Carlos Santana

BIOGRAPHIE.

 

CARLOS SANTANA/San Francisco (Californie)

 

Carlos santana

 

Né Carlos Augusto Alves Santana.

Né le 20 juillet 1947 à Autlán de Navarro, Jalisco, Drapeau du Mexique Mexique.

Actif depuis 1966.

Labels:Arista,Polydor,Columbia/CBS,J-Arista Records.

Genre:blues-rock,jazz rock,rock latino,rock instrumental,rock,world music.

Site officiel:www.santana.com

 

L'architecte du rock latino.

Carlos Santana, Carlos Augusto Alves Santana pour l’état civil de Autlán de Navarro, ville mexicaine qui l’a vu naître, est une des plus grandes légendes du rock de tous les temps, un des mémorables architectes de la branche latino, en même temps qu’un incontournable pionnier de la World Music. Immortalisé par un jeu de guitare exceptionnel, le chicano compte parmi les plus grands pratiquants de la six cordes malgré un passage à vide dans les années 80 et jusqu’à ce que Supernatural et ses 9 grammys, en 1999, ne le ramène sur le devant de la scène.

Fils d’un musicien de mariachis, ces formations musicales originaires de l’Etat mexicain de Jalisco, Carlos a très tôt été plongé dans la musique, via le violon d’abord, à 5 ans, puis la guitare qu’il pratique alors qu’il n’a pas encore 10 ans. Son passage au mode électrifié se fait naturellement ; ado, cet autodidacte arpente rapidement les clubs de Tijuana où il jouit déjà d’une belle réputation. Ses modèles du moment s’appellent B.B. King, John Lee Hooker, T.Bone Walker.

Santana woodstock

Santana 1

Santana 2

Santana 3

De Tijuana à Woodstock.

Mais c’est sur la scène californienne, et notamment celle de San Francisco où ses parents ont migré, qu’il se fait remarquer. Pour y évoluer professionnellement, il se met à l’anglais et choisit le blues comme terrain d’expression musicale. Frisco, dès 1966, tombe sous le charme de cet artiste qui fricote déjà avec le LSD, et de son groupe, le Santana Blues Band qu’il fonde avec Greg Rolie, claviériste originaire de Seattle mais qui grandit à Palo Alto, la ville universitaire à l’origine du mouvement hippie et à l’initiative de Journey un peu plus tard. Son influence principale est alors Mike Bloomfield qui fait les beaux jours du Paul Butterfield Blues Band.

Tom Fraser, guitariste rythmique, est à l’origine de la rencontre entre Santana et Rolie. De leur association, naît la formation citée antérieurement, qui va occuper le Fillmore West de Bill Graham, enchanter l’Area Bay et enflammer Woodstock. Le Santana Blues Band pratique une musique novatrice faite de jazz, de rock, de rythmes latino et de blues ; son univers sonore est distinctif, organisé autour de l’orgue Hammond de Rolie et de percussions toniques.

Woodstock, le déclic.  

Si Fraser a plus joué un rôle d’entremetteur, le premier Santana, outre Santana et Rolie, retiendra surtout les noms de Marcus Malone (percus), Rod Harper (batterie), David Brown (guitare). Woodstock les confirme, plus qu’il ne les révèle, le Santana Blues band ayant alors pignon sur Haight-Asbury Street. La formation qui se distingue lors du concert mythique est articulée autour de Santana et Rolie, de Brown, du jeune batteur Michael Shrieve et des percussionnistes Jose Chepito Areas et Mike Carabello.

La performance réalisée en août 69 reste cependant celle ancrée dans la légende du rock. Le Santana Blues Band, ainsi nommé trois ans auparavant, est devenu Santana tout court.Le premier LP qui suit, éponyme (1969), développe un style très particulier et propre à Santana, construit autour d’une merveille de rock perclus de rythmes afro et latino, il est essentiellement instrumental. Ce sera pour un temps le label Santana.

Waiting, Evil Ways, Jin-go-lo-ba, Soul Sacrifice affichent déjà de très grosses dispositions. Ce dernier titre notamment symbolise à lui seul la marque de fabrique du groupe.

Point culminant de Woodstock, le festival et le film qui y a trait, cet instrumental, un des premiers que Carlos ait écrit, s’appuie sur des percussions endiablées et la virtuosité technique du guitariste mexicain. Il est la première rencontre entre le guaguanco, sous genre de la rumba cubaine qui combine percus, voix et danse et le rock californien. Sans transition, du jour au lendemain, ce titre et la place qui l’a rendu culte, installe Santana dans la légende du rock. Les san franciscains passent du jour au lendemain du statut de bon groupe local à celui de pointure planétaire.

Une légende est née.

L’excellent Abraxas (1970) et ses quatre millions de disques écoulés cette année là, consolident l’intérêt porté à cette formation touchée par la grâce et qui va surfer un temps sur le rock américain. Black Magic Woman (de Fleetwood Mac, faut-il le rappeler), Oye Como Va et Samba Pa Ti reprennent des recettes qui ont précédemment gagné. Santana est alors monstrueux, mais, à l’instar d’illustres groupes concurrents, va avoir du mal à gérer sa gloire et ce qui s’y rattache : tournées, TV, radios, interviews, pression de la maison de disques… La drogue s’invite. Dure. Celle qui n’autorise que rarement à se sortir de ses serres. Les relations en interne changent, les changements de personnels se font plus réguliers.

Santana portrait

« Le secret de ma longévité, je l’ai trouvé ces dernières années, quand j’ai collaboré sur les projets d’autres artistes plus que j’ai consacré de temps aux miens. C’est là que j’y ai puisé une énergie nouvelle. Quand vous bossez uniquement pour vous, vous avez du mal à sortir du lit. » (Carlos Santana)

Ce statut de rock star au rythme de la dope perdure encore un peu, le temps de fignoler Santana III, dont la qualité ne se trouvera pas affecté par les écarts.Santana III, publié en 1971, se vend toujours très bien mais scelle, au terme de la tournée de promo, la fin du sextet. Carlos Santana s’en approprie le nom et le droit de continuer à le faire prospérer.

Une pige dans le jazz-rock et dans la spiritualité.

Après une pige avec Buddy Miles pour un live (1972), le guitariste se prend de sympathie pour le jazz et oriente sa carrière en ce sens, ce que révèle son superbe Caranvanserai de 72, jazzy et essentiellement instrumental. La formation autour de Carlos prend une nouvelle forme aussi puisque les fidèles Rollie et Schon prennent leurs clics et leurs clacs pour aller fonder l’excellent Journey. Tom Coster et Armanda Peraza entrent.

Dans le même temps que le mexicain décide de cette orientation artistique, il se tourne vers la spiritualité, devenant disciple de la religion indienne et de son guide Sri Chimnoy et adopte pour l’occurrence le nom de Devadip. Ses deux nouvelles voies, artistique et spirituelle, convergent dans le projet musical très coltranien qu’il développe avec John Mclaughlin, dit Mahavishnu : Love Devotion Surrender, sorti en 1973. La tournée qui s’ensuit, magnifique, propulse cette musique sur le devant de la scène et aurait mérité figurer dans les annales du jazz-rock.

Fin de cycle.

Après Welcome en 1973, certifié d’or, l’esthétique et subtil Borboletta, l’année suivante, du même métal, marque la fin de la période jazz et amène Santana à revoir ses ambitions, étant alors trop complexe. Côté live, le triple Lotus, enregistré au Japon, vient compléter le catalogue (74). Il revient à ce pour quoi il est célèbre : son blues-rock latino et Festival et Amigos, publiés en 1976, vont dans ce sens. Le mémorable instrumental Europa le ramène dans les charts tandis que, côté personnel, c’est l’envolée de moineaux. Du Santana de départ, seul José Chepito Areas pointe encore dans l’entourage du chicano. Santana vit ses dernières heures avant une longue descente aux enfers que les Moonflower (1977), Inner Secrets (1978), le familial Oneness, Silver Dreams – Golden Reality (1979) et Marathon (1979) ne parviennent pas à contrecarrer.

Le phénix renaît de ses cendres.

Malgré le fait d’enfiler les LP comme des perles dans les années 80 (The Swing Of Delight/80, Zebop/81, Shango/82, Havana Moon/83, Beyond Appearances/85, Freedom/87, rien n’y fait. Carlos Santana ne retrouve pas le lustre d’antant. Blues For Salvador (1987) lui permet, certes, de retrouver des couleurs mais pas suffisamment pour amener à la rupture de son contrat avec Columbia, pour lequel il a passé plus de vingt ans. Spirit Dancing In The Flesh de juin 1990 est le dernier album pour ce label.

Milagro se fait pour Polydor (1991). C’est sa seizième levée mais ne change pas grand-chose aux cours des événements jusqu’à ce que Supernatural (1999) et ses dix millions de ventes ne le propulsent à nouveau sous les projecteurs. En 2015, il compte plus d’une trentaine de disques à son actif. Shape Shifter (2012) confirme le retour du latino-californien au premier plan et Corazon (2014) qu’il a encore faim (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Santana 1969

 

SANTANA

SANTANA – 1969  5/5

 

Publié en août 1969.

Produit par Santana,Brent Dangerfield.

Durée:37:29.

Label:Columbia.

Genre:rock latino,blues-rock,jam rock,jazz-rock,rocke psychédélique.

 

Ay Caramba !

 

Après avoir débuté sa carrière avec des groupes baptisés The Santana Brothers et The Santana Blues Band, Carlos Santana sort, en août 1969, un premier album sous le simple nom de Santana (en écoute intégrale ici). Chez Columbia. L’avenir nous apprendra que cette fidélité au label de ses débuts prendra fin en juin  1990, après 21 ans de bons et loyaux services, et avec la publication de son quinzième jet : Spirits Dancing In The Flesh. Belle exemple de longévité pour un artiste encore en activité en 2015…

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure, nous sommes en 1969 et sur la scène de l’Area Bay de San Francisco, son terrain d’expression musical favori, l’endroit où il s’est posé pour assoir ses desseins artistiques encore embryonnaires, échafaudés du côté de Tijuana. Une scène dont il se sent finalement très proche, au regard de ses premières expériences avec les drogues.

Révélé par Woodstock, cette même année, influencé par la musique afro-cubaine, le rhythm & blues et le rock, Santana, en faisant le lien entre le sud et le nord des Amériques, fait une entrée fracassante dans le milieu du rock avec cet album, bien dans le ton de la fin des années 60, aux surprenantes et percutantes touches latino et à la photo de couverture léonine plus célèbre que les clichés de son homologue de Belfort ou de Tarascon.

Essentiellement instrumental, il se positionne comme le précurseur de ce genre nouveau qui met la planète entière sur le cul. Waiting, par lequel l’album éponyme ouvre, est significatif de ce rock si particulier, fait de rythmiques, de percussions, autour desquelles l’Hammond de Rolie vient enrubanner ses lignes et ses notes.

Et puis il y a Carlos, ce guitariste inspiré, fin, fluide, et une rythmique bosseuse, enjouée avec David Brown (basse) et de Michael Schrieve (batterie), 17 ans à l’époque, et révélé par sa prestation fabuleuse à Woodstock.

Waiting donne le ton de cette musique rafraîchissante, atypique et qui va devenir  la marque de fabrique de Santana, le visionnaire. C’est pourtant le cha-cha Evil Ways, un top 10 dominé par l’orgue de Rolie (et ponctué par un solo accrocheur de Carlos), le titre suivant, qui popularisera Santana.

Shades Of Time avec un excellent Rolie au chant, l’instrumental Savor (quel solo de timbales de Chepito !) et le fabuleux Jingo, autre hit de l’album, s’enchaînent sur un rythme endiablé. Dans cette effrénée succession de rythmes, Santana passe en revue un Persuasion pièce rock, un jazz latino du nom de Treat (écoutez la prestation de Rolie au piano, c’est phénoménal !), le blues You Just Don’t Care. Arrive alors, pour conclure, Soul Sacrifice, le grand et explosif Soul Sacrifice, l’énorme et transcendant Soul Sacrifice qui frise l’état de grâce.

Album de la spontanéité, de l’inventivité, accrocheur, frénétique, entraînant, sans temps mort et sans déchet, ce disque est avant tout celui d’un collectif en totale osmose ; pas celui d’un guitare héros. Il a donc la force et la cohésion d’un travail d’équipe.

Santana, l’album, définit un nouveau genre musical. La créativité et les expériences en vogue dans le courant des années 60 ont vraiment défriché le terrain du rock, comme on peut en juger dans cette merveille de Santana. Pour le bonheur qu’ils nous procurent, qu’ils soient sanctifiés ! Ay Caramba ! De l’écouter l’espace de cette chronique me file un fricotin de jeune premier. Où qu’elle est la mémère, non de Dieu que j’y cause (RAZOR©).

 

1. Waiting.

2. Evil Ways.

3. Shades of Time.

4. Savor.

5. Jingo.

6. Persuasion.

7. Treat.

8. You Just Don't Care.

9. Soul Sacrifice.

 

Carlos Santana:guitare,chant.

Gregg Rolie:orgue,piano,chant.

David Brown:basse.

Michael Shrieve:batterie.

Michael Carabello:timbales,congas,percussions.

Jose 'Chepito' Areas:timbales,congas,percussions.

 

LP Studio 2 - 1970

 

Santana abraxas

 

SANTANA

ABRAXAS – 1970  5/5

 

Publié en septembre 1970.

Produit par Fred Catero,Carlos Santana.

Durée:37:18.

Label:Columbia.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,rock latino,rock.

 

Epicé !

 

Le Carlos, il nous a mis sur le cul avec son album éponyme qui précède et, surtout, en étant à l’initiative d’un style musical à nul autre comparable, un mélange de sonorités sud-américaines et de rythmes chaloupés caribéens avec le rock plus familier du nord des Amériques. Difficile de faire mieux et pourtant, non seulement le chicano va passer le cap délicat du deuxième disque, mais il va placer, pour la seconde fois de rang, l’œuvre à suivre à un très haut niveau …

Les airs de Santana (le LP) trottent encore dans toutes les têtes qu’à peine un an plus tard, Abraxas (en écoute intégrale ici), enrobé dans une pochette colorée, chatoyante, qui réfère à l’Annonciation de Mati Klarwein, fait son apparition dans les bacs. C’est la copie conforme de celui auquel il succède, l’impulsivité en moins. Plus fignolé, délesté de l’esprit jam qui sied au précédent, il n’en est pas moins une grande réussite de Carlos et de sa troupe.

Le schéma est le même, construit autour de rythmes afro-cubains, de la tierce rythmique basse/batterie/percussions, de l’orgue et du piano de Rolie, perclus des soli de guitare incomparables de son talentueux leader. Ni plus, ni moins, en s’appuyant sur une grande maîtrise technique de ses acteurs, reconduits cela va de soi, au vu de la récente prestation discographique. Rolie, Chepito Areas, Brown, Shrieve, Carabello et Carlos constitue la dream team qui se colle au projet Abraxas.

De cet univers cadencé de 36 minutes émergent trois titres aussi prestigieux que les Soul Sacrifice et Evil Ways précédents : il sont restés d’incontournables références du maître mexicain : le plus célèbre, Black Magic Woman, dont on ne répétera jamais assez que la paternité en revient à Peter Green de Fleetwood Mac (1968) et qui se positionne au quatrième rang des charts US ; Oyo Como Va, reprise à Tito Fuente (1963), réarrangée pour en faire le succès que l’on sait (13 au Billboard 100) et l’inénarrable et accrocheur instrumental Samba Pa Ti, un slow comme on disait, sur lequel bon nombre de mes congénères en âge ont, comme moi, roulé des galoches de vorace. Ce dernier pénètre pour la première fois les charts UK et sort en single en 74 pour servir de tremplin à la tournée de promotion anglaise pour la compil’ Greatest Hits.

205 au classement Rolling Stone des plus grands disques de rock de tous les temps, Abraxas, qui reprend, en 9 plages, les ingrédients gagnants du disque antérieur, est une base incontournable du catalogue de Santana.

Singing Winds, superbe instrumental, ouvre avec bonheur les hostilités vinyliques. Outre les morceaux huppés évoqués par ailleurs, Abraxas bénéficie de la qualité de pièces comme celle latino jazzy Incident At Neshabur qui clôture la face A du support en acétate, comme le bouillonnant et calliente Se A Cabo, le torride El Nicoya, Hope You’re Feeling Better et Mother’s Daughter, plus rock. Conclusion : hors de question de se détourner de ce disque basique de l’œuvre santanienne. C’est du plaisir à chaque note, ce ne sera pas toujours le cas avec Santana par la suite (RAZOR©).

 

1. Singing Winds,Crying Beasts.

2. Black Magic Woman/Gypsy Queen.

3. Oye Como Va.

4. Incident At Neshabur.

5. Se A Cabo.

6. Mother's Daughter.

7. Samba Pa Ti.

8. Hope You're Feeling Better.

9. El Nicoya.

 

Carlos Santana :guitare,chant.

Gregg Rolie:claviers,chant.

Dave Brown:basse.

Mike Shrieve:batterie.

José Areas:timbales,congas.

Mike Carabello:congas.

 

LP Studio 3 - 1971

 

Santana iii

 

SANTANA

SANTANA III – 1971  5/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Santana.

Durée:41:26.

Label:Columbia.

Genre:rock,rock latino.

 

Santana monte en puissance.

 

Après le succès de l’album éponyme de 1969 et celui, dans l’année qui suit, d’Abraxas, Santana le groupe, en 1971, y va d’un troisième LP, baptisé sobrement Santana III (en écoute intégrale ici), précision qui n’apparaît pas sur la pochette très psychédélique et qui amène souvent à le confondre avec la première levée du groupe deux ans auparavant.

Le troisième volume du catalogue achève ainsi une trilogie latin-rock historique et annonce la fin d’une époque artistique avec les changements de style et de line-up qui vont s’annoncer à sa suite.

Moins connu que ces illustres devanciers, cet album enregistré dans les studios Columbia de Frisco, donne l’occasion au guitariste Neal Schon de rejoindre le groupe, pour une courte période cependant. Santana III est une réussite totale : il est riche, cohérent, varié, plein de vivacité.

Servi par des musiciens techniquement fantastiques et collectivement sur la même longueur d’ondes, Santana III marie la musique latino au rock, au jazz, à la salsa, à la soul, au blues. Comme ses prédécesseurs, il procure un plaisir d’écoute égal, jouissif. Santana monte en puissance, c’est indéniable.

De Batuka à Para Los Rumberos, ce sont 9 titres jubilatoires, inspirés et vivifiants qui se succèdent. Le point d’orgue revient à l’instrumental poignant et anthologique qu’est Toussaint l’Overture  et signé en hommage à un esclave français, devenu gouverneur de Saint-Domingue, qui a lutté pour la libération de l’esclavagisme haïtien. Ce titre est la pièce maîtresse d’un l’album, peut-être supérieur aux deux autres, de par son grand côté technique.

Il nous confirme que Gregg Rolie, à l’orgue et au chant, est un sacré client. Pour vous en convaincre, écoutez Tabou et Everything’s Coming Our Way. N’ayons pas peur des mots : ce Santana III est absolument prodigieux. Et ça te fout une pêche ! Si je vous dis que Carlos Santana n’était pas satisfait de ce disque exceptionnel, vous ne me croiriez pas ? Et c’est pourtant ce qu’il a déclaré… T’es pas bien Carlos, arrête les omelettes aux champignons mexicains, c’est trop d’la balle ton truc (RAZOR©).

 

1. Batuka.

2. No One To Depend On.

3. Taboo.

4. Toussaint L'Overture.

5. Everybody's Everything.

6. Guajira.

7. Jungle Strut.

8. Everything's Coming Our Way.

9. Para Los Rumberos.

 

Michael Shrieve:batterie,percussions.

José "Chepito" Areas:percussions,congas,timbales,batterie.

Gregg Rolie:claviers,piano,chant.

David Brown:basse.

Mike Carabello:percussions,congas,tambourin,chant.

Rico Reyes:percussions,chant.

Carlos Santana:guitare,chant.

Thomas "Coke" Escovedo:percussions.

Neal Schon:guitare.

Mario Ochoa:piano.

Tower of Power:section de cuivres.

Luis Gasca:trompette.

Linda Tillery:chœurs.

 

LP Studio 4 - 1972

 

Santana caravanserai

 

SANTANA

CARAVANSERAI – 1972  5/5

 

Publié en octobre 1972.

Produit par Carlos Santana,Mike Shrieve.

Durée:51:21.

Label:Columbia.

Genre:jazz fusion,jazz-rock.

 

Ambiance chichon.

 

Caravanserai (en écoute intégrale ici), publié en 1972, n’échappe pas à la bonne habitude qu’a prise Carlos Santana et sa dream team de produire une quatrième fois de rang un album de très haut niveau. Le genre est différent. Adieu le rock latino des trois premiers LP, désormais place au jazz fusion. Une nouvelle ère s’ouvre qui révèle un artiste fan de Coltrane, du Mahavishnu Orchestra de McLaughlin, donc de jazz.

Partant de là, ce quatrième pli discographique d’une cinquantaine de minutes essentiellement instrumentales s’inscrit dans un registre complètement différent, même si les influences caribéennes et afro demeurent. Pour négocier ce virage artistique, l’album s’appuie sur 7 instrumentaux sur 10 titres qui poussent à l’extrême la virtuosité de la dizaine de musiciens prenant part à l’enregistrement.

Encore une fois, le rendu est fabuleux, même si cette phase jazzy ne fédère pas autour d’elle les fans de la période rock latino. L’album recentre l’intérêt un peu plus sur Carlos Santana, sans reléguer les autres comparses au rôle de faire-valoir. La cohésion entre les membres est toujours de rigueur et transparaît durant le cheminement de ce disque plus spirituel et expérimental.

Caravanserai est un voyage musical spirituel incomparable, ponctué d’escales paradisiaques : la bienheureuse introduction Eternal Caravan Of Reincarnation, l’aérien Waves Within, le coloré funky Look Up, Stone Flower, moment de bonheur de Jobim, revu par Carlos Santana, le céleste Song Of The Wind qui exprime toute la sensibilité du jeu de guitare du mexicain, All The Love Of The Universe, anthologique, le tribal Future Primitive et l’apothéose avec l’enflammé Every Step Of The Way (signée Mike Shrieve, avec une guitare convulsive de Santana). Pardon si j’en ai oublié, mais pour faire court, et tout vous dire, c’est le dernier album de Neal Schon  et de Gregg Rolie (qui ouvrira un restaurant, puis fondera son groupe, Journey), en désaccord avec les desseins artistiques du patron.

Santana, qui vient de découvrir la spiritualité orientale (il prendra le nom de Devadip) réussit ainsi ses premiers pas expérimentaux dans la fusion jazz rock. La clé de cette réussite tient sans doute dans le fait que le groupe n’a pas cherché à copier ce qui se faisait alors, préférant focaliser sa conception, sans sortir des clous, sur sa propre vision et ce, malgré Columbia qui, persuadé que le mystique Caravanserai a tout du hara kiri commercial, l’exhorte alors à continuer à faire du rock latino. Bien lui a pris, c’est nous qui en bénéficions. En effet, ça vole encore très haut ici, au point d’être un univers à tarpé privilégié, mais attention, et là je m’adresse aux néophytes, le virage opéré est à 180°. Pas de hit ici, mais une oasis où cohabitent exotisme, volupté, sensibilité, légèreté et virtuosité (RAZOR©).

 

1. Eternal Caravan Of Reincarnation.

2. Waves Within.

3. Look Up (To See What's Coming Down).

4. Just In Time To See The Sun.

5. Song Of The Wind.

6. All The Love Of The Universe.

7. Future Primitive.

8. Stone Flower.

9. La Fuente del Ritmo.

10. Every Step Of The Way.

 

Hardley Caliman:saxophone.

Neal Schon:guitare.

Tom Rutley:contrebasse.

Wendy Haas:piano.

James Mingo Lewis:percussion,congas,bongos,piano,chant.

Carlos Santana:guitare,percussion,chant.

Mike Shrieve:batterie.

Douglas Rauch:basse,guitare.

Douglas Rodrigues:guitare.

Gregg Rolie:orgue,piano.

Jose "Chepito" Areas:tambours,congas,bongos.

Rico Reyes:choeurs.

Lenny White:castagnettes.

Armando Peraza:percussion,bongos.

Tom Coster:piano électrique.

Tom Harrel:arrangements orchestraux.

 

LP Studio/Collaboration 1973

 

Santana mclaughlin 74

 

CARLOS SANTANA/MAHAVISHNU JOHN MCLAUGHLIN

LOVE, DEVOTION, SURRENDER – 1973  5/5

 

Publié en juillet 1973.

Produit par Carlos Santana.

Durée:38:44.

Label:Columbia.

Genre:jazz-rock,jazz fusion.

 

Le langage du cosmos.

 

Carlos Santana et John McLaughlin ont ceci en commun d’être l’un comme l’autre des guitaristes d’exception mais aussi d’avoir suivi une voie spirituelle identique, étant tous deux des disciples de la doctrine de Sri Chinmoy : Devadip pour le premier nommé et Mahavishnu pour le second. Partant de là, leur décision de monter le projet coltranien qu’est Love, Devotion, Surrender (en écoute intégrale ici) est inéluctable, d’autant que l’un comme l’autre ont le génial saxophoniste de jazz dans la peau.

Pour l’événement, le clan Santana se confond avec le Mahavishnu Orchestra pour donner le jour à un enregistrement qui se positionne encore aujourd’hui comme une référence incontournable d’un jazz fusion qui en est alors à ses balbutiements. Les styles se mêlent, les limites entre jazz et rock s’estompent tandis que l’expérimentation bat son plein. Santana trouve son compte et prend son pied dans une voie dans laquelle il va insister un temps avec plus ou moins de succès. Le plus pour Borboletta édité en 1974, le moins pour Welcome qui le précède d’un an.

Rencontre entre deux monstres sacrés, cette collaboration au sommet de 1973 est un disque à côté duquel on ne peut pas passer, car il représente un must de la fusion entre le rock et le jazz. Ok, ce n’est pas ce qu’il y a de plus abordable comme musique, c’est même parfois complexe et Santana se prendra les pieds dans le tapis de cette complexité ; ok, le fan desabusé et revanchard du Santana en mode rock latino, déjà bassiné par le changement de cap de Caravanserai, pourtant une merveille artistique, peut s’en battre royalement, mais il faut se laisser aspirer au moins une fois par cet univers. Pour en tâter.

Mal compris en son temps par son auditoire, le temps fait parfois bien les choses et l’album révèle une étonnante beauté, malheureusement occultée par les œillères partisanes du moment. Rendons donc à César ce qui appartient à César.

Quand on tient la chance de réunir sur un projet commun deux guitaristes comme Carlos Santana et John McLaughlin, c’est à une rencontre pour l’Histoire à laquelle on est convié. Alors, on s’incline, on s’assoie et on écoute religieusement. Plusieurs fois, s’il le faut du fait, de sa complexité. Je vous l’accorde. Mais on écoute ces adeptes de spiritualité orientale qui encense leur jeu de guitare, qui nimbe tout le disque d’un voile mystique fabuleux et perpétue l’esprit de Coltrane, de Miles Davis, des Maîtres.

Cette collaboration enluminée vous mène droit au cœur de la Maison du Seigneur (Let Us Go Into The House Of The Lord), vous enveloppe dans sa Vie Divine (The Divine Life), vous ouvre les portes de la méditation (Meditation) et vous propose de trouver l’Amour Suprême (A Love Supreme), avec Naima pour guide. Quand la virtuosité vient s’en mêler, on obtient 40 minutes de bonheur extrême. Rassurez-vous mes frères, je n’ai rien fumé, ni pris d’illicite substance. Je n’ai intégré aucune secte. On parle seulement de musique exaltante, légère, émouvante et optimiste. C’est le langage du cosmos… Un don du ciel, vous pouvez m’en croire ! (RAZOR©)

 

1. A Love Supreme.

2. Naima.

3. The Life Divine.

4. Let us Go Into the House of the Lord.

5. Meditation.

6. A Love Supreme (Take 2).

 

John McLaughlin:guitare,piano.

Carlos Santana:guitare.

Doug Rauch:guitare.

Mahalakshami Eve McLaughlin:piano.

Khalid Yasin:piano,orgue.

Mingo Lewis:piano,claviers.

Billy Cobham:batterie,percussions.

Don Alias:batterie,percussions.

Jan Hammer:batterie,percussions.

Michael Shrieve:batterie,percussions.

Armando Peraza:congas,percussions,voix.

 

LP Studio 5 - 1973

 

Santana welcome

 

SANTANA

WELCOME – 1973  3,5/5

 

Publié en novembre 1973.

Produit par Carlos Santana,Mike Shrieve,Tom Coster.

Durée:50:34.

Label:Columbia.

Genre:jazz fusion.

 

Un coup de moins bien.

 

Il fallait bien que ça arrive un jour. Entre 1969 et 1972, Santana a accumulé les récompenses et les critiques élogieuses en passant avec succès d’un rock latino taillé pour réussir dans les charts à une musique jazz expérimentale plus sophistiquée. Ce dernier créneau, abordé par la voie de Caravanserai (1972) et relayé par le disque en collaboration avec Mahavishnu McLaughlin (Love, Devotion, Surrender/1973), sorti trois mois avant Welcome (en écoute intégrale ici) qui nous intéresse aujourd’hui, va occuper l’esprit et le temps de Carlos jusque fin 1974 et la publication de Borboletta, mon disque préféré de la seconde phase artistique du chicano.

Welcome arrive dans les bacs en novembre 1973 et un constat s’impose : Santana n’est pas au niveau de ses précédentes sorties. Cela mérite quelques explications. Des pertes importantes, notamment celle de Rolie, une tendance de Carlos à la faire compliquer, là où ça paraissait si simple hier. Mais ça passe encore, l’album à 3,5/5 tient largement la route.

Gregg Rolie et Neal Schon, partis pour divergence artistique, sont remplacés par Tom Coster et Leon Thomas. John McLaughin, partie prenante dans l’excellent Love Devotion Surrender avec Santana pointe sur cet album, ainsi que la veuve de John Coltrane, Alice (au piano), avec laquelle Santana signera l’année suivante Illuminations. Vous suivez ?

Très pénétré par son incursion dans la fusion jazz-rock, Santana se montre de plus en plus ambitieux sur le plan artistique. Trop même. A force de repousser les limites de sa créativité, il en arrive à se compliquer la musique, comme c’est le cas avec cet album, cinquième studio, sixième personnel, si l’on compte celui avec Mahavishnu McLaughlin.

En se posant sur le jazz-rock, Santana n’a rien d’un illuminé. Il est un vrai amoureux du jazz, de Coltrane et consorts et ne fait que suivre une tendance artistique alors en vogue, comme Buddy Miles ou Weather Report.

La raison pour laquelle Welcome est un ton en dessous de Caravanserai auquel, à genre égal, on peut vraiment le comparer, tient surtout dans le fait que les titres chantés supplantent ceux instrumentaux auxquels nous nous sommes habitués depuis, et que le chant de Thomas se révèle ennuyeux et assez loin de celui de Rolie. Le jeu de claviers de l’organiste démissionnaire fait également gravement défaut ici, Closter son suppléant étant moins influent et affichant une envergure moindre par rapport à Rolie.

Le chant prend présentement trop de place, le jazz étant, pour moi, une science plus instrumentale que chantée. Là, nous sommes plus en présence d’un disque de jazz avec des bribes de rock, plutôt qu’un disque de rock teinté de jazz et de notes latines. De quoi égarer les fans et les décevoir, même si Welcome ne manque pas pour autant d’intérêt.

Going Home, arrangé par Alice Coltrane, est un très bel instrumental. When I Look Into Your Eyes est très mélodieux. Dans un style bossa nova et une ambiance très jazz-rock, Yours Is The Light met en exergue la guitare de Carlos et la voix de la diva brésilienne Flora Purim. C’est vraiment pas mal du tout.

Santana redevient Santana sur Mother Afrika. Son pouls bat encore pour ses premières amours. Admirez le travail en percussion d’Armando Peraza et notez l’apparition du saxophoniste soprano Jules Broussard (un frenchie dans le milieu rock des années 70, c’était plutôt rare !). Le très long (11 :33) Flame-Sky, sorte de jam étirée, me plaît bien également, étant bien dans le ton de Caravanserai.

Les pistes évoquées et la bonne humeur ambiante permettent à ce disque de tirer son épingle du jeu. On reprochera cependant au mexicain de tenter trop de choses simultanément. Mais, peut-on montrer du doigt un artiste qui ose ? (RAZOR©)

 

1. Going Home.

2. Love, Devotion, and Surrender.

3. Samba de Sausalito.

4. When I Look into Your Eyes.

5. Yours Is the Light.

6. Mother Africa.

7. Light of Life.

8. Flame Sky.

9. Welcome.

 

Leon Thomas:chant,sifflement.

Carlos Santana:chant,guitare,guitare acoustique,guitare électrique,basse,kalimba,percussions.

Flora Purim,Wendy Haas:chant.

John McLaughlin:guitare.

Bob Yance,Joe Farrell,Mel Martin:flûte.

Jules Broussard:saxophone soprano.

Tom Coster:piano,piano électrique,orgue,marimba.

Richard Kermode:piano,piano électrique,mellotron,marimba,shekere.

Tony Smith,Michael Shrieve:batterie.

Armando Peraza:congas,bongos,percussions.

José Chepitó Areas:congas,timbales,percussions.

 

LP live 1 - 1973

 

Santana lotus

 

SANTANA

LOTUS – 1973  5/5

 

Publié en mai 1974.

Produit par Santana.

Durée:121:08.

Label:Columbia.

Genre:rock latino,jazz-rock,jazz fusion,rock.

 

Trip, trip, trip…hourrah !

 

Lotus (en écoute intégrale ici) et ses 22 plages a pour lui trois choses : il est triple dans son format vinyle, double CD depuis le passage au numérique, dispose d’un son époustouflant et, et c’est bien là l’essentiel, il est exceptionnel. Depuis le temps qu’on attendait un live, Carlos ne fait pas dans la demi-mesure et nous sert un programme d’enfer sur un plateau, de quoi se repaître, à satiété, de titres déjà goulument consommés de sa période latino, alors qu’il a, sur un plan artistique amorcé par  Caravanserai (1972) il y a un an, les deux pieds dans le jazz, le cœur à Coltrane et la spiritualité orientale comme fil conducteur.

De cette nouvelle direction musicale, il en présente ici quelques facettes, trois des morceaux annonçant  Welcome, sorti en novembre 73, soit 6 mois avant Lotus, figurant au listing de la performance enregistrée au Japon, à Osaka plus particulièrement les 3 et 4 juillet 1973. Le reste s’appuie sur le registre le plus familier, le plus commercial de Santana, puisé dans les populaires albums Santana, Abraxas et Santana III et sur quelques pièces du dernier LP alors publié, le fameux Caravanserai dont le virage à 180° subit semblait devoir signer la fin de carrière du mexicain. Y figurent également certaines chansons (8) que l’on ne retrouve sur aucun LP du groupe.

Ainsi, on retrouve avec infiniment de plaisir et d’impatience, les airs monumentaux et rythmes exceptionnels qui ont popularisé l’artiste et immortalisé le label Santana. C’est pourtant Going Home et la phase jazzy qui ouvre les hostilités avec le public nippon que je peux imaginer alors complètement déstabilisé par ce qu’on lui sert en entrée. Mais la sauce santanienne se met en place, l’artiste et sa cavalerie font monter le plaisir, jouent au chat et à la souris avec les impatients et ce qui va s’engager derrière les premières incursions caribéennes va s’avérer énorme. A-1 Funk et Every Step Of The Way (de Caravanserai) servent d’amuse-gueule et Carlos en est encore à faire durer la note et le plaisir jusqu’à ce que Black Magic Woman (et ses premiers applaudissements) ne s’invite et que la version acétate oblige à basculer du recto au verso. C’est parti mon kiki.

Vingt minutes d’échauffement, deux heures à surchauffer un auditoire qui n’a jamais été aussi privilégié d’être là et qui en sort rincé. Et dire que Lotus n’était prévu que pour le marché asiatique… Perso, quand j’ai eu l’info, ça m’a coûté un bras pour le faire venir en import ; j’étais certainement un des seuls de ma contrée à l’avoir. J’ai le souvenir qu’il a alimenté plein de cassettes de proches. Des 120 minutes, au regard de sa durée…

Histoire de chercher la petite bête, le seul reproche que l’on pourrait formuler à propos de cet ouvrage live en trois volumes se situe dans le fait que, hormis quelques timides manifestations du public et la faute n’en revient pas au nippon qui est plutôt communicatif, on est loin des ambiances délirantes qui accompagnent les œuvres légendaires passées à la postérité. C’est dommage, mais il en faut plus pour tuer le mythe (RAZOR©).    

 

Face 1.

1. Going Home.

2. A-1 Funk.

3. Every Step of the Way.

 

Face 2.

4. Black Magic Woman.

5. Gypsy Queen.

6. Oye Como Va.

7. Yours Is the Light.

 

Face 3.

8. Batuka.

9. Xibaba (She-Ba-Ba).

10. Stone Flower (introduction).

11. Waiting.

12. Castillos de Arena Part 1 (Sand Castle).

13. Free Angela

14. Samba de Sausalito.

 

Face 4.

15. Mantra.

16. Kyoto.

17. Castillos de Arena Part 2 (Sand Castle).

 

Face 5.

18. Incident at Neshabur.

19. Se a Cabo.

 

Face 6.

20. Samba Pa Ti.

21. Mr Udo.

22. Toussaint L'Overture.

 

Carlos Santana:chantguitare,percussions.

Tom Coster:chant,piano électrique,orgue,claviers,percussions.

Richard Kermode:chant,piano électrique,claviers,percussions.

 Armando Peraza:chant,congas,bongos, percussions.

José Chepitó Areas:chant,congas,timbales,percussions.

Leon Thomas:chant,maracas,percussions,effets sonores.

Doug Rauch:guitare.

Michael Shrieve:batterie.

 

LP Studio/Collaboration 1974

 

Santana devadip santana alice coltrane illuminations

 

DEVADIP CARLOS SANTANA/TURIYA ALICE COLTRANE

ILLUMINATIONS – 1974  4/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Turiya Alice Coltrane,Devadip Carlos Santana,Tom Coster.

Durée:35:40.

Label:Columbia.

Genre:jazz fusion.

 

L’ombre de Coltrane.

 

Quand Carlos Santana aborde les sessions d’enregistrement d’Illuminations publié en 1974, il est Devadip, nom hérité de sa spiritualité orientale et dont l’a affublé son mentor Sri Chinmoy.

Depuis le début des années 70 et avec la fin du cycle rock latino, Carlos Santana est Devadip jusqu’au bout des ongles et voue un culte sans limites à John Coltrane et au jazz fusion, facette que l’on a pu découvrir avec bonheur depuis Caranvanserai, dans sa collaboration avec Mahavishnu McLaughlin (Love, Devotion, Surrender) ou dans le récent Welcome. Il attire de plus en plus l’attention des critiques même si les fans de la première heure ne sont pas encore chauds pour faire le grand saut avec lui.

La veuve de Coltrane, Alice, est également une disciple de cette spiritualité où elle apparaît sous le nom de Turiyasangitananda. C’est sous l’identité simplifiée à Turiya qu’elle figure au générique de ce nouveau disque qui implique Santana. 

Pianiste dans le dernier groupe de son illustre jazziste de mari, Alice Coltrane était déjà du précédent disque de Carlos dans la mesure où c’est elle-même qui a réalisé les arrangements du titre d’ouverture de Welcome, Going Home. Elle mène, depuis la mort de son époux, une carrière solo très appréciée de ses fans et sa sensibilité est très recherchée dès lors qu’il s’agit d’arranger au niveau des cordes ou dans la pratique de la harpe. C’est le cas ici et elle aussi s’attirera les remarques désobligeantes de ceux qui la suivent et qui ne comprennent pas qu’elle aille se fourvoyer dans une telle entreprise avec le latin rocker.

A la sortie d’Illuminations (en écoute intégrale ici), qui réunit également aux côtés du couple les jazzmen de renom que sont Dave Holland et Jack DeJohnette, respectivement bassiste et batteur/percussionniste, les détracteurs en sont pour leurs frais : la pioche est excellente.

Illuminations baigne dans la spiritualité de Sri Chinmoy, l’ambiance générale se pare d’une douce coolitude propice au rêve et à la méditation, surtout dans sa première partie. Coltrane aurait aimé.

Dans ce contexte jazz, la patte de Santana, transposée du latino au cosmos, jamais excessive, s’exprime discrètement mais elle est palpable à chacune de ses notes et reconnaissable à mille lieux à la ronde. L’influence des deux artistes sur le projet commun est d’ailleurs très nette. Comme, dans leur sillage, toute une équipe s’y montre inspirée, il en résulte un grand album dont la fusion est un modèle du genre, même si certains passages se révèlent difficiles à écouter.

En ce sens, le travail d’arrangement de Madame Coltrane s’avère payant, notamment sur la piste reine du disque Angel Of Air/Angel Of Water sur lequel plane la flûte sombre de Jules Broussard. Bliss : The Eternal Now du Maître saxophoniste défunt et Angel Of Sunlight, étiré au ¼ d’heure pour nous permettre l’anthologique interaction entre la gratte de Carlos et le sax soprano du frenchie Broussard constituent les deux autres grandes révélations de ce disque souvent subtil, toujours romantique dont la fusion jazz-symphonique est à montrer dans toutes les écoles.

Ce genre de coopération huppée avait permis, en 1973, à John McLaughlin et Santana, de collaborer merveilleusement sur Love Devotion Surrender. Avec Alice Coltrane, le guitariste latino-sanfranciscain signe une perle supplémentaire dans sa carrière. Le pari était audacieux ; Illuminations est réussi. L’ombre de Coltrane plane sur ce disque (RAZOR©).

 

1. Guru Sri Chinmoy Aphorism.

2. Angel of Air/Angel of Water.

3. Bliss: the Eternal Now.

4. Angel of Sunlight.

5. Illuminations.

 

Carlos Santana:guitare,voix.

Alice Coltrane:claviers,harmonica.

Murray Adler:violon.

Marilyn Baker:viole.

Meyer Bello:viole.

Jules Broussard:flûte,saxophone.

Tom Coster:claviers,orgue,piano,voix.

Rollice Dale:viole.

Jack DeJohnette:percussions,batterie.

Ron Folsom:violon.

Phil Ford:tabla.

Anne Goodman:cello.

Glenn Grab:cello.

Allan Harshman:viole.

Dave Holland:basse.

Nathan Kaproff:violon.

Myra Kestenbaum:viole.

Gordon Marron:violon.

Armando Peraza:percussions,voix.

David Schwartz:viole.

Fred Seykoura:cello.

Charles Veal:violon.

 

LP Studio 6 - 1974

 

Santana borboletta

 

SANTANA

BORBOLETTA – 1974  5/5

 

Publié en octobre 1974.

Produit par Carlos Santana,Michael Shrieve,Tom Coster.

Durée:49:52.

Label:Columbia.

Genre:jazz fusion.

 

Borboletissimo !

 

Depuis quelque temps déjà, précisément depuis qu’il a greffé Devadip (Œil de Dieu) à un nom devenu une légende avant l’heure, Carlos Santana, le jazzman discipline de la spiritualité orientale, et Carlos Santana le musicien qui a introduit les rythmes caribéens dans le rock, ne font qu’un.

Il sélectionne soigneusement son entourage musical dans le milieu du jazz, s’associe à d’autres disciples pour pousser plus loin les expérimentations jazz-rock (John Mahavishnu McLaughlin et Alice Turiya Coltrane), heureuses, c’est le moins que l’on puisse dire. Il a des exigences dictées par une spiritualité poussée à l’extrême et les fruits de ce choix ont engendré une série d’albums incroyables et totalement différents du Santana initial.

En 1974, sort un sixième disque studio, Borboletta (en écoute intégrale ici), orienté funk-jazz qui s’avère être le dernier de la deuxième phase artistique de Santana, débutée avec Caravanserai, et ce, avant de revenir à ses premières amours, le rock latino. Personnellement, ayant été un fervent défenseur de cette dernière période, plus complexe certes, je porte un regard bienveillant à ce disque créatif, bien ciselé, maîtrisé, mature. Je conçois tout à fait, en contrepartie, que les clients du latin’ rocker d’Abraxas et des Santana I et III ne mangent pas de ce pain.

Néanmoins ce répertoire lui va bien, au point qu’il en est un des dignes symboles dans les années 70. Le LSD n’a pas fait que des dégâts, il a également ouvert l’esprit, développer la spiritualité et affiner la fibre sensible de certains dont Carlos.

L’esthétique et subtil Borboletta, élégant et raffiné, enjoué de surcroît, en récolte les fruits et l’humeur. Chaque instrument s’y exprime en roue libre, même si c’est toujours la percussion qui est la note dominante de son travail : le sax, les claviers, la guitare (de plus en plus époustouflante dans ses solos) qui se fait plus funky pour le besoin.

Ses excellentes recrues dans le jazz (Broussard, notamment) montrent que Santana est un DRH inspiré et qu’il n’a pas son pareil pour en exploiter la substantifique moelle. La collection incroyable de ses titres sur cet album m’incite à avancer que Santana a certainement fait de Borboletta son meilleur album, artistiquement parlant.

Cela, ses admirateurs ne le partagent pas forcément, Santana étant un artiste clivant selon que l’on se positionne sur la période 1969/71 ou sa suivante, 1972/74, autrement dit selon que l’on soit sensible aux rythmes et percussions ou à la complexité jazzy qu’il a développée (RAZOR©).

 

1. Spring Manifestations.

2. Canto de los Flores.

3. Life Is Anew.

4. Give and Take.

5. One with the Sun.

6. Aspirations.

7. Practice What You Preach.

8. Mirage.

9. Here and Now.

10. Flor de Canela.

11. Promise of a Fisherman.

12. Borboletta.


Carlos Santana:guitare,percussions.

Tom Coster:piano,claviers.

Michael Shrieve:batterie.

Leon Patillo:chant,piano.

Flora Purim:chant.

Jules Broussard:saxophone soprano et tenor.

Armando Peraja:saxophone soprano,congas.

David Brown,Stanley Clarke:basse.

Léon Chancler:batterie.

Jose Chepito Areas:congas.

Airto Moreira:percussions.

 

LP Studio 7 - 1976

 

Santana amigos

 

SANTANA

AMIGOS – 1976  3,5/5

 

Publié en mars 1976.

Produit par David Rubinson.

Durée:41:14.

Label:Columbia.

Genre:funk rock,rock.

 

Decepción !

 

Je vous fais une confidence. Amigos (en écoute intégrale ici) est le premier Santana que j’ai acheté en cassette et encore, dans un bac de produits soldés à perte ; je ne suis jamais passé au vinyle, encore moins au CD, format que je ne porte pas spécialement dans mon cœur. Mon attitude du moment, jamais corrigée depuis, est révélatrice de l’intérêt que j’ai de tout temps porté à ce disque de funk rock marquant le retour de Carlos dans les charts pour la première fois depuis 5 ans et qui démarre ce que j’appellerai la période disco du mexicain.

Mon avis n’a pas changé.  Malgré un regain de vitalité, Amigos reste un disque de funk-rock acceptable, qui a le mérite d’être porté par deux, voire trois titres phares dont un culte, Europa. A part ça, je ne vois aucune raison de s’enflammer comme un puceau face à  sa première branlette pour Amigos !

Je ne vais pas crier au retour du héros sous prétexte que quelques chansons  up-tempo sortent du lot et rappellent un passé à succès. Pas de ça, les gras ! Loin de moi donc l’envie de m’épancher comme une pleureuse sur un disque, somme toute sympathique pour les rares munitions épicées qu’il détient dans le barillet et parce que je respecte les goûts et les sentiments de mes congénères, mais pas vraiment à la hauteur de sa période 1969/71. Il réfère à ce niveau de Santana, mais ne l’égale pas.

Qu’il ait cartonné dans les charts se respecte ; il est taillé pour ça et le producteur David Rubinson a été recruté pour stopper une disette commerciale qui inquiète Columbia. Ses ventes plaident en ce sens, tiré qu’il est par des tubes comme Dance Sister Dance, Let It Shine ou Europa.

Et à part ça ? Take Me With You, Let Me et Tell Me Are You Tired ne sauvent pas la patrie que je sache. C’est honnête sans plus. Et je vous rappelle que le disque ne comprend que 7 titres…

La plus belle surprise de cet album est sans conteste le jam flamenco- salsa à la cadence andalouse endiablée et à l’esprit épicé des Mariachi. Grandiose ! 

Mélange de funk, disco et de rock latino, Amigos marque l’entrée de Santana dans une nouvelle ère, moins flamboyante et moins intéressante sur le plan artistique. Elle ne laissera pas un souvenir impérissable.

A l’époque, on l’ignorait, mais, depuis, on sait que Santana a fait pire. De tout ce qu’il a pu faire jusqu’alors, Amigos est certainement le plus décevant des albums. Et dire que Festival et toute la smala s’annoncent (RAZOR©).

 

1. Dance Sister Dance.

2. Take Me With You.

3. Let Me.

4. Gitano.

5. Tell Me Are You Tired.

6. Europa (Earth's Cry Heaven's Smile).

7. Let It Shine.

 

Carlos Santana:guitare,chant,percussions.

David Brown:basse.

Tom Coster:claviers,chant.

Leon 'Ndugu' Chancler:batterie,percussions.

Armando Peraza:percussions,chant.

Greg Walker,Ivory Stone,Julia Tillman Waters,Maxine Willard Waters:chant.

 

LP Studio 8 - 1977

 

Santana festival

 

SANTANA

FESTIVAL – 1976  2,5/5

 

Publié en janvier 1977.

Produit par David Rubinson & Friends.

Durée:45:32.

Label:Columbia.

Genre:rock,pop-rock,latin rock,jazz fusion.

 

Festif et c’est tout.

 

Si le quidam lambda part en quête d’un Santana commercial, alors il frappe à la bonne porte. Festival (en écoute intégrale ici) a cartonné et permis, plus peut-être que son devancier Amigos, à Carlos Santana d’opérer un retour dans un registre très approchant de ce qu’il faisait dans la première partie de sa carrière. Associé à Amigos, il signe, en tout cas et définitivement, la fin de la période jazz fusion coltranienne qui précède. Faut-il s’en réjouir pour autant ? Sur le plan de la popularité, il est indéniable que ce créneau pop auriverde redonne des couleurs à l’artiste et à sa troupe quand, dans le même temps, il relance conséquemment sa carrière.

Cette stratégie marketing qui conduit à faire du tube pour squatter les ondes et briller sur les dancefloors de la planète, amène Festival là où les trajectoires étaient toutes tracées pour le porter : au disque d’or. A ce choix commercial, le line-up rétorque par son éclatement. Il n’est que Tom Coster qui puisse encore y croire ; pour le reste, c’est l’envolée de moineaux. L’amorce d’une traversée du désert se dessine au travers de toutes ces décisions et il faudra attendre l’aube du troisième millénaire pour que Santana se repositionne au sommet des charts (Supernatural/1999).

Festival a pour lui d’être un album festif ; c’est tout ce que l’on retiendra et d’ailleurs, c’est révélateur, ce neuvième jet a presque disparu des écrans radars auprès des aficionados du mexicain. Le chemin de croix commence pour le chicano et ce n’est pas la belle entame de ce disque (Carnaval, Let The Children Play et Jugando) qui y changera quoi que ce soit. Ses quasi 8 minutes enchaînées sont la bouée de sauvetage d’un LP qui frôle le zéro pointé.

Après la dernière note de Jugando,  je ne sais pas…allez faire les courses, bricoler, faire un câlin crapuleux avec Madame …parce que, franchement, y’a plus grand chose à voir. Revelations, peut-être…et encore (RAZOR©).

 

1. Carnaval.

2. Let the Children Play.

3. Jugando.

4. Give Me Love.

5. Verão Vermelho.

6. Let the Music Set You Free.

7. Revelations.

8. Reach Up.

9. The River.

10. Try a Little Harder.

11. María Caracóles.

 

Carlos Santana:guitare,basse,percussions,chœurs.

Leon Patillo:chant,piano.

Pablo Tellez:chant,basse,percussions.

Tom Coster:claviers,synthétiseur,percussions,chœurs.

Paul Jackson:basse.

Gaylord Birch:batterie,timbales,percussions.

Jose Chepito Areas:congas,timbales,percussions.

Raul Rekow:congas,percussions,chœurs.

Julia Waters,Maxine Waters,Orin Waters,Francisco Zavala,Joel Badie:chœurs.

 

LP hybride double Studio/Live - 1977

 

Santana moonflower

 

SANTANA

MOONFLOWER – 1977  4/5

 

Publié en octobre 1977.

Produit par Carlos Santana,Tom Coster.

Durée:86:50.

Label:Columbia.

Genre:rock,latin rock,pop-rock.

 

On ferme.

 

Moonflower (en écoute intégrale ici), le double LP hybride de cette fin d’année 1977, alterne des titres captés en public, Munich, Colmar, Paris et Londres étant les concerts de l’époque alors ciblés, et des enregistrements de studio, ceux de CBS à San Francisco ayant servi de cadre à cette opération notamment.

Par sa mise en forme un peu particulière, sous forme de mélange et non agencé en live d’un côté, studio de l’autre, Moonflower a le mérite de recréer l’ambiance des performances en public de Santana, et notamment de doter d’une pêche d’enfer les titres du récent Festival, mais également de faire le point sur une formation qui passe alors l’essentiel de son temps sur la route, en tournée. D’où l’alimentation de l’album en nouveautés studio pour rassurer sur le fait que rien n’est négligé et que ce nouveau répertoire s’inscrit bien dans la continuité de la période 69/71.

Moonflower ne révèle pas grand-chose de supplémentaire que nous ne sachions pas ou déjà sur ce groupe : la guitare de Carlos est là, les percussions et rythmiques vitaminées itou, l’orgue et les synthés… Comme au bon vieux temps quoi. Santana refait du Santana, de quoi réhabiliter une image écornée par Amigos et Festival et par un trop long séjour dans le jazz-rock ou fusion.

Tout est là aussi en termes de basiques du catalogue, j’entends par là les Europa, Soul Sacrifice, Black Magic Woman, Dance Sister Dance, Toussaint l’Overture, la trilogie Carnaval-Let The Children Play-Jugando, I’ll Be Waiting, Flor D’Luna. Ce qui ressemble à une compil’ est ici bien ciblé, puissamment restitué. Avec de tels arguments et sa spécificité, Moonflower se pose en incontournable du répertoire de Santana, ce que ne peut pas revendiquer ce qui s’annonce pour la fin des 70’s ; Derrière Moonflower, on ferme. Tout le monde descend (RAZOR©).

 

1. Dawn/Go Within.

2. Carnaval.

3. Let The Children Play.

4. Jugando.

5. I'll Be Waiting.

6. Zulu.

7. Bahia.

8. Black Magic Woman/Gypsy Queen.

9. Dance Sister Dance.

10. Europa (Earth's Cry, Heaven's Smile).

11. She's Not There.

12. Flor D'Luna.

13. Soul Sacrifice/Head, Hands & Feet.

14. El Morocco.

15. Transcendance.

16. Savor/Toussaint L'Overture.

 

Carlos Santana:guitares.

Tom Coster:claviers

Raul Rekow:congas,bongos

David Margen:basse.

Pete Escovedo:timbales,maracas.

Greg Walker:chant.

Graham Lear:batterie.

José Chepito Areas:timbales,congas.

 

LP Studio 9 - 1978

 

Santana inner secrets

 

SANTANA

INNER SECRETS – 1978  2/5

 

Publié en octobre 1978.

Produit par Brian Potter,Dennis Lambert.

Durée:42:48.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Pour les collectionneurs de pochette !

 

Pendant 10 ans, Carlos Santana a été au sommet et, rien que pour cette performance, mérite des applaudissements nourris. C’est cette respectueuse attention que semblent lui porter les membres de son staff sur la pochette de son neuvième album studio, Inner Secrets (en écoute intégrale ici), paru fin 1978. Pour l’ensemble de son œuvre, j’adhère, je partage, je suis « Charlie » comme on dirait en ce début d’année 2015. Pas pour l’album en question qui, je ne vais pas vous la jouer plus longtemps, ne mérite pas la même bienveillance ; il relègue même les espoirs entretenus dans le disque précédent Moonflower au rang de leurre commercial.

Il ne fait aucun doute, à l’heure où le punk a déjà fait « opération terre brûlée » sur le rock et où le disco fait de l’œil à ceux qui veulent se refaire une santé, que Santana n’est, ici et pour moi, pas à la hauteur des ambitions générées dans le sillage de l’après Moonflower. Il nous a gâtés depuis 1969, mais là, l’ami Carlos, dans ses habits funky, n’est pas spécialement des plus bandants.

En battant le rappel de la vieille garde de la prod’, Dennis Lambert et Brian Potter, lesquels s’empressent de placer le chanteur Greg Walker au centre des débats et, en contribuant de très près à l’écriture pour répondre aux impératifs de la division marketing qui pense en espèces sonnantes et trébuchantes, la maison Columbia sacrifie à la mode des discothèques. Et ça, cet univers ne m’a jamais fait me taper sur les cuisses de plaisir.    

Inner Secrets est un territoire fertile pour les ambiances latino qui alimentent les discothèques du moment. J’ai été un Santana de la première heure, j’ai traversé ces dix années avec lui, ai découvert son fabuleux jazz rock et je peux dire que j’ai pris mon panard sur la grande majorité des disques de la décennie, mais pas ça. Il a été fabuleux et mérite que cela soit dit haut et fort.

Inner Secrets, non. Désolé, je ne peux pas. Je dis stop ! Merci Carlos, je vais aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte…

C’est d’ailleurs ce qu’a fait Tom Closter qui quitte le groupe après y être rentré en 72, et son carnaval devenu fantomatique corso pour petite ville de province.  Santana est en cale sèche. Du disco ! J’hallucine. Et ce Greg Walker ? C’est qui le gugusse ? Il joue à quel poste ? Il a fait quoi dans sa carrière ? Il ne se drogue pas, au moins ?

Faut être un peu réaliste, à part One Chain, Open Invitation et Stormy, on a quoi ? Quedal. C’est du ramasse pognon, cette affaire, Monsieur Carlos. Pas autre chose. Allez, on met la flèche à gauche et on se gare. C’est mieux ainsi. Par contre, sii vous collectionnez les pochettes de disques, je vous le conseille. Vous l’encadrez et ça pouvez ainsi obtenir un  beau tableau de famille. Non mais… Pour moi, c’est 2/5 mais seulement parce que je suis généreux et reconnaissant (RAZOR©).

 

1. Dealer/Spanish Rose.

2. Move On.

3. One Chain (Don't Make No Prison).

4. Stormy.

5. Well All Right.

6. Open Invitation.

7. Life Is a Lady/Holiday.

8. The Facts of Love.

9. Wham!

 

Carlos Santana:guitare,chœur.

Greg Walker:chant.

Chris Solberg:guitare,chœur.

Chris Rhyne:claviers.

David Margen:basse.

Graham Lear:batterie.

Armando Peraza:percussions.

Raul Rekow:percussions.

Pete Escovedo:percussions.

 

LP Studio 10 - 1979

 

Santana oneness silver dreams golden reality

 

CARLOS SANTANA

ONENESS, SILVER DREAMS – GOLDEN REALITY – 1979  4/5

 

Publié en mars 1979.

Produit par Carlos Devadip Santana.

Durée:45:55

Label:Columbia

Genre:jazz-rock,latin rock.

 

La famille pour se ressourcer.

 

En home avisé qu’il est, Carlos Santana a bien vu que la plaisanterie, née avec Amigos, relayée par festival et sanctionnée via Inner Secrets, avait assez duré. L’éclipse, il va aller la chercher dans ce qu’il sait faire mais qu’on lui a prédit comme étant un suicide commercial, une fusion de jazz et de rock latino, même si la touche latine se fait plus discrète. Perdu pour perdu, et l’erratique LP précédent lui assurait une disparition programmée s’il continuait à se laisser séduire par les sirènes du disco dans lequel il baignait, il revient au Carlos de sa phase Caravanserai/Borboletta.

Il effectue de retour aux sources seul. Je veux dire sous l’identité de Carlos Santana et non plus de Santana, le groupe. Entouré des siens, de son épouse Urmila Deborah et de beau-papa, Saunders King, pionnier du R & B, le mexicain revit l’espace de ce nouveau projet, Oneness, Silver Dreams – Golden Reality (en écoute intégrale ici), sorti en 1979.

C’est le premier album solo de la carrière du chicano. Essentiellement instrumental, ses 15 pistes se répartissent, fifty fifty, entre des travaux de studio et des parties live de concert à Osaka au japon. L’approche artistique entre un travail en groupe et un projet en solitaire diffèrant totalement, ce premier jet personnel de Carlos Santana n’a rien à voir avec la dernière production insipide du groupe Santana. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Evitons les amalgames, Carlos en a encore sous la semelle, même si son avenir dans le collectif est mal barré comme en atteste le pauvre Marathon qui s’engage derrière cet album.

J’ai grand plaisir à me remettre à louer l’artiste, mec génial et guitariste innommable. Oneness, Silver Dreams – Golden Reality contribue énormément à cette satisfaction retrouvée. Ceux qui ont lâché prise n’auront pas la chance de souscrire à ce disque important et rassurant, pour ne pas dire salvateur.

Instrumental, inspiré, spirituel, coloré, lumineux, Oneness Silver Dreams – Golden Reality remet à l’honneur un processus créatif en berne depuis Borboletta, ce qui me conforte dans l’idée que j’ai bien fait de patienter avant de lâcher prise et de continuer à suivre du coin de l’œil l’actualité de ce phénoménal personnage. Ce disque prend place parmi les temps forts du catalogue du latino san franciscain étant assurément ce qu’il a fait de mieux en studio dans la deuxième moitié des seventies.

Son péché est que c’est un peu le bocson entre les morceaux en studio et les prestations live. L’ensemble manque de liant, c’est ce qu’on pourrait lui objecter. Je vous le recommande malgré tout (RAZOR©).

 

1. The Chosen Hour.

2. Arise Awake.

3. Light Versus Darkness.

4. Jim Jeannie.

5. Transformation Day.

6. Victory.

7. Silver Dreams Golden Smiles.

8. Cry of the Wilderness.

9. Guru's Song.

10. Oneness.

11. Life Is Just a Passing Parade.

12. Golden Dawn.

13. Free as the Morning Sun.

14. I Am Free.

15. Song for Devadip.

 

David Margen:basse.

Narada Michael Walden:batterie.

Urmila Santana:chant.

Chris Solberg:guitare,claviers,chant.

Carlos Santana:guitare,chant.

Chris Rhyne:claviers.

Clare Fischer:piano.

Saunders King:guitare,chant.

Graham Lear:batterie.

Bob Levy:synthétiseur.

Tom Coster:claviers,chant.

Pete Escovedo:percussions.

Armando Peraza:percussions,chant.

 

LP Studio 11 - 1979

 

Santana marathon

 

SANTANA

MARATHON – 1979  1/5

 

Publié en septembre 1979.

Produit par Keith Olsen,Santana,David De Vore.

Durée:40:37.

Label:Columbia.

Genre:rock,R & B,funk.

 

Un Marathon sans vainqueur.

 

Le morceau titre introduisant l’album Marathon (en écoute intégrale ici), dixième levée studio de Santana tombée fin 79, donne déjà l’envie de retourner à ses casseroles. Dès lors, à partir du moment où son suivant, Lightning In The Sky, conforte cette sensation de morosité ambiante programmée qu’Aqua Marine, pourtant un niveau au dessus de ses devanciers, ne parvient pas à gommer, on se dit, aux 2/3 du disque, qu’à ce rythme là, on est parti pour se faire chier comme rarement avec le mequicain.

Pas faux. En revêtant le costard du leader de Santana, après avoir enfilé avec réussite les habits de l’artiste solo le temps d’un intermède régénérateur (Oneness etc…), Carlos Santana, soumis à la pression imposée par Columbia de refaire de l’Abraxas ou du Santana III, est reparti dans ses errances collectives du moment, et Marathon en est l’impitoyable constat. Rien dans les chaussettes !

Chris Solberg à la guitare, David Margen, bassiste, Alan Pasqua aux claviers, Graham Lear aux fûts, Raul Rekow et Armando Peraza aux percus (congas pour l’un, timbales pour l’autre) ainsi qu’Alexander J. Ligertwood au chant et à la guitare rythmique constituent le groupe de derniers fidèles accompagnant Carlos dans sa descente aux enfers. On leur saura gré de ce geste honorifique.

Pour en revenir à l’artistique et au musical, une fois qu’on a dit ça, on dit quoi ? Que Santana se fourvoie dans un registre qui n’intéresse quasiment personne. Bide phénoménal, Marathon n’en est pas moins disque d’or. C’est à se la prendre et se la mordre. Y avait des juges soviétiques dans le jury pour décerner cette distinction ou quoi ? Dire qu’au moins 500.000 exemplaires de cette daube ont été vendus… Ne vous y laissez pas prendre. Quant à toi, Carlos, on se reverra en 1999, pour Supernatural, parce qu’entre temps… (RAZOR©).

 

1. Marathon.

2. Lightning In The Sky.

3. Aqua Marine.

4. You Know That I Love You.

5. All I Ever Wanted.

6. Stand Up.

7. Runnin'.

8. Summer Lady.

9. Love.

10. Stay (Beside Me).

11. Hard Times.

 

Devadip Carlos Santana:guitares.

Chris Solberg:guitares.

David Margen:basse.

Alan Pasqua:claviers.

Alexander J. Lighterwood:chant,guitare rythmique.

Raul Rekow:congas,percussions.

Graham Lear:batterie.

Armando Peraza:timbales,percussions.

 

 

 

 

 

DISCOGRAPHIE POST 60'S/70'S.

LP Live 1968 - 1997

 

Santana live at the fillmore 1968

 

SANTANA

LIVE AT THE FILLMORE 1968 – 1997  3,5/5

 

Publié le 11 mars 1997.

Produit par Bob Irwin,David Rubinson.

Durée:103:40.

Label:Columbia.

Genre:rock latino,blues-rock,rock.

 

Comme anesthésié.

 

Entre 1965 et 1969, le Fillmore Auditorium de San Francisco, dit le Fillmore West, en opposition au Fillmore East new yorkais, est l’endroit où il faut être, la salle que l’on doit faire pour être crédible. T’as fait le Fillmore, t’es un bon…

Il est le point focal de la musique psychédélique de la côte ouest des Etats-Unis et tout ce que la Californie compte de groupes affiliés à ce genre passe par le lieu de réjouissances de Bill Graham.

Santana, référence de cette scène, n’échappe pas à la règle du passage au Fillmore. Il y signe même, en 1968, un double LP, Live At The Fillmore (en écoute intégrale ici), sorti tardivement en 1997, qui pour mieux comprendre de quoi il retourne et le caler dans le temps, est antérieur chronologiquement à la prestation de Woodstock.

Carlos Santana et sa troupe sont encore des bleues bites quasi inconnues, sauf de la place san franciscaine, d’énergiques chiens fous pas encore pourris par le milieu, quand ils foulent ces planches légendaires. Le concert qu’ils y livrent six mois avant l’album Santana, et qui a reposé trois décennies sur les étagères de la mythique salle de spectacles, fait partie d’un show de quatre nuits entre les 19 et 22 décembre 1968.

Habillé de neuf chansons dont quatre qui vont alimenter le premier LP studio (Jingo, Persuasion, Treat, dans une version différente, et Soul Sacrifice) et de 5 inédits parmi lesquelles le très bon Conquistadore Rides Again, Chunk A Funk, Fried Neckbones, As The Tears Goes By et la demi-heure de Freeway, Live At The Fillmore dispose d’un son remarquable pour un enregistrement de cette époque.

Sans surprises, la performance, parmi les toutes premières qu’il est donné d’entendre officiellement, est rock afrolatino, enlevée comme il faut, percluse d’improvisations, brodée autour des claviers tourbillonnants de Rolie et auréolée de la belle guitare de Carlos. Par contre, il faut savoir que Mike Shrieve, le batteur maison monté sur ressorts, n’est pas encore présent sur ce disque, c’est Bob Livingston qui officie aux fûts. Pas plus que les percussionnistes qui ont fait équipe avec Santana plus tard, les Carabello, Chepito… d’où des rythmes encore en demie teinte et une sensation générale de manque de vitalité.

Live At The Fillmore préfigure le Santana jam-band à venir; pour l’heure, du fait de sa jeunesse, il est hésitant parfois. C’est pourquoi, je situe cet album dans un moyen de gamme plus, ce qui n’empêche pas de prendre son pied à l’écouter. Pas parfait mais agréable, il n’empêche que les fans de Santana, et notamment ceux de sa première phase, apprécieront ce cadeau tombé du ciel dont on se demande pourquoi il aura fallu plus de 30 ans pour qu’il soit publié (RAZOR©).

 

1. Jingo.

2. Persuasion.

3. Treat.

4. Chunk a Funk.

5. Fried Neckbones.

6. Conquistadore Rides Again.

7. Soul Sacrifice.

8. As the Years Go By.

9. Freeway.

 

Carlos Santana :guitare,chant.

Gregg Rolie:orgue,piano,chant.

David Brown:basse.

Bob Livingston:batterie.

Marcus Malone:congas.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 21 - 2012

 

Santana shape

 

 

SANTANA

SHAPE SHIFTER – 2012  4/5

 

Publié le 14 mai 2012.

Produit par Carlos Santana,Eric Bazilian,Walter Afanasieff.

Durée:57:22.

Label:Starfaith.

Genre:rock,rock latino,jazz rock.

 

Devadip est de retour.

 

Le numéro 21 du catalogue studio et 36 de celui général de Santana, Shape Shifter (en écoute intégrale ici) a tout pour plaire aux fans de A Love Supreme (Coltrane) et de Caravanserai (1972), LP par lequel Carlos a orienté son rock latino vers un style plus jazz-rock et qui, pour aborder ce virage artistique comptait pas moins de sept instrumentaux sur dix.

Il séduira parallèlement les inconditionnels de Samba Pa Ti et d’Europa, ces chefs d’œuvre qui laissent la finesse et la sensibilité du jeu de guitare s’exprimer. Vous l’avez bien compris, le Santana nouveau, celui de Shape Shifter (mai 2012) privilégie le langage instrumental (12 titres sur 13).

Cela faisait un moment que Santana ne s’était consacré uniquement à sa musique, à sa guitare et à la spiritualité de cette manière. Hormis le disque de reprises Guitar Heaven (2010) et All That I Am (2005), disque de collaborations décevantes avec des invités pourtant triés sur le volet, il faut remonter à 1999 et au probant Supernatural pour que le mexicain refasse dans l’originalité.

Ce disque que l’on pourrait traduire par « changement de forme » puise son inspiration dans le sort réservé aux Amérindiens, le chicano étant en complet désaccord avec l’Etat de Géorgie qui proposait une loi réprimant plus sévèrement l’immigration.

Shape Shifter a un indéniable côté surnaturel, un thème cher à Carlos. Il incarne les affinités de l’artiste pour la spiritualité amérindienne. Devadip (Œil de Dieu), le disciple du guru indien Sri Chinmoy, est donc de retour.

Le guitariste aux plus de 100 millions d’albums écoulés dégage toujours autant d’émotion, même s’il manque parfois d’inspiration, et les notes qui fusent de sa Stratocaster ont toujours la même propension à apaiser et à susciter de la mélancolie, du rêve et de la chaleur. Santana fait du Santana. C’est reconnaissable entre mille et pour ceux qui en doutaient depuis 1999, il peut encore créer de l’extraordinaire musique.

Le line-up qui l’accompagne contribue à l’ambiance tribale de Shape Shifter : Chester Thompson assure les claviers, la rythmique est composée de Dennis Chambers (batterie) et de Benny Rietveld (basse) tandis que les percus sont le fait des excellents  Karl Perazzo et de Raoul Rekow.

Le fiston, Salvador, contribue, par ailleurs et magnifiquement, au piano sur Canela et Ah Sweet Dancer. Nomad, le morceau titre tribal, la reprise de Toure Kunda, Dom, la samba ensoleillée chantée par Andy Vargas et Tony Lindsay Erez La Luz, l’apaisant Never The Same Again, le furibond Nomad, Macumba In Budapest (façon Europa) et Canela sont les signes encourageants que celui qui est considéré par beaucoup comme le plus grand guitariste de la planète rock, est revenu au sommet et ça n’est pas pour nous déplaire (RAZOR©).   

 

1. Shape Shifter.
2. Dom.
3. Nomad.
4. Metatron.
5. Angelica Faith.
6. Never The Same Again.
7. In The Light of a New Day.
8. Spark of the Divine.
9. Macumba In Budapest.
10. Mr. Szabo.
11. Erez La Luz.
12. Canula.
13. Ah, Sweet Dancer.

 

Carlos Santana:guitare.

Andy Vargas,Tony Lindsay:chant sur 11.

Chester Thompson:claviers.

Dennis Chambers:batterie.

Benny Rietveld:basse.

Salvador Santana:piano.

Raul Rekow:congas.

Karl Perazzo:percussions.

LP Studio 23 - 2016

 

Santana iv 2016

 

SANTANA

IV – 2016  4/5

 

Publié en avril 2016.

Produit par Santana.

Durée:75:25.

Label:Santana IV Records.

Genre:rock latino,blues-rock.

 

Sans surprises mais avec toujours autant de plaisir.

 

Des guitares, des claviers, des percussions, du rythme latino...il ne faut pas attendre bien longtemps pour entrer de plain-pied dans un univers qui nous est familier, puisqu'initié par son auteur depuis plus de 4 décennies. Et le père-fondateur de ce territoire coloré, exotique et ensoleillé, c'est le père Carlos Santana. Comme pour reprendre à l'endroit même (Santana III), l'année 71, où il a commencé à virer dans une fusion de jazz et de rock dès Caravanserai (1972), puis dans la spiritualité, le chicano revient à ses historiques et légendaires tempos chaloupés et au blues psychédélique qui l'a révélé dans ce qu'il intitule Santana IV (en écoute intégrale ici).

Dans l'esprit, son titre tend à le positionner à la suite de la trilogie initiale, sa meilleure période, bien qu'il ait réalisé quelques beaux coups dans le jazz-fusion aussi. La pochette léonienne du dernier venu, le numéro 32 de sa discographie studio, ne cherche même pas à démentir le triple lien, avec le disque ouvrant le catalogue du mexicain de Jalisco. Outre le visuel et la musique, Santana réunit aussi la quasi intégralité de sa formation d'origine après une trêve de 45 années. Quitte à être fidèle à ses débuts, autant le faire jusqu'au bout.

Seuls David Brown, le bassiste de la période 66/71, puis de celle 73/76, décédé à l'amorce du 3ème millénaire et le mythique Jose « Chepito » Areas manquent à l'appel de la réunification. Neal Schon et Santana font flamboyer les grattes, Gregg Rollie redonne le tournis à ses claviers. A charge pour Mike Carabello et Michael Shrieve de chauffer l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas besoin de forcer leur nature et leur talent pour réapparaître à un très bon niveau avace de volume IV, préparé depuis 2013. Même si ça peut faire un peu réchauffé, ça tient encore vachement la route.

16 titres ont pour vocation à épicer l'écoute. Le rock-latino et les instrumentaux dont Carlos est coutumier pour assurer l'ambiance sont la dominante de ce disque sans véritable surprise mais que l'on a grand plaisir à se farcir comme au bon vieux temps. Carlos nous enchante toujours par la fluidité de ses envolées de guitare qui ont la part belle ici, c'est de bonne guerre ; pourquoi changer un concept gagnant et rémunérateur ? Inenvisageable dans la mesure où, dans ce répertoire il y a encore de quoi mettre le feu aux dance-floors de la planète. Pour les fans de la première heure et ceux qui ont la vibe (RAZOR©).

 

1. Yambu.

2. Shake It.

3. Anywhere You Want to Go.

4. Fillmore East.

5. Love Makes The World Go Round.

6. Freedom In Your Mind.

7. Choo Choo.

8. All Aboard.

9. Suenos.

10. Caminando.

11. Blues Magic.

12. Echizo.

13. Leave Me Alone.

14. You And I.

15. Come As You Are.

16. Forgiveness.

 

Greg Rolie:chant,Hammond B3,claviers.

Carlos Santana:guitare,chant.

Neal Schon:guitare,chant.

Benny Rietveld:basse.

Michael Schrieve:batterie.

Michael Carabello:congas,percussion,choeurs.

Karl Perazzo:timbales,percussion,choeurs.

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