Greenslade.

BIOGRAPHIE.

 

 

GREENSLADE/Londres (UK)

 

Greenslade 1

 

Actif entre 1972 et 1976,en 1977,de 2000 à 2003.

Labels:Warner Bros.

Genre:rock progressif.

 

Une identité prog qui lui est propre.

Quand Colosseum met fin à sa belle aventure après 3 ans d'existence (1971), le claviériste Dave Greenslade et le bassiste Tony Reeves prennent la décision de ne pas en rester là et de prolonger un peu plus le plaisir de jouer ensemble.

Ils décident de former un nouveau groupe et de continuer à explorer le rock progressif dans lequel leur expérience antérieure a baigné avec succès. Ils ont alors l'idée du montage, arrêté le choix des musiciens, mais peinent à trouver un nom au projet pour lequel ils se sont remotivés.

Après avoir planché des semaines sur des identités aussi improbables et farfelues les unes que les autres, toutes réfutées par les initiateurs, c'est finalement le nom de Greenslade qui sort du chapeau.

Cette accroche sans prétention et banale est entérinée pour concrétiser la nouvelle incarnation, dont l'objectif affiché est de développer son propre son, autour de deux claviéristes différents se complétant, sans guitariste et avec un répertoire taillé sur mesure pour ce type de configuration.

Greenslade 2Du Colosseum, du Krimson...

Greenslade 3Dave Greenslade pour un projet bien ficelé.

Greenslade lpUn premier LP remarqué.

Greenslade live in stockholm 75 2013Live in Stockholm 75, sorti en 2013.

Greenslade dave 2Greenslade, toujours actif aujourd'hui.

Du Colosseum, du Crimson et l'expertise analogique de Lawson.

Comme la proposition a l'approbation des deux autres musiciens, Dave Lawson (claviériste et chanteur) et Andy McCulloch (batteur), c'est vendu. Greenslade, fort d'un line-up affichant une grande maturité et une expérience avérée dans le milieu prog, ira défendre ce projet atypique et ambitieux.

Deux doses de Colosseum (Greenslade et Reeves), une de King Crimson (McCulloch), un pionnier et expert des synthétiseurs analogiques (Lawson), comment imaginer un seul instant que la mayonnaise ne prenne pas ?

Un peu de liant entre ces maillons très affûtés techniquement et l'affaire peut vite se transformer en un super-groupe du prog. De l'underground comme c'est alors taxé.

Au regard des albums aux sons surréalistes accomplis et des commentaires élogieux pointant le nom de Greenslade, il ne fait aucun doute que le défi relevé par ce groupe a été relevé.

Greenslade est aujourd'hui reconnu comme une valeur sûre du genre progressif, malgré son offre assez unique, et celui qui a servi de prête-nom à cette entreprise ratifié comme un claviériste respecté, toujours très prisé dans le rock contemporain.

Un projet bien ficelé et bien accueilli.

Greenslade est constitué à l'automne 1972. Le Zoom Club de Francfort sert de cadre, en novembre de cette même année, aux véritables débuts de la mouture appelée de leurs vœux par les deux anciens partenaires de Colosseum.

Le projet est si bien ficelé qu'il ne faut pas attendre 3 mois pour voir apparaître dans les bacs un premier LP décontracté, honnête et fourmillant déjà de beaucoup de bonnes idées.

Éponyme (Greenslade), il sort en février 1973 pour Warner Bros et développe une musique atmosphérique, comme annoncée, atypique, inventive et très personnelle dans laquelle les claviers de toutes sortes occupent l'espace en se superposant subtilement, de manière fluide et maîtrisée.

Bien que très intéressante et de qualité, la présente offre de Greenslade ne se positionne pas dans la filière du rock progressif traditionnel des ELP, King Crimson, Genesis ou Yes et n'en bouleverse pas les canons habituels.

Elle n'en est pas moins de bon goût, raffinée et reçoit un bon accueil auprès du public.

Cette première œuvre marque plus les esprits par son habillage, confiée à Roger Dean, l'illustrateur légendaire des pochettes de Yes.

Dave Greenslade fait une première esquisse que le dessinateur se charge de finaliser. Le dessin dont le personnage réfère à la déesse aux quatre bras, Shiva, symbolise là le choix de deux claviéristes opéré par Dave et Tony.

Une musique subtile, pertinente, intelligente.

Associer l'illustrateur le plus impliqué dans le rock prog à son album est souvent un gage de qualité pour les musiciens, aussi quand Bedside Manners Are Extra (Warner Bros/novembre 1973) reconduit le partenariat entre Greenslade et Dean, on se dit qu'on a le flacon et que l'ivresse n'est pas très loin.

Greenslade 3 por

« Je pense que les deux premiers albums étaient les meilleurs. Le deuxième album était même meilleur que le premier. Le fait qu'ils aient été faits avec le line-up d'origine est très important pour moi. Nous n'avions aucune inhibition, les maisons de disques ne nous disaient pas quoi faire et cela nous permettait d'être très créatifs. Ceci est également vrai pour les troisième et quatrième albums, mais l'ambiance avait changé. » (Dave Greenslade)

C'est effectivement le cas avec ce deuxième LP qui confirme toute la pertinence, la subtilité, la solidité et l'intelligence de la musique de cette formation.

Dans une veine identique à ce qui précède, Bedside Manners Are Extra fait déjà de cette année 1973 un sommet artistique pour Greenslade.

Le super-groupe de rock progressif évoqué en préambule n'est donc pas si utopique que cela...

L'énergie et l'inventivité figurent encore au registre de Spyglass Guest, sorti en août 1974. 

Il est l'opus le plus connu de Greenslade pour avoir bien figuré dans les classements d'albums britanniques (N°34), donc pour être un peu plus commercial et abordable auprès du grand public.

Pourtant la construction de l'album est moins collégiale que pour les travaux précédents. L'écriture, de commune passe à individuelle, les sessions d'enregistrements sont également plus personnelles, la production, jusque là collective, est laissée à un tiers externe, des guitares s'invitent...

1976 : fin de parcours.

Tous ces petits changements interrogent : la collaboration au sein de Greenslade ne vire-t-elle pas à la concurrence ? Les deux Dave ne seraient-ils pas devenus rivaux ? Les piliers du groupe assurent que non, que la chimie opère toujours entre eux, mais qu'ils se veulent désormais différents pour éviter la redondance.

Étrange, d'autant que Dean n'est pas associé à la pochette, cette fois et que Tony Reeves (remplacé par Martin Briley) prend ses distances à la fin de Spyglass Guest pour se consacrer à la production.

Raison de plus pour instiller un doute sur le fait que Greenslade semble vraiment à court d'idées et que l'ambiance n'est plus si cordiale entre toutes ces fortes personnalités.

Les commentaires vont bon train d’autant que, malgré le rapprochement de Grenslade et Lawson à l'écriture, le 4ème LP, Time And Tide (février 1975) ne fait rien pour taire cette suspicion. En dépit d'une qualité plus inégale, celui-ci s'avère plus dispersé, moins pétillant et plus court.

Il sonne comme un au-revoir, la besace étant sur le point de se tarir. Time & Tide devient, à ce stade de la carrière du groupe, le disque le plus décevant de Greenslade, son moins intéressant de la décennie. Seuls les collectionneurs sauront s'en satisfaire.

Comme pressenti, le groupe, en proie à des difficultés de gestion, se sépare au début de l'année 1976. Dave Greenslade rebondit alors en solo mais tente bien, signe de son attachement au collectif qui porte son nom, de réactiver la formation dans une configuration autre pour défendre sur les routes son album personnel, Cactus Choir (1976).

Mick Rogers du Manfred Mann Earth Band en fait furtivement partie ; présents sur Cactus Choir, Dave Markee (basse) et Simon Philips (batterie) également mais ces derniers sont suppléés par Tony Reeves et Jon Hiseman pour la tournée promotionnelle de 77 de l'album de Dave.

Une belle curiosité.

25 ans après Time & Tide, Dave Greenslade et Tony Reeves remettent le couvert pour un nouveau projet crédité à Greenslade. John Young, chanteur et claviériste ainsi que Chris Cozens, batteur font l'appoint pour donner le jour à ce qui est le 5ème et l'ultime LP studio des anglais.

Large Afternoon (Mystics Records/2000) se montre encore décent, porté par quelques instrumentaux qui tiennent la route. Une dernière tournée permet de compléter la discographie d'un live Greenslade 2001 : The Full Edition (2002).

Il scelle l'arrêt définitif du groupe, l'album Live In Stockholm paru en 2013 étant l'enregistrement du concert suédois du 10 mars 1975 et l'excellent The Birthday Album, celui d'un spectacle en Suisse en 1974.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Greenslade est une belle curiosité à condition de se positionner sur les deux premiers volumes, les Dean (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Greenslade album 73

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GREENSLADE

GREENSLADE – 1973  3,5/5

 

Publié en février 1973.

Produit par Dave Greenslade,Stuart Taylor,Tony Reeves.

Durée:41:11.

Label:Warner Bros.

Genre:rock progressif.

 

Une curiosité en soi.

 

En 1968, date à laquelle il se constitue sous l'égide du batteur Jon Hiseman et du saxophoniste Dick Heckstall-Smith, Colosseum se positionne comme un des précurseurs (sinon le pionnier) de la fusion du jazz, du blues et du rock.

Dave Greenslade, recruté comme organiste/claviériste au sein de la formation du sud-est londonien, a été, de sa création jusqu'à la fin du premier cycle en octobre 1971, de l'histoire de cette unité essentielle dans l’acceptation du jazz-rock auprès du grand public, puis dans l'émergence du rock progressif anglais.

De sa dislocation naissent Tempest que crée Jon Hiseman et rejoint par Mark Clarke. Chris Farlowe prend le chemin d'Atomic Rooster, Clem Clempson celui de Humble Pie tandis que Heckstall-Smith la joue solo. Quant à Dave Greenslade qui persuade Tony Reeves de le suivre, il forme son propre combo (1972).

Il ne fait pas montre d'une imagination débordante en l'affublant de son patronyme, mais il faut admettre que l'homme a une si solide réputation, du fait de son appartenance au légendaire Colosseum, que cette appellation a minima, fluide, concise et facile à retenir, suffit.

Le projet que Dave Greenslade a en tête (orgue et mellotron) est assez original puisqu'il ose se passer d'un guitariste et donner la part belle aux claviers en doublant le poste, Dave Lawson (piano et synthés) étant l'autre claviériste du groupe. Il se place dans une filière progressive, le rock prog étant alors le genre en vogue en cette fin des 60's.

4 LP lui sont crédités entre 1972 et 1976, date à laquelle Greenslade est arrêté au motif de difficultés de gestion : l'éponyme Greenslade (1972), Bedside Manners Are Extra (1973), Spyglass Guest (1974) et Time And Tide (1975).

L'album par lequel il prend son envol, est, de par l'atypicité du projet constitué (deux claviéristes, pas de guitariste), une curiosité en soi. Les allergiques au mellotron et synthés n'y seront pas, c'est une évidence.

Car il en est bigrement question ici dans ce lot très prog symphonique subtil. Tout le disque s'appuie sur les claviers, qu'ils soient orgue, mellotron, moog ou piano.

La particularité de l’œuvre est que ces derniers s'approprient avec infiniment d'intelligence et d'à-propos l'espace laissé traditionnellement aux guitares. Ils sont habilement soutenus par les lignes de basse fluides et mélodiques de Tony Reeves et le jeu de percussion cohérent d'Andrew McCulloch.

La voix de Lawson s'invite par moments et, d'évidence, à la lecture des commentaires vus par ailleurs, ne convainc pas tout le monde. C'est certainement là que le bat blesse pour certains auditeurs.

A commencer par votre serviteur, pas trop en phase avec cet organe manquant de puissance et pas mécontent que l'album soit alimenté par des instrumentaux (An English Western, Melange et Sundance), reconnaissons-le bien léchés. Visiblement, Lawson est meilleur claviériste que chanteur...

Greenslade, s'il ne manque pas de bonnes idées, n'en est pas moins un disque très intéressant de rock prog du début des 70's. Tout n'est pas encore parfaitement huilé mais on tient avec ce premier disque un travail très cohérent, intelligent, audacieux qui laisse à penser que les lendemains seront meilleurs et payants (RAZOR©).

 

1. Feathered Friends.

2. An English Western.

3. Drowning Man.

4. Temple Song.

5. Melange.

6. What Are You Doin' To Me.

7. Sundance.

 

Dave Greenslade:claviers.

Dave Lawson:claviers,chant.

Tony Reeves:basse,basse.

Andy Mcculloch:batterie,percussions.

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