Ekseption.

BIOGRAPHIE.

 

 

EKSEPTION/Haarlem (Pays-Bas)

 

Ekseption intro

Actif entre 1967 et 1989 .

Labels:Philips,Ariola,Carrère.

Genre:rock progressif,rock symphonique,jazz-rock.

 

Le rock symphonique batave.

De 1968 à 1974, les bataves d'Ekseption ont été dans les bons papiers de la critique et connu une franche popularité auprès du public, à laquelle ils ne s'attendaient vraisemblablement pas quand ils ont fait leurs premières gammes du côté de Haarlem.

Alors qu'ils rament comme des malades depuis le début des 60's et cherchent à asseoir leur style dans diverses moutures, les musiciens néerlandais se mettent soudainement à vendre leurs disques comme des petits pains.

Dès 1969, le groupe hollandais devient, en effet, un client régulier des ondes européennes et notamment des radios françaises, sur lesquelles The Fifth, entendez par la la cinquième symphonie de Beethoven, a une diffusion soutenue qui lui ouvre de nouveaux horizons.

Titre de rock progressif influencé par la musique classique, The Fifth, bâton de maréchal d'Ekseption, prend la tête des ventes de singles en France du 14 au 20 mars 1970.

Ekseption 1Ekseption, le rock symphonique batave.

Ekseption 3Le classique et la contemporanéité.

Ekseption rick van der lindenRick Van Der Linden, l'architecte musical.

Ekseption the fifthThe Fifth, bâton de maréchal d'Ekseption.

Ekseption rein van den broekRein Van den Broek.

L'architecte musical Van der Linden.

Feu Rick Van Der Linden (il est décédé en janvier 2006), formé au Conservatoire de musique d'Haarlem, vient alors de rejoindre ce qui est encore The Incrowd, formation initiée par Rein Van Den Broek.

Formé au jazz, le claviériste est un fervent passionné de l'orgue Hammond et voue un véritable culte à certains des organistes les plus représentatifs de la fin des 60's, Brian Auger et Keith Emerson, encore à la tête de Nice.

Un concert de ces derniers à Rotterdam achève de convaincre Van Der Linden, jeune pianiste prometteur, de revoir son objectif de devenir un célèbre concertiste pour basculer dans une fusion de la musique classique qu'il affectionne avec celle moderne qui lui permettra de s'assurer des jours meilleurs.

L'offre de son ami Van Den Broek tombe donc à pic et le natif de Badhoevedorp s'emploie aussitôt à mettre en place le cocktail de musique classique, de jazz et de rock symphonique qu'il a en tête, en s'inspirant de l'adaptation, faite par Keith Emerson, des Concertos Brandebourgeois de Bach.

La réussite de Fifth ouvre de nouvelles ambitions à Ekseption qui récidive avec Rhapsody In Blue et Air. Van Der Linden s'installe durablement comme l’architecte artistique principal.

Dans le même temps, les puristes du classique crient au sacrilège...

Des Jokers à Ekseption.

Constitué en 1967 et arrêté 22 ans plus tard, Ekseption est un des groupes hollandais les plus populaires avec, chacun dans un registre différent, Golden Earring (rock), Tee Set ou Shocking Blue (pop bubblegum). Dans le répertoire progressif, il n'est que Focus à pouvoir le contester.

C'est sur les bancs de l'école d'Haarlem que la mouture d'origine, spécialisée dans les reprises de standards de rock and roll américains, se forme en 1958.

Hans Alta (basse), Rein Van den Broek (trompette), Tim Griek (batterie) et Huib Van Kampen (guitare et saxophone) sont réunis sous ce qui s'appelle alors les Jokers.

Dès 1966, les Jokers mutent en The Incrowd qui pratique toujours un répertoire de rock et de R&B très américain, mais ne néglige pas pour autant le jazz. La structure se produit essentiellement en Hollande, ainsi que dans la Belgique et l'Allemagne limitrophes.

Des changements de personnels (remplacements d'Alta et de Griek par Cor Dekker et Peter de Leeuwe), les arrivées de Rob Kruisman (chant, guitare, flûte et saxophone), le rapprochement en 1966 avec l'Occasional Swing Combo de Van Der Linden amène The Incrowd à changer de nom et à devenir Ekseption (1967).

The Fifth, bâton de maréchal d'Ekseption.

En 1968, le groupe nouvellement reconstitué remporte le premier prix du Loosdrecht Jazz Festival qui lui permet de décrocher un contrat d'enregistrement avec Philips/Phonogram.

Van Der Linden a alors la belle idée de fusionner rock et classique et la conviction nécessaire pour faire adhérer ses partenaires au projet The Fifth.

Sorti en mars 1969, le succès du titre végète quelque temps avant de prospérer sur les radios, puis de réussir dans les charts européens.

Rhapsody In Blue (George Gerschwin) et Air, construit autour du deuxième mouvement de l'Ouverture N°3 en ré majeur de Bach, sortis également en 1969, confortent Ekseption dans le registre symphonique.

Le classique téléporté dans la contemporanéité.

Ce répertoire alimente, la même année, un premier LP, éponyme et relevé par quelques touches de jazz auquel l'Europe, dans sa globalité, réserve un bel accueil.

La pertinence des arrangements de Van Der Linden élève le claviériste et force motrice de la musique des hollandais au rang de leader d'un groupe, remanié après le départ de Kruisman. Celui-ci, en désaccord avec l'approche artistique opérée, quitte la formation en 1969.

Son départ précipite ceux de Van Kampen (mort en 2003) qui quitte le milieu du disque pour devenir professeur de musique et de Peter De Leeuwe qui, lui, s'en éloigne temporairement.

Ekseption van der linden portrait

“ À la fin des années 60, j'ai été impressionné par les claviéristes comme Auger de Trinity et Keith Emerson de Nice, ils sont devenus mes héros. Après un concert de ces derniers aux Pays-Bas, j'ai été époustouflé par sa performance, puissante, aventureuse et théâtrale ; je savais que je pouvais jouer aussi bien ! À partir de là, j'ai commencé à rêver de faire ce genre de musique et j'ai abandonné mon objectif de devenir un célèbre concertiste néerlandais. Mon ami Rein Van De Broek m'a appelé et m'a demandé de rejoindre sa formation de rock progressif Ekseption. J'ai accepté et c'est ainsi que mon aventure Ekseption a commencé. ” (Rick Van Der Linden)

 

Michel Van Dijk (chant), Dick Remelink (saxo et flûte) et Dennis Whitbread (batterie) sont à l'appel du deuxième opus, aux côtés de Van Der Linden, songwriter et arrangeur principal, Van Den Broek et Dekker.

Beggar Julia's Time Trip (1970) est un album-concept. Baignant dans le rock, la pop, le jazz et le classique, celui-ci montre un groupe plus mature, plus intéressant, moins commercial et essentiellement instrumental, bien que certaines chansons sont ici chantées (Van Dijk) ou parlées. Beggar Julia's Time Trip est une excellente vitrine pour les bataves.

Peter De Leeuwe revient pour Ekseption 3 (1970), pour lequel Van Dijk est écarté au profit de Steve Allet. Le groupe réalise là un disque solide et très inventif.

Largement instrumental et aventureux sans jamais se perdre, 3 est l'exemple même de la musique classique téléportée dans la contemporanéité.

Un style et un son spécifiques.

Dans la vision de Van Der Linden, Bach, Beethoven et les grands compositeurs sont plus que jamais vivants. Ekseption franchit une étape supplémentaire dans sa progression.

00:04 nomme la 4ème levée discographique d'Ekseption. Publié en 1971, il est encore convaincant. Steve Allet n'est pas de ce disque bien considéré par les fans, faisant appel au Royal Philharmonic Orchestra et à un nouveau système d'enregistrement des studios Philips.

Bien qu'il soit le premier et le seul LP à sortir aux États-Unis, 5 (1972) ne fait pas l'unanimité dans le cœur des fidèles. S'il divise les aficionados, Trinity, plus équilibré, ressoude tout le monde.

Ekseption a désormais son style et un son bien spécifiques, sa musique est unique et les musiciens (Van Der Linden, Van Den Broek, Dekker ainsi que Jan Vennik et Pieter Voogt) maîtres de leur prestation.

Cette assurance se ressent dans ce disque où le talent individuel brille peut-être plus que sur n'importe quel autre opus du groupe.

Un seul être vous manque...

Le départ de Van Der Linden, sa cheville ouvrière, contraint Ekseption, sous la pression de ses partenaires considérant que l'influence de ce dernier bride trop les autres, à changer son fusil d'épaule.

Hans Jansen tente bien de poursuivre dans une voie identique mais l'identité musicale se trouve trop affectée par la perte de son concepteur et arrangeur.

La discographie post Trinity perd progressivement de son intérêt et Bingo (1974), Mindmirror (1975) précipitent ce qui semble alors inéluctable : la fin d'Ekseption.

Van Den Broek, Vennik et Jansen s'en vont alors former Spin, tandis qu'en 1978 le premier nommé et Van Der Linden se retrouvent autour de l'ancienne incarnation (Leeuwe, Dekker, Remelink) pour enregistrer le LP de leurs retrouvailles : Ekseption 78. Sans succès.

Pensant relancer la mécanique, le line-up, articulé autour de Van Der Linden, Van Den Broek et Remelink, sort Dance Macabre (1981) alimenté par des tubes majeurs de leurs albums précédents ré-enregistrés et deux nouveaux titres. John Slager et Max Werner prennent part à cette réunion.

Dance Macabre est un flop à une époque où le genre de prédilection d'Ekseption n'est plus du tout en vogue.

Ce leurre discographique n'ayant pas fonctionné, Van Der Linden et Van Den Broek mettent un terme à Ekseption, avant de se retrouver à la fin de la décennie (1989) pour un bis repetita guère plus gagnant, Ekseption 89, construit sur la même esbroufe que son prédécesseur. C'est le dernier album studio des néerlandais (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 3 - 1970

 

Ekseption 3 lp 1970

 

EKSEPTION

EKSEPTION 3 – 1970  4/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Tony Vos.

Durée:35:46.

Label:Philips.

Genre:rock progressif,rock symphonique.

 

Toujours inventif mais enfin payant.

 

Alors que la Hollande de Johan Cruyff s'installe sur le toit planétaire du ballon rond et que l'Ajax d'Amsterdam truste les louanges sur tous les terrains où elle s'impose en Europe, les artistes néerlandais d'Ekseption essaient de se hausser au niveau des footeux en tentant de s'imposer également sur l'échiquier international.

Leurs deux albums précédents ont démontré de la compétence, de l'originalité mais ne leur ont pas encore permis de se positionner comme d'incontournables artistes.

Malgré le côté visionnaire de celui qui échafaude la musique d'Ekseption (essentiellement instrumentale et rock symphonique), Rick Van Der Linden, les bataves ne décollent pas vraiment.

Pourtant leur entrée dans le business n'est pas passée inaperçue avec The Fifth, qui a inondé les radios européennes en 1969. Entendez par ce qui reste leur bâton de maréchal, une réinterprétation inventive de la cinquième symphonie de Beethoven.

Influencé par le jazz-rock et le classique, Ekseption 3 traduit enfin une avancée majeure du groupe, bien que privé de deux éléments de la première heure, Michel Van Dijk, remplacé par Steve Allet, et Dennis Whitebread que supplée Peter De Leeuwe.

On tient là la meilleure sortie d'Ekseption comme en attestent les Peace Planet, B612, Morning Rose, On Sunday They Kill The World et Rondo.

Belles envolées d'orgue et de clavecin, de la virtuosité, des cuivres compétents...l'ensemble est très agréable à l'écoute. C'est le premier (et dernier) disque des hollandais à me sensibiliser autant. J'y mets 4 (RAZOR©2022).

 

1. Peace Planet.
2. B 612.
3. Morning Rose.
4. Piece For Symphonic and Rock Group in A Minor :
- a) Part One: Passacaglia.
- b) Part Two: Painting.
5. The Lamplighter.
6. Bottle Mind.
7. On Sunday They Will Kill The World.
8. Another History.
9. Rondo.

 

Steve Allet:chant.

Rick van der Linden:piano,Hammond,Mellotron.

Dick Remelink:saxophone ténor.

Rein Van den Broek:trompette,cor.

Cor Dekker:basse.

Peter de Leeuwe:batterie.

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