Jade Warrior.

BIOGRAPHIE.

 

 

JADE WARRIOR/Londres (Angleterre – UK)

 

Jade warrior 1

 

Actif depuis 1970.

Labels:Vertigo,Island,Red Hot Records,Acme,Eclectic,WindWeaver Music.

Genre:rock progressif,rock symphonique,world Music.

Site officiel:jadewarrior.com

 

Voyage dans des contrées étranges.

Figures emblématiques de la culture japonaise, les samouraïs ont joué un rôle déterminant dans les luttes de pouvoir qui ont déchiré le Japon féodal. Leur vie, entièrement dévouées à leur maître, ne tenait souvent qu'à un fil et était aussi fragile que la fleur de cerisier dont ils firent leur emblème.

La symbolique du samouraï, guerrier aussi impitoyable, fidèle, loyal qu'aristocrate raffiné, est très présente dans la culture nippone.

C'est de ce vivier historique inépuisable et de ses légendaires guerriers dont Jon Field et Tony Duhig s'inspirent pour nommer Jade Warrior, la formation qu'ils fondent au début des 70's.

Par ailleurs, ce choix traduit la musique que le duo a en tête et qu'il souhaite subtilement imagée, colorée, contrastée, fusionnée. Cette musique, ils l'imaginent comme une invitation à voyager dans des contrées étranges...

Jade warrior tomcatsD'abord les Tomcats...

Jade warrior second thoughts duhig field 64...puis Second Thoughts.

Jade warrior fieldJon Field.

Jade warrior tony duhigTony Duhig.

Jade warrior wavesL'agréable et relaxant Waves (1975).

Un groupe complexe mais inventif.

Sa particularité sonore (fusion de rock, de folk, de jazz et de World Music avec une prédilection pour l'oriental) a attiré à lui un panel de fidèles qui, au fil des 8 albums des 70's, a considérablement enflé.

Sous la houlette de Field et Duhig, Jade Warrior prend alors rang parmi les groupes les plus inventifs du rock progressif britannique, malgré sa complexité rythmique.

Si Duhig s'éloigne un temps du groupe au début des années 80, c'est uniquement dans le but de mettre à profit la pause que Jade Warrior vient de s'accorder, afin de se soigner dans la maison de Glastonbury nouvellement acquise et de monter un studio d'enregistrement à deux pas de l'Abbaye.

Jon Field, toujours bon pied, bon œil.

Mais son projet, hypothéqué, prend l'eau ; il perd beaucoup d'argent et se voit contraint de revenir sur Londres et, avec son acolyte de la première heure, de réactiver Jade Warrior.

Ceci est sur le point de se faire quand Duhig est victime d'une crise cardiaque fatale, le 11 novembre 1990.

Alors qu'en coulisses s'élabore Breathing The Storm (1992), sa mort est un choc énorme pour Field, mais c'est tout le groupe qui est touché.

Si sa disparition sonne comme la fin d'une époque, la fin d'une manière de faire et interroge sur la suite à donner, Jade Warrior insiste et, malgré des changements de personnel au fil des ans, enchaîne une grosse poignée de LP supplémentaires.

Un nouvel opus est possible à terme. La fin de l'histoire n'est donc pas actée d'autant que Jon Field est toujours bon pied, bon œil...

Au début des 60's, Jon Field croise la route de Tony Duhig dans l'usine dans laquelle tous deux travaillent comme caristes. En précisant un peu plus leur relation, ils s'aperçoivent partager des goûts communs pour la musique, le free jazz et la world music notamment.

A cette époque, tandis que chacun s'initie à un instrument (les congas pour Jon, la guitare pour Tony), les deux amis assistent à un concert d'Alexis Korner, dont ils ressortent persuadés aussi que la musique est leur voie et qu'ils ont les moyens de faire aussi bien. En entrant au sein de The Second Thoughts, que Duhig contribue à fonder au début de 1963 et que rejoint Field (comme roadie, puis à l'orgue et aux congas) en juillet 1964, les acolytes ont le privilège de faire partie d'un groupe en pointe au Ealing.

De Second Thoughts à Jade Warrior.

La scission de Second Thoughts (1965), sous l'impulsion de Tom Newman, amène la formation à se renommer The Tomcats et donne naissance à certains combos remarqués à Londres, comme Thunderclap Newman, Nirvana (pas celui de Kurt Cobain), July et Jude Warrior.

Field et Duhig intègrent respectivement les Tomcats (la deuxième incarnation), en qualité de flûtiste/claviériste et de guitariste. Ceux-ci mutent en July en juillet 1968, puis se séparent en 1969.

Tony Duhig rebondit deux mois chez Unit 4+2 (1969/1970) où il rencontre Glyn Harward qui fera partie de l'aventure Jade Warrior, montée avec Jon Field.

Ce montage devient effectif au début des 70's quand il signe un contrat avec Vertigo Records (1970), après un deal avec Patrick Campbell-Lyons, membre fondateur de The Second Thoughts, devenu membre du label.

Un label qui traîne des pieds.

L'histoire retient que Jade Warrior n'est pas une priorité de Vertigo. L'étiquette lorgne plutôt vers Assagaï, une formation noire d'origine sud-africaine que Vertigo veut recruter pour capitaliser sur le succès d'Osibisa.

La société de production de Jade Warrior (Mother Mistro) tranche le problème en imposant les deux, mais Vertigo ne montre pas un enthousiasme délirant pour soutenir Field et sa troupe, ni pour le promouvoir.

Engagement en poche, Jade Warrior (Field/Duhig/Harward) publie un premier opus en 1971. Auto-produit, progressif (avec des notes tribales), ce disque éponyme propose à l'auditeur un univers unique, marginal et différent de ce qui est proposé dans le genre à l'époque. Bien qu'encore inégal, il préfigure ce à quoi le groupe va nous sustenter durant les 70's.

Alan Price (batterie) et Dave Conners (saxophone) complètent le trio à l'appel de Released (1971), plus heavy que son devancier.

Sur les terres de Mike Oldfield.

Pour les besoins du 3ème LP, le même noyau (sans Conners) voit le frère de Tony, David Duhig, venir poser sa guitare sur quelques titres. Last Autumn's Dream (1972) affiche plus de maturité et de maîtrise. Sorte de mix des deux travaux précédents, il est le meilleur disque de l'ère Vertigo.

Jade warrior field portrait

« Tony aurait apprécié certaines des harmonies et des rythmes que nous avions enregistrés juste avant sa mort et cela aurait pu être un nouveau départ pour lui ainsi que pour Jade Warrior. Malheureusement, sa perte a été subite. Il était un talent unique. » (Jon Field)

Après une tournée américaine, le groupe entre en studio pour un 4ème album que des tensions en interne, des divergences artistiques plombent. Vertigo ne le publie pas. Pire, il annule le contrat entre les deux parties.

Jade Warrior se disloque dans le mouvement mais met à profit cet intermède pour travailler sur la musique du film Bad Man's River et pour apporter son expertise à Assagaï pour lequel il se retrouve derrière ses deux albums .

Grâce à l'appui de Steve Winwood qui fait le forcing pour que Jade Warrior soit auditionné par Chris Blackwell, le groupe rebondit chez Island Records. Un accord pour 4 albums est signé ; Glyn Haward en est écarté.

Le conceptuel Floating World (1974) amorce ce nouveau partenariat. Jade Warrior est alors réduit au duo Duhig/Field lequel assure la quasi totalité des instruments ici présents.

Le frère de Tony (guitare), Graham Deakin (batterie) et Martha Mdenge (chant) y ajoutent ponctuellement leur expertise. La matière ici proposée évolue désormais vers une musique instrumentale très élaborée, inventive, excitante, synthétisée autour du jazz, de la world music et d'un rock prog lourd. On est un peu sur les terres de Mike Oldfield, un univers que Jon Field connaît par cœur pour avoir joué sur Tubullar Bells...

Incontournable Waves.

Le relaxant et délicat Waves (1975) reconduit cette ambiance très agréable ; on peut le considérer comme un des fleurons du rock progressif pris dans son ensemble et comme le meilleur album de Jade Warrior, assurément.

Bien que plus complexe, Kites (1976) et ses influences asiatiques stimule encore l'imagination et continue à faire rêver. Méditative et délicieusement énigmatique, la musique du Jade Warrior de l'ère Island conserve ici tout son charme.

Dans l'élite du rock prog.

Exotique, mystique, envoûtant, Way Of The Sun (1978) referme le chapitre des 70's. Le duo se montre toujours aussi créatif et inspiré à l'image d'un phénoménal Death Of Ra.

A ce stade de sa carrière, il appartient à l'élite du rock prog, bien que son parcours soit très injustement sous-estimé. La complexité de sa musique a indéniablement constitué un frein à sa popularité.

Il faudra 6 ans et les raisons évoquées en préambule pour que le groupe fasse son come-back. Il ne retrouvera jamais, hélas, son niveau de la décennie précédente, la disparition de Tony Duhig étant pour Jon Field un véritable crève-cœur autant qu'un coup d'arrêt (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 5 - 1975

 

Jade warrior waves

 

JADE WARRIOR

WAVES – 1975  3,5/5

 

Publié en avril 1975.

Produit par Jon Field,Tony Duhig.

Durée:44:35.

Label:Island.

Genre:rock progressif.

 

Atmosphère, atmosphère...

 

Ce que j'aime dans cet album, c'est la sérénité qu'il dégage, son aspect relaxant, sa grande délicatesse.

Waves, sorti en avril 1975, est le disque que je m'autorise quand la connerie humaine me soûle (et en ce moment, c'est le pompon!), quand j'ai besoin de réfléchir ou de travailler à des tâches amenant à le faire, quand j'éprouve l'envie de me détendre dans le calme le plus religieux. Et ça fait 45 ans que ça dure !

En ce sens, je ne remercierai jamais assez ses auteurs d'avoir pondu une œuvre aussi apaisante et qui, visiblement, opère favorablement sur moi et continue à le faire au moment où son écoute accompagne ma chronique du jour.

Disque d'atmosphère, l'instrumental Waves, à mon sens, est un très bon travail de Jade Warrior, alimenté qu'il est par un chaleureux enchaînement de flûtes mélodiques, de percussions feutrées, de piano jazzy et de claviers légers, de guitares, acoustique comme électrique, apaisées et agrémenté de subtils arrangements.

Réalisé chez Island pour lequel il signe l'excellent album qui précède (Floating World/1974), Jade Warrior, après un épisode Vertigo passé sous le radar, enregistre ici un album aux influences rock, jazz, classique et world Music qui, bien que sans grande surprise, coule naturellement.

Avec son prédécesseur, il me semble que l'on tient là deux œuvres incontournables du catalogue des anglais, même si j'ai personnellement une préférence pour Floating World, plus excitant et que je me réserve quand je veux écouter du Jade Warrior, au top de la créativité (RAZOR©2021).

 

1. Waves Part I.

2. Waves Part II.

 

Tony Duhig:guitares,percussion,claviers.

Jon Field:flûtes,guitare,percussion.

Dave Duhig:lead guitare.

Graham Morgan:batterie.

Suzi:chant.

Maggie Thomas:alto recorder.

Steve Winwood:claviers,Moog Synthétiseur,piano.

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