Camel.

BIOGRAPHIE.

 

CAMEL/Guildford (Angleterre)

 

Camel 1

 

Actif entre 1971 et 1984,de 1991 à aujourd'hui.

Label:Charisma Records,MCA,Deram,Decca.

Genre:rock progressif.


Groupe de rock progressif par défaut.

Si Camel a fait partie de la première vague progressive née sur le sol britannique de la fin des années 60 et du début de la décennie 70, force est d'amettre qu'il n'a jamais eu un statut de groupe majeur du genre. Un groupe de rock progressif par défaut, en quelque sorte.

King Crimson, Soft Machine, Genesis, Yes, Emerson Lake & Palmer, Jethro Tull, Pink Floyd ont tellement dominé le rock progressif de cette période que les autres formations, pourtant aussi vertueuses, ont longtemps évolué dans leur ombre : Van Der Graaf Generator, Tangerine Dream, Gentle Giant, Rush, Marillion.

Camel, bien que pouvant être considérée comme une formation-phare de la catégorie, n'a jamais eu la reconnaissance réservée aux leaders, ce qui n'exclut pas qu'elle fut aussi talentueuse qu'influente (Galahad, Pendragon, Opeth, The Flower Kings).

Les débuts à Guildford.

Le parcours de Camel débute juste avant le milieu des 60's à Guildford, dans le Surrey, quand se constitue, à l'initiative des frères Latimer, Andrew le guitariste et Ian le chanteur et bassiste, The Phantom Four (1964), un groupe d'ados. Deux amis proches, l'un batteur, Alan Butcher, l'autre guitariste rythmique, Richard Over se joignent à la fratrie.

Le groupe évolue localement avec un répertoire privilégiant les reprises, les instrumentaux et les chansons à succès du moment, du Beatles et du Beach Boys notamment. Jusqu'à ce qu'Andrew Latimer ne tombe en admiration pour les Bluesbreakers de Mayall, plus particulièrement pour ses guitaristes Peter Green et Eric Clapton.

Quand Richard Over quitte Phantom Four, remplacé par Graham Cooper, le groupe change son nom en Strange Brew, vraisemblablement en hommage à la chanson de Cream (1967). Ian Latimer se marie alors (1968) et décide de laisser ses camarades continuer sans lui. Graham Cooper en fait de même mais pour d'autres raisons.

Les membres restants, Andrew Latimer et Alan Butcher recrutent alors par annonce dans un journal régional, un bassiste. Doug Ferguson impressionne, non seulement par sa maîtrise de l'instrument mais aussi pour sa connaissance du milieu ; il enlève la mise en novembre 68.

Camel phatom fourThe Phantom Four, un groupe d'ados.

Camel 2Camel, groupe de rock progressif par défaut.

Camel andrew latimer 1Andrew Latimer.

Camel andy wardAndy Ward.

Camel doug fergusonDoug Ferguson.

Camel peter bardensPeter Bardens.

Camel 2016Camel 2016.

De Strange Brew à The Brew.

Le trio Strange Brew devient The Brew, mais change de batteur dans la foulée. Andy Ward, recommandé par Ferguson, n'a que 14 ans quand il est sollicité pour remplacer Butcher (janvier 1969), mais il est déjà pétri de talent. The Brew tourne alors beaucoup sur la place de Guildford et dans le Surrey.

Sur ce circuit, il se fait remarquer par un label indépendant, DJM Records, qui lui permet de réaliser une démo, Crossroads (toujours le lien avec Cream). Le résultat n'est pas celui escompté par le trio, lequel se retrouve à servir de backing band pour un artiste de la maison DJM, le pianiste Philip Goodhand-Tait avec lequel The Brew enregistre un album. En dépit de la déception de ne pas avoir suscité une meilleure attention, le groupe tire les leçons de cette expérience en engageant aussi un claviériste afin d'élargir son son.

Une annonce dans le Melody Maker leur permet, après 5 auditions, de sélectionner Peter Bardens (mort en avril 2002), déjà auteur de deux LP solo et dont le cursus se passe de commentaires : les Blues Messengers du Kinks Ray Davies ; les Cheynes, puis Peter B's Looners avec Mick Fleetwood, Shotgun Express avec Rod Stewart comme vocaliste et Fleetwood et, cette fois-ci, Peter Green juste avant qu'il ne rejoigne les Bluesbreakers de Mayall, puis les Them de Van Morrison.

Faute de mettre les pieds dans une formation vraiment structurée, Bardens fait ses premières gammes sur un Hammond loué pour l'occasion et alors que The Brew n'a ni agent, ni contrat. Mais comme le courant passe avec les gars de Guildford, Bardens fait amende honorable.

Très au fait des choses de la musique, Bardens conseille de tourner le dos à l'Angleterre et d'aller tenter sa chance à l'étranger. A défaut de l'Amérique, le groupe se paie l'Irlande, plus proche. En s'appuyant sur du blues et du Santana, il y assure 5 dates devant un public conquis.

Camel sort de l'ombre.

La première se fait à Belfast le 8 octobre 71, sous l'identité de Peters Bardens On. Au retour d'Irlande, l'unanimité se fait autour du nom de Camel dont le premier concert anglais se fait le 4 décembre 1971 dans la région de Canterbury (Waltham), en ouverture de Wishbone Ash.

MCA Records s'intéresse alors à Camel, mais son engagement tarde à se concrétiser ; il lui faut en passer par une dizaine de rendez-vous avant que le label, en août 1972, ne se décide à lui proposer un premier contrat d'enregistrement.

Latimer et Bardens ont dans leur sac quelques titres nés sous leur plume. Le lot en question va alimenter ce qui constituera le premier LP du groupe. Très rapidement, Camel entre en studio (Morgan à Londres) pour les enregistrer, entre le 15 et le 26 août 72).

Sans direction artistique réelle et avec une propension à se disperser, ce disque surprenant pour un premier album est dominé par les claviers de Bardens ; il est publié en février 1973. Quelques originalités transpirent cependant qui augurent de lendemains prometteurs. En raison de son flop commercial, MCA ne reconduit pas le partenariat. L'avenir se fera avec Deram et sous le management de Geoff Jukes et Max Hole.

Mirage, The Snow Goose, Moonmadness, Rain Dances...

Mirage (1974), à la pochette populaire auprès de tous les fumeurs de chichon, ouvre le compteur pour la filiale de Decca Records. Camel ne sait pas encore qu'il en prend pour 10 ans avec la maison de disques britannique. Il entame cette collaboration de la meilleure manière qui soit, concrétisant les espoirs entretenus dans l'album précédent.

Même s'il n'est pas un album révolutionnaire, la grosse demi-heure de Mirage affiche de belles dispositions instrumentales (Supertwister), des vélléités intéressantes pour les titres à tiroirs (Nimrode/The Procession/The White Rider), mais encore de la compléxité. Album par lequel Camel installe le son qui fera sa particularité, Mirage est, à défaut d'être le meilleur, le plus populaire des volumes de sa discographie.

Camel s'impose l'isolement dans les Cornouailles (Devon) pour préparer son troisième opus. The Snow Goose, entièrement instrumental et conceptuel, surprend le public à sa publication. Bien accueilli par la critique, il vaut à ses acteurs d'être élus meilleurs espoirs 75  et d'être poursuivis par Paul Gallico, l'auteur de l'histoire sur laquelle s'appuie le concept (The Snow Goose).

Celui-ci traîne Camel devant les tribunaux pour une supposée collusion du groupe avec l'industrie du tabac américain depuis Mirage. Malgré les contraintes découlant de cette situation (retrait des disques de la vente, correction de la pochette), l'expérimental The Snow Goose fait bonne figure à sa sortie et achève de convaincre les fans grâce au merveilleux concert donné à guichets fermés par Camel au Royal Albert Hall en octobre 1975, avec l'Orchestre Philarmonique de Londres.

Moonmadness (1976) est un très grand disque. Le grand disque qu'il manque jusqu'alors à Camel. Il constitue la porte d'entrée idéale pour aborder ce groupe. Avec sa pochette qui n'est pas sans évoquer celle de Relayer (Yes), Moonmadness est un concentré de techniques instrumentales et d'inspirations individuelles, de cohésion collective, de grandes compositions progressives.

Album préféré du fan-club, il colle de très près à ce qui ce fait traditionnellement dans le rock progressif du moment, mais dérive parfois vers une fusion de rock et de jazz très appréciée. A l'appel du cinquième album studio, Camel doit faire sans Doug Ferguson, remplacé par Richard Sinclair (Caravan).

Il bénéficie en contrepartie de l'apport d'un saxophoniste-flûtiste, Mel Collins (ancien King Crimson), intégré (officieusement) lors de la tournée de promotion de Moonmadness sur les recommandations de son bassiste démissionnaire. Le départ de Ferguson est dicté par la volonté de Ward de pousser pour que Camel prenne une voie plus jazzy. Ce sera une perte majeure, la suite sera moins croustillante.

Rain Dances (1977) démarre la phase telle que souhaitée par son batteur. Pour les supporters de Camel, elle n'est pas la meilleure, même si elle mérite de la considération. Cette perte d'intérêt affecte généralement le rock progressif dans son ensemble ; d'autres formations éminentes du genre (Yes, Genesis, King Crimson) souffrent d'une désaffection identique de leur public : en pleine vague punk, on se rassure comme on peut.

Camel andrew latimer 2

« Pete Bardens me manque beaucoup. Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, nous avions énormément de respect l'un pour l'autre. Il a été le meilleur songwriter que j'ai côtoyé. Je n'ai jamais plus rien connu de semblable après qu'il ait quitté le groupe. Peter était une personne avec laquelle il était très facile de travailler, notamment au niveau de l'écriture. Oui, il me manque. Beaucoup. » (Andrew Latimer)

Après 1977, ça se gâte.

Breathless (1978) ne fait rien pour corriger la situation. Jamais album de Camel n'aura autant divisé. Les fans d'abord, mais le groupe surtout qui voit Latimer et Bardens, le noyau créatif de Camel, se déchirer.

Camel expérimente alors avec deux claviéristes. Kit Watkins et puis Jan Scheelhaas suppléent Bardens lequel rebondit chez Van Morrison (Wavelength) avant d'entamer une carrière solo (Arista Records), tandis que Richard Sinclair est remplacé par Colin Bass. Après la tournée de promotion de Breathless, les Sinclair quittent Camel.

I Can See Your House From Here (1979) déçoit encore, musicalement comme commercialement. Camel se délite lentement mais sûrement. Il perd définitivement Watkins que l'on a certainement vu trop beau, et doit provisoirement se passer des services de Ward, blessé à une main après l'intrigant Nude (1981). Miné par les drogues et l'alcoolisme, le batteur, après avoir été remplacé par Stuart Tosh, renonce officiellement en 1983, amenant Latimer, seul survivant du Camel d'origine à arrêter les frais.

Avant de prendre cette décision, il assure un dernier album, The Single Factor (1983), répondant visiblement à l'engagement contractuel signé avec son label. Composé de singles potentiels, The Single Factor est certainement la chose la plus horrible circulant sous le nom de Camel. On le réservera aux fans exclusivement.

Camel réactivé.

Après quelques disques supplémentaires, Stationnary Traveller/1984, Dust And Dreams/1991, Harbour Of Tears/1996, Rajaz/1999 et A Nod And A Wink/2002, dédié à Peter Bardens, décédé cette année-là, après des changements de line-up successifs, avoir quitté l'Angleterre pour la Californie en 1988, après la création du label Camel Productions (1991), Andrew Latimer connaît de lourds problèmes de santé (myélofibrose) et doit en passer par une opération chirurgicale lui permettant de recouvrer la forme.

Depuis, Latimer a réactivé Camel et réalisé une version moderne de The Snow Goose (2013) derrière lequel il engage une tournée européenne. Elle en annoncera d'autres, en juin 2015, où le groupe donne une quinzaine de concerts en Europe, et au Japon (2016). Le présent Camel est aujourd'hui articulé autour de lui et de Colin Bass,son fidèle bassiste depuis 1979, du batteur Denis Clement, arrivé en 2000, et du claviériste Pete Jones (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 5 - 1977

 

Camel rain dances

 

CAMEL

RAIN DANCES – 1977  4/5

 

Publié en septembre 1977.

Produit par Rhett Davies,Camel.

Durée:44:57.

Label:Deram Records.

Genre:rock progressif.

 

Album gracieux et cohérent.

 

Dans la discographie de Camel dont je n'ai jamais été grand fan, j'ai une sympathie pour le cinquième LP, Rain Dances. Publié en 1977, il est celui par lequel Camel subit un changement notoire en le remplacement de Doug Ferguson par Richard Sinclair, venu du Canterbury et de Caravan. Il bénéficie également de l'apport de Mel Collins, saxophoniste et flûtiste transfuge de King Crimson.

C'est la première fois depuis la réalisation de son premier album que Camel doit faire face à un tel chamboulement de personnel, mais là, c'est pour la bonne cause : pour ne pas être redondant. Camel reste sur deux beaux albums, The Snow Goose et Moonmadness, mais veut se renouveler, alors il jette son dévolu sur les deux acteurs majeurs de la scène progressive précédemment évoqués.

Bien lui en prend, même si je trouve dommage de se séparer d'un bassiste comme Ferguson qui a jusque là, non seulement tenu son rang, mais aussi tiré un peu tout son monde, étant, avec Bardens, un des plus expérimentés du groupe.

L'album se détourne du registre symphonique connu pour s'enrichir d'un son jazzy, tendance déjà enclenchée dans Moonmadness. La basse dynamique de Sinclair et les sonorités jazz nourries émanant du saxo de Collins y contribuent fortement. Les claviers de Bardens sont généreux et talentueux.

Metrognome, Highways Of The Sun, Unevensong, Skylines, First Lines, One Of These Days, Tell Me contribuent à faire de ce disque un des meilleurs, sinon le meilleur travail de Camel, ici soutenu par Brian Eno sur Elke. En tous cas, certainement le plus cohérent et le plus gracieux (RAZOR©).


1. First Light.
2. Metrognome.
3. Tell Me.
4. Highways Of The Sun.
5. Unevensong.
6. One Of These Days I'll Get An Early Night.
7. Elke.
8. Skylines.
9. Rain Dances.

 

Andrew Latimer:guitares,flûte,basse,piano,synthétiseurs,,cloches,choeurs.

Peter Bardens:synthétiseurs,piano,orgue,clavinet.

Mel Collins:saxophone,flûte,clarinette.

Richard Sinclair:basse,chant.

Andy Ward:batterie,ocarina,cloches,percussions.

Martin Drover:trompette,cor.

Malcolm Griffiths:trombone.

Brian Eno:piano,mini Moog.

Fionna Hibbert:harpe.

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