The Moody Blues.

BIOGRAPHIE.

 

THE MOODY BLUES/Birmingham (Angleterre)

 

Moody blues 1

 

Actif depuis 1964.

Labels:Decca,London,Deram,Thershold,A.K.A,Polydor,Universal.

Genre:rock progressif,art rock,rock psychédélique,pop-rock,rock symphonique,R & B.

Site internet:moodybluestoday.com

 

50 ans de bons et loyaux services.

Cette année 2016, la tournée Fly Me High est supposée commémorer les 50 ans de bons et loyaux services rendus à Moody Blues par Justin Hayward et John Lodge, entrés au mois de novembre 1966 à titre de remplaçants de Dennis Laine et de Rodney Clark. Graeme Edge, également dans le coup de cet anniversaire, est alors déjà dans la place depuis deux ans quand le guitariste et le bassiste intègrent le groupe de Birmingham.

Ainsi nommée en référence au premier single faisant suite à ces mouvements du moment et sorti en 1967, Fly Me High/I Really Haven't Got The Time, la tournée est une grande réussite, en faisant une des plus belles du palmares de Moody Blues. De quoi tuer un peu plus le mythe selon lequel le groupe serait un des plus ennuyeux du rock après avoir été, à ses premières heures, une des figures marquantes du R & B.

Or, platine, des millions de disques vendus...

Son rock chatoyant a généré des disques d'or et de platine à 14 multiples reprises, libéré des hits à la pelle comme Tuesday Afternoon, Ride My See Saw, Question, The Story In Your Eyes, Isn't Life Strange, I'm just A Singer (In A Rock And Roll Band), parfois planétaires comme Nights In White Satin. Fly Me High 2016 révèle une évidence: Moody Blues, plus de 70 millions de disques vendus au compteur, est toujours aussi populaire.

Fondé au printemps 1964 à Erdington, dans la périphérie de Birmingham, le line-up d'origine est constitué sur les cendres d'El Riot & The Rebels par Mike Pinder et Ray Thomas. John Lodge est déjà dans le coup mais, en raison de son jeune âge et de sa scolarité, il ne fait pas partie des plans de ses deux partenaires de monter les Krew Kats après le service militaire de Pinder.

Les Krew Kats se produisent essentiellement en Allemagne et dans la région de Hambourg où les Beatles ont construit les bases de leur popularité. L'expérience tourne court, faute de succès et c'est en stop que le duo doit traverser l'Europe pour rentrer au bercail.

Un single écoulé à plus d'un million de pièces...

Pas démoralisés par leur échec, Thomas et Pinder s'attachent les services d'un guitariste-chanteur, Denny Laine, d'un bassiste, Clint Warwick et d'un batteur, Graeme Edge. Le quintet devient les Moody Blues et se produit régulièrement à Birmingham dès 1964, au Carlton Ballroom d'Erdington notamment, dont il devient le groupe-maison. L'endroit est célèbre pour avoir servi de cadre à aux enregistrements d'Ummagumma (Pink Floyd) et à certaines sessions de Third (Soft Machine). Leur répertoire est alors exclusivement R & B.

Moody blues el riot the rebels 1963Fondé sur la base d'El Riot a The Rebels.

Moody blues carlton ballroom erdingtonGroupe maison du Carlton Ballroom d'Erdington.

Moody blues 5Un quintet passé par le R & B.

Moody blues night in white satin singleNights In White Satin, hit planétaire.

Moody blues days of future passedDays Of Future Passed,mémorable LP du catalogue.

Après un modeste premier single chez Decca (Steal Your Heart Away), Go Now devient N°1 en janvier 1965, faisant 10 aux Etats-Unis, un mois plus tard. Grand succès, le titre est boosté sur la TV anglaise comme support d'un des premiers clips promotionnels de l'ère pop.

Il se vend à plus d'un million d'exemplaires. Les Moody Blues enchaînent avec quelques singles supplémentaires : I Do not Want To Go On Without You, From The Bottom Of My Heart (I Love You), Everyday, Can't Nobody Love You, Bye Bye Bird (qui marche bien en France), You Don't (All The Time), And My Baby's Gone, This Is My House, Boulevard de la Madeleine.

mais des débuts difficiles malgré tout.

Ces titres de la période 65/66, écrits pour la plupart par Laine et Pinder, se retrouvent pour l'essentiel sur le premier LP Go Now (London Records/1965), album américain sorti en plusieurs versions, et renommé The Magnificent Moodies (Decca).

A quelques expressions près, ils ne font pas trop d'éclat, ce qui amène Laine à quitter le groupe en octobre 1966. Les Moody Blues sont alors en galère et rencontrent des problèmes financiers malgré une première partie des Beatles.

Laine (futur Wings) est remplacé par Justin Hayward, alors pressenti pour aller chez les Animals. Celui-ci reprend le chant et l'écriture à son compte. Dans le même moment, John Lodge est recruté pour suppléer Rodney Clark, lui-même venu préalablement relayer Clint Warwick. Thomas, Pinder et Edge se réorganisent autour de ces deux changements qui vont s'avérer déterminants dans l'évolution musicale des Moody Blues ; cette décision de tourner le dos au R & B de papa, de prendre le vent du moment et de tenter des choses nouvelles en écrivant ses propres compos, sera essentielle pour son avenir.

Un des premiers disques de rock symphonique.

On peut en juger dès le premier LP attestant de cette transition, Days Of Future Passed (novembre 1967/Deram), un des disques les plus importants de l'année 1967. En passant sous la tutelle de Tony Clarke, producteur ayant fait toutes ses classes chez Decca, Moody Blues, de par sa fusion d'éléments classiques avec le rock, signe un des premiers disques de rock symphonique, sous-genre du rock progressif.

Album-concept organisé autour des moments de la journée et réalisé avec le soutien du London Festival Orchestra, Days Of Future Passed recèle deux titres emblématiques du groupe, Tuesday Afternoon et Nights In White Satin, mais révèle aussi le mariage subtil et réussi entre l'habillage symphonique et le Mellotron mielleux de Pinder, entre le classique et le rock. Il marque une étape capitale de l'Art rock.

La bombe Nights In White Satin.

Entendue pour la première fois le 10 novembre 1967, la douceur des 7 minutes et 38 secondes de Nights In White, version single, va laisser son empreinte indélébile sur la terre entière.

Slow prog-rock à la mélodie mémorable, il cartonne littéralement en Europe mais met 3 ans avant de traverser l'Atlantique et de se parer de son statut de tube planétaire.

La concurrence avec Procol Harum et A Whiter Shade Of Pale, sorti quelques mois plus tôt, est rude, mais Moody Blues supplante finalement son rival du moment dans les classements britanniques où il fait 19 (103 aux States et N°1 dans beaucoup de pays d'Europe).

Pénalisée à sa sortie par son format trop long, la chanson est rééditée en 1972 et se classe 2ème chez l'Oncle Sam, 9ème au Royaume-Uni. Quant à l'album Days Of Future Passed, il ne tire pas vraiment profit du succès international de son titre-phare, son succès demeure modeste (27ème place au Royaume-Uni).

Rebondir après une entrée en matière aussi probante qu'inattendue, qui plus est quand on compte en son sein deux jeunots dans le métier comme c'est le cas de Hayward et Lodge (23 ans), quand l'on a pas encore peaufiné tous les réglages collectifs, c'est la première satisfaction à tirer de l'écoute de Search Of The Lost Chord (juillet 1968).

Une période féconde.

Le groupe aurait pu ne pas se relever d'une popularité lui tombant aussi soudainement sur le paletot. Au lieu de cela, Moody Blues se montre une nouvelle fois créatif et surtout lumineux. La pop psychédélique de Search Of The Lost Of Chord est, à quelques petites exceptions près (l'oriental Om), généreuse, riche, brillante.

Moody blues justin hayward portrait

« Des titres comme Nights In White Satin, Tuesday Afternoon, See-Saw, Question, sont des chansons merveilleuses à partager avec un public. C'est important pour tous ces gens de faire un saut dans le passé. » (Justin Hayward)

Moody Blues peut marcher la tête haute. Ride My See-Saw, Dr Livingstone I Presume, House Of Four Doors, Legend Of A Mind, Voices Of The Sky, The Actor ou Visions Of Paradise ont la qualité requise pour faire entrer la formation dans le gratin du prog british. Son statut n'échappe pas à Decca qui lui laisse les coudées franches en studio.

Construit sur un canevas conceptuel, On The Threshold Of A Dream (avril 1969) va encore plus loin que ses devanciers, dans les chiffres d'abord, puisqu'il pointe en tête des albums britanniques, reste dans les classements 15 mois de rang. Quand il en sort, deux autres LP ont été publiés. C'est dire la prolificité du groupe...

Moody blues graeme edge chris walterGraeme Edge (photo Chris Walter).

Moody blues mike pinder chris walterMike Pinder (photo Chris Walter)

Moody blues justin hayward chris walterJustin Hayward (photo Chris Walter).

Moody blues john lodge chris walterJohn Lodge (photo Chris Walter).

Moody blues ray thomas chris walterRay Thomas (photo Chris Walter).

Moody blues fly me high tour 2016Fly Me High Tour 2016.

Il va plus loin aussi dans le processus créatif, d'autre part, car le groupe a beaucoup appris de ses expériences sur la route et des améliorations à apporter à sa précédente production pour franchir un cap. Comme le label ne lui impose rien de contraignant, il se donne le temps et les moyens pour travailler son son et faire évoluer un registre balançant toujours entre classique et pop psychédélique. Il y réussit, les chiffres parlant d'eux-mêmes. On The Threshold Of A Dream est un très bon disque. Meilleur que son suivant, cela ne fait pas l'ombre d'un doute.

A être trop ambitieux....

To Our Children's Children's Children (novembre 1969) est fait pour Threshold Records, label créé par Moody Blues pour publier les enregistrements solo de chacun des membres et pour gérer les visuels (pochettes) du groupe, signés depuis Days Of A Futur Passed par l'illustrateur et designer Phil Travers. Threshold est une filiale de Decca pour le Royaume-Uni et de London pour le marché américain.

To Our Children's Children's Children a contre lui sa complexité et le manque de liant entre ses titres, ce qui est plutôt désagréable pour apprécier un album-concept. La thématique centrale de ce disque s'appuie sur les premiers pas de l'humain sur la lune et sur la solitude.

Ambitieuse, l'oeuvre se perd parfois et son traitement en public a été rendu difficile, pour ne pas dire impossible, en raison d'un son studio nourri par de nombreux overdubs et effets.

Moody Blues se dépouille.

Si le psychédélisme est encore de mise (plus légèrement) dans Question Of Balance (août 1970), c'est le durcissement du son (plus rock) qui surprend ici. L'atmosphère crue et dépouillée du sixième album studio diffère de tout ce qui précède. Cette orientation est dictée par les difficultés scéniques précédemment dénoncées.

De ce fait, Moody Blues s'éloigne encore un peu plus de la magie de Days Of A Future Passed, mais s'arroge, en contrepartie, de nouveau Moodies qui y trouvent chaussure à leur pied et vont longtemps l'accompagner dans sa mutation.

Si Melancholy Man, titre qui a fait une belle carrière en France, est la signature commerciale de l'album, Question est le symbole de l'humeur ambiante de Moody Blues.

Un pic avant une pause.

Every Good Boy Deserves Favour (juillet 1971) est un pic du répertoire et ses scores réalisés tant au Royaume-Uni (N°1) qu'aux Etats-Unis (N°2) attestent de sa bonne santé, de la réceptivité du public à l'endroit du 7ème LP studio. Elle ne s'est d'ailleurs jamais démentie depuis.

L'album est une base de la discographie, le dernier grand disque du line-up classique, celui-ci s'accordant une pause en 1974, non sans avoir préalablement signé un ultime opus, Seventh Sojourn (octobre 1972), certainement le disque de trop.

Avant de se retirer pour ouvrir la porte aux projets personnels, Moody Blues, moins collectif et moins inspiré que par le passé, n'envoie pas le meilleur signal à ses fans. Une trêve est de rigueur ; sage décision.

L'attente est meublée par des publications destinées à capitaliser sur le nom : This Is Moody Blues (2LP/1974) et l'hybride Caught Live + 5 (printemps 77), agencé avec des inédits studio de 1967/68 et avec un concert de décembre 1969 au Royal Albert Hall.

Treshold Records a été créé pour répondre aux travaux individuels de Moody Blues. Chacun y souscrit avec plus ou moins de bonheur. Dans ce parcours parallèle, Hayward et Lodge, en équipe, et Hayward seul sont ceux qui s'en sortiront le mieux.

Le duo signe sous son nom, le bel album qu'est Blue Jays (4 et 16 au Royaume-Uni et aux USA) et le titre à succès Blue Guitar (8 et 94), tandis que Justin Hayward est l'auteur deux ans plus tard, d'un tout aussi remarquable Songwriter (1977). Juste avant que Moody Blues ne revienne aux affaires, quasiment six ans plus tard.

Retour et suite mitigés.

L'inégal Octave (1978) reprend là où Moody Blues a laissé les choses, faute d'inspiration et de magie (Seventh Sojourn). L'élan créatif n'est pas revenu comme par enchantement durant l'interruption et la sanction est immédiate : Moody Blues réalise ici son moins bon disque depuis le début, le public anglais ne s'y trompe pas qui ne lui réserve pas un accueil délirant.

Cerise sur le gâteau, Mike Pinder, le Monsieur Mellotron de la troupe, marié et parti en Californie pendant la scission, a le mal du pays et le blues de l'éloignement de sa blonde. Après 9 LP (il est déjà du premier LP Magnicient Moodies), il tourne la page.

Le suisse Patrick Moraz (Yes) intègre la formation à l'occasion du World Tour Octave. Il va lui être fidèle jusqu'en 1991.

Si Long Distance Voyager (1981) et ses deux singles Gemini Dream (N°12) et The Voice (N°15) offrent encore un réel intérêt et des retombées internationales, la discographie studio engagée derrière, à savoir The Present (1983), The Other Side Of Life (1986), Sur la Mer (1988), et Keys Of The Kingdom (1991) par lequel les Moodies virent Moraz, témoignent de la perte de popularité des anglais, malgré leur tentative pour s'adapter à l'électronique.

Encore un socle solide de fans.

15ème LP, Strange Times (1999) vient compléter la discographie 8 ans après Keys Of The Kingdom. Il ne l'enrichit pas pour autant, aussi Ray Thomas, fin 2002, quitte à son tour un groupe manquant sérieusement d'ambition.

Ce départ laisse les coudées franches au trio Lodge/Hayward/Edge. A chrage pour lui de continuer l'aventure des Moodies.

December, sorti en octobre 2003, n'a rien du cadeau de Noël tant attendu par ce qu'il reste de fans. Si les chansons sont agréables et encore bien orchestrées, cet album sent surtout la tentative de faire un peu de pognon facile auprès de gogos encore émotifs.

Mis en comparaison avec le Christmas Album de son alter ego progressif Jethro Tull, édité la même année, il fait pâle figure. Dernier album studio du groupe, il ne remet pas en cause pour autant l'immense carrière des Moodies.

Il y a un temps pour tout, celui des Moody Blues est révolu depuis longtemps. Il n'est que les nostalgiques de ce temps-là à lui maintenir encore un vif intérêt. A voir l'engouement pour leurs concerts aujourd'hui, ils ne sont pas prêts à disparaître (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Moody blues the magnificent moodie 1965

 

THE MOODY BLUES

THE MAGNIFICENT MOODIES – 1965  3,5/5

 

Publié en juillet 1965.

Produit par Denny Cordell,Alex Murray.

Durée:34:23.

Label:Decca.

Genre:Merseybeat,R & B.

 

Un Moodie encore embryonnaire.

 

The Magnificent Moodies (en écoute intégrale ici), sorti au milieu de l'année 1965, est le premier album des Moody Blues. Il réunit encore la mouture d'origine du groupe de Birmingham; ce LP est d'ailleurs le seul à mettre au crédit de l'incarnation fondatrice des Moodies : le bassiste Clint Warwick, le batteur Graeme Edge, le guitariste Denny Laine, le claviériste Mike Pinder, le percussionniste et flûtiste Ray Thomas, ces trois derniers se partageant ici le chant.

Publié sous l'intitulé Go Now – The Moody Blues #1 et distribué par London Records pour le marché américain, il s'appelle The Magnificent Moodies au Royaume-Uni où c'est Decca qui se charge de toute la logistique derrière.

Les deux versions de l'époque sont chacunes construites autour de 12 titres; elles diffèrent toutefois et sont agencées dans un ordre autre selon le côté de l'Atlantique où l'on se place. 8 d'entre eux sont communs aux deux versions : I'll Go Crazy, Go Now (N°1 des hits quelques mois plus tôt), Can't Nobody Love You, I've Got A Dream, Let Me Go, It Ain't Necessarily So, True Story et Bye Bye Girl.

Les différences entre les deux albums portent sur Something You Got, I Don't Mind, Stop et Thank You Baby lesquels figurent dans The Magnificent Moodies. Ils sont remplacés, outre-Atlantique, par And My Baby's Gone, It's Easy Child, I Don't Want To Go On Without You et From The Bottom Of The Heart. Pour ne pas rajouter à la confusion, je n'évoquerai pas les versions ultérieures sur support numérique (1988, 1992 et 2006), mais elles existent. Tenons-nous en à la variante britannique. Seul le registre musical est identique, positionné essentiellement sur la période rhythm & blues et Merseybeat de Moody Blues, celle précédant de 2 ans son basculement vers le prog symphonique.

Ceux qui s'attendent au créneau artistique ayant popularisé le groupe de Birmingham en sont donc pour leurs frais. Ici pas de grandes envolées dignes de Days Of Future Passed, le line-up est encore par trop embryonnaire pour afficher la maîtrise affichée sur l'album suivant.

Le répertoire ne s'y prête pas non plus, articulé qu'il est autour d'une majorité de reprises (James Brown, Gerschwin, Willie Dixon) et de quelques originaux gentillets (4); il n'empêche qu'il constitue une belle collection susceptible de séduire le fan invétéré des Moodies. Et ce, même si on est à des années-lumière de leur Art Rock de prédilection (RAZOR©).

 

1. I'll Go Crazy.

2. Something You Got.

3. Go Now !

4. Can't Nobody Love You.

5. I Don't Mind.

6. I've Got A Dream.

7. Let Me Go.

8. Stop.

9. Thank You Baby.

10. It Ain't Necessarily So.

11. True Story.

12. Bye Bye Bird.

 

Denny Laine:guitare,harmonica,chant.

Mike Pinder:piano,orgue,chant.

Clint Warwick:basse,chant.

Ray Thomas:percussion,flûte,harmonica,chant.

Graeme Edge:batterie,percussions,chant.

Elaine Caswell:percussions.

LP Studio 2 - 1967

 

Moody blues days of future passed

 

THE MOODY BLUES

DAYS OF FUTURE PASSED – 1967  4,5/5

 

Publié en novembre 1967.

Produit par Tony Clarke.

Durée:41:34.

Label:Deram.

Genre:rock symphonique,rock progressif,proto-prog,art rock,rock psychédélique.

 

Les Moodies relèvent le gant.

 

Au moment de la publication de leur deuxième LP, Days Of Future Passed (novembre 1967), les Moody Blues cirent le banc de la scène musicale britannique depuis mai 1964. Soit plus de 3 ans.

Jusque là, les anglais de Birmingham évoluent dans un registre rhythm & blues et Merseybeat. Partie de El Riot & The Rebels, groupe réunissant Ray Thomas, John Lodge et Mike Pinder, évoluant en Krew Kats quand Lodge privilégie les études et Pinder rejoint l'armée, la mouture menant à la formation officielle des Moody Blues s'étoffe avec les arrivées de Graeme Edge, Denny Laine et Clint Warwick.

Malgré un single Go Now (janvier 1965) qui fait N°1 et qui s'écoule à plus d'un million d'exemplaires, les Moodies restent à quai. Les débuts sont difficiles malgré un premier LP nommé d'après le single à succès précédent. Le dépôt de bilan n'est pas loin ; la situation amène Laine à s'effacer au profit de Justin Hayward que les Animals ont dans le collimateur. Dans le même temps, John Lodge supplée Rodney Clark, lui-même remplaçant de Warwick.

Thomas, Pinder et Edge se réorganisent autour de ces deux arrivées décisives quant à l'évolution musicale des Moody Blues ; cette résolution de tourner les talons au R & B de papa, de se conformer aux tendances du moment et de faire du neuf en composant ses propres chansons, sera déterminante pour l'avenir du groupe. Nous sommes en novembre 1966, un an avant l'échéance Days Of Future Passed (en écoute intégrale ici).

Celui-ci se fait pour Decca auprès duquel Tony Clarke introduit le quintet. Le label aime la manière dont la formation de Birmingham sonne désormais. Elle aime ce mélange de rock et de classique, ces fresques symphoniques qui deviennent alors la signature de Moody Blues.

Lancé comme appât, le single Love And Beauty/Leave This Man Alone (septembre 67) ne récolte aucun laurier mais annonce la couleur. Dorénavant, les Moodies, ce sera ce genre de musique. D'autant que le label, possesseur depuis peu de moyens à l'avant-garde de la technologie, saute sur l'occasion pour inciter le groupe à enregistrer une adaptation de la Symphonie N° 9 d'Anton Dvorak dans ses installations (Deramic Sound).

Les Moodies ne mordent pas au projet mais travaillent parallèlement sur un canevas dont les sessions d'enregistrement sont fixées entre début mai et début novembre 1967 (Decca Studios de West Hampstead) et se placent sous la triple autorité de Clarke, déjà cité, de Derek Varnals, l'ingénieur-maison et du chef d'orchestre et arrangeur Peter Knight.

Le pari est risqué de proposer une œuvre pop soutenue par un orchestre symphonique. Moody Blues ramasse le gant et, en cette fin d'année flower power britannique, y va d'un disque remarquable prenant place, sans avoir à nourrir le moindre complexe, auprès des albums rois de 1967 : Sergent Peppers (Beatles), Beggar's Banquet (Stones), Disraeli Gears (Cream), Mr Fantasy (Traffic) ou The Who Sell Out.

Days Of Future Passed, c'est son nom, est conceptuel. Comme beaucoup de disques produits cette même année 67. L'idée porte sur le déroulement d'une journée ordinaire d'un citoyen lambda.

La reconversion des Moodies dans ce que l'on définit lors comme art rock, ça passe ou ça casse. Ils sont les premiers à s'entourer d'un ensemble symphonique, en l'occurrence le London Festival Orchestra. Leur audace paie car non seulement l'album est une réussite mais il révèle des perles comme Tuesdday Afternoon ou Peak Hour, des sublimes chansons comme Twilight Time, Another Morning ou Dawn Is A Feeling et un titre devenu planétaire, Nights In White Satin.

La fusion opérée fonctionne très bien, autant pour les amateurs de rock que pour les défenseurs de classique. S'il surprend ses auditeurs, il les comble surtout. Inventif, terrain des expérimentations annoncées, l'ambitieux Days Of Future Passed souscrit avec succès au révélateur de la critique et s'inscrit dans le temps comme le plus mémorable des LP répertoriés dans le catalogue des anglais. Rares sont les albums du moment à définir l'ère psychédélique britannique ambiante : Days Of Future Passed peut se revendiquer comme tel (RAZOR©).

 

1. The Day Begins.

2. Dawn:Dawn Is A Feeling.

3. The Morning:Another Morning.

4. Lunch Break:Peak Hour.

5. The Afternoon:Forever Afternoon (Tuesday):(Evening)Time To Get Away..

6. Evening:The Sun:Twilight Time.

7. The Night:Nights In White Satin.

 

Justin Hayward:guitare acoustique,guitare électrique,piano,claviers,chant.

John Lodge:basse,guitare électrique,chant.

Mike Pinder:claviers,Mellotron,piano,voix parlée.

Ray Thomas:flûte,cuivres,percussions,claviers,chant.

Graeme Edge:batterie,percussions,chant.

The London Festival Orchestra:orchestre symphonique.

Peter Knight:chef d'orchestre.

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