East Of Eden.

BIOGRAPHIE.

EAST OF EDEN/Bristol (Angleterre)

 

East of eden intro

 

Actif entre 1967 et 1978, réunion en 1996.

Labels:Deram,Harvest.

Genre:rock progressif,rock expérimental,proto prog,art rock.

Site officiel:www.eastofedentheband.co.uk

 

Le violon au cœur du projet.

L'année psychédélique de référence (1967), au moment où East Of Eden se forme, rares sont alors les groupes, d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique, à compter dans leur rang un violoniste.

Le violon est plutôt réservé aux orchestres dits classiques, aux formations folkloriques, à la country, mais dans le rock ou ses dérivés, il est, à de rares exceptions près (Papa John Creach avec l'Airplane ou David LaFlamme pour It's A Beautiful Day), absent. Jusqu'à ce qu'il ne soit électrifié...

A partir de là, son amplification offre de véritables possibilités, élargit le champ d'investigation artistique et sonore. L'instrument devient dès lors un véritable atout pour les musiciens de rock, de rock progressif ou de jazz-rock. Le normand Jean-Luc Ponty en est alors l'interprète le plus influent et le plus éminent.

Dave Arbus (c'est lui qui réalise le solo de violon sur Baba O' Riley – LP Who's Next des Who/1971), violoniste d'East Of Eden et à l'origine du projet Pictures of Dorian Gray, mouture qui précède EOE (1967), réalise, un soir de concert parisien du virtuose français, qu'il doit mettre son instrument de prédilection au cœur du projet du groupe pour lui donner une dimension supplémentaire.

East of eden dave arbusDave Arbus, initiateur d'East Of Eden.

East of eden 1De Pictures Of Dorian Gray à East Of Eden.

East of eden 2Une popularité cantonnée à l'Europe.

East of eden mercator projectedMercator Projected et son suivant Snafu...

East of eden snafu...deux incontournables du catalogue.

East of eden jig a gigJig-A-Jig, N°7 des charts UK.

De Pictures Of Dorian Gray à East Of Eden.

De cette orientation découle une poignée d'albums très intéressants, notamment Mercator Projected, Snafu, deux incontournables du catalogue, et l'éponyme East Of Eden, bien qu'un ton en dessous cependant, ainsi qu'un hit, le brillant et tonique Jig-A-Jig qui prend la 7ème place des singles britanniques, au début 71.

Bien qu'acclamé par la critique, East Of Eden, pourtant excellente formation de rock progressif, n'a jamais convaincu son monde, restant cantonné essentiellement au public du Vieux Continent.

Multi-instrumentiste (violon, flûte, saxophone, trompette), Dave Arbus rencontre Ron Caines (saxophone alto) au milieu des 60's. Avec le recrutement du chanteur et guitariste Geoff Nicholson, se constitue le noyau central d'East Of Eden (1967), lequel devient vite une pointure de la place de Bristol et du rock prog anglais.

Le bassiste Mike Price et le batteur Stuart Rossiter complètent le line-up de ce qui est encore Pictures Of Dorian Gray.

Price parti (printemps 1968), Terry Brace saute dans la brèche, tandis que le chanteur Al Read vient grossir l'effectif quelques semaines plus tard.

Arbus, Caines, Nicholson, Rossiter, Brace et Read sortent alors, fin juillet 1968, leur premier 45T, un probant King Of Siam/Ballad Of Harvey Kaye, avant de participer au film Laughter In The Dark (Tony Richardson), en septembre de la même année.

C'est à cette époque que Brace et Rossiter décident de quitter la formation ; le guitariste Steve York et le batteur Dave Dufort entrent à leur tour. Les musiciens déménagent alors sur Londres où ils s'engagent avec Deram, filiale de Decca Records, le label en vogue au Royaume-Uni.

Mercator Projected et Snafu, les incontournables.

Avant de réaliser son premier album pour cette prestigieuse maison de disques, East Of Eden doit encore en passer par quelques mouvements de personnel.

Pour ouvrir son catalogue discographique, le groupe s'appuie sur Dave Arbus, Dave Dufort, Geoff Nicholson, Ron Caines et Steve York, lesquels vont faire montre de beaucoup d'audace, d'énergie, d'inventivité, d'unicité alors que les sixties tirent leur révérence.

Ce jet initial s'appelle Mercator Projected (1969). Il ouvre de manière fracassante le compteur vinylique d'East Of Eden. Sa musique originale, puissante, rugueuse, étrange, atmosphérique, fourmille d'excellentes idées et serpente entre diverses ambiances (rock, jazz, blues, hard rock, psychédélique, folk, musique ethnique, influences orientales, effets électroniques...) qui font qu'il est très agréable à écouter.

Isadora, Waterways, Centaur Woman, Bathers, Communion, In The Stable Of The Sphinx, Moth, Communion en sont les très belles pièces maîtresses. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Mercator Projected est un indispensable du répertoire d'East Of Eden.

Son suivant, Snafu (1970), s'articule autour du noyau dur Arbus-Nicholson-Caines, mais implique également les nouveaux entrants que sont Andy Sneddon (basse) et Geoff Britton (batterie et percussions), respectivement suppléants de Steve York, parti chez Manfred Mann, et de Dave Dufort. Ces mouvements de musiciens n'influent pas sur le ton de ce N°2 qui reste dans la même filière que son prédécesseur.

Un an et des plus tard, on a le plaisir de retrouver les acteurs d'East Of Eden au même niveau qualitatif que celui où on les avait laissés, faisant de Snafu l'autre belle réussite d'East Of Eden.

Pour assurer la promotion de cet album, le groupe et son encadrement publient préalablement (mai 70), un single remarqué, mais décalé et peu révélateur de la voie progressive dans laquelle il évolue alors.

Le décalé Jig-A-Jig et John Peel.

Jig-A-Jig entrera dans les charts en avril de l'année suivante (71). Ce titre ne figure pas sur l'original Snafu (il fait partie des bonus de la réédition de 2004) mais sert grandement les intérêts d'East Of Eden, en focalisant le public sur ses potentialités et son originalité.

East Of Eden, soutenu par l'animateur de radio et journaliste du moment John Peel, est alors au sommet de son art, mais sa popularité reste cantonnée à l'Europe où il se produit essentiellement. Il y aura bien des touches avec les Etats-Unis et Bill Graham (Fillmore) notamment, mais elles resteront improductives.

Les changements de personnel et le manque de variété dans sa musique affectent l'unité du groupe et, surtout, l'éloignent du soutien de Peel qui ne les intègre plus dans ses programmes. Mercator Projected et Snafu demeurent les deux disques qui méritent qu'on s'attarde sur le East Of Eden underground de la fin des 60's, le seul qui vaille vraiment.

East of eden steve york

« J'ai auditionné pour East Of Eden en 1968, peu de temps après mon retour de la base aérienne américaine en Turquie et en Grèce. J'y ai écouté de la musique américaine et j'ai été exposé à la musique orientale. L’art rock d’East of Eden m’était très étranger, mais j’aimais les gars du groupe et ils étaient totalement ouverts à ce que j’avais à offrir. En un an, nous avons enregistré Mercator Projected et tourné en Europe, mais sans réelles retombées financières pour pouvoir manger. Contacté par Manfred Mann Chapter 3, j'ai finalement répondu à leur proposition mais j'étais vraiment bien avec Arbus, Dufort, Caines et Nicholson. » (Steve York)

Pénalisé par sa bougeotte chronique.

La suite est moins glorieuse, la faute, une nouvelle fois, à un line-up qui n'en finit plus de bouger. Une compilation (essentiellement européenne), Jig-A-Jig (avec les membres de Snafu), est publiée en 1971 pour tenter de capitaliser sur le nom et sur la période faste des anglais, mais aussi pour faire la transition avec le nouveau East Of Eden.

Celui-ci réunit désormais autour de Dave Arbus, Jeff Allen (batterie), Jimmy Roche (guitare) et David Jack (chant, basse et guitare acoustique). Ce quatuor est derrière l'éponyme East Of Eden (1971), album qui a encore du grain à moudre, si l'on se réfère à ces titres intéressants et cohérents que sont Wonderful Feeling ou Crazy Daisy, mais qui est quand même très en deçà des deux premiers LP.

Il est réalisé pour le compte d'Harvest Records, mais Deram publie à la même période une compil', The World Of East (71), histoire de marquer la rupture de son partenariat avec la bande à Arbus.

New Leaf et puis plus rien...

New Leaf (1971/Harvest) acte véritablement la transition opérée par East Of Eden. Le saxophoniste Dave Weller rejoint le nouveau line-up, auteur ici d'un Bradshaw The Bison Hunter qui vaut son pesant de cacahuètes.

Hélas, rares sont les moments de s'enflammer ici dans un univers sonore virant à la country. La grande majorité des compositions est moyenne ; il est patent que la mouture de New Leaf cherche sa nouvelle identité.

Seul membre d'origine encore à bord, Dave Arbus dépose les armes au moment même où sa prestation virtuose sur Baba O'Riley en fait une star internationale (1971).

Another Eden (Harvest/1975) se fait sans lui, mais avec Joe D'Donnell, Martin Fisher et Garth Watt-Roy pour assister Jim Roche et Dave Jack. Le violoniste charismatique du groupe devient musicien indépendant et ne réapparaîtra que dans les projets de réunion d'East Of Eden.

Another Eden, fait dans la précipitation et sous la pression du label EMI Harvest, ne marque pas les esprits. On est à des années-lumière de Mercator Projected. La renaissance annoncée est timide.

Here We Go Again (1976/EMI) ne relève pas vraiment le niveau de médiocrité dans lequel s'englue progressivement East Of Eden, qui, pour ne pas risquer d'altérer tout le merveilleux travail original et plein d'audace fait à ses débuts, aurait mieux fait, à ce stade de sa carrière, d'évoluer sous une autre identité.

Cette mouture de la 3ème génération (avec Les Davidson, Peter Filleul, Jeff Allen, Don Weller, Dave Jack et une batterie de cuivres) vire à la pop et au commercial et déçoit les fans de la première heure.

Pour être complet sur les musiciens ayant évolué sous East Of Eden, Dyl Katz (basse), Ian Lynn (claviers) intègrent la formation pour l'insipide It's The Climate (1978) et son insignifiant successeur, Silver Park (1979).

Une voie plus jazz.

Ils ont pour eux, avec Jeff Allen, Les Davidson, Don Wellen et Dave Jack, le privilège de refermer le catalogue de cette formation, dont la fin en eau de boudin ne reflète pas du tout les débuts fracassants et de procéder à la mise en arrêt du groupe (1978).

18 ans plus tard, Arbus, Nicholson et Caines se réunissent pour se concentrer sur une voie plus jazz et réaliser un nouvel album. Probant, Kalipse (1996) a du Zappa dans la soute.

Ces retrouvailles réussies incitent le noyau fondateur à faire un peu de rab ensemble. Ainsi l'instrumental fusion Armadillo (2001) et le sympathique Graffito (2005) viennent compléter avec talent, inventivité et modernité le catalogue. Les trois compères persistent à proposer une passionnante musique située aux confins du jazz et ça leur va bien (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

East of eden mercator projected

 

EAST OF EDEN

MERCATOR PROJECTED – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Noël Walker.

Durée :44:53.

Label:Deram.

Genre:rock progressif,rock psychédélique.

 

Inventif.

 

East Of Eden vaut surtout par ses deux premiers albums, Mercator Projected et Snafu, respectivement sortis en 1969 et 1970. A un degré moindre, on peut encore y adjoindre le LP éponyme qui suit et publié dans la foulée (East Of Eden/71).

C'est là que se situe la substantifique moelle du catalogue de la formation emmenée par Dave Arbus. Après, et ce dès New Leaf, le groupe de Bristol n'offre plus guère d'intérêt ou alors, par bribes seulement.

Influencé par le jazz, le blues, le rock, le R & B, le folk, la country, le classique ,le psychédélisme et les sonorités orientales, Mercator Projected montre toutes les promesses que East Of Eden entretient à ce stade initial de sa discographie, malgré un côté encore très aventureux.

Si, ici, East Of Eden en est toujours à chercher son identité sonore, il n'en présente pas moins une œuvre crédible, intéressante, novatrice, fourmillant de bonnes idées et qui nous emmène, avec infiniment de subtilité, dans des confins inattendus. Snafu, plus jazzy et plus affûté, transformera ces promesses en un essai transformé ; il décrochera le jackpot que Mercator Projected prépare.

Le violon, la flûte et le saxo sont au cœur d'un projet imaginatif et très représentatif du rock de la fin des 60's. Northern Hemisphere, Centaur Woman, Waterways, In The Stable Of The Sphinx, Isadora nous rapprochent parfois tantôt de Jethro Tull, tantôt de Zappa ou de King Crimson.

Mercator Projected est un classique du rock prog et un des deux fleurons du catalogue d'East Of Eden avec ...Snafu son suivant. Les fans de rock prog y seront (RAZOR©).

 

1. Northern Hemisphere.

2. Isadora.

3. Waterways.

4. Centaur Woman.

5. Bathers.

6. Communion.

7. Moth.

8. In The Stable Of The Sphinx.

 

Dave Arbus:violon,flûte.

Dave Dufort:batterie.

Geoff Nicholson:guitares.

Ron Caines:saxophone.

Steve York:basse.

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