Barclay James Harvest.

BIOGRAPHIE.

 

BARCLAY JAMES HARVEST/Oldham (Lancashire – UK)

 

Bjh 2

 

Actif depuis 1966.

Labels:Polydor, Harvest.

Genre:rock progressif,rock psychédélique,folk-rock.

Site officiel:bjharvest.co.uk

 

Le Moody Blues du pauvre ?

Contemporain de Genesis, Yes, Jethro Tull ou Emerson Lake & Palmer, Barclay James Harvest n'a jamais atteint la notoriété de ses rivaux. Les anglais d'Oldham sont plus célèbres en Europe occidentale, notamment en Allemagne et au Benelux, que dans leur propre pays où ils sont gentiment moqués comme étant les Moody Blues du pauvre.

Il est le plus souvent avancé, pour justifier l'origine de cette raillerie, un emploi exagéré du Mellotron, une image un peu trop art rock mais aussi des airs de famille avec les musiciens de Birmingham.

Par contre, le déficit de popularité peut s'expliquer principalement par la complexité du parcours de BJH. Durant son parcours, le groupe du Lancashire a tout connu : des bouleversements de personnel, le départ de Les Holroyd à la fin des 70's, les aller-et-retours incessants de son regretté claviériste Woolly Wolstenholme, une séparation officielle (1997) pour aboutir finalement, depuis cette date, à deux incarnations divergentes de Barclay James Harvest.

Bjh 70Barclay James Harvest...

Bjh through the eyes of john lees...est depuis scindé en deux moutures...

Bjh feat les holroydIci celle de Les Holroyd.

Bjh first lp 70Des débuts peu convaincants (1970).

Bjh berlin lpBerlin, un concert exceptionnel (1982).

Deux Barclay pour le prix d'un.

Il y a là le Barclay James Harvest Through The Eyes Of John Lees (avec Lees et Wolstenholme, effectif depuis 1998, et le Barclay James Harvest Featuring Les Holdroyd (avec Holroyd et Mel Pritchard).

Officiellement, ces moutures ne sont pas désactivées, malgré un long silence (depuis 2013).

Les quatre membres concernés par cette scission sont ceux qui ont constitué le line-up d'origine en 1966 ; ils n'ont finalement pas été au bout de l'aventure ensemble.

Qui plus est, l'éventualité de les revoir tous les quatre, un jour ou l'autre, comme à leur meilleure époque, n'est plus d'actualité puisque, malheureusement, Stuart Woolly Wolstenholme et Mel Pritchard ne sont aujourd'hui plus de ce monde. Le claviériste est décédé en 2010 et le batteur en 2004...

Des Blue Keepers à BJH.

C'est au début des années 60 et à la Oldham Art School que l'histoire de ce groupe prend racine. John Lees et Stuart Wolstenholme y sont étudiants et évoluent au sein des Sorcerers (1964), avant de muter en The Keepers.

Dans le même temps, Mel Pritchard et Les Holroyd sont membres d'Heart And Soul And The Wickeds. Les deux formations fusionnent pour n'en faire qu'une : les Blues Keepers (1966), un sextet.

Ces derniers attirent l'attention d'un homme d'affaires de la région, John Crowther, qui leur propose de les manager et de mettre des moyens à leur disposition, notamment de les loger dans une ferme dont il est propriétaire, Preston House, où le groupe aura tout le loisir de répéter et de composer.

Il est alors décidé de changer le nom du groupe en tirant au sort diverses suggestions notées sur papier, aussi loufoques les unes que les autres, et jetées dans un chapeau.Le nom de Barclay James Harvest sort du couvre-chef et le line-up se stabilise autour d'un quatuor (Lees, Pritchard, Holroyd et Wolstenholme), quand deux de ses membres, dont l'excellent chanteur qu'est Rod Buckley, quittent leurs partenaires (août 1967). L'histoire retient que l'origine de l'identité retenue réfère à la banque Barclay's pour leur volonté de gagner de l'argent. 

Elle ramène aussi à James, un chanteur qui a fait partie du groupe et à Harvest, parce que les musiciens vivaient dans une ferme. Le rapport au label qui les signera, n'est pas établi.

Le soutien de John Peel...

EMI-Parlophone a vent de ces musiciens sérieux, qui bossent comme des malades et dont les concerts soulèvent des éloges appuyés. ITV Granada, chaîne de télévision régionale britannique, relaie l'information dans un court métrage.

C'en est assez pour que le label en question s'intéresse à ces garçons, vierges de tout disque alors, pour leur proposer l'enregistrement d'un premier single. Celui-ci s'appelle Early Morning ; il est publié le 26 avril 1968 et soutenu par le légendaire John Peel.

Un accord de partenariat est conclu avec EMI-Parlophone suite à cet enregistrement. Parlophone, surpris par la qualité de ce qu'il entend, décide de sortir le single coûte que coûte, même si BJH n'est pas encore officiellement engagé par EMI.

Si Early Morning n'est pas un succès franc, son contenu est jugé encourageant et reçoit de très bonnes critiques dans la presse spécialisée. Le titre installe le son pastoral qui va devenir une des marques de fabrique du groupe et annonce le début d'une carrière qui, malgré son final en queue de poisson, va durer plus de quatre décennies.

Des débuts discographiques pas très convaincants.

Désabusé par le manque de succès d'Early Morning, le groupe se remet au travail à Preston House car il ne veut pas se mettre le label à dos. Il est vite rassuré par les intentions de ce dernier qui croit dur comme fer en ses protégés.

Pour promouvoir le rock progressif et ainsi concurrencer Vertigo, Deram et Island, EMI crée une filiale, Harvest Records (1969). Celle-ci, fin avril 1969, engage Barclay James Harvest, lequel a alors pour voisins de palier Pink Floyd, Deep Purple, Electric Light Orchestra et enregistre un second single Brother Thrush (mai 1969).

Le groupe enchaîne avec un LP (1970). Éponyme, ce premier jet ne se vend pas très bien en dépit de critiques plutôt positives. Ce que propose BJH ne supplante pas les œuvres de leurs rivaux. A une ou deux exceptions près, l'entame du catalogue ne recèle rien de génial mais ça passe pour cette fois.

La suite discographique immédiate, toujours dans un rock progressif symphonique, n'est pas plus subtile, ni plus convaincante. Pour le label, en tout cas. Si Once Again (février 1971) montre une maturité nouvelle et de l'ambition, il peine cependant à se hisser au niveau des meilleurs du genre.

Idem pour Other Short Stories (novembre 1971). Les promesses entretenues ne sont pas en corrélation avec ce qu'attend de ce groupe à fort potentiel le label. BJH est fade, parfois très pompeux et lorgne trop souvent du côté des Moody ; il manque sérieusement d'inspiration.

Bjh wolstenholme

« Mes plus beaux moment avec BJH ont été sur scène avec un orchestre. Quand ça marchait, c'était fantastique. Quand vous êtes sur scène, que vous êtes quatre en train de vous battre pour la vie et que la foule réagit favorablement, vous vous sentez très important, mais quand tu fais ça avec un orchestre, tu es juste comme un petit morceau de tout le spectacle et ça me faisait un bien fou. » (Woolly Wolstenholme)

BJH corrige le tir...

EMI tousse d’autant plus que Baby James Harvest (novembre 1972) ne fait rien pour relever le niveau. Terne à nouveau, le groupe ennuie. En interne, la crise couve et EMI/Harvest prend la décision qui s'impose : la rupture de contrat.

Celle-ci agit comme un électro-choc sur les musiciens qui décident de se remettre en question en acceptant une offre de Polydor (1973). Entré en studio au printemps 1974, BJH travaille à un nouvel album, Everyone Is Everybody Else (juin 1974) qui, d'emblée, remet les pendules à l'heure.

Ce qui est alors le meilleur travail du groupe bénéficie du coup de pouce de la station pirate Radio Caroline, laquelle passe en boucle For No One et Child Of The Universe. Si la Vieille Albion traîne toujours des pieds, l'Europe, et plus particulièrement l'Allemagne, la Suisse et la France réserve à ce disque un accueil colossal.

Même s'il n'a pas, loin s'en faut, la qualité de son devancier, Time Honoured Ghosts (octobre 1975) est un album essentiel dans la discographie des anglais dans la mesure où c'est celui qui marque le début de la période par laquelle ils fixent enfin le son qui va les populariser pour les années à venir. En dehors de ça...

… et affiche une personnalité nouvelle.

Octoberon (1976), N° 8 de la discographie studio, consacre enfin BJH. Rock et folk, il présente également un côté progressif. Des lignes symphoniques fluides, des ambiances enivrantes habillent ce disque qui entre dans les charts british (N°19).

BJH est bien meilleur dans la deuxième moitié des 70's et son LP suivant, Gone To Earth (juin 1977), le plus abouti des disques du groupe, apporte le démenti qu'il n'est pas le Moody Blues du pauvre comme on le prétend ironiquement.

Il affiche ici sa propre personnalité et fait du sacré bon boulot, à l'image de Hymn, de Poor Man's Moody Blues (et pan dans le bec des délateurs !), Love Is Like A Violin. Les ventes suivent, comme par hasard. Il était temps.

XII (1978) s'invite alors au catalogue mais, succédant à un disque aussi bon que Gone To The Earth, peine à s'imposer. Reste que Berlin, présent sur cet album, est le joyau qui peut justifier l'intérêt que l'on prête à XII.

Une page se tourne.

C'est le moment que choisit Woolly Wolstenholme (juin 1979) pour quitter ses partenaires et embrasser une carrière solo (Maestro/1979). Une époque s'achève. Une ultime tournée est enregistrée, publiée sous Live Tapes.

Le trio restant poursuit sa route en faisant appel, quand le besoin s'en fait sentir, à des musiciens de sessions. Les 80's consacrent alors BJH dans les pays qui avaient déjà les yeux de Chimène pour lui : Benelux, Suisse, France, surtout en Allemagne et à Berlin où BJH donne un concert exceptionnel (200.000 personnes), lequel fait l'objet de Concert For The People/1982, le LP leur plus vendu en Grande-Bretagne.

La décennie suivante est plus compliquée ; la popularité des anglais décline lentement, l'entente au sein du trio également. L'ombre de Wolstenholme plane sur BJH. Celui-ci revient aux affaires en 1998 mais alterne entre le groupe, dispatché, et sa propre carrière.

En proie à des problèmes dépressifs, le claviériste se suicide le 13 décembre 2010, soit près de 7 ans après la disparition de Mel Pritchard (28 janvier 2004), à l'âge de 56 ans (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 5 - 1974

 

Bjh everyone is verybody else 74

 

BARCLAY JAMES HARVEST

EVERYONE IS EVERYBODY ELSE – 1974  4/5

 

Publié en juin 1974.

Produit par Rodger Bain.

Durée:39:22.

Label:Polydor.

Genre:rock progressif.

 

Un avant et un après Everyone Is Everybody Else.

 

Je n'ai jamais été un grand admirateur de ce groupe que j'ai suivi de très loin et par intermittence, mais, à chaque fois que je reviens vers lui, c'est sur Everyone Is Everybody Else que je me pose.

Everyone Is Everybody Else est le cinquième volume studio d'un catalogue qui, jusque là, ne s'est construit, sans convaincre grand monde, que chez EMI.

En passant chez Polydor, les bataves signent un album autrement plus intéressant que ce qui précède. Ils écartent enfin cet orchestre symphonique qu'ils traînent avec eux comme un boulet depuis le début et c'est une bonne chose. N'est pas les Moody Blues qui veut...

BJH redéfinit sa stratégie et ce disque ouvre la porte à une période bien plus valorisante de sa carrière jusque là plan-plan, sans vague ni risques et, par la force des choses,guère bandante.

Ici, les compositions sont meilleures, certaines ballades superbes, les harmonies vocales magnifiques et il est fait un usage intelligent, délicieux et à bon escient du mellotron....

Dans les chiffres et en terme de popularité, le groupe ne bénéficie pas encore des retombées commerciales auxquelles Everyone Is Everybody Else aurait dû prétendre avec ce travail.

BJH récolte mieux que des lauriers ponctuels ; il prépare l'après milieu des 70's qui voit les anglais de Oldham hausser considérablement leur niveau, entrer dans leur meilleure phase et enfin accéder enfin au succès. Il y a donc un avant et un après BJH dans ce disque qui fait le lien entre deux périodes.

Comme techniquement, ça tient la route, et que le son est énorme, nul doute que c'est présentement qu'il convient de poser ses valises (RAZOR©).

 

1. Child Of The Universe.

2. Negative Earth.

3. Paper Wings.

4. The Great 1974 Mining Disaster.

5. Crazy City.

6. See Me See You.

7. Poor Boy Blues.

8. Mill Boys.

9. For No One.

 

John Lees:chant,guitare.

Les Holroyd:chant,basse,guitare acoustique,guitare rythmique.

Stuart John Wolstenholme:claviers.

Mel Pritchard:batterie,percussions.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires