Colosseum.

BIOGRAPHIE.

 

COLOSSEUM/Angleterre

 

Colosseum 6

 

Actif entre 1968 et 1971,1975 et 1978,1994 à 2015.

Labels:Fontana,Vertigo Records.

Genres:jazz fusion,rock progressif,jazz rock,blues-rock.

 

La très belle inspiration du rock progressif anglais.

Quel fan de rock progressif anglais aurait imaginé, dans ses rêves les plus fous, assister un jour à la réunion de Jon Hiseman, Chris Farlowe, Clem Clempson, Dave Greenslade et Mark Clark ? Séparé depuis 44 ans et novembre 1971, le line-up quasi au complet de la première mouture de Colosseum (il y en a une seconde reconstituée en 1975 autour de Jon Hiseman) est revenu dans les bacs en novembre 2014 avec un nouvel album, Time On Our Side et a engagé une tournée européenne de 24 dates (2014/2015) dans la foulée. Malheureusement, les vieux amis ont perdu en chemin leur saxophoniste culte, Dick Heckstall-Smith, lequel a dû déposer les armes en 2004 dans son long combat contre un cancer.

La maladie de Parkinson est également la raison pour laquelle ce come-back en studio ne s’est pas fait plus tôt. La remplaçante d’Heckstall-Smith, Barbara Thompson, artiste de renommée internationale au même instrument, épouse de Jon Hiseman depuis 1967 et membre (non crédité) des premières heures de Colosseum (3 premiers LP) en est atteinte et l’évolution de son affection a  freiné à 3 reprises ce projet fort sympathique. Ceux à qui l’annonce de ces retrouvailles fait rejaillir l’idée d’un Valentyne Suite bis en seront toutefois pour leurs frais. Time On Our Side n’a pas du tout vocation à aller fouiller le passé glorieux du groupe.

Colosseum jon hiseman 1976

Influence majeure britannique.

Colosseum, pour ceux qui s’en souviennent encore, est considéré comme une des influences majeures du rock progressif des 60’s/70’s. Principalement ancrée dans le jazz-rock, cette formation est créée en septembre 1968 grâce à Jon Hiseman, son batteur, au regretté Heckstall-Smith et au bassiste Tony Reeves.Hiseman, Heckstall-Smith, deux jazzmen de choc, et Tony Reeves, plus rock, ont pour dénominateur commun John Mayall.

Ou plutôt John Mayall et ses Bluesbreakers par lesquels les deux premiers sont passés après leur expérience préalable respective dans Graham Bond Organisation et Blues Incorporated, des groupes essentiels du blues-rock et du jazz-rock anglais des 60’s.

Ancien producteur indépendant de CBS et Polydor, ex directeur créatif de la Greenwich Gramophone Company, Tony Reeves, s’il n’a fait que contribuer, avec les deux autres compères, à l’enregistrement de l’album Bare Wires des Bluesbreakers de juin 1968, en demeure pas moins affublé d’un beau pédigrée. On lui prête effectivement des collaborations avec Mick Taylor, Davey Graham, Sandy Denny, John Martyn et il est fortement impliqué dans des projets comme Curved Air ou, juste avant, Greenslade avec Dave Greenslade, claviériste rapidement enrôlé par le trio fondateur.

Pionnier du jazz fusion des 60’s.

Le noyau de Colosseum procède alors au recrutement d’un guitariste. Plusieurs sont testés parmi lesquels Jim Roche, membre pour une très courte période, et James Litherland, le papa du musicien électro James Blake, alors âgé de 19 ans et que l’on retrouve sur les deux premiers LP du groupe. Hiseman, Reeves, Heckstall-Smith, Greenslade et Litherland (et Roche pour un titre) constituent le groupe qui réalise le premier album du catalogue : l’explosif Those Who Are About to Die Salute You (mars 1969), fait au Royaume-Uni pour le compte du label Fontana, relayé aux Etats-Unis par Dunhill.

Placé parmi les précurseurs du jazz fusion, ce disque varié, vitaminé, puissant, agréablement  groové et techniquement virtuose, fait 15 chez lui. Produit par Gerry Bron (Marianne Faithfull, Manfred Mann Earth Band, Uriah Heep, Juicy Lucy), il prépare au magnifique Valentyne Suite (Vertigo/1969), l’œuvre de référence de Colosseum et dont il est assez proche.

Colosseum gerry bron

« Jon Hiseman était le meneur du groupe, son âme. Il était un leader, plus que Dick Heckstall-Smith. Lorsque j’ai eu à travailler avec Colosseum, il était le porte-parole de tous les membres, celui qui les représentait toujours ; même s’ils n’étaient pas toujours en phase avec lui, il était le leader. Je n’ai jamais eu le moindre problème à batailler avec quelqu’un. C’est la démocratie et j’aime le débat. La plupart du temps, de la discussion jaillissait la lumière. Et sur ce plan, ça s’est toujours bien passé. » (Gerry Bron)

La référence Valentyne Suite.

Disque d’une grande richesse, le swinguant Valentyne Suite fourmille de plein de bonnes idées. La musique ici créée est simultanément vivante et structurée et de bon goût. C’est incontestablement la référence suprême de Colosseum.

The Grass Is Greener, publié en janvier 1970, tient de Valentyne Suite, surtout dans son visuel reprenant celui de l’album précédent (en plus sombre), car pour le reste, la matière réunie pour séduire le marché américain et seulement lui, diffère conséquemment. Seules trois chansons sont communes aux deux disques : Elegy, Butty's Blues et The Machine Demands A Sacrifice. Dave Clem Clempson remplace James Litherland sur ces sessions. De par sa différence avec Valentyne Suite, il se pose en complément incontournable de son prestigieux alter ego.

Du mouvement avant un premier arrêt.

Le remplacement de Litherland en annonce d’autres. Ainsi, dès le LP studio suivant, le troisième, dénommé Daughter Of Time (fin 1970), Louis Cennamo supplée Tony Reeves. Puis Mark Clarke succède à Cennamo. Chris Farlowe est également recruté pour libérer Clempson du chant et pour que ce dernier puisse se consacrer uniquement à la guitare. Pour la première fois apparaît le nom de Barbara Thompson qui a toujours évolué dans l’ombre jusque là. Le conceptuel Daughter Of Time propose un répertoire rock prog de qualité, certes, sans toutefois émouvoir autant que sur les deux premiers albums. Dernier disque studio des 70’s, il demeure néanmoins 5 semaines dans les charts british en culminant à la 23ème place.

Avant de se retirer, Colosseum y va d’un live, en 1971 (17 au Royaume-Uni), enregistré entre Manchester et Brighton. Grande réussite commerciale, il met fin au catalogue des anglais qui se séparent en novembre 71 après trois années assez intenses au service du rock.

Colosseum 4

Colloseum76

Colosseum 1

Colosseum II, le retour.

Jon Hiseman s’en va former Tempest avec Mark Clarke. Greenslade et Reeves optent pour Greenslade tandis que Clem Clempson rejoint Humble Pie et Chris Farlowe, Atomic Rooster. Dick Heckstall-Smith poursuit sa carrière en solo.

En 1975, Colosseum renaît de ses cendres dans une deuxième mouture (Colosseum II) grâce à Jon Hiseman. Se relaient à ses côtés Graham Bell, Duncan Mackay, Mark Clarke puis Gary Moore (guitare, chant), Mike Starrs (chant), Don Airey (claviers), Neil Murray (basse), John Mole (basse) et Barbara Thompson.

En 1978, après que Gary Moore ait signé pour Thin Lizzy, Colosseum II cesse son activité ; trois LP sont rattachés à cette mouture : Strange New Flesh (1976), Electric Savage et War Dance en 1977.

La der, c’est annoncé.

Colosseum se réunit à nouveau en 1994, engage une tournée derrière, immortalisée par un live. Cette reformation engendre à sa suite quelques albums supplémentaires (Bread & Circuses/1997, Anthology/2000, Tomorrow’s Blues/2003), des éditions spéciales de Valentyne Suite et de Colosseum en public notamment (Colosseum Lives/1994, Live 05/2007).

Time On Our Side est vraisemblablement le dernier opus du groupe. Plus sûrement, cette tournée est bien l’ultime. Jon Hiseman l’a annoncé (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1969

 

Colosseum valentyne suite

 

COLOSSEUM

VALENTYNE SUITE – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Tony Reeves and Gerry Bron.

Durée:34:46.

Label:Vertigo (U.K).

Genre:jazz-rock,rock progressif.

 

Un modèle de rock-jazz.

 

Colosseum a été un des fondateurs et des piliers du rock progressif anglais au milieu des années soixante, un précurseur des plages musicales  longues et dont seront friands au début des années 70 moults groupes de rock progressif. C’est le cas avec Valentyne Suite (en écoute intégrale ici), titre du deuxième LP de Colosseum et du morceau-titre auquel je fais allusion quant à sa longueur.

Je vous le dis tout de go, Valentyne Suite m’a scotché. La formation composée de Dave Greenslade (claviers), du bassiste Tony Reeves, du guitariste et chanteur James Litherland, de Jon Hiseman (batterie) et du saxophoniste Dick Heckstall-Smith nous livre ici un album réussi, aussi excitant que ne le fut le premier disque qui précède.

Fusion de jazz, de rock, de blues et d’influences classiques, le musicalement varié qu’est Valentyne Suite (1969) est un incontournable de discothèquepersonnelle. Si Valentyne Suite, le morceau titre est la pièce maîtresse du disque, le reste ne manque pas de qualité, loin s’en faut.

Le survitaminé Kettle ouvre les débats sur les chapeaux de roue (Hiseman s’éclate comme un cinglé derrières ses fûts), avant qu’un Elegy fortement jazzy ne lui emboîte le pas dans un égal bonheur. Dick Heckstall-Smith y trouve l’occasion de placer son saxo fou.

Butty’s Blues et ses cuivres lourds s’invitent alors dans un blues lent façon New-Orléans. Si la majorité de ce line-up n’a pas été bercée près du mur du blues, c’est à s’y méprendre ! Hiseman, Heckstall-Smith et Reeves sont, je vous le rappelle, des anciens des Bluesbreakers du père Mayall.

La face A se referme sur un excellent numéro de jazz, The Machine Demands A Sacrifice, dans sa première partie tout du moins (belles harmonies vocales, côté psychédélique).

Une suite intense et d’une puissante cohérence, en trois mouvements (celle qui donne le nom à l’album) occupe à elle seule la deuxième partie du vinyle. Cette fresque belle et fragile pointe à plus de 16 minutes et   sort des standards usuels de la musique rock d’alors, faisant de Colosseum un pionnier du rock prog.

Cette première véritable épopée musicale est le chef d’œuvre du groupe et l’heure de gloire de l’organiste Dave Greenslade, héros méconnu qui renvoie Keith Emerson à ses chères études (tous les membres sont à associer à cet enregistrement extraordinaire), mais Heckstall-Smith et Hiseman, notamment, rodent dans les parages, qu’on se le dise !

Point culminant de la carrière de cette formation jazz-rock prog britannique formé en 1968, Valentyne Suite tient d’In the Court of The Crimson King (King Crimson). Cet album est mémorable, une étape essentielle dans l’histoire du rock, l’année où le regretté Neil Armstrong posait son pied sur le sol lunaire (RAZOR©).

 

1. The Kettle.

 2. Elegy.

 3. Butty's Blues.

 4. The Machine Demands a Sacrifice.

 5. Valentyne Suite Theme One: January's Search.

 6. Valentyne Suite Theme Two: February's Valentyne.

 7. Valentyne Suite Theme Three: The Grass is Always Greener.

 

Dave Greenslade:orgue Hammlond,vibraphone,piano,choeur sur 4.

Dick Heckstall-Smith:saxophones,flûte sur 4.

 Jon Hiseman:batterie.

 James Litherland:guitares,chant.

 Tony Reeves:basse.

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