Pavlov's Dog.

BIOGRAPHIE.

 

PAVLOV'S DOG/ St Louis (Missouri – USA)

 

Pavlov s dog 2

 

Actif entre 1972 et 1977, depuis 1990.

Labels:ABC,CBS,Telectro.

Genre:rock progressif,AOR,rock.

 

Le rock prog d'Outre-Atlantique.

A ceux qui auraient la mémoire courte ou sélective, voire qui seraient carrément frappés d'amnésie ou n'auraient pas encore été conçus au début des 70's, sachez que Pavlov's Dog a marqué de son empreinte le rock progressif de l'époque.

Le genre étant alors cadenassé par les anglais, passés experts en la matière (Yes, King Crimson, Genesis, Pink Floyd, Jethro Tull, Procol Harum, Emerson Lake & Palmer...), c'est de l'autre côté de l'Atlantique que nous vient cette belle surprise à tendance progressiste qu'est le premier album Pampered Menial.

La qualité de ce disque (platine) a autant marqué les esprits qu'elle a divisée les premiers fans, au motif de la prestation vocale de David Surkamp, un des deux fondateurs du groupe et dernier rescapé d'un groupe toujours actif aujourd'hui.

Pavlov s dog surkamp safronNé sous l'impulsion de Surkamp et Safron.

Pavlov s dog david surkampDavid Surkamp : une voix qui divise.

Pavlov s dog 1976Pavlov's Dog en 1976.

Pavlov s dog pampered menialPampered Menial (1974), l'album référence.

Pavlov s dog now 2015Pavlov's Dog, toujours en activité.

Pavlov s dog house broken 2015Le dernier LP du catalogue (2015).

Dur, dur...

D'aucuns trouvent la voix pluri-octaves de son chanteur saisissante, sublime et venue d'un autre monde, là où les détracteurs (Rolling Stone Magazine notamment) jugent Surkamp comme un mauvais mélange entre Marty Balin (Jefferson Airplane) et un aspirateur... Dur, dur...

Formé sur le terreau de Saint-Louis, ville de l'est du Missouri, Pavlov's Dog voit le jour en 1972 sous la double impulsion de Mike Safron (batteur) et de David Surkamp (chant et guitare).

Ces deux-là ont joué un rôle très actif dans le montage de la formation en réunissant autour d'eux Siegfried Carver (violon), Rick Stockton (basse) de High On A Small Hill, groupe local, le claviériste David Hamilton, le guitariste Steve Levin, rapidement remplacé par Steve Scorfina, et le flûtiste-claviériste Doug Rayburn.

Dans le sillage de Surkamp et Safron.

Safron peut se prévaloir d'avoir précédemment été le batteur de Bo Diddley, Albert King et Chuck Berry. Féru de rock and roll et de blues, Safron a démarré sa carrière à 15 ans et est préalablement passé par The Cecil Davis Revue, une des meilleures formations soul du Missouri. Pour contribuer à fonder Pavlov's Dog, il refuse une tournée européenne aux côtés de Chuck Berry (1972).

Surkamp est lui un chanteur à la voix haut perchée et chevrotante si particulière. Il a commencé par le folk, au motif de ne pas avoir les moyens de se payer une guitare électrique, voue un culte à 666 d'Aphrodite's Child et aime tout particulièrement le rock progressif british.

Plus jeune du groupe, Rick Stockton, solide bassiste, a joué aux côtés de Surkamp dans une formation scolaire, tandis que Doug Rayburn, expert en Mellotron, vient d'un environnement familial où la musique a toute son importance ; son père est premier violon de l'Orchestre Philharmonique de Saint-Louis. Les orchestrations, il connaît, c'est lui qui oriente les arrangements de Pavlov's Dog.

Evoluant sous le nom de Siegfried Carver, le virtuose Richard Nadler est l'incroyable violoniste du groupe, celui qui lui donne sa touche classique alors que le pianiste Dave Hamilton en pince pour Gerschwin et le jazz. Steve Scorfina, guitariste, ancien de REO Speedwagon a pour idoles Muddy Waters, Chuck Berry, Ike Turner et Albert King.

Un contrat à 650.000 dollars.

Tous ces profils différents et ces influences musicales variées font le son unique que Pavlov's Dog façonne en répétant des heures et des heures dans une des pièces de la Westminster House, un manoir de style victorien du Central West End appartenant à de riches antiquaires de Saint Louis.

Pavlov's Dog attire rapidement l'attention des maisons de disques mais c'est ABC records qui enlève l'affaire en 1973. L'éditeur discographique fait même un pont d'or au groupe en le signant pour la somme de 650.000 dollars, ce qui est considérable à cette époque et pour le seul groupe de rock du Midwest qui soit alors progressif.

ABC se laisse alors séduire par le lot de 10 chansons qu'il entend, enregistré en octobre 73 au Golden Voice Studio de Pekin (Illinois) et paru en 2014 sous The Pekin Tapes. Il entend bien faire de ces titres auto-produits le premier LP du groupe.

L'avenir en décidera autrement. Néanmoins, on tient là la mouture telle qu'apparue initialement : déterminée, brute de décoffrage, insouciante, énergique et libérée de toute contrainte artistique.

Pampered Menial : des débuts remarqués.

Un an plus tard, Pavlov's Dog publie un premier album fracassant qui reprend quelques bases de travail du disque précédent inabouti. La qualité de son contenu lui vaut de figurer en 27ème place du classement des 100 meilleurs disques de rock de tous les temps pour Mojo Magazine.

Produit par Murray Krugman et Sandy Pearlman (le génial tandem de la production des premiers LP de Blue Oyster Cult), Pampered Menial est son plus grand succès.

ABC rencontrant des problèmes, il laisse tomber les missouriens, repris par CBS lequel republie l'album pour son compte. D'où les deux versions existantes de Pampered Menial.

Cet opus initial abrite notamment Julia et Song Dance, deux grandes chansons des musiciens de Saint Louis. Ces titres, devenus depuis des classiques, révèlent alors au grand public la puissance de l'organe vocal de Surkamp, prompt à briser le cristal et à faire trembler les murs.

L'écoute de l'album nous confronte surtout à un line-up brillant, fin, original et intelligent, de la guitare de Scorfina à la flûte de Doug Rayburn, en passant par le violon de Siegfried Carver, les claviers d'Hamilton ou la rythmique. Le tout alimenté par un lot de compositions plutôt bien léchées et enivrantes et dans une ambiance très agréable.

Pavlov s dog steve scorfina

« Pavlov's Dog était un groupe incroyable qui a créé un son comme vous n'en avez jamais entendu auparavant. Nous étions à notre meilleur, avant de décrocher un contrat d'enregistrement. Pour ma part, je crois que nous aurions dû rester seuls pour créer et produire notre musique. À mon avis, les producteurs n'ont fait que contribuer à détruire l'essence même de Pavlov's Dog en essayant de nous transformer en quelque chose que nous n'étions pas. » (Steve Scorfina)

La surprise Bill Bruford.

Comme bien souvent, ce qui est artistique ne paie pas dans les bacs. C'est le cas ici et ça en affecte quelques-uns dont Safron (remplacé par Kirk Sarkisian) et Carver, lesquels quittent le groupe dans la foulée.

Le deuxième LP, At The Sound Of The Bell (1976), est du même tonneau mais le guitariste acoustique Thomas Nickeson rejoint officiellement la troupe. Parallèlement, une belle brochette de requins de studio est invitée à soutenir ce qu'il reste de Pavlov's Dog (Surkamp, Scorfina, Rayburn, Stockton, Hamilton et Nickeson).

Parmi eux, la surprise est de retrouver à l'affiche de ce numéro 2, Bill Bruford, le légendaire batteur de Yes (puis de King Crimson), Andy MacKay (Roxy Music), Elliot Randall et Michael Brecker (Steely Dan), Paul Prestopino, Dawyn Wright...

Dessein avoué du label : booster les ventes. Malheureusement, si la voix de Surkamp sort de nulle part, elle ne colle pas vraiment avec les objectifs fixés de passer en radio, ni à la musique élégante, complexe et ambitieuse tissée autour.

Avec ce type de chanteurs, sans remettre en cause sa voix, ou ça passe ou ça casse. Si ça ne casse pas encore, ça ne passe pas pour autant auprès du public. Seuls les esthètes apprécient et malgré les efforts développés, ceux-ci ne paient toujours pas.

Toujours actif aujourd'hui.

Un troisième LP, Third, est réalisé en 1977 mais CBS, faute de succès, refuse de le publier. Bootleg dans un premier temps, il ne sort qu'en édition limitée dans les années 80, sans le nom du groupe et crédité à The St. Louis Hounds. Pavlov's Dog donne alors un dernier concert d'adieu dans la ville qui l'a vu naître et avec le groupe dans son ensemble (1977).

Pavlov's Dog se réunit en 1990 autour du quatuor Surkamp, Rayburn, Scorfina et Sarkisian pour les besoins d'un 4ème LP, Lost In America, avant de disparaître à nouveau jusqu'en 2004 et de se reformer pour, entre 2005 et 2008 refaire de la scène et d'engager une tournée européenne.

En 2010, il publie le premier disque live de son catalogue (Live And Unleashed), avant de libérer The Pekin Tapes (2014), puis House Broken, un coffret live CD et DVD (RAZOR©).

LP Studio 1 - 1974

 

Pavlov s dog pampered menial

 

PAVLOV’S DOG

PAMPERED MENIAL – 1975  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Murray Krugman,Sandy Pearlman.

Durée:33:49.

Label:ABC Records,CBS Records.

Genre:rock progressif.

 

L’album-phare de Pavlov’s Dog.

 

Avant toute investigation dans le répertoire (3 LP) de ce groupe américain, Pavlov’s Dog, il faut se préparer à subir la voix stridente, grelottante et très haut perchée de son chanteur, ce qui n’est pas gagné d’avance, je vous l’assure.

Ce type d’organe vocal, généralement abhorré parce que soûlant à la longue, est ultra présent pendant toute la durée de Pampered Menial (en écoute intégrale ici), à peine interrompu par un bienfaiteur et court instrumental (1 mn 36 de Preludin), mais qui, hélas, tombe un peu tard.

Il faut donc être fortiche et aguerri pour faire avec la tessiture de David Surkamp. J’ai du mal, et la voix m’insupporte rapidement, d’autant plus que les compositions ici proposées dans ce qui est le premier album de ces rockeurs prog ricains venus du Missouri (1972), sont quelque peu redondantes.

Plus d’une demi-heure à ce tarif, relève pour moi de l’exploit. Dans la mesure où toute l’architecture de la musique de Pavlov’s Dog se construit autour la poutre maîtresse qu’est Surkamp, difficile d’y échapper. Je ne vais donc pas m’éterniser dans le coin à vous parler d’un disque auquel je n’ai jamais réussi à m’habituer, mais que d’autres, nullement gênés aux entournures par la prestation de Surkamp, verront comme remarquable. Ce que je respecte.

Il y a pourtant de belles mélodies, de très beaux arrangements. Siegfried Carver au violon, Steve Scorfina à la guitare, David Hamilton aux claviers et Doug Rayburn au mellotron et à la flûte et la rythmique bien en place, servent favorablement ce disque, mais il y a cette voix pénalisante.

Julia, belle ballade dont le refrain vous dira forcément quelque chose, Natchez Trace et Late November, Song Dance (et son surprenant solo de violon) et Theme From Subway Sue sont ce qui fait le côté charmant de ce disque qui a le mérite d’exister.

Respectons l’art : il peut enchanter comme il peut repousser. Même si, en l’occurrence Pampered Menial n’a rien de repoussant, il est loin d’être ma tasse de thé. Pour la qualité des compositions citées, la note de 3,5 est le mieux que je puisse faire, n’en déplaise aux adeptes qui ont, j’en suis convaincu, ce disque dans leur discothèque idéal et c’est tant mieux pour eux (RAZOR©).

 

1. Julia.

2. Late November.

3. Song Dance.

4. Fast Gun.

5. Natchez Trace.

6. Theme from Subway Sue.

7. Episode.

8. Preludin.

9. Of Once and Future Kings.

 

David Surkamp:chant.

David Hamilton:claviers.

Doug Rayburn:mellotron,flûte.

Mike Safron:batterie,percussions.

Rick Stockton:basse.

Siegfried Carver:violon,sitar.

Steve Scorfina:lead guitare.

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