l'absurde et du rock.

Screaming lord sutch theatralDu rock...

Screamin ord sutch politique...à la politique, il n'y a qu'un pas.

Screaming lord sutch his savages 1979Screaming Lord Sutch & The Savages (1970).

Screaming lord sutch le pire lpDésigné comme le pire LP de tous les temps.

Screaming lord sutch ans the savagesLe groupe en 1966.

Prompt à apparaître devant son auditoire sous les traits de l'horrible Jack The Ripper, (le fameux étrangleur londonien), ce dernier, drapé dans une cape, chaussant haut de forme, est tout aussi capable de pousser le sinistre jusqu'à sortir d'un cercueil sur scène en brandissant un poignard dégoulinant de sang, un crâne ou un squelette.

Bien qu'il n'ait pas véritablement été un acteur majeur de cette époque et de l'invasion britannique, il n'en a pas moins contribué, un peu avant tout le monde, à façonner l'horizon musical des sixties.

Pour ce, il a signé quelques singles extravagants certes mais néanmoins très intéressants, marqués du sceau de l'énergie, de la dérision ; ils sont restés ancrés dans les annales de la musique anglaise post Beatles.

Du rock and roll à la politique.

S'il ne rencontre pas un grand succès outre-Atlantique, dans son pays, le natif de Hampstead fait à peine mieux.

Son groupe, Screaming Lord Sutch & the Savages, a pourtant fait office de centre de formation pour des artistes devenus des stars internationales depuis.

Certains d'entre eux ont fourbi leurs premières armes auprès de ce personnage, un tantinet déjanté, derrière lequel se profile Joe Meek, obsédé de l'occulte et insensé et avant-gardiste technicien de studio.

L'homme a tout compris de l'ardeur et de la singularité de Lord Sutch et produit la plupart des singles d'obédience garage de la période décembre 1961/mai 1965. 

Ces derniers n'ont, hélas, pas eu les retombées commerciales escomptées, en dépit de leur brillance : 'Til The Following Night/Good Golly Miss Molly, Jack The Ripper/Don't You Just Know It (1963), I'm A Hog For You/Monster In Black Tights (1963), She's Fallen In Love With The Monster Man/Bye, Bye Baby (1964), Dracula's Daughter/Come Back Baby (1964), The Train Kept A-Rollin'/Honey Hush (1965).

Mort à 58 ans.

Au terme de cette production de rock and roll torride, le catalogue de l'artiste perd de son intérêt.

Faut-il voir dans ce manque de succès les raisons qui poussent Screaming Lord Sutch, visiblement conscient de son manque de talent artistique, à redevenir David Edward Sutch et à épouser la politique, domaine dans lequel son tempérament démonstratif, drôle et plus vrai que nature, va l'installer comme un personnalité incontournable du Parlement britannique ?

Retrouvé mort à son domicile de South Harrow, quelques jours après avoir donné un ultime concert dans une petite localité galloise à laquelle il était très attaché (Llanwtyd Wells au Neuadd Arms Pub), la dépression l'a conduit à se suicider en juin 1999 ; il avait 58 ans.

Son acte désespéré nous prive d'un homme que tout le monde s'accordait à voir comme charmant et d'un artiste parmi les plus fous et les plus mémorables du rock des 60's.

David Edward Sutch voit le jour à six kilomètres au nord-ouest de Londres, dans un quartier populaire et multi-culturel.

Cet enfant de policier de réserve est orphelin de père dès l'âge de 10 mois ; sa mère l'élève seul dans la précarité une quinzaine d'années et lui assure une scolarité normale jusqu'en 1956, date à laquelle David quitte l'école pour prendre un premier emploi de laveur de carreaux.

A une époque où le rock and roll inonde le Royaume-Uni, la jeunesse déshéritée du moment n'a parfois que la musique pour s'offrir un avenir décent.

Joe Meek pour mentor.

David utilise ce biais pour s'en sortir personnellement, aussi le retrouve-t-on rapidement comme chanteur dans un café du 59 Old Compton Street (Soho), le 2i's Coffee Bar, lequel a joué un rôle crucial dans le développement de la musique skiffle et rock and roll, à la fin des 50's en Angleterre.

Il y fait ses débuts en 1958 et s'y produira trois années, faisant évoluer son style vers le rock, le music hall et l'horreur. Le chanteur noir américain de R&B, Screaming Jay Hawkins, l'inspire pour choisir son nom d'artiste : Screaming Lord Sutch.

En 1961, le producteur indépendant et sorcier du son, Joe Meek, remarque cette attraction atypique aux prestations très visuelles, avec qui il partage sa vision de l’ésotérisme et son penchant pour les films phobiques.

Il lui fait enregistrer quelques singles, sans grand succès car noyés dans la masse des productions beat du moment, bien que réunissant autour du chanteur un parterre de musiciens expérimentés, The Savages (Carlo Little, Bernie Watson, Ricky Brown, Ken Payne, Andy Wren, Roger Mingay, Dave Wendells, Arvid Andersen, Jim Evans, John Lawson, Norman Barrett).

Parmi ceux-ci, certains vont, dans le futur et dans des moutures dérivées, faire parler d'eux, comme Nicky Hopkins, Keith Moon, Robert Bonham, Ritchie Blackmore, Jimmie Page, Jeff Beck, Matthew Fisher, Noël Redding, Mitch Mitchell...

Screaming lord sutch blackmore blabbermouth net

« J'étais jeune quand j'ai entendu parler de lui. Je n'avais répété qu'avec lui et je ne savais jamais ce qu'il avait en tête. Nous avons commencé à jouer Jack the Ripper et Sutch est entré en scène dans un cercueil. J'ai alors pensé que ce type était fou et moi, je joue dans son groupe ! Ça ne me faisait pas rire. Ce groupe m'a rendu dingue (Ritchie Blackmore)

Du psychobilly à Radio Sutch et Blackmore...

Cette production discographique, effective jusqu'au milieu des 60's, développe principalement un thème très prégnant, celui de l'horreur et Jack The Ripper en est l'élément le plus connu des supporters de rock garage.

On parle alors de psychobilly, un genre musical marginal mélangeant garage rock et rockabilly, sous l'influence du punk rock puis du heavy metal. Le terme de psychobilly est inspiré par le film Psychose d'Alfred Hitcock.

Peu de temps après le lancement de Radio Caroline (29 mars 1964) et celui de Radio Atlanta, Lord Sutch et Reginald Calvert, son manager, décident d'installer une radio-pirate concurrente dans l'une des vieilles tours du Shivering Sand Army Fort, un fort de la seconde guerre mondiale situé dans l'estuaire de la Tamise.

La station, nommée Radio Sutch, émet pour la première fois le 27 mai 1964 ; elle privilégie essentiellement le rock and roll, le R&B, la country & western et promeut principalement les protégés de Calvert, dont Screaming Lord Sutch.

Les audiences n'étant pas à la hauteur des espoirs, l'artiste se lasse rapidement des diffusions, rendues sporadiques pour préserver les batteries, et refile le bébé à son associé.

Il préfère ne plus s'impliquer et répondre favorablement à une tournée australienne et néo-zélandaise, tandis que Reginald Calvert, quelques mois plus tard, est abattu par un concurrent (21 juin 1966), alors que Radio Sutch a été, entre temps, renommée Radio City.

Ritchie Blackmore, qui, entre octobre 1962 et mai 1967, a fait plusieurs passages au sein de Screaming Lord Sutch. Au début de 1965, il est revenu pour trois mois.

A cette période, Sutch recrute les membres des Crusaders qui enregistrent le 6ème single du catalogue Honey Hush/The Train Kept A-Rollin (mai 65) ; le Marquee Club sert de cadre à sa promotion.

Le groupe est jugé trop conséquent pour le guitariste qui le quitte une avant dernière fois, avant de faire un ultime retour sur des tournées suédoise et allemande (fin 1966) et de s'en aller créer Roundabout, précurseur de Deep Purple.

Le pire LP de tous les temps.

Après une tournée américaine (1968), il est accaparé un peu plus par la politique, sans jamais complètement délaisser la musique. 5 ans après sa disparition, son premier LP, Lord Sutch And Heavy Friends (1970) est désigné, par un vote auprès de la BBC, comme le pire album de tous les temps (1998).

Jimmy Page, John Bonham, Noël Redding, Nicky Hopkins, Jeff Beck et Carlo Little figurent pourtant au générique de ce disque. Il semble cependant acquis que ce fieffé renard savait choisir ses invités pour masquer des carences criardes pour le chant. N'ayons pas peu des mots, il chantait, en effet, comme une casserole (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Screaming lord sutch le pire lp

 

SCREAMING LORD SUTCH

LORD SUTCH & HEAVY FRIENDS – 1970  2/5

 

Publié le 25 mai 1970.

Produit par Jimmy Page,Lord Sutch.

Durée:35:15.

Label:Cotillion.

Genre:hard rock,garage rock,rock psychédélique,heavy psych.

 

Oubliable.

 

Lord Sutch & Heavy Friends est une curiosité en soi, au simple motif d'avoir été considéré par un sondage de la BBC auprès de ses auditeurs, comme le pire album de tous les temps (1998), triste statut corroboré depuis par la liste du Top 1000 de Colin Larkin (2000).

Au regard du beau linge qui s'est impliqué dans ce disque, il y a lieu de se poser des questions sur ces jugements pour le moins surprenants. On se pince pour y croire : Jimmy Page, John Bonham, Jeff Beck, Noël Redding, Nicky Hopkins figurent à son générique.

Autrement dit, la moitié de Led Zep, le 5ème meilleur guitariste de tous les temps, le bassiste mythique du Jimi Hendrix Experience et le claviériste de studio que tous les artistes anglais et ricains s'arrachent pour venir faire de la session sur leurs albums. Rien que ça !

De surcroît, l'album est produit par Page qui, seul ou en collaboration, signe pas moins de la moitié de ses titres (6/12).Alors pourquoi ?

Lord Sutch savait attirer les meilleurs avec quelques biftons. Il payait bien et être entouré de gens qui savaient faire le la musique, masquait ses carences criardes.

Ritchie Blackmore, passé par les précédents Savages, est un des premiers à soulever le couvercle de son association avec Lord Sutch et à dévoiler la stratégie de ce dernier, nul à chier côté chanteur mais à la théâtralité scénique remarquée, consistant à se pavaner en frontman avec le gratin du rock british dans son dos ou à ses côtés.

Ritchie a été littéralement étouffé par ce personnage habile (il finira en politique) et semble chercher à taire aujourd'hui les heures passées auprès de lui.

Il est fort possible que les musiciens de Heavy Friends aient succombé à la même manœuvre et se soient retrouvé un peu pris à leur propre pièce ici, dans un contexte où la matière qui l'alimente est faite avec la bite et le couteau et dénuée de toute personnalité.

Rien de vraiment caractéristique ne se dégage du lot dont la tendance générale est qu'il est répétitif et sans étincelle. La redondance, passe encore, mais quand le chant est massacré par Lord Sutch, ça devient un peu brise-noix de prolonger l'écoute. En gros, un peu de Sutch, ça va, un peu beaucoup, c'est trop.

Les prestigieux invités, conscients de la situation dans laquelle il se sont fourré, semblent coincés aux entournures et jouent avec le frein à main. Ils jouent juste et fort, mais a minima, sans trop se mouiller.

Ils ne cherchent pas à briller. Soyons honnêtes, à quoi cela servirait-il de le faire sur un projet voué à l'échec par les seules insuffisances de son initiateur et mécène ?

Le disque est oubliable, point barre. Oubliable, dispensable ou pire album de tous les temps, on se rejoint généralement tous sur le constat (RAZOR©2021).

 

1. Wailing Sounds.

2. Cause I Love You.

3. Flashing Lights.

4. Gutty Guitar.

5. Would You Believe.

6. Smoke and Fire.

7. Thumping Beat.

8. Union Jack Car.

9. One for You, Baby.

10. L-O-N-D-O-N.

11. Brightest Light.

12. Baby, Come Back.

 

Screaming Lord Sutch:chant.

Jimmy Page:guitare acoustique et électrique sur 1/3/5/7/8/11,chœurs,producteur.

Jeff Beck:guitare acoustique et électrique sur 4/5/11.

John Bonham:batterie sur 1/3/7/8/11/12,percussion,chœurs.

Nicky Hopkins:piano,claviers sur 4/5/11.

Kent Henry:guitare sur 5/6/9/11.

Noël Redding:basse sur 7/9/11.

Rick Brown:basse sur 4/5.

Deniel Edwards:lead guitare,basse sur 1/3/5/6/8/11/19.

Martin Kohl:basse sur 5/6/9/11.

Carlo Little:batterie sur 4/6.

Bob Metke:batterie sur 6/9/10.

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