Genesis.

BIOGRAPHIE.

 

GENESIS/Surrey (Angleterre)

 

Genesis 1

 

Actif de 1967 à 1998,réunions en 1999 et 2000,de 2006 à aujourd’hui.

Labels:Charisma,Virgin,EMI,Decca,Virgin EMI,UMG,London,Atlantic,Atco,Vertigo.

Genre:rock progressif,rock,art rock,rock symphonique,pop-rock,soft rock.

Site officiel:www.genesis-music.com

Pionnier du genre progressif.

Au risque de me fâcher avec les fans contemporains du groupe, pour moi, il n’est qu’un Genesis qui vaille : celui qui a sévi dans les années 60/70. Et encore, sur ce créneau, mon cœur balance franchement en faveur de la période Peter Gabriel, et plus particulièrement la tranche 71/75 qui concentre tout l’intérêt artistique de ce groupe phare de rock progressif, genre dont il est un des pionniers.

Tout commence dans la seconde moitié des années 60, en 1967 pour être précis, quand de jeunes pensionnaires de la Charterhouse School, Peter Gabriel, chanteur, Tony Banks, pianiste et Chris Stewart, batteur (débarqué après la première démo du groupe), tous issus des Garden Wall croisent la route de Mike Rutherford, bassiste-guitariste et d’Anthony Phillips, guitariste, réunis sous la bannière de The Anon. La réunification des deux groupes débouche sur Genesis qui débute dans le métier dans cette structure à 5.

Stewart, jugé un peu trop limité techniquement par Jonathan King (manager), en est vite évincé, remplacé par Johnathan Silver à l’été 1968. Stewart a le temps de prendre part à un titre du LP initial (The Silent Sun), From Genesis To Revelation (enregistré en septembre 1968 pour une sortie en mars 1969).

Silver, marri de l’insuccès des débuts de Genesis, le quitte en août 1969. John Mayhew le supplée alors qui fait pige sur Trespass (octobre 70) avant d’être relevé de ses fonctions au profit de celui qui est tant le batteur mythique de Genesis que sa figure la plus populaire. Néanmoins, Stewart comme Silver ou Mayhew ont toujours été là quand le groupe avait besoin de leurs services.

Genesis from genesis to revelation

De Decca à Charisma.

Le premier album fait effectivement un flop. Ce mauvais départ peut s’expliquer par deux facteurs : le choix inapproprié de l’intitulé de l’album, From Genesis To Revelation, dénote une connotation religieuse de son contenu et de ses auteurs ; la référence biblique du nom de Genesis, ainsi que certains passages allant dans ce sens, sèment le doute dans les esprits du public. Qui plus est, l’idée d’album-concept voulu par King est très mal restituée ; c’est donc un gros ratage.

Inclassable dans les bacs du fait de cette ambiguïté, il souffre également du manque de brillance de la matière qui l’alimente, Genesis étant encore en gestation ou en formation, c’est selon.

Peter Gabriel et Tony Banks, les compositeurs du groupe, n’ont pas encore la main chaude. Jonathan King paie la note de ces premiers pas balbutiés ; la collaboration entre le manager et Genesis est rompue. King est depuis considéré comme un paria dans l’environnement de Genesis.

Le partenariat avec Decca a pris fin avec le premier LP. Charisma reprend le groupe à son compte. Trespass, deuxième apparition au catalogue studio, corrige quelque peu le couac initial. Disque important dans le parcours des anglais, il est celui par lequel Genesis affirme son style musical. L’écriture, articulée autour de titres plus longs, est plus élaborée. Les fans lui réservent un très bon accueil. A son terme, Mayhew, on l’a vu antérieurement, mais aussi Anthony Phillips quitte la formation.

La trilogie magique.

Phil Collins et Steve Hackett entrent alors. Le line-up se stabilise enfin ; l’avenir nous apprendra que nous tenons là le quintet légendaire de Genesis, celui de la période 71/75 : Peter Gabriel, Tony Banks, Mike Rutherford, Phil Collins et Steve Hackett. Le monde du rock peut en juger dès le premier opus naissant de cette association exceptionnelle. Nursery Cryme, publié en novembre 1971, annonce la suite ambitieuse de Genesis. L’apogée de la carrière de Genesis vous diront tous les aficionados des 70’s.

Foxtrot, dans la même veine que Nursery Cryme, sort le 6 octobre 1972. C’est le disque de la reconnaissance grâce notamment au fantastique Supper’s Ready, medley collégial emblématique de presque 23 minutes composé de chansons concises (7) mais parfaitement imbriquées dans le concept. Base régulière de concert dans les années faisant suite à sa publication, cette pièce épique et complexe est une des chansons préférées des fans pour son ambiance très surnaturelle. Très théâtral sur scène par l’entremise de son chanteur charismatique, Peter Gabriel, Genesis devient le groupe anglais le plus populaire.

Le meilleur est cependant à venir et le meilleur, de l’avis général, c’est Selling England By The Pound, sorti en novembre 1973 dans le sillage de Genesis Live (juillet 1973). Meilleur en termes de qualité, avec des performances musicales ici parfaitement rodées, des mélodies innovantes, des changements de rythmes et tempos très efficaces, des arrangements techniquement très sophistiqués ; meilleur sur un plan commercial, le LP se classant 3ème au Royaume-Uni (70 aux States) et se couvrant d’or dans l’hexagone où Genesis est aux petits oignons auprès du public frenchie.

Genesis selling england

Selling England By The Pound est le reflet d’un groupe parvenu, au bout de six ans, à une grande maturité, à une énorme maîtrise instrumentale. On touche la quasi perfection à l’image de Firth Of Fifth. Le disque de référence situe le groupe son apogée artistique. Incontournable de toute bonne discothèque qui se respecte, il abrite le premier single gagnant de Genesis (N°17 en 74 des charts british), le dénommé I Know What I Like (In Your Wardrobe).

Les premières fissures.

Derrière ce monument du rock progressif, Genesis y va d’un très bon double album conceptuel, The Lamb Lies Down on Broadway (fin 1974), dont la réalisation est répartie entre Peter Gabriel pour les paroles, les autres pour la musique.

L’explication réside dans le fait que rien ne va plus entre Gabriel et les autres membres. Le leader charismatique de Genesis signe là son dernier travail pour le groupe. Il se retrouve une dernière fois au milieu de ses partenaires à Saint-Etienne le 27 mai 1975. Son départ de Genesis tombe juste après. Genesis perd gros et ne sera plus jamais Genesis. 1975 marque la fin de sa période magique. Pour de nombreux supporters, le seul Genesis qui peut porter dignement le nom s’arrête à ce stade. Personne ne mise alors un kopek sur cette formation culte du rock progressif.

La suite se fait à quatre, Peter Gabriel n’étant pas remplacé, malgré quelques castings mis sur pied pour pourvoir à cette vacance. La solution se situe en interne. Il échoit à Phil Collins, pas très chaud cependant, de doubler batterie et chant. Le quatuor ne s’en sort finalement pas trop mal et ce, dès le premier album sans Gabriel, le septième du catalogue, A trick Of The Tail (février 1976). Surprise de taille : le LP connaît un franc succès, tiré par son morceau titre qui s’installe au 3ème rang des classements anglais et au 31ème aux Etats-Unis. De son côté, Phil Collins parvient presqu’à faire oublier son prédécesseur au poste, du fait d’une voix assez proche de celle de Peter Gabriel. Les fans, rassurés par le constat que Genesis peut se relever de la perte de Peter Gabriel, se feront vite à ce changement de chanteur, moins à leur orientation musicale à venir.

Genesis peter gabriel

« J’ai quitté Genesis parce que je voulais continuer à faire du rock progressif ; eux voulaient faire de la variété et ça ne leur a pas vraiment réussi.

Vous me voyez finir comme Phil Collins et passer à la Starac ? » (Peter Gabriel)

Changement de cap.

Wind And Wuthering (1976) ne déçoit pas non plus. Disque d’atmosphère, il est la traduction d’un groupe qui fait comme si Genesis n’a pas été affecté par les événements. Il renvoie l’image d’une formation qui s’est resserrée pour mieux appréhender l’avenir. En interne, il n’en est rien et les séances d’enregistrement de Wind And Wuthering révèlent des tensions entre Tony Banks et Steve Hackett. L’album s’en ressent d’ailleurs fortement, privilégiant plus les synthés de Banks que la magnifique guitare de Steve Hackett. Bis repetita car sur le LP précédent, le créatif Hackett était déjà mis sous l’éteignoir. On lui refuse tout net ses compositions. Il ne supporte plus cette mise à l’écart, les choix artistiques de ses partenaires et, en 1977, démissionne pour privilégier une carrière solo entamée en 1975.

Genesis 3

Genesis bascule dans un nouveau monde.

Le départ de Hackett fait basculer Genesis de quatuor à trio, d’où le titre de l’opus suivant, And Then There Were Three (1978). Genesis entre alors dans sa phase dite commerciale, tournant le dos au rock progressif. Follow You Follow Me est le premier titre envoyé en éclaireur pour marquer cette nouvelle orientation musicale. Le single paru en février 1978, deux mois avant l’album qui l’abrite, fait 7 au Royaume-Uni, 23 chez l’Oncle Sam. Partout dans le monde résonne la mélodie de cette ballade programmée pour les radios.

Genesis est entré dans un autre monde. Beaucoup plus business et lucratif qui va en faire un des plus gros vendeurs de disques de tous les temps (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Genesis from genesis to revelation

 

GENESIS

FROM GENESIS TO REVELATION – 1969  2,5/5

 

Publié le 7 mars 1969.

Produit par Jonathan King.

Durée:43:25.

Label:Decca (U.K),London (U.S.A).

Genre:pop baroque,folk rock,pop psychédélique.

 

En formation, mais pas encore une formation.

 

A part le côté sentimental et purement historique de tenir là le premier album d’un groupe culte, je ne vois pas autre chose qui puisse m’attirer sur Genesis et From Genesis To Revelation (en écoute intégrale ici), sorti en 1969 chez Decca. Ce disque n’est pas bon, malgré certains atouts pop. Aucune identité musicale. Genesis est en gestation.

Produit par un gugusse du nom de Jonathan King qui veut faire de Genesis un groupe pour minettes, From Genesis To Revelation marque un fossé impressionnant entre ce que Genesis a fait de mieux (Selling England, Foxtrot, Nursery Cryme, Trespass) et la daube-concept dont on parle et qui réfère de la Bible. Mais avant de pouvoir marcher, on se casse la gueule, c’est la règle. Donc indulgence pour le manque d’expérience du studio et de maîtrise liée à cette période embryonnaire (ces jeunes avaient de 16 à 18 ans lors de l’enregistrement).

La pop anglaise proposée est sans intérêt, même si ça ne présente pas de tare particulière. Gabriel n’est pas encore le chanteur théâtral qui a mis Genesis sous les feux de l’actualité ; il est même encore très ado dans sa voix.

Les chansons sont surchargées par des violons qui nous cassent sérieusement les bonbons tandis que les guitares restent en retrait. Les titres, dans leur majorité immatures, font trop penser à du mauvais Bee Gees (il y a du bon Bee Gees) et les arrangements sont kitch.

L’influence et les visées commerciales de King les ont certainement emprisonnés dans ce style d’album gentillet. Je ne vois pas d’autres explications pour justifier une telle crédulité. Genesis est en formation, mais pas encore une formation (RAZOR©).

 

1. Where the Sour Turns to Sweet.

2. In the Beginning.

3. Fireside Song.

4. The Serpent.

5. Am I Very Wrong?.

6. In the Wilderness.

7. The Conqueror.

8. In Hiding.

9. One Day.

10. Window.

11. In Limbo.

12. Silent Sun.

13. A Place to Call My Own.

 

Tony Banks:orgue Farfisa,orgue Hammond,piano acoustique et électrique,choeurs.

Peter Gabriel:chant,flûte.

Anthony Phillips:guitare électrique et acoustique,choeurs.

Mike Rutherford:basse,guitare acoustique et électrique,choeurs.

John Silver:batterie sauf sur 12.

Chris Stewart:batterie sur 12.

Arthur Greenslade,Lou Warburton:arrangements cuivres et cordes.

LP Studio 2 - 1970

 

Genesis trespass 70

 

GENESIS

TRESPASS – 1970  3/5  

 

Publié le 23 octobre 1970.

Produit par John Anthony.

Durée:42:54.

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Trop ambitieux pour ce Genesis là.

 

Trespass (en écoute intégrale ici) est souvent considéré comme le parent pauvre de Genesis et c’est bien dommage tant cet album, deuxième du groupe (1970) est le premier « vrai Genesis » et coïncide avec le réel démarrage (pas encore par la grande porte) de sa carrière, le précédent et premier album From Genesis To Revelations ayant été un flop.

Dotée d’une grande liberté de manœuvre, la formation, avec ce disque, va commencer à tracer le sillon progressif qui va constituer son avenir proche. Si la manière employée se pare d’une grande complexité, Trespass n’en est pas moins un ambitieux mélange d’influences musicales celtes, médiévales et religieuses au charme très particulier.

Flûte, orgues, guitare 12 cordes manipulée avec doigté par tantôt Rutherford, tantôt Philips. Le son est soul renforcé par la voix profonde mais encore retenue d’un Peter Gabriel juvénile mais déjà théâtral.

Tendre, vaporeux, Trespass installe, mais c’est encore maladroit, la lignée musicale de ce qui allait suivre (Nursery Cryme et Foxtrot). Titillé par King Crilson, le tort de ce Genesis précoce est de vouloir boxer dans la catégorie de son rival, ce qui est, pour le moins, encore un peu présomptueux. Trop tôt.

Cet album « bucolique » démarre en douceur, dans un calme trompeur avec Looking For Someone et ses 7 minutes (Peter Gabriel y chante comme un crooner), pour finir dans une ambiance violente avec The Knife qui vient bouleverser l’atmosphère éthérée. The Knife est un grand classique, aux changements de rythme, qui feront la caractéristique de Genesis. The Knife se dégage par sa puissance, mais Looking For Someone n’est pas en reste dans ce domaine.

La belle mélodie Visions Of Angels et son intro au piano, Stagnation (à la belle envolée) sont un peu en retrait, manquant d’originalité tandis que le mi-acoustique Dusk (tendre et énigmatique) et le dramatique White Moutain (une histoire de meurtre dans une meute de loups) sont de très beaux moments. Seul bémol pour Trespass : côté batterie, ce n’est pas génial. L’arrivée de Phil Collins va régler le problème. Pour l’heure, c’est digne d’intérêt mais ce n’est pas encore le Pérou (RAZOR©).


1. Looking for Someone.

2. White Mountain.

3. Visions of Angels.

4. Stagnation.

5. Dusk.

6. The Knife.

 

Tony Banks:piano,orgue Hammond,mellotron,guitare 12 cordes,chœurs.

Peter Gabriel:chant,flûte traversière,hautbois,accordéon,percussions.

John Mayhew:batterie,percussions,chœurs.

Anthony Phillips:guitare 12 cordes,guitare électrique,dulcimer,chœurs.

Mike Rutherford:basse,guitare 12 cordes,sitar électrique,chœurs.

LP Studio 3 - 1971

 

Genesis nursery cryme

 

GENESIS

NURSERY CRYME – 1971  5/5

 

Publié en Novembre 1971.

Produit par John Anthony.

Durée:39:32.

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Roulez Génèse !

 

Nursery Cryme (en écoute intégrale ici) est le troisième LP studio de Genesis qui, pour la première fois se fixe autour de ce qui va constituer le quintet légendaire du groupe anglais : Tony Banks, Mike Rutherford, Peter Gabriel et, apparaissant pour la première fois dans le line-up, le batteur Phil Collins à la place de John Mayhew ainsi que le guitariste Steve Hackett, en remplacement d’Anthony Phillips.

En 1971, cette mouture se retrouve derrière un des meilleurs disques de rock progressif jamais tombé dans les bacs : Nursery Cryme, à la pochette un peu zarbi qui représente une demoiselle aux allures victoriennes jouant au croquet avec des têtes d’enfants, le tout sur un fond jaune épouvantable ! Pas de quoi inciter à se précipiter sur lui…

Quoi qu’il en soit, si le flacon n’est pas des plus enivrants, l’ivresse n’en est pas moins présente et cet album constitue un tournant décisif pour le Genesis de l’époque dite Peter Gabriel, qui est, à mon sens, quasiment le seul créneau discographique qui vaille le coup.

En effet, c’est par ce disque que la formation anglaise va progressivement connaître le succès : en Italie d’abord, puis élargi à l’Europe gagnée par la contagion.

Une seule écoute suffit à prendre la mesure de l’apport des deux nouveaux arrivants que sont Phil Collins et Steve Hackett. Loufoque, théâtral, étrange et doux, aérien, violent, apocalyptique, feutré, Nursery Cryme à l’écriture riche, fluide et lumineuse, est ambitieux sans verser dans le pompeux.

Nursery Cryne est le point d’entrée de la trilogie magique de Genesis forte également des deux disques majeures et incontournables que sont Foxtrot et Selling England By The Pound. Certifié or chez nous qui étions alors des inconditionnels de Genesis, Nursery Cryme traduit enfin dans les actes  l’ambition du groupe de se hisser au niveau de King Crimson. Avec du matériel dernier cri pour s’exprimer, Genesis frappe fort, d’autant qu’il ne manque pas d’idées et de potentiel. Allez, roulez Genèse ! (RAZOR©) 

 

1. The Musical Box.

2. For Absent Friends.

3. The Return Of The Giant Hogweed.

4. Seven Stones.

5. Harold The Barrel.

6. Harlequin.

7. The Fountain Of Salmacis.

 

Tony Banks:orgue,Mellotron,piano,guitare 12 cordes,choeurs.

Mike Rutherford:basse,guitare 12 cordes,choeurs.

Peter Gabriel:chant,flûte,grosse caisse,tambourin.

Steve Hackett:guitare électrique,guitare 12 cordes.

Phil Collins:batterie,percussions,chœurs.

LP Studio 4 - 1972

 

Genesis foxtrot

 

GENESIS

FOXTROT – 1972  5/5

 

Publié le 6 octobre 1972.

Produit par David Hitchcock.

Durée:50:53.

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Foxtrot (en écoute intégrale ici) n’intègre pas la trilogie magique de Genesis sans avoir les arguments pour. C’est un très grand album de rock progressif, publié début octobre 1972 ; il est le sommet discographique du groupe, avec Selling England By The Pound, son suivant dans le catalogue. Genesis va crescendo depuis Nursery Cryme. Cette tierce artistique diffère vraiment de tout le reste. Le must est là, ne cherchez pas.

Foxtrot a pour lui également de détenir une pièce exceptionnelle, Supper’s Ready consistant en une suite épique de plus d’une vingtaine de minutes devenues emblématiques depuis que Genesis les a greffées en intégralité sur ces concerts à partir de cette date. La pièce en question, collégiale quant à son écriture, s’appuie sur une sorte de medley fort de 7 titres concis et s’imbriquant parfaitement dans l’œuvre. Exceptionnel !

A côté de cette pièce maîtresse, trônent de très belles compositions comme l’histoire contée dans l’étrange Watcher Of The Skies à l’intro funèbre, comme Get’em Out By Friday au texte superbe et incarné sur scène par un Peter Gabriel très théâtral, ou comme Horizons, un petit instrumental de guitare classique façon Steve Hackett introduisant Supper’s Ready.

Foxtrot est un investissement rentable. Il a bien vieilli. Il a droit à une place privilégiée dans la cave du rock (RAZOR©).

 

1. Watcher of the Skies.

2. Time Table.

3. Get 'Em Out by Friday.

4. Can-Utility and the Coastliners.

5. Horizons.

6. Supper's Ready.

 

Steve Hackett:guitare électrique,guitare nylon,sitar électrique.

Peter Gabriel:chant,flûte,hautbois,grosse caisse,tambourin.

Tony Banks:orgue,piano,mellotron,guitare acoustique 12 cordes.

Phil Collins:batterie,percussions,choeurs.

Mike Rutherford:basse,guitare acoustique 12 cordes,guitare rythmique.

LP Studio 5 - 1973

 

Genesis selling england 1

 

GENESIS

SELLING ENGLAND BY THE POUND – 1973  5/5

 

Publié en novembre 1973.

Produit par John Burns.

Durée:53:41.

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Ici et maintenant.

 

Difficile de trouver quelque chose à redire sur cet album sorti en 1974 et qui fait suite à Foxtrot. Selling England By The Pound (en écoute intégrale ici) est un disque majeur de la musique progressive et de la discographie de Genesis. Il est le mieux ficelé de son catalogue. Le plus mélodique, le favori de ses aficionados, le premier à vraiment cartonner et à toucher aux cœurs les yankees aussi.

Foxtrot nous a laissés sur un défi à relever pour Genesis : faire mieux que l’immense Supper’s Ready dont les plus de 20 minutes épiques ont installé le groupe sur le haut de la vague progressiste. Les anglais relèvent le défi avec, cette fois-ci, un disque complet du niveau du titre précédent. Genesis est alors sur un petit nuage. Seul et largement au-dessus de tout les autres acteurs du rock prog.

Les mélodies, les petites histoires et les musiques ici proposées constituent le gratin de ce que Genesis à pu faire. Il se dégage parallèlement une ambiance Old England très agréable, captivante autour d’un son moins caverneux et plus clair. Les musiciens pourtant jeunes, car alors âgés de 22/23 ans, atteignent ici leur maturité. Il y a un avant et un après Selling. Plus rien ne volera jamais plus haut. Genesis, c’est ici et nulle part ailleurs.

Dancing With The Moonlight Knight vous met tout de suite dans le bain. Tantôt doux, tantôt énergique, le titre est long (8 minutes) et la voix de Peter Gabriel se fait aussi folle que douce et théâtrale. I Know What I Like (In Your Wardrobe) est le tube de cet album et le premier titre de Genesis à entrer dans les charts. Firth of Fifth, perle de presque 10 minutes,  est un subtile mélange de synthés, de piano et d’orgue, avec solo de flûte et de guitare (un des meilleurs jamais réalisés et une guitare qui sonne comme un violon).

Sur l’acoustique More Fool Me, peut-être le moins bon des titres de Selling England By The Pound, tendez l’oreille : c’est la première fois que Phil Collins est crédité du chant sur un album de Genesis, on sait aujourd’hui que ce n’est pas la dernière…

The Battle Of Epping Forest (guerre des gangs irlandaise) résonne de la batterie percutante et précise de Phil Collins (grosse prouesse rythmique) et des synthés de Tony Banks. Sur After The Ordeal, un énorme instrumental, la patte de Steve Hackett fait des siennes.

11 minutes pour l’épique The Cinema Show , mais 11 minutes de pure beauté qui enchaînent avec Aisle Of Plenty, déchirant. Que dire de plus et de mieux ? Si que ça n’a strictement rien à voir avec le Genesis d’aujourd’hui. Mais alors rien du tout (RAZOR©).

 

1. Dancing With the Moonlit Knight.

2. I Know What I Like (In Your Wardrobe).

3. Firth of Fifth.

4. More Fool Me.

5. The Battle of Epping Forest.

6. After the Ordeal.

7. The Cinema Show.

8. Aisle of Plenty.

 

Steve Hackett:guitare électrique,guitare classique.

Peter Gabriel:chant,flûte,hautbois,percussions.

Tony Banks:piano,orgue Hammond,mellotron,synthétiseur ARP,guitare 12 cordes,chœurs.

Phil Collins:batterie,percussions,chœurs.

Mike Rutherford:basse,guitare 12 cordes,sitar,chœurs.

LP Studio 7 - 1976

 

Genesis a trick of the tail

 

GENESIS

A TRICK OF A TAIL – 1976  3,5/5

 

Publié le 2 février 1976.

Produit par David Hentschel.

Durée:51:11.    

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Un Genesis encore inspiré.

 

Beaucoup de groupes rêveraient sortir un LP comme A Trick Of A Trail (en écoute intégrale ici), 7ème LP studio, pas spécialement un grand album, mais une galette plus qu’acceptable, avec un Phil Collins au chant qui s’en sort bien, il faut l’admettre.

La tâche de remplacer le charismatique et théâtral Peter Gabriel, n’avait pourtant rien d’une sinécure, ce dernier ayant été partie prenante à 90% dans la popularité et l’image de Genesis. Là où Gabriel transformait littéralement la musique par une théâtralité jamais égalée dans le rock, Philou se contente de l’accompagner et d’assurer.

Genesis n’est donc pas mort comme on le lui prédisait. Qui plus est, A Trick Of A Tail de 1976 se positionne derrière le carré créatif magique : Nursery Cryme, Foxtrot, Selling England By The Pound et The Lamb Lies Down On Broadway (1975), le double album concept qui le précède. Voilà pour le contexte du moment.

A Trick Of A Tail est le premier album à quatre du groupe. Orphelin de son compositeur-interprète, Genesis revient à un travail plus modeste et plus humble, renouant avec l’Angleterre et son folklore et, paradoxalement, va connaître un grand succès auprès de la critique et des fans (3ème des charts british).

Rien ou très peu ne transparaît du départ de Peter Gabriel, la formation restante (Collins, Banks, Hackett et Rutherford) demeurant très soudée. Cela se ressent sur cet album pourtant contrasté. Ici la magie opère encore un tantinet ce qui fait dire à ceux qui y croitent encore que Genesis n’est pas mort.

A Trick Of A Trail, album de rock progressif inspiré, possède des titres qui véhiculent toujours de réelles histoires et des passages instrumentaux délicieux. Mettons en avant Ripples, sur le thème de la vieillesse, Entangled, mélancolique par excellence, le pop mélodieux agréable et fantaisiste A Trick Of A Tail, le Mad Man Moon de Tony Banks, le rythmé et incisif Dance On A Volcano, le triste et rugissant Squonk et pour finir, Los Endos, un instrumental torturé.  C’est acceptable, pas un grand album comme j’ai pu le lire par ailleurs ; la raison est néanmoins suffisante pour le faire tomber dans sa besace (RAZOR©)

 

1. Dance on a Volcano.

2. Entangled.

3. Squonk.

4. Mad Man Moon.

5. Roberry, Assault and Battery.

6. Ripples.

7. A Trick of The Tail.

8. Los Endos.

 

Phil Collins:chant,batterie,percussions,chœurs.

Tony Banks:piano,synthétiseur,orgue,mellotron,guitare 12 cordes,chœurs.

Steve Hackett:guitare électrique,guitare 12 cordes.

Mike Rutherford:guitare 12 cordes,basse.

LP Studio 8 - 1976

 

Genesis wind wuthering

 

GENESIS

WIND AND WUTHERING – 1976  3/5

 

Publié le 27 Décembre 1976 (U.K.),le 7 Janvier 1977 (U.S.A)

Produit par David Hentschel,Genesis.

Durée:50:54.

Label:Charisma (U.K),Atco (U.S.A)

Genre:rock progressif.

 

Ennuyeux.

 

Wind & Wuthering (en écoute intégrale ici) est un album clivant au sein du fan club de Genesis. Certains y voient le dernier disque du groupe de la période dite classique, elle-même scindée en deux, en un avant et un après Gabriel, d’autres le considérant comme le premier LP à partir duquel Genesis s’est éloigné de ses supporters d’alors.

S’il est pour moi, avec le précédent A Trick Of A Tail, le moins bon de tous les travaux de Genesis des 70’s, il n’en conserve pas moins quelques pièces ou passages agréables. Quand je dis ça, j’exclus le suivant que je considère comme le plus insignifiant de la décennie en 7 : And Then There Were Three.

L’écriture perd ici en puissance et n’a que peu d’arguments pour pouvoir rivaliser avec les dossiers d’avant hier. Elle n’élève pas le niveau de ce disque à une cotation autre que 3/5. C’est moyen.

A cette époque, entre Banks et Hackett, c’est chaud. Ou plutôt c’est froid, glacial ; ils se tirent la bourre au sein du groupe en ne pensant qu’à eux. Sur l’album précédent, A Trick Of A Tail, la guitare de Steve Hackett est quasiment muette ; ça n’est pas anodin. Hackett n’est pas en odeur de sainteté et Banks tire les ficelles en veillant à bien museler son partenaire.

Est-ce cette raison qui incite le guitariste à quitter Genesis après ce LP ? Toujours est-il qu’une fois encore, comme c’est devenu une habitude, ce sont les claviers de Banks qui vont occuper le devant de la scène. Hackett ? On le ressent plus qu’on ne l’entend. Ses compositions sont réduites à la portion congrue et c’est dommageable pour la qualité de ce disque qui n’a rien de bandant.

Le groupe a fait son temps, glisse lentement mais sûrement vers une sortie annoncée, en tout cas dans le registre rock progressif et en plus perd ce qui faisait sa force, sa cohésion. La suite me donnera raison avec l’insignifiant And Then There Were Three.

Collins est mièvre dans son rôle de chanteur, Banks se la pète grave… Quand on a connu son époque glorieuse (Foxtrot, Selling England, Nursery Cryme) on a du mal à se caler dans un fauteuil, avec cet album, casque sur les oreilles, dans l’optique de passer un superbe moment !

Je n’ai aucune attirance pour Wind And Wuthering de 1976, bien que Your Own Special Way, Blood On The Rooftops, Eleven Earl Of Mar et Afterglow sont encore dignes d’intérêt. Genesis a perdu de sa splendeur, devient ennuyeux. On devine quelques beaux restes certes, mais vraiment pas de quoi fouetter un chat. Même le son Genesis est aux abonnés absents. C’est dire… Remarquez, le pire est à venir (RAZOR©).

 

1. Eleventh Earl of Mar.

2. One for the Vine.

3. Your Own Special Way.

4. Wot Gorilla ?

5. All in a Mouse's Night.

6. Blood on the Rooftops.

7. Unquiet Slumbers for the Sleepers...

8. In That Quiet Earth.

9. Afterglow.

 

Phil Collins:chant,batterie,cymales,percussions.

Steve Hackett:guitares,kalimba,cithare.

Mike Rutherford:basse,guitare 12 cordes et acoustique.

Tony Banks:piano,synthétiseur ARP,orgue,mellotron.

LP Studio 9 - 1978

 

Genesis and then there were three

 

GENESIS

AND THEN THERE WERE THREE – 1978  2/5

 

Publié le 7 avril 1978.

Produit par David Hentschel,Genesis.

Durée:53:27.

Label:Charisma.

Genre:rock progressif.

 

Circulez y a plus rien à voir.

 

Si la perte de Peter Gabriel a déjà été très dommageable à l’intérêt pour Genesis, la reprise à son compte du chant, par ailleurs très correct, de Phil Collins a pu pallier l’absence de son théâtral interprète. Le départ de Steve Hackett, en froid avec Tony Banks, et qui fait passer Genesis de quatuor à trio, lui est autrement plus préjudiciable. La défection de Hackett ne passe pas inaperçue ; au contraire, dès les premières notes du premier disque à trois, And Then There Were Three (en écoute intégrale ici), sorti en 1978, révèlent de manière criarde qu’il manque quelque chose.

Le départ d’Hackett est le coup de grâce pour cette formation. Pire que le départ de Peter Gabriel. De formation star, Genesis  est devenu un groupe quelconque qui a encore un semblant de flamme dans la veine progressive. Heureusement qu’il va prendre une orientation autrement plus lucrative et commerciale, sans quoi, le groupe serait définitivement mort. Ce qu’annonce le pop Follow You Follow Me qui referme l’album.

Genesis n’est alors que l’ombre du grand pionnier du rock progressif. And Then There Were Three (1978) tient de la daube. C’est rasant, sirupeux, sans inspiration, vide, médiocre, pas intéressant, raté. Ca fait mal aux tripes de devoir brûler ce qu’on a  adoré, mais là, excusez-moi chers lecteurs, ça dépasse les bornes. Il fallait vraisemblablement faire ce disque de transition pour faire patienter les fans en attendant de passer à autre chose. C’est fait. Mais oubliez-moi ce disque rapidement, de grâce (RAZOR©).

 

  

1. Down and Out.

2. Undertow.

3. Ballad of Big.

4. Snowbound.

5. Burning Rope.

6. Deep in the Motherlode.

7. Many Too Many.

8. Scenes From a Night's Dream.

9. Say It's Alright Joe.

10. The Lady Lies.

11. Follow You, Follow Me.

 

Tony Banks:piano Steinway,synthétiseur ARP 2600 et Pro-Soloist,orgue Hammond,Mellotron,synthétiseur Strings Roland,Fender Rhodes.

Mike Rutherford:basse 4,6 et 8 cordes,guitare électrique et guitare acoustique 12 cordes.

Phil Collins:chant,batterie,cymbales,percussions.

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