Jethro Tull.

BIOGRAPHIE.

 

JETHRO TULL/Blackpool (Angleterre)

 

Jethro tull band

 

Actif entre 1967 et 2011.

Label:Island,Reprise,Chrysalis,Eagle,Roadrunner,Fuel 2000.

Genre:rock progressif,hard rock,blues-rock,folk-rock.

Site officiel:www.jethrotull.com

Dans la mémoire collective du rock.

Des quatre membres à l’origine de Jethro Tull, deux sont originaires de Luton dans le Bedfordshire, à portée de fusil de Londres : le guitariste Mick Abrahams et le batteur Clive Bunker. Glenn Cornick, bassiste, vient du nord-ouest de l’Angleterre (Barrow-In-Furness), tandis qu’Ian Anderson est un écossais pur jus, né à Dumferline. Blackpool, en 1967,  est le point de leur convergence et le terrain des années formatrices de Jethro Tull, connu pour avoir été un des plus brillants acteurs de la scène rock progressif britannique. Son parcours vient seulement de prendre fin en 2014, Ian Anderson, son baromètre préférant continuer sa carrière personnelle. Il n’y aura donc plus de suite à Jethro Tull. C’est ferme et sans retour.

Mick Abrahams et Ian Anderson sont incontestablement les plus connus des membres de Jethro Tull. Le premier, même s’il n’est pas resté longtemps, a suffisamment pesé sur le premier LP blues-rock du Tull pour que l’on s’en souvienne encore aujourd’hui. Après This Was, cet ancien membre des McGregor’s Engine tourne le dos au groupe (1968) ; on le retrouve sur Blodwyn Pig, excellent groupe, avant qu’il n’entame une carrière solo et de faire un retour remarqué, à la fin des 90’s, avec une formation baptisée Mick Abrahams & This Was Band. Un brin provocateur…

Jethro tull anderson echassier

La flûte entre dans le rock.

Le second, chanteur-leader, compositeur et musicien, introduit la flûte dans le rock via Jethro Tull et ça aussi, il est bien difficile de passer outre. C’est ancré dans la mémoire collective rock, comme peuvent l’être ses poses d’échassier sur scène ou ses nippes originales. Ian Anderson, à ne pas confondre avec son homologue anglais de Yes, Jon Anderson, c’est la filière progressive de Jethro Tull, avec des influences qui lui sont chères, le jazz et le folk. Sa voix pèse lourd dans le collectif et Jethro Tull va dans le sens musical qu’il définit et auquel n’adhère pas Abrahams.

Clive Bunker est le premier batteur de Jethro Tull ; il le reste jusqu’à Aqualung (1971), mais s’en détache au motif que le groupe s'éloigne de ses origines blues. Il rejoint un temps Mick Abrahams dans Blodwyn Pig, avec lequel il a précédemment collaboré (McGregor’sEngine), puis se retire de la musique, malgré quelques réapparitions épisodiques dans les années 80 et 90.

Le bassiste Glenn Cornick ne fait pas long feu non plus. Après Benefit (1970), il est évincé par le manager Terry Ellis sans la moindre explication. Cornick rebondit sur Wild Turkey (1971) avant de bosser avec Bob Welch, celui qui a parfaitement assuré la transition entre la période blues et celle commerciale de Fleetwood Mac. Lui aussi se retire du milieu de la musique avant de revenir avec Wild Turkey au début du troisième millénaire.

Une œuvre assez marginale.

Jethro Tull est né avec la popularité qui accompagne le british blues par la voie de groupes comme The Blades, puis de John Ever Band ou de John Evan Smash, un des meilleurs groupes de Blackpool. John Evan, pote d’école d’Anderson, suspend son activité musicale pour entamer des études de chimie, Ian Anderson et Glenn Cornick continuent seuls et donnent le jour à ce qui va être Jethro Tull. John Evan y revient pour Benefit (1970).

Jethro Tull, au nom hérité de l’inventeur anglais (18ème siècle) du semoir des paysans, est fortement imprégné de la personnalité de son leader, au style vocal très spécial et influencé par la musique classique et celtique, le blues ; son œuvre progressive est assez marginale dans le rock, Thick As A brick est là pour le rappeler. Elle débute toutefois avec un 45 tours, Sunshine Days (MGM/mars 1968), pas folichon, mais qui permet au groupe de faire parler de lui, d’autant que, dans le landernau, il passe pour être une bonne formation de scène, ce que confirme le festival auquel il prend part et où il se montre à son avantage : le Sunbury Blues Festival début août 1968.

Premières divergences entre Anderson et Abrahams.

Jethro Tull tape dans l’œil du label jamaïcain de Chris Blackwell, Island Records, avec lequel il collabore sur 4 LP. Le premier d’entre d’eux est This Was (octobre 1968), 17 semaines dans les charts britanniques avec un pic au 10ème rang. Il est d’obédience blues/R & B et ne laisse en rien présager de la suite artistique du Tull. Au blues conventionnel d’Abrahams, Anderson oppose des influences jazz et introduit la flûte. Ce départ honorable amène pourtant à une divergence artistique entre ses deux compositeurs principaux ; This Was scelle la rupture entre Abrahams et le groupe.  En lieu et place de son guitariste, le futur Black Sabbath Tony Iommi assure un bref intérim avant que Martin Barre ne s’installe au poste.

Populaire également aux Etats-Unis, où il va passer une grande partie de son temps à tourner, Jethro Tull publie un second disque en 1969 que les américains vont inscrire à la 20ème place du Billboard. Mix de rock, de blues, de psychédélisme et de folk, Stand Up est tiré par l’instrumental Bourrée et encore imprégné de blues-rock ; il cartonne sur le Vieux Continent et son succès augure de belles heures en perspective pour les gars de Blackpool.

Benefit (avril 1970) marque le retour de John Evan, auquel il est fait appel pour enregistrer les parties de claviers, ce qu’il assure après ses journées d’études. Il intègre Jethro Tull aux claviers, malgré sa réticence. Son apport donne plus de force et de variation au style hard-folk impulsé par Anderson ; Benefit, moins blues, n’en profite pas vraiment, en dépit de la qualité qu’il véhicule.

Martin barre jethro tull

« Je suis très fier des albums que nous avons faits, de l’histoire que nous avons eue.

Cela signifie beaucoup pour moi, même si ce que je fais aujourd’hui et ce que je ferai demain est bien plus important dans mon esprit. » (Martin Barre)

Un nouveau virage avec Aqualung.

Néanmoins, il ouvre un boulevard vers le créneau progressif à venir et Aqualung, qui marque les premières accointances avec le genre. Elles sont toutefois encore très légères. A la fin de l’année, Glenn Cornick (mort en 2014) quitte Jethro Tull, il est alors remplacé par Jeffrey Hammond.

S’il est un album qui a fait beaucoup pour la popularité de Jethro Tull, c’est bien Aqualung, sorti en mars 1971. Avec plus de 7 millions d’exemplaires écoulés, ce passage obligé pour tout admirateur des 70’s bénéficie d’une cote indéniable alors qu’il n’est pas le travail le plus passionnant de la bande à Anderson. Flirtant avec le rock progressif, il est le point de départ du basculement dans le genre, comme l’est celui d’Island Record vers Chrysalis, la nouvelle étiquette du groupe, créée deux ans plus tôt par Chris Wright et Terry Ellis, manager du Tull.

Ce quatrième disque, bien qu’Ian Anderson s’en défende, est un album-concept, un format à la mode à cette époque, brodé autour de la religion et de Dieu. Il marque le virage musical progressif opéré par Jethro Tull : renforcement des claviers, complémentarité entre pièces acoustiques et électriques, arrangements de cordes, introduction d’influences classiques, complexité harmonique et rythmique, concept. Par cet opus mais surtout par ses titres classiques comme Aqualung ou Locomotive Breath qui le consacrent commercialement, Jethro Tull accède au rang de star mondiale tandis qu’Ian Anderson, son poisson-pilote et maître à penser, entre dans le cercle fermé des bons paroliers.

Jethro tull thick as a brick

Thick As A Brick, le chef d’œuvre.

Thicks As A Brick, qui lui succède en 1972, a, pour la première fois, les deux pieds dans le rock progressif. Culminant en tête du Billboard 200 et à un 5ème rang sur les terres de ses auteurs, Thick As A Brick est le symbole de ce passage à un acte que l’on soupçonnait depuis quelque temps, depuis la rupture entre Abrahams et Anderson en fait, jusque là  avoué à demi-mot par son leader qui, présentement, ne peut plus se cacher.

Le concept de cette pierre angulaire du rock est très intelligent, d’une part dans son architecture musicale en deux pièces épiques de plus d’une vingtaine de minutes, installées dans un décor médiéval fait de galopées effrénées et de joutes barbares.

Il l'est d'autre part dans son approche visuelle géniale. Présenter ce disque à la manière d’un période que l’on feuillette, c’est tout simplement un gros coup commercial. Beaucoup l’ont acheté pour cette originalité qui invite à se plonger dans la lecture d’une une nous apprenant que Gerald Bostock, un gamin imaginaire de 8 ans, par lequel se fait le regard sur l’œuvre, est l’auteur des chansons de Thick As A Brick.

Thick As A Brick est le poème qui lui a permis d’être le lauréat d’un concours de poésie dont il est finalement disqualifié, son poème étant jugé très amer envers la société féodale anglaise, finalement la même que la sienne. Ian Anderson, à qui l’on reproche alors de ne pas reconnaître l’argument conceptuel d’Aqualung, réplique d’une manière audacieuse aux critiques et les prend au mot ; au regard de la spontanéité dans laquelle il a engagé tout le groupe derrière son projet revanchard, le flûtiste unijambiste (pour la pose de flamand rose qu’il prenait souvent sur scène) a frôlé la correctionnelle.

Thick As A Brick est un incontournable rendez-vous donné par le rock progressif des 70’s. Clive Bunker, jeune marié, ne sera pas du prochain, quittant Jethro Tull en mai 1972. Le jeune Barrie Barlow rentre et Jethro Tull sort son excellente compil’ Living In The Past (juin 72), double LP reprenant des morceaux des disques précédents, des singles et des faces B et même des inédits live. Les versions anglaise et américaine diffèrent.    

A trop en faire…

Si le Tull n’est pas tombé dans le piège refermé sur le Ian Anderson de Thick As A Brick, il se prend les pieds dans le tapis sur l’album studio suivant A Passion Play, publié en juillet 1973. Toujours conceptuel (le système éducatif anglais), mais plus complexe et plus ambitieux que son prédécesseur, ce sixième opus controversé divise les fans. A trop vouloir…

A cette même période (1972/73), au Château d’Hérouville (France) est également enregistrée une partie de  la matière alimentant Nightcap : The Unreleased Masters 1973/1991, double CD publié en 1993. La plupart des titres a été réenregistrée et réarrangée pour les besoins d’A Passion Play (Château Disaster) ; on y retrouve aussi des pièces de 1974 à 1991.

A trop en faire, le Tull ne réussit pas non plus War Child (1974), un album que l’on ne voit jamais apparaître dans la discographie de base du groupe. Et pour cause, non seulement il manque de la belle audace constatée antérieurement, d’inspiration aussi, au point d’avoir la désagréable impression de banalité et de déjà entendu. 

Minstrel In The Gallery remet le groupe dans le bon axe. Sorti en 1975, ce huitième LP plus alambiqué, plus cohérent, est une belle réussite malgré les problèmes personnels qui agitent le couple Anderson dans le privé. Ses compositions, plus introspectives que jamais, reflètent son mal-être. Le Tull se montre ici à son avantage notamment sur le titre magnifique qu’est Baker Street Music. Après Minstrel In The Gallery, Jethro Tull perd Jeffrey Hammond, entré pour Aqualung, au profit de John Glascock.

Anderson face à la critique.

Hormis son titre à rallonge, Too Old To Rock’n’ Roll, Too Young To Die (1976), et la pochette provocatrice d’un Anderson faisant un bras d’honneur à une presse musicale qui, de plus en plus, le rhabille pour l’hiver, ce disque concept sur la vie d’un rocker vieillissant et trop jeune pour mourir, ne déchaîne vraiment pas les passions. Il laisse même indifférent la majorité des fans. Il est une faiblesse du catalogue de Tull.

Songs From The Wood, de début février 1977, est la réponse de Ian Anderson, passé à la moulinette par la critique, aux détracteurs et sa manière de montrer que, dans la vague punk ambiante, le dinosaure en a encore sous la pédale et qu’il s'en tape  de ce que l’on peut penser de lui. Résultat : blessé dans son orgueil, il entraîne le Tull sur des bases très élevées, celles révélées par Aqualung ou Thick As A Brick.

Jethro tull too old

C’est le choix du registre qui prend tout le monde à revers : progressif oui, mais acoustique, avec un soin apporté au niveau des chœurs, des originalités instrumentales et une écriture encore exceptionnelle. Huitième chez les ricains, Songs From The Wood est une base de la discographie des anglais.

La filière folk-rock est reconduite pour Heavy Horses (1978), très proche de l’ambiance de son prédécesseur quoi que plus sombre. Ce créneau lui va bien et, comparé à d’autres pans du catalogue, on s’en satisfait largement.

Fin de règne délicate.

Le live Bursting Out (septembre 1978) vient s’intercaler entre Heavy Horses et Stormwatch qui referme la page Jethro Tull des 70’s. Dernier LP pour le bassiste John Glascock qui décèdera de problèmes cardiaques en 1979, ce double album enregistré à Berne durant la tournée européenne du groupe est une excellente fenêtre pour découvrir la formation de Blackpool dans les conditions du live.

Stormwatch (1979), moins inspiré mais toujours dans la veine folk engagée dans Songs From The Wood, plus celtique cependant, montre une formation à la peine. Il clôt la décennie mais marque aussi et surtout la fin d’une époque. Le line-up classique n’y résistera pas. Ian Anderson se tourne ponctuellement vers ses projets personnels, mais prépare parallèlement le Tull du renouveau, moins folk, à consonance électronique et plus moderne.

Après avoir signé un ultime opus en 2003, The Christmas Album, et continué les tournées jusqu’en 2011, Jethro Tull a définitivement tiré le rideau en 2014 sur une discographie forte de 21 pièces. Anderson, de son côté, est toujours aussi prolifique et intéressant. Son Homo Erraticus de 2014, concept-album, renoue avec les grandes œuvres du Maître (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Jethro tull this was

 

JETHRO TULL

THIS WAS – 1968  3,5/5

 

Publié le 25 octobre 1968.

Produit par Terry Ellis,Jethro Tull.

Durée:42:55.

Label:Island,Reprise.

Genre:blues-rock.

 

Bien accueilli.

 

Du Jethro Tull célèbre pour être un baron original de la scène rock progressive britannique, il n’en est pas encore question ici. Pour l’heure, il est encore bluesy comme en atteste This Was (en écoute intégrale ici), son premier album de 1968 favorablement  accueilli à sa sortie. Après avoir préalablement édité un single chez Island, le groupe sort ce disque qui, avec Stand Up, Benefit, Aqualung et Thick As A Brick va constituer son top five, mais dans des registres carrément différents.

Jethro Tull y fait montre d’une coloration folklorique alors spécifique dans le rock ambiant, entretenue principalement par une flûte traversière que son divin leader hirsute, Ian Anderson, en la conduisant dans des voies jamais explorées jusqu’ici, porte dans une dimension exceptionnelle.

Si le territoire de This Was s’appuie sur des bases blues et jazz, les racines d’Anderson et de Mick Abrahams, il révèle pourtant l’orientation originale décidée par son chanteur et flûtiste en chef. En effet, aux morceaux d’obédience blues comme My Sunday Feeling ou Some Day The Sun Won’t Shine For You, jazz comme Serenade To A Cuckoo, ou de format plus rock comme Beggar’s Farm, This Was oppose des titres qui préparent au Jethro Tull progressif de demain, à l’instar de Song For Jeffrey et dont ne veut pas Mick Abrahams, plus jazz/blues. Cette divergence artistique scelle la fin de la collaboration entre Anderson et Abrahams.

Les autres centre d’intérêt de This Was ont pour nom Cat’s Squirrel que Cream a eu à son répertoire deux ans auparavant. La version arrangée par Abrahams supplante celle du power trio. On sent d’ailleurs dans le jeu de guitare de ce dernier toute l’admiration qu’il porte à Clapton.

A l’inverse Dharma For One, s’il démontre le talent du collectif, n’en est pas moins miné par un solo de batterie dispensable et obéissant uniquement aux modes du moment.

This Was est un bon début et mérite l’attention ; il est fait par des musiciens de grande qualité, même si c’est la virtuosité du flûtiste Ian Anderson qui tient le haut du pavé.

Le caractère de cet album fédère autour de son nom aussi bien la critique que les fans. C’est un indicateur ; en tout cas, le point de départ d’une longue carrière, hélas pas toujours égale et à rebondissements (RAZOR©).

 

1. My Sunday’s Feeling.

2. Some Day the Sun Won't Shine for You.

3. Beggar's Farm.

4. Move on Alone.

5. Serenade to a Cuckoo.

6. Dharma for One.

7. It's Breaking Me Up.

8. Cat's Squirrel.

9. A Song for Jeffrey.

10. Round.

 

Mick Abrahams:guitare,chant,guitare 9 cordes.

Ian Anderson:flûte,orgue de bouche,piano,chant.

Clive Bunker:batterie,sirène.

Glenn Cornick:basse.

David Palmer:cor français.

LP Studio 2 - 1969

 

Jethro tull stand up

 

JETHRO TULL

STAND UP – 1969  4/5  

 

Publié le 1er août 1969.

Produit par Ian Anderson,Terry Ellis.

Durée:37:50.

Label:Island/Chrysalis.

Genre:rock progressif.

 

Grand disque aux multiples ambiances.

 

Le remplacement, poste pour poste, du démissionnaire Mick Abrahams, parti fonder Blodwyn Pig, par Martin Barre, guitariste inamovible du groupe depuis, change conséquemment l’ambiance du deuxième album de Jethro Tull, Stand Up (en écoute intégrale ici), sorti durant l’été 1969.

Cet opus que les anglais vont porter en tête des charts dès sa sortie et que les yankees vont certifier disque d’or en 1972, est celui qui abrite un des plus célèbres hits de Jethro Tull : Bourée, adaptation d’un morceau de Jean-Sébastien Bach. Il est celui aussi à l’origine d’une polémique qui veut que Hotel California d’Eagles ait été fortement inspiré par We Used To Know.

Eagles était un fan du Tull à cette époque. De là à voir une relation de cause à effet et de rabaisser les Aigles pour une similarité dans la progression de certains accords, il y a un pas. N’intentons pas de mauvais procès au duo Walsh/Felder.

Ce numéro 2 du catalogue à la belle touche celtique ambiante se rapproche plus du Tull à venir que de son prédécesseur de This Was et porte plus la marque Anderson, bien décidé à jouer la musique qu’il entend, de suivre la direction prog qu’il désire ardemment et qui a généré la rupture avec Mick Abrahams.

Stand Up surprend par la lourdeur de son son, d’une part, mais par la subtilité de ses acteurs (Ian Anderson, Martin Barre, Glenn Cornick et Clive Bunker), d’autre part. Il passe ici la surmultipliée, maintenant que Anderson a les coudées franches pour donner libre cours à son inspiration et à son originalité.

La musique prend ici une autre direction ; elle s’ouvre sur le folk, la musique celte et celle classique, alterne avec bonheur électrique et acoustique, sa marque de fabrique. Il prend date dans le mouvement rock progressif du moment dont il sera un des précurseurs.

Stand Up est un disque aux multiples atmosphères. A New Day Yesterday, morceau d’entame sonne un peu comme le Sabbath initial avec son riff heavy et son tempo bluesy (ce n’est pas pour rien que Tony Iommi a failli rejoindre le Tull).

Le court Jeffrey Goes To Leicester Square, titre suivant, change d’ambiance et le ménestrel moderne emboîte le pas au rocker pour une musique légère incitant à virevolter tendrement avec sa bienaimée. Le blues et le rock reprennent leur droit dans Back To The Family, Look Into The Sun et Nothing Is easy. C’est le moment choisi par la guitare de Martin Barre pour s’illustrer, un Martin Barre qui se fait sa place gentiment, sans faire d’esbrouffe. Aqualung se lit déjà dans le sillage de ces titres.

Fat Man, c’est l’ambiance feu de camp tandis que flûte, cordes et la voix de Ian Anderson convergent à l’unisson dans le merveilleux Reasons For Waiting. C’est chaleur et velours avant le nerveux For A Thousand Mothers terminant cet excellent chapitre Stand Up, un album très travaillé, aux belles mélodies et à la pochette sublime. Un de mes albums préférés du Tull, sachez le (RAZOR©).

 

1. A New Day Yesterday.

2. Jeffrey Goes To Leicester Square.

3. Bourée.

4. Back To The Family.

5. Look Into The .

6. Nothing Is Easy.

7. Fat Man.

8. We Used To Know.

9. Reasons For Waiting.

10. For A Thousand Mothers.

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,orgue Hammond,piano,mandoline,balalaïka,harmonica.

Martin Lancelot Barre:guitare électrique,flûte sur 2/9.

Clive Bunker:batterie,percussions.

Glenn Cornick:basse.

LP Studio 3 - 1970

 

Jethro tull benefit

 

JETHRO TULL

BENEFIT – 1970  4/5

 

Publié en avril 1970 (U.S.A), en mai 1970 (U.K).

Produit par Ian Anderson.

Durée:42:49.

Label:Chrysalis,Reprise.

Genre:rock progressif,hard rock.

 

Dans l’antichambre d’Aqualung.

 

Le boss, c’est Ian Anderson ; la direction progressive qu’il donne à la musique de Jethro Tull ne souffre d’aucune ambigüité la dessus. Il l’a rêvée, l’a imposée à Abrahams qui n’avait pas d’autre choix que de lâcher l’affaire. Il a pris des risques payants au regard de l’album précédent, alors il enfonce le clou.

Aqualung est en germination dans l’esprit de son leader charismatique et Benefit (en écoute intégrale ici), troisième LP, travaille en ce sens pour lui. Si Aqualung est, et derrière lui Thick As A Brick, c’est parce qu’il y a d’abord eu Benefit.

Publié en 1970, Benefit est le premier album avec John Evan aux claviers (il signera un long bail avec le groupe) et le dernier pour le bassiste Glenn Cornick. Grâce au jeu de son claviériste, Jethro Tull élargit son horizon musical et prend une dimension supplémentaire. Si le potentiel unique des acteurs n’est pas encore totalement exploité, Benefit n’en reste pas moins un disque de grand niveau. Il en a tous les ingrédients sans qu’il n’explose vraiment, un peu comme s’il est contenu et qu’il n’a que vocation à préparer l’avenir ; la montée en puissance discographique progressive du Tull s’inscrit d’ailleurs comme si la déflagration a été programmée pour Aqualung.

Pas de tubes ici mais une flopée de très bons titres. Le folk With You There To Help Me démarre Benefit sous les meilleurs auspices. La mélodie est convaincante et il se murmure que l’inspiration aurait été suggérée par une idylle naissante entre Anderson et une secrétaire de la maison de production Chrysalis, devenue quelque temps après Mme Anderson. Je sais, ce genre de clichés fait un peu Voici ou Closer, mais bon…

Nothing To Say trace le sillon pour Aqualung tandis que Son dévoile la belle guitare de Martin Barre, lequel s’exprime ici sans retenue. Inside est  un bon rock light ; A Time For Everything, le touchant et mélancolique For Michael Collins, Jeffrey And Me, le sublime To Cry You A Song, Play In Time (un message aux critiques et aux fans qui regrettent le Tull d’hier), Sossity You’re A Woman à l’ambiance moyenâgeuse : cet album distille du plaisir généreusement, c’est pourquoi il est hautement recommandé. A son écoute, on comprend mieux Aqualung (RAZOR©).

 

1. With You There to Help Me.

2. Nothing to Say.

3. Alive and Well and Living in.

4. Son.

5. For Michael Collins, Jeffrey and Me.

6. To Cry You a Song.

7. A Time for Everything?

8. Inside.

9. Play in Time.

10. Sossity; You're a Woman.

 

Ian Anderson:chant,guitare,flûte,claviers.

Glenn Cornick:basse,orgue Hammond.

Clive Bunker:batterie.

Martin Barre:guitare électrique.

David Palmer:arrangements orchestraux.

John Evan:piano,orgue.

LP Studio 4 - 1971

 

Jethro tull aqualung

 

JETHRO TULL

AQUALUNG – 1971  4/5

 

Publié le 19 mars 1971.

Produit par Ian Anderson, Terry Ellis.

Durée:42:55.

Label:Chrysalis,Reprise.

Genre:rock progressif.

 

Benefit a préparé le terrain, Aqualung (en écoute intégrale ici) consacre le positionnement définitif de Jethro Tull dans la filière progressive. Ce quatrième volet de sa discographie, s’il est une grande réussite commerciale tirée par ses deux morceaux légendaires qu’Aqualung et Locomotive Breath, n’est pas encore le chef d’œuvre du Tull. L’apogée est pour son suivant Thick As A Brick, aussi conceptuel qu’Aqualung ne l’est pas. Malgré son organisation structurée. Enfin, ce n’est pas moi qui le prétend, mais Anderson qui soutient mordicus qu’Aqualung n’a rien d’un album-concept.

Certains vont fondre sur moi à l’idée de s’entendre dire qu’Aqualung ne mérite pas ses 5 étoiles. Le disque qui consacre enfin le Tull et qui a généré des millions de ventes ne serait donc pas le très grand album que la majorité des fans considère comme tel ? Il l’est, rassurez-vous, mais il n’est pas, pour moi qui ne suis pas un grand supporter du rock prog et qui mégote toujours pour lui trouver des poux sur la tête, il n’est pas, disais-je, le plus intéressant du catalogue ; j’ai un faible pour Songs From The Wood, dont la coloration musicale renvoie aux pontes du folk britanniques (John Martyn, Fairport Convention, Matthews Southern Comfort) et surtout pour Thick As A Brick, virtuose et parfaitement équilibré du début à la fin. De quoi susciter l’envie de lui réserver une standing ovation, de bisser, de tripler… ce que ne provoque pas complètement Aqualung, parfois frileux dans l’ombre de ses deux classiques évoqués ci-dessus, lourds à porter, et dans une partie finale qu’il conduit sur la réserve.

Je ne discute aucunement la popularité justifiée de cet album ambitieux et au son énorme, par lequel le Tull touche les fruits de son travail. Celui de son compositeur en chef, seul maître à bord, inspiré et dont la prise de risques s’avère ici payante. Son écriture est pertinente, ses compositions, à quelques exceptions prêt, de qualité. Celui de ses acteurs, tous très bons et auquel il est malvenu de reprocher quoi que ce soit.

Aqualung, fut-il bon, est un palier supplémentaire dans l’ascension prog du Tull. Le dernier, celui qui mène au nirvana, et qui réunit tout ce que le groupe a brillamment semé dans sa progression artistique. D’accessible ici, la musique du Tull de This As A Brick évolue vers une complexification que je trouve beaucoup plus passionnante encore et de  laquelle Ian Anderson sort définitivement consacré au rang de génie. Là est le véritable exploit ; là est le vrai chef d’œuvre. Néanmoins, c’est du grand Tull et je peux concevoir que la majorité de son kop puisse bander pour Aqualung  et ses belles mélodies portées par la flûte experte d’Anderson.

Dans les faits, les chansons d’Aqualung nourrissant le débat concept/pas concept, sont bien distinctes les unes des autres ; beaucoup d’entre elles sont essentiellement acoustiques comme Cheap Day Return, Slipstream, Wond’ring Aloud (des douceurs d’inspiration folk) et Up To Me ainsi que Mother Goose (plus baroques et très originaux).

Aqualung est une belle réussite et on sera tant séduit par son hard rock avec les riffs de guitare très énergiques sur My God, Hymn 43, riffs assassins sur Locomotive Breath et Cross-Eyed-Mary, sur Wind-Up que par ses côtés blues et  folk song anglais.

Les textes s’élèvent contre la « christianisation du rock », le côté « contre l’église » est virulent quoi que les écrits soient « pro-dieu » : My God, Hymn 43. Et puis il y a Song For Jeffrey qui semble correspondre à l’arrivée dans le groupe de Jeffrey Hammond-Hammond comme bassiste.

La première face du vinyle de l’époque, intitulée Aqualung, l’autre étant My God, est celle que je préfère. Deux faces, deux chansons. Concept-album, pas concept-album ? Le prochain LP ne souffrira d’aucune contestation : Thick As A Brick mettra tout le monde d’accord. En attendant, Aqualung est, bien évidemment à posséder, même si je n’en ai pas un souvenir aussi vivace que son suivant ; là est le chef d’oeuvre (RAZOR©).

 

Face 1: Aqualung

1. Aqualung.

2. Cross-Eyed Mary.

3. Cheap Day Return.

4. Mother Goose.

5. Wond'ring Aloud.

6. Up To Me.

 

Face 2: My God

7. My God.

8. Hymn 43.

9. Slipstream.

10. Locomotive Breath.

11. Wind Up.

 

Ian Anderson:chant,guitare acoustique,flûte.

Martin Barre:guitare électrique.

John Evan:piano,orgue,mellotron.

Jeffrey Hammond-Hammond:guitare basse,chant.

Clive Bunker:batterie,percussions.

LP Studio 5 - 1972

 

Jethro tull thick as a brick 1

 

JETHRO TULL

THICK AS A BRICK – 1972  5/5

 

Publié en mars 1972 (U.K),en mai 1972 (U.S.A).

Produit par Ian Anderson.

Durée:43:50.

Label:Island (U.K),Capitol (U.S.A).

Genre:art rock,rock progressif,folk progressif,folk rock,folk.

 

Le chef d’œuvre est là !

 

Aqualung soulève un débat entre Ian Anderson et la presse musicale : le dernier disque de Jethro Tull est-il un album-concept ou pas ? La critique dit que oui, Ian Anderson soutient que non et s’en irrite fortement. De quoi provoquer une réaction épidermique du divin flûtiste et seul maître à bord, qui décide d’écrire et d’enregistrer ce qu’il considère, lui, comme un véritable album-concept. Vous voulez du concept disque ? J’vais vous en donner pour votre argent… tel est le sentiment qui anime le leader du Tull, que la presse n’a pas souvent eu à la bonne.

Quoi qu’il en soit, la réponse est cinglante, railleuse, provocatrice. Elle s’appelle Thick A s A Brick (en écoute intégrale ici), que l’on pourrait traduire par bête comme ses pieds. Anderson remet l’église au milieu du village et pond une merveille de chef d’œuvre, articulé autour de deux pièces épiques et musicalement riches d’une grosse vingtaine de minutes uniquement. 2 faces, deux morceaux amusants et variés construits en tiroirs. Pour le coup en termes de concept-LP, ça démarre fort et ça ne prête à aucune contestation possible.

Les textes ? Une histoire tramée autour d’un poème écrit par Gerald Bostock, 8 ans, et primé avant d’être destitué de son prix. Un visuel sous forme d’une fausse une d’un journal virtuel, The St. Cleve Chronicle & Liwell Advertiser, se dépliant comme un vrai périodique et réfèrant au détail de l’affaire Bostock, ainsi qu’aux paroles de l’album, disséminées dans les divers articles de la page. Anderson va plus loin que l’album-concept traditionnel, c’est un package intelligemment ciselé et subtilement maîtrisé qu’il claque à la tête de ses détracteurs.

La musique ? Une pierre angulaire du rock progressif. Le must, le chef d’œuvre que Benefit et Aqualung ont, chacun à leur manière, contribué à façonner. Phénomène d’équilibre entre une musique complexifiée par rapport à son devancier, originale, sophistiquée par ses arrangements, tissée autour de mouvements agréables, de mélodies ciselées et d’airs abordables, Thick As A Brick, est l’aboutissement artistique de Jethro Tull et, ipso facto puisqu’il en est le seul maître à penser, celui d’Ian Anderson.

Tout a été dit sur ce disque pharamineux, cohérent, abouti, audacieux, étonnant dans sa production, massivement reconnu outre-Atlantique, plus qu’en son pays d’ailleurs. C’est certainement le paradoxe de Jethro Tull que d’être spontanément plébiscité, atteignant directement la première place des classements U.S dès sa publication, alors que Thick As A Brick est l’endroit où Anderson complexifie son art.

La flûte d’Anderson tourbillonne comme jamais, la guitare électrique de Martin Barre est stupéfiante, acoustique elle est également de très haute volée, les phases orchestrales se fondent merveilleusement dans l’ensemble ; bref, c’est mélodieux, maîtrisé, virtuose sans jamais ennuyer un seul instant. En d’autres termes, ce n’est que du plaisir (RAZOR©).

1. Thick As A Brick (Part 1).

2. Thick As A Brick (Part 2).

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,violon,saxophone,mandoline,trompette

Martin Barre:guitare électrique.

Barriemore Barlow:batterie,percussions,timbales.

John Evan:piano,orgue Hammond.

Jeffrey Hammond-Hammond:basse.

LP Studio 6 - 1973

 

Jethro tull a passion play

 

JETHRO TULL

A PASSION PLAY – 1973  3/5

 

Publié en juillet 1973.

Produit par Ian Anderson.

Durée:48:13.

Label:Chrysalis.

Genre:rock progressif.

 

Top ou flop ?

 

L’album qui divise les fans, c’est lui : A Passion Play (en écoute intégrale ici), sorti début juillet 1973 au Royaume-Uni, à la fin du même mois pour ce qui concerne les Etats-Unis. Certains y voient un palier supplémentaire franchi par Jethro Tull après avoir fraîchement accouché du génial Thick As A Brick, tandis qu’inversement, il laisse perplexe une base conséquente de fans.

Côté presse spécialisée, Ian Anderson continue à être passé à la moulinette, cette dernière lui faisant vraisemblablement payer son côté un peu provoc’ et fanfaron d’avoir allumé la critique, d’avoir fait savoir un peu haut et fort ce qu’était un album-concept dans son esprit ; Thick As A brick était, souvenons-nous en, sa réponse au débat concept/pas concept né d’Aqualung. Partant de là, les journalistes musicaux, rabaissés au rang de branques, ne lui pardonnent pas la moindre sortie de route. Et A Passion Play est un léger faux pas dans lequel les scribouillards des magazines s’engouffrent. Parfois avec excès.

A Passion Play reproduit l’idée du concept-disque et renoue avec la structure de Thick As A Brick : deux faces, deux titres. A force d’être trop ambitieux et de chercher à mettre la barre trop haute, Anderson en perd un peu son latin ; à trop complexifier, alors que l’équilibre en ce sens était parfois sur Thick As A Brick, il se prend les pieds dans le tapis et en devient plus obscur et tortueux.

Personnellement, je n’ai jamais réussi à percer la carapace de ce disque, à saisir la démarche créative du moment et j’ai même renoncé assez vite à le faire, d’où un endroit où je suis rarement revenu depuis sa publication. Je n’ai jamais été copain comme cochon avec cet opus qui n’accroche pas. C’est comme ça, d’autant que je n’ai jamais été un fervent supporter du genre et du groupe de l’après Thick As A Brick, exception faite de Minstrel In The Gallery et de celui qui reste mon préféré, Songs Of The Wood.

Est-ce le fait d’avoir été écrit et enregistré dans l’urgence, avant le départ pour la tournée américaine de 1973, qui engendre ce sentiment de déception ? Est-ce l’euphorie née de la réussite exceptionnelle de Thick As A Brick qui génère cette sensation de prétention ?

A Passion Play, s’il atteint la première place des charts américains, ne laisse pas un souvenir impérissable auprès de nombreux aficionados et ce n’est pas un hasard s’il figure modestement sur les tablettes du groupe. Placé dans le sillage de deux monstres sacrés comme Aqualung et Thick As A brick, on mesure mieux la difficulté de la tâche d’Anderson et la pression qu’il s’est mise sur le râble.

A Passion Play est le moins abordable du catalogue du Tull. Il se présente en un morceau d’un seul et même bloc (doté de textes très allégoriques) alors que Thick As A Brick est une suite de thèmes, certes sans rapport les uns avec les autres, mais intelligemment agencés. Musicalement parlant, il souffre de la comparaison avec Thick As A Brick. Les bonnes vieilles mélodies accrocheuses font défaut et Ian Anderson n’a pas fait preuve d’une grande fertilité sur ce projet réduit à une comédie en 4 actes sur le thème de la vie et de la mort, thème qui, au regard du potentiel de Jethro Tull aurait dû être traité dans une autre dimension. Ici on reste sur sa faim et rapidement. Dommage, mais il y a désormais de quoi s’interroger son avenir. N’a-t-il pas déjà atteint son plus haut niveau ? Il faut s’y résoudre. That’s Life ! (RAZOR©)

 

Face 1

1. A Passion Play (Part 1).

 

Face 2

2. A Passion Play (Part 2).

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,saxophone soprano et sopranino.

Martin Barre:guitare électrique.

Barriemore Barlow:percussions,tympanon,cloches,marimba.

John Evan:piano,orgue,synthétiseur,parlé.

Jeffrey Hammond:basse,chant.

LP Studio 7 - 1974

 

Jethro tull war child

 

JETHRO TULL

WAR CHILD – 1974  2,5/5

 

Publié le 14 octobre 1974.

Produit par Ian Anderson,Terry Ellis.

Durée:39:11.

Label:Island (U.K),Chrysalis (U.S.A).

Genre:rock progressif.

 

Plat, monotone, peu inspiré…

 

Aux premières incursions dans l’univers de War Child (en écoute intégrale ici), deux choses viennent immédiatement à l’esprit. Un, les effets spéciaux (bombes qui sifflent, rafales de fusils mitrailleurs, éclats d’obus) reflètent bien le titre, on sait où l’on met les pieds. En soi, cette mise en bouche est déjà une surprise avec le retour à des chansons plus courtes.

Deux, et c’est là le plus étonnant mais pas le plus avantageux pour Jethro Tull, l’album a un putain de son, plus rock, âpre et noyé dans un excédent orchestral  inhabituel et invitant à se poser la question de savoir si on est bien en présence d’un disque de Jethro Tull. Il laisse une impression tellement désagréable que la poursuite de l’écoute en devient un véritable calvaire.

Un an et demi après le décevant A Passion Play, c’est bis repetita pour la bande à Anderson, parfois à la limite du cacophonique dans ses phases rock. Les intermèdes acoustiques (Ladies, Skating Away on the Thin Ice of the New Day, Only Solitaire), encore très délicats, en deviennent des instants de bonheur tant le rock proposé est violent, peu inspiré, monotone et d’une grande platitude. Ils sont rares et font que l’auditeur ne se fasse pas la malle avant la fin de l’album.

Le niveau de War Child ne sert pas la renommée de Jethro Tull, pourtant deuxième aux States avec ce disque, et les adeptes de tout ce qui précède jusqu’à A Passion Play doivent se les bouffer d’entendre la pauvreté de ce qui y est proposé. Au manque d’inspiration et d’audace, le peu d’ambition de son changement de style répond en écho : la copie est à la limite du pitoyable.

War Child n’a rien comme argument pour me retenir plus longtemps à ses côtés. Je comprends pourquoi il n’est jamais retenu dans la discographie basique du Tull. Déçu. Terriblement déçu. Et dire qu’initialement War Child était prévu pour être un double. Il me semble bien que l’on a échappé au pire (RAZOR©).

 

1. War Child.

2. Queen and Country.

3. Ladies.

4. Back-Door Angels.

5. Sealion.

6. Skating Away on the Thin Ice of the New Day.

7. Bungle in the Jungle.

8. Only Solitaire.

9. The Third Hoorah.

10. Two Fingers.

 

Jeffrey Hammond-Hammond:basse.

Barriemore Barlow:batterie,marimba,percussions.

Martin Barre:guitare électrique,guitare espagnole.        

John Evan:orgue,piano,synthétiseur,accordéon.

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,saxophone soprano et alto.

LP Studio 8 - 1975

 

Jethro tull minstrel in the gallery

 

JETHRO TULL

MINSTREL IN THE GALLERY – 1975  5/5


Publié le 5 septembre 1975.

Produit par Ian Anderson.

Durée:44:50.

Label:Island (U.K),Chrysalis/Capitol (U.S.A)

Genre:rock progressif,hard rock,folk rock.

 

L’autre chef d’oeuvre du Tull.

 

Le folk progressif de Ministrel In The Gallery (en écoute intégrale ici) s’apparente à de la haute couture ; il se démarque et de quelle manière, de ce que le Tull nous a produits précédemment et à deux reprises : du Tati, autrement dit du produit à basse valeur marchande et un peu foutoir.

L’originalité et l’inspiration reprennent leur droit ici, faisant du neuvième LP de Jethro Tull une des pièces maîtresses de son catalogue. Au regard de ce que véhicule Minstrel In The Gallery, il est patent qu’Ian Anderson n’a pas encore brûlé toutes ses cartouches et qu’après les tristounets A Passion Play et War Child, il pousse tous les potentiomètres au taquet pour le démontrer.

Jethro Tull sort Minstrel InThe Gallery en 1975 et Anderson, son songwriter en chef s’y montre très inspiré et très brillant. La voix de son Maître, la finesse et la précision de lignes acoustiques dignes de l’horlogerie franc-comtoise (la deuxième face surtout), ses mélodies folk subtilement imaginées, ses arrangements intelligents et bien sentis, les soli absolument époustouflants de Martin Barre, une rythmique qui renverse la table, et une écriture plus lyrique et intimiste qu’elle ne l’a été jusqu’alors, sont les ingrédients qui installent Minstrel In The Gallery sur le dessus de l’étagère avec les Aqualung, Thick As A Brick et Songs From The Wood.

Comme l’énergie ici déployée est communicative, que l’originalité s’invite à nouveau, il réunit tous les arguments pour que le néophyte en matière de Jethro Tull vienne s’y poser pour faire connaissance. Minstrel In The Gallery est une excellente porte d’entrée pour qui ne connaît pas et un passage obligé pour qui doute qu’Anderson puisse encore avoir la main chaude. Il n’est pas encore à court d’idées et le Tull a encore son mot à dire dans le contexte concurrentiel progressif du moment. Minstrel In The Gallery se pose donc comme un incontournable du catalogue.

Côté titres, celui éponyme, véritable tour de force, donne le ton avec son entrée folk, puis sa phase plus agressive, Cold Wind To Valhalla, plus théâtral et mélodique enchaîne avant un Black Satin Dancer, dont la mélodie est l’une des plus belles jamais écrite par le ménestrel unijambiste. Le posé et aéré Requiem n’est pas sans rappeler ce que Jethro Tull nous propose déjà sur Aqualung dont Ministrel In The Gallery est finalement assez proche.

One White Duck/Nothing At All est d’une grande beauté acoustique, sombre et touchant. Arrive l’ambitieux et très bon Baker Street Muse et ses quasi 17 minutes, dernière chanson épique écrite par le groupe.

Durant tout le cheminement de l’album, Minstrel In The Gallery alterne entre acoustique et électrique, balance entre douceur et puissance ; c’est une réussite absolue, quoi que le terme de chef d’œuvre à son endroit ne soit pas usurpé (RAZOR©).

 

1. Minstrel in the Gallery.

2. Cold Wind to Valhalla.

3. Black Satin Dancer.

4. Requiem.

5. One White Duck /Nothing at All.

6. Baker St. Muse (Pig-Me and the Whore / Nice Little Tune / Crash-Barrier Waltzer / Mother England Reverie).

7. Grace.

 

Ian Anderson:chant,guitare acoustique,flûte.

Barriemore Barlow:batterie,percussions.

Martin Barre:guitares électriques.

John Evan:claviers.

Jeffrey Hammond-Hammond:basse.

LP Studio 9 - 1976

 

Jethro tull too old 1

 

JETHRO TULL

TOO OLD TO ROCK & ROLL, TOO YOUNG TO DIE ! – 1976  2/5

 

Publié le 23 avril 1976.

Produit par Ian Anderson.

Durée:42:26.

Label:Island (U.K),Chrysalis/Capitol (U.S.A)

Genre:pop rock,rock progressif,hard rock.

 

Pétard mouillé.

 

Too Old To Rock & Roll Too Young To Die (en écoute intégrale ici) a contre lui de ne pas être, et de loin, le meilleur LP de Jethro Tull et de faire suite à un phénoménal Minstrel In The Gallery. Partant de là, il soufre de la comparaison immanquable qui s’installe dès sa publication et de laquelle il découle que le Tull décroche une nouvelle fois, comme ce fut le cas après Thick As A Brick avec A Passion Play et War Child.

Je n’aime pas cet album paru en 1976 au motif qu’il m’ennuie profondément malgré ses morceaux plus courts, et quelques endroits où se poser comme Crazed Institution, Pied Piper ou Taxi Grab.

L’histoire d’un vieux rocker has been sortant d’un coma prolongé pour découvrir que le rock de ses amours est à nouveau dans le coup, sert de trame à ce neuvième LP du catalogue. Le parallèle avec Ian Anderson, en permanence dans le collimateur de la presse spécialisée, est tout trouvé. Le concept-album en question est la riposte cinglante à la critique de son leader, auquel il a été reproché le passage à vide d’A Passion Play et qui réagit en recyclant, pour ce nouveau LP, des titres du disque incriminé, réorchestrés et retravaillés autour d’une écriture plus cynique encore.

Premier travail de studio auquel prend part le bassiste John Glascock, sa pochette arbore un Ian Anderson se permettant le luxe d’un bras d’honneur. Au punk ambiant, dit-on. Au public, dis-je, car ce qu’il sort est indigne d’un artiste et d’un groupe aussi légendaires. Dans ces cas-là, on fait profil bas et on se fait petit, petit (RAZOR©).

 

1. Quizz Kid.

2. Crazed Institution.

3. Salamander.

4. Taxi Grab.

5. From a Dead Beat to an Old Greaser.

6. Bad-Eyed 'n' Loveless.

7. Big Dipper.

8. Too Old to Rock and Roll, Too Young to Die.

9. Pied Piper.

10. The Chequered Flag (Dead or Alive).

 

Ian Anderson:chant,guitare acoustique,flûte,harmonica.

Barriemore Barlow:batterie,percussions.

Martin Barre:guitare électrique.

John Evan:piano.

John Glascock:basse,chant.

LP Studio 10 - 1977

 

Jethro tull songs from the wood

 

JETHRO TULL

SONGS FROM THE WOOD – 1977  5/5

 

Publié le 11 février 1977.    

Produit par Ian Anderson.

Durée:41:22.

Label:Chrysalis.

Genre:folk-rock,rock progressif,folk progressif.

 

Chef d’oeuvre folklorique intemporel.

 

La deuxième partie des années 70, celle qui s’engage après le médiocre Too Old To Rock & Roll, Too Young To Die (1976), est d’obédience folk-rock, folk progressive, terrain sur lequel le Tull me sensibilise le plus ; Songs From The Wood (en écoute intégrale ici), sorti en 1977, alors que le mouvement punk bat son plein, est le premier album de la tierce discographique qui va boucler la décennie, Heavy Horses et Stormwatch étant les deux autres.

Songs From The Wood trône dans mon top 3 avec Thick As A Brick et Minstrel In The Gallery. N° 8 chez les Yankees, il rassure sur la propension d’Ian Anderson à pouvoir encore créer du lourd. Après le bide précédent pour lequel la critique n’a pas été tendre, réglant pour la énième fois de vieux comptes avec l’écossais, ce dernier apporte la plus convaincante des ripostes.

En prenant une voie plus traditionnaliste, en revenant aux racines de l’acoustique et du folk britannique, et en empruntant aux origines celtes, Jethro Tull fait taire les détracteurs et ceux qui se sont mis en tête de casser de l’Anderson, parfois un peu trop prétentieux et provocateur.

L’enregistrement de ce dixième LP se fait sans Jeffrey Hammond et avec John Glascock, arrivé sur l’album précédent. Dave Palmer, jusque là auteur des arrangements de cordes, rejoint officiellement le Tull et soutient Evan aux claviers. Un gros travail est d’ailleurs réalisé au niveau des arrangements qui confère à cette gemme vinylique une aura particulière.

Le Jethro Tull de Songs From The Wood évolue sur une autre planète ; le line-up de ce disque est une tuerie et il se dégage de cet univers une énergie et une fraîcheur communicatives, de la bonne humeur, du charme et de la sérénité. C’est le chef d’œuvre de fin de décennie, l’ultime, celui qui nous oblige à admettre que son leader est un génie pour avoir répété ce genre d’exploits discographiques à de multiples reprises.

Songs From The Wood est le type d’albums qui tient en haleine en permanence. Nous sommes loin du Tull qui tourne en rond sur Too Old To Rock & Roll. C’est un véritable bonheur de les retrouver à ce niveau.

Flûte, guitare acoustique, chants folkloriques, effets spéciaux, chœurs de chasseurs, instruments originaux (cloches, mandolines, xylophone), ambiance champêtre, médiévale et celte, Songs From The Wood est un album riche, homogène, tantôt léger (Cup Of Wonder, Ring Out The Solstice Bells), tantôt grave (Jack In The Green), enjoué (The Whistler) ou envoûtant comme Pibroch et ses 8 minutes, épique (Velvet Green) ou terrifiant comme Hunting Girl où la guitare de Barre se montre redoutable. Exceptionnel et donc indispensable. Non, la créativité d’Anderson n’est pas en berne ; pas ici en tous cas, pas encore et la suite, avec Heavy Horses, n’est pas vilaine non plus  (RAZOR©).

 

1. Songs from the Wood

2. Jack-in-the-Green

3. Cup of Wonder

4. Hunting Girl

5. Ring Out, Solstice Bells

6. Velvet Green

7. The Whistler

8. Pibroch

9. Fire at Midnight

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,mandoline,symbales,sifflet.

Martin Barre:guitare électrique,luth.

John Evan:piano,orgue,synthétiseurs.

Barriemore Barlow:batterie,marimba,cloches.

John Glascock:basse,chant.

David Palmer:piano,synthétiseurs,orgue portative.

LP Studio 11 - 1978

 

Jethro tull heavy horses

 

JETHRO TULL

HEAVY HORSES – 1978  4/5

 

Publié le 10 avril 1978.

Produit par Ian Anderson.

Durée:43:05.

Label:Chrysalis.

Genre:folk rock,folk progressif,rock progressif.

 

Songs From The Wood le Retour ?

 

Selon ce que vous recherchez dans le Tull, vous apprécierez encore beaucoup ce numéro 11 du catalogue, Heavy Horses (en écoute intégrale ici), deuxième du volet folk-rock engagé par l’exceptionnel Songs Of The Wood, l’année précédente. C’est mon cas, je me trouve en effet beaucoup d’affinités avec un folk qu’il pratique à merveille et dont il est, à l’image de la scène anglaise des Steeleye Span, des Trees, Fairport Convention, un des plus habiles contributeurs.

Les adeptes de ballades folk et de parties progressives, de subtils arrangements orchestraux, de belles mélodies comme ce fut le cas sur le précédent chef d’œuvre, seront de l’avant dernier rendez-vous d’une décennie plutôt fertile pour Jethro Tull, avant la traversée du désert des 80’s.

Heavy Horses s’inscrit dans la même veine musicale que celui auquel il succède. Pas avec la même réussite cependant, mais il s’en faut de peu que ce second disque pastoral de rang, né du retrait d’Anderson dans la campagne britannique, ne décroche également le pompon.

Disque jumeau de Heavy Horses, inversez l’ordre de parution avec son prédécesseur et, effet de surprise aidant, c’est lui qui emporte le jackpot. Car de Songs From The Wood, il a beaucoup de points communs : les acteurs, la structure du disque, la même orientation musicale… de là à en faire une copie resucée du précédent…

S’il est moins rock, il en conserve pour autant une belle efficacité à l’image de And The Mouse Police Never Sleeps et de Acres Wild, les deux premiers titres. Les passages rock sont d’excellente facture (No Lullaby) et Ian Anderson (très présent au chant et à la guitare acoustique) aborde des thèmes propres à l’évolution du monde.

L’album renoue aussi avec les ballades bucoliques comme la douce-amère Moths. Rover, One Brown Mouse, le titre éponyme, Weathercock font de Heavy Horses la deuxième pièce convaincante de la trilogie folk. Plus noir que Songs From The Wood, Heavy Horses tient encore le haut du pavé (RAZOR©).

 

1. … And the Mouse Police Never Sleeps.

2. Acres Wild.

3. No Lullaby.

4. Moths.

5. Journeyman.

6. Rover

7. One Brown Mouse.

8. Heavy Horses.

9. Weathercock.

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitares,mandoline.

Martin Barre:guitare électrique.

John Evan:piano,orgue.

Barriemore Barlow:batterie,percussions.

John Glascock:basse.

David Palmer:orgue portative,claviers,arrangements orchestraux.

Darryl Way:violon sur 2/8.

LP Studio 12 - 1979

 

Jethro tull stormwatch

 

JETHRO TULL

STORMWATCH – 1979  3/5

 

Publié le 14 septembre 1979.

Produit par Ian Anderson,Robin Black.

Durée:45:42.

Label:Chrysalis.

Genre:folk rock,rock progressif,hard rock.

 

Final en queue de poisson.

 

Album en demi-teinte où les pièces potables se comptent sur les doigts d’une seule main, Stormwatch (en écoute intégrale ici) tire derrière lui le rideau de la décennie, celle en 7, qui a vu son auteur, Jethro Tull, passer par tous les états. En fait, compte tenu qu’il est le concepteur en chef et que c’est lui qui a embarqué son monde sur la voie progressive, c’est à Ian Anderson de porter le chapeau des échecs plutôt que d’y associer le collectif ; on lui accordera aussi en retour le génie dont il a fait montre pour alimenter le rock en œuvres mythiques : Aqualung et Thick As A Brick, les plus notoires ; Minstrel In The Gallery, Songs From The Wood, moins connues mais tout aussi brillantes.

Stromwatch est le troisième pan de la phase folk initiée deux ans plus tôt par Songs From The Wood. Il ne fait pas l’unanimité autour de son nom et sent même le sapin. Jethro Tull a vécu. Moins inspiré, après 10 ans au sommet, le groupe se liquéfie aussi vite que sa musique, devenue terriblement chiante ici.

Jethro Tull et son line-up classique sont de ce dernier jet, mais dans le sillage de Stormwatch, trois des six membres (Evan, Palmer et Barlow) quittent le navire. Il perd par ailleurs John Glascock son bassiste, mort pendant les sessions d’enregistrement de ce qui est le 12ème LP studio du catalogue.

Ce disque n’a rien d’exceptionnel dans sa première moitié, North Sea Oil, même s’il est efficace, est classique, sans plus.  Orion, Home et Elegy (face B) sont mièvres. Seuls sortent la tête de l’eau l’épique Dark Ages, l’instrumental Warm Sporran, Old Ghosts, la ballade Dun Ringill (pour moi le meilleur titre de l’album), le progressif The Flying Dutchman, ou le rock rythmé qu’est Something’s On The Move. Et encore, parce qu’il faut faire un choix…

En gros, ça s’écoute. C’est ce que l’on dit généralement pour ne pas dire que c’est limite. Stormwatch est placé sous le thème de l’environnement, du fric et  de l’or noir. Le résultat manque cruellement d’inspiration. Les meilleures choses ont une fin : rideau ! Et ne retenons que le meilleur car  le Tull, c’était vraiment quelque chose (RAZOR©).

 

1. North Sea Oil.

2. Orion.

3. Home.

4. Dark Ages.

5. Warm Sporran.

6. Something's on the Move.

7. Old Ghosts.

8. Dun Ringill.

9. Flying Dutchman.

10. Elegy.

 

Ian Anderson:chant,flûte,guitare acoustique,basse sauf 2/9/10.

Martin Barre:guitare électrique,mandoline,guitare classique.

Barriemore Barlow:batterie,percussions.

John Evan:piano,orgue.

David Palmer:synthétiseurs,orgue portative,arrangements orchestraux.

John Glascock:basse sur 2/9/10.

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