Van der Graaf Generator.

BIOGRAPHIE.

 

VAN DER GRAAF GENERATOR/Manchester (Angleterre)

 

Vangraaf 3

 

Actif entre 1967 et 1972, 1975 et 1978,depuis 2005.

Labels:Mercury,Charisma,Fontana,Vertigo,Probe,Dunhill,Virgin.

Genre:rock progressif,rock expérimental,art rock.

 

Maillon important de la première vague progressive.

Si ta belette t'a plaquée, attaque-toi plutôt à un bon magnum de Jack Daniels plutôt que de tenter de guérir ta plaie d'amour en écoutant Over de Peter Hammill. Là où le Jack te couchera pour le compte, Over te fera plonger dans une méga dép'. C'est tellement beau, bouleversant et d'une tristesse infinie que ça a un inextinguible effet pervers de reviens-y.

10 ans après ses débuts dans le business du rock, Peter Hammill s'affirme alors comme un des plus grands auteurs-compositeurs de l'école anglaise. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, quand il fait sa crise cardiaque au début des années 2000, l'incident ne fait pas deux lignes dans la presse comme si le rock, dans toute son ingratitude, avait tout à coup oublié tout ce que l'artiste lui a apporté.

Comme pour mieux le snober, Hammill remet le couvert derrière et signe quelques derniers albums pas piqués des vers. Comme à l'époque de Van der Graaf Generator, son style reste unique et inimitable. Chez celui auprès duquel David Bowie ou Nick Cave sont venus chercher l'inspiration il y a encore et toujours à découvrir et à s'émouvoir.

Van Der Graaf Generator est son bébé. Le natif d'Ealing (Londres) en est le moteur principal, le chanteur, le pianiste, le guitariste ainsi que le songwriter depuis 1967, date à laquelle le groupe, formé sur les bancs de l'Université de Manchester, s'organise autour d'un trio.

Première mouture, première rupture.

Peter Hammill est le chanteur et guitariste, Nick Pearne, le claviériste, et Chris Judge-Smith, le batteur et percussionniste. Auteur d'un seul single pour Polydor, People You Were Going To, cette première incarnation tâtonne jusqu'au début de l'été 1969, période de sa première séparation. Il y en aura d'autres, mais Peter Hammill en sera toujours le dénominateur commun.

Sa disparition des écrans radar est toutefois de courte durée et Peter Hammill réapparaît, avant la fin de l'année, à la tête d'une nouvelle mouture. Pearne n'en est plus et Judge-Smith fait encore une pige très discrète sur le premier LP.

L'avenir du groupe est désormais placé entre les mains Keith Ellis (bassiste), Guy Evans (batteur) et Hugh Banton (claviers) et, bien évidemment de Peter Hammill. Ce Van der Graaf là, à quelques variantes près (Nic Potter, David Jackson), va alors tenir entre 1970 et 1975 un rôle important dans la première vague progressive britannique et libérer, durant toute les années 70, quelques albums à couper le souffle.

Vangraaf lu classique banton evans jackson hammillLe line-up classique de Van der Graaf Generator... 

Vangraaf hugh bantonHugh Banton...

Vangraaf evans...Guy Evans...

Vangraafjackson76... Dave Jackson...

Vangraaf hammill... et Peter Hammill.

La patte de Peter Hammill.

Le premier d'entre eux est The Aerosol Grey Machine (septembre 1969). Prévu à l'origine pour être un album de Peter Hammill, ce disque distribué uniquement aux States via Mercury, est crédité à Van der Graaf Generator pour des raisons contractuelles. Il porte déjà l'empreinte de son leader, dont la carrière personnelle s'est toujours confondue avec celle collective menée avec Van der Graaf Generator.

Ce premier album d'influence psychédélique, s'il est encore très loin de ceux qui trônent en tête de sa discographie, établit, sans la moindre ambiguïté, la direction artistique progressive que Peter Hammill s'est fixée. Le potentiel est là, l'écriture se met en place et la voix se pose progressivement. Encore quelques réglages au niveau du son et un peu de professionnalisme et la surprise sera belle à très court terme.

L'écheance discographique suivante se fait sans Keith Ellis, suppléé par Nic Potter et chez Charisma. Le saxophoniste et flûtiste David Jackson intègre également le line-up qui va signer l'inquiétant et novateur The Least We Can Do Is Wave To Each Other (1970), un des beaux moments de la carrière de VDGG.

La surprise The Least We Can Do...

Doté d'un son plus nourri, articulé autour des claviers, du jeu alterné de saxophone et de flûte de Jackson, merveilleusement porté par la voix à la tessiture magnifique d'un Hammill à la limite de la rupture parfois, The Least We Can Do Is Wave To Each Other permet à Van der Graaf d'entrer de plain-pied parmi les meilleurs groupes de rock progressif du moment. Encore loin des barons comme King Crimson, certes, mais sa rapide évolution l'en rapproche manifestement. De là à l'égaler, c'est un autre problème. Ce deuxième volume lance véritablement la carrière de VDGG.

Avec un Nic Potter réduit à la portion congrue en contribuant sur trois petits titres seulement du prochain album et démissionnaire avant la fin de sa réalisation, Van der Graaf Generator s'organise dès lors autour d'un noyau qui va peser sur la discographie s'annonçant.

Hammill, Banton, Jackson et Evans vont alors écrire les plus belles pages du groupe, d'autant que le label (Charisma) lui donne les moyens et lui laisse toute lattitude artistique.

Les débuts du line-up classique de VDGG.

Ce N° 3 au titre référant à la physique et à la fusion nucléaire (H To H, Who Am The Only One) sort à la fin de l'année 1970. Animé d'influences jazz fortement ressenties, exprimées surtout par le saxo de Jackson et appuyées par la présence ponctuelle de Robert fripp (The Emperor In This War Room), cet album traduit la formidable marche en avant opérée par la bande à Hammill en l'espace de 3 ans.

Il marque les véritables débuts du line-up dit classique de Van der Graaf Generator, celui qui va nous pondre les gourmandes gâteries prog à venir.

Dans cet ordre d'idées, le schizophrénique, angoissant et torturé Pawn Hearts (octobre 1971) fait valeur de référence discographique pour les anglais. Le summum , l'apogée, la consécration... peu importe les termes, le dithyrambe est de rigueur.

Depuis le temps qu'ils tournent autour du pompon sans jamais le toucher, pour le coup, ils le décrochent. Avec ce fleuron, leurs auteurs traitent d'égal à égal avec les ELP, King Crimson et Genesis, dont les Lizards, Tarkus et Nursery Cryme constituent, faut-il le rappeler, le nec plus ultra des albums de l'année 71.

Peter Hammill la joue solo.

Embarqué dans une tournée promotionnelle harassante, Van der Graaf Generator ne résiste pas bien longtemps au rythme infernal dicté par son nouveau statut.

En août 1972, le groupe se met en retrait : Peter Hammill la joue solo tandis que Jackson, Evans et Banton bifurquent vers une direction plus instrumentale : The Long Hello (1973). Ce projet réunissant également l'ancien membre Nic Potter et le guitariste Pietro Messina (et Ced Curtis) accouche d'un LP éponyme placé dans un registre musical très différent de ce que les anciens membres ont pu pratiquer dans les dernières heures de VDGG.

Réduit au silence, le line-up classique de Van der Graaf Generator continue pourtant à s'impliquer auprès de Peter Hammill, engagé lui dans un parcours individuel dominé par le folk et la gratte sèche. Evans, Jackson et Banton, déjà du premier opus solo du londonien, Fool's Mate (1971) sorti un an avant la séparation, sont de Chameleon In The Shadow Of The Night (mai 1973), de son suivant The Silent Corner And The Emty Stage (février 1974) et de Nadir's Big Chance (février 1975), l'album qui précède la reformation de Van der Graaf Generator.

Vangraaf guy evans

« Je me souviens parfaitement de cette nuit du 24 février 1969 où Van der Graaf Generator et Fat Matress, le groupe parallèle de Noel Redding, avons ouvert le concert au Royal Albert Hall du Jimi Hendrix Experience. C'était génial, très agréable comme sensation. Nous étions pourtant tous très nerveux mais nous avons été plutôt pas mal ce soir là. A cette époque, nous étions déjà bien affûtés pour avoir déjà donné beaucoup de concerts. Ce fut une très bonne prestation, donc un bon souvenir. » (Guy Evans)

Renaissance dans un contexte pourtant défavorable.

Cette réssurection intervient dans un contexte très peu favorable au rock progressif. Le genre bât de l'aile ; l'ère des dinosaures étant révolue, Robert Fripp met King Crimson en sommeil (25 septembre 74), Yes ahane après la perte de Rick Wakeman et s'accorde une pause pour permettre à ses membres méritants de rebondir sur des projets personnels, tandis que Genesis est sur le flanc et, après avoir mis en minorité le charismatique Peter Gabriel, se retrouve à avoir à gérer son départ. Même Emerson Lake & Palmer, pourtant encore dans le coup comme le prouve sa tournée américaine de 74, s'offre une triple année sabbatique.

Vangraaf reunion ham ev jack banton 2005Hammill, Evans, Jackson et Banton réunis en 2005.

Vangraaf progawards 2016Awards prog 2016.

Van der Graaf Generator revient aux affaires mais pas pour faire de la figuration. Son retour avec Godbluff, en octobre 1975, est certes plus accessible pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le précédent répertoire du groupe. Complexité mise à part, rien n'a pourtant vraiment changé derrière l'inamovible Pawn Hearts réalisé 4 ans auparavant. Pour autant, l'inventivité n'est pas bridée alors que le souffle, la noirceur, la puissance et l'agressivité, marqueurs caractéristiques de la musique de VDGG ont plus que jamais investi les lieux. Peter Hammill s'en donne à coeur-joie pour persister à appuyer là où ça fait mal.

Godbluff, Still Life et World Record : la belle trilogie de VDGG.

Incontournable page du catalogue, Godbluff, premier des 3 albums marquant le retour de VGG, précède Still Life, enregistré dans la deuxième quinzaine de janvier 1976 et mis sur le marché trois mois plus tard. En 5 pièces, les trois titres qui l'introduisent et qui font la face 1 du vinyle, à savoir Pilgrims et Still Life (qui culminent à plus de 7 minutes) et La Rossa (pas loin des 10 minutes) ainsi que les plus de 20 minutes du verso (My Room et Childlike Faith In Childhood's End), cet album profond et intime élève Peter Hammill au rang de géant. Rarement, il aura atteint un tel niveau de beauté douloureuse.

Et ça n'est pas fini. Six mois après Still Life, Van der Graaf Generator revient dans les bacs avec ce qui est le troisième LP en moins d'un an. World Record (octobre 1976), N° 7 studio, boucle de manière (encore) convaincante la fameuse trilogie du come-back, bien qu'il s'inscrive comme le plus faible de la tierce, affecté essentiellement par un manque de cohérence et vraisemblablement pénalisé par le microcosme prog pour une incursion visionnaire dans le reggae (Meuglyss III).

Mérite-t-il pour autant d'être snobé alors qu'il prend place dans le sillage immédiat d'oeuvres parmi les plus mémorables que le rock progressif ait engendré ? Bien sûr que non et la réponse réside dans cette matière baignant encore une fois dans la noirceur, la souffrance, l'angoisse et le désespoir. Original, World Record est loin d'être le disque de trop de la renaissance de VDGG.

Fin du line-up classique.

Il scelle malgré tout la fin du line-up classique puisque Banton, élément important du son VDGG (l'orgue), et Jackson s'en vont après World Record. En 1977, Nic Potter accepte l'idée de Hammill et Evans de repartir sous Van der Graaf. Le violoniste Graham Smith prend part au nouveau projet en relayant Banton. La nouvelle incarnation réalise deux albums : un excellent LP studio (The Quiet Zone/The Pleasure Dome/1977-Charisma), 8ème du catalogue studio, et un premier live, Vital (juillet 1978), enregistré au début de l'année 78 au Marquee londonien.

A sa suite, on assiste à une nouvelle dissolution, sans heurts, d'un groupe plombé par les dettes. Peter Hammill rebondit alors sur une carrière solo tout aussi enrichissante et jalonnée de chefs d'oeuvre à l'instar d'Over évoqué en introduction. Quant à Van der Graaf Generator dans sa formule classique, il se réunit d'abord très épisodiquement pour peu que l'occasion en vaille la peine (90's et début des années 2000), puis plus régulièrement après 2004.

Le double Present (2005), Trisector (2008), A grounding In Numbers (2011), ALT (2012) ainsi que les live Real Time (2006) et Merlin Atmos (2015) sont depuis venus se greffer avec un égal bonheur à la brillante discographie de cette formation autant plébiscitée par le cénacle progressif aujourd'hui qu'elle ne le fut hier. L'ombre de Peter Hammill plane sur ce catalogue magistral qu'il a nourri essentiellement de ses déchirures personnelles (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Vangraaf the least we can do

 

VAN DER GRAAF GENERATOR

THE LEAST WE CAN DO IS WAVE TO EACH OTHER – 1970  4,5/5

 

Publié en février 1970.

Produit par John Anthony.

Durée:43:10.

Label:Charisma (UK),Probe (USA).

Genre:rock progressif.

 

Une première partie exceptionnelle.

 

The Least We Can Do Is Wave To Each Other est le deuxième LP de Van der Graaf Generator ; il a toujours eu mes faveurs et a toujours été mon préféré du catalogue des anglais.

Sorti au début de l'année 1970, il est, à mon sens, le moment idéal pour accéder à la discographie souvent complexe de Van der Graaf Generator. Comme il marque les débuts du line-up classique (Hammill, Evans, Banton et Jackson), c'est faire d'une pierre deux coups.

L'album marque le passage en tant que membre officiel de David Jackson, saxophoniste, dont on ne louera jamais assez l'importance de son apport dans le son du groupe. Nick Potter y figure encore en qualité de bassiste.

Enregistré dans les studios Trident londoniens, alors très avancés sur le plan technique (le meilleur endroit d'enregistrement du moment en Europe), le disque profite de cette technologie nouvelle, la qualité sonore s'en ressentant fortement.

Encore à se chercher dans l'opus précédent The Aerosol Grey Machine (1969), VDGG se trouve ici et nous pond un LP magnifique alternant musique douce et cool (Refugees, Out Of My Book) et ambiance gothique tortueuse, ténébreuse et inquiétante (Darkness, White Hammer, After The Flood), un marqueur du style Hammill, dont la patte se devine tout au long de The Least We Can Do.

Chacun des 6 titres à l'écriture prompte à déprimer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, enfonce un peu plus le clou et on a parfois le sentiment de s’égarer dans cet univers tortueux, d'en être prisonnier jusqu’au final lugubre et chaotique constitué de After The Flood, son point de désespérance maximal.

On appréciera ici la voix de Peter Hammill et l'influence sur l'atmopshère générale du disque née du jeu de saxo de Jackson. L'ensemble fourmille de bonnes idées.

L'album est une réussite même si sa richesse sonore, sa force créatrice et son émotion sont essentiellement concentrés dans la première partie (Darkness, Refugees et White Hammer) du vinyle. A elle seule, Refugees, pure merveille, justifie que l'on se penche sur le cas du sous-estimé Van der Graaf Generator. Il vaut le détour (RAZOR©).

 

1. Darkness (11/11).
2. Refugees.
3. White Hammer.
4. Whatever Would Robert Have Said ?
5. Out Of My Book. 
6. After The Flood.

 

David Jackson:saxophones,flûtes,choeurs.

Guy Evans:batterie.

Hugh Banton:claviers,choeurs.

Peter Hammill:chant,guitares,piano sur 2.

Nic Potter:guitares,basse.

Gerry Salisbury:cornet sur 3.

Mike Hurwitz:violoncelle sur 2

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