The Standells.

BIOGRAPHIE.

 

THE STANDELLS/Los Angeles (Californie)

 

Standells 1

 

Actifs entre 1962 et 1968, réunis en 1999,actif aujourd’hui.

Label:Tower/Capitol,Liberty,Sunset Records,Global Recordings.

Genre:garage rock,protopunk.

Les précurseurs du punk rock.

Au début des années 60, à l’angle des boulevards angelins de Santa Monica et de North Crescent Heights s’élevait une boite de nuit populaire, Le P.J, ainsi baptisée en référence au célèbre P.J Clark’s new yorkais. La vocation première de ce lieu de réjouissances était de prolonger les soirées hollywoodiennes autour d’une table et d’un orchestre et de créer un point chaud de convergence des couche-tard et des branchés jazzy, au-delà des horaires de fermeture légales des clubs de la place. On appelle ça aujourd’hui un after.

De 1961, date de son ouverture, à mars 1968, le P.J et ses 485 places était un des clubs en vogue de Los Angeles. D’abord ouvert au jazz, le P.J a été le terrain d’expression des Eddie Cano Quartet, Trini Lopez, le Joe Castro’s Trio jusqu’au milieu des 60’s, date à laquelle le rock s’invite en ces lieux réaménagés pour l’occurrence. Les Standells occupent l’un des trois espaces affectés aux groupes.

Standells 2

Un grand groupe psych punk.

La jeunesse du moment, agitée par la déferlante invasive anglaise, s’approprie alors l’endroit et les Standells se chargent d’hystériser leurs fins de soirées jusqu’au lever du soleil californien, bien avant que les Ramones ne s’y collent quand le P.J mute en Starwood au début des 70’s. Il devient alors un lieu de rencontre plus heavy metal et punk. Les Standells, que le rock a retenu comme précurseur du punk rock et ainsi nommés en hommage à toux ceux qui, chez les artistes, figurent sur les listes d’attente, y ont occupé la piste en qualité de groupe maison et enregistré un LP.

Les Standells sont également originaires de la Cité des Anges. Formation de rock garage née en 1962 par la grâce de l’organiste et chanteur Larry Tamblyn, un nom connu dans le métier, et du guitariste siciliano-américain Tony Valentino auxquels se joignent initialement le bassiste Jody Rich et le batteur Benny King connu aussi sous le patronyme d’Hernandez. Pas pour longtemps car le duo de la rythmique quitte le groupe, amenant Tamblyn à prendre les choses en main et à repartir avec un autre line-up dont il assure la direction. Ainsi, la nouvelle mouture des Standels (le L n’est pas encore doublé) avec Gary Lane à la basse et Gary Leeds (Gary Walker de son nom d’artiste) aux fûts devient le Larry Tamblyn’s Standels.

Standells avec 2 L.

C’est en début d’année 1963 que le nom de Standels s’enrichit d’un L supplémentaire et en fin d’année qu’il est réduit de manière définitive à celui de Standells. En 1964, les Standells perdent leur batteur Gary Leeds au profit de Dick Dodd, également chanteur. La même année, Liberty Records les signe. Trois singles et un LP voient alors le jour, ce dernier enregistré live au fameux P.J club évoqué antérieurement et dont The Standells est alors le groupe maison. Son réseau de fans grossit, d’autant qu’il connaît un premier succès, certes modeste et local, avec Help Yourself sur lequel le nouvel entrant assure le chant, poste jusque là à charge de Tamblyn. La TV lui ouvre les bras, mais c’est sous l’égide du producteur Ed Cobb (the Lettermen, the Chocolate Watch Band, the Piltdown Men, Fleetwood Mac, Steely Dan et Pink Floyd.) que les Standells vont littéralement décoller.

Standells larry tamblyn

« Les Standells étaient uniques. Notre musique était propre à nous et différait de ce que faisait la grande majorité des groupes rock du moment.

Nos paroles étaient rebelles ; elles étaient la traduction et le miroir des désirs et des besoins des jeunes de la classe moyenne d’alors.

Nous avons abordé les sujets qui les préoccupaient dans les 60’s. A cette époque, nous étions d’ailleurs qualifiés de groupe rock de la classe ouvrière. » (Larry Tamblyn)

Dirty Water, la référence.

La réussite, le groupe californien la touche du doigt avec, en 1966, Dirty Water, un titre écrit et produit par Cobb, réarrangé pour l’occasion. Verdict : une 11ème place du Billboard. Autrement dit leur plus belle référence en single.

The Standells In person At P.J’s (1964) ouvre le catalogue discographique du groupe. Rares sont alors les formations débloquant leur compteur par un album live, mais celui-ci se positionne tout à fait dans la veine de ce que proposent alors la majorité des jeunes musiciens américains submergés par la vague anglaise : du rock garage bâti autour de reprises et d’adaptations accélérées ou vitaminées de R & B. Le disque est généreux et brillant mais il ne permet pas encore aux Standells de rentrer dans l’histoire comme les parrains du punk rock.

Standells dirty water

Deuxième pièce du catalogue, Dirty Water (1966) est leur premier album studio. LP garage aux légères influences psych, il culmine au 52ème rang du Billboard, porté par sa chanson titre et par Sometimes Good Guy Don't Wear White (Top 40), succès mineur écrit par Cobb. Le producteur signe ici 4 des 10 titres, deux autres pièces sont également des originaux de Dodd, Valentino et Tamblyn. Le reste de la collecte est du domaine des reprises, dont notamment 19th Nervous Breakdown du tandem Richards/Jagger.

Perte de popularité.

Why Pick On Me - Sometimes Good Guys Don't Wear White (1966) est un ton en dessous de Dirty Water. La magie Cobb opère moins. Le lot collecté est ici moins relevé et l’album perd en intérêt.

Le disque, très inégal, est sauvé par ses deux singles qui font top 40, Sometimes Good Guy Don't Wear White et Why Pick On Me, ainsi que par My little Red Book, porté haut par Manfred Mann en 1965 et Black Hearted Woman. Autant dire que c’est peu et que l’album est donc dispensable, ces titres se retrouvant sur toute bonne compil’ des Standells qui se respecte.

The Hot Ones ! sort en septembre 1966. Il consiste en un concentré de reprises de titres et d’artistes alors en vogue. Il n’apporte rien de nouveau que nous ne sachions déjà sur les Standells ; même s’il est correctement interprété, il n’a pas laissé un souvenir impérissable dans les mémoires. The Hot Ones ! précède Try It, quatrième jet studio, qui scelle la fin des Standells. Il faut en retenir l’endroit où le groupe revient au son qui le définit comme le parrain du punk. Son contreversé morceau-titre Try It, interdit sur beaucoup de radio pour des paroles supposées incitatives au sexe, Barracuda, All Fall Down et Riot On Sunset Strip plaident en ce sens.

Un retour tonitruant en 2013.

Les Standells ne se relèveront pas de la campagne initiée contre Try It et du boycott organisé contre ce titre. Leur notoriété en prend un coup, Lane les laisse tomber en plein milieu d’une tournée, imité par Dodd qui préfère penser à un avenir en solitaire. Les Standells acceptent alors des engagements peu en rapport avec leur statut de grand groupe psych punk qu’il a été, écornant au passage leur image sur la scène californienne et tombent dans l’oubli jusqu’à disparaître à l’aube des 70’s, malgré le fait d’avoir récupéré, en août 1968, le grand Lowell George de Little Feat.

Ils sont à nouveau réunis depuis le début des années 2000. En août 2013, ils font même un retour tonitruant en studio, (sans Dick Dodd malade et qui décède deux mois plus tard), en signant un nouvel album, Bump. Ils sont meilleurs que jamais d’après les critiques et si l’on en croit les retombées favorables de la tournée promotionnelle post Bump, la première tournée majeure des Standells depuis les 60’s. A bon entendeur, salut (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Standells dirty water

 

THE STANDELLS

DIRTY WATER – 1966  3,5/5

 

Publié en mai 1966.

Produit par Ed Cobb.

Durée:27:18.

Label:Tower/Capitol.

Genre:garage rock,protopunk.

 

De l’excellent rock garage.

 

Avant de publier leur premier opus en studio, les Standells, groupe de garage rock américain issu de Los Angeles, touchent un peu à tout, enregistrant des singles sous différents petits labels, mais qui passeront inaperçus, un album live (The Standells In Person At P.J’s en 1964), travaillant pour la TV, écumant les clubs de la Cité des Anges de reprises de classiques du blues.

La rencontre avec Ed Cobb (1965), producteur, les stabilise dans un premier temps, puis, dans un souci stratégique, les durcit. Le changement de cap est radical, les Standells deviennent des rebelles. Cobb leur écrit quelques titres adaptés à leur image, dont Dirty Water, qui donne le nom à l’album (1966), qui sera leur grand succès et restera à jamais comme un des grands classiques du rock garage.

Cette chanson évoque la ville de Boston, son port et la Charles River, rivière particulièrement atteinte par la pollution, son université et son étrangleur célèbre. Ce premier hit figure en 11ème place des charts US.

Ce classique punk illumine ce LP qui ouvre le catalogue des Standells, vraisemblablement le meilleur des Standells. Les pistes There’s A Strom Coming, Pride And Devotion, Medication ne sont pas en reste, au même titre que Rari, Little Sally Tease, Sometimes Good Guys Don’t Wear White ; si 19th Nervous Breakdown des Stones est une bonne reprise, celle d’Hey Joe n’apporte pas grand-chose par rapport aux versions originelles. Du rock garage très attrayant ; c’est certainement le seul album indispensable du groupe, les autres étant trop moyens pour en faire l’acquisition. Toutefois une bonne compil’ reprendra tous les bons titres éparpillés ça-et-là, y compris ceux figurant sur Dirty Water. A vous de voir (RAZOR©).

 

1. Medication.

2. Little Sally Tease.

3. There's a Storm Coming.

4. 19th Nervous Breakdown.

5. Dirty Water.

6. Pride and Devotion.

7. Sometimes Good Guys Don't Wear White.

8. Hey Joe, Where You Gonna Go?

9. Why Did You Hurt Me?

10. Rari.

 

Dick Dodd:batterie,chant.

Gary Lane:basse,chant.

Larry Tamblyn:orgue,chant.

Tony Valentino:guitare,chant.

LP Studio 2 - 1966

 

Standells why pick on me 1966

 

THE STANDELLS

WHY PICK ON ME – SOMETIMES GOOD GUYS DON’T WEAR WHITE – 1966  3/5

 

Publié en novembre 1966.

Produit par Ed Cobb.

Durée:26 :01.

Label:Tower.

Genre:garage rock,protopunk.

 

Milieu de tableau.

 

Inégal. Why Pick On Me - Sometimes Good Guys Don’t Wear White (1966) a, dans sa besace, autant de très bonnes chansons que d’insipides, mais ce qui frappe le plus dans ce répertoire et son interprétation, c’est la différence sonore par rapport au précédent Dirty Water. Les Standells perdent ici de leur mordant ; compte tenu que parallèlement et globalement  le niveau des compositions baisse également, on tient ici un disque très inégal. C’est la marque de fabrique des LP des Standells, ni jamais complètement bons pour crier au génie, ni jamais suffisamment pour s’en détourner. C’est pourquoi je vous recommande plutôt un bon best-of de ce groupe plutôt qu’aller piocher dans leurs disques de quoi se satisfaire. 

Le meilleur de ce deuxième LP studio de Standells (Tower Records), au nom à rallonges,  est constitué des deux singles tirés de cet album, Sometimes Good Guys Don’t Wear White et Why Pick On Me, de Mainline, The Girl And The Moon, Black Hearted Woman et Nodbody. Le reste s’oublie vite. On le réservera de préférence aux fanas de garage (RAZOR©).

 

1. Why Pick On Me.

2. Paint It Black.

3. Mi Hai Fatto Innamorare.

4. Black Hearted Woman.

5. Sometimes Good Guys Don't Wear White.

6. The Girl And The Moon.

7. Mr. Nobody.

8. My Little Red Book.

9. Mainline.

10. Have You Ever Spent The Night In Jail.

 

Larry Tamblyn:orgue,guitare,chant.

Tony Valentino:guitare,chant.

Dick Dodd:batterie,chant.

Dave Burke:basse,chant.

Gary Lane:basse.

LP Studio 3 - 1967

 

Standells the hot ones 1967

 

THE STANDELLS

THE HOT ONES ! – 1967  3/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Ed Cobb.

Durée:31:04.

Label:Tower.

Genre:rock,pop,garage rock.

 

Le chat est maigre.

 

Le troisième LP des Standells, The Hot Ones de 1967 (en écoute intégrale ici), n’était pas vraiment indispensable en ce sens qu’il est constitué de reprises d’autres artistes alors en vogue. Ne cherchez donc aucune originalité ici. C’est bien interprété, ok, mais c’est joué à la note près comme les originaux.

Ainsi on retrouve Last Train To Clarksville du duo Tony Boyce & Bobby Hart et que les Monkees se sont appropriés l’année précédente, Wild Thing de Chip Taylor également passée entre les mains des Troggs et de Jimi Hendrix,  Sunshine Superman de Donovan, Sunny Afternoon de Ray Davies, Li'l Red Riding Hood portée au sommet par Sam the Sham and the Pharaohs, Eleanor Rigby des Beatles, Black Is Black que dont Los Bravos fait un numéro 1, Summer In The City (John Sebastian), 19th Nervous Breakdown des Stones et Dirty Water qui figurent déjà sur les albums précédents. Pour la nouveauté, on repassera.

C’est bien dommage que le groupe, sous la contrainte contractuelle, n’ait pas continué dans la voix garage brute dans laquelle il s’était engagé et qui aurait pu lui sourire.

Au lieu de ça, il rentre dans le rang et plombe sa carrière. Le son, encore  caractéristique de ce que furent les interprètes de Dirty Water, sauve le disque de l’ennui le plus total. Grosse déception et, par voie de conséquence disque évitable (RAZOR©).

 

1. Last Train To Clarksville. 

2. Wild Thing. 

3. Sunshine Superman. 

4. Sunny Afternoon. 

5. Lil' Red Riding Hood. 

6. Eleanor Rigby. 

7. Black Is Black. 

8. Summer In The City 

9. Nineteenth Nervous Breakdown

10. Dirty Water. 

 

Larry Tamblyn:orgue,guitare,chant.

Tony Valentino:guitare,chant.

Dick Dodd:batterie,chant.

Dave Burke:basse,chant.

Gary Lane:basse.

LP Studio 4 - 1967

 

Standells try it 1967

 

THE STANDELLS

TRY IT – 1967  3,5/5

 

Publié en octobre 1967.

Publié par Ed Cobb.

Durée:32:05.

Label:Tower.

Genre:garage rock,rhythm & blues,rock.

 

Essai partiellement tranformé.

 

Numéro 4 du catalogue et dernier album des Standells, Try It (1968) n’est pas un essai totalement transformé, en dépit de titres qui comptent parmi ce que le groupe américain a fait de mieux comme Can’t Help But Love You, Try It, interdit sur les ondes en raison de ses paroles suggestives, le génial Barracuda, Trip To Paradise, la version de St James Infirmary, All Fall Down et Riot On Sunset Strip.

Il traîne, et c’est dommage sans quoi c’eut été le coup discographique gagnant du groupe, quelques signes de faiblesse dus essentiellement à la collecte un peu sauvage réalisée pour boucler le disque. Il en découle un côté un peu foufou et un manque de cohérence qui ne profitent pas au LP, voire qui pénalisent son écoute.

En plus, ce n’est pas du garage pur jus, du matériel pop et psychédélique, un esprit soul venant s’inviter au pot de départ des Standells. Il est regrettable qu’Ed Cobb ait pu les amadouer à ce point. Il y avait tant à faire avec ces rebelles (RAZOR©).

 

1. Can’t Help But Love You.

2. Ninety-Nine & A Half.

3. Trip To Paradise.

4. St James Infirmary.

5. Try It.

6. Barracuda.

7. Did You Ever Have That Feeling.

8. Poor Shell Of A Man.

9. All Far Down.

10. Riot On Sunset Strip.

 

Larry Tamblyn:claviers,chant.

Tony Valentino:guitare,chant.

John Fleck:basse,trompette,chant.

Dick Dodd:battrie,chant.

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