Styx.

DISCOGRAPHIE.

 

 

STYX/Chicago (Illinois – USA)

 

Styx intro 2

 

Actif entre 1972 et 1984,en 1990/1991,depuis 1995.

Labels:Wooden Nickel Records,A&M Records,Interscope,CMC International,New Door.

Genre:rock progressif,hard rock,art rock,pop-rock,rock arena.

Site officiel:styxworld.com

 

Fleuron du rock prog et FM.

Un nouvel album de Styx est toujours très attendu des fans du groupe de Chicago. Depuis le début de leur parcours, au début des 70's, les musiciens de l'Illinois ont pris la délicieuse habitude de les gratifier de LP pas piqués des vers.

Pour exemple, la production couvrant la période de 1977 à 1981, à savoir The Grand Illusion (1977), Pieces Of Eight (1978), Cornerstone (1979) et Paradise Theater (1981), son plus gros coup commercial (N°1 du Billboard).

Ces quatre opus de rang sont certifiés multi-platine, ce qui constitue une première aux États-Unis. C'est sur ce créneau temporel que Styx connaît son pic de popularité.

On pourrait également se satisfaire de Crystal Ball (1976), de Return To Paradise (1997) ainsi que The Mission (2017) dont la qualité est reconnue dans une moindre mesure.

Dernière et 17ème levée discographique publié en 2021, Crash Of The Crown ne dépare pas dans le décor, Styx revenant avec bonheur à ce qu'il fit de mieux entre 1975 et 1981, après avoir un temps cessé d'être un groupe de rock.

Styx fratrie panozzo chuck johnChuck et John Panozzo, initiateurs de...

Styx 77Styx (1977)...

Styx tw4...passé par tw4, They Were Four.

Styx tommy shawTommy Shaw (photo Alamy).

Styx babe n 1 8 decembre 79Babe, N°1 le 8 décembre 1979.

Styx the grand illusion ouvre ere platineThe Grand Illusion (1977), début de l'ère Platine.

Au regard de la pertinence de sa récente publication, la formation impulsée par la fratrie Panozzo et dont Chuck est l'unique survivant (John, son jumeau, étant décédé le 16 juillet 1996 d'une hémorragie gastro-intestinale liée à des problèmes d'alcool) demeure plus que jamais un des fleurons du rock progressif et du rock FM américain. En France, il ne jouit pas de la même notoriété.

Passés à la postérité pour leurs succès comme Lady, Renegade, Blue Collar Man, Babe, Boat On The River, The Best Of Times, Mr Roboto, Show Me The Way, voire comme Love Is A Ritual, les chicagoans ont influencé de multiples générations de musiciens. Magnéto Serge...

Né sur le terreau de South Side.

L'histoire de ce groupe prend racine au début des 60's dans l'extrême sud de Chicago, South Side comme on dit. Le quartier afro-américain de Roseland est un endroit chaud de la ville de Chicago. Le chômage et la criminalité y ont élu domicile.

Les jumeaux Panozzo, Chuck et John, grandissent dans ce quartier mal famé. Comme Dennis De Young qui vit de l'autre côté de la rue : au 26 East 101 St Place (26 East est le titre donné au dernier album de De Young paru en 2020 et auquel il vient de donner une suite cette année).

Dans les sous-sols de sa maison prend forme ce qui va être le noyau à l'origine de Styx, The Tradewinds (1961) et que complète Tom Nardini. Le groupe répète inlassablement et s'améliore au point de se produire dans les fêtes locales, les mariages et toutes sortes d'événements répertoriés à South Side (1962).

De Tradewinds à TW4...

L'identité de Trade Winds (New York's A Lonely Town) étant déjà utilisée à l'échelon national, le quatuor fait le choix de se renommer TW4. TW4 pour They Were Four (1965).

Cette mouture dure jusqu'à la fin des 60's, date à laquelle Nardini quitte ses partenaires, tandis que les frères Panozzo et De Young accordent un peu plus d'attention à leurs études, même s'ils conservent la musique dans un coin de leur tête.

Les élèves du Chicago Teacher's College sont leur premiers fans et la cafétéria de l'établissement universitaire devient la scène que le groupe partage régulièrement avec un autre musicien en herbe, John Curulewski, lequel est sollicité pour rejoindre les Panozzo et De Young (1968/1969).

A la même époque, James Vincent Young, étudiant dans l'établissement voisin de Calumet High mais surtout guitariste de talent, se rapproche aussi de TW4 (1971) qui devient une valeur sûre de la place musicale de l'Illinois et du nord de l'Indiana.

Ses reprises des Beatles font mouche auprès d'un public dont les rangs grossissent à vue d’œil.

… puis à Styx.

Devenu quintet, TW4 ne laisse pas insensible Bill Traut du label Wooden Nickel Records, distribué dans l'Amérique du Nord par RCA.

Il signe avec lui mais le contraint de changer de nom, l'unanimité se faisant autour du mystique Styx.

Il y publie un premier LP éponyme en septembre 1972. Ambitieux, cet opus se situant dans une veine garage et progressive, n'a qu'un succès régional, bien que N°85 du Billboard.

Tandis que Styx cherche encore sa place, un Styx II s'invite au catalogue en juillet 1973 ; il exploite la même filière prog mais présente déjà certaines réminiscences AOR, vers lesquelles la formation de Chicago va tendre dans ses travaux ultérieurs.

Styx II abrite la ballade Lady, succès local dans un premier temps (septembre 1973), mais qui prend réellement une envergure internationale quand la bande de la fratrie Panozzo passe sous la tutelle d'A&M Records (1974). En mars 1975, le single atteint la 6ème place du Hot 100.

Les troisième et quatrième LP pour Wooden Nickel Records, The Serpent Is Rising (octobre 1973) et Man Of Miracles (novembre 1974), plus commerciaux mais considérés comme les plus dispensables de la discographie, scellent la fin du partenariat avec Traut et son étiquette.

Curulewski part, Shaw entre.

Equinox (décembre 1975) et son hit Lorelei (top 30) ouvrent la collaboration de Styx avec A&M mais achèvent celle avec John Curulewski qui quitte ses collaborateurs pour consacrer plus de temps à sa famille.

L'alabamien Tommy Shaw entre dans l'effectif fin 1975. Son intégration se fait lors de la tournée de promotion d'Equinox ; adoubé par le reste du groupe au terme de celle-ci, il signe sa première participation discographique avec les chicagoans, en prenant part de manière marquée au songwriting du sixième volume qu'est Crystal Ball (1er octobre 1976).

Ce dernier se classe au 66ème rang des classements d'albums américains. Les singles Mademoiselle (N°36) et la chanson-titre (N°109) en sont extraits.

L'ère triple platine.

Le top 10 du Billboard, Styx se l'offre avec The Grand Illusion (juillet 1977) en en prenant la 6ème place. L'ère triple platine s'amorce ici. Best seller, il génère deux singles supplémentaires, Come Sail Away (N°8) et Fooling Yourself (N°29).

Styx tommy shaw 2

« Nous avons traversé toutes les étapes de la révolution musicale, des Beatles, notre première influence, jusqu'à ce jour. Yes et Crosby, Stills & Nash sont alors arrivés. En tant que jeune musicien, c'était comme si Noël arrivait tout le temps. Et quand ce premier album de Yes est sorti, je me souviens encore exactement de ce que j'ai ressenti. On était dans un autre monde ; toute cette musicalité experte, ces changements classiques, ces voix incroyables... » (Tommy Shaw)

Son suivant, Pieces Of Eight (1er septembre 1978) obtient également la triple certification évoquée antérieurement ; Blue Collar Man (Long Nights), N°21 au Billboard et Renegade (N°67) contribuent pour beaucoup à ce succès. L'implication de De Young et de Shaw à l'écriture s'impose de plus en plus comme incontournable.

Multi-platine, grammys, Billboard...

On prend les mêmes et on recommence pour construire le 9ème volet du catalogue studio, Cornerstone (octobre 1979). Pour la troisième fois de rang, l'opus en question, plus pop et moins prog, décroche le pot-aux-roses platine.

Cette authentification s'accompagne d'une nomination aux Grammys pour le groupe (meilleur performance rock), d'une 2ème place au top 200 du Billboard et d'une première place dans les charts US pour Babe.

Il revient à Paradise Theater (janvier 1981) de faire encore mieux. Dixième pan discographique de Styx, il se pare d'un nouveau statut de multi-platine et prend, trois mois durant, la tête des albums américains.

2 de ses titres intègrent le top 10 des charts US : The Best Of Times (N°3), signé De Young, et Too Much Time On My Hands (N°9) de Tommy Shaw.

En signant un opéra-rock un peu trop ambitieux (Kilroy Was Here/février 1983), Styx se prend les pieds dans le tapis, malgré les bons scores des singles Mr Roboto (N°3) et Don't Let It End (N°6).

Un retour apprécié.

Le double live qui suit (Caught In The Act/avril 1984) ne parvient pas à sauver les meubles. Tommy Shaw quitte alors le groupe pour une carrière solo. Styx s'accorde du même coup une longue pause jusqu'à la fin de la décennie.

Il se reforme pour les besoins de Edge Of The Century (1990/A&M), son 12ème opus studio mais les publications, très régulières dans leur première partie de carrière, s'espacent de plus en plus.

Brave New World (1999), Cyclorama (2003), Big Bang Theory (2005) et, plus près de nous, The Mission (2017) et Crash Of The Crown (juin 2021) sont depuis venus compléter une discographie qui, avec le retour aux fondamentaux, retrouve quelque peu de l'intérêt (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 7 - 1977

 

Styx the grand illusion ouvre ere platine

 

STYX

THE GRAND ILLUSION – 1977  3,5/5

 

Publié en juillet 1977.

Produit par Styx.

Durée:38:59.

Label:A&M Records.

Genre:rock progressif,hard rock,AOR.

 

Radio-friendly.

 

Je n'ai jamais été un inconditionnel de Styx mais ce septième volume des chicagoans, The Grand Illusion, est celui qui a contribué à ce que je leur accorde enfin un petit intérêt.

Reconnaissons que jusque là, la discographie du groupe, débutée en 1972, ne casse pas trois pattes à un canard. De Styx à Crystal Ball (1976), absolument rien ne me sensibilise. Leur rock prog n'a pas la succulence et la subtilité de leurs homologues anglais de la fin des 60's/début des 70's.

J'accorde un peu plus de crédit à ce disque sorti chez A&M en juillet 77, pour les souvenirs personnels qui s'y rattachent, mais c'est vraiment en forçant mon tempérament. Fallait-il que le marché américain soit désespérément en berne pour que The Grand Illusion intègre le top 10...

Tous les goûts étant dans la nature, je respecte bien évidemment ceux qui aiment le rock FM, mais ne comprends pas forcément pourquoi certains en arrivent à élever au rang de chef d’œuvre ce disque les consacrant enfin après 6 tentatives infructueuses et neuf ans d'activité. Comme quoi l'espoir fait vivre...

Si une partie de la matière est vendeuse (Sail Away et Castle Walls) et si Styx a enfin trouvé la bonne combinaison pour faire cohabiter avec efficacité hard rock et balades, force est de constater que le lot ici proposé est très inégal et véhicule quelques belles casseroles à l'image de Miss America ou de Superstars.

Sur 8 titres, ça la fout mal qui plus est quand rien de vraiment révolutionnaire ne vient relever le niveau de ce registre AOR. Dans la même filière, Kansas, Foreigner ou Journey me paraissent être plus accrocheurs et davantage convaincants.

Pour faire court, l'album n'est pas indispensable aux rockers prog, il y a mieux ailleurs. Chez l'Oncle Sam comme dans la Perfide Albion. Amateurs de rock radio-compatible, foncez...même tête baissée (RAZOR©2021).

 

1. The Grand Illusion.
2. Fooling Yourself (The Angry Young Man).
3. Superstars.
4. Come Sail Away.
5. Miss America.
6. Man In The Wilderness.
7. Castle Walls.
8. The Grand Finale.


Chuck Panozzo:basse,chœurs.
Dennis Deyoung:claviers,chœurs sur 3,chant sur 1/4/7/8.
James Young:guitares,chœurs,chant sur 5.
John Panozzo:batterie,chœurs.
Tommy Shaw:guitares,chœurs,chant sur 2,3/6.

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