Procol Harum.

BIOGRAPHIE.

 

PROCOL HARUM/Southend-On-Sea (Essex – UK)

 

Procol harum intro

 

Actif entre 1967 et 1977,depuis 1991.

Labels:Regal Zonophone,Reprise,A&M,Chrysalis,Deram.

Genre:blues-rock,hard rock,rock,rock symphonique,proto-prog.

Site Internet:procolharum.com

 

Un tube planétaire.

Quand, alors que l'été 1967 n'a pas encore démarré, A Whiter Shade Of Pale s'installe en tête des hits européens et américains, qui aurait pu prédire qu'en 2017, ce titre marquerait toujours autant les esprits ?

Construite sur une ligne d'orgue inspirée par deux pièces de Jean-Sébastien Bach et autour de 4 couplets dont seuls 2 d'entre eux sont repris sur la version d'origine, la chanson a laissé son empreinte sur de nombreuses générations.

Créditée à Keith Reid pour les paroles et à Gary Brooker pour la musique (Matthew Fisher est également considéré comme contributeur depuis une décision de justice tombée en 2009), c'est à ce dernier, chanteur et pianiste du groupe d'origine et seul membre encore vraiment actif de Procol Harum, qu'il appartient de prolonger le plaisir et de continuer à faire danser et rêver les nostalgiques des 60's avec ce tube planétaire.

Même si elle a généré des millions de livres de royalties à leurs auteurs, A Whiter Shade Of Pale n'est que la partie éclose d'une œuvre plus riche (9 albums entre 1967 et 1977) mais malheureusement restée dans l'ombre. Au final, Procol Harum n'a pas forcément gagner au change en signant ce succès mondial intemporel (plus de 10 millions de disques vendus).

Les Paramounts pour débuter l'histoire.

L'histoire de Procol Harum prend naissance quelques années plus tôt (1961) avec les Paramounts, un groupe de R & B de Southend-on-Sea, monté par Gary Brooker (14 ans et encore au collège), Chris Copping, bassiste (puis Diz Derrick) et Robin Trower, guitariste, dont le père tient un club sur le front de mer, The Shades. L'endroit est un lieu de rendez-vous des Mods ; il va vite devenir la rampe de lancement rêvée de ses initiateurs que rejoint le batteur B.J Wilson, en remplacement de Mick Brownlee, fin 1962.

Professionnalisés la même année, les Paramounts signent chez Parlophone Records (1963) et prennent Peter Martin comme manager. Rapidement ils deviennent une attraction régionale, ce qui leur vaut d'entrer en studio pour enregistrer une démo (dont Poison Ivy des Coasters) puis de prendre part à des émissions TV telles que Thank You Lucky Stars ou Ready Steady Go où ils sont programmés avec les Rolling Stones. S'il n'est pas meilleure publicité pour eux, ils n'en tirent toutefois aucun bénéfice.

Leurs singles n'imprimant pas, les Paramounts rompent en 1966, non sans avoir réalisé un LP sous le pseudo de Liquorice John Death (publié en 1997). L'album est dédié à Dave Mundy, un fan des Paramounts mort par suicide en 1972.

Procol harum the paramountsNé sur les cendres des Paramounts à Southern-on-Sea...

Procol harum 2...le groupe devient Procol Harum en 1966.

Procol harum reid et brookerSous la houlette de Keith Reid et Gary Brooker...

Procol harum leur tube planetaire a whiter...Procol Harum signe A Whiter Shade Of Pale (1967)...

Procol harum 1qui fait de lui une star planétaire.

Procol harum 2016G. Dunn, G. Whitehorn, M. Pegg,J. Philips et G. Brooker en 2016.

Procol harum last lp the well s on fire 2003Un 11ème LP studio en  2003.

Sous l'impulsion du tandem Brooker/Reid.

Après l'aventure Paramounts, Gary Brooker, jeune songwriter, rencontre Keith Reid, poète, avec lequel il va constituer un duo de l'écriture de grande qualité. Il se charge de la musique, Reid des paroles. Ils proposent leurs chansons à d'autres artistes dont les Beach Boys, qui les refusent ; ils décident alors de les jouer pour leur propre compte en fondant un groupe.

Des annonces sont publiées dans le Melody Maker qui permettent, dès avril 1967, à Matthew Fisher (organiste), David Knights (bassiste), à Bobby Harrison (batteur), Ray Royer (guitare) de rejoindre Reid et Brooker et d'évoluer un temps sous l'identité des Pinewoods, avant de devenir la mouture d'origine officielle de Procol Harum, appellation reprise du nom du chat d'un voisin de quartier.

Cette première incarnation de Procol Harum pousse la porte des studios Olympic Sound pour enregistrer un des titres que Brooker et Reid ont dans leur escarcelle, A Whiter Shade Of Pale.

Gary Brooker chante et joue du piano, David Knights tient la basse, Ray Royer la guitare et Matthew Fisher s'installe derrière l'Hammond. C'est ce dernier qui va donner au titre sa couleur inédite pour l'époque.

L'hymne du Summer Of Love en Angleterre.

A la batterie, le groupe, produit par Denny Cordell et avec Keith Grant comme ingénieur du son, fait appel à un musicien de studio, Bill Eyden, Bobby Harrison pointant dans l'effectif par la suite. Cette version est publiée le 12 mai 1967 au Royaume-Uni par Deram Records. Deux semaines après, elle est N°1. Chez l'Oncle Sam, elle fait 5 (Billboard 100).

En tête des hits internationaux, A Whiter Shade Of Pale, intronisée au Grammy Hall Of Fame en 1998 et 57ème chanson de tous les temps pour le magazine Rolling Stone (2004), se pose alors comme l'hymne du Summer Of Love 67.

Procol Harum se fait fort d'aller défendre ce succès mondial en tournée. Cerise sur le gateau, le groupe ouvre pour Hendrix (1967).

Cette réussite provoque cependant des remous au sein de Procol Harum qui voit Harrison et Royer quitter le navire pour s'en aller fonder Freedom ; ils sont respectivement remplacés par B.J Wilson et Robin Trower, deux anciens Paramounts, qui sont du deuxième single, Homburg (N° 6 UK/N°34 US).

Une œuvre occultée par le succès d'A Whiter Shade of Pale.

Ce nouveau line-up va opérer entre juillet 1967 et l'automne 1969 et s'atteler aux trois premiers LP du groupe : Procol Harum (septembre 1967), Shine On Brightly (novembre 1968) et A Salty Dog (juin 1969). Le style est très personnel, la musique de Procol Harum est novatrice qui va du blues au R & B, au rock classique.

Procol Harum est édité en Grande-Bretagne pour le label Zonophone Regal (relancé par EMI). Sans son morceau-phare (il figure sur la sortie américaine) mais avec Conquistador, son troisième single (placé 22 dans les charts du Royaume-Uni, 16 aux USA, mais en 1972), l'album, mélange de pop psychédélique, de blues lourds et d'éléments empruntés au classique, n'a pas les retombées commerciales escomptées, en dépit de sa cohérence et de sa puissance. Il demeure toutefois une des grandes réalisations discographiques de l'année 67 et un disque clé du catalogue.

Ce manque de réussite précipite le départ du groupe aux Etats-Unis où le public est plus réceptif à sa musique. Top 30 du Billboard, Shine On Brightly va cimenter encore plus le lien qui unit le groupe au public américain.

Très bon disque, audacieux (avec un final de 17 minutes, In Held Twas In I), produit par Denny Cordell, assisté des jeunes Tony Visconti et Glyn Johns, il est considéré par de nombreux fans comme le maillon fort de la discographie de Procol Harum.

La voix de Brooker, le jeu de guitare inspirée de Trower, la personnalité de son batteur Wilson, l'orgue admirable de Fisher forment un cadre idéal pour l'écriture poétique, sombre et étrange, de Reid.

Les Paramounts sont de retour.

A Salty Dog (1969), plus progressif a encore de la qualité à revendre. Il continue à exploiter la veine amorcée par Procol Harum sur ses deux opus précédents. Encore croustillant mais mois bien exprimé sur le plan des idées et des intentions par rapport à l'abouti Shine On Brightly, il est leur premier travail payant au Royaume-Uni.

A Salty Dog est un classique du groupe et un disque important pour l'influence qu'il a pu avoir sur les générations futures.

Ce troisième LP met en exergue l'envergure prise par Matthew Fisher au sein du groupe ; celle-ci fait de l'ombre à Brooker et des tensions voient le jour. Animé par des envies de départ depuis la mort de son père, l'organiste, après avoir produit l'album, quitte Procol Harum à la fin de l'année 69, suivi de David Knights.

Toutefois, s'il n'est plus impliqué dans la vie du groupe (orientation artistique, enregistrements, tournées), il continue à officier comme producteur.

Dans le même temps, le départ du claviériste amène Procol Harum à se tourner, une nouvelle fois, vers un ancien Paramounts, Chris Copping en l'occurence (1970). A charge pour lui d'assurer la basse et l'orgue. Brooker, Reid, Wilson, Trower et maintenant Copping... les Paramounts sont de retour.

Home (juin 1970/Regal Zonophone), 4ème LP du catalogue, est réalisé avec ce line-up. Outre-Atlantique, il se classe N°34 du Billboard et intègre le top 50 au Royaume-Uni, malgré une pochette hideuse et peu inspirée qui n'incite pas à l'acquisition.

Le contenu est beaucoup plus alléchant ; les compositions sont de qualité et les acteurs convaincants. Robin Trower y exprime toute sa dextérité à la guitare et surprend avec ses deux titres (Whisky Train et About To Die), B. J Wilson démontre qu'il est décidément un grand batteur (il a refusé une offre pour être le batteur original de Led Zeppelin), Gary Brooker assure au chant tandis que Chris Copping s'en sort comme un chef dans son double rôle de bassiste et d'organiste. Côté textes, Keith Reid continue à faire du Keith Reid.

Au tour de Robin...

Le retour en Angleterre (Home) est porteur de promesses mais des tensions voient le jour entre le tandem Brooker/Reid et Trower qui vont précipiter le départ de ce dernier, désormais animé par des ambitions personnelles nouvelles.

Pour empêcher la sortie du guitariste, les meneurs du groupe la jouent démago en consacrant le 5ème album, Broken Barricades (juillet 1971), à un hommage à Jimi Hendrix, l'idole de Trower et en lui laissant le champ libre dans l'écriture de deux titres (Song For A Dreamer et Poor Mohammed).

Mieux : il les chante ! Ce compromis ne fait toutefois que retarder le départ du guitariste (1971) pour Jude (avant d'entamer une brillante carrière solo), Broken Barricades, plus hard rock, s'avérant d'un niveau inférieur à ses prédécesseurs et au final peu convaincant.

En Concert avec l'Orchestre Symphonique d'Edmonton.

Dave Ball, recruté parmi 80 candidats ayant répondu favorablement à une annonce du Melody Maker, le supplée au sein de Procol Harum. Chris Copping passant à l'orgue et Alan Cartwright entrant à la la basse, complètent le trio Wilson, Brooker et Reid, ce dernier toujours en marge du groupe.

Le 18 novembre 1971, ce line-up enregistre, au Canada (Northern Alberta Jubilee Auditorium d'Edmonton), Procol Harum Live : En Concert avec l'Orchestre Symphonique d'Edmonton.

Ambitieux, ce disque sorti en avril 1972 est une réussite. Tiré par le succès de A Salty Dog, un des plus grands singles pop de l'époque, et Conquistador (écrite en 1967) qui se place au 16ème rang des charts US et au 22ème de ceux britanniques, il est devenu, au fil du temps, l'album le plus vendu de la formation anglaise. Les américains en font un N° 5 du Billboard 200. La carrière de Procol Harum reprend des couleurs.

A l'appel de Grand Hotel (1973), Dave Ball n'est plus là. Au motif de s'ennuyer dans ce collectif, il quitte Procol Harum en septembre 1972, non sans avoir posé pour la photo de pochette de l'album en cours et pris partiellement part à son enregistrement.

Procol harum matthew fisher portrait

« On a raconté que j'avais été viré de Procol Harum. Faux ! Je n'ai jamais été renvoyé du groupe. Je l'ai quitté et l'ai réintégré à chaque fois de mon propre chef. Quand je suis parti, c'était mon choix, ma volonté. A l'inverse, à chaque fois que je revenais, c'était leur idée. Jamais je ne suis allé quémander mon retour ou eux n'ont eu à me supplier de partir. Foutaises ! » (Matthew Fisher)

Procol Harum surprend toujours.

Remplacé par Mick Grabham, Ball, impliqué dans A Souvenir Of London, n'est pas crédité sur Grand Hotel (sauf sur la réédition de l'album) et la photo a été retouchée avec la tête de son suppléant. Conceptuel et vu comme pompeux par beaucoup, Grand Hotel creuse un peu plus le goût de Brooker pour la musique classique mélangée au blues-rock.

Considérée comme un des fleurons du catalogue, la 6ème levée discographique studio fait taire les critiques en atteignant la 21ème place du Billboard 200 en 1973. Le moins que l'on puisse reconnaître à Procol Harum à ce stade de son parcours est qu'il surprend toujours.

Exotic Birds And Fruit (Chrysalis/avril 74), enregistré dans les studios de George Martin (producteur légendaire des Beatles) affiche plus de sobriété dans ses arrangements ; il revient aux sources du rock et à plus de simplicité, ce que la presse spécialisée voit d'un meilleur œil.

Moins les fans, pour lesquels Exotic Birds And Fruit s'avère en retrait par rapport aux albums précédents, ce que confirme sa réception mitigée aux Etats-Unis où il pointe en 86ème position du Billboard.

Premiers signes d'essoufflement.

L'année suivante, le dimanche 16 mars 1975, Procol Harum fait partie du casting sélectionné pour commémorer la fermeture du London Rainbow Theatre avec les écossais de Sassafras, Hatfield And The North, Richard et Linda Thompson, John Martyn, Frankie Miller et le Kevin Coyne Band. Cette célébration donne le jour à un album paru la même année sous le titre d'Over The Rainbow : The Last Concert (Chrysalis).

Un 8ème opus studio est publié 6 mois plus tard. Il porte le nom de Procol's Ninth (septembre 75) car il est en fait le 9ème du catalogue, en incluant le live de 1972. Comme le laissait supposer Exotic Birds And Fruit, Procol Harum semble un peu fatigué ici. Si l'on fait abstraction du trio de titres initial, à savoir pandora's Box, Fool's Good et Taking The Time, le groupe peine à séduire.

Procol Harum ne séduit plus.

Malgré la qualité d'écriture que l'on prête au duo Brooker/Reid, aucune mélodie vraiment mémorable ne se détache du lot de chansons ici collecté ; Procol Harum devient même un peu trop redondant et prévisible. Il passionne moins.

La preuve, les ventes baissent, Ninth ne se classe pas au Billboard et les mouvements de personnel s'invitent : Alan Cartwright s'en va, Chris Copping repasse à la basse et Pete Solley entre aux claviers.

Si son suivant Something Magic (mars 1977) se positionne au 146ème rang des classements d'albums aux Etats-Unis, soit son pire résultat de la période 60/70 (avec Ninth), Procol Harum n'a plus rien de magique et le groupe se délite en 1977.

Il faudra attendre 1991 pour que Gary Brooker, Keith Reid, Robin Trower et Matthew Fisher ne se réunissent à nouveau pour enregistrer un dixième LP intéressant.

The Prodigal Stranger est dédié au batteur B.J Wilson, mort une dizaine de mois plus tôt (8 octobre 1990) et qui aurait dû être de ces retrouvailles.

Le line-up du 21ème siècle.

Avec The Well's On Fire (2003), Procol Harum revient sous les projecteurs après un silence de 13 ans. Brooker, Reid et Fisher entraînent dans un 11ème opus une rythmique solide et efficace (le batteur Mark Brzezicki et le bassiste Matt Pegg) et un guitariste flamboyant, Geoff Whitehorn.

Ce line-up du 21ème siècle pond un très bel album de pop-rock aux accents bluesy. La mayonnaise prend, d'autant que la voix de Gary Brooker n'a rien perdu de sa puissance et de son émotion et que l'écriture de Reid tient toujours autant la route. The Well's On Fire est le dernier LP studio recensé à ce jour (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 3 - 1969

 

Procol harum a salty dog 69

 

PROCOL HARUM

A SALTY DOG – 1969  5/5

 

Publié en juin 1969.

Produit par Mathew Fisher.

Durée:40:18.

Label:Regal Zonophone (UK),A&M (USA).

Genre:rock progressif,rock symphonique.

 

L'heure de Procol Harum.

 

Troisième pan discographique du catalogue, A Salty Dog, sorti en juin 1969, fait suite aux deux excellents albums précédents que sont le LP éponyme de juin 1967 porté par le légendaire tube planétaire A Whiter Shade Of Pale et Shine On Brightly (décembre 1968).

Par cette entrée en matière plutôt remarquée et réussie, Procol Harum s'affirme comme un des précurseurs du rock progressif et de son pendant symphonique en Grande-Bretagne.

Ce départ sur les chapeaux de roue lui amenant popularité et crédibilité, Procol Harum a toute lattitude pour bosser sereinement. Il prend le temps qu'on lui accorde pour mettre le duo de l'écriture (Reid et Brooker) dans les meilleurs dispositions et pour développer ses idées.

Il ne s'en prive d'ailleurs pas et, avec l'appui de l'organiste Matthew Fisher, producteur du disque et co-songwriter (Boredom, Wreck Of The Hesperus et Pilgrim's Progress) qui prend une envergure nouvelle ici, A Salty Dog transforme l'essai, si l'on peut dire. Résultat : on tient là la pièce maîtresse de la discographie de la formation née dans la station balnéaire de Southend-On-Sea (Essex).

Il faut croire que l'océan a profondément marqué les esprits de leurs auteurs, car l'univers marin a été retenu pour habiller le visuel de la pochette de l'album. La couverture parodie le paquet de clopes alors populaire en Angleterre et dans l'environnement nautique, les Player's Navy Cut, dont le logo affiche alors le faciès d'un marin inserré dans une bouée.

Le titre, A Salty Dog, appuie ce clin d'oeil. Il réfère au loup de mer. Comme le suggère son emballage, la matière gravite (de près et de loin) autour de cet environnement.

Si Procol Harum a le vent en poupe avec le succès qu'il rencontre, en interne, c'est une autre paire de manches. Le guitariste Robin Trower, dont le son de la Stratocaster est assez spécifique, n'est plus en phase avec la direction artistique du groupe. Il a des envies d'autre chose. Il a l'Hendrix chevillé au cœur et au corps et, frustré, traîne un peu des pieds. Quelques tensions voient le jour... Voilà pour l'ambiance.

Plus pop et progressif, moins sombre que ses devanciers, A Salty Dog est tiré vers le haut par sa sublime chanson-titre, dont les textes évoquent les marins voguant sur les mers inconnues. Cette chanson qui a culminé au 44ème rang des charts britanniques est certainement le meilleur morceau né de l'ensemble de la collaboration entre Gary Brooker, le compositeur, et le parolier Keith Reid.

Cette très grande pièce pop ambitieuse aux arrangements de cordes fabuleux et à la mélodie exceptionnelle occulte le reste. De là à réduire l'album à ce titre sublimement interprété, il y a un pas. Derrière il y a, en effet, un enchaînement de pièces de qualité et variées (blues, rock, pop, R & B) à l'image des Boredom, Too Much Between, Pilgrim's Progress, Crucifiction Lane, The Devil Came From Kansas, Juicy John Pick ou Wreck Of The Hesperus.

Procol Harum n'a jamais aussi bien sonné que dans cette configuration du milieu de l'année 69. A Salty Dog est son heure, son chef-d'oeuvre. C'est créatif, accrocheur, équilibré. Que vouloir de plus, d'autant que c'est la dernière fois que ce line-up œuvre ensemble, Matthew Fisher et David Knights quittant le groupe quelques mois plus tard ? (RAZOR©)


1. A Salty Dog.
2. The Milk Of Human Kindness.
3. Too Much Between Us.
4. The Devil Came From Kansas.
5. Boredom.
6. Juicy John Pink.
7. Wreck Of The Hesperus.
8. All This And More.
9. Crucifiction Lane.
10. Pilgrim's Progress.

 

Gary Brooker:piano,chant.
Matthew Fisher:orgue.
Dave Knights:basse.
Keith Reid:paroles.
Robin Trower:guitare acoustique et électrique.
Barrie James Wilson:batterie,tabla,conga.

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