The Vagrants.

BIOGRAPHIE.

 

THE VAGRANTS/Forest Hills (New York-USA)

 

Vagrants 4

 

Actif entre 1964 et 1968,réunion sous The New Vagrants dans les 90's.

Label:Vanguard,Light In The Attic,Southern Sound, Atco.

Genre:rock,rock garage,blue-eyed soul.


Sur la piste de Mountain.

The Vagrants, en français les Vagabonds, est considéré comme la filière conduisant à Mountain. Constitué de gamins new yorkais ayant grandi entre Forest Hills et Long island, dans l'arrondissement du Queens, il a été actif entre 1964 et 1968.

Constituée entre les murs de l'école du quartier, la formation est le fruit de la rencontre entre deux étudiants de la High School locale, Peter Sabatino (chant, harmonica et tambourin) et Larry Weinstein (basse et guitare), revenus enthousiasmés d'un concert des Beatles au Forest Hills Tennis Stadium, alors cadre légendaire de l'US Open de Tennis.

Nous sommes fin août 1964 et les Beatles entament une tournée de 32 dates sur le sol américain. Dans un stade réaménagé en amphithéâtre, Peter et Larry, venus en voisins, ont alors le privilège de faire partie des 16.000 fans des deux concerts donnés (28 et 29 août 64), de voir débarquer les anglais en hélicoptère dans l'enceinte de l'événement.

Ils ont surtout la chance d'assister aux premières heures de la déferlante britannique sur leur sol. Leur décision est prise ; ils veulent être de cette révolution musicale induite par la Beatlemania, relayée par les Stones et les Animals, et que les Rascals, leurs modèles voisins, ont déjà pris en marche.

Vagrants 1Les Vagrants, un tremplin pour Leslie West (en haut à gauche).

Vagrants 3Fougue et puissance...

Vagrants cameo bowling casinoLe Cameo Bowling Alley de leurs débuts.

Vagrants compilI Can't Make a Friend 1965/68, une compil' à avoir.

Vagrants the new vagrantsLa dernière mouture des Vagrants.

Un tremplin pour Leslie West.

Larry Weinstein a un frère, Leslie, de trois ans son son aîné. On le dit plutôt bon guitariste, d'autant qu'il a commencé la guitare il y a six ans (1958) et qu'il a comme répertoire quelques titres qu'il maîtrise déjà parfaitement, du Presley notamment.Celui qui deviendra Leslie West se joint au projet fomenté par Peter et Larry.

Comme Jerry (Jay) Storch touche sa bille aux claviers et qu'il connaît quelques chansons, il n'en faut pas plus, au duo fondateur, pour faire de ce dernier un membre du groupe à part entière.

Roger Mansour, passé par les Forest Hills Playboys complète le line-up. L'anecdote, rapportée par Tommy et Johnny Ramone, veut que leur rencontre se fasse dans le bureau du principal de l'école, celui-ci les ayant convoqué pour les réprimander sur leurs cheveux longs.

Une influence pour les Ramone.

Le groupe répète alors dans les caves des Weinstein mais, trop tapageur et indiscipliné, il est contraint de se replier sur une solution mieux adaptée à son potentiel, sa fougue, et sa puissance, autant d'arguments qui influeront, une décennie plus tard, sur la musique des Ramone, issus du même terreau new yorkais.

La solution vient du Cameo Bowling Alley (ou Casino), à la confluence de l'Austin Street et de la Continental Avenue. Familial la journée, le lieu s'encanaille le soir venu ; dès 1964, les Vagrants s'y produisent régulièrement autour d'un registre soul-rock axé principalement sur les reprises.

Début 1965, alors que sa popularité va croissante, les Vagrants jouent dans des clubs plus huppés, comme The Scene, nouvellement créé par Steve Paul, la crème des endroits branchés d'alors où se réunissent aussi bien les jet-setters de Manhattan que les bikers de la région ou l'élite fortunée de New York.

Le club est le lieu préféré de Jimi Hendrix ; les Doors, Pink Floyd, Jeff Beck, Johnny Winter, Traffic, Fleetwood Mac et The Chambers Brothers se sont également produit dans cette grande boite de nuit des 60's, signe que les Vagrants ont une certaine crédibilité dans le concert rock du moment.

Pour franchir un palier supplémentaire, les Weinstein, Sabatino et Mansour intègrent la Professional Children's School (Quintano School), école pour saltimbanques en herbe, formant notamment aux métiers de la musique.

Southern Sound, puis Vanguard et Atco.

Dés l'été 1965, le groupe est contacté par une maison de disques mineure pour réaliser un premier single. Southern Sound lui permet de signer, en juin 1965, Oh Those Eyes/You're Too Young, qui, hélas, ne capitalise pas dans les charts.

Il attire néanmoins l'attention de Vince Scarza et Douglas Hickox lesquels intègrent la chanson dans un clip Disk-O-Tek Holiday, appelé aussi Just For You (1966), sur lequel pointent également The Bachelors, Peter & Gordon, The Chiffons, Freddy & The Dreamers, The Applejacks, The Orchids... Désormais, ils investissent régulièrement les clubs les plus en vue de Manhattan et de Long Island où il jouent essentiellement des adaptations (ralenties) de morceaux nés de la british invasion comme Gimme Some Lovin' (Spencer Davis Group), des couvertures de la Motown ou de Stax.

Leslie Weinstein (West) y rajoute une version explosive du thème d'Exodus (film d'Otto Preminger) qui sera le clou des spectacles du groupe. Les Vagrants cumulent aussi les apparitions sur les scènes des concerts régionaux aux côtés de leurs idoles, les Rascals, de l'autochtone Vanilla Fudge (Brooklyn) qui joue dans le même registre, des Illusions et de celui qui est encore aux claviers des Hassles, Billy Joel, natif du Bronx voisin.

Vagrants ramone

« Quand ils ont migré du côté de Long Island, les Vagrants ont changé. Ils évoluaient dans un registre similaire aux Rascals et à Vanilla Fudge. Ils ont commencé à jouer des reprises à leur sauce de titres classiques comme Mustang Sally ou Good Lovin', mais ils étaient bien mieux que les Rascals ou Vanilla Fudge dans ce moule-là. Ils avaient surtout une meilleure vision et un guitariste exceptionnel, de loin supérieur à Gene Cornish ou à Vince Martell. Leslie West construit alors la star qu'il est sur le point de devenir avec son passage dans Mountain. » (Tommy Ramone)

L'apport de Sommer.

Les premiers pas dans l'écriture des Vagrants se font grâce à Bert Sommer (le Woof de Hair), celui-là même qui a remplacé Steve Martin au sein de Left Banke ; ces chansons (The Final Hour, Your Hasty Heart, And When It's Over, A Sunney Summer Day) sont consignées dans le maigre catalogue compilé avec les titres faits sous Southern Sound, Vanguard Records, label new yorkais essentiellement folk ouvrant, pour l'occasion et peut-être pour la première fois, ses portes au rock et Atco. Le passage dans la filiale d'Atlantic est l'oeuvre de Felix Pappalardi qui a déjà un pied dans le Mountain (1968) à venir, plus lourd. Beaucoup plus lourd.

Cette matière se retrouve exclusivement sur le collector I Can't Make A Friend (1965-1968), sorti en 2011 par Light In The Attic, biais le plus approprié pour découvrir ces excellents new yorkais. Le titre du disque est emprunté à la chanson du même nom, un succès mineur que l'on retrouve depuis dans de nombreuses compilations garage. Avec le single Respect, version mordante du morceau d'Otis Redding, c'est leur fait le plus notoire laissé sur acétate avant que les labels ne rééditent leur œuvre.

Seul Leslie Weinstein-West...

Dans les années 90, Sabatino, devenu restaurateur depuis, relance le groupe sous l'identité des New Vagrants avec Eli Brown à la basse, Tom San Filippo à la guitare, Tony Pinisi (claviers et chant) et Joe Forgione (puis Russ Giannotti) à la batterie, depuis décédé (2003). Sous la pression du producteur exécutif Randy Pratt, Sabatino est conduit à enregistrer un album en 2002 (21St Century Vagrants), lequel est réalisé avec des titres des 60's jusque là inédits.

Roger Mansour est aujourd'hui missionnaire en Haïti, Larry Weinstein tient un restaurant, Jerry Storch est devenu rabbin tandis que Leslie Weinstein, devenu Leslie West, est toujours dans le coup. A 71 ans et après un seizième album studio (2015), il est toujours animé par l'envie de créer et d'en découdre avec un public qui lui est acquis depuis son adolescence du côté de Forest Hills (RAZOR©).

COMPILATION ERE MODERNE.

LP Compilation 1965/1968 - 2011

 

Vagrants compil

 

THE VAGRANTS

I CAN'T MAKE A FRIEND (1965/1968) – 2011  4,5/5

 

Publié en 2011.

Produit par Ed Miller,Felix Pppalardi,David Brigati,Trade Martin,Pete Sabatino,Matt Sullivan,Larry Vernieri,Josh Wright.

Durée:30:10Label:Light In The Attic.

Genre:garage rock,rock psychédélique,rock.

 

Bandant !

 

Belle compil' des Vagrants que les Ramone, pourtant pas les derniers de la classe, avaient en adoration. Solidarité de borough ? Que nenni, les Vagrants ont, dans la deuxième partie des 60's, mis le feu à New York et la tribu pré punk des Ramone l'a vécu en direct live et en est restée toute chose. Et croyez-moi, pour impressionner ces zigs cuir-cloutés, fallait se lever de bonne heure...

La compil' mise sur pied par Light In The Attic restitue merveilleusement cette époque et ce groupe-vitrine pour Leslie Weinstein, futur Leslie West, futur Mountain. Dire que ça dépote est un euphémisme. C'est mieux que ça, c'est plein de jus, de vitamine, de dynamique, c'est punk avant l'heure. Rappelons les pélerins derrière ce brûlot placé sur le créneau 65/68 : Roger Mansour (batterie), Peter Sabatino (chant, harmonica, tambourin), Jerry Storch (orgue, chant), Larry West (basse, chant), et Leslie Ouest (guitare, chant).

Le label a réuni 12 mines garage psych,groovy, prêtes à péter au moindre souffle : ils constituent les faces A et B des 6 singles alors édités. Comme c'est remastérisé, ça n'en envoie que plus de son et ça opère un nettoyage en règle des cages à miel. Dans le sillage de leur force motrice Leslie West, les Vagrants n'ont jamais sonné commac. Comme du temps de leur existence, c'était le père Pappalardi qui les produisait, ça n'en a que plus de crédibilité et de puissance. L'homme n'est pas derrière Cream et Mountain pour des nèfles.

Si on en pince pour ce qui déchire et que l'on tient à ne pas finir abruti de ne pas savoir ce qu'est un groupe essentiel dans l'histoire du rock ricain, placé entre les Rascals et Vanilla Fudge voisins, on met illico presto la pogne sur cette collection bienvenue et rare. Que la scène new yorkaise poussée à se bouger le fion par la déferlante anglaise, était alors bandante. Essentiel (RAZOR©).

 

1. Oh Those Eyes.
2. You're Too Young.
3. I Can't Make A Friend.
4. Young Blues.
5. The Final Hour.
6. Your Hasty Heart.
7. Respect.
8. I Love, Love You (Yes I Do).
9. Beside The Sea.
10. A Sunny Summer Rain.
11. And When It's Over.
12. I Don't Need Your Loving.


Roger Mansour:batterie.
Peter Sabatino:chant,harmonica,tambourin.
Jerry Storch:orgue,chant.
Larry West:basse,chant.
Leslie West:guitare,chant.

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