The Human Beinz.

BIOGRAPHIE.

 

HUMAN BEINZ/Youngstown (Ohio-USA)

 

Human beinz 4

 

Actif entre 1964 et 1969,depuis 2007.

Label:Capitol Records.

Genre:rock,garage rock.

 

Un point de repère du garage psychédélique.

Human Beinz est passé à la postérité pour avoir été l'interprète de Nobody But Me (1967), seul hit majeur accroché à sa discographie. 8ème place des charts US, s'il est une adaptation garage audacieuse, terriblement efficace et autrement plus mordante que le premier titre soul de leurs auteurs, les Isley Brothers (1962), l'enregistrement fait par les gars de l'Ohio se résumant à remanier et à étirer la dernière partie de l'original, n'en est pas pour autant un modèle d'écriture et d'intelligence avec des paroles serinées en boucle : une centaine de No et 46 Nobody.

Passe pour le format single de 2 minutes et des, mais quand Human Beinz prend un malin plaisir à le faire durer au delà des 7 minutes sur scène, l'affaire tourne à la cacophonie.

S'arrêter toutefois à Nobody But Me pour évoquer Humain Heinz serait très réducteur. Ce serait sutout faire injure aux deux albums qui lui sont crédités et qui sont dignes du plus grand intérêt ; l'ambitieux Nobody But Me, ainsi nommé pour capitaliser sur le succès de la chanson du même nom, et Evolutions, point de repère inévitable pour la filière garage psychédélique.

Human beinz the premiersThe Premiers en pleine invasion britannique.

Human beinz psychedelique 66La bombe Nobody But Me.

Human beinz 5Le quatuor se laisse pousser les cheveux...

Human beinz nobody but me lpUn album remarquable.

Les Premiers, mais loin d'être les derniers.

Les débuts de Human Beinz remontent à l'année 1964, date à laquelle Mel Pachuta, Gary Coates, John Dick Belley et Joe Ting Markulin, tous originaires de Youngstown et de sa région (Ohio), constituent un groupe qu'ils nomment The Premiers. Nous sommes en pleine invasion britannique et les Premiers en sont encore à jouer des morceaux des 50's.

L'arrivée des Beatles sur le sol américain suscite des vocations, change les mentalités et crée une formidable émulation entre des formations parfois improvisées à la hâte, qui, avec seulement trois accords maîtrisés, ont alors en tête des rêves de gloire et de fortune. Seule une minorité peut toucher le jackpot ou, du moins, s'en approcher. C'est la dure loi de la jungle : il n'y a pas de place pour pour le monde.

L'opportunité du Gazebo Room.

Le plus souvent il leur a faut en passer par la voie du rock garage, genre voyant entre 1964 et 1969, le foisonnement de formations amateurs qui, comme c'est souvent le cas, doivent se résoudre à répéter dans les garages familiaux, faute de disposer d'endroits adaptés à leurs ambitions. Elles sont alors des milliers dans ces circonstances.

Les Premiers passent évidemment par ce canal. Eux, ont plutôt les Stones à la bonne et répètent leurs reprises des groupes anglais et d'artistes américains du moment (The Who, Yardbirds, Them, Dylan ou Hendrix) dans une pièce inappropriée jusqu'au jour où, au début de 1966, Jim Mc Murray, propriétaire d'une piste de bowling, ouvre un club dans les sous-sols de la salle de jeux (The Gazebo Room) et leur propose de devenir le groupe-maison, à la condition que les premiers changent de nom et de look.

Human Beings, puis Human Heingz avant Human Beinz.

Bristish Invasion oblige, les membres se laissent pousser les cheveux, voire portent des perruques en attendant d'atteindre la bonne longueur capillaire ; leurs nippes sont calquées sur les mods britanniques. Les Premiers deviennent Human Beinz, identité plus dans l'air du temps.

Parti de The Human Beings, sur une idée initiale de Markulin et Belley, le nom évolue en Human Beingz, sur proposition de Pachuta de changer le s final par un z. Grâce à cette formidable opportunité et en jouant quasiment tous les soirs en hiver et neuf fois par semaine l'été, le groupe devient très vite performant et populaire dans la périphérie de Youngstown.

A la même période, Human Beingz perd temporairement Gary Coates, son batteur, au motif de remplir ses obligations militaires. Mike Tatman assure l'intérim au pied levé.

Ce dernier se révèle particulièrement bon et convaincant : dilemne pour les autres qui ne savent pas trop comment révéler à Coates qu'il ne fait plus l'affaire. Il le prend finalement très bien et contre mauvaise fortune, bon cœur, se fait à l'idée de laisser ses camarades continuer sans lui.

Le nouveau line-up s'établit désormais comme suit : Mel Pachuta tient la basse, Dick Belley prend la guitare principale et le chant, Joe Ting Markulin la guitare rythmique et Mike Tatman s'installe derrière la batterie.

Human beinz jim gustafson

« Un jour, ma sœur m'a emmené dans un bal où se produisait Human Beinz. J'ai été tellement impressionné par ce groupe que je suis allé aussitôt acheter une Fender Telecaster comme celle de leur guitariste et chanteur Dick Belley. Peu de temps après, ils ont eu leur énorme succès Nobody But Me, une chanson qui servait de support à beaucoup de pubs de l'époque. Ce groupe a décuplé mon envie de faire de la scène. » (Jim Gustafson)

Repéré par Capitol.

Mais Human Beings a décidément la chance avec lui. Après le coup de pouce de Jim Mc Murray, il a l'aubaine de bénéficier de l'aide du représentant local de Capitol Records, Tony Shannenberger, que George Rousher, un ami travaillant pour un disquaire de Youngstown, harcèle littéralement pour qu'il vienne entendre les Human Beings. Ce qu'il fait un jour de 1966 ; Quelques jours plus tard, un engagement est proposé entre le groupe et Capitol Records.

A la signature du contrat, les membres relèvent que le nom n'est pas le bon. Celui figurant sur le document officiel réfère à Human Beinz. Capitol promet de corriger l'erreur avant d'officialiser le partenariat. Dans l'euphorie de l'enregistrement de Nobody But Me, en juin 1967, la promesse est oubliée et c'est bien le nom de Human Beinz qui figure sur l'épreuve du single. Trop tard !

Malgré les contestations du groupe, Nobody But Me sort en l'état. Comme il est un succès, tout le monde met le mouchoir dessus, la nouvelle orthographe demeure permanente et Human Beinz continue sous cette identité.

Les faveurs des nippons.

Le single suivant, Turn On Your Light Love/Every Time Woman (1968), n'a pas la force de son prédécesseur et se positionne dans les strates inférieures du Billboard 100 (80). Restent les deux albums qui, s'ils n'ont pas été des ventes révolutionnaires chez l'Oncle Sam, ont très bien fonctionné au pays du Soleil Levant où le groupe (N° 1 avec Hold On Baby), qui a ouvert pour les Beach Boys et d'autres formations huppées du moment (Mitch Ryder & The Detroit Wheels, Paul Revere & The Raiders, Gary Puckett, Neil Diamond), fait une tournée en 1968.

En froid avec le label avant de partir au Japon, Human Beinz rompt le contrat à son retour (mars 1969), mais assure son engagement chez les nippons.

Nobody But Me, outre sa célèbre chanson-titre, développe un lot parfois prétentieux de rock, hard, pop, pop baroque et psyché mais il n'est jamais inintéressant, à l'image de Foxey Lady d'Hendrix, quoi qu'approximatif, de Flower Grave, séduisant, et de l'excellent Shaman.

La matière alimentant Evolutions (1968) est pour l'essentiel le fait de Lex De Azevedo, déjà producteur de l'album précédent. Celui-ci est considéré comme un très grand disque, leur meilleur en tous cas. En 1997, un troisième opus vient compléter le catalogue, Live In Japan 1968.

Aujourd'hui, Human Beinz tourne toujours grâce à Ting Markulin. Gene Szegedi, Sal Crisafi, Ed McCarthy, Rick White et Mike Cerra encadrent le seul rescapé de la formation d'origine (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Human beinz nobody but me lp

 

THE HUMAN BEINZ

NOBODY BUT ME – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Alexis DeAzevedo.

Durée:28:03

Label:Capitol Records.

Genre:rock garage,rock psychédélique.

 

Du plaisir.

 

Human Beinz (on prononce Bi-Inz), et initialement connu sous Human Beingz (le G étant tombé après que Capitol, leur futur label, ait mal orthographié leur nom), est un groupe américain de Youngstown (Ohio), fondé en 1965 par le chanteur et guitariste John « Dick » Belley, le bassiste Mel Pachuta, le batteur Gary Oates, remplacé par Mike Tatman et par le guitariste Joe « Ting » Markulin.

A l’image de beaucoup de formations du moment, Human Beinz, groupe de garage pur jus, se fait remarquer par ses reprises courtes de standards des Them, des Who, de Dylan ou des Yardbirds, sans que le succès ne les atteigne.

L’enregistrement à Cleveland du dansant Nobody But Me des soulmen d’Isley Brothers (d’Ohio comme eux) change pourtant la donne (1967 Capitol), Human Beinz sort de l’anonymat avec ce titre (terriblement idiot) qui donne le nom à son premier album éponyme (en écoute intégrale ici).

C’est bien connu : plus c’est con, meilleur c’est. Dans la chanson, en tous cas. Il est vrai que ce boogaloo à la rythmique impeccable sonne bien. Le plateau d’enregistrement, dixit l’histoire telle que révélée par Human Beinz, baignait dans une telle euphorie, excités qu’ils étaient à l’idée du succès qu’ils sentaient poindre.

L’excitation était telle qu’en final de ce titre, les techniciens ont mixé le son du pilon avec lequel Mel Pachuta était en train tambouriner sur une bouteille de coca. Pas de quoi crier au génie, mais terriblement efficace.

Ce premier disque se complète d’une reprise approximative de Foxey Lady d’Hendrix, d’un excellent The Shaman et d’un tout aussi séduisant Flower Grave.

Ambitieux, surprenant, riche, varié, de bon niveau, il mêle, parfois avec prétention, rock, hard, pop, baroque et psyché. Human Beinz y affiche une excellente maîtrise dans la première partie (de 1 à 6), c’est plus moyen dans un second temps mais j’y ai pris beaucoup de plaisir…(RAZOR©)

 

1. Nobody But Me.

2. Foxey Lady.

3. The Shaman.

4. Flower Grave.

5. Dance On Through.

6. Turn On Your Lights.

7. It's Fun To Be Clean.

8. Black is the Colour of My True Love's Hair.

9. This Lonely Town.

10. Sueno.

11. Serenade To Sarah.

 

John Dick Belley:guitare,chant.

Joe 'Ting' Markulin:guitare rythmique,choeurs.

Mel Pachuta:basse,choeurs.

Mike Tatman:batterie,percussions

LP Studio 2 - 1968

 

Human beinz evolutions

 

THE HUMAN BEINZ

EVOLUTIONS – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Alexis DeAzevzdo.

Durée:28:52.

Label:Capitol Records.

Genre:rock,rock psychédélique,garage psychédélique.

 

Hautement fréquentable.

 

Evolutions (1968) sera un échec commercial (sauf au Japon où le groupe compte de nombreux supporters) et marquera l’arrêt irrémédiable d’Human Beinz (phonétiquement Bi Inz).

Pourtant, ce disque de garage psych a de l’élégance et de l’ambition (Human Beinz se sent pousser des ailes dans son nouveau, mais hélas, éphémère statut de rock star) et tente (pas toujours avec succès) des choses originales.

Son écoute est sympa : The Face, My Animal, Cement, le folk-rock hippie, Close Your Eyes, I’ve Got To Keep On Pushing (une guitare hargneuse de Belley), Every Time Woman, le country-rock Two Of A Kind et surtout April 15th.

Tantôt Beatles, tantôt Electric Prunes ou Moby Grape, et porté essentiellement par l’écriture de son producteur Lex De Azevedo, Human Beinz nous livre ici un très bon répertoire de garage psychédélique, en faisant une incontestable référence du genre. Recommandé, d’autant plus que c’est leur dernier (RAZOR©).

 

1. The Face.

2. My Animal.

3. Every Time Woman.

4. Close Your Eyes.

5. If You Don't Mind Mrs. Applebee.

6. I've Got To Keep On Pushing.

7. Cement.

8. Two Of A Kind.

9. April 15th.

 

Richard Belley:guitare,chant.

Joe 'Ting' Markulin:guitare rythmique,choeurs.

Mel Pachuta:bass,cheorus.

Mike Tatman:batterie,percussions

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