The Shadows Of Knight.

BIOGRAPHIE.

 

SHADOWS OF KNIGHT/Chicago (Illinois)

 

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Actif de 1964 à 1975,de 1990 à aujourd’hui.

Labels:Dunwich,Radar,Team,Atco,Collectables,Sundazed,Atlantic,Rhino.

Genre musical:garage rock,blues rock.

Site:www.shadowsofknight.com

 

Shadows Of Knight, perle du vivier garage de Chicago.

Quand le groupe de l’Illinois se constitue, en 1964, sous l’identité des Shadows, il se rend bien vite compte de la confusion que le choix du nom engendre auprès du public et combien il est difficile de l’assumer. The Shadows, c’est déjà pris par des anglais qui, en Europe et depuis la fin des années 50, rayonnent sur l’Europe en accumulant les instrumentaux à succès : Apache, Kon Tiki, Wonderful Land éclipsent My Bonnie ou Love Me Do de Beatles alors débutants. Mais là n’est pas le propos, bien que les Beatles soient l’élément déclencheur de la british invasion qui, cette même année 1964, va susciter des réactions et des vocations un peu partout aux States et transformer le rock.

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Ceux qui nous intéressent au travers de cette chronique, Shadows Of Knight, sont positionnés sur la scène garage de Chicago, l’autre théâtre musical brillant de la ville avec celui blues électrique.

La place est alimentée par un lot de bons petits groupes motivés comme pas deux, formés à la dure dans les caves, les garages, les entrepôts de la troisième cité des Etats-Unis, relayée par les influentes radios locales, WLS (890) and WCFL (1000) notamment, et siège de labels discographiques notoires comme Black Patti Records, Chess, Delmark, Dunwich puis plus tard Alligator.

G.L.O.R.I.A….

Ce vivier illinoisan, outre Shadows Of Knight, a permis à des formations comme The Buckinghams (1965), The New Colony Six (1965), The American Breed (1966), The Cryan' Shames (1966), The Ides of March (1966) ou encore, c’est le plus connu, Chicago, de se révéler.

Comptant parmi les plus vivants, les plus éclectiques et les plus populaires du moment, ce brillant échiquier chicagoan qui a résisté à l’épreuve du temps, a pignon sur rue et a laissé au rock quelques titres mémorables comme Kind Of A Drag (The Buckinghams), Sugar and Spice (The Cryan’ Shames), Things I'd Like to Say (The New Colony Six).

Shadows Of Knight, avec sa version revisitée de Gloria des Them, est certainement celui qui depuis est resté ancré dans la mémoire collective. C’est la banlieue nord de Chicago qui eut le privilège de voir naître les Shadows. Trois accords, un ampli bricolé, quelques titres empruntés, une poignée de potes rageurs et déterminés, il n’en faut pas plus pour qu’un groupe lève.

Ici les potes ont pour nom Jim Sohns (chant), 16 ans, Roger Spielmann (guitare), Wayne Pursell (basse), Norm Gotsch (guitare rythmique), Warren Rogers (bassiste) et Tom Schiffour (batterie). Le line-up d’origine, celui qui a commencé dans les bals et les fêtes scolaires de la région, perd rapidement Pursell, au profit de Joe Kelley, puis Gotsch, retenu par ses obligations militaires et que Jerry McGeorge supplée. David "Hawk" Wolinski remplace ensuite Rogers en 1966.

Repéré par Dunwich Records.

Shadows Of Knight a alors ses habitudes au Cellar d’Arlington Heights, club dansant pour teen-agers de la périphérie de Chicago où le rock, plus que le blues, a élu domicile. Les talents régionaux comme The Mauds, H.P. Lovecraft, Saturday’s Children, Ted Nugent et ses Amboy Dukes, The Huns, The Ravens, The Other Half ou Little Boy Blues s’y produisent régulièrement devant un parterre de 5 à 600 ados.

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« Quand j'étais môme et qu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais star de base-ball ou chanteur de rock. Qui aurait pu croire que ça arrive un jour ? Non seulement, j’ai été toute ma vie chanteur de rock, mais je l’ai été d’un groupe vraiment très bon et c’est un honneur pour moi.

Nous avons à notre palmarès, avec The Shadows Of Knight, la 41ème chanson de tous les temps parmi les 500 qui ont marqué le rock. Pas Van Morrison, pas les Them. Nous. Notre version de Gloria est entrée au Hall Of Fame. A tout prendre, je suis fier d’avoir été dans les grands groupes de Chicago. » (Jim Sohns)  

Ce contexte favorable permet à Shadows Of Knight d’être repéré puis  signé par le label local derrière lequel se profile le trio Bill Traut, George Badonsky et Eddie Higgins, Dunwich Records (ex Amboy), fondé en 1965 dans l’optique de promouvoir la place rock garage de Chicago des 60’s.

En décembre de cette année 65, le label publie un single, Gloria, que Shadows Of Knight reprend d’un titre écrit par Van Morrison et interprété en 1964 par son groupe Them. Là où l’original des anglais atteint la 66ème place en 1966, les américains font mieux en propulsant l’adaptation au 10ème rang.

Des hits multimillionnaires.

Dans la foulée de son lancement sur les ondes régionales, 100.000 copies de cette version hautement énergique sont vendues en 10 jours. Shadows Of Knight lâche les chevaux et c’est tout bénéfice puisque les charts du printemps 1966 le consacrent. Les gars de Chicago comptent aujourd’hui parmi les plus éminents messagers de ce titre avec plus de 8 millions de copies de Gloria.

Son suivant Oh Yeah !, également millionnaire en ventes, a du mal à faire mieux, mais il fait déjà top 40, ce qui n’est pas si mal, et reste à ce jour une des plus grandes chansons du groupe. D’autres excellents singles s’inscriront à la suite de ces deux phares du catalogue : I Got My Mojo Workin’, Bad Little Woman, I’m Gonna Make You Mine qui connaissent des fortunes diverses.

2 albums séminaux.

Le premier LP tombe en avril 1966. Intitulé Gloria, pour des raisons commerciales qui s’imaginent bien, ce disque à replacer parmi les meilleurs des 60’s se compose essentiellement de reprises, mais il est stupéfiant d’entendre ce que ces jeunes blancs becs en font.

Back Door Men (fin 1966) ne ralentit en rien la progression des Golden Boys de Chicago plus garages et sauvages, mais aussi plus matures que jamais, malgré le départ de Warren Rogers, contrebalancé par l’entrée de Dave Hawk Wolinski lequel reprend les lignes de basse depuis son clavier. Sur cet album plus expérimental, au son plus saturé, on retrouve les autres singles évoqués précédemment, à savoir Bad Little Woman et I’m Gonna Make You Mine, deux top 100 et une version diabolique d’Hey Joe d’Hendrix sortie deux ans avant la sienne. Ces deux albums sont des basiques du catalogue.

Jim Sohns pour finir le travail.

Moins le troisième et pour cause. Depuis Back Door Men, le label Dunwich rencontre des difficultés à distribuer à l’échelle nationale et doit se résoudre à changer de stratégie commerciale. Ni le label, ni Shadows Of Knight n’éviteront le dépôt de bilan. De la mouture initiale, seul Jim Sohns s’entête et repart pour un tour. Un nouveau line-up (Sohns, Woody Woodruff, John Fisher et Ken Turkin) se met en place et un nouveau label, filiale de Buddah records, s’invite, très axé musique bubblegum  : Super K Records (Kasenetz-Katz) créé principalement pour les besoins d’Ohio Express et de leur tube Yummy Yummy Yummy (1968).

L’éponyme Shadows Of Knight (1969), sorte de compil’ resucée faite un peu en dépit du bon sens, est à des années-lumière de ses prédécesseurs vinyliques, quoiqu’encore intéressant à écouter par instants. Rares instants toutefois, comme cette version revisitée de Shake qui se classe néanmoins au 46ème rang des classements US.

Au milieu des années 70, le groupe rend l’âme ; il est réactivé, toujours par Jim Sohns, au début des 90’s, remis sous les projecteurs notamment par Performance Records qui réalise The Shadows Of Knight-Live Featuring (1992), et Sundazed qui lui libère un live, Raw 'n' Alive at The Cellar, 1966 (1992), et réédite, les deux premiers albums remasterisés, des incontournables du rock (1998). Ce même Jim Sohns n’est pas le dernier à promouvoir le patrimoine discographique du groupe. Il y a une semaine (mars 2015), à la tête d’une nouvelle mouture, le seul rescapé de Shadows Of Knight vient de fêter, comme il se doit, le 50ème anniversaire de cette formation culte de l’Illinois. Au vu de sa page Facebook, la nuit a dû être chaude (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

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THE SHADOWS OF KNIGHT

GLORIA – 1966  5/5

 

Publié en avril 1966.

Produit par Shadows Of Knight.

Durée:38:06.

Label:Dunwich Records.

Genre:garage rock,blues-rock.

 

Les Stones amerloques.

 

Les Shadows? Le nom était déjà pris… alors ces banlieusards de Chicago ont dû se résoudre à un Shadows Of Knight, sans pour autant que ce nom ne dise quoi que ce soit à une clientèle de non initiés.

Les aguerris au rock, et notamment ceux qui sont clients de la production de Chicago, vous diront, à l’opposé, que ce groupe fut une vraie pointure scénique  des années 60, chez les Ricains. Un groupe sous-estimé dont l’heure de gloire fut une adaptation du Gloria des Them, meilleure que son original et vendue à plus de huit millions d’exemplaires.

Mais, limiter ces soldats habitués à fréquenter le Cellar Club des environs de Chicago alors qu’ils n’avaient pas encore de poil aux pattes, à ce seul fait d’armes, serait travestir leur vraie valeur.

La British Invasion ? Ils ont vite calculé comment y parer. En faisant mieux, tout simplement. En optant pour un son plus agressif encore et une énergie décuplée. En étant le plus british des groupes amerloques.

Les générations élevées au rock garage de l’époque n’ont forcément pas oublié ces garçons qui jouaient le blues comme personne et que les publications du moment  ont  affublés du titre d’American Rolling Stones (ils ont ouvert pour eux en 1966). Le Melody Maker en a fait, de son temps, les égaux des Beatles, des Who et des Stones. Vous imaginez la comparaison et situez bien le niveau ?

Gloria (en écoute intégrale ici), leur premier LP (1966 pour Dunwich Records) retrace bien le parcours farouche, arrogant et vigoureux d’une bande emmenée par son point focal, le chanteur Jim Sohns. Cet album, essentiellement un disque de reprises, traduit bien la façon dont les Shadows Of Knight s’approprient, avec désinvolture, rage et talent, ces classiques du blues et R’N’B, et leur donnent une signature intense et personnelle : il y a là, du Willie Dixon (You Can’t Judge A Book By Looking At The Cover, Hoochie Coochie Man et I Just Want To Make Love To You), du Chuck Berry (Let It Rock), du John Lee Hooker (Boom Boom), du Ann Cole (I Got My Mojo Working, immortalisé par Muddy Waters), du Them (Gloria), du Bo Diddley (Oh Yeah, deuxième single du groupe, écoulé à 500.000 pièces).

Trois originaux sont également inclus dans cet excellent et incontournable disque de rock garage: Light Bulb Blues, Darkside, une ballade, et It Always Happens That Way.

Van Morrison pouvait-il seulement s’imaginer une seconde, qu’une bande de gamins insouciants, frondeurs et furieux allait faire exploser son G.L.O.R.I.A.sur les ondes, comme personne (même pas les Them) ne l’a fait fait avant ou après (joker en ce qui concerne Patti Smith) et devenir les vrais messagers de cet hymne?

Ils s’appelaient les Shadows Of Knight, Warren Rogers (puis David Wolinski qui le remplace à la basse), Roger Spielman, Norm Gotsch (puis Jerry McGeorge), Wayne Pursell (puis Joe Kelley), Tom Schiffour et Jim Sohns. Ce dernier avait encore du lait derrière les oreilles. 16 ans, incroyable,non ? (RAZOR©).

 

1. Gloria.

2. Light Bulb Blues.

3. I Got My Mojo Working.

4. Darkside.

5. Boom Boom.

6. Let It Rock .

7. Oh Yeah.

8. It Always Happens That Way.

9. You Can't Judge a Book by Looking at the Cover.

10. (I'm Your) Hoochie Coochie Man.

11. I Just Want to Make Love to You.

 

Jim Sohns:chant.

Warren Rogers:guitare.

Joe Kelley:basse,guitare.

Jerry McGeorge:guitare.

Tom Schiffour:batterie.

LP Studio 2 - 1966

 

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THE SHADOWS OF KNIGHT

BACK DOOR MEN – 1966  5/5

 

Publié en 1966.

Produit par Shadows Of Knight.

Durée:43:27.

Label:Dunwich Records.

Genre:garage rock.

 

Encore plus fort que Gloria.

 

Rendus célèbres par leur adaptation sauvage du Gloria des Them, qui donne son nom au superbe premier opus précédent, les Shadows Of Knight pondent un deuxième LP, Back Door Men (en écoute intégrale ici) en cette même année 1966.

Dans une veine identique, au milieu des sixties, je ne connais pas un groupe qui ait pu rivaliser avec ces talentueux, furieux et audacieux teenagers.

Si vous avez été du rock sauvage du premier album, vous serez forcément du second, au son plus saturé, aussi probant même si, plus expérimental, il s’éloigne (par légères touches) de leur légendaire blues-rock garage.

Faisant preuve d’une grande maturité pour leur âge, les Shadows Of Knight, à l’apogée de leur créativité, progressent, osent des influences orientales et marquent d’indéniables points.

Il en résulte cet album, une petite merveille, au sujet duquel aucun des titres n’est à écarter. Je ne vous en dis pas plus. A vos casques. Pssstttt !!!!! Ecoutez cette version extraordinaire d’Hey Joe, sortie deux ans avant qu’Hendrix… (RAZOR©).  

 

1. Bad Little Woman.

2. Gospel Zone.

3. The Behemoth.

4. Three for Love.

5. Hey Joe.

6. I'll Make You Sorry.

7. Peepin' and Hidin'.

8. Tomorrow's Going to Be Another Day.

9. New York Bullseye.

10. High Blood Pressure.

11. Spoonful.

12. Gospel Zone.

13. Willie Jean.

14. I'm Gonna Make You Mine.

 

David "Hawk" Wolinski:orgue,piano,claviers.

Joe Kelley:guitare,harmonica.

Jerry McGeorge:guitare,guitare rythmique.

Warren Rogers:basse,guitare.

Tom Schiffour:batterie.

Jim Sohns:maracas,marimba,tambourin,chant.

LP Studio 3 - 1969

 

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THE SHADOWS OF KNIGHT

SHADOWS OF KNIGHT – 1969  3/5

 

Publié en 1969.

Produit par Andy Resnik,Jo Levine.

Durée:34:58.

Label:Super K.

Genre:rock,rock psychédélique,garage rock.

 

Un peu foutoir.

 

Que l’on ne s’y méprenne pas, ce troisième LP (de 1969), sous  appellation Shadows Of Knight (très grand, si ce n’est meilleur, groupe de la scène garage de Chicago), n’a rien de commun avec ses prédécesseurs, les excellents Gloria et Back Door Men (tous deux de 1966).

La raison en est simple: le groupe a splitté et, de la mouture fondatrice, il ne subsiste que le chanteur Jim Sohns. Dunwich Records, la maison de disques n’est plus et l’eau a coulé sous les ponts depuis.

Sohns repart au combat, quasiment trois ans après Gloria, en réutilisant le même nom. Il réunit un nouveau line-up, signe pour Super K Records, le label éphémère et au succès contesté du tandem Kasenetz/Katz, filiale de Buddah Records, spécialisée dans la pop bubblegum.

Il enregistre, dans la continuité, un LP, Shadows Of Knight, dont la caractéristique première est d’être à des années lumières de l’univers musical  passé et de ressembler plus à du rock-garage écorné pour premiers communiants, mélangé maladroitement à du blues, de la pop bubblegum et du rock psychédélique. Bref, c’est le souk !

Les coproducteurs du label bubblegum  signent deux titres très légers (Follow et Alone), forcément très bubblegums ; le single Shake (46 dans les charts) n’est ici (sur le LP d’origine) qu’une version revisitée, plus crue,  les droits n’étant pas disponibles.

Il semblerait même que le groupe n’en ait pas été avisé ; l’enregistrement est un gâchis et très anarchique. Il n’empêche que le produit en question, confus, brut, indiscipliné, overdubé à satiété et inachevé, prétexte aussi  à remplissage, arrive à tenir en haleine.

C’est le cas, plus particulièrement, de I Am What I Am (l’intro à la guitare égrène les notes du Big Ben londonien), d’I Wanna Make You All Mine, qui renoue avec  son passé lumineux pour Dunwich Records.

Shake Revisited 69 reste séduisant, même dans un habillage autre. Cet éponyme tient plus de la compil que de l’album. Mais il est intéressant à écouter (RAZOR©).

 

1. Follow.

2. Alone.

3. Times & Places.

4. I Am What I Am.

5. Uncle Wiggley's Airship.

6. I Wanna Make You All Mine.

7. Shake Revisited '69.

8. I'll Set You Free.

9. Under Acoustic Control.

10. Bluebird.

11. Back Door Man.

12. From Way Out To Way Under.

13. My Fire Department Needs A Fireman.

14. Shake 45' version.

15. Run Run Billy Porter.

 

Jim Sohns:chant.

John Fisher:basse.

Woody Woodruff:guitare.

Dan Baughman:guitare.

Ken Turkin:batterie.

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