Gravy Train.

BIOGRAPHIE.

 

GRAVY TRAIN/Manchester (Angleterre)

 

Gravy train 2

 

Actif entre 1970 et 1975

Genre:rock progressif.

Label:Vertigo,Dawn.

 

Du Jethro Tull dans les gènes.

Toutes proportions gardées, Gravy Train pourrait être de la lignée Jethro Tull, dont il exploite les mêmes ingrédients que ceux ayant contribué à l’épanouissement de son illustre prédécesseur, à savoir qu’il baigne dans le rock progressif, qu’il fait la part belle à la flûte, instrument de prédilection de Ian Anderson et qu’il brode son art autour du Tull blues-rock des débuts. Sa musique se pare parallèlement  d’éléments de Canterbury, de blues et de hard rock. A l’heure où Gravy Train met le pied dans l’entrebâillement de la porte du rock, en 1970, Jethro Tull a déjà trois LP dans l’escarcelle ; il est un vendeur millionnaire (Benefit) et est sur le point de livrer à l’attente populaire son génial Aqualung.

On arrêtera là les comparaisons avec le Tull, car le premier album de Gravy Train, s’il fait plutôt bonne figure dans le microcosme progressif anglais et ambiant, n’a pas la prétention de rivaliser avec la production de ceux qui comptent parmi les influences de ses auteurs.

Né sur la scène mancunienne.

Ses auteurs, justement, ses pères fondateurs, parlons-en. Gravy Train est originaire de Manchester et débute en 1971. Organisé en quatuor, il réunit Norman Barratt à la guitare et au chant, Les Williams à la basse, Barry Davenport à la batterie et J.D. Hughes, au saxo et à la flûte. Ses influences sont Jethro Tull dont les accointances avec le premier album This Was (1968) sont marquées, Black Sabbath dont on retrouve le son hard rock, Cream de par son aspect bluesy et Canterbury par l’impulsion jazzy née du jeu de batterie de Barry Davenport, milieu musical dont ce dernier est issu (John Rotherham Trio).

Norman Barratt est malheureusement décédé fin juillet 2011. Il laisse le souvenir d’un homme affable et humble, d’un guitariste talentueux doublé d’un chanteur plutôt correct. Passé par les Hunters, les psychédéliques Newtons Theory, ce phénomène de la gratte fait équipe avec ce qu’il reste des Spaghetti House, groupe de la région de Liverpool qui vient de se séparer. Les Williams, J.D. Hughes, Barry Davenport et Norman Barratt forment alors Gravy Train dont le crédo de départ de d’interpréter du répertoire de Cream et de Jethro Tull. Tiens, tiens, les fameuses influences…

Gravy train 4

Il avait tout d’un grand.

Gravy Train n’a jamais été considéré comme un grand groupe du genre mais son passage dans le rock se traduit néanmoins par une production discographique forte de 4 albums, albums très honorables et que beaucoup de formations auraient aimé avoir réalisé.

Au diable les reprises, Gravy Train s’appuie sur ses propres originaux pour démarrer dans le business. Les premiers pas sont teintés de jazz, axe pour lequel Davenport se montre très influent, d’éléments de heavy rock psyché, perclus des riffs hard de Barratt, chanteur à la belle raucité au demeurant, et dans une filière assez mélodique, quoi qu’avec une propension assez nette à l’improvisation.

Celle-ci n'est d'ailleurs pas toujours très heureuse dans la mesure où la matière brille encore par son inégalité. Ne s’improvise pas songwriter qui veut. La suite se fait dans un mélange de symphonique et de lourdeur dans lequel la guitare inspirée de Barratt trouve à qui parler avec la flûte de Hughes. C’est mieux.

Une discographie convaincante.

Vertigo enlève ce client prometteur en 1970 ; juste retour des choses, le premier contrat d’enregistrement se traduit par un premier LP éponyme assez obscur et spontané (1971) mais qui est bien reçu par le public. Pas un succès fou, il faut en convenir, car le rendu est encore moyen, mais il augure d’un beau  potentiel et suscite de la curiosité. Gravy Train est intéressant. On peut lui accorder un côté Sabbath à ce niveau de sa carrière.

Le groupe se révèle autrement plus convaincant sur l’album suivant qui s’ouvre la première face plus progressive (la seconde est plus lourde) sur la belle flûte de Hughes : (Ballad Of) A Peaceful Man (fin 1971). Il s’y montre aussi différent et ça saute aux oreilles sans sommations. L’écriture se bonifie et l’offre s’en trouve aussitôt plus complète, d’autant qu’une maturité qui faisait défaut sur le disque précédent, s’installe progressivement. Pas suffisamment pour en faire un chef d’œuvre, mais il serait inconvenant de faire la fine bouche.  Ce que partagent beaucoup de fans considérant ce deuxième jet, le meilleur de la troupe de Manchester. Il est vrai qu’il dispose de magnifiques pièces à verser à son avantage comme Home Again ou Alone In Georgia. Plus commercial que celui auquel il succède, il ne convainc pas pour autant Vertigo qui limoge Gravy Train alors que ce dernier sue sang et eau pour lever des fans dans une tournée de promotion. Joli geste…

Dawn Records, le très bon label prog anglais détenu par Pye, ne les laisse pas tomber et les signe à son tour. Deux LP plus hard rock concrétisent ce partenariat qui prend fin en 1975 du fait de l’arrêt du groupe. Le décevant Second Birth et Staircase To The Day, sortis respectivement en 1973 et 1974.

Que de regrets…

Pour ce dernier album de leur collaboration, le label donne les moyens à Gravy Train en engageant de nombreux intervenants externes comme le claviériste de Procol Harum Peter Solley, en confiant la prod’ à Vic Smith (Black Sabbath 4) et le visuel de la pochette à Roger Dean, l’illustrateur le plus célèbre du rock progressif pour avoir conçu le graphisme des couvertures du Yes de la grande époque. Au regard des réactions et de l’éparpillement du groupe dans la foulée, l’effort concédé et le travail réalisé ne répondent pas à l’attente des fans. Pourtant, il n’est pas si mal que cela, croyez m’en.

On en reste donc là pour Gravy Train dont on retiendra qu’il ne fut ni tout à fait convaincant, ou par bribes, ni franchement mémorable malgré des dispositions avérées l’amenant à partager la scène prog avec les plus grands du genre.

Barratt a ensuite opté pour les voies du seigneur, formant un groupe de rock chrétien, il est décédé depuis. Les Williams a créé une agence de divertissements, J.D Hughes a enseigné la musique et Barry Davenport est sorti du circuit, signalé un temps dans les assurances. Gravy Train était une belle surprise mais restera définitivement cantonné dans les groupes mineurs du rock, parmi les seconds couteaux du rock prog (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Gravy train a ballad of a peaceful man 1971

 

GRAVY TRAIN

(A BALLAD OF) A PEACEFUL MAN – 1971  4/5

 

Publié en 1971.

Produit par Jonathan Peel.

Durée:38:19.

Label:Vertigo.

Genre:rock progressif.

 

Pas génial, mais très bon.

 

Alors que Gravy Train est impliqué dans The Construction Company, un regroupement très éclectique de musiciens, poètes et de danseurs ayant pignon sur rue à Manchester, son destin prend une autre direction lorsqu’à l’occasion d’une représentation au Free Trade Hall mancunien, fin 1969, le hasard le fait rencontrer Jonathan Peel, producteur de disques indépendant et figure incontournable de la B.B.C.

Peel, assisté de l’imprésario australien Mike Vaughan, fait le déplacement à la demande de Ray Makin pour voir le groupe Sleep qui contribue également au projet Construction Company. Mais c’est Gravy Train qui tape dans l’œil avisé du producteur. Il aime sa lourdeur et ne se cache pas pour annoncer de belles heures à ce groupe. Il convainc Vaughan de signer ce groupe underground progressif. Trois albums sont négociés en accord avec Vertigo, puis avec Harvest, Deram Nova et Dawn Records.

John Peel produit les albums en question : l’éponyme de 1970, (A Ballad Of) A Peaceful Man (1971) chez Vertigo et Second Birth (1972) pour Dawn. Si le premier LP est pour moi leur meilleur et celui sur lequel les similitudes avec Jethro Tull sont les plus criardes, son suivant, celui qui nous concerne présentement, sorti en 1971, ne mérite pas que l’on s’en détourne.

Sans être génial, ce très bon disque offre des plages très agréables à l’instar de sa pièce d’entame, Alone In Georgia, où la flûte de Hughes dame le pion, une fois n’est pas coutume, à de superbes voix, même si c’est au niveau vocal que le bât blesse principalement en ce qui concerne ce groupe.

Dans un même ordre d’idées, le mélodique morceau-titre restitue avec bonheur une flûte décidément bien maîtrisée par Hughes, des guitares d’une belle lourdeur psych (Norman Barratt) et des parties de claviers convaincantes. A leur suite, Jule’s Delight et Messenger ont encore du grain à moudre pour rester au contact, avant de laisser le rock installer  trois actes successifs accrocheurs (de Can Anybody Hear Me à Won’t Talk About Me). Home Again referme le LP sur une note plus soft-rock.

Si Gravy Train affiche ici une belle dose d’enthousiasme, de délicatesse et d’intelligence, il ne parvient pas pour autant à toucher sa cible et c’est regrettable au regard des belles dispositions dont il fait montre (RAZOR©). 

 

1. Alone In Georgia.

2. (A Ballad Of) A Peaceful Man.

3. Jule's Delight.

4. Messenger.

5. Can Anybody Hear Me.

6. Old Tin Box.

7. Won't Talk About It.

8. Home Again.

 

Les Williams:basse,choeurs.   

Barry Davenport:batterie,percussions.

J.D. Hughes:flûte,claviers,saxophone,choeurs

Norman Barratt:lead guitare,chant.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.