Supertramp.

BIOGRAPHIE.

 

SUPERTRAMP/Londres (Angleterre)

 

Supertramp 2

 

Actif entre 1969 et 1988,de 1996 à 2002,de 2010 à 2011,depuis 2015.

Labels:A&M,Oxygen,EMI,Super Cab,Chrysalis.

Genre:rock progressif,pop progressive,soft rock.

Site officiel:supertramp.com

 

Un groupe dépassé... par son succès.

The Logical Song, Breakfast in America, Take The Long Way Home, Give A Little Bit, Good Bye Stranger, Dreamer... qui donc, un jour ou l'autre, n'a jamais fredonné ces airs ? Quiconque a vécu les 70's a forcément été bercé par ces titres de Supertramp.

Crédités au tandem Hodgson/Davies (chacun compose de son côté), on doit pourtant la grande majorité des chansons et notamment les succès du groupe, à Roger Hodgson.

Tous ces grands classiques de pop progressive, c'est également lui qui les chante, sa voix haut perchée étant l'un des marqueurs les plus identifiables de l'histoire de ce groupe rock particulièrement vendeur.

Hodgson n'est plus de Supertramp, qu'il quitte en 1983. Hodgson et Davies ont alors des divergences artistiques sur la suite à mener. Breakfast In America, 6ème album studio, est passé par là qui a mis le groupe sur les rotules et ouvert des plaies en interne, lesquelles auront du mal à cicatriser, même avec le temps. Supertramp est dépassé par son succès (20 millions de « petits déj' » sont écoulés). Hodgson prend du recul en s'installant en Californie...

De Supertramp, il ne reste que le nom aujourdhui.

Qu'importe, malgré le retrait de la voix et de celui qui a le plus contribué au succès de Supertramp, Rick Davies continue à faire vivre cette formation de légende aux quatre coins de la planète. En dépit d'un gentleman's agreement interdisant à Davies de reprendre les chansons de Hodgson, entendez par là les hits, Rick Davies s'assoit sur cet accord et continue à capitaliser sur le produit.

Le Supertramp actuel, passé depuis 1984 sous la seule responsabilité de celui qui en a également été l'initiateur, est plus orienté jazz et blues ; il est loin de valoir la mouture d'origine. De Supertramp, il n'a plus que le nom...

Supertramp rick daviesRick Davies...

Supertramp hodgson... et Roger Hodgson, les pilers fondateurs de...

Supertramp 1... Supertramp en 1969.

Supertramp breakfast lpDépassé par le succès de Breakfast, Supertramp splitte...

Supertramp s davies... en un Supertramp conduit par Davies...

Supertramp de hodgson...et le Roger Hodgson's Supertramp.

Danny Wilde et Brett Sinclair.

Rick Davies et Roger Hodgson, c'est un peu des origines sociales façon Danny Wilde et Brett Sinclair. Rick Davies, l'aîné de 6 ans (né en 1944) est né dans une famille ouvrière de Swindon, à une grosse quarantaine de bornes de Bristol, sur la côte est de l'Angleterre.

Roger Hodgson (né en 1950) est issu, lui, d'un environnement familial plus aisé. Orginaire de Portsmouth, dans le sud de l'île, il passe une grande partie de son enfance en internat.

C'est là, à 12 ans, qu'il fait son apprentissage de la guitare et écrit ses premières compositions quand, au même âge, Davies découvrait la batterie. Un an plus tard, Hodgson fonde The H-Bombs, groupe évoluant dans le cadre de l'école.

Davies a 15 ans quand il monte son premier groupe scolaire, Vince And The Vigilantes (1959), avant de former Rick's Blues, pour lequel il recrute un certain Raymond Edward O'Sullivan, plus connu sous le nom de Gilbert O'Sullivan (Get Down, N°1 en avril 1973), puis de rejoindre The Lonely Ones (le groupe de Noel Redding, bassiste du futur Jimi Hendrix Experience qui sera créé en septembre 1966), rebaptisé The Joint.

Hodgson, de son côté, tourne le dos à l'école en 1967/68 pour mettre en place People Like Us, avec lequel il fait sa première apparition en studio (un single Duck Pond/Send Me No Flowers - mai 1968).

Le groupe est rapidement dissous et Hodgson, en auditionnant pour Island Records grâce à un roadie de Traffic, se retrouve à enregistrer (au chant) pour un groupe d'esprit flower power, Argosy (1968), aux côtés de celui qui sera Elton John, mais qui n'est encore que Reginald Dwight.

The Joint, point de convergence...

Argosy arrêté, Hodgson, poussé par sa mère, répond à une annonce du Melody Maker par laquelle Rick Davies recherche un guitariste pour The Joint. Auditionné, il est retenu parmi une centaines de candidats pour prendre part au projet de Davies qu'un riche millionnaire batave, Stanley August Miesegaes, alias Sam, est disposé à soutenir financièrement.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et les intentions du mécène sont rapidement étouffées dans l'oeuf, amenant la dissolution de The Joint.

Qu'à cela ne tienne, Davies ne renonce pas et conserve même son effectif, à savoir Roger Hodgson (guitare, claviers, chant), Richard Palmer (guitare) et Bob Millar (batterie, percussions).

...avant Supertramp.

Il évolue sous Daddy durant l'année 1969 et constitue la dernière marche avant Supertramp, ce dernier tenant son nom d'un roman du gallois William Henry Davies : The Autobiography Of A Super-Tramp (1908).

Si Hodgson et Davies vont s'avérer par la suite les compositeurs du groupe, le premier album rompt avec ce constat.

Placé dans une veine progressive identique à celle alors en vogue en Grande-Bretagne, l'éponyme Supertramp, sorti à l'été 1970 chez A & M Records, implique un 3ème larron, Richard Palmer, qui fait montre de belles dispositions de parolier (il écrira pour 3 LP de King Crimson en 73/74).

Il signe ici tous les textes de l'opus initial de Supertramp, à charge pour Hodgson et Davies de composer la musique. L'album, publié seulement en 1977 aux Etats-Unis, est reçu favorablement par la critique, moins bien par le public.

Palmer quittant le groupe, Hodgson et Davies prennent l'écriture et la composition à leur compte, sans que cette nouvelle disposition ne change quoi que ce soit.

Le line-up classique.

Dans les bacs, Indelibly Stamped (juin 1971) fait encore moins bien que son prédécesseur et Supertramp fait du sur-place malgré un passage au festival de Wight (1970), les remplacements de Palmer et Millar (et le renfort de Dave Winthrop, flûtiste et saxophoniste). La tournée de promo d'Indelibly Stamped s'avèrant improductive, Supertramp dépose une première fois les armes et repense son projet.

Bob C. Benberg ou Siebenberg (batteur), Dougie Thomson (basse) et John Helliwell (bois, saxophone, clarinette) sont alors recrutés qui constituent avec Davies et Hodgson, le line-up de la seconde chance pour Supertramp.

Le label (A & M Records) le met dans les meilleures conditions en l'installant dans une ferme du comté de Somerset (Southcombe) pour que le troisième album touche enfin sa cible. On ne le sait alors pas encore, mais Supertramp est parti pour 10 ans.

Crime Of The Century, point de départ de la sage Supertramp.

Avec Ken Scott (Elton John, David Bowie, Pink Floyd, Jeff Beck...) au pupitre, la retraite champêtre accouche d'un concept-album accrocheur, accessible, même si parfois complexe, porté par des mélodies attachantes (Dreamer, School, Rudy, Crime Of The Century, Bloody Well Right).

Le très bon Crime Of The Century (septembre 1974) est le véritable point de départ de la réussite des anglais. Supertramp a besoin d'un hit pour faire décoller sa carrière : il est là avec Dreamer (signé Hodgson) qui fait 13 au Royaume-Uni.

Le LP fait encore mieux puisqu'il fait 4 en Grande-Bretagne et touche le top 40 chez l'Oncle Sam. En France, Crime Of The Century cartonne aussi (certifié or en 1978, platine deux ans après).

Sans véritable fil conducteur pour la suite immédiate, perturbé par un calendrier de tournées infernal, et alors que la pression du label est de plus en plus forte, Crisis ? What Crisis ? (automne 1975) accouche d'une souris. On en attendait mieux.

Faute de temps et de préparation, les songwriters travaillent sans vision et sur des titres hérités de l'album précédent. Le chat est maigre et l'offre très en deça de ce que le public attend. Le disque est à oublier.

Après une tournée planétaire de 8 mois (75/76), les Tramps remettent le nez dans le guidon et s'installent en Californie où ils s'attellent à un 5ème opus studio, le dénommé Even In The Quietest Moments.

Du prog à la pop.

Publié en avril 1977, ce disque placé en 16ème position du Billboard Pop Albums fait la transition entre le Supertramp prog et celui plus pop de Breakfast In America, à venir. Avec Geoff Emerick (ingénieur des Beatles) aux manettes, Even In The Quietest Moments, disque d'or, est tiré par le succès de Give A Little Bit (15 au Billboard, 29 au Royaume-Uni), écrit par Roger Hodgson alors qu'il avait 19/20 ans.

L'album est suivi d'une méga tournée de 130 villes, démarrée au Canada à Regina (6 avril 1977) pour s'achever en Angleterre mi novembre de la même année. Elle attire près de 600.000 fans.

Au terme de ce Tour 77, après avoir réédité son album éponyme de 1970 et s'être accordé un minimum de repos, le groupe travaille à son 6ème opus studio.

Suertramp hodgson 1

« Je ne suis pas le genre de songwriter à m'assoir et à me demander quel type de chansons je vais pouvoir écrire aujourd'hui... Mes chansons viennent du plus profond de mon for intérieur. Elles expriment ce que je suis, mes interrogations, mes sentiments, mes joies, mon désir d'être aimé, de connaître Dieu... » (Roger Hodgson)

Breakfast In America.

Prévu pour s'appeller Working Title, puis Hello Stranger, le nouveau travail aboutit finalement à Breakfast In America (mars 1979), la référence de Supertramp pour s'être vendu à plusieurs millions d'exemplaires, mais surtout le disque de la discorde auquel le groupe ne survivra pas et par lequel les deux têtes pensantes vont commencer à se bouffer le nez.

De progressif, le marqueur du Supertramp de l'excellent Crime Of The Century, il ne reste quasiment aucune trace ici. Pour le coup, on passe à un registre radio-friendly et c'est la raison principale du succès de Breakfast In America, sorte de best-of avec ses 4 titres ultra-populaires : The Logical Song, Goodbye Stranger, Breakfast In America et Take The Long Way Home.

Avec Breakfast In America, pas le disque le plus convaincant de son catalogue pour les puristes du groupe, Supertramp œuvre à son passage dans la nouvelle décennie.

Néanmoins l'album, pour les raisons évoquées précédemment, se pare d'or puis de platine un peu partout dans le monde, voire de diamant pour ce qui concerne le Canada. Une tournée s'engage qui passe par Paris. Le concert parisien au Pavillon de Paris sert de cadre à l'enregistrement d'un double album : live in Paris (1980).

Hodgson prend ses distances.

La tournée est si éreintante qu'elle impose aux membres de faire une pause. Les rumeurs vont alors bon train sur les potentialités de rupture de Supertramp, Hodgson ayant des velléités de départ. Ce dernier profite de cet intermède de 18 mois pour peser le pour et le contre de sa situation personnelle.

Géographiquement, il commence par prendre de la distance avec ses partenaires en déménageant à Nevada, à une centaine de kilomètres de Los Angeles où tout ce beau monde réside. Preuve que Hodgson a bien l'intention de faire cavalier seul, il fait installer un studio d'enregistrement dans sa nouvelle résidence.

A l'appel de Famous Last Words (octobre 1982), 7ème LP studio du catalogue, Hodgson est encore là. C'est la dernière fois. Même s'il prend une part active à l'enregistrement de ce disque, le résultat n'est pas très convaincant au regard des fans de la première heure.

Par contre, aux yeux de ceux venus se greffer depuis le virage pop commercial pris par Supertramp, il offre encore du grain à moudre (N° 5 sur le Billboard Pop Albums Charts 1982 et N°6 au Royaume-Uni).

Hodgson est de la tournée mondiale qui suit (1983) ; il va jusqu'au bout de son engagement mais, en mars de la même année, annonce sa décision de quitter Supertramp. La raison invoquée est motivée par son envie de passer plus de temps auprès des siens et de travailler seul.

Davies, seul maître à bord.

Hodgson abandonne le nom à Davies, en contrepartie de quoi ce dernier fait la promesse morale qu'aucune des chansons de Roger ne sera reprise par quiconque sous la bannière de Supertramp. On sait ce qu'il en est advenu depuis...

Davies reprend Supertramp à son compte tandis que Hodgson n'est pas remplacé. Un huitième volume discographique vient alors enrichir la discographie du groupe en mai 1985 : Brother Where You Bound.

Perdre un leader de la trempe d'Hodgson pourrait augurer des lendemains difficiles pour le quatuor emmené par Davies. Il n'en est rien ; l'enfant de Swindon n'est pas un manchot de l'écriture comme en attestent les premiers LP prog des Tramps, dans lesquels il a pris toute sa part.

Même touché par le départ de son binôme du songwriting, celui-ci revient aux fondamentaux de la période 74 (à l'instar de l'épique morceau-titre de près de 17 minutes), tout en étant cette fois-ci plus rock, plus rythmé et plus puissant.

Et ça marche, puisque l'album, qui fait appel à un invité de marque (David Gilmour), se classe respectivement 20 et 21 des deux côtés de l'Atlantique (Royaume-Uni et Etats-Unis). Cannonball et Better Days sont les autres belles pièces que signe ici Davies. La tournée engagée à la suite de l'album met à l'honneur ce Supertramp de l'après Hodgson.

Un seul être vous manque...

On ne peut pas en dire autant du pop-jazzy Free As A Bird, l'album (trop expérimental) qui succède à Brother Where You Bound, sorti en octobre 1987 et par lequel le guitariste Mark Hart, déjà présent sur la dernière tournée, rejoint (furtivement) Supertramp. Malgré les efforts fort louables de Davies, Supertramp semble ici payer, à retardement, la perte de Hodgson. Le N°9 du catalogue ne reste pas dans les annales.

La tournée mondiale (The World Migration Tour/1988) visant à promouvoir l'album, aboutit à un enregistrement en public (Live' 88), enregistré lors d'une étape brésilienne, Brésil où Supertramp est, entre Rio (75.000 personnes) et Sao Paulo (125.000 fans), merveilleusement accueilli. C'est pourtant sur cette bonne note que le quatuor décide de se retirer.

Des projets de reformation du line-up classique sont alors évoqués mais sans jamais aboutir. Pour Hodgson, la femme de Davies en qualité de manager et sa volonté d'être l'unique songwriter du groupe s'avèrent être un frein à tout espoir de reformation. Seules quelques petites piges informelles s'insèrent dans ce long silence (1988/1995) pallié par la sortie de deux volumes de Best Of (1990 et 1992).

Supertramp et Roger Hodgson's Supertramp...

La reformation est effective en 1995, mais sans Hodgson. Helliwell, Siebenberg, Hart sont là, autour de Davies. Carl Verheyen (guitare), Cliff Hugo (basse) en lieu et place de Thomson, Lee Thronburg (trompette), ainsi que Tom Wold (percussions) complètent ce line-up qui, 10 ans après le pitoyable Free As A Bird, revient en studio pour une agréable dixième levée : Some Things Never Change (mars 1997/Chrysalis) album renouant avec la qualité mais sans jamais susciter le même engouement que celui qu'a connu Supertramp dans les 70's.

Un 11ème opus studio vient se greffer au catalogue 5 ans après. Intéressant, Slow Motion (2002), mélange de pop, de rock, de jazz, de prog et de blues, tient plus du disque de Davies que de Supertramp. Ce dernier couvre, en effet, plusieurs casquettes : songwriter, producteur, claviériste, et même chanteur. Il s'en sort plutôt pas mal pour ce qui est le dernier album studio de Supertramp.

Après 8 ans de silence, Supertramp revient avec une tournée européenne de 40 dates (du 2 septembre au 28 octobre 2010) qui passe par Bercy. Un live en découle : 70/10, publié en 2010. Depuis, le groupe continue de se produire sur les scènes internationales quand, dans le même temps et de son côté, Roger Hodgson arpente le circuit européen sous Supertramp's Roger Hodgson. En chantant ses propres titres, cela va de soi (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1974

 

Supertramp crime of the century 74

 

SUPERTRAMP

CRIME OF THE CENTURY – 1974  4,5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Supertramp,Ken Scott.

Durée:44:10.

Label:A&M Records.

Genre:art rock,rock progressif.

 

Pic artistique.

 

Je n’ai jamais été un inconditionnel de Supertramp, mais, comme beaucoup d’entre nous, j’ai souvent été assez sensible à leurs mémorables succès : The Logical Song, Good Bye Stranger, It’s Raining Again, Don’t Leave Me Now, Breakfast In America, Dreamer, Take The Long Way Home…

La raison en est que ces airs sont associés à la période piccolo-sexuelle du bestiau qui vous parle ; ils étaient d’excellents alliés pour lever le perdreau, comme on dit. A l’instar du pseudo-président qui nous gouverne, cela relève du privé, donc je ne répondrai à aucune question concernant ce sujet. Le privé se règle en privé. On n’est pas à une faucuserie près, non ?

Supertramp, les punks avaient promis de les dézinguer, ce qui eut été dommage pour mes desseins personnels et au regard de la popularité dont ce groupe d’Art Rock jouit encore. Au lieu de ça, le Supertramp de 79 cloue le bec aux Clash. Chapeau messieurs.

Personnellement, j’ai toujours trouvé Supertramp un peu kitsch et disco, quelconque et pompeux, là où certains supporters crient au génial. J’ai souvent voulu les effacer de ma mémoire, mais il est dur de faire une croix sur les souvenirs quand des ritournelles passées à la postérité s’y accrochent avec insistance. Je ne m’oppose en rien aux jugements de ces aficionados, il en faut pour tout le monde, mais, vous l’avez deviné, Supertramp n’est pas ma tasse de thé.

Loin de moi l’envie de décocher des gnons virulents contre la bande à Roger Hodgson, qui a continué à développer son style au fil des années malgré les menaces punk.

Crime Of The Century est le best of artistique du catalogue des anglais, Breakfast In America étant leur pendant commercial. Ce disque, plus que n’importe quel autre de leur répertoire, me semble le plus à même, dans mon esprit, de sauver le soldat Supertramp. Les autres sont chiants, pour ne pas dire nuls, et trop emphatiques pour mézig.

Crime Of The Century, troisième de leur LPs (1974) a certainement préservé Supertramp d’une chute irrémédiable vers laquelle ses deux disques précédents, insignifiants au demeurant, l’ont conduit. Le groupe est alors en pleine tempête, dérivant dans un genre, le rock prog, occupé par des barons répondant au nom de Yes, Genesis, Pink Floyd… Supertramp, dans sa première version, passe à la trappe.

Crime Of The Century est la bouée qui relance les britanniques, réunis depuis 1969 par la volonté de Rick Davies et Roger Hodgson. Hormis le pop Dreamer (Top 20) que je kiffe pour les raisons évoquées ci-dessus uniquement, hors contexte dans le répertoire ambiant, les 7 autres titres appartiennent au lot des seules satisfactions que ce groupe ne m’ait jamais procurées. Leur signature sonore est définie, leurs mélodies profondes ; leur rock progressif s’avère un peu plus crédible pour se permettre de les opposer aux monstres sacrés du genre, généralement compatriotes.

En prenant les bonnes décisions au moment opportun, notamment celle de bouleverser son line-up, le tandem fondateur déclenche un regain d’intérêt auprès des fans, sans commune mesure avec le parcours antérieur à ce travail.

Supertramp est définitivement sur la même longueur d’ondes et, à ce titre, la part des Dougie Thomson (basse), Bob Siebenberg (batterie) et John Helliwell (saxophone) dans la reconnaissance dont la formation fait enfin l’objet, est essentielle. Tout comme la création de nouveaux sons et la qualité de l’écriture, souvent sombre, du duo Hodgson/ Davies.

De School à la chanson-titre, il serait incongru de ne pas reconnaître une belle cohérence dans ce travail. De l’émotion et une grande profondeur spirituelle aussi. Ceux qui vous diront que Breakfast In America est le chef d’œuvre des anglais, mettez leur en opposition Crime Of The Century, pic artistique qui, même si je n’aime pas ce groupe, confine parfois au génie. Il faut le dire (RAZOR©).

 

Face 1.

1. School.

2. Bloody Well Right.

3. Hide in Your Shell.

4. Asylum.

 

Face 2.

5. Dreamer.

6. Rudy.

7. If Everyone Was Listening.

8. Crime of the Century.

 

Roger Hodgson:chant sur1/3/5/6/7,guitare,claviers.

Rick Davies:chant sur 1/2/4/6/8,claviers,harmonica.

John Helliwell:saxophone,clarinette.

Bob Siebenberg:batterie,percussions.

Dougie Thomson:basse.

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