Emerson Lake & Palmer.

BIOGRAPHIE.

 

EMERSON LAKE AND PALMER/Croydon (Angleterre)

 

Elp 1

 

Années actives:1970 à 1979 et de 1992 à 1998.

Labels:Island,Cotillion,Atlantic,Manticore,Sanctuary,Rhino,Shout! Factory,Victor,Sony Music,Orizzonte,Razor & Tie,Victory,Eagle.

Genre:rock progressif,rock symphonique.

Site officiel:www.emersonlakepalmer.com

Le premier super groupe de rock progressif.

Vous prenez un 1/3 de Nice, un 1/3 de King Crimson et un autre d’Atomic Rooster, et vous obtenez un cocktail détonant du nom d’ELP, Emerson Lake And Palmer. Keith Emerson, claviériste, Greg Lake, bassiste et Carl Palmer, batteur constituent en 1970 le premier supergroupe du rock progressif.

Emerson et Lake, qui ont l’habitude de se croiser sur les festivals auxquels leur groupe respectif est régulièrement convié, sont les initiateurs de ce projet de fonder un trio structuré autour des claviers et d’une rythmique. Avant de faire le choix d’enrôler Palmer, Mitch Mitchell est pressenti pour faire le troisième. Formé au jazz, le membre anglais du trio américain The Jimi Hendrix Expérience, alors l’un des batteurs les plus en vue du moment, repousse la proposition. Jos Hiseman du jazz-rock Colosseum et Ginger Baker, l’ex Cream étaient également sur les rangs.

Elp2

Lucky Man pour faire l’appoint.

Emerson, Lake et Palmer entament les répétitions à l’été 1970, un premier album étant rapidement mis en place pour répondre à l’attente d’un public enthousiaste à l’endroit de ce trio déjà très démonstratif par la voix de Keith Emerson.

Island Records a les faveurs de ce disque éponyme pour l’Europe ; aux Etats-Unis, la commercialisation passe par une filiale d’Atlantic, Cotillion.

L’album Emerson Lake & Palmer, publié en novembre 1970 (début 71 aux States), a le mérite de l’ambition. Top 20 des albums en Amérique et N° 4 au Royaume-Uni, il est un mélange des instrumentaux régentés par les claviers d’Emerson et de belles ballades acoustiques comme Lucky Man, écrite par Greg Lake à l’âge de 12 ans et ici rajoutée à la hâte pour répondre à l’exigence du label d’optimiser la surface du vinyle.

Sorti en single en 1970, Lucky Man s’installe dans les charts en Europe et aux Etats-Unis (48) et lance parallèlement la carrière d’ELP, carrière au cours de laquelle il vend plus de 40 millions de LP. On ne peut rêver meilleurs débuts, même si Emerson brille déjà par sa prétention et son extravagance.

La tierce la plus populaire du rock symphonique.

Dans les chiffres, Tarkus, sorti en juillet 1971, fait mieux que son prédécesseur, se classant à la 1ère place en Angleterre et à la 9ème Outre-Atlantique. Album-concept enregistré en 6 jours seulement, il se pose comme une pure pépite du rock progressif dans tous les sens du terme. Complexe, déstabilisant, mais terriblement beau par moments, il ne se borne pas aux solos de synthés d’Emerson, mais magnifie le jeu énergique et créatif de Palmer et l’explosivité de la basse de Lake. Il faut cependant aimer le rock progressif pour en apprécier toute la substantifique moelle.

Elp lake

« A la fin des 70’s, nous étions l’incarnation du rock dans ce qu’il a de plus excessif. Le groupe était prétentieux. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Nous avons cherché à faire avancer les choses, de proposer du neuf et de briser les frontières.

Pour cela, il fallait être original. Tarkus, Trilogy et Brain Salad Surgery étaient vraiment superbes et novateurs. Le public aimait, la presse moins. Ces derniers ne sont pas les seuls à avoir eu la peau d’ELP ; nous avons notre part là dedans, quand, dès Works, nous sommes sortis individuellement de ce qui faisait la force de ce trio. Mais je suis fier de ce que nous avons fait. » (Greg Lake)

Pictures At An Exhibition, le numéro 3 du catalogue, consiste en un live revisitant la musique classique (Modest Mussorgsky) en mode rock progressif. Ce disque enregistré en mars 1971 au Newcastle City Hall et publié en novembre de cette même année, est encore un must du catalogue du trio anglais. L’Europe lui  déroule le tapis rouge, l’Angleterre en fait un N°3 et les Etats-Unis le pointe en 10ème position du Billboard 200. Au final, il est plusieurs fois disques de platine.

Côté studio, le volume 3 s’appelle Trilogy (juillet 1972). Il s’inscrit après la tournée automnale de 71 ayant mené ELP en Angleterre et celle printanière aux Etats-Unis et au Canada. 5ème des classements américains et 2ème au Royaume-Uni, Trilogy flirte avec la perfection à l’image de From The Beginning (N°39), la magnifique ballade acoustique née une nouvelle fois sous la plume de Lake. Ce disque vaut à leurs auteurs une reconnaissance planétaire.

ELP sort la grosse cavalerie.

Ceci explique le succès rencontré par Brain Salad Surgery (novembre 1973), plus grosse réussite commerciale d’un trio alors à son apogée et qui ne faiblit en rien dans sa fertilité créatrice. Ce disque, aussi intelligent qu’ambitieux et complexe, est de la pure folie, mais de cette folie qui confine au divin : n° 2 chez lui, 11 au pays de l’Oncle Sam, il est l’aboutissement artistique d’Emerson Lake & Palmer.

La tournée de promotion américaine, placée entre décembre 73 et février 74, élève ELP au rang de grosses cavaleries du rock, non seulement au regard de sa popularité, mais également de par son envergure prise en termes de logistique, comme en atteste le matériel volumineux déployé lors du spectacle à guichets fermés donné à l’Ontario Motor Speedway dans le cadre de la California Jam 1974 (6 avril).

Cette année là sort également un triple live : Welcome Back My Friends to the Show That Never Ends... Ladies and Gentlemen (août 1974). N° 4 au Billboard, il est, de tous les albums d’Emerson Lake & Palmer, celui qui figure le mieux dans les classements américains. Ce disque met momentanément fin au parcours d’ELP qui s’octroie une pause pour souffler et mener, chacun de son côté, ses projets personnels. Le retour se fait en 1977, mais plus rien ne sera jamais comme ces 3, voire 4, premières années exceptionnelles.

Elp 3

Dans le collimateur des punks.

Ce come-back s’accompagne de deux LP studio publiés, coup sur coup, en 1977, Works I (mars) et II (novembre). Hélas, malgré quelques pièces encore très bien foutues, la musique du trio, devenu un groupe à fric, excessivement théâtral et très imbu de lui-même, ne passionne plus les foules ; ELP, qui a désormais les yeux plus gros que le ventre, s’attire les foudres d’un mouvement punk s’installant alors et qui en fait son défouloir.

Love Beach, en 1978, est l’album de trop. Conscient de la situation, Emerson Lake & Palmer tire sa révérence en 1979, mais réapparaît en studio en juin 1992 pour un 8ème LP, Black Moon, qui n’ajoute rien à leur lustre d’antan. Quelques tournées s’engagent à sa suite (1992/93), avant que Keith Emerson ne soit affecté par des problèmes de santé. Il en est ainsi en 1997 et 1998 ; San Diego (Californie) accueille le dernier spectacle du groupe en août 1998.

Spéculations sur une reformation.

Le 25 juillet 2010, un concert unique est donné à Londres à l’occasion de son 40ème anniversaire, faisant l’objet d’un double CD, High Voltage. En mars 2015, un coffret de 4 disques (Rockbeat Records) s’invite au catalogue. Once Upon A Time Live In South America collecte des concerts issus des tours 1993 et 1997 sur le sol sud-américain. De là à spéculer sur une reformation imminente de cette tierce mythique, il y a une marge, Carl Palmer n’étant toujours pas chaud pour un tel projet (RAZOR©).

LP Studio 1 - 1970

 

Elp lp 70

 

EMERSON LAKE AND PALMER

EMERSON LAKE AND PALMER – 1970 3,5/5

 

Publié le 20 novembre 1970 (U.K), le 1er janvier 1971 (U.S.A).

Produit par Greg Lake.

Durée:41:13.

Label:Island,Atlantic,Manticore (U.K.)

Genre:rock progressif.

 

Belle mise en bouche.

 

Cet album éponyme (en écoute intégrale ici), sorti en 1970, constitue une belle mise en bouche pour les premiers pas du trio dans le monde du rock progressif. Enregistré peu de temps après la rencontre des trois compères, ce galop d’essai est plus une ébauche de ce que va produire ELP par la suite et notamment dans les années 70, où il a été particulièrement prolifique.

Ceci explique l’accueil timide qui lui a été réservé. Il est vrai que ce disque ne vaut réellement que par la virtuosité de ses musiciens. ELP cherche encore à assoir son style mais s’ouvre, malgré tout, les portes du succès populaire qui va être le sien. Le bon côtoie le moins bon.

L’entrée en matière par l’instrumental The Barbarian (qui annonce Tarkus) est rondement menée. Take A Pebble lui emboîte le pas pendant 12 minutes progressives (ce titre fera le bonheur des concerts du groupe). Knife Edge est plus dur, tandis que du morceau The Three Fates, je recommande le passage de piano solo tout à fait merveilleux et que Keith Emerson maîtrise avec vélocité et insolence. C’est d’une grande esthétique.

Tank est une réussite, mais se dévalue quelque peu du fait de son solo de batterie pas du tout indispensable, si ce n’est pour attirer l’attention sur Carl Palmer (qui marquera des générations entières de batteurs), son auteur, au jeu carré et efficace.

Lucky Man, un titre acoustique sympa, composé à l’âge de 12 ans par Greg Lake, clôture cet album de fusion entre le rock (hard rock parfois), le jazz et la musique classique (la partie centrale d’orgue de Knife-Edge est adaptée de Janacek).

Ultime précision, le chant et l’apport d’un son très pop de Greg Lake sont des éléments indispensables pour que la sauce prenne d’emblée. Et elle a pris. Mais le meilleur est à venir (RAZOR©).


1. The Barbarian.

2. Take a Pebble.      

3. Knife-Edge.  

4. The Three Fates.

- Clotho.

- Lachesis.

- Atropos.

5. Tank.

6. Lucky Man.


Keith Emerson:orgue Hammond,piano Steinway,clavinet,Moog Modular,Mini Moog.

Greg Lake:chant,guitare acoustique,guitare électrique,basse.

Carl Palmer:batterie,percussions.

LP Studio 2 - 1971

 

Elp tarkus

 

EMERSON LAKE & PALMER

TARKUS – 1971  4/5

 

Publié le 14 juin 1971.

Produit par Greg Lake.

Durée:38:55.

Label:Island.

Genre:rock progressif.

 

Citius, altius, fortius… Tarkus.

 

Leur premier album, l’éponyme qui précède, a permis à ELP de marquer son territoire et d’entrer en douceur dans le milieu rock progressif. Le groupe se cherche alors mais, avec Tarkus (en écoute intégrale ici), le deuxième jet, le trio  britannique, va s’imposer comme l’un des groupes majeurs du genre et le plus gratiné parmi les anglais en cette année 1971.

Tarkus est classé meilleur album de l’année dès sa sortie. Certes, tout n’est pas du meilleur tonneau dans Tarkus, mais ce disque ambitieux comporte de très bons titres (Mass, Stones Of Years, The Only Way, Infinity Space), intéressants comme Bitches Crystal (avec un rageur Lake au chant) et A Time And A Place.

Il apporte la preuve évidente des progrès accomplis par cette tierce techniquement exceptionnelle et d’une identité trouvée. Tarkus est d’abord un travail de Keith Emerson. Il en a assuré les compositions musicales (sauf Battlefield de Greg Lake) et pensé le concept (au profit de la paix et de la faculté qu’a l’humain à orchestrer sa propre perte) laissant le soin à Greg Lake d’en écrire les textes (au demeurant clairs et très évocateurs).

Il en résulte un opus déstabilisant, une musique complexe certes, mais d’une rare beauté. Ca tourbillonne de tous les côtés à en donner le tournis ou la gerbe. Certains n’iront pas au terme de Tarkus (monstre de métal et écailles qui sème le trouble et la destruction partout, repris sur une pochette hideuse), j’en suis convaincu. Mais il mérite que l’on fasse l’effort. Il mérite vraiment d’être connu.

Il faut le replacer dans le contexte de l’époque. L’interprétation est superbe même si tout n’est pas parfait et homogène. Tarkus est une très belle suite qui se termine sur une note décalée, en mode Rock & Roll façon Jerry Lee Lewis.

Les critiques de l’époque furent catégoriques : c’est le meilleur LP du catalogue d’ELP. Je demande à voir et je ne me mouillerais pas sur le sujet, ayant un faible pour Trilogy. Ceendant, pour qui aime le style progressif et ne craint pas l’exhubérance, Tarkus se recommande à plus d’un titre (RAZOR©).


1. Tarkus.

  • Eruption.
  • Stones of Years.
  • Iconoclast.
  • Mass.
  • Manticore.
  • Battlefield.
  • Aquatarkus. 

2. Jeremy Bender.

3. Bitches Crystal.

4. The Only Way.

5. Infinite Space (Conclusion).

6. A Time and a Place.

7. Are You Ready Eddy?


Keith Emerson:orgue Hammond,orgue de l'église St Marks,synthétiseur Moog Modular,Mini Moog,piano Steinway,piano électrique,céleste.

Greg Lake:chant,basse,guitare électrique et acoustique.

Carl Palmer:batterie,percussions.

LP Live 1 - 1971

 

Elp pictures

 

EMERSON LAKE & PALMER

PICTURES AT AN EXHIBITION – 1971  4/5

 

Publié en novembre 1971.

Enregistré le 26 mars 1971 au Newcastle City Hall (Angleterre).

Produit par Greg Lake.

Durée:37:56.

Label:Island,Manticore (U.K),Cottillion/Atlantic,Rhino (U.S.A).

Genre:rock progressif,rock symphonique.

 

Virtuose.

 

Pictures At An Exhibition (en écoute intégrale ici) atteindra la 10 ème place des charts américains. On aime ou on n’aime pas. Ca passe ou ça casse, mais on se doit d’y porter une oreille curieuse et attentive, car ce live capturé au Newcastle City Hall en mars 1971 est un peu en marge dans la discographie d’Emerson Lake & Palmer.

Morceau de prédilection des premiers pas du groupe en live, cet arrangement rock de la Suite pour Piano d’Igor Mussorgsky a connu son heure de gloire au festival de Wight (1970).

50.000 exemplaires de cet album ont été vendus en quelques semaines aux States, alors que le distributeur américain refusait de le sortir dans un premier temps. C’est une adaptation réussie et convaincante du répertoire classique.

Les ballades cotoient les morceaux plus emballés, la prestation des trois musiciens est superbe, à défaut d’être fouillée. C’est plein de virtuosité, de talents, d’expérimentations sonores époustouflantes pour l’époque, même si c’est un peu fourre-tout, mais ça  a marché et bien.

Va-t-on le lui reprocher aujourd’hui ? Franchement, à sa sortie, j’ai aimé et j’aime toujours au troisième millénaire. C’était l’époque des costumes kitch de Keith Emerson, de son exhubérance scénique… il faut avoir connu ça et l’immense morceau qu’est The Sage, bercé par la guitare acoustique et la voix de Greg Lake (RAZOR©)

 

1. Promenade.

2. The Gnome.

3. Promenade.

4. The Sage.

5. The Old Castle.

6. Blues Variation.

7. Promenade.

8. The Hut of Baba Yaga.

9. The Curse of Baba Yaga.

10. The Hut of Baba Yaga.

11. The Great Gates of Kiev.

12. Nutrocker.

 

Keith Emerson:orgue, synthétiseurs,clavinet.

Greg Lake:basse,guitare acoustique,chant.

Carl Palmer:percussion,batterie.

LP Studio 3

 

Elp trilogy

 

EMERSON LAKE & PALMER

TRILOGY – 1972  5/5

 

Publié le 6 juin 1972.

Produit par Greg Lake.

Durée:42:23.

Label:Island (U.K.),Atlantic (U.S.A).

Genre:rock progressif.        

 

Le sommet.

 

L’album éponyme a planté le décor et mis en exergue le potentiel de  Keith Emerson, Greg Lake et Carl Palmer (1970).Tarkus a révélé qu’ils pouvaient  mettre leur talent individuel au service d’une œuvre commune (1971). Pictures At An Exhibition (live 1971) a dévoilé leur souci d’ouverture vers un public moins élitiste.

Trilogy (en écoute intégrale ici), le quatrième LP d’ELP est leur apogée artistique. Il tutoie les sommets, réunissant les critères propres à chaque album précédent. ELP s’approche de la perfection avec ce Trilogy, écrit avec infiniment d’intelligence et sublimement interprété.

Leur mélange de swing jazzy, de fusion pop psyché, de ballades acoustiques, de rock au piano, de synthés endiablés fait merveille. Trilogy débute de la meilleure des manières via Endless Enigma, méli-mélo jazz, classique et rock progressif (une suite en trois mouvements).

From The Beggining, écrit par Greg Lake, plus grand single de la formation, est une magnifique ballade. Il précède dans l’ordre d’apparition sur Trilogy, un titre western, The Sheriff, puis l’instrumental estampillé ELP, Hoedown et Trilogy, la chanson titre qui fait des ravages. Un cataclysme !

Living Sin, juste derrière, aurait pu passer pour de l’ersatz de rock. Que nenni, ce rock, plein d’énergie, teinté d’humour, fait la nique, avec le sourire, of course, à un certain Deep Purple. On replie les gaules avec un titre qui n’apporte rien à la qualité de Trilogy, Abaddon’s Bolero.

Trilogy est un aboutissement. Leur musique est exigeante certes, mais un régal. Leur force, c’est non seulement de se compléter mais, surtout d’amener l’un et l’autre à se surpasser. Résultat : Trilogy ! Incontournable pour moi (RAZOR©).

 

1. The Endless Enigma (Part One).

2. Fugue.

3. The Endless Enigma (Part Two).

4. From the Beginning.

5. The Sheriff.

6. Hoedown.

7. Trilogy.

8. Living Sin.

9. Abaddon's Bolero.

 

Greg Lake:chant,guitare électrique et acoustique,basse.

Keith Emerson:orgue Hammond C3,piano Steinway,synthétiseur Moog.

Carl Palmer:batterie,percussion.

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