King Crimson.

BIOGRAPHIE.

 

KING CRIMSON/Londres (Angleterre)

 

King crimson 1969

 

Actif entre 1968 et 1974,1981 et 1984,1994 et 2009,depuis 2013.

Label:Island,Atlantic,Polydor,EG,Virgin,Warner Bros,Caroline,DGM.

Genre:rock progressif,art rock,jazz-rock,rock expérimental,metal progressif,rock psychédélique.

Site officiel:dgmlive.com

 

King Crimson, chef de meute de la scène progressive.

Fondé en 1968, King Crimson peut être considéré comme le loup Alpha dans les pas duquel la meute progressive britannique a déferlé sur le rock. Grâce à son élément dominant, au guide créatif intransigeant qu'est Robert Fripp, guitariste extraordinaire et génial improvisateur, le groupe londonien a exploré des champs musicaux et tutoyé des sommets artistiques que peu de concurrents ont été en mesure d'atteindre : In The Court Of The Crimson King, album fondateur du rock progressif, Lark's Tongues In Aspic et Red.

Membre permanent d'une formation complexe, aussi prompte à disparaître en un claquement de doigts qu'à ressortir de sa tanière avec soudaineté et revenir sans prévenir sur le devant de la scène, Robert Fripp ne s'est pourtant jamais revendiqué du mouvement progressif qu'il a instillé. A l'image de son leader permanent, King Crimson, plus que jamais actif en 2016, est une des grandes anomalies du rock.

Grâce aux Giles Brothers.

L'origine de l'histoire de King Crimson est londonienne mais elle prend sa source dès août 67 quand Robert Fripp accède à la proposition des frères Giles (Mike et Peter), alors en quête d'un organiste-chanteur, de rejoindre leur nouveau projet. Fripp est guitariste et ne chante pas, mais il est pris et le trio forme Giles Giles And Fripp, auteur d'un LP, The Cheerful Insanity Of Giles Giles And Fripp (avril 1968/Deram).

Fin 68, le multiinstrumentiste Ian McDonald (saxophone, clarinette, flûte, vibraphone, guitare, claviers...) et Judy Dyble, en rupture de Fairport Convention mais pour une courte pige, intègrent un groupe que Peter Giles quitte alors. Michael Giles, McDonald et Fripp, rejoints par le bassiste Greg Lake (futur Emerson Lake & Palmer) installent la base de ce qui est le line-up d'origine de King Crimson. Celui-ci ouvre la première des 4 périodes de King Crimson. Malgré les rotations permanentes de personnel, cette phase initiale va se prolonger jusqu'en 1974.

Peter John Sinfield, poète et auteur-compositeur anglais, y est associé, devenant le parolier des premières incarnations de King Crimson ; il est l'auteur de l'écriture fantasmagorique posée sur la musique des londoniens, qui a fait leur marque de fabrique et notamment de The Court Of The Crimson King, donnant son nom au groupe. Parallèlement, Sinfield s'occupe de l'éclairage mis en place pour les concerts.

King crimson scene

King crimson 69 2

King crimson now

King crimson fripp 1

King crimson in the courtKing Crimson Digest.

Début 1969, au tour de King Crimson.

Celui donné le 13 janvier 1969 dans les sous-sols du Palace Cafe de Fulham (Londres) marque les débuts scéniques de cette mouture de King Crimson. Son officialisation tombe 3 mois plus tard, début avril 1969, 3 mois au cours desquels le groupe peaufine son jeu au Speakeasy de Londres.

Cette version originelle de King Crimson fait rapidement parler d'elle, aussi décroche-t-elle, dans un même élan, une participation à Top Gear (rien à voir avec la série actuelle), l'émission musicale de la BBC One présentée par John Peel ainsi qu'un concert hebdomadaire au Marquee, la place en vogue de la capitale anglaise. Outre la popularité qu'elle se forge auprès du public, elle s'attire aussi l'attention d'un auditoire prestigieux au sein de la profession parmi lesquels Hendrix et Townshend. Cerise sur le gateau, King Crimson tape dans l'oeil de plusieurs labels, mais c'est finalement Island Records qui enlève le morceau et le signe. Un bonheur n'arrivant jamais seul, dans la foulée, il prend part le 5 juillet 1969 au mythique concert de Hyde Park (250.000 personnes) dont les groupes stars sont les Stones et Family.

Programmé en première partie, le King Crimson naissant fait preuve déjà d'une autorité exceptionnelle, d'un rare contrôle ; le parterre venu pour voir les Rolling Stones de l'après Brian Jones (c'est la première de Mick Taylor) découvre alors un quatuor (5 avec Sinfield) audacieux et original ne ressemblant à aucune autre formation, sonnant comme personne avant. La critique s'enflamme pour des titres comme Epitaph, une des pièces maîtresses de l'album In The Court Of The Crimson King envoyée au casse-pipes pour voir.

Le séminal In The Court Of Crimson King.

Le séminal In The Court Of The Crimson King ouvre le catalogue de la bande à Fripp. Enregistré entre juin et août 1969, il est publié en octobre de cette même année. Mix de rock progressif, de jazz, de classique et de musique contemporaine et expérimentale, l'album prend une 5ème place sur ses terres, une 28ème de l'autre côté de l'Atlantique où son succès l'amène à assurer une tournée dont la ville de Boston a la primeur (29 octobre 69).

Sollicité de toutes parts (Festival pop de Palm Beach, Fillmore East à New York, Fillmore West à San Francisco), le groupe est vite sur les rotules. Plus particulièrement Ian McDonald qui, vidé par cette vie exigeante, jette l'éponge avant que la tournée ne soit finie. Début décembre, il quitte King Crimson, imité en cela par Giles et Lake. Ceux-ci aident malgré tout Fripp à sortir le deuxième LP (In The Wake Of Poseidon/mai 70) d'un King Crimson touché, mais pas coulé. Greg Lake démarre alors l'aventure avec Emerson Lake & Palmer, alors que Fripp a des propositions pour rejoindre Yes en remplacement de Peter Banks. Il décline l'offre et continue avec Sinfield.

Le tandem de l'écriture signe l'intégralité de l'excellent In The Wake Of Poseidon, sorte de In The Court Of bis et montent un King Crimson de transition pour les enregistrements en ratissant dans l'entourage du pianiste de jazz Keith Tippett, par ailleurs le Monsieur Julie Driscoll à la ville.

Les membres démissionnaires d'hier sont là à des degrés moindres, Lake ne s'impliquant qu'au chant ; Michael Giles convainc même son frère Peter de se joindre aux sessions, auxquelles prennent part également le saxophoniste et flûtiste Mel Collins et, plus ponctuellement, le chanteur Gordon Haskell.

King crimson fripp 3

« A un moment tout est devenu complètement fou, mais vous ne pouvez pas dire aux gens avec lesquels vous travaillez, les musiciens, l'encadrement, la maison de disques et tout le reste, que le succès commercial énorme que vous connaissez vous pompe, que c'est subitement dingue. Donc, je suis parti et quand un beau jour, j'ai resurgi, je n'avais pas dans l'idée, ni l'envie de repiquer au truc. » (Robert Fripp)

Miné par les changements de personnel.

Collins, Haskell et Tippett entourent encore Fripp et Sinfield sur l'album atypique qu'est Lizard, sorti en fin d'année 70. King Crimson, auquel le chanteur de Yes, Jon Anderson vient prêter sa voix (Prince Rupert Awakes), s'est par ailleurs étoffé avec les arrivées du batteur Andy McCulloch et d'une section de cuivres (Nick Evans, Mark Charig, Robin Miller).

A l'appel de Islands (décembre 1971), numéro 4 de la discographie studio, Gordon Haskell et Andy McCulloch ne sont plus King Crimson. A leur place, Boz Burrell et Ian Wallac. Entre Fripp et Sinfield, le torchon brûle ; l'album se fait à l'arrache. Le verdict est sans appel, le chaotique Islands dérange, même s'il passionne encore. Il sent néanmoins la fin de cycle. Mis en minorité, Frip doit se résoudre à dissoudre cette mouture pour mieux rebondir.

Fin 1972, King Crimson est réactivé autour d'une nouvelle organisation comprenant le bassiste John Wetton, ancien Mogul Trash et Family, futur Roxy Music, Uriah heep, Wishbone Ash et Asia, mais aussi Bill Bruford, batteur en ruptude de Yes, le percusionniste Jamie Muir, David Cross pour assurer les parties de violon et d'alto, ainsi que celles de mellotron et de piano électrique. Le dernier contributeur est Richard Palmer-James, ancien guitariste de Supertramp ; il reprend le rôle de parolier dévolu à Sinfield.

Fripp, depuis en plus influent.

Tout ce joli monde se retrouve autour du sublime Lark's Tongues In Aspic (mars 1973) avec sa puissante chanson-titre construite en deux parties ; ce disque, beaucoup diront chef d'oeuvre, ouvre une nouvelle voie pour King Crimson. L'empreinte du génie de Fripp pèse plus que jamais sur la musique du groupe.

S'ensuit l'audacieux et costaud Starless And Bible Black (Mars 1974), sixième opus studio, structuré avec des enregistrements en direct et des originaux en studio. Réalisé sans Muir, le groupe passe en quatuor. L'album est un de ceux qui divise le plus les fans de King Crimson. Certains y voient un chef d'oeuvre, un travail d'orfèvre, l'apogée du groupe, quand d'autres le jugent trop complexe, trop dérangeant dans sa conception, inégal, et abusivement retouché, voire brouillon...

Et de 8 !

Red (octobre 1974), son suivant, remet les pendules à l'heure et fédère tous les fans autour de lui. Il est le dernier disque studio de King Crimson de la décennie, Fripp mettant un terme au groupe, devenu trio (Cross est parti entre temps), avant même la sortie du volume 7 du catalogue (septembre 74). Non promu pour la raison évoquée, Red termine néanmoins le parcours de King Crimson de la meilleure des manières, malgré une présence (top 30) dans les classements, peu en rapport avec ses scores passés.

King Crimson renaît de ses cendres au début des années 80 avant de rentrer dans le rang en 1984 (deuxième période), puis d'effectuer un retour du début des 90's aux années 2000 avant d'entrer dans une nouvelle hibernation (troisième période). Récemment, en 2013, c'est un Robert Fripp enbourgeoisé, au look lord british, qui ressort de sa tanière pour relancer une fois encore une formation légendaire dont il est le seul membre permanent depuis quasiment 50 ans. C'est la huitième incarnation du groupe. Chapeau bas, Mr Fripp (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

King crimson in the court

 

KING CRIMSON

IN THE COURT OF THE CRIMSON KING – 1969  5/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par King Crimson.

Durée:45:53.

Label:Island.

Genre:rock progressif.

 

Venu tout droit de l'espace.

 

Mettez-vous à la place du blanc bec que j'étais à sa sortie et imaginez la tronche que j’ai tirée quand j’ai eu le 33 tours dans les mains en 1969 et que j’ai découvert ce visuel de facies déformé, toutes narines béantes, de l’homme schizophrène du XXIème siècle (une peinture que l’on doit à Barry Godber décédé peu après) !

C’était il y a 47 ans et cet album apocalyptique m’a marqué, mais pas seulement au regard de sa pochette d'une sublime laideur rose et bleue, mais pour son contenu novateur. Et ça, ce qu'il y avait dedans, sous le moteur, c'était délirant. On a commencé à parler de rock progressif, un genre nouveau naissait.

Le Crimson nous a balancé en pleine gueule cet opus venu de l'espace et devenu une référence de la musique progressive depuis. Toutes générations confondues, In The Court Of The Crimson King (en écoute intégrale ici) est peut-être ce que l’on a fait de mieux dans le genre.

Premier album à révéler un rock situé aux confins du prog, du free jazz et de l'expérimental, il démarre sans sommations par un 21st Century Schizoid Man qui ronfle, souffle, ahane, tempête, décoiffe et arrache tout sur son passage.

Le doux, planant mais entraînant, intimiste et mélancolique I Talk To The Wind (quelle voix ce Greg Lake, quelle flûte suave ce Ian McDonald !) ramène le calme dans la chambrée tandis qu’ Epitath (une merveille de composition), enchaîné à sa suite, file la chair de poule et le gourdin. On appelle ça chef d'oeuvre.

Moonchild à la superbe mélodie, est le plus long titre de l’album et certainement le plus complexe. Il mérite plusieurs écoutes pour l'apprivoiser.

Le trip prend fin avec The Court Of The Crimson King. 5 Titres dont 4 à tiroirs, n’en jetez plus ! C'est du lourd, du never heard before, ça s’appelle King Crimson et ça fait sauter la banque au premier jet. Ils s’appelaient Greg Lake, Robert Fripp, Ian McDonald, Michael Giles et Peter Sinfield et si le line-up n'a pas survécu longtemps à ce succès mythique, il n'en est pas moins rentré dans l'Histoire. Indispensable, incontournable, obligatoire, essentiel, irremplaçable... séminal, quoi (RAZOR©).

 

1. 21st Century Schizoid Man (Inclus Mirrors).

2. I Talk To The Wind.

3. Epitaph (Inclus March For No Reason, Tomorrow And Tomorrow).

4. Moonchild (Inclus The Dream,The Illusion).

5. The Court Of The Crimson King (Inclus The Return Of The Fire Witch,The Dance Of The Puppets).

 

Greg Lake:basse,chant.

Michael Giles:batterie,percussions,choeurs.

Robert Fripp:guitare.

Ian McDonald:flûte,vibraphone,effets spéciaux,claviers,Mellotron,chant.

Peter Sinfield:textes,light-show.

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