Bob Marley.

BIOGRAPHIE.

BOB MARLEY/Nine Miles-Saint Ann (Jamaïque)

 

Bob marley intro

 

Né Robert Nesta Marley, le 6 février 1945 à Nine Miles,mort le 11 mai 1981 à Miami (Floride-USA).

Actif entre 1962 et 1980.

Labels:Studio One,Tuff Gong,Island Records.

Genre:dub,reggae,ska,rocksteady.

Site officiel:bobmarley.com

Marley, ça se mérite.

Pour pouvoir s’incliner respectueusement devant la dépouille de l’homme qui a popularisé à lui seul le reggae dans le monde entier et la culture rastafari, encore faut-il accéder jusqu'à Nine Miles.

Depuis le port d'Ocho Rios, une tortueuse et interminable route défoncée serpente entre les espèces végétales sauvages, généreuses et colorées formant un dais au dessus-elle, avalant au passage les quelques rares villages qui la jalonnent.

Cet accès inégal, étroit, sinueux vous y mène ; c'est d'ailleurs le seul moyen d'y parvenir depuis cette ancienne cité de pêcheurs. Bob Marley, ça se mérite...

Alors que le bleu maritimo-caribéen installé en contrebas s'estompe au fil de la montée, les fougères aux essences et formes variées s'effacent progressivement au profit de parcelles ocres et arides dans lesquelles s'activent, à flanc de coteaux et sous un soleil brûlant, des paysans.

Ces stigmates rouges au cœur de la campagne végétale et florale de Saint Ann rappellent le passé minier d'un lieu dont les âmes, aujourd'hui encore, souffrent de la pauvreté, de la misère, de l'exploitation de l'homme par l'homme.

Bob Marley y est né (juste à côté), y a vécu jusqu'à l'âge de 12/13 ans et y repose désormais. Son statut de légende de la musique a permis, grâce aux retombées commerciales des visites du cadre de vie de l'enfant Robert Nesta, de lisser à son avantage le décor et les derniers hectomètres menant à sa maison natale.

Malgré les retouches pour rendre l'endroit accessible et hospitalier, la modeste Nine Miles lui ressemble toujours. C'est là que le voyage de Bob a commencé et qu'il y a puisé l'inspiration pour signer plusieurs de ses chansons et certains de ses plus grands succès.

100 1970Razor devant le Mausolée de Bob Marley.

Bob marley mausoleeNine Miles, ça se mérite.

Bob marley cedella mamanC'est là que Bob et sa mère ont vécu jusqu'en 1957...

Bob marley 2...avant de déménager pour le ghetto de Trenchtown.

Bob marley 1er 45...et d'y lancer sa carrière.

Bob marley the wailersBob Marley & The Wailers...

Bob marley catch a fire...derrière le magnifique Catch A Fire (fin 72).

Bob marley natty dreadUn statut de star planétaire avec Natty Dread.

Nine Miles, un cadre propice à son inspiration...

Robert Nesta Marley est le fils de Norval Sinclair Marley, un colon sexagénaire jamaïcain blanc se prétendant membre de l'armée britannique mais qui, plus modestement, officie comme contremaître dans les plantations.

Sa mère, Cedella (Sidilla) Eritha Malcolm (elle deviendra Cedella Booker de par son mariage au début des 60's avec Edward Booker), noire jamaïcaine, a 18 ans quand elle tombe enceinte de Norval Sinclair (1945).

Sous la pression de la famille Malcolm, ce dernier assume sa paternité, garantit l'éducation de l'enfant (il est scolarisé à Stepney Primary And Junior High School-Saint Ann) et le soutien financier à sa famille, mais décède 10 ans plus tard sans que le petit garçon métissé ne cherche à le connaître réellement. Il le considère comme un sale type qui s'est farci sa mère. Dans sa tête, il est orphelin de père. Point barre.

Jusqu'en 1957, lui et sa maman vivent à Nine Miles. Ils sont très proches l'un de l'autre ; celle que l'on connaît mieux sous le nom de Mama Booka ou Mother B. s'occupe du mieux possible de son fils malgré la précarité.

Robert est heureux à Nine Miles où défile sous ses yeux quotidiennement et à 360°, un environnement vallonné et verdoyant très influent dans son écriture.

...avant le ghetto de Kingston.

Mère-célibataire et fils déménagent toutefois pour Trenchtown, un ghetto de Kingston, seul point de chute que les petits moyens financiers de Cedella peuvent s'offrir.

Dans ce misérable bidonville (shanty-town) de la capitale peuplé essentiellement de noirs, les Marley occupent une cabane d'une seule pièce, constituée comme celles qui la jouxte, de tôle ondulée, de carton et de bois, sans eau, ni électricité.

Dans ce véritable coupe-gorge sur lequel règnent les gangs, Robert Nesta va puiser les raisons de donner un sens à sa vie, d'autant qu'il a arrêté l'école. Sa seule issue pour s'en sortir se trouve plus dans la musique que dans l'atelier de soudure où il bosse.

Desmond Dekker, chanteur et musicien, y travaille également comme soudeur ; il pratique déjà cette musique syncopée qui, du ska conduit au reggae.

Les Wailers pour débuter.

Dekker va jouer un rôle majeur dans le lancement de la carrière de Bob Marley puisque c'est grâce à lui que le prophète rasta enregistre ses premiers singles pour le label Beverley de Leslie Kong : Judge Not (son premier titre officiel) et One Cup Of Coffee (1962), lesquels ne connaissent pas encore le succès.

Marley a visiblement la musique dans la peau et ne se décourage pas. Il retrouve à Kingston un certain Neville Livingston (alias Bunny Wailer), ami d'enfance de Nine Miles, avec lequel il jamme régulièrement dans les rues sur des chansons de soul américaine.

Un groupe de potes se constitue alors autour de Bob (guitare) et Bunny (batterie), réunissant également le claviériste Winston Hubert McIntosh (alias Peter Tosh), Junior Braithwaite (chant) et les choristes Cherry Smith (dite aussi Cherry Green), puis Beverley Kelson.

The Wailing Wailers (1963), précédemment connu sous les Teenagers ou The Wailing Rudeboys, va évoluer vers The Wailers. Joe Higgs, celui qui leur a appris à affiner leur chant et combiner leurs harmonies vocales, en est le producteur.

Début 1964, les Wailers sont auditionnés par Clement Dodd, l'éminence grise de la musique jamaïcaine du moment ; il est aussi le propriétaire des studios One, temple du reggae.

Simmer Down, leur premier titre, connaît une telle réussite en Jamaïque que d'autres enregistrements sont réalisés avec le soutien des Skatalites, le groupe-maison des Studios One, comme It Hurts To Be Alone. Braithwaite quitte le pays et chante là pour la dernière fois avec les Wailers.

Bob, Bunny, Tosh et Green poursuivent néanmoins leur route et enregistrent Lonesome Feeling, avant de collaborer avec The Soulettes au sein duquel évolue une certaine Alpharita Anderson qui deviendra Mme Rita Marley en février 1966.

Beverley Kelson quittant les Wailers, les trois hommes restants évoluent vers une image de rudeboys (rudies). Cette métamorphose pour Bob Marley s'accompagne d'un nouveau surnom, plus rugueux et durci, celui de Tuff Gong. Les morceaux Rude Boy et I'm Still Waiting réfèrent à cette époque des Wailers.Juste après son mariage avec Rita, Bob Marley s'envole pour les États-Unis et le Delaware où sa mère vient de s'installer et de se remarier (Brooker). Il y passe 8 mois.

Le rastafarisme comme doctrine.

A son retour en Jamaïque, les Wailers, au sein duquel Constantine Walker l'a remplacé pendant son absence, rencontrent leur premiers problèmes avec le producteur Coxsone.

Dans le même temps qu'ils s'éloignent de Studio One, ils fondent leur propre label, Wail'N Soul'M et deviennent Bob Marley & The Wailers (1966), sans toutefois connaître le succès.

Cette même année, les ghettos de Kingston, Trenchtown notamment, se nourrissent de plus en plus du rastafarisme, ses adeptes vouant un culte au ras Tafari Mekonnen, roi d'Ethiopie connu sous le nom de Hailé Sélassié et reçu en grande pompe par les Jamaïcains (juillet 66).

Ce dernier, considéré comme le dirigeant légitime de la Terre (Earth's Rightful Ruler), devient le messager de cette jeunesse.

Le rastafarisme domine alors la culture jamaïcaine ; le rocksteady succède alors au ska. Bob Marley se déclare rasta.

Le mot reggae enfin prononcé.

Marley, avec une femme et deux gosses (Cedella et Ziggy) a du mal à joindre les deux bouts. Il retourne vivre à Nine Miles (1967) où, un peu découragé par l'insuccès, il tente de se refaire une santé mentale.

En août 1970, les Wailers rencontrent alors Lee Scratch Perry, producteur et figure éminente du reggae en Jamaïque, sous la houlette duquel ils vont progresser, s'épanouir enfin et enchaîner quelques titres à succès comme Kaya, Sun Is Shining ou Small Axe qui ouvrent au groupe les portes de l'international.

Si les Wailers publient deux LP (Soul Rebels/1970 et Soul Revolution Part II/1971) en Angleterre sans en toucher vraiment les bénéfices financiers (parfois même Perry publiait sans leur accord), un nouveau son voit le jour et le mot reggae est enfin prononcé (1971).

En croisant la route de Chris Blackwell, le boss d'Island Records, le groupe, devenu Bob Marley & The Wailers, collabore avec un professionnel qui croit réellement en ces artistes et en l'essor du reggae.

Blackwell avance de l'argent pour que Marley, Tosh et Wailer (Ashton et Carlton Barrett également) retournent travailler quelques chansons en studio pour pouvoir sortir un LP. Ce sera Catch A Fire (fin 1972, début 1973).

Bob marley rita portrait

« Dans No Woman No Cry, Bob raconte notre vie et notre réalité à Trenchtown. Nous n'avions rien, sauf nos pieds pour marcher. J'ai un souvenir inoubliable de ce morceau. Un soir, lorsque Bob l'a chanté sur scène, il s'est approché de moi, puis il m'a fait un câlin. Le public a adoré, et moi aussi ! C'était un homme très romantique, un amoureux, il était bon et il aimait les femmes … beaucoup. » (Rita Marley) 

Catch A fire pour lancer la carrière.

La critique encense ce disque séminal du genre qui, pour une fois, n'est pas qu'une enfilade de singles. Il est un album cohérent enregistré à Kingston (Dynamic Sounds Studio) fin 72, pour lequel Marley signe 7 titres, dont le mémorable Stir It Up et Tosh, 2.

On assiste alors pour la première fois à ce reggae à l'anglaise ou reggae international, mix de basse et de rythmiques jamaïcaines avec une guitare rock et intégrant des éléments issus de diverses musiques (rock, soul, blues, funk).

Si Catch A Fire (et les tournées anglaise et américaine qui s'ensuivent) lance la carrière de Marley et des Wailers, il n'empêche pas Bunny Wailer de quitter le groupe, celui-ci ne voulant pas de cette notoriété nouvelle.

171 au Billboard et 126ème album de tous les temps (Rolling Stone Magazine), Catch A Fire est un disque culte incontournable.

Peter Tosh, supportant mal la notoriété de Marley, va également se détourner de Bob Marley & The Wailers, mais lui comme Bunny, sont encore de l'excellent Burnin' (avril 1973), tiré par Get Up Stand Up et par I Shot The Sheriff qu'Eric Clapton va propulser en tête des charts US à la fin de l'année 73. Si la version de l'anglais favorise la relance de sa carrière (461 Ocean Boulevard), elle permet surtout de populariser Bob Marley, auteur du titre.

Bob Marley prend alors les rênes de ce qu'il reste des Wailers. Aux harmonies vocales auxquelles le trio nous a jusque là habitués, succède désormais la voix et la poésie de Marley.

Un trio féminin, les I-Threes s'invite dans lequel figure Rita son épouse (plus Marcia Griffiths et Judy Mohwatt). Par ailleurs, l'artiste élargit la section instrumentale de son line-up. Dans cette configuration nouvelle, il tourne en Europe, en Afrique et aux States.

Marley, un statut de star internationale.

Natty Dread et No Woman No Cry (1974) se chargent de révéler à la face du monde ce changement. Par ce disque exceptionnel, le natif de Nine Miles devient une figure majeure du reggae et décroche enfin un statut de star internationale. Il enchaîne alors les succès dans les charts : Roots Rock Reggae (1976), Exodus, Waiting In Vain, Jamming, Punky Reggae Party, en 1977, ainsi que Satisfy My Soul et Is This Love (1978) et Could You Be Loved (1980).

Live (1975) et Rastaman Vibration, sorti en 1976, l'année où Bob Marley est victime d'une tentative d'assassinat (il quitte la Jamaïque et s'exile à Londres), Exodus (1977), Kaya et Babylon By Bus (1978) ainsi que Uprising (1980), dernier LP de son vivant, sont autant d'éléments indispensables de sa discographie.

Il meurt malheureusement d'un cancer, le 11 mai 1981 après une dernière apparition en public le 23 septembre 80 à Pittsburgh (LP Bob Marley & The Wailers de 2011 nommé Live Forever). Il avait 36 ans et était dans la pleine fleur de l'âge (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE BOB MARLEY & THE WAILERS 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Bob marley catch a fire

 

BOB MARLEY & THE WAILERS

CATCH A FIRE – 1973  5/5
 

Publié en décembre 1972 (UK),en avril 1973 (USA).

Produit par Bob Marley,Chris Blackwell.

Durée:36:07.

Label:Island Records.

Genre:reggae.

 

Séminal.

 

Il ne peut pas s’envisager de constituer une discothèque idéale, sans avoir dans sa collection personnelle, celui qui, à lui tout seul, a popularisé et incarné le reggae : Bob Marley.

Tout comme il ne faut pas occulter le rôle essentiel joué à ce niveau, par les Wailers et son noyau dur, Bunny Livingston (Wailer), Junior Braithwaite et plus particulièrement Peter Tosh, présent sur Catch A Fire (1973), l’album par lequel le reggae fait une entrée fracassante sur l’échiquier planétaire.

Identifiable par sa pochette qui dévoile un portrait de Marley tirant sur un méga tarpé, ce disque de rebelle a initialement, et pour les besoins du vinyle, fait l’objet d’un habillage des plus cocasses sous la forme d’un Zippo, alors indispensable complément d’allumage du pét’.

Catch A Fire se fait chez les anglais d’Island Records, le puissant et indépendant label de Chris Blackwell, jamaïcain blanc d’adoption (de par sa mère).

D’où l’exil de Marley en Angleterre, durant la majeure partie de 1972 et l’obtention d’un son pop, assez éloigné de celui plus brut, plus roots des Wailers version autochtone, alors pratiquant d’un mélange local de R & B d’inspiration américaine, de ska « Rude Boy » et d’accompagnements traditionnels.

En laissant le soin à Blackwell d’y ajouter guitare et claviers, de rejouer certaines parties via Wayne Perkins et John Rabbit Bundrick, l’album s’accompagne d’une belle douceur qui impacte sans tarder sur le public. La réussite est au bout du tunnel.

Catch A Fire n’est pas le premier LP du trio Marley/Tosh/Livingstone. En considérant le Best Of de 71, il prend place au cinquième rang d’un catalogue débuté en 1966 par The Wailing Wailers.

Il est, par contre, le premier en termes de notoriété (avec Exodus, Survival et Natty Dread) et surtout détient le suprême et historique privilège de lancer la carrière du caribéen le plus célèbre.

Des neuf chansons qui habillent ce disque monstrueux, il se dégage une grande homogénéité et une belle puissance dans l’interprétation collective, héritées, entre deux parties de football, autre alternative porteuse d’espoir pour les jamaïcains, des jams improvisées dans les moindres recoins de leur terre insulaire.

Original, authentique, décontracté, le rythme chaloupé de la musique des Wailers, porté par une basse exceptionnelle, s’accompagne d’un message de paix, de rébellion, de liberté, de spiritualité, d’amour et de philosophie rastafari, que l’ambassadeur des Caraïbes, aux dreadlocks aussi célèbres que le nez de Cléopâtre, ne laisse à personne le soin de diffuser. Marley est prêt à vendre son âme au diable pour atteindre un auditoire supplémentaire qui puisse être attentif à ses appels.

Sept des neuf titres sont de son fait, les deux autres sont de la main de Tosh, notamment 400 Years qui fait référence à l’esclavage. Ils ne laissent place à aucun doute : Marley sait écrire avec infiniment de talent et de pertinence ; il se pose en porte-parole inspiré de la promiscuité, de la violence tout en se comportant en un messager de l’amour fédérateur (Stir It Up).

Les ghettos qu’il connaît, d’une part, de Joe Higgs, dénicheur de talents issus des taudis de Trench Town et, d’autre part pour avoir habité un moment à Kingston, alimentent Concrete Jungle, le titre qui entraîne tout un lot de très grande qualité dans son sillon.

La vision de Tuff Gong, le dur à cuire comme on l’appelle, est impitoyable, dure, noire comme la violence, la pauvreté et la criminalité qui planent sur ce quartier désœuvré et opprimé de la capitale ainsi que sur l’autre Jamaïque, celle éloignée des couchers de soleil orangés sur plage de sable fin.

La majeure partie du répertoire ici présent est marquée par l’idéologie véhiculée par le fumeur de ganja de la pochette : le louvoyant No More Trouble, Slave Driver, Kinky Reggae, Midnight Ravers…

Absolument rien n’est à négliger, tout se fume jusqu’à s’en brûler les lèvres et à s’enfiévrer le cerveau. Pour ceux qui ont une sainte horreur de l’overdub et qui ne porte pas l’option anglicisée dans leur cœur, je les invite à se retrancher sur la version dépucelée d’origine, compilée sous Deluxe, nantie de deux renforts supplémentaires, High Tide Or Low Tide et All Day All Night, malheureusement évincés du mix londonien. (RAZOR©)

 

1. Concrete Jungle.

2. Slave Driver.

3. 400 Years.

4. Stop That Train.

5. Baby We've Got A Date (Rock It Baby).

6. Stir It Up.

7. Kinky Reggae.

8. No More Trouble.

9. Midnight Ravers.

 

Bob Marley:chant,guitare acoustique.

Peter Tosh:chant,piano,orgue,guitare.

Bunny Wailer:chant,congas,bongos.

Aston "Family Man" Barrett:basse.

Carlton "Carlie" Barrett:batterie.

Wayne Perkins:lead guitare sur 1/5/6.

Robbie Shakespeare:basse sur 1.

Winston Parrow Martin:batteur sur 6.

Alva Reggie Lewis:guitare rythmique.

Earl Wire Lindo :orgue,piano.

John Rabbit Bundrick:claviers.

 

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