Crack The Sky.

BIOGRAPHIE.

 

 

CRACK THE SKY/ Weirton (Virginie Occidentale – USA)

 

 

Crack the sky intro

 

 

Actif entre 1975 et 1978,1980 et 1983,1986 et 1990,depuis 1996.

Labels :Lifesong,Grudge,Red Line,Winthrop,Aluminium Cat,Loud & Proud.

Genre:rock progressif,art rock,hard rock,power pop,pop-rock.

Site officiel:crackthesky.com

 

Révélation de l'année 75.

 

Quand, en 1975, le magazine Rolling Stone élit le premier album éponyme de Crack The Sky révélation de l'année, personne ne le conteste, les critiques de l'époque adhérant globalement à ce verdict. Tout le monde voit alors en ces musiciens de Virginie-Occidentale une formation pleine de promesses, vouée à des lendemains radieux.

Crack the sky witkowski palumboUn groupe né de la rencontre entre Witkowski et Palumbo. 

Crack the sky nowToujours actif aujourd'hui.

Crack the sky liveUn fort potentiel.

Crack the sky lp 2Le premier LP en 1975.

Crack the sky crackologyCrackology en 2018.

Dans les faits, l'avenir de Crack The Sky ne s'est pas vraiment traduit comme les prédictions le laissaient alors entendre. Son parcours se dessine comme les montagnes russes : un coup up, un coup down.

 

Mal promu, mal distribué.

 

La malchance n'est pas la cause. Quand on a les faveurs des presses spécialisées dès le début de sa carrière professionnel, il serait malvenu de l'invoquer ou de se cacher derrière.

 

Non, les raisons justifiant le fait que le groupe n'ait jamais véritablement percé et atteint le niveau supérieur du rock progressif, c'est dans son partenariat avec Lifesong Records, sa première maison de disques, qu'il faut aller les chercher.

 

La collaboration avec le label, pourtant distribué par CBS, a été un véritable gâchis. Mal promu, mal distribué, Crack The Sky, pourtant fraîchement auréolé de son statut d'espoir du rock prog, peine à arriver dans les bacs des disquaires et passe tout aussi péniblement sur les ondes nationales.

 

Sauf à Baltimore – allez savoir pourquoi – où le groupe a toujours joui d'une cote de popularité particulière, sans en être pourtant issu.

 

Il en est ainsi pour les trois levées discographiques initiales entre 75 et 78, les meilleures, toutes inscrites au Billboard 200.

 

4 décennies d'activité.

 

Après avoir sorti trois opus arty et parfois un peu aventureux il est vrai, Lifesong réclame du single. Il faut impérativement un succès pour amortir les frais consacrés au groupe. Ce que rejettent en bloc les membres du groupe.

 

Des dissensions en interne apparaissent alors qui sonnent le glas de cette formation. John Palumbo, le songwriter-maison, quitte ses partenaires, donnant le départ à de multiples mouvements de personnel, lesquels contribuent un peu plus à freiner l'élan de Crack The Sky, à déséquilibrer son parcours et à perturber son histoire.

 

Ceux qui ont ouvert pour Styx, Rush, Supertramp, Yes, ZZ Top, Electric Light Orchestra, Kansas, Zappa et bien d'autres et qui étaient alors comparés à Steely Dan sont toujours actifs aujourd'hui, sur scène comme en studio où leur compteur discographique recense aujourd'hui 28 albums. Dernier en date, Crakology (2018) qui couvre plus de 4 décennies d'activité...

 

Quand Rick rencontre John.

 

C'est à Weirton, en 1970 et en Virginie-Occidentale que Rick Witkowski, un gamin du crû de 20 ans qui travaille chez un disquaire local, rencontre John Palumbo, de deux ans son aîné, étudiant en psychologie originaire de Pittsburgh, débarqué dans la région.

 

Les deux sont musiciens mais le second nommé a une chose en plus : il est songwriter et a déjà quelques chansons dans son escarcelle.

Dans un contexte où les combos du moment jouent essentiellement des reprises, il n'échappe pas à Witkowski que ce privilège pourrait être un atout dans l'optique de la formation d'un groupe.

 

Comme Palumbo est intéressé par l'idée de s'associer avec Witkowski, le duo, d'abord impliqué dans Uncle Louie et après s'être rendu à New York pour une audition pour CashWest Productions et avoir convaincu Terry Minogue (1973), réunit autour de lui des musiciens de la place tels que Joe Macre, bassiste, et Joey D'Amico, batteur, transfuges de Sugar ainsi qu'un second guitariste, Jim Griffiths. Objectif : signer quelques démos.

 

Un fort potentiel.

 

Le groupe s'appelle alors Arcangel et devient Crack The Sky lors de la signature de son contrat avec Lifesong Records. Lifesong est, en fait, la continuation de la société de production de Terry Cashman et Tommy West (CashWest). Crack The Sky, dont le nom réfère à un éclair déchirant le ciel, est sélectionné pour ouvrir le compteur du nouveau label.

 

Un premier LP est enregistré (aux studios CBS de New York) qui reprend l'identité de leurs auteurs. L'album, du rock progressif teinté d'un peu de funk, est une véritable réussite.

 

Il dévoile tout le potentiel de ce line-up voué à une grande carrière pour tous les observateurs de l'époque. Crack the Sky est annoncé comme un futur très grand pour les années à venir. Entre Pink Floyd et King Crimson, dit-on...

 

Bien que frais et dynamique, esthétique et en avance sur son époque, intelligent, créatif, Crack The Sky va vite se retrouver pris au piège de sa musique, trop arty et expérimentale pour les supporters de pop, trop funky et trop bien construite pour les fans de art-rock.

 

Lifesong ne saura jamais comment les promouvoir. S'en est-il réellement soucier un jour ? C'est une autre histoire...

 

Rolling Stone et Baltimore.

 

Toujours est-il que, malgré les éloges des critiques, le coup de pouce inespéré de Rolling Stone Magazine et l'intérêt plus marqué de la place de Baltimore, Crack The Sky n'a pas l'adhésion du public, ce que confirme Animal Notes (1976), encore compétent mais moins accessible et sans l'étincelle qui sied à son prédécesseur. John Palumbo, en totale divergence artistique, quitte alors ses partenaires (1978).

 

L'encadrement craint que ce départ ne signe la fin de Crack The Sky. Son déclin, en tout cas, compte tenu qu'il est l'auteur-compositeur valeureux de la formation.

Crack the sky rick witkowski portrait

« John Palumbo me laisse libre cours à la direction que la chanson doit prendre, elle doit seulement correspondre à ce qu'il veut en tant qu'écrivain. Lorsque vous avez la possibilité d'opérer ainsi sur le plan sonore et émotionnel, cela donne un disque tellement plus divertissant. En général, nous entretenons, et avons toujours entretenu, de très bonnes relations. » (Rick Witkowski)

Crédible...

 

Safety In Numbers (1978) qui se fait sans lui, mais avec Gary Lee Chappell (et Rob Stevens aux synthés) ne souffre pas trop de cette lourde perte, sauvé par sa première section dans laquelle le musicien démissionnaire est encore partie prenante.

 

Safety In Numbers demeure un bel album de rock heavy/prog avec ses moments inoubliables comme Nuclear Apathy et la chanson-titre. Ceux-ci, même plus rares, ravivent l'injustice pour Crack The Sky de ne pas avoir atteint le niveau auquel tout le monde le destinait.

 

La tournée promotionnelle nord-américaine de Safety In Numbers qui suit et dont les concerts de Philadelphie et de Cleveland servent de matière à son 4ème LP, Live Sky (1978), confirme la crédibilité accordée à la bande à Witkowski.


Toujours le sens du spectacle.

 

C'est après que les affaires se compliquent, quyand Crack The Sky demande une revalorisation de son partenariat alors que, jusque là, il a dû se contenter de miettes.

 

Le label lui objecte qu'il a dépensé assez d'argent comme ça et refuse. Il en résulte la dislocation du groupe, fin 1978. Lifesong se paie alors sur la bête en publiant une compilation, Classic Crack en 1980.

 

Sur l'impulsion des membres fondateurs et notamment de ses leaders, Crack The Sky se réunit à diverses occasions durant les décennies suivantes. Tantôt Palumbo, une autre fois Witkowski, parfois les deux, réactivent une nouvelle mouture du groupe en 1980 (jusqu'en 1983), en 1986 jusqu'en 1990, puis en 1996.

 

Depuis Crack The Sky continue à se produire sur scène et à enchaîner les albums. Au regard des commentaires élogieux portant sur leurs dernières apparitions, Crack The Sky a toujours le sens du spectacle et pratique toujours, sans chercher à remonter le temps mais en regardant encore vers l'avenir, une musique aussi pertinente qu'aux premières heures (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1975

 

Crack the sky lp 2

 

CRACK THE SKY

CRACK THE SKY – 1975  4/5

 

Publié en 1975.

Produit par Terence Minogue,Marty Nelson,William Kirkland.

Durée:35:41.

Labels:Lifesong Records.

Genre:rock progressif.

 

Du potentiel et de l'intelligence.

 

Pour un premier LP, ce disque éponyme de 75 est excellent. Si le lot de chansons ici présentes ne dégage rien qui confine au sublime, il offre en revanche une très grande qualité, constante d'un bout à l'autre de l'écoute.

 

Ce haut niveau interroge d'ailleurs sur les raisons pour lesquelles de groupe de l'Ohio n'a pas eu une meilleure destinée, restant surtout cantonné à rayonner régionalement.

 

Le potentiel technique est là, la cohésion collective marquée, l'écriture (railleuse, spirituelle et décalée), dont John Palumbo est le seul auteur, pertinente, le son unique.

 

C'est frais, inspiré, intelligent, groovy avec de beaux et subtils éléments progressifs et de belles harmonies vocales (Sleep, I Don't Have A Tie), doté de très bons arrangements.

 

Bref, c'est recommandable à plus d'un titre d'autant que la suite discographique (excepté les suivants immédiats Animal Notes/1976 et Safety In Numbers/1978 qui ont encore du grain à moudre) n'a plus le même intérêt.

 

C'est donc ici qu'il faut être pour découvrir toute l'explosivité et le talent indéniable de Crack The Sky (RAZOR©2020).

 

1. Hold On.

2. Surf City.

3. A Sea Epic.

4. She's A Dancer.

5. Robots For Ronnie.

6. Ice.

7. Mind Baby.

8. I Don't Have A Tie.

9. Sleep.

 

John Palumbo:chant,claviers,guitare.

Rick Witkowski:guitare,percussion.

Joe Macre:basse,choeurs.

Jim Griffiths:guitare,choeurs.

Joey D'Amico:batterie,choeurs.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.