Caravan.

BIOGRAPHIE.

 

CARAVAN/Canterbury (Kent-Angleterre).

 

Caravan 2

 

Années actives:1968-1978,1980-1985,1990-1992,1995 à aujourd’hui.

Label:MGM/Verve,Decca/Deram,BTM.

Genre:rock progressif,Canterbury,rock psychédélique,jazz-rock.

Site officiel:caravan-info.co.uk

 

Né sur le campus de l’Université de Canterbury.

Célèbre pour être un des plus vieilles villes d’Angleterre, Canterbury la médiévale n’est pas que le siège de l’archevêché du même nom ; la cité du Kent a laissé son nom à un genre musical situé aux confins du rock progressif, du jazz et du jazz-rock européen : le rock Canterbury, popularisé par une école musicale en tête de laquelle figurent des noms familiers comme Soft Machine, Gong ou Caravan et des précurseurs illustres comme Robert Wyatt, Brian et Hugh Hopper, Kevin Ayers, Pye Hastings, Richard Coughlan, David et Richard Sinclair ainsi que l’australien Daevid Allen.

Caravan est le groupe majeur de cette école spécifique du Canterbury avec Soft Machine et Hatfield & The North et qui se définit par sa complexité, son étrangeté, sa touche psychédélique, ses paroles aberrantes et délirantes et ses improvisations venues du jazz.

Caravan wilde flowers

Sur les cendres des Wilde Flowers.

Caravan, formé en janvier 1968 grâce à Pye Hastings, chanteur et guitariste, Dave Sinclair, claviériste, le bassiste-chanteur Richard Sinclair et le batteur Richard Coughlan, est certainement le plus pop et le plus mélodieux. Tous sont issus des Wilde Flowers qui, en explosant en octobre 1967, a ouvert la voie pour, d’un côté, Caravan, de l’autre Soft Machine.

C’est du côté de Whitstable, dans la périphérie de Canterbury, que prend naissance Caravan dont la finalité, pour ses fondateurs, est de parvenir rapidement à écrire sa propre musique et d’en vivre. Dans cet esprit, Caravan répète inlassablement en s’appuyant sur ses compositions originales, déménage à Londres là où se situe l’épicentre de la musique progressive et psychédélique ambiante.

Le début de l’ère Canterbury.

Le premier album, l’éponyme Caravan, publié fin 1968, est le miroir de cette merveilleuse alchimie entre psychédélisme à l’anglaise et pop. Disque d’atmosphère, il a pour lui d’ouvrir l’ère Canterbury et de demeurer un sommet du genre. Le label américain MGM/Verve  ne s’y trompe pas qui est le premier à signer le groupe. La critique et le public non plus qui réservent un accueil favorable à la formation et à son premier LP.

Le partenariat avec Verve est bref puisque les britanniques de Decca Records prennent le relais dès le deuxième album If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You (septembre 1970). Ce N° 2 est un véritable travail d’orfèvre qui ouvre les portes de la popularité à Caravan, désormais invité sur les plus grands festivals aux côtés du Pink Floyd, de Yes, Colosseum, Nice, Van der Graaf Generator ou de Soft Machine, l’autre grande figure du genre. 

Derrière un aussi grand disque que If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You, le troisième jet, In The Land Of Grey And Pink (avril 1971) aurait pu faire rentrer Caravan dans le rang. Aurait pu…

Caravan pye hastings

« L'École de Canterbury est un terme qui a été inventé par la presse pour qualifier des groupes comme Soft Machine et Caravan, créés à Canterbury. Nous avions des influences jazz très marquées qui nous ont marginalisées de nos contemporains. Il fallait créer un genre pour ça ; la presse s’en est chargée. » (Pye Hastings)

David Sinclair, le plus grand organiste du Canterbury.

Au contraire, il propulse les anglais encore plus haut, de nombreux fans et la critique s’accordant à reconnaître en ce LP le nec plus ultra du catalogue. Plus mature, techniquement abouti, modèle de créativité, il clôt une trilogie discographique exceptionnelle. David Sinclair y tient un rôle essentiel mais quitte malgré tout Caravan, après cet album. Si le mouvement Canterbury le considère alors comme le plus grand praticien de l’orgue dans le genre de prédilection, lui veut passer  à autre chose et jouer avec d’autres artistes.  

En dépit de la bonne réception réservée au disque dans la presse spécialisée, In The Land Of Grey And Pink peine à convaincre dans les bacs. Ce contretemps commercial affecte beaucoup les membres de Caravan qui rejettent la responsabilité de l’insuccès sur Decca à qui ils reprochent de ne pas avoir consacré assez de moyens financiers et d’efforts à promouvoir leur N°3. Ajoutée à la perte de Sinclair, cette déconvenue porte un coup fatal à ce qui est vu comme le line-up légendaire de Caravan.

Caravan sur une voie de garage.

Joueur de sessions très recherché, l’ex-Delivery Steve Miller est recruté pour pallier le départ de Sinclair. Son style blues et soul diffère toutefois de celui qu’il remplace et s’avère peu compatible avec la direction musicale plus jazzy du groupe. Cela se ressent sur Waterloo Lily (mai 1972) ; la transition a du mal à se faire. Miller ne fait pas oublier Sinclair, loin s’en faut, malgré ses qualités et sa volonté.

Deux mois après Waterloo Lily, Miller quitte à son tour Caravan. Dans le mouvement, Caravan est alors mis en extinction, le temps pour les rescapés, Pye Hastings et Richard Coughlan, de remettre la formation sur les rails avec une nouvelle équipe dès 1973.

Le nom de Caravan est d’abord utilisé à des fins de tournées uniquement. Il réunit Hastings, Coughlan, le bassiste Stu Evans qui relaie Richard Sinclair, Derek Austin (claviers), le violoniste alto Geoffrey Richardson. Evans est rapidement remplacé par John G.Perry tandis que Dave Sinclair, revenu de son expérience Matching Mole avec Robert Wyatt, réintègre le domicile conjugal (1973).

Caravan sinclair richard

Le retour de Sinclair.

For Girls Who Grow Plump in the Night traduit le retour de Caravan dans les studios. Publié en octobre 1973, le cinquième LP du groupe demeure très compétitif, même privé, depuis Waterloo Lily, de Richard Sinclair, son chanteur et bassiste Richard Sinclair.

Ce line-up du renouveau s’offre alors un intermède live avec Caravan & The New Symphonia, publié en avril 1974, et réalisé avec l’orchestre symphonique du même nom, lors d’une prestation au Théâtre Royal de Drury Lane le 28 octobre 1973.

Ce disque s'avère être une des très belles pièces du catalogue discographique des anglais de Canterbury.

Mike Wedgwood supplée alors John Perry et prend part au 6ème LP studio de Caravan, le faible Cunning Stunts (juillet 1975) qui referme derrière lui la collaboration avec Decca/Deram.

2014 : Paradise Filter.

David Sinclair reprend son bâton de pèlerin ; Jan Schelhaas s’engouffre dans la brèche. Le label BTM assure la septième levée de Caravan, Blind Dog at St. Dunstans (avril 1976). Même combat que Cunning Stunts, Caravan ne parvient plus à mettre un pied devant l’autre et Schelhaas est à des années-lumière de faire oublier David Sinclair.

Better By Far (Arista/juillet 1977) ne parvient pas au groupe de retrouver un niveau décent et se sépare en 1978. Reformé à de multiples reprises depuis, Caravan se produit encore aujourd’hui, sans Richard Coughlan décédé en décembre 2013.

Paradise Filter, chez Caravan Records, financé par un groupe de fans sort en 2014. Il est le dernier pan discographique de ce groupe culte du Canterbury, une scène pas comme les autres (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Caravan lp 68

 

CARAVAN

CARAVAN – 1969  5/5

 

Publié en janvier 1969.

Produit par Tony Cox.

Durée:34:04.

Label:Decca (U.K),Verve (U.S.A)

Genre:rock progressif,rock psychédélique,Canterbury.

 

L’avènement du Canterbury.

 

Le Canterbury, ça vous parle ? Ce premier disque de Caravan (en écoute intégrale ici), album éponyme datant de 1968 mais sorti bien plus tard en France, c’est un genre musical en marge qu’on qualifie de Canterbury. Il émane de l’école du même nom, laquelle réunit des artistes de rock psyché et progressif naïf de la fin des sixties, début seventies (Gong, Soft machine, Kevin Ayers, Camel et Caravan), la plupart de ces artistes étant étudiants auprès de cette université.

Caravan est donc un groupe de rock estampillé Canterbury. Pye Hastings (guitare et chant), Richard Sinclair (basse et chant), David Sinclair aux claviers et Richard Coughlan à la batterie ont préalablement appartenu au groupe des Wilde Flowers.

L’album Caravan est historique dans la mesure où il fixe le début du genre Canterbury, merveilleuse alchimie entre le psychédélisme à l’anglaise et la pop. La batterie se fait plus présente et l’orgue omniprésent. La sonorité devient  très british.

En se replongeant dans le contexte de l’époque, il faut voir que ce style musical entrouvre alors la porte à la scène progressive à venir des Genesis, King Krimson, Yes ou autres Pink Floyd.

C’est perceptible sur les premiers titres de l’album (Please Of My Own, Ride et Policeman). Love Song With A Flute, c’est du Jethro Tull avant l’heure (la flûte traversière y est à l’honneur). Cecil Rons, un peu court à mon gré, s’apparente aux premiers pas dans l’impro organique à la Keith Emerson, tandis que Magic Man sonne pop, façon Procol Harum.

J’accorde une place particulière à ce septième titre de l’album, Grandma’s Lawn, une  merveille psychédélique, album qui se referme sur un titre de 9 minutes fleurant bon le Pink Floyd à venir.

Avec If I Could Do It All Over Again et le magnifique In The Land Of Grey And Pink, Caravan va marquer la scène progressive Canterbury, Soft machine, l’autre fleuron de la catégorie, pesant de tout son poids sur la scène jazz Canterbury.

Curieusement oublié, cet album inspiré, d’une grande cohérence et collant bien à son époque, ce disque d’atmosphère (ambiance hypnotisante, sombre, contrebalancée par les voix aériennes et douces d’Hastings et de Richard Sinclair), demeure un sommet du psychédélisme à l’anglaise. Et il fera encore mieux. Avis très favorable (RAZOR©).

 

1. Place of My Own.

2. Ride.

3. Policeman.

4. Love Song with Flute.

5. Cecil Rons.

6. Magic Man.

7. Grandma's Lawn.

8. Where But for Caravan Would I ?

 

Pye Hastings:guitare,basse,chant.

David Sinclair:orgue,chœurs.

Richard Sinclair:basse,guitare,chant.

Richard Coughlan:batterie,percussions.

Jimmy Hastings:flûte.

LP Studio 2 - 1970

 

Caravan if i could do it

 

CARAVAN

IF I COULD DO IT ALL OVER AGAIN, I’D DO IT ALL OVER YOU – 1970  5/5

 

Publié le 4 septembre 1970.

Produit par Terry King.

Durée:47:40.

Label:Decca.

Genre:Canterbury,rock progressif.

 

Une étape majeure du Canterbury.

 

Et si le meilleur de Caravan se trouvait ici, bien au chaud derrière son titre à rallonges, If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You (en écoute intégrale ici), publié à la fin de l’été 1970 ?

Rarement, j’ai été autant scotché par un disque dès sa première écoute. Le deuxième LP du chef de file du Canterbury m’a sidéré à sa sortie ; il agit encore très fortement sur moi aujourd’hui. Ce travail d’orfèvre n’a pas pris le moindre soupçon d’une ride.

Pendant une heure, If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You étire sa fluidité sans discontinuer. Soutenu par de sublimes mélodies, de succulentes harmonies vocales, plongé dans de longues plages éthérées avec un orgue qui règne en maître et des musiciens virtuoses, doté d’un son que l’écoute au casque renforce merveilleusement, ce disque de musique progressive influencée par le Canterbury, tient de la haute couture.

Le premier album de Caravan (Pye Hastings, Dave et Richard Sinclair et Richard Coughlan), éponyme sorti en 1969, révélait l’énorme potentiel de ce groupe anglais. On en a la plus que la confirmation dans ce deuxième LP. Un géant du rock est né.

Publié chez Decca, ce disque voit son contenu fusionner un rock psychédélique avec de petites incursions dans le jazz. Très hypnotique, psychédélique, il est une des étapes majeures du genre. Deux titres sont incontournables : d’une part, And I Wish I Were Stoned au son caractéristique de l’orgue Hammond de Dave Sinclair, artiste hors norme dans l’exploitation et la maîtrise de son instrument ; d’autre part, les 14 minutes et 21 secondes d’un homogène Can’t Be Long Now/Francoise/For Richard/Warlock, sorte de piécettes de jazz et de Canterbury juxtaposées pour le meilleur effet (un titre repris systématiquement lors des concerts) et qui, justement, définissent bien ce qu’est le Canterbury.

C’est parfois fantasque, déroutant, complexe, mais quelle intelligence et quel émerveillement que ces refrains qui accrochent d’emblée, que ces lignes instrumentales planantes qui envoûtent spontanément, que ces changements de tempo qui s’effectuent sans heurter, avec fluidité, que ces chants si raffinés, que ce feeling incroyable, que ces alternances de la flûte pastorale et du saxo du surdoué Jimmy Hastings (lequel n’a jamais vraiment fait partie de Caravan), ou que ces riffs sortis des entrailles d’un orgue mélodique.

Que ces deux morceaux essentiels n’occultent pas pour autant, les merveilleux Hello Hello, With An Ear To The Ground You Can Make It/Martinian/Only Cox/Reprise ou As I Feel I Die, ce serait dommage, car ce disque est du grand art. Décalé pour certains, peut-être, mais du grand art malgré tout. Disque majeur dont on ne peut pas faire comme s’il n’avait jamais existé (RAZOR©).

 

1. If I Could Do It All Over Again,I'd Do It All Over You.

2. And I Wish I Were Stoned/Don't Worry.

3. As I Feel I Die.

4. With an Ear to the Ground You Can Make It/Martinian/Only Cox/Reprise.

5. Hello Hello.

6. Asforteri.

7. Can't Be Long Now/Francoise/For Richard/Warlock.

8. Limits.

 

Pye Hastings:guitare,chant.

Dave Sinclair:orgue,piano.

Richard Sinclair:basse,guitare.

Richard Coughlan:batterie.

Jimmy Hastings:flûte, saxophone.

LP Studio 3 - 1971

 

Caravan in the land grey pink

 

CARAVAN

IN THE LAND OF GREY AND PINK – 1971  4,5/5

 

Publié le 8 avril 1971.

Produit par David Hitchcock.

Durée:42:23.

Label:Deram.

Genre:rock progressif,Canterbury,rock psychédélique.

 

Plus de rose que de gris.

 

In The Land Of Grey And Pink (en écoute intégrale ici) est le troisième disque studio de Caravan. Publié en avril 1971, beaucoup le considèrent comme étant leur pièce majeure. Laissons-les à leur opinion… que je ne partage pas tout à fait.

Je n’adhère pas à ce jugement car pour moi il est difficile de faire mieux que le génial album qui précède (If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You) et autrement plus complexe que celui-ci.

Que l’on dise qu’il est le plus populaire, voire celui par lequel il est conseillé d’aborder Caravan, je le concède. Il est techniquement, certainement, plus mature et, sans aucun doute plus abouti, mais il est différent (en tout cas dans sa première partie) de If I Could Do It All Over Again, I’d Do It All Over You, même s’il reste ancré dans le Canterbury.

Pour clore le débat et passer à ce qui nous réunit présentement, étant un adepte du Caravan des premières heures, j’affirme cependant que la trilogie discographique initiale constitue, sans distinction, le gratin du catalogue de Caravan.

In the Land Of Grey And Pink est enjoué (dans sa partie pop) et enivrant dans sa deuxième phase. Golf Girl, obscène et sympathique morceau de Richard Sinclair, et le sublime Winter Wine, qui enchaîne ses plus de 7 minutes, donnent le ton de cette musique joyeuse et accrocheuse, à l’image du méchant  Love To Love You (And Tonight Pigs Will Fly), contribution pop éclairée de Pye Hastings.

Le titre éponyme, fantaisiste et insouciant, clôt une première partie entraînante, plutôt pop que prog, construite sur des titres relativement courts comparés au morceau final de 22 minutes, au cours de laquelle David Sinclair et son clavier brillent par leur discrétion.

Les 22:40 de Nine Feet Underground occupant  la seconde partie, augurent de la voie que va emprunter le Canterbury, qui, comme le rock progressif, va s’étirer dans des plages musicales allongées, parfois interminables. Cette longueur intempestive n’est, fort heureusement, pas l’apanage de ce remarquable dernier titre, qui permet une excursion dans des atmosphères éthérées diverses.

Il est simplement dommage que l’ensemble de l’album n’ait pas été du même calibre que Nine Feet Underground, une suite passionnante (en 9 piécettes) qui explose sous le clavier omniprésent d’un Sinclair retrouvé (qui partage le chant avec Pye Hastings).

Même si mon propos n’est pas de dévaloriser la première partie (excellente dans son genre), cette différence marquée entre ses deux facettes (l’une pop, l’autre progressive) fait de ce disque un opus particulier de Caravan. Un excellent travail, mais pas leur meilleur.

Pour toutes ces raisons, je le trouve parfois bizarre. J’ai souvent tendance à me contenter de Nine feet Underground et à négliger le reste. Cet album, dont on ne peut pas nier l’apport créatif, est So British et reste à part dans le paysage musical du moment. Il génère toujours un vrai plaisir à l’écouter.

A sa sortie, s’il se cale, malheureusement, dans l’ombre des Aqualung ou Soft Machine 3, il n’en demeure pas moins un indispensable de Caravan. Je connais peu d’artistes qui bouderaient une telle œuvre d’une grande qualité d’enregistrement. Ca s’écoute sans fin cette histoire (RAZOR©).



1. Golf Girl.

2. Winter Wine.

3. Love to Love You (And Tonight Pigs Will Fly).

4. In the Land of Grey and Pink.

5. Nine Feet Underground.

 

Richard Coughlan:batterie,percussions.

Pye Hastings:chant,guitare.

David Grinsted:instruments à vent,percussions.

David Sinclair:claviers,mellotron,choeurs.

Richard Sinclair:chant,basse,guitare acoustique.

Jimmy Hastings:flûte,piccolo,saxophone tenor.

 

LP Studio 4 - 1972

 

Caravan waterloo lily

 

CARAVAN

WATERLOO LILY – 1972  3,5/5

 

Publié le 19 mai 1972.

Produit par David Hitchcock.

Durée:40:06.

Label:Decca.

Genre:Canterbury,rock progressif,jazz-fusion.

 

Un Sinclair peut en cacher un autre.

 

In The Land Of Grey And Pink clôture une fameuse trilogie discographique pour le groupe anglais Caravan, pilier de la scène Canterbury.

Waterloo Lily arrive en 1972. Oui, mais voilà… entre temps, comment dire ? Et bein le Dave s’en est allé. Dave Sinclair, alias le génial claviériste de Caravan quitte Caravan et ça, ça fait mal, ça vous tue un groupe, voyez-vous.

Sous le prétexte fallacieux d’aller se ressourcer auprès d’autres musiciens dont Robert Wyatt de Soft Machine avec lequel il forme Matching Mole, pour évoluer artistiquement, Sinclair la fait à l’envers et la joue en mode félon.

Au lieu de dire tout simplement qu’il a pris un coup derrière la socquette avec les pauvres retombées du disque précédent, il se réfugie derrière cette excuse pipeau. En fait, celui que la presse qualifie de plus grand organiste du Canterbury et qui le prouve dans les 3 LP antérieurs, a le moral dans les chaussettes que son talent et son influence ne soient pas estimés à leur juste valeur.

Il est désabusé, le Dave, du peu de considération accordée par la critique à In The Land Of Grey And Pink, pourtant excellent. N’empêche son départ pour quelque motif que ce soit, met le groupe dans l’embarras et le place face à un choix de carrière à adopter pour espérer péréniser le nom de Caravan.

Eureka ! L’autre Sinclair, Richard le bassiste et chanteur, désireux d’une évolution du groupe vers le jazz, trouve la solution : faire appel à Steve Miller (qui vient avec son frère Phil) en remplacement de David, son traître de reufré.

Un seul être vous manque… vous connaissez la chanson ? Et bien c’est ce qu’il ressort des premières notes et lignes de la première écoute. Le changement de cap est manifeste par rapport à l’ère Sinclair (David) : de quoi supputer d’emblée que Waterloo Lily ne rejoindra pas le triptyque magique précédent.

Non pas que ce ne soit pas bon, 3,5/5 ça mérite l’intérêt mais l’orientation est plus jazzy, l’architecture sonore est transformée et ce n’est pas forcément pour plaire au fan invétéré de Caravan, qui a été de tous les pèlerinages précédents (Caravan, If I Could… et In The Land Of Grey And Pink), et que je suis ad vitam aeternam.

Dès les premières notes, on sent bien un souffle nouveau, mais la présence un peu trop marquée à mon goût, de Miller écrase tout. Le contact est brutal et la transition a du mal à se faire. Et puis, on s’habitue. On se laisse aller aux impros de Miller et on en oublierait presqu’aussi rapidement que David Sinclair, c’est de l’histoire ancienne. Si, si, je l’ai lu dans un commentaire. Dans tes rêves, mec ! Loin de moi de charger le sieur Miller, mais Sinclair ça avait plus de gueule.

L’album est certes agréable, mais manque quand même d’originalité et d’âme. Il est sympa, sans pistes qui puissent être considérées comme mauvaises, mais aussi sans rien qui puisse réellement accrocher ou faire de l’album qui les abrite, un indispensable.

En dépit de bonnes idées, Waterloo Lily marque un ralentissement dans la carrière de Caravan, la mainmise de Richard Sinclair sur le groupe et se positionne surtout comme un disque d’attente et de transition. Par contre le torchon brûle entre lui et Pye Hastings. Ce n’est pas bon signe… (RAZOR©).

 

1. Waterloo Lily.

2. Nothing At All/It's Coming Soon/Nothing At All.

3. Songs And Signs.

4. Aristocracy.

5. The Love In Your Eyes/To Catch Me A Brother/Subsultus/Debouchement/Tilbury Kecks.

6. The World Is Yours.

 

Richard Coughlan:batterie,percussions.

Pye Hastings:chant,guitare.

Steve Mille:claviers.

Richard Sinclair:chant,basse.

Mike Cotton:trompette.

Lol Coxhill:saxophone soprano.

Colin Frechter:arrangements cordes.

Jimmy Hastings:flûte,saxophone ténor.

Phil Miller:guitare.

Barry Robinson:oboe.

LP Studio 5 - 1973

 

Caravan for girls

 

CARAVAN

FOR GIRLS WHO GROW PLUMP IN THE NIGHT – 1973  4/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par David Hitchcock.

Durée:45:43.

Label:Decca.

Genre:Canterbury,rock progressif.

 

L’album de Pye.

 

La parenthèse Steve Miller est refermée. Il ne sera finalement apparu que sur l’anonyme Waterloo Lily, lui conférant, au passage, un style jazz plus marqué.

Avant l’enregistrement de ce nouvel album, For Girls Who Grow Plump In The Night (en écoute intégrale ici), le cinquième studio de l’ère Caravan, on assiste, outre Miller, au départ de Richard Sinclair, membre fondateur et qui tenait alors la baraque, ainsi qu’au retour de Dave Sinclair : l’avenir nous apprendra qu’il fut éphémère.

Le claviériste génial qui a, par son jeu exceptionnel et jusqu’à son départ après la tierce discographique magique, déposé la marque Caravan dans le genre Canterbury, refait une courte pige, déçu de son expérience Matching Mole.

Qui va à la chasse, perd sa place. Le revenant Sinclair n’a plus qu’à méditer sur le sujet puisqu’il ne réintègre pas, dans l’esprit en tout cas, la place qui fut préalablement la sienne. Geoff Richardson, violoniste de blues, entre aussi dans le groupe. Richard Coughlan, John G. Perry (influent auprès de Pye Hastings) et Pye Hastings (qui signe tous les titres de For Girls…) complètent le line-up.

Avec le retour de l’enfant prodige David  Sinclair, et de par l’apport de Richardson (et de son violon alto), le son de Caravan diffère de l’album précédent. Caravan retrouve sa véritable identité. La tendance jazz est toujours présente, mais c’est le rock qui porte cet album frais, inspiré, de caractère et aux orchestrations parfois complexes. Heureusement, car le groupe aurait gravement compromis sa carrière, je pense, s’il était entêté à poursuivre dans l’esprit de Waterloo Lily.

L’ensemble est rythmé, accroche et séduit. Le résultat est probant jusqu’à son terme. A un moment où l’on croyait le groupe perdu en chemin, Caravan revient en grande pompe sur For Girls Who Grow Plump In The Night.

Les meilleurs exemples de cette résurrection sont Memory Lain, Hugh/Headloss, l’inspiré, libertin et drôle The Dog, The Dog, He’s At It Again et, en guise de bouquet final, l’instrumental rendant hommage à un restaurant albigeois l’Auberge du Sanglier/A Hunting We Shall Go/Pengola (de G. Perry)/Backwards/A Hunting We Shall Go (reprise). Hoedown, aux grandes qualités, qui auraient du en faire un single, Surprise, Surprise le romantique sont brillants.

Mélodique, plein d’énergie et de charme, spontané, cet album est une vraie réussite. Pye peut être satsifait de son écriture. Doté de suffisamment d’arguments pour convaincre, For Girls Who Grow Plump In The Night est toutefois passé au travers, commercialement parlant. Encore un des mystères du rock, parce que si ça tient la route, c’est bien  ici (RAZOR©).

 

1. Memory Lain,Hugh/Headloss.
2. Hoedown.
3. Surprise, Surprise.
4. C'thlu Thlu.
5. The Dog, The Dog, He's At It Again.
6. Be Alright/Chance Of A Lifetime.
7. L'Auberge du Sanglier/A Hunting We Shall Go/Pengola/Backwards/A Hunting We Shall Go (Reprise).

 

Richard Coughlan:batterie,percussions,timpani.

Pye Hastings:chant,guitare électrique.

John G. Perry:basse,chant,percussions.

Geoff Richardson:violon.

David Sinclair:claviers.

Paul Buckmaster:violoncello.

Tony Coe:clarinette,saxophone tenor.

Jimmy Hastings:flute.

Rupert Hine:synthétiseur.

Pete King:flûte,saxophone alto.

Harry Klein:clarinette,saxophone baryton.

Henry Lowther:trompette.

Jill Pryor:voix.

Chris Pyne:trombone.

Frank Ricotti:congas.

Barry Robinson:flûte,piccolo.

Tom Whittle:clarinette,saxophone ténor. 

LP Studio 6 - 1975

 

Caravan cunning stunts

 

CARAVAN

CUNNING STUNTS – 1975  2,5/5

 

Publié le 25 juillet 1975.

Produit par David Hitchcock.

Durée:41:47.

Label:Decca.

Genre:rock progressif,Canterbury.

 

Pas loin du désastre.

 

Ma parole, mais ils marchent sur la tête ou quoi nos amis de Caravan ! Ils nous ont fait de Cunning Stunts (en écoute intégrale ici), un disque de 10 CC, ce n’est pas possible !

En 1975, alors que Caravan boite bas du fait des changements qui affectent le line-up, ce disque fait perdre une partie de sa crédibilité à Caravan. Tout au moins son originalité, sa spécificité. Ok, ça s’écoute, mais quand même… après un bel album comme For Girls, on était en droit de s’attendre à mieux.

C’est le départ de John G. Perry, influent auprès de Pye Hastings, qui bouleverse la donne ? C’est la tournée US et ses 50 dates, qui les a incités à américaniser leur son ? Est-ce le changement de manager ? Le changement de maison de disques (British Talent Management de Miles Copeland) ? Est-ce le fait que Richardson oublie qu’il est avant tout un sublime violoniste avant d’être guitariste, même s’il l’est de belle manière ? Ou bien le changement de matériel organique de David Sinclair, lequel est à nouveau habité par des envies d’ailleurs ?

C’est le début de la fin, les p’tits gars ! Comme beaucoup de groupes ont pu en être affecté. Dès lors que le jeu des chaises musicales s’instaure, le pire est à attendre ; cela n’annonce rien de bon. Une fois n’est pas coutume, mais là, c’est si flagrant que ça vous pète à la gueule.

L’album est en panne de morceaux accrocheurs et ce ne sont pas les deux apports du remplaçant de Perry (Mike Wedgwood), le langoureux Lover ou Welcome The Day, qui relèvent le niveau. Le travail est banal et manque d’inventivité, la matière est franchement faible et il n’est que la suite progressive finale (18 minutes quand même) qui vaille réellement la peine ici. Remarquez, à elle seule, elle sauve le disque du désastre total. Pour le reste, je zappe sans aucun regret (RAZOR©).

 

1. The Show of Our Lives.

2. Stuck in a Hole.

3. Lover.

4. No Backstage Pass.

5. Welcome the Day.

6. The Dabsong Conshirtoe.

7. The Fear and Loathing in Tollington Park.

 

Pye Hastings:guitares,chant.

David Sinclair:claviers.

Mike Wedgwood:basse,congas,chant.

Geoff Richardson:alto,guitare,flûtes,violon.

Richard Coughlan:batterie.

Jimmy Hastings:saxophones,clarinette.

LP Studio 7 - 1976

 

Caravan blind dog

 

CARAVAN

BLIND DOG AT ST. DUNSTANS – 1976  2/5

 

Publié le 23 avril 1976.

Produit par David Hitchcock.

Durée:46:20.

Label:BTM (U.K),Arista (U.S.A).

Genre:rock progressif,Canterbury.

 

Même combat que Cunning Stunts.

 

Le coup de mou observé sur le précédent Cunning Stunts, n’avait rien d’isolé. Il est reconduit sur ce disque de 1976, Blind Dog At St. Dunstans (en écoute intégrale ici). Pour la deuxième fois de rang, et alors que le groupe n’arrête pas d’être chamboulé par des départs comme par des arrivées, aucune piste ne permet à l’album un quelconque intérêt.

Comme son prédécesseur, il s’écoute moyennant de gros efforts pour ne pas sombrer rapidement dans l’ennui. Nous sommes à des années-lumière des premiers Caravan. Caravan a tourné le dos à son flamboyant Canterbury et ce n’est pas le fait que Hastings se soit investi quasi complètement dans l’écriture qui change quoi que ce soit. Il a sauvé les meubles ces derniers temps. Plus maintenant.

C’est pâlichon. Le groupe montre des signes de lassitude et commence à être atteint du syndrome de la page blanche tant la matière est décevante et insipide. De temps à autre, une parcelle de magie mélodique ou instrumentale tend à prouver que la bête n’est pas morte et qu’elle sommeille seulement.

C’est finalement trop peu, le groupe le payant cash auprès de fans qui, depuis Cunning Stunts, ne croient plus beaucoup en ces gars. Privé de son âme, David Sinclair, Caravan erre malgré les efforts de Pye Hastings pour garder la tête hors de l’eau.

Son remplaçant Jan Schelhaas ne parvient pas à le faire oublier. Même John Wayne n’a pas réussi à sauver ce disque pop léger. Je zappe encore (RAZOR©).



1. Here Am I.

2. Chiefs and Indians.

3. A Very Smelly, Grubby Little Oik.

4. Bobbing Wide.

5. Come on Back.

6. Oik (reprise).

7. Jack and Jill.

8. Can You Hear Me?

9. All the Way (with John Wayne's single-handed liberation of Paris).

 

Pye Hastings:guitare électrique et acoustique,chant.

Richard Coughlan:batterie.

Jan Schelhaas:claviers.

Mike Wedgwood:basse,chant,congas.

Geoffery Richardson:viola,guitare électrique,flûte.

Jimmy Hastings:flûte,saxophone alto,saxophone ténor,clarinette.

Chanter Sisters:choeurs.

LP Studio 8 - 1977

 

Caravan better by far

 

CARAVAN

BETTER BY FAR – 1977  1,5/5

 

Publié le 26 juillet 1977.

Produit par Tony Visconti.

Durée:43:25.

Label:Arista.

Genre:rock progressif, pop,Canterbury.

 

Pitos !

 

Quelle dégringolade depuis Cunning Stunts ! Je mets quiconque, fan du Caravan dans ce qu’il a de meilleur, à savoir sa trilogie initiale, d’aller au bout de ce disque, le dénommé Better By Far (en écoute intégrale ici).

Ce n’est pas le même groupe. C’est à rire ! Il n’est même plus question de pente descendante…c’est le gouffre, le néant. Comme j’ai pu le lire, en quoi cet album mérite une note de cinq ? En quoi est-il sous-estimé ?

Parce que le zéro n’existe pas dans mon esprit et compte tenu que tout travail mérite estime, je me contenterai d’une étoile et des, mais pas plus. Où cet album va chercher ses galons ? Nulle part. C’est vraiment pitoyable. A moins d’aimer la pop.

Caravan ne s’est pas rendu service en sortant cette galette insignifiante qui fait désordre dans la maison et tâche sur le C.V. Il n’est pas du tout représentatif de ce que ce groupe a pu apporter au rock. Par contre, côté espèces sonnantes et trébuchantes, il a du séduire plus d’un gogo (RAZOR©).

 

1. Feelin' Alright.

2. Behind You.

3. Better by Far.

4. Silver Strings.

5. The Last Unicorn.

6. Give Me More.

7. Man in a Car.

8. Let It Shine.

9. Nightmare.

 

Richard Coughlan:batterie,percussions.

Pye Hastings:guitare,chant.

Dek Messecar:basse,choeurs.

Geoff Richardson:viola,guitare,flûte,sitar,mandoline,chant.

Jan Schelhaas:claviers,choeurs.

Vicki Brown:chant sur 6.

Fiona Hibbert:harmonica sur 7.

Tony Visconti :double basse électrique sur 7.

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