Black Widow.

BIOGRAPHIE.

BLACK WIDOW/Leicester (East Midlands – UK)

 

Black widow intro

 

Actif entre 1966 et 1973,2007/2014.

Labels:CBS,Mystic Records,Black Widow.

Gnere:rock progressif,jazz-rock,hard rock,new wave.

 

Leicester, une scène musicale féconde.

La scène de Leicester des 60's/70's a été généreuse dans sa transmission au rock. Elle a, en effet, permis, via les clubs locaux comme Il Rondo, le Palais, le White Cat Cafe ou le Nite Owl, l'éclosion de nombreux de ses enfants dans la musique, avant que ceux-ci n'aillent en toucher les bénéfices sur Londres, l'épicentre artistique du moment, ou ne laissent leur empreinte sur la planète.

Black widow pesky 1Les débuts sous Pesky Gee !...

Black widow pesky gee lpPesky Gee, objet d'une erreur de communication.

Black widow 1Black Widow, chantre...

Black widow presse...ou ersatz de magie noire ?

Black widow sacrifice lpSacrifice, un LP aux relents ésotériques...

Black widow lp 3...et puis plus rien.

De Davy Graham, figure séminale du folk revival britannique, à l'inoubliable claviériste et co-fondateur de Deep Purple, John Lord, en passant par les progressistes de Family et leur chanteur Roger Chapo Chapman (et Rob Townsend) ou par les batteurs respectifs de Dire Straits et de Queen, Dick Withers et Roger Deacon, tous sont issus de ce vivier fécond et diversifié de Leicester.

On pourrait rajouter The Beatniks, Broodly Hoo, les psychédéliques de Legay, Spring, Gypsy, Hal C Blake, The Farinas, mais attardons-nous plus particulièrement sur ceux ayant symbolisé la filière occulte et satanique du rock de là-bas, celle chère à Black Sabbath, le dénommé Black Widow, alias la Veuve Noire dans la langue de Molière.

Pesky Gee! comme base.

L'histoire de Black Widow trouve son origine dans Pesky Gee !. C'est sur les cendres de cette formation née en 1966 que Black Widow va tisser sa toile. Peskey Gee ! est organisé en septet, autour d'une chanteuse, Kay Garret et d'un chanteur, Basil Francis, dit Baz (remplacé par Kip Taylor en 67).

Le guitariste Chris Dredge (remplacé par Jim Gannon en 69), le bassiste Bob Bond, Clive Jones (saxophone et flûte), Alan Hornsby (cuivres), le batteur Clive Box, puis l'organiste Jerry Zoot Taylor (au départ de Dredge et d'Hornsby) complètent le line-up.

Pesky Gee !, à ses débuts, ne diffère guère des autres groupes du crû en ce sens qu'il arpente le circuit autour de Leicester avec un répertoire constitué des succès soul alors en vogue.

En 1967, Pesky Gee ! évolue vers un psychédélisme initiatique, en calquant beaucoup, toutes proportions gardées, sur ce que fait Vanilla Fudge.

Fin 1968, après un concert à Warrington (Cheshire) sur les terres de Malcolm Rabbitt, membre des Fairytale et compositeur, ce dernier propose A Place Of Heartbreak à Pesky Gee ! et le met en relation avec Patrick Meehan Jr (manager de Black Sabbath de 1970 à 1975), lequel négocie un contrat avec le label Pye.

Where Is My Mind de Mark Stein (Vanilla Fudge) et A Place Of Heartbreak sortent en guise de premier 45T (7 mars 69), mais ne marquent pas les esprits, malgré les belles prestations vocales de Kip Trevor et de Kay Garret.

Dredge et Hornsby quittent alors le groupe, Zoot Taylor et Jim Gannon, deux anciens Broodley Hoo, l'intègrent.

La magie noire comme fond de commerce.

L'album qui suit, Exclamation Mark, paru au début de l'été 1969, s'avère porteur d'espoir mais, au final, ne fait pas mieux que les singles envoyés en éclaireur. Le groupe se cherche toujours.

Prévu pour s'appeler Pesky Gee ! (le groupe tenait beaucoup au point d'interrogation à la fin de son nom), le LP, suite à une erreur de communication du label, est finalement nommé Exclamation Mark.

Enregistré en une seule session nocturne (Gus Dudgeon y œuvre comme ingénieur du son), il oscille entre blues-rock, rock prog et jazz-rock et ne comprend que des reprises dont une, Season Of The Witch, qui s'avère particulièrement croustillante.

Au regard des attentes de Pye, il faut faire plus pour se démarquer de ses concurrents, alors Clive Box a l'idée géniale d'orienter l'image de Pesky Gee ! vers la magie noire. Tous les membres se mettent à explorer à fond la magie noire.

Il est même fait appel à Alexander Sanders, co-fondateur du Pagan Witchcraft, un mouvement religieux du courant occultiste de l'ésotérisme occidental, et à sa femme Maxine, figure clé du développement de la sorcellerie païenne moderne.

Le Roi et la Reine de la sorcellerie les éclairent sur le sujet que les membres s'empressent de convertir en chansons.

Black Widow, légèrement infusé dans l'occulte...

Dès lors, Pesky Gee ! travaille sur une histoire de magie noire mise en musique. Il répète pendant six mois ses ablutions sataniques et, dès qu'il se sent prêt, Pesky Gee ! décide de prendre les traits de Black Widow, un groupe de théâtre satanique qui, sur scène, va livrer des prestations plutôt inquiétantes...

Black Widow entre en studio (DTS Studios de Kettering) en novembre 1969 et y enregistre un lot de titres construits autour du thème des démons, des sabbats, des rituels anciens.

Celui-ci alimente son premier LP, en mars 1970, auquel ne prend pas part sa chanteuse Kay Garret, démissionnaire au motif de privilégier sa vie personnelle. Comme son nom, Sacrifice, l'indique, ce disque-concept, produit par Patrick Meehan Jr, est supposé référer au rituel de la magie noire.

S'il mérite une oreille attentive pour son côté progressif, le LP tient plus de Jethro Tull, de Uriah Heep que de Black Sabbath, dont le premier LP s'avère autrement plus infusé dans l'occulte, plus sombre et plus lourd que Black Widow.

Il ne suffit donc pas d'enfiler la panoplie du petit sorcier et de mettre en scène quelques simulacres de rites, de raconter certaines histoires sur la magie noire pour prétendre représenter le genre.

Si Sacrifice a très peu d'arguments ésotériques à faire valoir (hormis Come To The Sabbat et Sacrifice) ou le fait maladroitement, pour ne pas dire naïvement, il n'en demeure pas moins un LP qui ne manque pas de charme. Il se classe d'ailleurs au 32ème rang des classements britanniques, signe que Black Widow ne laisse pas insensible.

L'ésotérisme abandonné, l'intérêt décroît.

Black Widow, dès l'album suivant, estime avoir bouclé la boucle avec ses références occultes et considère que l'imagerie ésotérique peut désormais constituer un frein à sa progression. Des divergences artistiques s'installent entre les membres qui amènent Black Widow à s'orienter vers des choses plus abordables.

Black widow clive jones

« En 1972, quand Rick E nous a rejoints et que Jim Gannon et Kip Taylor sont partis, je pense que le groupe était à son meilleur. Mais, avec tout ce qui s'est passé avant au sujet de la magie noire, nous avons eu du mal à trouver du travail, notamment une maison de disques qui puisse publier notre nouvel album, Black Widow IV. » (Clive Jones)

Geoff Griffith (basse) et Romeo Challenger (batterie, percussions) intègrent le line-up qui regroupe également Kip Trevor, Clive Jones, Jim Gannon, Zoot Taylor.

En abandonnant une identité forte sans pour autant compenser par de réelles nouveautés ou surprises, l'intérêt pour sa musique se met parallèlement à décliner. Le groupe de Leicester rentre dans le rang aussi vite qu'il en a émergé. Il redevient un combo dans le moule de la grande majorité des formations du moment.

C'est ce qu'il ressort du deuxième opus, l'éponyme Black Widow (1971/CBS). Gannon et Trevor se mettent alors à semer le trouble en virant ceux qui s'opposent à eux et en introduisant la drogue au sein de Black Widow.

Ces derniers poussent même le bouchon jusqu'à co-produire eux-mêmes Black Widow III (1972), faisant passer les hard rockers sataniques de Sacrifice à des joueurs de rock prog lambda. Passable, ce Black Widow III scelle la fin du partenariat avec CBS.

Le quatrième volume discographique, sobrement intitulé Black Widow IV, change à peine la donne. Enregistré à l'été 72, il n'est pas édité à son époque, le groupe n'ayant pas trouvé de label pour le faire. Il le sera en 1997.

Cet échec à être signé par une maison de disques accélère le départ de Kip Trevor (remplacé par Rick E, alias Rick Prince) et précipite la dissolution d'un groupe qui n'avait de véritable référence à la magie noire que son nom (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Black widow sacrifice lp

 

BLACK WIDOW

SACRIFICE – 1970  3/5

 

Publié en mars 1970.

Produit par Patrick Meehan Jr.

Durée:43:44.

Label:Columbia Records.

Genre:rock progressif,jazz-rock.

 

Pour ne pas être le prochain mouton sacrifié.

 

Black Sabbath est autrement plus convaincant dans la musique à caractère occulte que nos amis de Black Widow. Il ne suffit pas d'enfiler la panoplie du petit sorcier, de nommer son album initial Sacrifice, de procéder à des simulacres de rituels de magie noire sur scène, de solliciter les conseils du couple de la sorcellerie païenne Alexander et Maxine Sanders pour faire plus vrai, de distiller quelques paroles qui réfèrent au satanisme et à l'occultisme, d'installer quelques ambiances obscures et lourdes à grand renfort d'orgue, pour pouvoir revendiquer être un des barons de la scène sur laquelle Black Sabbath est passé maître.

Certes, il y a bien quelques éléments ésotériques et pro-magie noire à mettre au crédit des p'tits gars de Leicester, mais ils sont si insignifiants, naïfs ou maladroits qu'ils peinent à peser en leur faveur dans le débat.

On ne peut pas s'appuyer sur quelques lignes d'écriture qui incitent à aller au Sabbat parce que Satan est là, pour crier au parallèle avec la bande à Ozzy, plus sombre, plus lourde et autrement plus crédible dans l'effroi... dans le dos.

Black Widow n'a pas les moyens de son ambition et ne s'attarde pas dans le coin à la suite de son coup d'essai. Dès l'album suivant, Black Widow fait sans les rares références à l'occultisme de Sacrifice, hélas sans compenser par d'autres arguments probants ou d'éventuelles surprises.

Cette orientation artistique l'amène à vendre ensuite son âme au diable et à pratiquer un rock progressif sans saveur particulière, donc à rentrer dans le rang, pour ne pas dire à disparaître de la scène musicale anglaise.

Reste un disque qui, bien que considéré par mezig comme de la magie noire d'apprenti-sorcier, n'en présente pas moins quelques belles choses à écouter à l'instar de Come To The Sabbat, incontestablement le seul titre qui permet d'unir la musique et le sujet du satanisme recherché par ses auteurs.

Mais mettons de côté le satanisme et tout le toutim domaine dans lequel le groupe a finalement peu à offrir, pour relever quelques titres qui reflètent bien le rock prog de la fin des 60's et du début des 70's et qui touchent un cœur de cible plus élargi : outre Come To The Sabbat, très Jethro Tull (flûte) et au refrain obsédant, citons In Ancient Days et son orgue qui dote l'ambiance d'une touche tourmentée, Way To Power, Attack Of The Demon... Le chat, noir cela va de soi, est maigre, en vérité.

Conclusion : on accordera surtout à ces musiciens le bénéfice de l'audace et de l'énergie et c'est tout. Écoutez plutôt le volume 1 de Black Sabbath, si vous voulez des références aux esprits malins et aux Ténèbres mais surtout, évitez, en faisant l'acquisition de Sacrifice, d'être le mouton sacrifié du jour (RAZOR©).

 

1. In Ancient Days.

2. Way To Power.

3. Come To The Sabbat.

4. Conjuration.

5. Seduction.

6. Attack Of The Demon.

7. Sacrifice.

Kip Trevor:chant.

 

Clive Jones:flûte,saxophone,clarinette.

Jim Gannon:guitares,effets spéciaux.

Zoot Taylor:orgue,piano.

Bob Bond:basse.

Clive Box:batterie,percussions.

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