The Flamin' Groovies.

BIOGRAPHIE.

 

THE FLAMIN’ GROOVIES/San Francisco (Californie)

 

Flamin groovies

 

Actif entre 1965 et 1992,retour en 2013.

Label:Epic Records,Sire Records,Kama Sutra Records

Genre:Pub rock,rockabilly,power pop,protopunk,blues rock,rock,rock garage.

Les précurseurs du punk.

La scène de San Francisco étant une de celles pour laquelle j’ai le plus de sympathie, restons-y. Restons-y pour tirer le portrait à un groupe anachronique qui symbolise peut-être le mieux les réfractaires à l’acid rock ambiant : les Flamin’ Groovies, plus garage que la majeure partie des formations alors en vogue sur la baie au milieu des 60’s.

Frisco - 1965, c’est à partir de là que tout prend forme pour ces gamins rock ‘n’ roll influencés par la pop anglaise charriée par la british invasion, qui évoluent alors sous la bannière des Chosen Few, puis qui battent pavillon Lost And Found. Ces ados pubères ont pour nom Roy Loney, son chanteur, Cyril Jordan, guitariste-chanteur, Ron Greco, puis Danny Mihm  aux fûts, Tim Lynch à la rythmique et George Alexander, bassiste. Leur inspiration du moment : les Stones.

Flamin 1

Flamin 3

Flamin 2

A contre courant des modes.

Alors que l’heure est au psychédélisme, les Flamin’ Groovies pratiquent une musique si décalée pour laquelle toute la place californienne du moment se bouche le nez, et s’en détourne carrément.

Dès lors, il devient terriblement compliqué pour ces teenagers ambitieux de dégoter un contrat auprès d’une maison de disques.

Motivés comme pas deux et puisque le milieu ne veut pas d’eux, ils vont enregistrer par leurs propres moyens un disque et pour ce, créer leur label : Snazz Recordings.

Pas un single, pas un LP, pas un EP (Extended Play), mais un mini LP format requis pour les 5 à 7 titres. Et justement, le groupe a sept chansons dans la besace…

Ce format vinylique, c’est Sneakers, tiré à moins de 2000 copies en 1968. S’il n’est pas le disque du ciel, il n’en montre pas moins un groupe bourré d’énergie et monté sur ressorts. Même s’il est encore brouillon du fait de sa jeunesse, ses performances scéniques survitaminées suscitent les premiers commentaires élogieux, au point que, quand une formation star passe dans le coin, il est fait appel aux Flamin’ Groovies pour chauffer le public.

Sneakers a le mérite de les révéler à un public plus élargi et qui lui a visiblement pardonné son côté suranné.

Dans la cour des grands.

En 1968, les mouches changent d’âne comme on dit. Epic s’accapare les sanfranciscains qui prennent le chemin du studio pour leur premier vrai LP : Supersnazz. On aurait pu aussi bien l’appeler Désiré tant il se fait attendre. Il est publié en 1969, soit quasiment un an après les premières sessions. Epic se les bouffe de rage et doit cracher au bassinet pour produire le disque, flirtant même avec les difficultés financières tant l’album est un flop commercial. Néanmoins, il est l’album par lequel Flamin’ Groovies entre dans la cour des grands.

Vu sous l’angle du tiroir-caisse, Epic, Flamin’ Groovies ne fait pas recette. Le label s’en sépare, Kama Sutra Records les prend sous sa coupe et les pousse en studio pour ce qui est le troisième album, le deuxième si l’on tient compte du fait que le format de Sneakers ne permet pas de le considérer tout à fait comme un LP.

Ce disque s’appelle Flamingo, sorti au milieu de l’année 70, plus dur, plus lourd, plus garage que jamais. C’est un peu comme si la bande à Cyril Jordan, l’homme derrière cette nouvelle impulsion et ce rythme effréné, s’était shooté à une substance amphétaminée circulant à Detroit. Haletant ! C’est le moins que l’on puisse dire.

Teenage Head, le plus abouti.

Ce concentré de rock des fifties, ou influencé par ses idoles en tout cas, précède l’album que, personnellement, je juge comme leur plus abouti et le plus dans l’air du temps pour des sujets qui en semblent sortis depuis leurs débuts : Teenage Head (1971), et son frénétique mix de rock garage, de blues, de proto hard-rock, brut de décoffrage, sans fioritures, varié et plus mûr que tout ce que Flamin’ Groovies a jusqu’alors réalisé.

Derrière ce très grand disque de rock pour lequel le magazine Rolling Stone s’est littéralement enflammé et que les Stones ont considéré comme aussi bon que leur Sticky Fingers, il leur faut rebondir d’autant que la musique atypique des californiens ne se vend pas.

Cyril jordan flamin groovies

« Quelqu’un m’a questionné un jour sur notre côté caméléon. Originaires de Haight-Ashbury dans les années 60, attaché à la scène punk en Angleterre dans les 70’s, c’est vrai que c’est une énigme pour beaucoup. Même pour nous qui avons toujours été à contre courant des modes en jouant un rock tout à fait classique. Nous avons survécu et c’est une surprise pour moi de savoir que nous sommes plus vus comme le précurseur du punk que comme un groupe de has-been. » (Cyril Jordan)

 

L’Europe pour rebondit.

Cet échec commercial plombe les relations en interne et, à l’heure des choix de carrière, au moment où la décision est prise de migrer vers l’Europe pour continuer à exister, Roy Loney tourne le dos au groupe qui perd aussi Tim Linch pour des motifs d’obligations militaires à honorer. James Ferrel et Mike Wilhem intègrent l’unité appelée à assurer un avenir aux Flamin’ Groovies.

En incorporant le guitariste virtuose Dave Edmunds, un gallois, et Phil Spector qui met son Rockfield Studio à leur disposition, et en signant avec United Artists, ils pensent avoir vaincu le signe indien. Quelques singles et démos sont réalisés. Hélas, sans le succès espéré. Néanmoins, ils continuent à tourner sur le Vieux Continent pour assurer le quotidien.

Le Perfecto mis au clou.

C’est lors d’un passage sur le sol français que se scelle la suite. Grâce à Marc Zermati, producteur gaulois et véritable fan, les Flamin’ Groovies signent pour Skydog, label indépendant parisien. Un mini LP en émerge, Grease, qui, avec le lot enregistré en Angleterre, alimente Slow Death, l’album qui bouche le trou de cinq ans entre Teenage Head (1971) et le prochain travail en studio Shake Some Action (1976). Encore une fois, c’est la puissance qui prédomine dans ce lot un peu marginal pour le commun des mortels, mais pas pour la vague punk qui s’échoue sur le monde du rock.

En 1976, Shake Some Action sort qui compte parmi les LP d’excellente facture de Flamin’ Groovies. Les Perfecto sont mis au patère ; les acteurs le troquent au profit du costard smart et prennent le contrepied du punk. Après être rentrés dans le rang, les voilà qui réapparaissent sages comme des images. Le son s’est adouci, le registre musical devient plus power pop. Etrange… et pourtant ça gagne.

Faute de grives…

Now (1978) baisse d’un ton par rapport à son prédécesseur qui a placé la barre un peu haute. Dans la continuité artistique de Shake Some Action, il n’en est pas moins un disque à considérer avec beaucoup d’intérêt malgré son lot conséquent de reprises. Faute de grives on mange des merles. L’écriture est en berne, il faut vivre, alors la reprise est la seule issue pour durer encore un peu.

Mais bon, ne soyons pas dupes, cette disette en originaux n’annonce rien de réjouissant, même si la qualité de l’interprétation ne peut pas être mise en cause et que le plaisir s’invite encore au catalogue de ce groupe.

Jumpin’ In The Night (1979) ne déroge pas à la règle de couvrir le répertoire d’autres. Ici c’est chez les Byrds, David Crosby, Lennon et MacCartney ou  Dylan que Cyril Jordan fait son marché. Malheureusement, c’est la fois de trop. La pilule ne passe pas, les tensions divisent le groupe. Bref, à l’amorce des 80’s, l’ambiance est morose et ça sent le sapin. L’affaire est stoppée en 1981.

Toujours debout.

Avec pour seuls membres d’origine encore présents, Cyril Jordan et Dave Alexander, Flamin’ Groovies poursuit sa route, parvenant, tant bien que mal, à prolonger son existence jusqu’au début des 90’s (1992), mais sans véritable fil conducteur. Le groupe s’éteint alors dans l’indifférence la plus injuste, ayant marqué le rock de son empreinte, quoi que toujours en avance ou en retard d’une guerre.

En 2013, Cyril Jordan, George Alexander et Chris Wilson se reforment sous forme d’un trio complété par Victor Penalosa à la batterie. Les parrains du punk reprennent le chemin des studios et continuent à se produire sur tous les continents et en France notamment, où ils jouissent d’une belle popularité. Marc Zermati peut s’approprier une part de cette longévité (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio (Mini LP) - 1968

 

Flamin groovies sneakers

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

SNEAKERS – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par The Flamin’ Groovies.

Durée:17:23.

Label:Snazz.

Genre:rock,rock garage.

 

Pour le moins anachronique.

 

Même s’il est le plus atypiques des groupes que l’Area Bay ait connu, le Flamin’ Groovies appartient bien à la scène de San Francisco. Même en ayant toujours été à contre courant des modes musicales de l’endroit, il en est un indissociable maillon.

C’est en ces lieux qu’il fait ses premiers en 1965, alors qu’il évolue sous le Chosen few. Fondé par Cyril Jordan (guitare et chant) et Roy A. Loney (chant), Flamin’ Groovies est un groupe qui a toujours été en avance ou en retard d’une guerre, mais rarement là où il est attendu. C’est la raison vraisemblable pour laquelle il a vite été oublié et pourtant…

Révélé pour sa  prédilection pour les Stones, le groupe, de par l’arrivée de Tim Lynch (guitare), de George Alexander (basse) et de Danny Mihm (batterie) installe un style fougueux et amusant, qui lui est propre et qui n’a, sur la scène de Frisco, rien en commun avec les hippies, quoi que…

Car, sur le premier album qu’il sort en 1968, l’autoproduit Sneakers, un mini LP 25 centimètres en fait, le titre The Slide est musicalement très imprégné du son West Coast.

Plus proches de la musique de Lovin’ Spoonful et du Jug Band (musique qui consistait à utiliser des instruments traditionnels et des instruments « maison » comme la planche à laver, la cruche, la cuillère, le papier de soie, la guimbarde…), le Flamin’ Groovies, avec sa musique à courant des modes, peine à trouver un contrat. C’est donc sur ses deniers personnels qu’il fait presser 2000 copies de ce Sneakers, seul moyen pour lui de se révéler au grand public.

Précurseur du punk rock, Flamin’ Groovies est très respecté de la critique rock de l’époque. Il est vrai que Sneakers est plutôt intéressant avec ses 7 titres assez anachroniques. Façon Jug Band comme sur Love Time et Baby In The Sky, voire My Yada. Les temps forts s’articulent autour de The Slide et de I’m Drowning, sans ignorer un Golden Clouds au solo de guitare brillant. Si vous n’arrivez pas à vous le procurer, sachez qu’il est repris dans Supersneakers de 1996. A découvrir (RAZOR©).

 

1. The Slide.

2. I'm Drowning.

3. Babes In The Sky.

4. Love Time.

5. My Yada.

6. Golden Clouds.

7. Prelude In A Flat To Afternoon Of A Pud.


George Alexander:basse,chant.

Cyril Jordan,Tim Lynch:guitare,chant.

Danny Mihm:batterie.

Roy Loney:percussions,guitare,chant principal.

LP Studio 1 - 1969

 

Flamin groovies supersnazz

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

SUPERSNAZZ – 1969  4/5

 

Publié en septembre 1969.

Produit par Steve R. Goldman.

Durée:35:17.

Label:Epic.

Genre:garage rock,rock,rockabilly.

 

Un éléphant dans un magasin de porcelaines.

 

C’est avec Supersnazz, enregistré à L.A. et sorti en 1969, que Flamin’ Groovies touche à la gloire une première fois. Le groupe, en mal de maison de disque, jusqu’alors, pour avoir fait le choix d’une musique marginale et anachronique (Jug Band Music), signe chez Epic, une division de CBS. Leur Good Time Music trouve donc preneur.

Ils ont les cheveux longs, ils aiment, et les Beatles, et les Byrds et surtout les Stones, voire les Who, ils sont donc les bienvenus chez Epic. Un an leur est nécessaire pour accoucher des 11 titres de Supersnazz, deuxième LP, quoi que Sneakers qui précède n’est pas vraiment un LP.

Un an, c’est long, mais quand le résultat est là, qui va s’en plaindre ? Mais c’est cher, au niveau de la production notamment, Epic étant près de boire le bouillon dans la foulée, car, en dépit de sa qualité, Supersnazz ne se vend pas.

Diamétralement à l’opposé, la critique l’encense. Ce disque a toutefois l’avantage de montrer de quel bois se chauffe la bande à Loney qui voyait en cet album un St Peppers bis. Pas froid aux yeux le gamin.

Il faut chercher les raisons du désintérêt du public pour les Groovies, dans leurs choix artistiques toujours en dehors des modes.  Leur musique est difficilement accrocheuse, comme l’a révélé Sneakers. Ce principe de déstabiliser le public se retrouve aussi dans le contenu Supersnazz, qui exploite au maximum le filon de la mine rock des années 50 (et propose aussi quelques originaux).

Pour un groupe dont aucun musicien ne sort du panier, mais dont chaque membre est animé d’un véritable esprit collectif, imprégné du bon vieux rock n’ roll de papa, le résultat de ce Supersnazz (à la pochette signée Bob Zoell, très cartoon) est très sympa.

Il démarre sur les chapeaux de roue avec un Love Have Mercy, façon Creedence plus fougueux, qui donne le tempo à l’ensemble (et quel tempo !) pour se terminer magistralement avec Around The Corner. Entre les deux, une déferlante de titres qui, pris individuellement, ne signifient rien ou pas grand chose, mais qui, regroupés dans Supersnazz, donnent au projet un cachet inouï, à une époque où le rock des Cochran, Bobby Troup était mort et enterré.

Flamin’ Groovies, c’est l’éléphant qui débarque dans le magasin de porcelaines. Pour prendre un énorme panard, il faut en passer par Bam Balam, Somethin’ Else, Rocking Pneumonia And Boogie Woogie, The Girl Can’t Help It, repris à Little Richard, Laurie Did It.

Merveilleux, jeune, frais, enthousiaste, drôle et sans prise de tête, sincère, diversifié, imprévisible, rock n’ roll… Ces kids ont mis un cœur gros comme ça pour rendre cet hommage à leurs idoles et ça ne chipote pas du début à la fin. Préparez la ventoline pour ceux qui souffrent de problèmes cardiaques (RAZOR©).

 

1. Love Have Mercy.

2. The Girl Can't Help It.

3. Laurie Did It.

4. A Part From That.

5. Rocking Pneumonia And Boogie Woogie Flu.

6. The First One's Free.

7. Pagan Rachel.

8. Somethin' Else.

9. Brushfire.

10. Bam Balam.

11. Around The Corner.

 

Roy A. Loney:chant,guitare rythmique,guitare acoustique.

Cyril Jordan:lead guitare,choeurs,guitare acoustique.

Tim Lynch:lead guitare,choeurs,harmonica.

George Alexander:basse,choeurs,harmonica.

Danny Mihm:batterie,percussions.

Tom Scott:clarinette.

Curtis Amy:saxophone.

Mike Lang:claviers.

LP Studio 2 - 1970

 

Flamin groovies flamingo

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

FLAMINGO – 1970  5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Richard Robinson.

Durée:38:02.

Label:Kama Sutra.

Genre:rock,garage rock.

 

Dans le sillage de MC5.

 

Après les peu vendeurs Sneakers pour débuter et Supersnazz pour confirmer les promesses, arrive Flamingo (en écoute intégrale ici), le troisième opus de Flamin’ Groovies (1970).

Remercié par Epic, le groupe change alors de maison de disque. Cyril Jordan, le guitariste, marri de l’insuccès de Supersnazz, en profite pour reprendre les choses en main, en amenant le groupe à plus de dureté.

Ces partisans d’un rock lourd et violent joué ventre à terre, ces inconditionnels du rock fifties, positionnement paradoxal et décalé, compte tenu de leur naissance dans le berceau de San Francisco, ont bien les cheveux longs et les dégaines des jeunes des seventies, mais eux, ont troqué la chemise à fleurs et le LSD contre le blouson en cuir et le couteau.

Ils sont complètement différents de leurs contemporains de la baie et croient fermement en ce qu’ils font : le rockabilly. C’est déjà ça. Influencés par le MC5 dont ils vénèrent le déluge sonique (et par Detroit, terre des Stooges, MC5 notamment), les Flamin’ Groovies sortent un Flamingo boosté comme pas deux. Bingo !

L’album, petite merveille (avec quelques très petites imperfections cependant), fait parler de lui dès sa sortie en raison de sa vigueur, de son rythme frénétique, de ses beaux solos de guitare, de la basse hyper active, mais aussi et surtout pour la manière qu’il a d’être proche de ce que font les Stones.

Ma sélection va vers le titre qui met le feu d’entrée de jeu, le rockabilly Gonna Rock Tonight, le bluesy Comin’ After Me, vers le foldingue et énergique Keep A Knockin (Little Richard), pur rock décalé, le costaud Second Cousin, Sweet Roll Me On Down, Childhood’s End, le psyché She’s Falling Apart, le long Road House, le R n’ B Headin For The Texas Border, Jailbait. Il faut en être, tant c’est surprenant pour l’époque, avec un son résolument moderne. Epatant ! Les punks et les métallos doivent poser leur cul ici dans cet univers très rock ‘n’ roll underground. Ca envoie du lourd et pas qu’un peu. Attention ce disque est un killer, chochottes s’abstenir (RAZOR©)

 

1. Gonna Rock Tonight.

2. Comin' After Me.

3. Headin' for the Texas Border.

4. Sweet Roll Me on Down.

5. Keep a Knockin'.

6. Second Cousin.

7. Childhood's End.

8. Jailbait.

9. She's Falling Apart.

10. Road House.

 

Tim Lynch:choeurs,guitare électrique,cello,percussions.

Roy Loney:chant,guitare,percussions.

Cyril Jordan:guitare électrique,slide guitare,percussions,choeurs.

Danny Mihm:piano,orgue,batterie,percussions.

George Alexander:basse,percussions.

LP Studio 3 - 1971

 

Flamin groovies teenage

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

TEENAGE HEAD – 1971  5/5

 

Publié en avril 1971.

Produit par Richard Robinson.

Durée:30:45.

Label:Kama Sutra.

Genre:garage rock,rock.

 

Une grande demie heure de rock.

 

Teenage Head (en écoute intégrale ici) a été considéré, à sa sortie en 1971, comme le plus grand jamais sorti sur la scène de San Francisco. On doit la paternité de cette déclaration au magazine Rolling Stone. Jagger et Richards en personne reconnaissent à Teenage Head des qualités que leur Sticky Fingers, publié un mois avant, n’aurait pas. Rien que ça.

Paru un an et demi après Flamingo, et enregistré cette fois-ci à New York, il est le numéro 3 de la discographie de ce groupe complètement atypique, décalé et anachronique. Numéro 3 car on ne peut tenir pour LP Sneakers qui ouvre le catalogue.

Pour une fois, cet album s’éloigne de sa période jug band et ne rend pas hommage aux idoles du rock des fifties (ou très peu) ni ne subit leurs influences. Là, il est peut-être l’unique disque parmi  tout ce qu’a produit Flamin’ Groovies, à être vraiment de son époque. C’est son album, celui qui montre sa vraie personnalité, un style propre qu’on ne lui connaissait pas. En ce sens, Roy A. Loney s’investit plus dans l’écriture, plus personnelle ; les reprises se réduisent à peau de chagrin.

Les 9 titres accaparent une trentaine de minutes pendant lesquelles le groupe livre une musique qui mêle du rock garage, du blues, du proto hard-rock, du R & B, de la country. C’est joué sans fioritures, c’est brut, mature, varié. Tous les morceaux captent l’intérêt, s’enchaînant dans un grand enthousiasme.

Il en va ainsi du puissant High Flyin’ Baby (une reprise de Randy Newman), accrocheur et qui résume bien cet album vivifiant, de la délicieuse, lente et paresseuse ballade country bluesy City Lights, du rock tonique qu’est Have You Seen My Baby, du phénoménal classique et faussement nonchalant Yesterday’s Numbers (qui introduit façon Pete Townsend), du subliminal et menaçant (incitation à la rébellion ado) Teenage Head, au riff lancinant qui, à lui seul mérite que l’on casse sa tirelire pour en faire l’acquisition, du blues repris de Robert Johnson, 32-20, de l’Evil Hearted Ada, rockabilly parodique (composé par un Loney au chant hoquetant pour un meilleur rendu), du sympathique Doctor Boogie (un bon petit rock qui ne mange pas de pain) et de l’époustouflant country rock Whiskey Woman qui, démarré sur un tempo moyen, finit frénétiquement et d’une manière débridée. Grandiose !

Teenage Head, produit avec bonheur par Richard Robinson, est un très grand disque de rock. Ces mecs font la musique qu’ils aiment faire et c’est passionné et passionnant. Sans se prendre pour des stars qu’ils ne sont pas (et que, hélas, ils n’ont jamais été, ayant raté tous les trains), sans trop en faire, mais en le faisant ensemble, solidairement, conscients de leurs aptitudes mais aussi de leurs limites, les Flamin’ Groovies donnent une belle leçon de rock simple, aérien, sans chichis, brut de décoffrage et surtout enjoué. Evidemment, on ne manquera pas cette affaire exceptionnelle qui fait office d’étalon de ce que peut être leur talent quand les Flamin’ Groovies ne jouent ni dans la cour de Lovin’ Spoonful, ni dans celle des Byrds (RAZOR©).

 

1. High Flyin' Baby.

2. City Lights.

3. Have You Seen My Baby?

4. Yesterday's Numbers.

5. Teenage Head.

6. 32-20.

7. Evil Hearted Ada.

8. Doctor Boogie.

9. Whiskey Woman.

 

Roy Loney:chant.

Cyril Jordan:guitare,chant.

Danny Mihm:batterie.

George Alexander:basse.

Tim Lynch:guitare.

Jim Dickinson:piano.

LP Studio 4 - 1976

 

Flamin groovies shake some action

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

SHAKE SOME ACTION – 1976  5/5

 

Publié en 1976

Produit par Dave Edmungs,Greg Shaw.

Durée:35:58.

Label:AIM Records.

Genre:rock.

 

Encore et toujours à contre courant.

 

Les gueules de premiers de la classe portant beau, sapés costard cravate, qui figurent sur la couverture de Shake Some Action (en écoute intégrale ici), sont bel et bien nos fameux Flamin’, les mêmes qui s’exhibaient en perfecto quand on les a quittés en 1971 sur le mythique Teenage Head. On les avait quelque peu perdus de vue depuis qu’ils furent lâchés dans la nature européenne en 1971, juste après ce disque culte. Le vide qui traduit ce silence est depuis comblé par l’album Slow Death, compilation des premières heures de l’après Loney. Il est assez intéressant.

Rentrés dans le rang pendant plusieurs années et séparés du label Buddah, ils reviennent aux affaires pour un cinquième album en 1976, un album surprenant, qui prend le contre-pied du mouvement punk alors en place. Loney n’est donc plus là, Tim Lynch non plus ; Cyril Jordan reprend le flambeau. Chris Wilson et James Ferrell rentrent. Ce n’est plus le même groupe. Le rockabilly n’est plus de rigueur, pas plus que la lourdeur qui caractérisait jusqu’alors les Flamin’ Groovies. On entre dans la période Byrds, volonté affichée de Jordan de se positionner sur ce créneau.

Derrière ce revirement, il y a un homme : Dave Edmunds, le gourou qui les fait enregistrer au Pays de Galles, dans l’antre de Phil Spector, le Rockfield Studios.

Fini le rock’ n’ roll, le son s’adoucit et le groupe s’engage dans une voie qui préfigure le power pop et dans laquelle de nombreux groupes pop s’engouffreront.

Cette première salve surprend agréablement ; elle est fraiche, vive et différente. Sa chanson titre est une œuvre incroyable, explosive, mélodiquement simple et particulièrement efficace. Let The Boys Rock n’ Roll (reprise de John Sebastian), Please Please Girl, You Don’t Lie To Me, You Tore Me Down, I’ll Cry Alone, I Can’t Hide, Yes It’s True achèvent bien le travail.

Bien accueilli en Angleterre, Shake Some Action leur a permis d’être enfin reconnus par leurs pairs américains. Hélas, trop tard, car cet album sera aussi leur chant du cygne. Ce Flamin’ de la deuxième génération est aussi essentiel que Teenage Head (RAZOR©).

 

1. Shake Some Action.

2. Sometimes.

3. Yes, It's True.

4. St. Louis Blues.

5. You Tore Me Down.

6. Please Please Girl.

7. Let the Boy Rock 'n' Roll.

8. Don't You Lie to Me.

9. She Said Yeah.

10. I'll Cry Alone.

11. Misery.

12. I Saw Her.

13. Teenage Confidential.

14. I Can't Hide.

 

Cyril Jordan:chant,guitare,claviers.

Chris Wilson:chant,guitare.

James Ferrell:guitare,chœurs.

George Alexander:basse,chœurs.

Danny Mihm,David Wright:batterie.

LP Studio 5 - 1978

 

Flamin groovies now

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

NOW – 1978  3,5/5

 

Publié en 1978.

Produit par Dave Edmunds.

Durée:41:32.

Label:Sire Records.

Genre:rock.

 

Les Flamin’ s’en sortent bien.

 

L'album Now (en écoute intégrale ici) n’apporte pas d’eau au moulin des fans de Flamin’ Groovies. Manquant parfois d’homogénéité  par rapport au 5 étoiles précédent (Shake Some Action de 1976), il propose un son différent et des titres puisés chez les Byrds, les Beatles, les Stones, Cliff Richards, Paul Revere & The Raiders, Chuck Berry, Buddy Holly. Une vieille habitude refait surface, il est vrai que Loney n’a pas été remplacé à ce poste. Il y a quelques originaux cependant, comme Yeah My Baby, Good Laugh Mun et All I Wanted.

Fait pour la deuxième fois de rang (trois si l’on associe la compil’ qui fait le lien entre la période jug band et celle Byrds, à savoir Slow Death) sous la houlette de Dave Edmunds, l’album Now, à la production plus musclée, voit un certain Mike Wilhelm, guitariste des Charlatans, s’inviter à la table du groupe ; il y brille.

Dans sa première partie (de Feel A Whole Lot Better à Move It), cet album s’inscrit dans la continuité de Shake Some Action et c’est plutôt agréable. Il se perd toutefois un peu trop vite dans les reprises et c’est, à mon avis dommageable, même si on ne pourra rien reprocher à la qualité des  interprétations, jouées avec talent, détermination, passion et énergie.

Ecoutez ce Feel A Whole Lot Better de Gene Clark, c’est une petite merveille. Peu d’artistes ont placé aussi haut l’œuvre du plus productif et du plus important membre des Byrds. Satisfaction garantie, car, même moyen (plus), le Flamin’ supplante encore bien des groupes ! (RAZOR©)

 

1. Feel A Whole Lot Better.
2. Between The Lines.
3. Up's And Down's.
4. Move It.
5. Take Me Back.
6. Reminiscing.
7. Good Laugh Mun.
8. Yeah My Baby.
9. House Of Blue Lights.
10. Blue Turns To Grey.
11. Paint It, Black.
12. All I Wanted.
13. Don't Put Me On.
14. There's A Place.

 

Dave Edmunds:chant,guitare,piano.

Cyril Jordan:chant,guitare,mellotron.

Chris Wilson:chant principal,clavecin,percussions,guitare.

George Alexander:basse,chant,percussions.

Mike Wilhelm:guitare.

David Wright:batterie,percussions.

LP Studio 6 - 1979

 

Flamin groovies jumpin in the night

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

JUMPIN’ IN THE NIGHT – 1979  3/5

 

Publié en 1979.

Produit par Roger Bechirian.

Durée:36:35.

Label:Sire Records.

Genre:pop-rock,rock,power pop.

 

Parti sur la pointe des pieds.

 

Septième disque des Flamin’ Groovies, troisième et dernier pour la maison Sire, Jumpin’ In The Night (en écoute intégrale ici), publié en 1979 est constitué essentiellement de reprises.

Cet album porte l’empreinte obsessionnelle de Cyril Jordan pour les sixties et plus particulièrement pour les Byrds auxquels il pique les titres It Won’t Be Wrong (McGuinn), Fifth Dimension (encore McGuinn) et Lady Friend (Crosby).

Il puise chez Lennon et Macca (Please, Please Me), emprunte à Dylan (Absolutley Sweet Marie). En dépit du marché haut de gamme effectué par Flamin’ Groovies pour alimenter Jumpin’ In The Night, il demeure indigent. Les reprises sont moins probantes que les originaux et n’apportent rien à la valeur du disque.

C’est pourquoi ma prédilection va plutôt pour les morceaux signés conjointement par Wilson et Jordan, titres qui plus morants et agréables comme Jumpin’ In The Night, First Plane Home ou Down Down Down de Burton.

Les tensions vont bien vite saper ce groupe qui sera passé à côté de tous les bons coups. Navrant pour une formation aussi talentueuse. Jumpin’ In The Night est le plus faible LP de leur catalogue des 70’s, au niveau de la matière s’entend. Car pour le reste, l’interprétation notamment, les san franciscains restent de sacrés clients (RAZOR©).

 

1. Jumpin' in the Night.

2. Next One Crying.

3. First Plane Home.

4. In the U.S.A.

5. Down, Down, Down.

6. Yes I Am.

7. Werewolves of London.

8. It Won't Be Wrong.

9. Please Please Me.

10. Tell Me Again.

11. Absolutely Sweet Marie.

12. 5D (Fifth Dimension).

13. Lady Friend.

 

Cyril Jordan:chant,guitare,Mellotron.

Chris Wilson:chant,guitare.

George Alexander:basse,chant.

Mike Wilhelm:guitare.

David Wright:batterie.

LP Compilation 1 - 1976

 

Flamin groovies still shakin

 

THE FLAMIN’ GROOVIES

STILL SHAKIN’ – 1976  3/5

 

Publié en 1976.

Titres 8 à 15 enregistrés en live studio le 13 janvier 1971.

Durée:47:25.

Label:Buddah Records.

Genre:rock,rock garage,rock & roll.

 

Filouterie organisée.

 

Still Shakin’ est sorti l’année même (1976) où a été publié le sublime Shake Some Action, un disque de référence du catalogue des Flamin’ Groovies. Et devinez par quel hasard du calendrier, il est édité pile poil à cette époque par Buddah, l’ancien label du groupe ?

Parce que le Flamin’ Groovies revient aux affaires après 5 ans de quasi silence, s’étant volontairement exilé au Royaume-Uni pour relancer une carrière claudiquant aux Etats-Unis. C’est une occasion, certainement la dernière pour les employeurs d’hier (Kama Sutra/Buddah) de faire un peu de pognon. Ils ont Flamingo et Teenage Head dans leur escarcelle, alors ils ne vont pas se faire prier pour agiter la muleta afin d’attirer l'attention sur le fait qu’eux aussi ont contribué à populariser le groupe. Sous entendu, nous aussi on mérite une part de la galette…

Autrement dit, une fois le bébé devenu grand, on cherche à faire fructifier ce que l’on a d’eux en magasin. Je n’aime pas ces procédés de voyous à col blanc, qui consistent à profiter d’une situation favorable.

C’est pourquoi je ne vous conseillerai pas l’achat de ce disque dont l’intérêt réside uniquement dans le fait qu’il réunit des titres de Flamingo et de Teenage Head (enregistrés avant le 13 janvier 1971 et Teenage Head), même s’il réunit certaines prestations en live de studio (de 8 à 15). Pour ceux qui n’ont pas pu acquérir deux des albums phare des californiens, c’est une belle occase que d'en avoir quelques bribes ici. Mais c’est tout. Côté live, le Flamin’ apporte la preuve de sa fougue sur ce terrain et c’est bon à découvrir. Mais que je hais ces filouteries organisées (RAZOR©).

 

1. Teenage Head.

2. Evil Hearted Ada.

3. Comin' After Me.

4. Have You Seen My Baby.

5. 32-20.

6. Doctor Boogie.

7. Keep a Knockin'.

8. Shakin' All Over.

9. That'll Be the Day.

10. Louie,Louie.

11. My Girl Josephine.

12. Around and Around.

13. Rockin' Pneumonia and the Boogie Woogie Flu.

14. Rumble.

15. Going Out Theme.

 

Cyril Jordan:guitare,chant.
Roy Loney:guitare,chant.
Tim Lynch:guitare.
George Alexander:basse.
Danny Mihm:batterie.

COMPILATION 70'S.

LP Compilation 2 - 2002

 

Flamin groovies slow death

 

 THE FLAMIN’ GROOVIES

SLOW DEATH (1971/1973) – 2002  4/5

 

Publié en septembre 2002.

Produit par The Flamin’ Groovies.

Durée :38 :19.

Label :Norton.

Genre :pop-rock,rock,rock garage,power pop,rock & roll,proto-punk.

 

L’alpaga remplace le cuir.

 

Avec Slow Death, le Flamin’ Groovies en termine avec sa phase Loney. Loney, après Teenage Head et son raté commercial, en froid avec Jordan qui lui voue un culte aux Byrds et aux Beatles et dont il considère que c’est  la voie à suivre, quitte le groupe à l’automne de 1971. Appelé sous les drapeaux, Tim Lynch en fait de même.

Une seconde période débute qui veut que leur perfecto soit remplacé par le costard, et ce, sans tourner le dos à leurs racines rock 50. James Ferrell remplace Tim Lynch, Chris Wilson reprend le chant délaissé par Loney et tout ce beau monde prend l’avion pour l’Europe, histoire de tenter leur chance auprès d’un public plus disponible que celui américain, toujours fâché avec les Flamin’ Groovie.

Ils y rencontrent deux éléments déterminants : Dave Edmunds, guitariste qui partage leurs goûts musicaux et Phil Spector qui les fait signer avec United Artists. C’est à ce moment que sont enregistrés les fameux Slow Death, Married Woman, Tallahassee Lassie, Get A Shot Of Rythme And Blues. La réussite n’est pas plus au rendez-vous qu’elle ne l’a été sur le sol américain. Mystère, mystère…

C’est de la France et de Marc Zermati que viendra le salut. Slow Death est le premier disque de la deuxième période des Flamin Groovies et s’intercale dans le vide qui sépare la fin de la période Teenage Head (1971) et le futur Shake Some Action de 1976. C’est plus une compil’ qu’un LP avec son lot de démos positionnés sur le créneau temporel 1971/1973. Le groupe sonne parfaitement, la cohésion est là, la mayonnaise prend.

Les six premiers titres sont des démos auto-enregistrées dès 1971, le reste étant emprunté à Chuck Berry et aux Stones ; y figurent quelques originaux. La collection est un concentré de rock garage bien trempé, frais, qui n’a pas pris de coup de vieux lorsqu’on l’écoute aujourd’hui, la qualité sonore ayant été énormément bonifiée depuis sa sortie.

La voix de Wilson qui a suppléé Loney au poste, des guitares ultra-brillantes et brûlantes qui se croisent, une rythmique puissante… les Flamin’ explosent leur musique. Du rock puissant et sans fard.

Pour s’en convaincre, il n’est qu’à se repasser en boucle le terrible Shake Some Action, qui donnera son titre à l’album de retour en studio (1976). Jamais les FM n’auront livré une telle copie sur ce titre. Il en va de même pour le morceau qui le suit (When I Heard Your Name), autre sommet de ce disque, pièce de base de la discographie du groupe de Frisco, mais compil’, pas album studio (RAZOR©).

 

1. Sweet Little Rock And Roller.

2. Slow Death.

3. Let Me Rock.

4. Dog Meat.

5. Blues From Phyllis.

6. Jumpin’ Jack Flash.

7. Roll Over Beethoven.

8. Shake Some Action.

9. When I Heard Your Name.

10. Tallahassee Lassie.

 

George Alexander:basse.

James Ferrell,Cyril Jordan:guitare.

Danny Mihm,Terry Rae:batterie.

Chris Wilson:chant.

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