Mike Oldfield.

BIOGRAPHIE.

 

MIKE OLDFIELD/Reading (Angleterre)

 

Mike oldfield 2

 

Né Michael Gordon Oldfield, le 15 mai 1953 (Reading).

Actif entre 1968 et aujourd'hui.

Labels:Virgin,Transatlantic,Warner,Mercury.

Genre:rock progressif,rock symphonique,world musique,musique électronique,new age.

Site officiel:www.mikeoldfieldofficial.com

 

Premier artiste Virgin.

Entreprendre de composer une véritable symphonie rock à 17 ans, faut oser et avoir des fers au feu pour mener à terme un projet qui puisse être à la fois cohérent et abouti.

En signant Tubular Bells, en 1973, en guise de premier album solo, Mike Oldfield a relevé le défi et de quelle manière ! En deux ans et dès 1971, il couche sur bande magnétique, avec des moyens limités et morceau après morceau, une démo dont la trame est déjà bien avancée pour être traduite sur acétate.

Hélas aucun éditeur discographique ne montre d'intérêt pour cet artiste audacieux, original et pour sa musique instrumentale. Aucun, sauf le jeune Richard Branson qui, en 1972, vient de lancer son propre label, Virgin Records, et qui, après quelques mois de réflexion, décide de donner sa chance à Mike Oldfield.

Mike oldfield jeuneMike Oldfield, bassiste de Kevin Ayers... 

Mike oldfield bassiste kevin ayers...à 16 ans....

Mike oldfield introPremier artiste Virgin....

Mike oldfield richard branson...un destin commun avec Richard Branson.

Mike oldfield basse enregistrement tbMulti-instrumentiste, Mike signe à 17 ans... 

Mike oldfield tubular bells 73...le fabuleux Tubular Bells (mai 1973)...

Mike oldfield exorcist...boosté par le succès de l'Exorciste.

Mike oldfield bahamasAujourd'hui Mike vit aux Bahamas.

Oldfield et Branson : un destin commun.

Mike Oldfield est le premier artiste signé sur Virgin. C'est un honneur et une référence quand on connaît l'aura de l'étiquette aujourd'hui. Son Tubular Bells, long et tortueux délire musical d'une heure, n'a aucun argument en sa faveur pour escompter de quelconques retombées commerciales.

Instrumental, sans paroles, d'inspiration classique, segmenté de sorte qu'il n'entre pas dans les formats radiophoniques... l'affaire est mal engagée pour espérer un éventuel retour sur investissement. Il appartient alors au commercial avisé qu'est Richard Branson de faire du disque en question la star des gondoles de ses magasins.

Des millions d'albums sont vendus qui lancent les parcours tant de l'homme d'affaires que du musicien. Mais Tubular Bells est avant tout un chef d'oeuvre dont le film l'Excorciste (1973) est bien inspiré d'utiliser les 4 premières minutes du disque venant juste de paraître. Sommet de la carrière de Mike Oldfield, la critique lui reconnaît depuis un côté culte. Juste retour des choses.

Mike Gordon Oldfield est né dans le Berkshire, à la confluence de la Tamise et de la rivière Kennet. A Reading, ville médiévale et cadre du populaire festival rock organisé depuis le début des 70's.

Enfance heureuse, adolescence perturbée.

Troisième enfant de Maureen Bernardine Liston (des irlandais de Cork), infirmière, et de Raymond Henri Oldfield, médecin de l'armée britannique, Mike connaît une petite enfance heureuse, jusqu'à ce que sa mère ne soit encore enceinte, à 45 ans (1961).

L'enfant naît trisomique et est placé dans une institution spécialisée sans que ses frères (Terrence, né en 1949 et Mike, en 1953) et sœur (Sally Natasha, venue au monde en 1949) ne soient au courant. On leur dira qu'il est mort-né. Quand Mike l'apprend vers l'âge de 7/8 ans, sa mère est elle-même très affectée par ce drame personnel.

Maureen sombre dans la dépression, devient dépendante aux médicaments destinés à la soulager psychologiquement et plonge parallèlement dans l'alcool, au point pour Mike, de se sentir abandonné par une maman qu'il aime profondément, mais de plus en plus sujette à des internements.

Pour l'enfant qu'il est, c'est insupportable de voir sa mère différente de celle de ses petits camarades ; il mettra beaucoup de temps à se défaire des images effrayantes de cette époque.

Ses parents étant de grands mélomanes, Mike va trouver dans la musique l'occasion de s'échapper de ce quotidien (comme Sally et Terence). L'ado se replie sur lui-même, aime se retrouver seul avec l'Eko offerte par son père comme unique compagne. Moyennant quelques accords que lui apprend ce dernier, il se réfugie alors dans sa chambre où il joue le folk british des artistes de l'époque.

Le folk pour débuter.

Fan de Hank Marvin (les Shadows), Mike cherche constamment, entre 8 et 11 ans, à perfectionner une technique alors essentiellement axée sur le fingerpicking. Il s'essaie très vite à la composition de ses propres morceaux (10 ans), avant d'opter pour une guitare électrique (Futura II), dès l'âge de 12 ans.

Au milieu des 60's, Mike quitte l'école et joue dans les clubs folk de Reading avant de former un premier duo avec un copain auquel le déménagement familial, de Reading à Hornchurch (Essex), met un terme.

Au début des années 1968, Mike se rapproche de sa grande sœur Sally. La fratrie enregistre une démo sur les conseils (de) et suivie par Mick jagger en personne. Le couple prend le nom de The Sallyangie (ou The Sally Angie, voire Sallyangie) : Sally comme le prénom de sa sœur et Angie comme le titre de Davy Graham sur lequel Mike a travaillé sa technique.

Mike et Sally sont repérés par John Renbourn avant d'être signés par Transatlantic Records et d'enregistrer un LP, Children Of The Sun (novembre 1968). Le disque ne satisfait pas Mike et le duo se sépare fin 1969. Mike rebondit alors auprès de son frère Terry et forme Barefoot, tout aussi furtif.

En 1970, sa carrière se poursuit comme bassiste, puis comme guitariste de The Whole World, derrière lequel on retrouve Kevin Ayers, ancien Soft Machine. Mike figure sur le seul album studio (Shooting At The Moon/octobre 1970) d'un groupe qui est dissout un an après son constitution.

Un contrat pour 10 LP.

C'est à ce moment là qu'il commence à travailler sur la maquette du projet Tubular Bells que Richard Branson accepte de publier en mai 1973 après l'avoir engagé en lui proposant un contrat pour 10 LP. Grâce à l'Exorciste, critiques et public mordent à l'hameçon. Un Grammy tombe en 1974.

Cette même année, Hergest Ridge (le nom de la propriété achetée avec les droits de son premier disque), structuré comme l'opus précédent (un titre par face), s'invite au catalogue de l'artiste. Après un phénoménal Tubular Bells, Mike Oldfield se montre encore une fois très convaincant en s'appuyant sur les recettes de ce qui a précédemment fonctionné.

Si les critiques se montrent plutôt réservées, le sobre et spatial Hergest Ridge atteint néanmoins la première place des classements. Mal connu, il souffre d'être écrasé entre le chef d'oeuvre antérieur et par son suivant, le délicieux et original Ommadawn (1975) qui a également très bien marché.

En 1975, Ommadawn aurait dû propulser Mike Oldfield, riche et célèbre, sur le toit du monde mais, dans l'intimité, il souffre de la disparition de sa mère et est en prie à de récurrentes crises d'angoisse. Professionnellement, il est mis sous pression pour continuer à sortir régulièrement des disques et se retrouve à faire de la musique qui ne lui ressemble pas.

Une nouvelle ère artistique et Moonlight Shadow.

Il quitte Londres pour l'Herefordshire, aux confins du Pays de Galles et ne fait plus parler de lui jusqu'à Incantations, double LP de 1978, difficilement accessible, puis le décevant Platinum (1979), plus rock, qui marque le début d'une nouvelle ère artistique pour lui.

Un plat et moyen QE2 (comme Queen Elizabeth 2) en 1980, Five Miles Out (1982) hésitant entre rock prog et pop-rock, ainsi que le peu enthousiasmant Crises (1983) rendent son début des 80's difficile artistiquement. En revanche, ce dernier opus génère un titre qui devient, dans toute l'Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, un tube international : Moonlight Shadow (mai 1983).

Seul Discovery (1984) avec To France (N°1 chez nous) se révèle être une des attractions discographiques du Oldfield de cette décennie. The Killing Fields (BO de La Déchirure/1984), Islands (1987) et Earth Moving (1989) offrent peu d'intérêt.

Capable du meilleur comme du pire.

L'orientation artistique choisie ne permet pas à Mike Oldfield de remuer le grand public, des conflits voient le jour avec son label pour insuffisance de résultats.

Oldfield décide alors de faire un douzième album aux antipodes du disque commercial. Il est dos au mur et ne peut pas faire pire. Amarok (1990) le réconcilie avec sa base pour lequel il devient une référence, son apogée créative pour de nombreux fans et pour la presse spécialisée.

Mike oldfield portrait 2

« J'ai reçu des lettres de gens en prison. Ils souffrent. J'ai entendu jouer ma musique dans un service de soins intensifs dans un hôpital d'Ibiza. J'essaie de ne pas juger. Toute utilisation de ma musique est géniale. La seule chose que j'ai rejetée est son utilisation dans des films d'horreur horriblement violents. » (Mike Oldfield)

Capable du meilleur comme du pire et alors qu'on le croit relancer par Amarok, l'anglais nous pond un Heaven's Open (1991) peu en rapport avec ce qu'il a montré jusque là. Serait-ce une manière de clore le partenariat entre lui et Virgin Records et de faire un gosse dans le dos à Branson, avec lequel le torchon brûle depuis longtemps ?

Dites 26.

Toujours est-il que l'ère Warner ouverte avec Tubular Bells II (plutôt gonflé de se relancer avec l'ersatz d'un album qui l'a révélé chez le concurrent) et se refermant en 2003, puis la période Mercury qui prend le relais en 2005, n'apportent pas plus d'eau au moulin d'un artiste qui semble se reposer sur ses lauriers depuis longtemps.

Retiré depuis 2009 aux Bahamas où il jouit du climat et du cadre idyllique de l'endroit, il sort enfin de sa retraite tropicale pour signer un 25ème opus, Man Of The Rocks (2014), simple, bien ficelé, agréable, dans un format pop, chose qui ne lui était plus arrivée depuis belle lurette.

Hélas, le malheur s'abat une nouvelle fois sur lui puisqu'il perd son fils Dougal (33 ans), le 17 mai 2015, juste avant qu'il ne commence à travailler sur Return To Ommadawn (son excellent N°26 sort en janvier 2017) pour lequel il démontre, si besoin est, qu'il reste un merveilleux compositeur. Qui peut en douter à l'écoute de Tubular Bells ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Mike oldfield tubular bells 73

 

MIKE OLDFIELD

TUBULAR BELLS – 1973  5/5

 

Publié en mai 1973.

Produit par Tom Newman,Simon Heyworth.

Durée:48:50.

Label:Virgin Records.

Genre:rock progressif,rock symphonique,art rock,new age,musique électronique.

 

De la souffrance émerge la beauté.

La publication de Tubullar Bells, au printemps 1973, a un double impact : celui, d'une part, de lancer Virgin Records, propriété de Richard Branson, et, de l'autre, d'ouvrir le compteur discographique de Mike Oldfield.

Depuis, on sait ce qu'il est advenu du label, indépendant de 1972 à 1992 et passé, au bout de 20 ans d'activité, dans le giron d'EMI Group pour la somme historique d'un milliard de dollars.

Dans le même temps, le petit jeune autodidacte d'à peine 20 ans auteur du disque devient un songwriter et un multi-instrumentiste reconnu sur la scène internationale. L'ouverture hypnotique de Tubular Bells lui vaut de toucher cette reconnaissance du public plus tôt que certains de ses contemporains ; elle est reprise dans la B.O. du film l'Exorciste (sortie fin décembre 1973 aux USA), classique du cinéma d'horreur et un des films de genre les plus lucratifs du cinéma mondial.

Composée de deux faces d'un titre (Tubular Bells Part 1 et Tubullar Bells Part 2), l'oeuvre symphonique qu'Oldfield commence à mettre bout à bout deux ans plus tôt fait montre d'une grande maîtrise de son (pourtant) jeune concepteur.

Diversifiée, complexe, planante, fluide, aux ambiances changeantes, tantôt douce, tantôt obscure, cette longue fresque (quasi) instrumentale d'une cinquantaine de minutes s'appuie sur un canevas instrumental assuré, pour l'essentiel par l'auteur en personne.

Issu de la filière formatrice de Kevin Ayers dont il vient d'être le guitariste-bassiste, Mike Oldfield y assure notamment tout ce qui est guitare acoustique (avec Tom Newman), guitare électrique, basse, mandoline, orgue (Farfisa, Hammond et Lowrey), piano, cloches, carillons (les fameuses Tubular Bells), timbales, flageolet et la partie chantée pour laquelle il reçoit le renfort de sa soeur Sally, de Mundy Ellis et de deux chorales (Nasal Chorus et Manor Choir). Il résulte de ce travail un chef d'oeuvre plébiscité par la presse et par le public. Tubular Bells est Le Disque de Mike Oldfield (RAZOR©).

 

1. Tubular Bells Part 1.

2. Tubular Bells Part 2.

 

Mike Oldfield:guitare acoustique,guitare électrique,guitare fuzz,basse,mandoline,orgue Farfisa,orgue Hammond,orgue Lowrey,grand piano,piano bastringue,glockenspiel,percussions,timbales,cloches tubulaires,flageolet,chant

Tom Newman:guitare acoustique (face2).

Lindsay Cooper:contrebasse.

Jon Field:flûte.

Steve Broughton:batterie.

Sally Oldfield,Mundy Ellis:chant.

Nasal Chorus:choeurs.

Manor Choir:choeurs.

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