Rick Wright.

BIOGRAPHIE.

 

CHRONIQUE N° 400.

Pour fêter cette 400ème biographie d'artistes ou de groupes, j'ai longuement hésité entre plusieurs profils qui me tiennent à coeur, dont plus particulièrement ceux de Levon Helm et de Rick Wright. Les deux sont morts et on a gardé d'eux, outre l'image des grands musiciens qu'ils furent, celle d'hommes exceptionnels surtout, aimés du milieu. Ils avaient la discrétion et la simplicité chevillées au coeur, des qualités qui comptent beaucoup à mes yeux....

 

RICK WRIGHT/Londres (Angleterre)

 

Rick wright 1

 

Né Richard William Wright, dit Rick Wright.

Né le 28 juillet 1943 à Londres,décédé le 15 septembre 2008 à Londres.

Actif entre 1964 et 2008.

Labels:EMI,Capitol Records,Columbia Records.

Genre:rock progressif,rock psychédélique.

 

L'âme sonore de Pink Floyd.

Les qualificatifs les plus élogieux pleuvent dès l'annonce de la mort de Rick Wright : gentil, formidable, simple, doux, discret, modeste, irremplaçable... j'en passe et des meilleurs. Toujours calé, avec Nick Mason, dans l'ombre des leaders de Pink Floyd, il n'a ni la parano de Syd Barrett, ni le sale caractère et l'esprit noueux de Roger Waters, pas plus que le charisme de David Gilmour ; la discrétion et la timidité qu'il affiche ne l'empêchent pourtant pas d'être l'âme sonore du groupe et un des rares claviéristes à faire naître, à chacune des lignes vaporeuses sorties de son imagination, une nuée d'émotions. Le son psychédélique avant-gardiste qu'il développe, tant en premier qu'en arrière-plan, contribue à faire de Pink Floyd une incontournable icône de la musique planante.

Pianiste au jeu dépouillé et sobre, il compte parmi les meilleurs musiciens de tous les temps à ce poste. Viré du Floyd, au début des 80's, par le caractériel Waters, réintégré quand ce dernier n'en fait plus partie (1988), il est demeuré jusqu'au bout très fidèle à David Gilmour, en collaborant à On A Island (2006), puis en allant à ses côtés soutenir l'album sur la route (2006/2007), faisant ainsi revivre auprès d'un public toujours aussi affidé, les grandes heures de Pink Floyd.

Il monte sur scène une dernière fois le 6 septembre 2007 pour le lancement de Remember That Night de son pote guitariste. Un an plus tard, ce dandy classieux quitte ce monde aussi discrètement qu'il l'a animé. C'était un grand Monsieur.

Rick wright jeune etudiant en archiRick Wright, jeune étudiant en architecture...

Rick wright regent polytechnic 1...de la Regent Street Polytechnic.

Rick wright sigma 6Des Sigma 6...

Rick wright tea set juste avant pink floyd...à Tea Set, juste avant Pink Floyd.

Rick wright pink floydLa gloire avec Pink Floyd.

Rick wright claviersL'âme sonore de Pink Floyd.

Rick wright 2Un claviériste exceptionnel.

Rick wright clare torry the great gig in the skyTorry Clare.

Rick wright juliette galeJuliette Gale, sa femme.

Rick wright 2008Un être exceptionnel, mort en 2008.

Rick wright wet dreamWet Dream, son premier LP solo (1978).

De l'archi à la musique.

Richard William Wright, dit Rick Wright, fils d'un biochimiste, passe sa jeunesse dans le nord-est de Londres, à Hatch End et étudie à la Haberdashers Aske School d'Elstree. Durant son adolescence, il apprend la guitare, la trompette et le piano, encouragé par sa mère.

Plus tard, il pousse ses études vers l'architecture qu'il suit à la Regent Street Polytechnic de Londres (1962). Il y rencontre Roger Waters, qui a précédemment côtoyé un certain Syd Barrett à Cambridge, et Nick Mason.

Waters, Wright et Mason rejoignent, en 1963, Clive Metcalf, Keith Noble et Juliette Gale, première femme de Richard Wright (1964). Ce rapprochement donne naissance à Sigma 6, groupe qui prendra plusieurs identités : Architectural Abdabs, Leonard's Lodgers en référence à Mike Leonard, le pionnier des light-shows psychédéliques de Pink Floyd, Screaming Adbads, The Meggadeaths, Tea Set. Le répertoire de cette période est essentiellement R & B.

Au départ de Noble et de Metcalf, en septembre 1964, le guitariste Bob Klose intègre le groupe alors rejoint par le chanteur Chris Dennis, ce dernier étant rapidement remplacé par Syd Barrett, un étudiant en art.

Tea Set, dernier palier avant Pink Floyd.

Cette mouture des Tea Set (Wright, Mason, Waters, Barrett, Klose et Gale) enregistre 6 morceaux, remasterisés en 2015 sous le titre de Pink Floyd 1965 – Their First Recordings : Lucy Leave, Double O Bo, Remember Me, Butterfly, Walk With Me Sysdney et I'm A King Bee.

Au départ de Klose (été 1965), cette incarnation de la scène underground londonienne mute en Pink Floyd Sound, dérivant parfois en Pink Floyd Blues Band pour finalement se positionner sur Pink Floyd.

Plus psychédélique, celle-ci est placée sous l'influence de Syd Barrett qui est alors la force créative du groupe ; elle interprète alors une musique qui n'a pas vocation à être commerciale, d'ailleurs les labels du moment n'en comprennent pas le sens. Leurs auteurs n'ambitionnent pas non plus de devenir des stars du rock. Ca a le mérite d'être clair.

Rapidement, la drogue s'invite dans le quotidien de Syd Barrett, au point qu'il devient ingérable, son état mental se dégradant à vitesse grand V. David Gilmour, alors dans le sud de la France où il évolue au sein des Flowers, est appelé à la rescousse.

Pink Floyd prend désormais une voie différente, plus space rock, puis rock progressive. Rick Wright, musicien ayant la plus sérieuse et la plus solide base du lot, va y prendre toute sa part.

L'influence de Rick Wright.

Elle se met en place dès l'album de transition qu'est A Saucerful Of Secrets (1968), commencé sans Gilmour et par lequel Waters et Wright reprennent le contrôle de la maison Floyd. Ces derniers écrivent 6 des 7 chansons du LP, laissant à Barrett le soin de placer son Jugband Blues avant d'être écarté.

Le jeu de guitare de Gilmour s'avère alors très complémentaire des compositions de Rick Wright, à qui l'on doit notamment le sublime instrumental-titre de près de 12 minutes.

Wright va dès lors se montrer un contributeur inspiré et un fournisseur régulier dans l'écriture de Pink Floyd. Pour l'album Ummagumma (1969), il signe un extravagant, avant-gardiste mais impressionnant Sisyphus, composition symphonique en 4 mouvements et 13 minutes. Le Floyd, sous les touches du clavier et des synthés de Wright, flirte alors avec la musique classique.

Contributeur majeur d'Atom Heart Mother et de Meddle.

Un an plus tard, alors que Pink Floyd revient dans les bacs avec Atom Heart Mother (octobre 1970), on découvre sur cet album faisant N°1 au Royaume-Uni, un de ses joyaux, Summer '68, dont il assure l'écriture, la composition de la musique, la mélodie et le chant.

Dès Meddle (octobre 1971), les chansons sont créditées au collectif ce qui tend à noyer dans la collégialité le travail influent de son claviériste dans les compositions épiques, plus particulièrement.

C'est le cas d'Echoes (23 minutes), un des morceaux les plus originaux et les plus ambitieux du groupe, abordé par un thème marin et inspiré par la note produite par Wright puis transférée pour obtenir cet effet tourbillonnant vers une cabine Leslie. Dans le cadre d'Echoes, Rick assure les lignes de piano, et la structure des accords.

Le meilleur est cependant à venir et il ne faut pas attendre bien longtemps pour que l'énorme potentiel qui sommeillait en l'enfant de Hatch End, ne se concrétise à haut niveau. Dark Side Of The Moon (mars 1973) qui, comme tout le monde le sait, est le graal de Pink Floyd, sa pièce maîtresse la plus aboutie, inspirée par Kind Of Blue de Miles Davis (1959).

Dark Side Of The Moon, son bébé.

Sur cet album, Rick Wright s'implique comme jamais. Il en écrit une grande partie, notamment Breathe, Any Colour You Like (en co-écriture), Time et Us And Them qui montrent la complémentarité des voix de Rick et David ainsi que The Great Gig In The Sky.

Ce dernier titre est une pure merveille des 70's. Rien ne laisse alors supposer qu'il devienne un des titres emblématiques de Pink Floyd, au regard de la manière dont cette chanson sans paroles et au chant improvisé par Clare Torry sur une base piano assurée par son auteur, finit sur le disque.

En deux prises, cette choriste de studio inconnue recrutée par Alan Parsons pour apposer sa voix sur ce morceau s'exécute avec une telle émotion que les membres de Pink Floyd, Rick Wright en tête, sont sous le choc.

L'improvisation expressive voire un soupçon exhubérante et suggestive de Clare Torry donne une dimension exceptionnelle à The Great Gig In The Sky, un des sommets, sinon le sommet de la carrière de Rick. Ses chansons ne sont pas étrangères à la bonne tenue de Dark Side Of The Moon, un des disques les plus vendus de tous les temps et resté 15 ans dans le Billboard US.

L'hommage à Syd Barrett.

Bien que faisant l'objet de critiques mitigées, Wish You Were Here (septembre 1975) tombe à un moment où Pink Floyd est fatigué physiquement et mentalement et a besoin de souffler. Il a tout, les filles, l'argent, la gloire mais peine à alimenter ce neuvième disque avec de nouveaux morceaux, au point que David Gilmour suggère un moment de travailler sur des pièces déjà existantes ; les sessions sont difficiles, le studio d'enregistrement n'est plus le même et Alan Parsons prend du recul avec le groupe. La période est à la confusion et pourtant, dans un élan commun, les membres vont sortir un opus qui va être un succès commercial.

Album au processus de création collégial, dont Shine On You Crazy Diamond, Wish You Were Here et Have A Cigar sont les poutres-maîtresses, il est dédié à Syd Barrett. Disque préféré de Rick Wright, son plaisir est au bout de son écoute.

Le conflit avec Waters.

Le torchon brûle cependant au sein de Pink Floyd. Roger Waters prend de plus en plus de directives, impose sa vision de l'avenir immédiat du groupe. Animals (janvier 1977) devient son album, il en signe tous les titres (sauf Dogs de Gilmour), Pink Floyd est pris en otage et Wright n'est pas crédité. Et pour cause, il traîne salement des pieds. Animals est une corvée pour lui.

Waters, persuadé qu'il est le seul vrai auteur-compositeur du groupe exige le renvoi du claviériste pendant l'enregistrement de The Wall (1979). C'est Wright dehors ou le disque ne sort pas. L'ambiance est toxique mais n'empêche pas la publication d'un disque comptant parmi les plus importants du rock. L'organiste est écarté mais reste cependant salarié de Pink Floyd pour la tournée de promo de The Wall. Au final, il est de toute la discographie studio de Pink Floyd, exception faite de The Final Cut (1983).

Courte mais belle carrière solo.

Sentant venir le vent du boulet et alors que Waters a pris les rênes de Pink Floyd, Wright prépare le terrain à une carrière solo. Entre le 10 janvier et la Saint-Valentin 1978, il occupe le studio flambant-neuf Super Bear de Berre-les-Alpes venant d'ouvrir ses portes dans l'arrière-pays niçois pour enregistrer ce qui donne son premier LP personnel, Wet Dream (septembre 1978).

Wet Dream suit de quelques mois le premier album solo, éponyme, de David Gilmour (mai 1978) enregistré au même endroit et à la même période.

Chat échaudé craignant l'eau, Rick Wright, pour réaliser Wet Dream, s'entoure de musiciens proches et sur lesquels il peut compter pour entretenir un bon climat participatif pendant les sessions.

Parmi eux, le futur Thin Lizzy Snowy White, guitariste de studio que Pink Floyd a préalablement engagé pour suppler David Gilmour en tournée, Reg Isadore, batteur de l'entourage de Robin Trower, le bassiste Larry Steele (Cat Stevens, 38 Special) et Mel Collins, un saxophoniste au passé de King Crimson, Camel et Alan Pasons Project.

Album très sous-estimé à sa sortie mais réhabilité depuis, Wet Dream, intégralement composé par Wright, est enregistré en une semaine ; des problèmes d'overdub nécessitent toutefois de prolonger le séjour en studio. L'ambiance du disque est plutôt jazz-rock, brodée autour d'un lot de 10 titres mélancoliques dont 6 instrumentaux.

Pendant que Pink Floyd se retrouve autour de The Final Cut, Richard Wright démarre un projet avec Dave Dee Harris (Identity/Harvest - 1984) sous l'identité de Zee. Ce n'est pas une grande réussite, seuls les vrais fans peuvent s'en satisfaire.

Rick wright torry clare portrait

« Quelques mois plus tard, j'étais dans un magasin et je vois ce disque de Pink Floyd. J'ouvre la pochette et je vois mon nom sur The Great Gig In The Sky ! J'écoute alors le morceau et waouh, ils avaient tout gardé ! Un peu plus tard, j'ai retravaillé avec Alan Parsons, qui m'a dit : au fait, tu sais que l'album est un carton? - Quel album? - Darkside Of The Moon, de Pink Floyd !! Il se vend partout ! » (Clare Torry)

Retour dans Pink Floyd...

Roger Waters parti de Pink Floyd en 1985, Rick Wright en revient par la petite porte pour participer à A Momentary Lapse Of Reason (septembre 1987), initialement prévu pour être le troisième LP de David Gilmour. Encore faut-il que Franka, la nouvelle madame Wright depuis 1984, fasse des pieds et des mains auprès de Gilmour pour que ce dernier puisse y associer son mari.

Une fois les problèmes contractuels levés, le guitariste accepte de bonne grâce, ses liens avec Wright ayant toujours été très étroits. Pour contourner les contraintes légales, Rick Wright est intégré en qualité de musicien de sessions (février 1987) où il se résout à quelques implications a minima.

Gilmour s'aperçoit bien vite que l'apport de son ami est un plus à tous les niveaux : état d'esprit, conseils, renforcement de la fronde anti-Waters (Nick Mason est également de l'opération). De batailles juridiques en batailles juridiques, David Gilmour obtient gain de cause quant à l'utilisation du nom, plusieurs mois après la publication de ce treizième album crédité à Pink Floyd. La machine est relancée.

mais de manière marginale.

Le trio Pink Floyd travaille alors sur la bande-son d'une vidéo, la Carrera Panamericana (1992), laquelle réunit des morceaux composés spécialement à cet effet ; ils sont les premiers titres enregistrés en studio depuis le retour de Rick Wright.

Le claviériste, toujours placé sous un statut marginal, est co-crédité à l'écriture sur 5 des 11 titres du deuxième LP de Pink Floyd sans Waters, The Division Bell (mars 1994). N'étant pas contractuellement membre du groupe et trouvant sa situation personnelle injuste, Rick Wright est tellement perturbé qu'il envisage un moment de renoncer à participer à la réalisation de l'album.

Il fait néanmoins contre fortune, bon cœur et se range à l'unique proposition possible, à savoir le créditer au songwriting. Son nom apparaît ainsi derrière les instrumentaux Cluster One et Marooned, What You Do Want From Me, Wearing The Inside Out (il chante) et Keep Talking. C'est une première depuis Wish You Were Here (1975). The Division Bell atteint les premières places du Billboard et des charts britanniques. Au Royaume-Uni, il y passe 51 semaines.

Une tournée de 59 dates s'engage derrière, qui s'achève le 29 octobre 1994. Pink Floyd, avec Rick Wright et Gary Pratt (basse), son gendre. Dernière réunion du groupe avant longtemps (2 juillet 2005 et Live 8 qui scelle le retour de Waters), elle donne lieu à l'album PULSE (1995).

Broken China, autre pièce sous-estimée.

Rick Wright profite de cette trêve pour enregistrer son deuxième album personnel. Broken China (novembre 1996), très floydien, est aussi son dernier. L'artiste y dépose quelques magnifiques pièces à l'image de Night Of A Thousand Furry Toys, Breakthrough, Satellite, Woman Of Custom, Far From The Harbour Wall.

Autant sous-estimé que Wet Dream, ce disque auquel collaborent Anthony Moore (songwriting), Sinead O'Connor (Breakthrough et Breaking Water) et notre batteur national Manu Katché, mérite incontestablement un nouveau regard.

The Endless River : l'hommage posthume de Gilmour.

Après une carrière si chichement fournie, Richard Wright s'accorde un long repos, mis à profit en naviguant et se posant aux Iles Vierges. Trois ans après avoir été opéré d'une cataracte (2005) qui le prive de la cérémonie d'intronisation de Pink Floyd au Rock And Roll Hall Of Fame, il s'éteint d'un cancer, le 15 septembre 2008. Grâce à son ami de toujours, David Gilmour, il réapparaît à titre posthume sur l'album The Endless River (2014), monté avec des titres hérités des sessions de The Division Bell.

L’ombre de Rick Wright, dont l’apport a été fondamental et l’éviction par Waters préjudiciable à l’unité de Pink Floyd, plane sur cet album qui lui est dédié.

Dans ses quatre suites instrumentales (avec quelques rares rajouts vocaux) d’une quinzaine de minutes, on retrouve, non pas le Pink Floyd sombre et réduit à la seule personnalité de Waters, mais l’autre, celui plein de douceur et de sensibilité que l'on a tant aimé et qui se nourrit du formidable talent musical de ce fabuleux claviériste (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S PINK FLOYD.

LP Studio 1 - 1967

 

Pink floyd the piper 67

 

PINK FLOYD

THE PIPER AT THE GATES OF DAWN – 1967  5/5

 

Publié en août 1967.

Produit par Norman Smith.

Durée:42:00.

Label:Columbia/Tower.

Genre:rock psychédélique,folk psychédélique.

 

Délirium Barretien.

 

Les dernières images de Syd Barrett circulant sur le net ont un côté pathétique. Etique dans son Marcel trop grand ou le regard inquiet à l'idée d'ouvrir la porte à un inconnu, qui peut s'imaginer que cet être prématurément vieilli, chauve et ployant sous le poids d'une cinquantaine qui en paraît bien plus, est, avant d'être un naufragé du rock, l'homme qui a donné l'impulsion au légendaire Pink Floyd, l'artiste qui lui a permis de décoller pour avoir été le maître d'oeuvre du premier album du groupe ?

Un album psychédélique incontournable sorti en août 1967 et dont le rock a eu du mal à se remettre : The Piper at The Gates of Dawn.

Ce premier disque à la pochette kaléidoscopique et à l'intitulé référant au roman de Kenneth Grahame, Le vent Dans Les Saules, émane essentiellement du cerveau égaré et embrumé de son chanteur et guitariste, gros consommateur de LSD. Construit comme une succession de petites histoires hallucinées, il propose une sorte de voyage musical et sonore maîtrisé mêlant poésie, magie, fantastique et psychédélisme.

Petit space-opéra culminant au-delà de 4 minutes, le planant Astronomy Domine, que Pink Floyd avec ou son Barrett reprendra souvent sur scène, est le fleuron de ce disque étonnamment privé de deux des pièces maîtresses du répertoire de Syd Barrett, les singles Arnold Layne et See Emily Play.

Astronomy Domine est son hymne. Magnifiquement élaboré, superbement structuré, Astronomy Domine est loin de traduire le désordre mental affectant son auteur; il ne laisse en rien deviner l'état psychique qui s'annonce et qui amène le groupe à se passer de lui.

Ce disque, par ailleurs très complexe, est un vrai joyau psychédélique, mais il est surtout la vision enfantine du psychédélisme façon Barrett. Pas sûr que l'on apprécie du premier coup une oeuvre très éloignée du catalogue psychédélique et progressif que Pink Floyd a développé à sa suite. Pourtant, il faut en être, Pink Floyd a décollé ici et grâce à son génial déjanté, parti ensuite dans une longue et interminable dérive (RAZOR©).


1. Astronomy Domine.
2. Lucifer Sam.
3. Matilda Mother.
4. Flaming.
5. Pow R. Toc H.
6. Take Up This Stethoscope And Walk.
7. Interstellar Overdrive.
8. The Gnome.
9. Chapter 24.
10. Scarecrow.
11. Bike.
 

Syd Barrett:chant,guitare.
Nick Mason:batterie.
Richard Wright:orgue,piano.
Roger Waters:basse,chant.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Pink floyd a saucerful of secrets

 

PINK FLOYD

A SAUCERFUL OF SECRETS – 1968  3,5/5

 

Publié en juin 1968.

Produit par Norman Smith.

Durée:39:24.

Label:Columbia,EMI.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,space rock.

 

Un Floyd à cinq feuilles.

 

Pink Floyd en est seulement à son deuxième album que, déjà, le bateau se met à tanguer en raison de la propension de Syd Barrett, alors indiscutable leader du groupe, à trop se consumer dans le L.S.D.

Incapable d’assurer le rôle qui lui est dévolu au sein de la formation, inapte à se gérer face au public, renfermé sur lui-même, le génial compositeur schizophrène est montré du doigt par ses petits camarades, peu enclins à continuer l’aventure avec un tel illuminé.

Oui mais, on ne vire pas Barrett comme on se sépare du pékin lambda. Barrett, c’est le fondateur du Floyd et celui qui a couvert de ses premiers lauriers leur musique. Il n’est qu’à se référer au Piper At The Gates Of Dawn précédent, enluminé par la créativité de Syd, pour constater que son éviction serait lourde de conséquence à l’heure d’attaquer A Saucerful Of Secrets (en écoute intégrale ici), le deuxième volet du catalogue (1968).

D’où l’idée d’intégrer, par petites touches et au trio encore réellement actif, constitué de Waters, Wright, Mason, son remplaçant  David Gilmour (Jeff Beck fut également pressenti), ainsi que celle de conserver Barrett, mais en le délestant des tâches d’écriture, en le réduisant à la portion congrue.

Cette dernière se cantonne à une discrète contribution guitaristique sur le triste et prophétique Jugband Blues qui lui appartient (le seul où son nom est mentionné), Remember The Day, Set The Controls et (sous réserve) sur Corporal Clegg. La pitance est maigre, le procédé discutable, mais Barrett doit s’effacer, tant il pourrit la vie du groupe et disjoncte. Pink Floyd a décollé grâce à lui, mais ne peut se compromettre à continuer avec.

On lui prête l’anecdote selon laquelle il était prêt à introduire dans la formation, une chanteuse, un saxophoniste et un banjoïste. Effectivement, c’est sérieux…

Ainsi décapité et restructuré, Pink Floyd poursuit une route que la rumeur de la recherche d’un guitariste additionnel et de la rupture probable et imminente avec Barrett, annonce comme obstruée, faute d’avoir mis la main sur le pluridisciplinaire idéal qui sache chanter, manier la guitare et surtout composer.

Le nouvel entrant, Gilmour, semble avoir le profil sur deux points : il joue merveilleusement de la guitare, s’en sort honorablement au chant, mais quid du songwriting ? On ne remplace pas une force créatrice comme Barrett en claquant des doigts, auteur de l’entièreté de l’album précédent.

A l’heure d’entrer en studio pour Saucerful Of Secrets, c’est un dilemme pesant et perturbant qui habite le Floyd. Son titre ne sonne-t-il pas comme un appel au secours ? Saucerful Of Secrets: S.O.S. Il s’en faut de peu que ce Pink Floyd divisé et endetté jusqu’au cou ne splitte à ce niveau de leur carrière.

Wright était alors prêt à quitter le groupe si Barrett avait été évincé et en état mental de continuer. Comme quoi, une légende ne tient parfois qu’à un fil.

La sortie de Saucerful Of Secrets (le seul album à recenser un line-up à 5 membres) va vite révéler que Roger Waters est le nouveau big boss dans la maison et surtout, qu’il est l’architecte de ce disque, commencé sans Gilmour et encore embryonnaire (il ne touchera que 300 livres pour sa participation).

Avec ses assesseurs Wright et Mason, Waters réinvente alors le Floyd et l’emmène dans une autre direction, tout en veillant à ne pas humilier Barrett, pour lequel il est un moment envisagé d’en faire un compositeur en coulisse.

Les spectateurs privilégiés du fameux concert gratuit de Hyde Park (29 juin 1968) assistent, dans la même semaine que la publication du N° 2, au témoignage tangible d’un Floyd prometteur, relancé, et au style désormais nouveau. Preuve que la nouvelle équipe en a sous la coiffe, même si elle reste très influencée par l’artiste mis sur la voie de garage.

Résultat des courses : ce qui est supposé être un travail transitoire se révèle constituer une pièce maîtresse du catalogue des anglais, en dépit d’un son pas toujours au niveau. L’atmosphère dans laquelle nous convie A Saucerful Of Secrets est le reflet de l’étrangeté, de la nuisibilité de la situation collant aux sessions en studio ; le folk psychédélique d’hier s’efface au profit d’une musique raisonnablement expérimentale, plus space-rock, plus puissante, mais aussi plus difficile d’accès, plus obscure, plus mystérieuse, qui sert de support aux titres tourmentés et parfois violents de Waters.

Waters se découvre une âme de songwriter et livre un extraordinaire et planant instrumental de 12 minutes, le fameux et avant-gardiste Set The Controls For The Heart Of The Sun. Avec le morceau titre, ils sont très représentatifs de cette évolution artistique et caractéristique du Floyd qui tourne le dos à l’époque Barrett.

Rajoutez-y le céleste Remember The Day, écrit par le talentueux, l’inoubliable mais méconnu Rick Wright, ainsi que l’autobiographique JugBand Blues, ultime et touchant témoignage de Syd Barrett, qui fait référence à sa mise sur la touche du groupe et à ses problèmes induits par les drogues.

Pour un album fait dans le dur et dans la douleur, dans un contexte lourd et tragique, A Saucerful Of Secrets mérite le meilleur des respects, la plus grande considération. Il est une pierre angulaire de la musique rock et on en arrive, aujourd’hui encore, à sous-estimer son importance alors qu’il est un élément-clé dans la carrière du Floyd, ne serait-ce que par le lien qu'il établit entre les versions Barrett et après Barrett (RAZOR©).

 

1. Let There Be More Light.
2. Remember A Day.
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun.
4. Corporal Clegg.
5. A Saucerful Of Secrets.
6. See-Saw.
7. Jugband Blues.

 

Syd Barrett:guitare,chant.
David Gilmour:guitare,chant.
Roger Waters:basse.
Rick Wright:claviers.
Nick Mason:batterie.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Pink floyd more

 

PINK FLOYD

ORIGINAL SOUNDTRACK FROM THE FILM MORE – 1969  3,5/5

 

Publié en juin 1969.

Produit par Pink Floyd.

Durée:44:56.

Label:EMI,Columbia.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,hard rock.

 

Pink Floyd en opération commandée.

 

En 1969, Pink Floyd a acquis une renommée qui va au-delà des cercles culturels traditionnels. Sa flatteuse réputation lui vaut d’être contacté par le cinéma. En fait, par Barbet Schroeder, réalisateur français, qui voit en eux les seuls musiciens capables de faire coller la musique qu’il a en tête, aux images servant de base à son film.

Le film est depuis devenu culte ; More relate une triste histoire d’amour sur fond de drogue et sous le soleil d’Ibiza, lieu de villégiature des hippies de la fin des sixties.

Enregistré dans les studios londoniens de Pye, Pink Floyd n’a jamais vu le film monté pour créer cette musique, se contentant alors des rushes. En huit jours, Waters, Wright, Mason et Gilmour bouclent l’affaire : écriture de la bande-son, enregistrement et mixage. De la pure folie, qui pourrait laisser supposer que le travail commandé est traité avec désinvolture. Pas de ça ici, désolé.

Cependant, la restitution de ce qui figure sur ce disque sorti en juillet 1969, diffère beaucoup de ce que le film propose. La majorité des chansons sont coupées (Cirrus Minor, Green Is The Colour…) ou jouées en fond sonore, pour ne pas que la musique supplante certains passages.

More est alors prévu pour durer quatre heures ; il sera finalement de moitié et deux plages ne figurent que sur le film (dont Seabirds). More (le disque) fait une belle carrière en Angleterre, où il niche à une honorable neuvième place des charts, mais More (le film) n’y sera jamais diffusé. Par contre, les américains lui réservent un bel accueil. En France, il est un excellent outil de promotion de la tournée que Pink Floyd prépare.

L'album retient 13 titres variés, très floydiens, dont certains déjà grands, qui ne donnent jamais l’impression de servir de filigrane à un film ; à l'écoute et au regard de la structure cohérente de ses plages, on peut même croire qu'il s'agit d'un travail classique du groupe.

Partagé entre 7 instrumentaux et 6 chansons, More fait son petit effet malgré l'environnement très particulier qui colle généralement aux B.O. et disques pour le cinéma. Pink Floyd transforme ce disque commandé en une œuvre à part entière de sa discographie.

L’exploit n’est pas peu mince à une période où les anglais se relèvent à peine du traumatisme Barrett. Ce que Pink Floyd réalise ici, est de très bonne tenue. Ne voyez donc pas ce disque comme une musique de film uniquement (RAZOR©).


1. Cirrus Minor.
2. The Nile Song.
3. Crying Song.
4. Up The Khyber.
5. Green Is The Colour.
6. Cymbaline.
7. Party Sequence.
8. Main Theme.
9. Ibiza Bar.
10. More Blues.
11. Quicksilver.
12. A Spanish Piece.
13. Dramatic Theme.

 

Roger Waters:chant,basse.
David Gilmour:guitare,chant.
Nick Mason:batterie.
Rick Wright:claviers.

 

LP Hybride (Studio/Live) 4 - 1969

 

Pink floyd ummagumma

 

PINK FLOYD

UMMAGUMMA- 1969  3,5/5

 

Publié en octobre 1969.

Partie live enregistrée le 27 avril 1969 au Mothers Club de Birmingham et le 2 mais 1969 au Manchester College Of Commerce.

Produit par Pink Floyd, Norman Smith.

Durée:86:07.

Label:Harvest,Capitol.

Genre:rock progressif,rock psychédélique,rock expérimental.

 

Disparate, complexe et parfois rébarbatif.

 

Saucerful Of Secrets a fait la démonstration que Pink Floyd pouvait exister dans le sillage de la mise à l'écart de son maillon fort du premier LP, hélas mis à mal par les prises de LSD trop répétitives. Syd Barrett écarté, peu de fans auraient misé, ne serait-ce qu'une modeste livre, sur le devenir de Pink Floyd. Sans Barrett, Pink Floyd s'en est sorti honorablement au point d'être sollicité par le cinéma pour les besoins de More. Une fois encore, il rend une copie propre, permettant d'envisager un futur heureux sous l'égide de Roger Waters, d'autant que tous les acteurs plongent dans l'écriture.

L'implication sur Ummagumma (en écoute intégrale ici) est collégiale, mais la réalisation de chacune des parties est indépendante. Chacun pour soi en fait, car Gilmour qui n'avait alors composé qu'un modeste titre pour l'album More, s'est vu refuser l'assistance qu'il demandait à Waters.

Pour la partie studio s'entend, car en ce qui concerne celle live, enregistrée entre Birmingham et Manchester en juin 1969, on a le plaisir de retrouver la plume de Barrett via Astronomy Domine, que Pink Floyd a pour bonne habitude de reprendre sur scène.

Il précède deux titres empruntés à Saucerful Of Secrets (le planant Set The Control For The Heart Of The Sun et A Saucerful Of Secrets) et le flippant instrumental Careful With That Axe Eugene, un morceau emblématique du groupe qui l'interprète systématiquement lors de ses concerts entre 1968 et 1973, avant de réapparaître en 1977.

D'abord portée par une basse dominante et répétée, des cris plaintifs, un orgue lancinant, ses cymbables à peine effleurées, Careful With That Axe Eugene explose soudainement en une déferlante sonore qu'impulse un hurlement bestial de Waters, avant de retrouver l'apaisement initial. Avec le recul, il est regrettable que le son ne soit pas des meilleurs car on tient dans ce quatrain live une des rares prestations scéniques du Floyd de la grande période. Le groupe affiche ici une belle puissance.

La partie studio est plus expérimentale, chaque membre ayant son propre espace pour s'exprimer sans limites ou délirer. Elle est aussi plus étonnante, surtout de son temps.

L'album, grand prix de l'Académie Charles Cros 69 chez nous, est assez disparate. Outre les 4 pièces en public qui méritent que l’on dépense quelques euros pour ce disque, l'auditeur peut se sentir largué par la deuxième partie de l’album qui est un concentré d’expérimentations, partie dans laquelle les Floyd se lâchent dans une anarchie effrayante de sons venus de nulle part, de délires musicaux déjantés. C'est souvent complexe et prétentieux, parfois rébarbatif. Même leurs auteurs n'en sont pas fans, c'est dire. Pour avoir tenté : 3,5/5 (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Astronomy Domine.

2. Careful With That Axe, Eugene.

 

Face 2.

3. Set The Controls For The Heart Of The Sun.

4. A Saucerful Of Secrets.

 

Face 3.

1. Sysyphus (Part 1).

2. Sysyphus (Part 2).

3. Sysyphus (Part 3).

4. Sysyphus (Part 4).

5. Grantchester Meadows.

6. Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict.

 

Face 4.

1. The Narrow Way (Part 1).

2. The Narrow Way (Part 2).

3. The Narrow Way (Part 3).

4. The Grand Vizier's Garden Party (Entrance).

5. The Grand Vizier's Garden Party (Entertainment).

6. The Grand Vizier's Garden Party (Exit).

 

David Gilmour:guitare,chant,batterie,basse.

Roger Waters:basse,chant,guitare.

Nick Mason:batterie,percussions.

Rick Wright:mellotron,claviers,percussions,guitares.

Lindy Mason:flûte.

 

LP Studio 5 - 1970

 

Pink floyd atom heart mother

 

PINK FLOYD

ATOM HEART MOTHER – 1970  3,5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Pink Floyd,Norman Smith.

Durée:52:06.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif,rock symphonique,rock psychédélique.

 

Y a Meuh, mais c'est plus cher.

 

D’Atom Heart Mother et de son auteur, Pink Floyd, vous n’en verrez rien sur la pochette. C’est la raison pour laquelle on appelle généralement ce LP, l’album à la vache (à ne pas confondre avec le Läther de Zappa qui a fait une parodie de la pochette).

Cinquième disque studio (6ème si l'on compte More), 5 titres et une cinquantaine de minutes d’écoute. Le chiffre 5 leur va bien car ce disque, s’il n’est pas leur meilleur, a de la gueule. Par contre, il est certainement leur plus atypique, leur plus énigmatique aussi.

Atom Heart Mother, sorti dans les bacs à l'automne 1970, dénote de la créativité, les expérimentations animent alors les travaux de la formation anglaise. Il en résulte une musique conceptuelle (avec la collaboration de Ron Geesin, présenté par Mason à Waters), complexe, élaborée, pas facile d’accès pour le profane, dans une ambiance tantôt violente, tantôt lourde et pesante, oppressante, parfois lugubre, surtout sur le morceau instrumental éponyme de plus de 23 minutes qui, à lui seul, occupe la face A de la galette d’origine.

L’autre face de 28 minutes est complètement différente et composée de morceaux assez inégaux, comme If (avec Roger Waters au chant), un poème acoustique, comme l’entraînant et mélodique Summer 68 (Rick Wright au chant), simultanément doux puis plus brutal, comme Alan’s Psychedelyc Breakfast, décalé et sympa (13 minutes de délire instrumental qui ne rajoutent rien au succès des Floyd), comme la composition touchante qu’est Fat Old Sun, signée et chantée par David Gilmour.

Atom Heart Mother est un album réussi mais réservé aux seuls initiés du Floyd. Pour les néophytes, certains intermèdes d’Alan’s Psychedelic Breafast pourraient les faire lâcher l’affaire avant la fin de l’écoute.

Pink Floyd en était encore au stade expérimental et c’est parfois difficile à assimiler. Atom Heart Mother trace le sillon du succès du Pink Floyd des années 70 et qui le fera entrer dans la légende de la musique (RAZOR©).

 

1. Atom Heart Mother.

2. If.

3. Summer 68.

4. Fat Old Sun.

5. Alan’s Psychedelic Breakfast.

 

David Gilmour:guitares,chant.

Roger Waters:basse,chant.

Richard Wright:claviers,chant.

Nick Mason:batterie.

 

LP Studio 6 - 1971

 

Pink floyd meddle

 

PINK FLOYD

MEDDLE – 1971  5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Pink Floyd.

Durée:46:45.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif.

 

Une thérapie à lui tout seul !

 

Que cet album (transitoire) est sobre et efficace ; le seul argument qu'on puisse objecter à Meddle (en écoute intégrale ici), sixième volume du catalogue Pink Floyd en tenant compte de More, c'est d'être trop court, au regard de la beauté qu'il véhicule et du plaisir qu'il génère ; on aurait aimé que son côté récréatif et délassant dure plus longtemps. Echoes, c'est une thérapie contre le stress à lui tout seul. Son remboursement devrait être pris en charge par la Sécu.

L’instrumental et déjanté One Of These Days (quelle rythmique du diable !) ouvre Meddle; d'entrée, son rythme vous scotche. Il est la pièce principale du disque avec Echoes. Ces deux pépites méritent le carton plein, les 6 étoiles.

Sorti en 1971, Meddle marque la mutation de la musique d'un groupe tournant le dos au rock psychédélique au profit d'un rock plus progressif. Les fans anglais apprécieront, ceux américains un peu moins.

Outre les deux perles citées ci-dessus, on retrouve sur Meddle des titres acoustiques moins illustres, mais très travaillés comme la douce ballade hip' A Pillow Of Winds qu'aucun baba-cool ne renierait, Fearless qui s'achève sur l'hymne renversant du Liverpool Football Club, You’ll Never Walk Alone, repris en chœur par ses supporters, l’étonnant et chaloupé morceau jazzy San Tropez (où Gilmour jouait en passant le chapeau à ses débuts), de même que l’amusant blues gentillet Seamus (avec en vedette le chien de Steve Marriott d’Humble Pie).

L'envoûtant Echoes occupe à lui seul toute la face B du vinyle, fort de sa longueur (23 minutes). Le groupe passe 6 mois sur cette piste inspirée percluse de riffs énormes. Ce morceau anthologique, a des tripes. Il est un cocktail de sensualité et de souffrance.

Lumineux, cosmique, inspiré, novateur, avec un Gilmour dont le jeu de guitare atteint ici sa plénitude et qui montre sa grande maîtrise de l'instrument, Echoes invite au voyage spatial. Les sublimes lignes de claviers de Rick Wright confortent le constat qu'Echoes est une des plus belles compositions que Pink Floyd ait jamais imaginée.

Cohérent, plus en tout cas que Atom Heart Mother qui le précède chronologiquement, Meddle est un travail d’équipe et chacun y est même allé de son écriture.

Difficile de ne pas être enthousiaste pour Meddle qui installe les fondements de Dark Side Of The Moon. Chaque note se consomme sans modération. Le chef d'oeuvre des chefs d'oeuvres s'annonce ; il est là à quelques encablures. Mais ça c'est une autre histoire : la prochaine, si vous le voulez bien (RAZOR©).

 

1. One Of These Days.

2. A Pillow Of Winds.

3. Fearless.

4. San Tropez.

5. Seamus.

6. Echoes.

 

David Gilmour:guitare,chant,basse.

Roger Waters:chant,basse.

Nick Mason:batterie,voix sur 1.

Rick Wright:orgue,piano,chant.

 

LP Studio 7 - 1972

 

Pink floyd obscured by clouds

 

PINK FLOYD

OBSCURED BY CLOUDS – 1972  3/5

 

Publié le 2 juin 1972.

Produit par Pink Floyd.

Durée:40:30.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif,B.O film.

 

Pas aidé par le film, pris entre deux feux.

 

Pris en sandwich entre le populaire Meddle et l’incontournable Dark Side Of The Moon, de surcroit musique de film (La Vallée de Schroeder, qui lui avait préalablement commandé More), il n’en fallait pas plus pour étouffer dans l’œuf Obscured By Clouds (1972) et lui coller au train une étiquette de disque mineur.

De ce fait, il est certainement le moins connu du catalogue. Je n’irai pas jusqu’à en faire le pestiféré de la production des anglais, mais bon… faut dire que les bons titres à se coltiner ne se bousculent pas au portillon et que la matière est globalement oubliable, malgré une implication collective que le groupe n’a jamais eu jusqu’alors.

Deux sessions d’une semaine chacune, avant et après leur tournée express au Japon, sont nécessaires au Floyd pour composer et enregistrer la bande-son. Les studios Strawberry du château d’Herouville, le Honky Château comme le qualifie Elton John, servent de cadre à ce projet destiné au film La Vallée, bien accueilli dans l’hexagone.

Ailleurs, il n’en va pas de même, l’histoire de l’éveil spirituel d’une jeune fille en Papouasie-Nouvelle Guinée ne passionnant pas les foules. Obscured By Clouds vaut essentiellement par l’instrumental Obscured By Clouds, When You’re In, Childhood’s End, The Gold It’s In The, Free Four (Waters y évoque la pression d’une tournée) et Stay.

Le reste est plan-plan, passe-partout, ne marque pas les esprits et s’oublie rapidement. Le film étant un cuisant échec commercial, il n’a pas favorisé la promotion de la musique, contrairement à son homologue More (RAZOR©).

 

1. Obscured By Clouds.
2. When You're In.
3. Burning Bridges.
4. The Gold It's In The...
5. Wot's...uh The Deal.
6. Mudmen.
7. Childhood's End.
8. Free Four.
9. Stay.
10.
Absolutely Curtains.

 

David Gilmour:chant,guitares.
Roger Waters:chant,basse.
Richard Wright:claviers,chant.
Nick Mason:batterie.

 

LP Studio 8 - 1972

 

Pink floyd dark side 1

 

PINK FLOYD

THE DARK SIDE OF THE MOON – 1973  5/5

 

Publié en mars 1973.

Produit par Pink Floyd.

Durée:42:54.

Label:Harvest,EMI,Capitol.

Genre:rock progressif.

 

Torry...de.

 

Sorti en 1973, The Dark Side Of The Moon (en écoute intégrale ici) de Pink Floyd, 7ème album, est demeuré 741 semaines dont 591 consécutives dans les charts américains. Donc, nous détenons là un album qui relève de l'exceptionnel. Du culte même, n'ayons pas peur des mots.

Plus on connaît cet album et plus on l’aime. On y évoque le travail (Breathe), l’argent (Money), la vieillesse (Time), la guerre (Us And Them), la folie (Brain Damage) et la mort (The Great Gig in the Sky).

The Dark Side of The Moon est un album où chaque morceau dépend de son précédent et de son suivant. C’est un tout. Qui plus est, chaque titre est un monument !

Dans le désordre, j’en veux pour preuve le géantissime The Great Gig in the Sky, une improvisation signée de la choriste Clare Torry (c’est Torry…de, car ça ressemble fortement à un orgasme) dont les consignes étaient de penser uniquement à la mort et à l’horreur durant l’enregistrement.

Relevons aussi la mélancolie de Brain Damage, un hommage musical tourmenté conclu par des rires et des refrains (tout l’univers de Syd Barrett et de sa parano), On the Run aux effets de synthé, Money et sa caisse enregistreuse ou Time et ses sonneries rappellant que Pink Floyd faisait partie des groupes précurseurs en matière de musique électronique. C’est innovant pour l’époque, ces effets sonores.

Ne perdez pas de vue que tout se faisait à l’os, autrement dit sans les possibilités numériques actuelles. Ecoutez-moi ça au casque et vous m’en direz des nouvelles ! The Dark Side of The Moon a touché toutes les générations et ne laisse pas insensibles les jeunes d’aujourd’hui.

Génial, grandiose, intemporel, indémodable, perle rare… on pourrait user de tous les dithyrambes qu’on serait encore loin de la réalité. Ce disque, c’est toute ma vie ! (RAZOR©).

 

1. Speak To Me/Breathe.

2. On The Run.

3. Time.

4. The Great Gig In The Sky.

5. Money.

6. Us And Them.

7. Any Colour You Like.

8. Brain Damage.

9. Eclipse.

 

David Gilmour:chant,guitare,synthétiseur.

Nick Mason:percussions,batterie.

Roger Waters:basse,chant,synthétiseur.

Richard Wright;claviers,chant,synthétiseur.

Dick Parry:saxophone sur 5/6.

Clare Torry:chant sur 4,choeurs.

Lesley Duncan,Barry St.John,Liza Strike,Doris Troy:choeurs.

 

LP Studio 9 - 1975

 

Pink floyd wish you were here sleeve1

 

PINK FLOYD

WISH YOU WERE HERE – 1975  5/5

 

Publié en septembre 1975.

Produit par Pink Floyd.

Durée:44:28.

Label:Harvest,Capitol,Columbia.

Genre:rock progressif.

 

Une longue caresse auriculaire.

 

L’album-concept Wish You Were Here (en écoute intégrale ici) est une oeuvre majeure de la discographie de Pink Floyd. Incontournable, il est le 11ème album du groupe, sorti en 1975. Pink Floyd a déjà tout connu : la gloire, l’argent, les filles, la vie de rock stars.

Partant de là et pour faire suite au cultissime Dark Side Of The Moon, comment se remotiver quand tensions relationnelles et  divergences artistiques assombrissent le quotidien du groupe ? Est-il possible, à défaut de faire mieux, de faire aussi bien alors que la division se fait jour ? D'ailleurs Pink Floyd, à deux doigts de se séparer, a-t-il des raisons particulières de continuer alors qu'il est à son apogée ?

C'est possible et la raison pour laquelle Pink Flod prolonge un peu, c'est justement la peut du vide après The Dark Side Of The Moon. La preuve de la pertinence de sa décision réside dans cette merveille d'oeuvre qu’est Wish You Were Here dont la figure de proue est le titre hommage au fondateur du groupe Syd Barrett et intitulé Shine On You Crazy Diamond, scindé en 2 pièces (et en 9 parties), une introductive (1 à 5), l'autre finale (6 à 9). Sa thématique porte sur l'absence, autre grand questionnement du groupe ici avec la désillusion de Pink Floyd envers l'industrie du disque et du Show-Biz, traduite par Have A Cigar et chantée par un inconnu du nom de Roy Harper, présent ponctuellement dans le studio.

Remplacé en 1968 par Gilmour, Syd Barrett est alors encore très présent dans l'esprit de ses anciens partenaires. Toute la tristesse, l'admiration et le chagrin d'avoir vu ce talentueux collaborateur s'égarer dans la dope et la dépression, est ici exprimée. Fabuleux !

C'est possible, disais-je, mais il fallut pour cela se remettre sans attendre au travail. Ce qui fut fait, le label se chargeant de mettre la pression et de souffler sur les braises pour que le succès gigantesque de The Dark Side Of The Moon ne retombe pas. L'accouchement de cet album harmonieux fut toutefois difficile et long en raison des conflits internes.

A sa parution, la critique, encore sous le choc de l'album mythique précédent, est mitigée, mais le succès de l’album de ce groupe majeur est immédiat (N°1 des deux côtés de l'Atlantique), alors que The Dark Side Of The Moon figure toujours en bonne place dans les classements et dans les cœurs. Abouti et accessible, épuré, empli d'émotions, le sombre et mélancolique Wish You Were Here est encore une grosse production commerciale et toujours un grand moment d'émotions.

L'histoire dit que pendant son enregistrement, un homme que personne n'identifie dans un premier temps, pousse la porte du studio. Chauve, les sourcils rasés, bouffi, mal fagoté, Syd Barrett, le diamant fou en question, n'est plus que l'ombre de lui-même. Tout le respect de ses pairs à son égard se concentre dans cet album (RAZOR©).

 

1. Shine On You Crazy Diamond (Parts 1/5).

2. Welcome To The Machine.

3. Have A Cigar.

4. Wish You Were Here.

5. Shine On You Crazy Diamond (6/9)

 

David Gilmour:chant,guitare acoustique,guitare électrique,lap steel guitare,synthétiseurs,effets sonores.

Nick Mason:batterie,percussions,effets sonores.

Roger Waters:chant,basse,guitare acoustique,synthétiseurs,effets sonores.

Rick Wright:piano,piano électrique,orgue Hammond,synthétiseurs.

Dick Parry:saxophones sur 1.

Roy Harper:chant sur 3.

Venetta Fields,Carlena Williams:choeurs sur 1.

 

LP Studio 10 - 1977

 

Pink floyd animals

 

PINK FLOYD

ANIMALS – 1977  4/5

 

Publié en janvier 1977.

Produit par Pink Floyd.

Durée:41:41.

Label:Harvest,EMI.

Genre:rock progressif.

 

Convaincant, malgré les tensions.

 

Animals (1977) est sombre, puissant et parfois violent. Il reflète parfaitement l’atmosphère dépressive, pessimiste, triste à mourir qui sied à cette époque et à cette société qui l’occupe et qu’il prend pour cible avec froideur et virulence.

Il est la meilleure réponse aux punks et skins qui ont dans le collimateur ces dinosaures des sixties/seventies lesquels, pour ceux-ci, appartiennent désormais au passé. Les partisans du No Future haïssent plus particulièrement Pink Floyd.

Waters, qui ne prend pas la voie hiérarchique pour dire ce qu’il a sur la panse, se charge de recadrer tout ce joli monde. A sa manière, en contre-attaquant avec des chansons qui n’ont jamais été aussi mordantes, haineuses et furieuses. Il n’a pas besoin des autres pour régler ses comptes.

Waters exerce alors une telle domination sur Gilmour, Wright et Mason, que ces derniers en sont réduits à un rôle de comparses, étant quasiment écartés du processus de conception d’Animals.

La pochette, c’est Waters. L’idée du concept s’appuyant sur la Ferme Des Animaux de George Orwell, relatant un soulèvement communiste fomenté par des animaux et écornant au passage l’idéologie capitaliste, c’est Waters.

L’écriture (sauf Dogs écrit par Gilmour), c’est Waters. Rien ni personne ne peut changer quoi que ce soit, Waters n’étant pas du genre à s’en laisser compter. Wright dira même, plus tard, n’avoir pas cherché à y contribuer de quelque manière que ce soit, se contentant d’assurer dans les règles son écot instrumental. Pink Floyd est devenu le terrain d’expression du bassiste, le territoire pour y développer sa vision sombre et glaciale des choses. Et on ne peut pas lui donner tort, tant Animals est une réussite.

En coulisses, lentement mais sûrement, son ego surdimensionné commence à lasser et les tensions se font jour. Mais il reste la musique et Animals est une très grande performance.

Concept-album prenant appui sur 5 titres seulement, Animals gravite autour de Dogs, Pigs et Sheep (Wright fait bien le travail en introduisant merveilleusement le morceau), agrémentés de deux moitiés de Pigs On The Wing, qui ouvre et qui clôture le disque.

Dogs est la pièce maîtresse de l’album et est certainement le seul titre à faire valoir ici une implication à peu près collective du Floyd. D’où sa force. Quatre têtes valant mieux qu’une, le Floyd n’a jamais été aussi costaud et inspiré que quand ils font œuvre commune. C’est le cas pour Dogs (17 minutes) et ce sera la dernière fois.

Sheep, au final dantesque et aux riffs de guitare énormes, est l’autre poutre porteuse du répertoire d’Animals. Dogs et Sheep sont deux titres qui ont été abandonnés dans un premier temps, retravaillés dans une deuxième phase, pour retrouver une seconde jeunesse. Elles sont identifiables sous les appellations de Gotta Be Crazy pour Dogs et de Raving And Drooling en ce qui concerne Sheep.

Pigs, troisième élément mastoc du disque, en dépit du chant de Waters et d’un énergique final au couteau de Gilmour, ne tient pas toutes les promesses entrevues dès ses premières notes. Prises en sandwich entre les deux phases de Pigs On The Wing, qui ne sont autres qu’un doux message d’amour de Waters à sa femme Carolyne, Dogs, Pigs et Sheep, au son volontairement durci, traduisent parfaitement la morosité ambiante de cette période de troubles sociaux et de violence.

Dans son ensemble, la riposte cinglante de Waters touche sa cible. Par ce disque, le has-been (ou dinosaure) montré du doigt par la génération No Future prouve, si besoin est, qu’il en a encore dans la culotte. La presse, généralement la première à mener la fronde pour mettre au placard ces groupes de rock des années 70 et de rock progressif, lui réserve un excellent accueil.

Deux mots sur la pochette, bien plus croustillante en vinyle qu’en CD, soit-dit-en-passant : les bâtiments qui y figurent sont ceux de l’usine électrique de Londres (Battersea) qui servit de cadre également au Quadrophenia des Who, et le célèbre cochon gonflable planant entre les deux cheminées est allemand (construit dans les usines de Ballon Fabrik, créateur du Zeppelin) et s’appelle Algie (RAZOR©).


1. Pigs On The Wing (part 1).
2. Dogs.
3. Pigs (Three Different Ones).
4. Sheep.
5. Pigs On The Wing (part 2).

 

Roger Waters:chant,basse.
David Gilmour:chant,guitares.
Richard Wright:claviers.
Nick Mason:batterie.

 

LP Studio 11 - 1979

 

Pink floyd the wall

 

PINK FLOYD

THE WALL – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1979.

Produit par Bob Ezrin,David Gilmour,Roger Waters.

Durée:80:54.

Label:Harvest,Columbia,EMI,Capitol.

Genre:art rock,rock progressif.
 

Pink Floyd au pied du mur.
 

Un crachat de Roger Waters, de plus en plus réactif aux pressions extérieures, sur un surexcité du premier rang lors d’un concert des Floyd au stade Olympique de Montréal, dans le cadre de la tournée 77 de promotion d’Animals, a suggéré à son auteur l’idée de cet album d’anthologie. Ce soir-là, il semblerait, qu'outre le public assez indiscipliné, tout le monde soit à cran, puisque David Gilmour, pour manifester sa désapprobation envers un parterre agité, ne revient pas sur scène lors du rappel final.

La trame de The Wall (en écoute intégrale ici), 10ème album, double LP, vient de germer dans l'esprit de Waters, à savoir bâtir un mur entre le groupe et le public pour se protéger. La démo de Waters, par ailleurs inaudible, est soumise aux autres membres qui l’adoptent.

Il faut pas moins de huit mois et quatre studios différents pour enregistrer ce disque, sorti le 30 novembre 1979 et qui contient les chansons les plus lourdes, les plus durs d'un groupe alors au bord du gouffre financier et allégé d'un membre avec l'éviction de Rick Wright suite à un coup de tommel de Waters, auquel ce dernier reproche de ne pas assez s'impliquer. Tensions, tensions...

The Wall n’est pas un opéra-rock, ni un album-concept, ni une comédie musicale pas même un oratorio : c’est un amalgame de tout cela. Une chose est sûre : Pink Floyd a tourné le dos au psychédélisme, mais ça n'est pas une nouveauté, ce qui rend plus accessible ses 26 chansons dont 23 pour le seul Waters et 3 Gilmour/Waters dont Comfortably Numb et Run Like Hell. Elles gravitent autour du thème de l’enfermement.

Le ton est tantôt rock, tantôt plus calme et sombre, tantôt ballade, voire disco (Another Brick In The Wall II) avec cris, explosions, échos... Rien à redire.

C’est bien écrit, bien composé, poignant, cohérent.La pochette de l’album se veut sobre et représente un mur blanc immaculé, mur symbole de la non-communication. Hélas, Pink Floyd est au pied ce même mur et la suite s'annonce moins croustillante. Disque indispensable ! (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. In The Flesh.

2. The Thin Ice.

3. Another Brick In The Wall Part 1.

4. The happiest Days Of Our Lives.

5. Another Brick In The Wall Part 2.

6. Mother.

7. Goodbye Blue Sky.

8. Empty Spaces.

9. Young Lust.

10. One Of My Turns.

11. Don't Leave Me Now.

12. Another Brick In The Wall Part 3.

13. Goodbye Cruel World.


Disque 2.

14. Hey You.

15. Is There Anybody Out There ?

16. Nobody Home.

17. Vera.

18. Bring The Boys Back Home.

19. Comfortably Numb.

20. The Show Must Go On.

21. In The Flesh.

22. Run Like Hell.

23. Waiting For The Worms.

24. Stop.

25. The Trail.

26. Outside The Wall.


David Gilmour:chant,guitares,basse,séquenceur,synthétiseur,percussion.

Roger Waters:chant,basse,guitare,synthétiseur.

Nick Mason:batterie,percussion.

Rick Wright:piano,orgue,synthétiseur,clavinet.

Ron di Blasi:guitare classique sur 15.

Bob Ezrin:claviers.

James Guthrie:percussions,synthétiseur sur 8,séquenceur,batterie.

Bobbye Hall:percussion.

Islington Green School:choeurs sur 4.

Bruce Johnston,Toni Tennille,Joe Chemay,John Stoyce,Stan Farber,Jim Haas:choeurs.

Trudy Young:voix.

Freddie Mandel:orgue sur 1/21.

Frank Marrocco:concertina sur 21/26.

Jeff Porcaro:batterie sur 6.

Blue Ocean:caisse claire sur 18.

Lee Ritenour:guitare rythmique sur 10,guitare acoustique sur 19.

Trevor Veitch:mandoline.

Larry Williams:clarinette sur 26.

Brian Wilson:arrangements vocaux.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S

LP Studio 1 - 1978

 

Rick wright wet dream

 

RICK WRIGHT

WET DREAM – 1978  4/5

 

Publié en septembre 1978.

Produit par Richard Wright.

Durée:43:51.

Label:Harvest (U.K),CBS (U.S.A).

Genre:rock progressif,pop-rock.

 

L’évasion de Wright.

 

Wet Dream (en écoute intégrale ici), au titre ambigu, est le premier des deux albums solos du claviériste de Pink Floyd, le regretté Rick Wright (décédé en 2008). Il est publié en 1978, alors que le Floyd vient de passer entre les mains de Roger Waters, de sortir Animals, d'engager la tournée In The Flesh à sa suite. Le groupe s’octroie alors un répit, mis à profit par David Gilmour et Richard Wright pour réaliser leurs projets personnels.

Quasiment négligé à sa sortie, Wet Dream n'est pas sans rappeler le Floyd, Wright étant un élément majeur du son du groupe avec lequel il a fait l’essentiel de sa carrière.

Les fans de Pink Floyd apprécieront forcément ce Wright introspectif, sentimental, libéré du carcan nommé Waters, qui s’évade et qui souffle, qui donne libre cours, comme bon lui semble, à son talent de créateur. Plus précisément, le registre est pop jazzy, partagé en alternance entre des instrumentaux rehaussés de saxo et de guitare, de flûte (6) et ses ballades interprétées au clavier plutôt accrocheuses , à l'image de Against The Odds, écrite avec Juliette Gale-Wright, sa femme de l'époque.

Le casting des musiciens opérant sur ce disque est resserré autour d'acteurs fiables et très dans l'esprit collaboratif et collégial voulu par son auteur : Snowy White, aperçu sur une tournée précédente du Floyd et Mel Collins, saxophoniste de talent (on peut s’en rendre compte ici), qui collaborera avec Pink Floyd sur des projets à venir, figurent à l’appel de ce disque très accessible du réservé Rick Wright. Mélancolique, Wet Dream est excellent du début à la fin et je ne peux que vous inciter à faire dare-dare pour l’acquérir (RAZOR©).

 

1. Mediterranean C.

2. Against the Odds.

3. Cat Cruise.

4. Summer Elegy.

5. Waves.

6. Holiday.

7. Mad Yannis Dance.

8. Drop In from the Top.

9. Pink's Song.

10. Funky Deux.

 

Richard Wright:piano,claviers,piano électrique,orgue,synthétiseur,chant.

Mel Collins:saxophone,flûte.

Snowy White:guitare.

Larry Steel:basse.

Red Isadore:batterie,percussions.

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