The Locomotive.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE LOCOMOTIVE/Birmingham (Angleterre – UK)

 

Locomotive1

 

Actif entre 1965 et 1970.

Labels:Direction,Parlophone.

Genre:R&B,soul,ska,rock progressif.

 

Beaucoup d'appelés, peu d'élus.

Avant les 60's mais depuis vraisemblablement, il n'est pas une décennie qui ait généré autant de nouveauté et d'inventivité dans le développement de la musique. Et le Royaume-Uni est, à ce titre, la place musicale qui a le plus contribué à cette poussée, entre la Merseybeat (Liverpool), le R&B (Londres) et la Brumbeat (Birmingham).

Si le rock 'n' roll a mis le feu aux poudres dans les années 50, les sixties ont permis l'explosion de groupes, de concerts, d'endroits de réjouissances, de maison d'éditions.

A Birmingham et dans les West Midlands comme ailleurs dans le pays, les groupes pullulaient et jouaient quasiment tous les soirs. Certains de ces acteurs du moment sont devenus des artistes connus, voire passés à la postérité pour d'autres. Seule une minorité a enregistré un disque, ce qui n'était déjà pas si mal.

Bon nombre d'appelés (peu d'élus) n'ont pas eu cette opportunité d'associer leur nom à un vinyle ; rares sont ceux pouvant revendiquer avoir touché du doigt le succès mais tous peuvent néanmoins se satisfaire d'avoir contribué à façonner ces divers théâtres musicaux, même si leur parcours s'est souvent limité à leur apprentissage du rock. Ils s'y sont fait les dents ; nombre d'entre eux en pure perte.

Locomotive introActeur influent de la scène de Birmongham.

Locomotive 2Une démarche qui a pris 5 ans...

Locomotive chris wood...dont Chris Wood fut partie prenante...

Locomotive norman haines 1...et Norman Haines un contributeur impliqué.

Locomotive rudi s in loveUn single remarqué.

Locomotive we are everything you see 1970Février 1970, seul LP du catalogue.

Locomotive the dog that eat peopleLa suite se fait sous The Dog Taht Bit People.

The Locomotive, acteur influent de la scène de Birmingham.

Les plus vernis de Birmingham et de sa région, le rock les a inscrits à son fronton depuis longtemps : The Moody Blues, The Move, Black Sabbath, The Spencer Davis Group, devenu, comme tout le monde le sait, Traffic.

The Locomotive a été de ce terreau formateur et, autour de musiciens issus de la scène locale dont quelques-uns sont devenus des références dans le milieu de l'industrie du disque (Norman Haines, Chris Wood, Mike Kellie, Danny King), a fait partie de ces formations qui ont pu pousser plus loin leur expérience.

Outre la possibilité de signer une grosse poignée de singles (essentiellement soul et ska) et un album (mémorable), le groupe a pu également, entre 1965 et 1970, développer la musique que ses cadres avaient en tête.

A partir d'expérimentations dans la fusion de diverses influences musicales comme le R&B, la soul, le jazz, le psychédélisme, le blue beat et le ska, il va évoluer vers le rock progressif.

De Kansas City Seven à The Locomotive.

La démarche a pris 5 ans et aujourd'hui les acteurs de Locomotive peuvent se regarder fièrement dans une glace pour avoir laisser au rock un bien bel héritage discographique, fut-il réduit à la portion congrue.

We Are Everything You See, acclamé par la critique à sa sortie (1970), est toujours plébiscité aujourd'hui comme l'incontournable du groupe, drapé dans son merveilleux mix de jazz-rock, de prog et de psychédélisme british de la fin des 60's (il faut écouter Mr Armageddon).

5 ans plus tôt, c'est le trompettiste de jazz Jim Simpson, par ailleurs photographe pour le journal Midland Beat, qui met cette aventure sur les rails en créant ce qui est, sur la place de Birmingham, une sorte de super groupe local.

Cette mouture d'origine réunit, en effet, des musiciens considérés comme influents à Birmingham : Danny King, Brian Finch, Chris Wood, Mike Kellie, Richard Storey et Pete Allen.

Ils sont, pour certains, liés à des groupes qui ont pignon sur rue sur cet échiquier (The Beachcombers, Sounds Of Blue, une incarnation menant à Chicken Shack, The Phantoms...).

Nommée The Kansas City Seven, l'unité originelle gravite essentiellement autour du jazz, mais sa réputation régionale l'amène à s'ouvrir à d'autres genres comme le blues et la soul.

Cette ouverture et la notoriété de ses apparitions publiques attirent l'attention du cénacle londonien.

Le groupe ne résiste toutefois pas à cette mutation artistique (1966) et, quand le blues et la soul supplantent le jazz, il change son nom en The Locomotive.

Dans le même temps, le line-up explose et voit ses membres rejoindre d'autres horizons ; le plus mémorable de ces départs est celui de Chris Wood, parti rejoindre Traffic. Dans ce contexte, seul Jim Simpson insiste jusqu'en 1967.

La suite se fait encore un moment avec lui (jusqu'en 1967), mais essentiellement autour de Norman Haines, claviériste et chanteur, lequel donne une impulsion autre à cette formation.

Une brillante nouvelle incarnation...

Une nouvelle période s'ouvre pour The Locomotive. Le bassiste Jo Ellis, Mooney Mazzone, batteur, le saxophoniste Bill Madge adhèrent au nouveau projet.

Un partenariat avec le label Direction, société satellite de CBS nouvellement créée (printemps 67) se noue alors.

A l'image de la forte colonie antillaise de Birmingham (appelée Brum), la firme au logo jaune traversé par une flèche noire, spécialisée dans la promotion d'artistes R&B et soul, est séduite par la musique Blue Beat et Ska que développe la nouvelle incarnation.

Un premier single tombe, Broken Heart/Rudy,A Message To you (1967), qui dévoile tout le potentiel de songwriter de Norman Haines. Il ne rencontre pas un grand succès, mais a le mérite de faire en sorte que le groupe est pris au sérieux.

Locomotive subit néanmoins de nouveaux changements quand Simpson décide, dans un premier temps, de délaisser son poste de musicien et de se mettre au service de la gestion et de la promotion du combo (1968). Il crée un label, Big Bear, puis dans un second temps, se retrouve derrière des formations comme Earth, futur Black Sabbath, avant de se s'impliquer dans cette nouvelle voie.

The Locomotive tombe le The.

Mick Hincks et Bob Lamb s'invitent alors en lieu et place de Joe Ellis et Mooney Mazzone tandis que Simpson est remplacé par Mick Taylor. Le groupe se renomme en faisant tomber le The devant Locomotive.

Locomotive y va d'un second single, Rudi's In Love/Never Set Me Free (1968), sorti chez Parlophone avec lequel les brums se sont nouvellement engagés. Le premier nommé, écrit par Haines, est ancré dans le ska ; il se classe au 25ème rang des charts pop britanniques fin 68.

Ce single à succès appelle un premier LP, réalisé dans les studios londoniens d'Abbey Road, sous l'égide de Gus Dudgeon, et publié pour Parlophone qui se fait fort de capitaliser sans tarder sur la réussite de Rudi's In Love.

Locomotive mike kellie portrait

« Nous étions les musiciens du Elbow Room sur Aston High Street. C'était un des points de rencontre des groupes à Birmingham. Nous partagions la petite scène avec d'autres artistes locaux. Nous y croisions alors des copains comme Jim Capaldi, Stevie Winwood et Chris Wood qui a joué avec moi au sein de Locomotive avant d'aller chez Traffic. » (Mike Kellie)

La patte de Norman Haines.

We Are Everything You See (février 1970), album prog imprégné de jazz, de R&B et de psych, est carrément différent des singles précédemment publiés ; il porte la patte de Norman Haines en ce sens où ses claviers sont ici l'élément moteur (pas de guitare) et où sa voix affichant une belle puissance ne passe pas inaperçue.

Les cuivres, assurés par un parterre de musiciens huppés (Bill Madge, Dick Heckstall-Smith, Chris Mercer, Mick Taylor et Henry Lowther) sont l'autre caractéristique de la musique proposée sur cet opus dont l'écriture, collégiale, fusionne les genres.

Surpris par le contenu du disque, le label n'y croit pas du tout et retarde sa sortie, ce qui ne manque pas de poser des problèmes relationnels entre les deux partis et interroge sur la durabilité de leur partenariat.

La west coast comme sortie.

Norman Haines n'apprécie pas, qui quitte le groupe en 1969, avant la publication de l'opus et au moment où Black Sabbath lui fait des appels du pied.

L'affaire ne se faisant pas, il fonde sa propre formation, tandis que les membres restants s'éloignent à leur tout de Locomotive, exceptés Lamb et Hincks qui assurent quelque temps la suite avec John Caswell et Keith Millar.

Un nouveau single leur est crédité : Roll Over Mary/Movin' Down The Line (1970), précédant la fin officiel de Locomotive, rebaptisé par les repreneurs The Dog That Bit People, très influencé par la côte ouest américaine et Neil Young.

Leur seul héritage discographique de 71, éponyme, est une autre curiosité de cette souche qui a pris racine sur le terreau de Brum (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE STUDIO 70'S.

LP Studio unique - 1970

 

Locomotive we are everything you see 1970

 

THE LOCOMOTIVE

WE ARE EVERYTHING YOU SEE – 1970  4/5

 

Publié en février 1970.

Produit par Gus Dudgeon.

Durée:

Label:Parlophone.

Genre:jazz-rock,rock progressif,rock psychédélique.

 

Très intéressant.

 

Le chat est maigre. J'entends par là que le catalogue de Locomotive est réduit sa plus simple expression : une poignée de singles (Broken Heart/Rudi, A Message To You pour Direction Records en 1967, Rudi's In Love/Never Set Me Free – 1968, I'm Never Gonna Let You Go/You Must Be Joking et Mr Armageddon/There's Got To Be A Way – 1969 ainsi que Roll Over Mary/Movin' Down The Line – 1970, le tout pour le compte de Parlophone), et un seul véritable LP studio, We Are Everything You See, pour le même label (1970).

Cet opus (conceptuel) a peu de points communs avec le Locomotive des singles, alors plus soul et ska) ; il sensibilisera plus particulièrement les fans de jazz-rock et de rock progressif.

Sans être l'album du siècle, il n'en regorge pas moins de pièces convaincantes derrière lesquelles se profile le duo du songwriting, Nigel Phillips, le compositeur, et Norman Haines, plus porté sur les arrangements.

Ce rock prog infusé de jazz et parsemé d'éléments psychédéliques est solide et agréable à l'oreille. Si, à l'époque, Locomotive n'est pas le seul à évoluer dans cette sphère musicale, la matière qu'il propose a l'avantage de fusionner tous les ingrédients avec sobriété, fraîcheur, sincérité et intelligence et de développer un son très intéressant. Le groupe n'est pas sans me rappeler par instants le Van Der Graaf Generator de Peter Hammill, voire Colosseum.

Locomotive est ici soutenu par des éminences grises des cuivres, à savoir les saxophonistes Bill Madge, Chris Mercer et Dick Heckstakl-Smith, les trompettistes Henry Lowther et Mick Taylor ce qui donne une plus-value supplémentaire à un son déjà très spécifique et rajoute une nouvelle raison de découvrir cet album pour lequel j'ai flashé dès la première écoute. C'est une curiosité à découvrir (RAZOR©2021).

 

1. Overture.

2. Mr. Armageddon.

3. Now Is the End - The End Is When.

4. Lay Me Down Gently.

5. Nobody Asked You to Come.

6. You Must Be Joking.

7. A Day in Shining Armour.

8. The Loves of Augustus Abbey (Part One).

9. Rain.

10. The Loves of Augustus Abbey (Part Two).

11. Coming Down / Love Song for the Dead Che.

12. The Loves of Augustus Abbey (Part Three).

13. Time of Light and Darkness.

 

Mick Hincks:basse,choeurs,chant (3).

Bob Lamb:batterie,percussions.

Norman Haines:orgue,piano,clavecin,mellotron,chant.

Bill Madge,Dick Heckstahl-Smith,Chris Mercer:saxophones ténor.

Mick Taylor, Henry Lowther:trompettes.

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