Focus.

BIOGRAPHIE.

 

FOCUS/Pays-Bas

 

Focus2

 

Actif de 1969 à 1978, de 2001 à aujourd’hui,réunions en 1990 et 1999.

Label:Sire,Atco,EMI,IRS,Imperial.

Genre musical:rock progressif, rock instrumental.

Site officiel:focustheband.com

Quand la Hollande s’invite parmi les meilleurs du rock progressif.

Les débuts de Focus ont été tonitruants avec quatre premiers LP studios très remarqués ; après 1974 et Hamburger Concerto, la roue n’a plus vraiment tourné en faveur de son rock essentiellement instrumental, quoi que Hocus Pocus, sa meilleure vente, soit un titre chanté ou yodlé ; Focus est alors  rentré dans le rang jusqu’à la fin de la décennie.

Groupe de rock progressif néerlandais, Nelson Montfort aurait dit batave, Focus est une réussite que l’on doit à ses deux initiateurs, le guitariste Jan Akkerman que Zappa a tenté de débaucher et Thijs van Leer, également guitariste mais qui cumule aussi les fonctions de flûtiste et de chanteur. Activée en 1969, cette formation est encore aujourd’hui la cellule rock hollandaise la plus populaire au-delà des frontières des Pays-Bas avec Ekseption (The Fifth) qui le précède.

De l’inventivité à revendre.

Le groupe combine des éléments de rock et de musique classique ; il est alors un des rares à se démarquer sur ce créneau prog. Focus est un des groupes fanions de la scène issue de l’Europe Occidentale parallèle au rock progressif britannique, l’Eurock, au nom hérité d’un programme de radio et d’un média californien affecté au rock progressif européen continental. 

La France, l’Allemagne, l’Italie et même la Grèce avec Aphrodite’s Child ou la Belgique avec Machiavel, ont leur propre scène. Celle progressive hollandaise reste parmi les plus marquantes de l’histoire de l’Eurock plutôt ; proche d’un rock progressif assez ancré dans le hard rock, pas moins sophistiqué pour autant, cette filière néerlandaise connaît son heure de gloire avec les Kayak de Ton Scherpenzeel, les Water de Onno Bevoort et Ron Westerbeek, les Trace de Rick can der Linden, les Earth And Fire des frères Koerts, les premiers à avoir introduit le mellotron dans le rock prog batave.

Et puis il y a Focus qui demeure à ce jour ce que le rock de ce pays a donné de meilleur, de plus inventif : il est le plus représentatif de la qualité du label hollandais.

Et puis débarque Hocus Focus…

Le premier album réalisé en 1970 par Focus, In And Out Of Focus (appelé aussi Focus Plays Focus), chanté je précise bien, marque des débuts très intelligents dans son architecture progressive. Ce premier essai a le son et les influences de la scène ambiante britannique ; ce mélange d’un peu de hard rock, de psychédélisme, de touches de jazz et de baroque n’est cependant pas encore parfaitement maitrisé, mais n’empêche pas Focus de produire un excellent LP pour des débuts. Au Pays-Bas, ça cartonne. Pour le reste du monde, il va falloir attendre encore un tantinet.

Le fantastique deuxième album Focus II ou Moving Waves (octobre 71) a le mérite d’annoncer la couleur et de clamer haut et fort que désormais, il va falloir faire avec ces diables de néerlandais. C’est l’album de Hocus Pocus, instrumental yodlé et grand tube du groupe entré dans les charts US au 98ème rang en mars 73 pour pointer au 9ème trois mois plus tard. Ce titre mémorable est une vraie curiosité aujourd’hui encore.

Focus II abrite aussi la pièce étirée qu’est Eruption, une sublime adaptation modernisée de 23 minutes de l’opéra de Jacopo Peri, Euridice retraçant, dans une suite d’une quinzaine de pièces, l’histoire d’Orpheus et Euridice. Eruption est un grand moment du rock progressif du moment ; il faut entendre la guitare d’Akkerman y tisser ses arabesques. Focus II s’avère être l’un des plus grands disques de rock prog jamais enregistrés.

Jan akkerman

« Focus, c’était ma jeunesse, je l’ai au fond de moi. Que Focus, dans une nouvelle mouture, ait repris, c’est bien pour eux. Le nouveau groupe tente de recréer l’atmosphère particulière des 70's. Tout n’est pas parfait. Pour retrouver l’ambiance de ces années là, il faudrait que le groupe d’origine se réunisse. Personnellement, j’ai eu le bonheur de consacrer environ 5 ans à Focus, il était temps pour moi de passer à autre chose et d’évoluer. » (Jan Akkerman)

L’égal des british.

Le bel élan pris par Focus ne se dément pas dans Focus 3, double disque de 1972, qui accouche d’un nouveau single, Sylvia, quatrième des charts britanniques, 33ème chez l’Oncle Sam. Incontournable du catalogue comme ses deux prédécesseurs discographiques, ce nouveau volume se classe N°3 au Royaume-Uni.

Focus est devenu l’égal des plus grandes formations britanniques du genre. Rançon de sa gloire nouvelle, il est élu meilleur espoir 72 par le lectorat de la presse musicale anglaise du New Musical Express tandis que Jan Akkerman est tenu par les lecteurs du Melody Maker, le grand hebdomadaire de rock british, comme le meilleur guitariste du moment au monde.  Focus occupe dès lors la scène du Marquee londonien et est invité sur Reading, le festival des années 70 à accueillir le rock progressif, le blues et le heavy metal.

Focus, à la demande de son public et parce que c’est aussi un passage obligé pour un groupe ayant désormais pignon sur rue, y va d’un live, Live At The Rainbow, qui s’intercale entre Focus 3 et son quatrième opus studio Hamburger Concerto (1974) lequel, dans son enrobage plus jazz et classique, donne encore matière à se satisfaire. Moins au-delà de ce disque qui, avec le décevant Mother Focus (1975) marque, à mon sens, la fin de l’apogée de Focus. Des tensions sont latentes depuis 1973 ; elles éclatent au grand jour.

Un seul être vous manque…

Son insuccès engendre le départ d’Akkerman au début de l’année 1976, année de sortie de Ship Of Memories qui n’a pas laissé un souvenir impérissable dans la mémoire collective. Sorte de compil’ variée mais inégale regroupant surtout des raretés et titres inédits du catalogue autour de la période 1973, Ship Of Memories est plus destiné aux collectionneurs ou fans purs et purs.

Focus Con Proby (1978), 6ème opus studio, implique P.J. Proby, chanteur texan populaire en Belgique et aux Pays-Bas ainsi que les guitaristes Eef Albers et le belgo-londonien Philip Catherine, le batteur Steve Smith et les deux membres subsistants de Focus, Thijs van Leer et Bert Ruiter.

Soyons franc : pour du Focus, c’est faiblard. Par contre, s’il avait été l’œuvre d’un autre groupe, il aurait été un bon petit disque de jazz-rock. Mais pas là, et pas avec P.J. Proby au chant. La flûte de van Leer et les guitares sauvent ce disque de la méga sortie de route. Il signe, en tout cas, la fin du groupe qui se retire sur la pointe des pieds, sans faire trop de bruit.

Come back, mais sans Akkerman.

Le retour aux affaires de Thijs Van Leer se traduit par un excellent septième LP studio, baptisé Focus 8 (2002). Bobby Jakobs, Jan Dumée et Ruben van Roon, réunis un an auparavant, y prennent part. Bien accueilli, il met en évidence tout le talent de guitariste de Dumée, pas loin de faire oublier le grand Jan Akkerman ici.

Focus 9/New Skin (2006) confirme à son tour que Focus a encore toute sa place dans le concert progressif du troisième millénaire. Six ans après, en novembre 2012, le volume 10 (Focus X) vient compléter le catalogue. Au regard des critiques engendrées, nul doute que les fans du groupe et les férus de rock progressif recommencer à suivre ça de très près (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Focus moving waves 1971

 

FOCUS

MOVING WAVES (FOCUS II) – 1970  5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Mike Vernon.

Durée:41:40.

Label:Imperial.

Genre:rock progressif,rock instrumental.

 

Jubilatoire.

 

Moving Waves ou Focus II (en écoute intégrale ici) , c’est du pareil au même. L’un comme l’autre aboutit aux mêmes conclusions : ce disque est le graal de Focus. Pour les hollandais, il est le travail par lequel le groupe rivalise sans complexes et sans aucune discussion possible, avec les meilleures formations de rock progressif britannique du moment. Avec le recul, il n’est pas faux d’élargir cette comparaison à l’élite prog de tous les temps.

Si Focus Plays Focus (1970), l’opus précédent ouvrant le catalogue des bataves, est un endroit où le groupe se cherche encore et où se mettent en place les techniques, vocale comme instrumentale, où se définit grosso modo le son à venir, Focus II (1971) marque une avancée énorme. Le pas de géant présentement opéré a pour conséquence immédiate d’élargir une base de supporters jusque là cantonnée dans les polders et aux frontières des pays limitrophes, Belgique, France, Allemagne.

Désormais Focus marche sur les plates-bandes de la baronnie progressive ambiante, essentiellement localisée outre-Manche et, dans son élan, gagne les faveurs des britanniques qui en pincent pour cette scène. Dans cette réussite, il n’est pas inconvenant d’avoir une grosse pensée pour le travail discographique préliminaire sans lequel il n’y aura pas eu de Hocus Focus.  

Hocus Focus, l’emblématique chef d’œuvre de Focus, est là et bien là. Sur Focus II, ce sommet ouvrant la porte du rock au chant du Tyrol a le privilège des stars. Comme le porte-drapeau sélectionné en ouverture des J.O. ou le doyen de la faculté face à ses plus jeunes pairs, Hocus Focus s’est vu accorder la prérogative d’ouvrir les festivités. Dire qu’il remplit parfaitement sa fonction est un de ces lieux communs dont on ne peut se satisfaire. Le yodlé Hocus Focus va plus loin que placer l’album sous des auspices favorables ; il le fait briller de mille feux, tout comme il suscite l’envie et la curiosité d’avoir à sa suite un rab du même tonneau. Il l’est.

Hocus Focus occulte tellement le reste de l’album qu’il ne faut pas tomber dans le leurre un peu trop facile de ne focaliser que sur ce titre abracadabrant ; derrière il y du grain à moudre. Du grain qui génère des arômes nobles, suaves, typés, généreux. J’en veux pour preuve les 23 minutes épiques de l’opéra caché sous l’appellation d’Eruption.

Cette suite d’une quinzaine de petites pièces est l’autre jalon d’un lot dont on se satisfait finalement de tout, comme ce sublime Le Clochard ou le délicat et mélancolique Janis, Focus II, qui se consomme sans modération, mais pas comme un gougnafier. Avec respect et ravissement, comme on le fait des plus belles offrandes.

Focus 2 est une offrande tombé du ciel fin 1971. 44 ans plus tard, elle émeut toujours autant l’auditeur et Hocus Focus a conservé ses légendaires vertus pilo-érectiles. Si vous n’avez pas encore franchi le pas pour faire vôtre cet album, vous seriez bien inspirés de vous pencher sur son berceau et de vous reporter sur ceux en ont revendiqué la paternité : Thijs van Leer, Jan Akkerman, Cyril Havermans et Pierre van der Linden. La Hollande a Cruyff, l’Edam, les coffee-shops. Elle a surtout Focus (RAZOR©).

 

1. Hocus Pocus.

2. Le Clochard.

3. Janis.

4. Moving Waves.

5. Focus II.

6. Eruption.

- Orfeus.

- Answer.

- Orfeus.

- Answer.

- Pupilla.

- Tommy.

- Pupilla.

- Answer.

- The Bridge.

- Euridice.

- Dayglow.

- Endless Road.

- Answer.

- Orfeus.

- Euridice. 

 

Thijs van Leer:orgue Hammond,piano,mellotron,harmonium,flûte,chant.

Jan Akkerman:guitares,basse.

Cyril Havermans:basse,chant sur Pupilla.

Pierre van der Linden:batterie,percussion.

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