The Ugly Ducklings

BIOGRAPHIE

 

THE UGLY DUCKLINGS/Toronto (Canada)

 

The ugly ducklings 1

 

Actif de 1965 à 1974,de 1979 à 1982,en 1986,en 1988, depuis 1999.

Label :York Town Records,Razor Records,Pacemaker,Unidisc,Freeway.

Genre:rock,garage rock,rock psychédélique.

 

Le coup passa si près...

Mettez leur plus gros succès, Gaslight (top 40 au canada) entre les mains des Rolling Stones et vous faites des Ugly Ducklings un groupe autrement plus populaire que ce qu'il fut dans les 60's ! Pour faire court, ce qu'il a manqué aux Ugly Ducklings pour pouvoir se hausser du col et ne pas se limiter à figurer sur les seules compilations garage, ce sont les moyens qu'ils n'avaient pas, mais surtout leur confinement à la scène canadienne et sur le circuit des clubs de Toronto. Faute de mieux, ces banlieusards torontois (Scarborough), dont beaucoup de spectateurs et d'auditeurs auraient juré mordicus qu'ils étaient anglais, ont dû se contenter, dans le concert de la british invasion, d'un rôle peu en rapport avec les espoirs sucités. Dommage

Les Stones de Yorkville.

Ils avaient les Stones dans un coin de leur tête, cherchant comme leurs idoles à se constituer une image de mauvais garçons, allant même jusqu'à parodier leur gestuelle scénique, leur nom, en se nommant, à leurs débuts au printemps 1965, The Strolling Bones.

Glynn Bell, le guitariste du groupe, poussa son admiration jusqu'à arborer le look capillaire de Brian Jones. L'affaire eut l'heur de plaire à Mick Jagger pour qui Ugly Duckings devint son groupe canadien préféré et qui les choisit pour ouvrir certains concerts des Stones au Canada. On peut rêver pires débuts.

The Ugly Ducklings est un pur produit de la scène de Yorkville, quartier du centre de Toronto. Véritable copie conforme de Greenwich Village à New York ou de Haight-Ashbury à San Francisco, l'endroit, aujourd'hui devenu très smart et résidentiel, est alors le sanctuaire pour le mouvement de contre-culture canadien et le noyau du phénomène hippie.

Le maillon tapageur de la place.

C'est sur ce terreau que les jeunes de la place se réunissent, prenant d'assaut la quarantaine de cafés et de clubs coincés (The Riverboat Coffee House, The Purple Onion, The 71 Club, The Half Beat, le Purple Onion, le Village Corner ou le Mynah Bird, El Patio, The Devil's Den, Chez Monique, Boris's...) entre les maisons victoriennes.

Yorkville est alors le cœur de la créativité et des arts, de la drogue, de la liberté et des expériences sexuelles, de l'anti-conformisme, l'épicentre de la communauté artistique internationale.

Ugly ducklings 2Un des plus grands groupes canadiens...

Ugly ducklings yorkville 1968... né sur la trépidante scène de Yorkville.

Ugly ducklings robin boers 2Robin Boers, son batteur.

Ugly ducklings somewhere outsideUn legs incontournable : Somewhere Outside (1967).

Ugly ducklings stickerLe maillon tapageur de Yorkville.

Creuset prospère pour les groupes et artistes canadiens ou rampe de lancement de carrière nord-américaine pour des artistes anglo-saxons comme Simon & Garfunkel, Carly Simon, Eric Andersen, Zal Yanovsky, Sonny Terry & Brownie McGhee, Jeff Buckley, Richie Havens, Tom Rush, Tim Hardin, Doc Watson, James Taylor, Seals & Crofts, Eric Clapton, le portoricain Jose Feliciano, chacun y exprime son talent, au milieu des poètes, des fripiers, des peintres et sculpteurs.

Les autochtones Joni Mitchell, Gordon Lightfoot, Neil Young, Buffy Sainte-Marie, Bruce Cockburn, Ian & Sylvia, Dan Hill, les Sparrows devenus Steppenwolf, Murray McLauchlan ou les premières moutures du Band sont tous issus de ou passés par cette scène folk, folk-rock, psychédélique, de qualité et ont contribué à façonner, avec Yonge Street, le Toronto Sound, un rock à la saveur bien distincte.

A l'huile de coude.

Les Ugly Ducklings, dits les Ducks, sont le maillon tapageur de cet échiquier. Ils font dans le rock garage. Leur fief, c'est le Charlie Brown's, café du 26 de Cumberland Avenue dont la salle est en mesure d'accueillir une centaine de personnes, mais qu'un auditoire 3 à 4 fois plus nombreux prend d'assaut et fait dégorger, dès que les Ducks s'y produisent.

Formé à l'huile de coude dans les sous-sols des domiciles parentaux, le groupe se constitue après que Robin Boers, batteur scolarisé au West Hill College, rencontre dans les couloirs de la voisine Cedarbrae High School où un spectacle est donné, quatre jeunes gens aussi chevelus que lui et aussi motivés pour constituer un groupe : Dave Bingham (chanteur), Glynn Bell (guitariste rythmique), Roger Mayne (guitariste) et John Read (bassiste).

Les Stones dans un coin de leur tête.

L'équipe se constitue d'abord sous The Strolling Bones, mais cette identité ne vaut que pour un concert, après quoi la formation opte pour le nom de Ugly Ducklings. Leur crédo ?

Les Stones, bien sûr, leur influence majeure, mais aussi les Yardbirds, les Pretty Things, les Kinks, les Who, les Animals (pour lesquels ils ouvrent également), ainsi que Muddy Waters et Bob Diddley, côté bluesmen.

Nous sommes en 1965 et les Ugly Ducklings sont déjà confondus avec des acteurs britanniques débarqués sur le sol américain dans le sillage des Beatles.

Yorktown Records, fraîchement lancé par Bill Gilliland et Fred White (1966) témoigne rapidement de l'intérêt pour ces gamins talentueux et déterminés.

Le label local les exhorte à compléter les reprises qu'ils ont à leur répertoire par leurs propres morceaux, afin de pouvoir mieux voyager encore. Plusieurs singles vont tomber ; les premiers ayant Capitol pour distributeur, Ugly Ducklings va très vite gagner ses galons nationaux.

Dans le gratin des groupes canadiens.

Très punk, Nothin'/I Can't Tell, en juillet 1966, est le premier d'entre eux. Enregistré pour quelques centaines de dollars et sur un magnéto deux pistes, le titre en question figure à l'affiche d'un concours radiophonique (CHUM Toronto) hebdomadaire, duquel il sort vainqueur 13 semaines consécutives. Ce succès vaut au groupe d'ouvrir pour les Stones au Maple Leaf Garden, l'été 1966. Le rêve ! A l'automne 66, Ugly Ducklings est fin prêt pour franchir un palier.

Le 24 septembre de cette année, il prend part à un tremplin qui réunit tous les piliers du Toronto Sound : 14 des meilleures formations canadiennes, dont The Paupers, Luke & The Apostles, The Big Town Boys, Stitch in Tyme, Little Caesar & The Consuls, Bobby Kris & The Imperials et les Ugly Ducklings, se succèdent sur la scène du Maple Leaf Garden.

L'événement est relayé par CHUM Radio et suivi par un public en délire (22.000 personnes) dont beaucoup de spectateurs venus spécialement pour les Ducks. Jamais la ville n'avait accueilli telle foule pour un événement musical. Pas même les Stones n'ont réussi cet exploit. Ugly Ducklings se montre à son avantage. L'avenir s'annonce prometteur...

Ugly ducklings robin boers

« Nous avons rencontré les Stones en 1965 après un concert à Maple Leaf Garden. Dans leur hôtel. C'est de là qu'est née la phrase mémorable de Mick Jagger disant que nous étions son groupe canadien préféré. Les Stones nous ont demandé d'ouvrir pour eux la prochaine fois qu'ils viendraient au Canada. Ce que nous avons fait en 1966. Nous en étions fans et avons beaucoup aimé leur image et leur musique. Nous avons alors refusé les costumes, combinaisons ou chemises arborés par les autres groupes. Nous voulions donner une image de mauvais garçons, comme eux. Le nom des Ugly Ducklings découle de ce choix. » (Robin Boers)

 

Espoirs déçus, gâchis...

Outre Somewhere Outside (1966), le premier LP du groupe (le seul des 60's), Yorktown Records publie également 3 autres de ses singles : She Ain't No Use To Me/Train (septembre 1966), Just In Case You Wonder/That's Just A Thought I Had In My Mind (décembre 1966), Postman Fancy/Not For Long (début 1967).

Dès la fin de 1966, le label Yorktown devient Yorkville, vraisemblablement dans le but de profiter de la notoriété de la scène torontoise ; ce transfert de nom se fait en même temps que le retrait du partenariat de Capitol Records. La société de Toronto Arc Records, filiale de Arc Sound (derrière laquelle on retrouve Gilliland) est désormais chargée du pressage. Gaslight/Rimb Nugget (1967) et Epilogue / I Know What To Say (1968) sont les deux derniers singles enregistrés pour le compte des 60's.

Hélas, cette période prolifique ne profite que modérément à Ugly Ducklings en raison de l'absence d'un accord de distribution avec les Etats-Unis. Malgré l'intérêt porté au groupe par le label RCA, il doit se cantonner au seul marché canadien. Et encore ! Un gâchis au regard des promesses entretenues.

Somewhere Outside, le legs indispensable.

Du potentiel, l'excellent Somewhere Outside n'en manque pas. Enregistré entre New York et Toronto, il se situe chronologiquement après Nothin'. Il regroupe neuf chansons originales et deux reprises (Not To Go To Eat Out My Heart Anymore des Rascals et Hey Mama Keep Your Big Mouth Shout des Pretty Things). L'essentiel de ses titres se retrouve depuis sur les compilations garage. Bâclé dans sa distribution et sa promotion, l'album n'a brillé que dans la région de Toronto. Il a été très largement réhabilité depuis.

Cette situation affecte beaucoup John Read qui, mécontent du recrutement par le label du producteur Brian Ahern (tous les membres y sont opposés), quitte le groupe au début de l'année 1967. Howie Smith récupère la basse.

Le départ de Read est rapidement suivi de ceux, dans un premier temps, de Roger Mayne, puis aussitôt après de Glynn Bell, en désaccord avec l'orientation musicale prise par le groupe. Mike McKenna, ancien de Luke And The Apostles, saute dans la brèche. Ugly Ducklings n'est alors plus le groupe phare du circuit de l'Ontario et du Canada comme on peut en juger au travers des deux derniers singles produits, Gaslight/Rimb Nugget et Epilogue/I Know What To Say, même si le premier nommé reste son meilleur fait d'armes.

Début 69 : plus de son, ni d'images...

Entre 1967 et 1968, la nouvelle mouture des Ducks signe également quelques titres comme Fell This Morning (McKenna) et Rise To Your Calling (Bingham), jamais publiés de leur temps, mais que l'on retrouve aujourd'hui sur la compil' Ducktales, parue en 1999 chez Freeway Records.

Au printemps 1968, un claviériste du nom de Ray Nowak intègre le line-up, sans changer quoi que ce soit. Dans le même temps, à l'amorce de l'été, Mc Kenna s'en va former McKenna Mendelson. Dave Kindred le remplace juste avant que la formation ne se sépare début 1969.

Un grand groupe s'est alors tu, certainement le meilleur du milieu des 60's au Canada. De nombreux combos d'obédiance punk savent tout ce qu'ils doivent aux Ducks, les Stones de Yorkville. Mick Jagger avait raison, c'était des grands (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1966

 

Ugly ducklings somewhere outside

 

THE UGLY DUCKLINGS

SOMEWHERE OUTSIDE – 1966  4,5/5

 

Publié en 1966.

Produit par Bill Huard.

Durée:33:25.

Label:Yorktown Records.

Genre:rock garage.

 

De sacrés oiseaux.

 

Place aux Calimeros de service : les canadiens (Toronto) d’Ugly Ducklings, les vilains petits canards, adeptes d’un rock garage particulièrement rugueux.

Formé en 1965, ce groupe canadien du milieu des sixties fait ses premiers pas dans les clubs de Yorkville, où il interprète, avec infiniment de talent, du Stones, fait qui n’a pas échappé au Sieur Jagger, lequel s’est pris de sympathie pour ces volatiles (Ugly Ducklings fait la première partie des anglais au Toronto Maple Leaf Gardens en 1966).

Il attire, dans le même temps, l’attention de l’étiquette locale, Yorkville Records qui les signe. Dave Bingham (chant), Roger Mayne (guitare), Glynn Bell (guitare rythmique), John Read (Basse) et Robin Boer (batterie) composent alors cette formation qui enregistre son premier single, Nothin’, un classique du genre, puis son premier LP (1966) : Somewhere Outside.

11 titres composent (neuf originaux et deux reprises) cet univers merveilleux fait de sons garage psychédélique et bluesy. Nothin et son riff garage type, 10 :30 Train, blues rock, les plus de 6 minutes de l’acid blues instrumental Windy City (Noise At The North End), nourries aux effets de sons et à la guitare fuzzy, le rocker Hey Mama, Just In Case You Wonder (leur troisième single), Not For Long (et son bel harmonica) sont les succulentes petites perles d’un groupe à la réputation très en deçà du niveau qui était le sien.

L’histoire a depuis remis les pendules à l’heure. Ces vilains petits canards canadiens sont de sacrés oiseaux. Jagger ne s’était donc pas trompé sur leur compte. Album recommandé (RAZOR©).

 

1. Nothin'.

2. Do What You Want.

3. She Ain't No Use To Me.

4. Just In Case You Wonder.

5. Not For Long.

6. I Ain't Gonna Eat My Heart Out Any More.

7. Hey Mama (Keep Your Big Mouth Shut).

8. 10:30 Train.

9. That's Just A Thought I Had In My Mind.

10. Postman's Fancy.

11. Windy City.

 

Glynn Bell:guitare rythmique.

Roger Mayne:lead guitare.

John Read:basse.

Dave Bingham:chant,harmonica.

Robin Boers:batterie.

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