Family.

BIOGRAPHIE.

 

FAMILY/Leicester (Angleterre)

 

Family 2

 

Actif entre 1966 et 1973, réunion en 2013.

Label:Liberty,Reprise,Raft,United Artists.

Genre:rock progressif,hard rock,rock psychédélique,jazz-rock.

 

Le coup passa si près...

 

Family est un produit de la double filière des Farinas qui offficiait dans le Leicestershire du début des 60's,devenus dans la foulée The Roaring Sixties et impliquant John Charlie Whitney, Jim King, Tim Kirchin et Harry Ovenall. A leur séparation en 1966, En 1965, le bassiste Ric Grech, futur membre du super-groupe Blind Faith, remplace Tim Kirchin tandis que Roger Chapman, en 1966, entre comme chanteur et que Rob Townsend, batteur, prend le relais d'Harry Ovenall.

Family costumes

Family 1

Family chapman

Déplacé sur Londres pour se rapprocher de l'endroit où tout se passe au Royaume-Uni, le line-up constitué de Chapman, Whitney, King, Grech et Townsend, celui d'origine, devient Family en 1967. Le nom de Family est une idée du producteur Kim Fowley qui les affuble de cette identité au regard des costumes qu'ils arborent alors et qui les assimilent à la mafia.

Du Traffic dans la cale.

Excellent groupe de rock progressif qui n'a pourtant jamais accédé à la notoriété internationale en dépit d'un talent incontestable, mais par trop pénalisé par des sautes sonores dictées par des turn-over rarement opportuns, Family, dans le sillage de son chanteur charismatique Roger Chapman, n'en est pas moins une grosse cavalerie du rock britannique.

Signée par le label Liberty, la formation des Midlands réalise un premier single en septembre 1967, Scene Through The Eye Of A Lens – Gypsy Woman. Psychédélique et dans la veine de ce que fait alors Traffic. Ce single, le seul avec Harry Ovenall à la batterie, démontre toute l'aptitude du groupe ; la critique ne s'y trompe pas qui l'accueille comme il se doit. Peu calibré pour réussir dans les bacs, il ne permet pas à Family de décoller.

Plus underground que progressiste.

Le décollage se fait partiellement par le premier LP, tombé en juillet 1968, et que les DJ anglais, John Peel notamment, soutiennent forterment. Music In A Doll's House, derrière lequel on retrouve, à la prod', un certain Dave Mason de Traffic (tiens, tiens...), s'avère un disque très ambitieux, avec de beaux mais complexes arrangements, doté d'une bonne proportion de psychédélisme et, pour faire bonne mesure, de quelques touches de jazz et de folk. On ne peut pas encore parler de rock progressif, mais plutôt d'underground.

Le très bon Family Entertainment, sorti en mars 1969 sans le consentement du groupe alors en tournée aux Etats-Unis et ultime LP de la mouture d'origine, se fait pour le compte de Reprise Records. La relation avec John Gilbert, le manager, s'arrête là.

Les lourds départs de Grech et King.

Le line-up originel se fissure avec le départ de Ric Grech et le renoncement, à moins que ce ne soit une mise à l'écart pour usage de drogues, de son flûtiste, harmoniciste, saxophoniste et premier chanteur, Jim King, (mort en 2012) après la tournée US.

A l'appel du troisième album, A Song For Me, et après deux disques convaincants, Chapman, Whitney et Townsend sont rejoints par John Weider (basse, guitare, dobro, claviers) et John Poli Palmer (pianiste et flûtiste), respectivement des New Animals et Blossom Toes.

L'esprit de King flotte sur cet opus que les anglais ont bien mieux accueilli que les ricains. Entamé avec son saxophoniste démissionnaire et retravaillé pour la bonne cause, bien qu'expérimental, il combine agréablement hard rock et folk-rock ; Chappo Chapman y livre une prestation vocale agréablement agressive. A Song For Me séduit le marché européen qui vaut au groupe de Leicester de prendre part au festival de Wight.

Bandstand : enfin payant !

Anyway (fin 1970), quatrième lévée discographique, est alimenté par une face publique, enregistrée à Croydon (Fairfields Hall) et une autre affectée à du nouveau matériel. Il confirme l'évolution constante du groupe et entérine le constat que Family est plus une formation scénique que de studio, malgré la bonne qualité des inédits proposés.

L'inégal Anyway précède Fearless d'octobre 1971, auquel ne prend pas part John Weider, suppléé par John Wetton, un ancien de la maison Mogul Trash, qui, outre le fait d'être bassiste, a pour lui d'être également chanteur. L'album fait une bonne prestation aux Etats-Unis où il figure au 177ème rang du Billboard (février 72).

Wetton family

« A la fin des 60's, j'étais aux Etas-Unis. Quand je suis revenu en Angleterre, j'ai reçu un appel d'un proche qui m'a demandé si j'étais chaud pour rejoindre Family. Comme il était un de mes groupes semi-progressistes préférés, j'ai accepté.

Après deux LP, je les ai quittés parce que je ne me sentais pas complètement épanoui ; Family comptait déjà deux compositeurs et la place de chanteur était prise. Je devais me contenter de la basse et c'était frustrant. Comme, avant de m'engager avec Family, j'avais prélabement reçu une proposition de Robert Fripp pour rejoindre le King Crimson de Fripp, Collins, Wallace et Burell, je lui ai donné mon accord. » (John Wetton)

Bandstand est le disque le plus accompli du catalogue de Family. Edité en octobre 1972, il signe la fin du line-up dans sa configuration Wetton, ce dernier étant en partance pour le rival prog King Crimson. Jim Cregan, novice à la basse, prend alors la suite, avant la tournée nord-américaine engagée derrière avec Elton John (1972).

Deux singles (Boom Band/Stop This Car et Drink To You/Sweet Desiree) et un LP studio (It's Only a Movie/1973) plus tard, après avoir assuré une dernier tournée anglaise passée par Leicester (13 octobre 73), le groupe tire sa révérence.

Retrouvailles 40 ans après.

Il faut attendre début février 2013 pour que, deux nuits successives (les 1er et 2 février), Family se réunisse à Londres pour marquer les 40 ans de sa séparation. Roger Chapman, Bob Townsend, Poli Palmer, Jim Cregan sont au rendez-vous ; pas Charlie Whitney qui, résidant désormais paisiblement sur l'ile de Lesbos, n'a pas désiré se joindre à la fête et sans Tim Kirchin ou Harry Ovenall, rangés des voitures. Hélas, sans Jim King non plus, mort un an auparavant (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 6 - 1972

 

Family bandstand

 

FAMILY

BANDSTAND – 1972 4,5/5


 

Publié en septembre 1972.

Produit par Family,George Chkiantz.

Durée:37:49.

Label:Reprise (U.K),United Artists (U.S.A.).

Genre:rock progressif,rock psychédélique,hard rock.


Tant pour le fan que pour le néophyte.


Au moment de la sortie de Bandstand en 1972, certainement le plus représentatif des travaux du groupe, Family a déjà déroulé du câble. Autrement dit, il a des kilomètres au compteur ou affiche des heures de vol, c’est selon. La bande anglaise de Leicester arpente très honorablement scènes et studios depuis 1967.

Estampillé groupe de rock progressif, Family, préalablement à Bandstand, a tissé sa carrière discographique autour de cinq LP ; Banstand vient donc en sixième position. Ne tournons pas autour du pot : avec Fearless de 1971, c’est leur meilleur, leur plus cohérent, celui qui lève le plus d’émotions.

Bref, il est le fruit d’une formation alors à son zénith qui s’appuie sur un line-up brillant, constitué d’un Roger Chapman qui n’a jamais aussi bien chanté (il joue aussi du saxo sur Bolero Babe), de Charlie Whitney (guitariste et claviériste sur Dark Eyes), de Poli Palmer (claviers, flûte), du délicieux John Wetton (guitare, basse et chant), ainsi que du batteur et percussionniste Rob Townsend.

Présenté sous forme d’un vieux poste de télévision dont la découpe laisse apparaître une image en noir et blanc du groupe, la pochette originale marque un changement de direction notoire que confirme le vinyle.

Le R & B de début de carrière semble loin, tant l’évolution vers un mélange unique de blues-jazz psychédélique et de rock énergique, sauvage, axé autour de la voix au vibrato si caractéristique de Chappo, du jeu de guitare créatif de Whitney et d’une batterie tonique (Townsend), est ici très frappante.

Si Bandstand durcit le son, Family ne s’éloigne pas des prédispositions passées pour l’Art-Rock qui l’a révélé (passages folk et jazz, arrangements ultra-soignés…). Comme l’écriture est par ailleurs à un excellent niveau, Banstand se démarque dans le catalogue des anglais, au point d’être l’album préféré des aficionados du groupe.

S’il n’est pas toujours le plus aimé, certains lui préférant Fearless, il n’en reste pas moins le plus connu. Quoi qu’en pensent les uns et les autres, Bandstand accroche d’entrée avec l’étincelant rock Burlesque qui est le seul toutefois à avoir su se frayer un passage pour figurer dans les charts, en treizième position.

Dans un registre similaire et tout aussi efficace, Ready To Go et Broken Nose proposent une belle agressivité, tempérée par les ballades acoustiques et les mélodies plus soft que sont le lumineux Dark Eyes introduit par le piano de Palmer, et le tendre My Friend The Sun.

Un instrumental jazzy, Bolero Babe, et des titres plus « passe-partout » comme l’introspectif Coronation, le soul Glove ou Top Of The Hill bouclent une offre variée, qui comblera tant le fan que le néophyte, eu égard à la disparité d’émotion qu’il véhicule.

Personnellement, Banstand est un disque que je conseille d’avoir dans sa collection, compte tenu que Family est, n'en déplaise à certains, une valeur sûre du rock british des années 60/70 et que Banstand est sa pièce maîtresse.

Dans la continuité de ce disque, les gars de Leicester splitteront en 1973 après un ultime LP. John Wetton rejoindra le rival londonien King Crimson des Fripp, Cross, Bruford et Muir (RAZOR©).

 

1. Burlesque.
2. Bolero Babe.
3. Coronation.
4. Dark Eyes.
5. Broken Nose.
6. My Friend The Sun.
7. Glove.
8. Ready To Go.
9. Top Of The Hill.


Roger Chapman:chant,percussions,saxophone soprano sur 2.

Charlie Whitney:guitares,claviers sur 4.

Poli Palmer:claviers,effets,flûte,percussion,guitare sur 4.

John Wetton:guitares,basse,chant.

Rob Townsend:batterie,percussion.

Linda Lewis:choeurs sur 3.

Del Newman:arrangements cordes.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.