Argent.

BIOGRAPHIE.

 

ARGENT/Angleterre

 

Argent 1

 

Actif entre 1969 et 1976,puis 2010.

Label:Epic,RCA.

Genre:rock progressif,hard rock,rock.

Site:rodargent.com

De l’Argent dans la besace anglaise.

Si on a coutume de lui reprocher de ne pas faire le bonheur ou de ne pas avoir d’odeur, l’Argent que je vous tends aujourd’hui fait un beau pied de nez aux dictons. Celui que je vous agite sous le nez est anglais et a été actif entre 1968 et 1976, avec pour père fondateur le claviériste Rod Argent.

Les ceusses qui furent de l’aventure des Zombies savent de qui il retourne. Avec ses compères Colin Blunstone, Paul Atkinson, Hugh Grundy et Chris White, il a donné le jour à un des plus beaux sujets de pop baroque du rock, a envoyé sur le front de la british Invasion  une des plus sémillantes brigades britanniques. Rod (avec White) est par ailleurs l’auteur des trois plus belles performances des Zombies : She’s Not There, Tell Her No et Time Of The Season, trois titres mythiques que la fière Angleterre a depuis inscrit au fronton de son patrimoine culturel.

Le temps de digérer les retombées de la liesse collective, essentiellement américaine, ayant  accompagné cette remarquable expérience collective et de gérer la fin d’un parcours étonnamment mort-né avant l’heure (1967), et Rod Argent repart au turbin sous son propre nom.

Zombies rod argent

« Argent s’est arrêté en 1976. Les gens ont mal compris pourquoi. C’était comme ça. Mais pour dire vrai, le moment naturel de notre séparation aurait dû intervenir deux ans plus tôt, quand Russ Ballard est parti.

A cette époque, le groupe était bien considéré et Russ a été jusqu’à recommander son successeur pour que nous puissions poursuivre. En fin de compte, c’est là que nous aurions dû arrêter.

A sa suite, nous avons très mal géré la tournée 75 ; nous avons perdu de l’argent ce qui m’a fait réfléchir. A partir de là, j’ai senti qu’il était temps de passer à autre chose. » (Rod Argent)

Au nom de l’Argent.

Le musicien de St Albans réunit autour de lui des proches comme Jim Rodford, bassiste, cousin d’Argent et natif de la même ville, ancien des Bluetones, le groupe vedette local, venu du Mike Cotton Sound, le batteur de sessions Bob Henrit ainsi que le guitariste/claviériste et songwriter Russ ballard, tous deux passés par Unit 4 + 2 et The Roulettes.

Argent compte à son actif 7 albums studio et un live dans les années 70. Le son du groupe alterne entre rock et pop mais couvre un territoire rock progressif aussi. Sa plus grande réussite commerciale a été Hold Your Head Up, écrite par le tandem des Zombies Argent et White et publiée en single en 1972.

Bien accueilli par la critique musicale, le titre fait 5 dans les charts anglais et américains de cette année tandis que le Billboard le classe au 50ème rang des chansons de 1972. Pour l’anecdote, Rick Wakeman (Yes, Black Sabbath) qui s’y connaît un peu en termes de claviers, cite le solo d’Hammond B3 figurant sur Hold Your Head Up comme le meilleur qu’il n’ait jamais entendu. Des groupes comme Steppenwolf ou Uriah Heep l’ont repris à leur compte dans les années 80. La palme revient toutefois a Phish qui l’a interprété près de 550 fois entre 1987 et 2014.

Kiss, par contre, a fait sien en 1992, un autre titre majeur d’Argent, God Gave Rock N’ Roll To You, crédité à Russ Ballard. Three Dog Night, spécialiste de l’exploitation des reprises s’est approprié avec succès Liar, figurant sur le premier LP du groupe.

Argent russ ballardRuss Ballard.

1970/72 : l’Argent sur lequel on peut compter.

Cet album initial est éponyme et publié en 1970 ; il ouvre un catalogue studio qui se referme en 1975. Après le très bon Argent, aux arrangements de claviers assez complexes et à propos duquel on flaire le Zombies qui sommeille encore en Rod, la formation anglaise enchaîne avec le lourd progressif Ring Of Hands (1971), encore d’excellent niveau mais malheureusement coincé entre le populaire Argent et son suivant, All Together Now (1972).

All Together Now, encore très pesant et prog, a pour lui d’être le disque le plus réussi, le plus cohérent et le plus commercial du groupe. A voir.

In Deep (1973) et Nexus (1974) offrent déjà beaucoup moins d’intérêt. Idem pour Circus (1975), d’autant plus que Ballard n’est plus là, remplacé par John Verity et John Grimaldi. Album concept autour du cirque, Nexus n’a pas plus passionné les foules que les fans se sont bousculés au portillon pour le 7ème LP, Contrepoints sorti également en 1975. Dans ce contexte discographique décevant, c’est encore le double live de 1974, Encore, qui tire le mieux son épingle du jeu, malgré une version de Hold Your Head Up un peu trop étirée (plus de 11 minutes).

 Au sein d’Argent, dont Mac McLeod peut être considéré comme le premier bassiste pour avoir pris part aux premières démos du groupe (To Julia et Girl Help Me), les fonctions vocales sont réparties entre Ballard, Rodford et Argent tandis que l’écriture repose essentiellement sur les épaules de Rod Argent (et Chris White) et de Russ Ballard.

 L’Argent éparpillé.

La fin d’Argent est scellée fin 1976, le groupe étant affecté par les flops de ses derniers albums. Rod Argent poursuit une carrière solo tandis que Henrit, Rodford et Verity ont, un court instant, collaboré sous la bannière de Phoenix. Rodford et Henrit ont reconduit leur complicité en s’engageant avec les Kinks (1978), le premier nommé remplaçant John Dalton et restant en son sein jusqu’en 1996, année de la disparition du groupe. Par après, on le retrouve dans les Animals jusqu’en 2003 et depuis 2004 avec les Zombies reformés. Henrit a préféré ouvrir un magasin de musique à Londres.

La suite pour Rod Argent, entre autres, passe par Argentine Melody, un instrumental télévisé qui connaîtra le succès pour servir de cadre à la coupe du monde en Argentine en 1978, d’autant plus populaire que le pays organisateur enlève l’épreuve. Suivent une comédie musicale, Masquerade (1982), des collaborations à la discographie de confrères comme les Who, Gary Moore, la production de disques, la reformation du tandem légendaire avec Colin Blunstone… (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Argent argent 1970

 

ARGENT

ARGENT – 1970  4/5

 

Publié en janvier 1970.

Produit par Rod Argent,Chris White.

Durée:40:29.

Label:Epic.

Genre:rock progressif,rock psychédélique.

 

Des réminiscences de Zombies.

 

L’éponyme Argent nous fait basculer dans l’après Zombies. Les Zombies ? Rappelez-vous ces auteurs du mythique Odessey And Oracle (1968) : Rod Argent, Colin Blunstone et Chris White. A leur séparation, les trois éléments clés du groupe optent pour des directions différentes. Colin Blunstone migre vers plus de pop et de douceur, quand Rod Argent s’engage dans une voie plus progressive en mettant l’accent sur les claviers et le rock. Le lien avec les Zombies, même s’il n’est pas franc, n’en reste pas moins perceptible.

Chris White, le bassiste et troisième larron, que Rod Argent a mis dans sa besace avant de rebondir sur l’entreprise Argent, se satisfait d’une contribution à l’écriture pour le projet de son pote, ainsi que d’une implication dans la production. Quand on sait que le tandem White/Argent est derrière les plus belles pages des Zombies, on en frémit d’avance. Qu’il ne contribue pas instrumentalement au disque est inhabituel et regrettable au regard de son apport compétent à la basse et au niveau des harmonies vocales dans l’expérience précédente.

Cette période de transition entre la fin de Zombies et le redémarrage sous Argent prête à confusion dans la mesure où certaines des chansons écrites et enregistrées par le duo White/Argent apparaissent tantôt sous Zombies, tantôt sous Argent. En fait, White et Argent ont continué à écrire chacun de leur côté, mais pour des raisons de contrat, ont fait paraître leur travaux sous une signature commune. Pour compliquer la situation, certains de ces titres sont réalisés avec le line-up d’Argent : Rodford, Ballard, Henrit et Argent. Une vache n’y retrouverait pas son veau.

Pour ce qui concerne le premier LP d’Argent pour Epic, publié en janvier 1970, l’écriture ne prête à aucune ambigüité, le binôme des Zombies assure l’essentiel des titres ; trois d’entre eux leur échappent pour être signés par Russ Ballard. Et pas des moindres, puisque dans cette tierce lyrique, à côté de Schoolgirl et de Lonely Hard Road, figure le dénommé Liar, numéro 7 des charts U.S. 1971, soit un an après, mais dans sa version reprise par Three Dog Night.

Liar est un des centres d’intérêt ici, comme Dance In The Smoke, Be Free, Schoolgirl et Bring You Joy pour leurs belles harmonies vocales, The Feeling’s Inside, Like Honey et ses beaux arpèges de guitare ou le psyché Freefall. Dans l’ensemble, il ne peut rien être objecté à ce lot de chansons, si ce n’est le fait qu’elles sont bonnes sans être exceptionnelles. L’album souffre d’un manque de grandeur par rapport à la brillance du répertoire sous Zombies. Des Zombies qui ne sont jamais bien loin, mais qu’Argent peine à égaler toutefois, faute de repères. Néanmoins, dans l’ensemble, la copie est solide. Ceux qui en pincent pour les claviers seront servis (RAZOR©)

 

1. Like Honey.

2. Liar.

3. Be Free.

4. Schoolgirl.

5. Dance In The Smoke.

6. Lonely Hard Road.

7. The Feeling's Inside.

8. Freefall.

9. Stepping Stone.

10. Bring You Joy.

 

Rod Argent:claviers,chant.

Russ Ballard:guitare,chant.

Bob Henrit:batterie.

Jim Rodford:basse.

LP Studio 1 - 1971

 

Argent ring of hands 1971

 

ARGENT

RING OF HANDS – 1971  3,5/5

 

Publié en février 1971.

Produit par Rod Argent,Chris White.

Durée:46:36.

Label:Epic.

Genre:rock progressif,rock symphonique,blues,R&B.

 

Entre évolution et frustration.

       

L’album éponyme précédent, s’il a plu à la critique, n’a pas passionné les foules. Argent n’est pas Zombies, même si certaines réminiscences et références à ce passé sont là et bien là ; on ne peut le nier au regard du premier travail du groupe. Malgré l’intérêt de la suite que donne Rod Argent, et Chris White mais dans un rôle plus obscur, à l’après Odessey And Oracle, les fans n’accrochent pas. Et pourtant, la voie prog engagée autour de l’énergie et de la puissance du jeu de clavier de son leader est plutôt intéressante.

Ring Of Hands (en écoute intégrale ici), deuxième LP sorti en 1971, donne un coup de collier supplémentaire vers le rock progressif, mais pour bénéficier d’un retour du terrain meilleur, encore eut-il fallu que la matière ait été sans retenue orientée sur l’axe d’écriture Argent/White. Ce qui n’est pas le cas ici puisque Russ Ballard, maillon fort du disque précédent pour avoir écrit le populaire Liar, y va ici d’un tiers des titres (Cast Your Spell Uranus, Chained et Where Are We Going Wrong).

La dotation personnelle du guitariste, plus blues, fut-elle de qualité, émarge de l’humeur générale instillée par le tandem des Zombies, sans pour autant devoir la considérer comme paria du lot, loin s’en faut. Mais il est patent que ce choix influe sur l’unité générale du disque, d’autant qu’Argent et White y succombent également en signant un gospelisé Sweet Mary.

Dès lors, il est difficile, quand le rapport prog/blues tend à se rééquilibrer sur l’ensemble de la tracklist, de prôner un penchant marquant pour le prog. Sur certains titres, c’est indéniable, Argent évolue dans ce registre, mais sur l’ensemble du disque, il traduit une frustration pour ses adeptes.

L’accrocheur Celebration, le fantastique Lothlorien, Rejoice avec son orgue d’église et sa saveur pastorale et Pleasure, deux titres repris plus tard par le duo reformé Argent/Blunstone, ainsi que Sleep Won't Help Me ont ma préférence ; c’est là que se juge le pas en avant opéré par Argent entre l’éponyme et Ring Of Hands. A leur écoute, personne ne peut contester cette évolution. C’est là, sur ces quelques titres, qu’Argent se montre le plus passionnant, le plus séduisant et le plus crédible et Rod Argent, sur Cast Your Spell Uranus, le plus virtuose (RAZOR©).

 

1. Celebration.

2. Sweet Mary.

3. Cast Your Spell Uranus.

4. Lothlorien.

5. Chained.

6. Rejoice.

7. Pleasure.

8. Sleep Won't Help Me.

9. Where Are We Going Wrong.

 

Rod Argent:chant,claviers.

Russ Ballard:chant,guitares.

Jim Rodford:basse.

Bob Henrit:batterie,percussions.

LP Studio 3 - 1972

 

Argent all together now

 

ARGENT

ALL TOGETHER NOW – 1972  3,5

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Chris White,Rod Argent.

Durée:41:41.

Label:Epic.

Genre:rock progressif,hard rock,rock psychédélique.

 

L’album de la popularité.

 

La notoriété d’Argent est arrivée par ce disque, All Together Now (en écoute intégrale ici), troisième volet du catalogue, publié en 1972. Dès son entame, on comprend mieux pourquoi ; c’est Hold Your Head Up en personne qui se charge de démarrer des hostilités plus rock qu’à l’accoutumée, voire même plus hard rock pour ce qui se dessine à sa suite.

Accrocheur en diable, ce titre star des discos du moment fait 5 dans les classements, tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre et s’en tire à une honorable 50ème place dans celui des meilleures chansons de l’année 72. Culminant à 6 mn15 dans sa version LP, il est raccourci de 3 minutes pour les besoins de son lancement en single et passe à 2 mn 53 dans son format radio.

Titre de Rod Argent et Chris White, dont le solo d’Hammond fait dire à Rick Wakeman, claviériste de Yes, qu’il est le plus grand qu’il n’ait jamais entendu, Hold Your Head Up a été repris par Steppenwolf et Uriah Heep au cours des 80’s. La critique est plutôt bienveillante à son endroit ; il est vrai qu’il balance bien.

Derrière cette entrée en matière assez réunificatrice et qui, à elle seule, fait beaucoup pour la popularité d’Argent et de son troisième album, la suite est un peu à l’image des montagnes russes. Un coup bien, un coup moins. Le bien pour Tragedy, Keep On Rolling, I Am The Dances Of Ages et Be My Lover Be My Friend. Le moins bien pour les deux derniers titres He’s A Dynamo et la suite Pure Love, dispensable, monotone, nombriliste et qui n’a d’autre visée que de faire briller la virtuosité organique de son leader.

All Together Now est bon, mais je n’y vois pas les éléments suffisants pour pourraient remettre en question la supériorité de l’éponyme d’ouverture (RAZOR©).

 

1. Hold Your Head Up.

2. Keep on Rollin'.

3. Tragedy.

4. I Am the Dance of the Ages.

5. Be My Lover, Be My Friend.

6. He's a Dynamo.

7. Pure Love (Fantasia/Prelude/Pure Love/Finale).

 

Rod Argent:chant,claviers.

Russ Ballard:chant,guitares.

Jim Rodford:basse.

Bob Henrit:batterie,percussions.

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