Arthur Lee.

BIOGRAPHIE.

 

ARTHUR LEE/MEMPHIS (TENNESSEE-USA)

 

Arthur lee 1

 

Né Arthur Taylor Porter, dit Arthur Lee.

Né le 7 mars 1945 à Memphis (Tennessee) et mort le 3 août 2006 à Memphis.

Actif depuis le début des 60's, jusqu'en août 2006.

Label:Elektra Records.

Genre:rock psychédélique,rock garage,hard rock.

Site officiel:lovearthurlee.com

 

Le premier hippie black.

A l'écouter et à le voir déambuler sur Sunset Strip dans des tenues colorées, branchées et excentriques, il était, comme il aimait le rappeler, le premier hippie black. Ce statut qu'il s'est auto-affecté, il le revendiquait haut et fort. Il a tout fait avant les autres.

Leader du groupe angelin Love, Arthur Lee, s'il est une référence du rock psychédélique des 60's, il était surtout une star avant l'heure, un génial surdoué, megalo, parano, instable, fragile et angoissé. Forever Changes (1967), l'un des plus beaux albums de tous les temps, c'est lui.

Admiré dans le milieu, c'est Lee qui permet aux Doors de rejoindre Elektra Records. Mieux, il fréquente Pamela Courson avant Jim Morrison. Ce dernier fait tout comme Lee, du Labrador qu'il adopte aux tenues qu'il porte en passant par la même voiture, lui pique même quelques trucs pour se faire remarquer par les pontes du label.

Quand les Byrds, de l'autre côté du Strip, flambent sur Mister Tambourine Man, le mec le plus In de Californie s'empresse de mettre aussitôt un pied dans le folk-rock, histoire d'être parmi les pionniers du genre. Par ailleurs, Arthur est le premier à avoir fondé un groupe de rock multi-racial.

Achevée par une leucémie en 2006, la vie de Lee n'a été qu'une gigantesque party jalonnée de cul, de belles bagnoles, de shoots et de picole. Elle passe aussi par la case Prison, le junkie n'ayant pas trouvé d'autres moyens pour se faire remarquer que de régler un conflit de voisinage en défouraillant sur son entourage au Magnum 44, une nuit de fin d'année 96. Résultat : il en prend pour 12 ans mais n'effectue que la moitié de la peine. Paradoxalement, ce roi de Los Angeles est mort à poil, déglingué et seul. Arthur Lee est LE gros échec du rock.

Le sport, les animaux et la musique.

Né Arthur Porter Taylor à Memphis, carrefour de toutes les musiques populaires noires américaines (jazz, blues, doo wop) avant de devenir le berceau du rock & roll, puis de la soul (Stax Records), il est l'enfant de Chester Taylor, un joueur de cornet à piston de l'ensemble de Jimmie Lunceford (rival des orchestres de Count Basie et Duke Ellington) et d'Agnes Porter, professeur des écoles. Epoux volage et toujours en tournée, Chester Taylor est rarement à la maison, aussi Agnes demande le divorce, après avoir fait constater l'abandon de domicile de son époux.

Dès 1952, la maman prend son fils sous le bras et déménage à Los Angeles. Elle obtient le divorce (1953) et rencontre Clinton Lee, un entrepreneur en bâtiment qu'elle épouse en 1955. Arthur est officiellement adopté en 1958 ; Clinton Lee va l'élever comme son propre fils. En grandissant, il devient un petit dur et, aux passions qui l'animent jusque là, le sport et les animaux, il rajoute la musique.

Arthur a une prédilection pour le rock 'n' roll et le rhythm 'n' blues des Little Richard, James Brown et Ray Charles. Il en pince aussi pour les groupes alors en vogue tels que les Coasters, les Drifters ou les Isley Brothers. Cette nouvelle attention l'amène à pratiquer un instrument. Après l'accordéon, il essaie la guitare et le piano sans montrer toutefois de réelles dispositions.

Arthur lee johnny echols premier groupe multiracialArthur Lee et Johnny Echols : les psychedelic blackmen.

Arthur lee 2Arthur Lee : l'Ange Noir du rock.

Arthur lee brian macleanLee et Bryan Maclean.

Arthur lee l ame de loveL'âme de Love.

Arthur lee loveLove, premier groupe multuracial.

Arthur lee forever changesLe graal de Lee et Love.

Arthur lee jimi hendrixHendrix, fan de Lee.

Arthur lee vindicatorVindicator, son premier LP solo en 1972.

Arthur lee johnny echols 1Lee et Echols : une complicité jamais démentie.

Arthur lee finUne fin de vie difficile.

L'aiguillon Johnny Echols.

Johnny Echols, lui, cadet de deux ans d'Arthur, est plus doué et prend des leçons pour s'améliorer. Les Echols sont une famille de Memphis venue s'installer à Los Angeles en 1954. A deux pas des Lee. Faut-il y voir la main du destin, les deux complices allant écrire la magnifique histoire de Love ?

Echols va servir d'aiguillon pour amener Lee à faire de la musique plus sérieusement. Il a intégré les House Rockers à 16 ans et tente d'insuffler à son pote le même enthousiasme que celui qui l'anime.

Arthur en est encore à bricoler dans des formations mineures quand Johnny passe semi-professionnel au sein du Chuck Daniels Band (1963). L'influence du plus jeune pousse Lee à s'impliquer dans l'écriture et dans la musique.

Echols et Lee se retrouvent à évoluer au sein du Los Angeles Group (1963) formé sur les cendres des Valaquons. Lee y joue les parties de basse (encore une première avant Ray Manzarek !). Le L.A.G's est engagé dans un club de Pico Boulevard où il se produit régulièrement avant de devenir un groupe en vogue à Los Angeles. Cet engagement contraint Arthur Lee à abandonner ses études avant l'heure.

L'Ange Noir fait le show.

En 1964, l'année où les Beatles impulsent la déferlante musicale britannique, après un concert de ces derniers au Hollywood Bowl, le Los Angeles Group mute en American Four. Echols et Lee sont sous le choc.

Le guitariste et le chanteur-songwriter changent de cap et emboîtent le pas de la british invasion . Them, les Kinks, les Animals, les Yardbirds, Pretty Things s'invitent dès lors au répertoire d'American Four.

Le groupe change de look et soigne son apparence scénique. Les premières excentricités vestimentaires de Lee et sa présence remarquée sur les planches deviennent vite une curiosité dans la Cité des Anges.

Arthur Lee fait déjà le show, Echols, grand guitariste, assure le spectacle ; les groupies se pâment devant ces American Four choisis par les Stones pour ouvrir les étapes de leur tournée américaine de 1964. Lee profite de la proximité avec Mick Jagger pour peaufiner son jeu de scène en s'inspirant des circonvolutions suggestives du chanteur anglais.

Pour être au niveau de son modèle britannique, American Four se renforce en engageant comme batteur Don Conka, en lieu et place de John Jacobson. John Fleckerstein est maintenu à la basse. Le potentiel est là, comme en atteste le single issu de cette restructuration (Luci Baines/Soul Food chez Selma Records). Il est toutefois insuffisant pour briguer un quelconque succès.

Les Grassroots avant Love.

Au printemps 1965, sous l'influence des Byrds, par lequel le renouvau américain sur la scène internationale s'organise, American Four opère une mutation artistique dans le sillage de ceux qui, avec les Beach Boys, contrent la british invasion en tapant dans le catalogue de leur compatriote Dylan.

A la fin du mois d'avril 65, American Four devient The Grassroots. Le public branché hippie de Sunset Boulevard et les groupies ne sont pas indifférents à ce groupe décalé se produisant régulièrement au Brave New World.

Jeté comme un malpropre des Byrds pour lesquels il officie comme roadie, le guitariste et songwriter (et chanteur) Bryan MacLean vient compléter un groupe devant changer de nom car un homonyme, plus populaire, existe déjà à Los Angeles.

The Grassroots prend alors le nom de Love à l'automne 65 et s'installe dans un squat à l'angle de Laurel Avenue et de Beverly Boulevard. Les Grassroots durent 8 mois. Lee, Echols, MacLean, Fleckenstein, Alban Snoopy Pfisterer qui, de plus en plus remplace Conka, accro aux drogues, et l'éphémère Bob Beausoleil en écrivent l'histoire.

Très vite Fleckenstein part pour les Standells (début 1967) et Ken Forssi le supplée à la basse. On tient désormais le premier line-up de Love, formation qui fédère autour de son nom une nuée de hippies avec lequels la bande à Lee partage les mêmes valeurs : amour, liberté, antimilitarisme, anticonformisme, drogues...

L'attraction de L.A.

Malgré un single aux retombées moindres (une reprise de My Little Red Book de Burt Bacharach), Love devient rapidement une attraction dans les clubs de Los Angeles. Il est le groupe qui monte, porté par ses « psychedelic blackmen ». Le dynamique label new yorkais Elektra Records, venu prospecter la scène californienne, le signe. Leurs investigations les amènent à pousser la porte du Bido's Lito où ils découvrent ce groupe très tonique en totale fusion avec son public.

Les pontes d'Elektra engagent Love dès janvier 1966 et pour deux ans, à la condition de sortir le plus rapidement possible un album. Il sort en mars de la même année. Eponyme, ce disque enregistré aux studios RCA d'Hollywood, comprend 14 titres, dont la très grande majorité est née sous la plume d'Arthur Lee (seul ou en co-écriture).

Mélange de folk-rock psychédélique et de garage, ce premier disque (N° 57 au Billboard) installe Lee sous les projecteurs ; au chant comme à l'écriture, il a déjà le potentiel d'un très grand. Love est promis à un bel avenir avec ce leader si talentueux et charismatique, d'autant que Michael Stuart vient renforcer le poste batterie, Pfisterer étant jugé un peu léger (il est muté aux claviers), au regard des nouvelles ambitions du groupe.

Un grand Lee pour l'Amour.

Les deux albums à venir, Da Capo (novembre 1966) et Forever Changes (novembre 1967) concrétisent dans les faits les promesses entretenues.

Da Capo fait la transition entre Love et son suivant. Signataire de 6 des 7 chansons d'un album qui aurait déjà pu décrocher le pompon s'il n'avait pas été plombé par un Revelation abusivement étiré (plus de 17 minutes), par un groupe et un Arthur Lee complètement défoncés, le tennesséen donne le jour à quelques pépites qui préfigurent le Forever Changes à venir : She Comes In Colors, Que Vida !, 7 and 7 Is (Top 40), Stephanie Knows Who ou The Castle.

A noter aussi la contribution de MacLean, auteur d'un charmant et convaincant Orange Skies et le soutien remarqué au saxo et à la flûte de Tjay Cantrelli. Une compétition s'installe alors entre MacLean et l'autodestructeur Lee qui va détériorer les relations au sein du groupe, d'autant que l'acide, la coke, l'héroïne et l'alcool sont consommés sans mesure.

Malgré cela, ou peut-être grâce à cela, Forever Changes, un an après Da Capo, s'inscrit comme une des grandes œuvres pop-rock de tous les temps. Pendant plus de 42 minutes, le dernier album réalisé par le line-up d'origine (Lee, Echols, MacLean, Forssi, puis Stuart) déconnecte l'auditeur de son milieu.

Le graal Forever Changes.

Sublime, déstabilisant, illuminé, enivrant, sombre, irrespirable, Forever Changes est le reflet de sa parano, de ses peurs, ses espoirs, de l'instabilité animant l'homme et dont l'artiste a du mal à se défaire, ainsi que des trips sous acides dont le groupe est coutumier. Lee est alors persuadé qu'il n'en a plus pour très longtemps.

Soigné dans ses arrangements, léger dans ses mélodies, noir, voire funèbre dans ses textes à l'image de The Red Telephone (la mort et la destruction dominent), erratique dans ses rythmes, Lee rédige son testament avec une froideur déconcertante qui se ressent jusque dans son chant placide. Comme si c'était son ultime déclaration au monde...

40ème du classement Rolling Stone des 500 meilleurs LP de tous les temps, Forever Changes est, paradoxalement, un échec commercial (154 au Billboard), faisant le moins bon score des trois premiers albums de Love. Depuis, il truste les éloges, est devenu culte et son auteur-compositeur (9 des 11 titres de Forever Changes) est vu comme un génial surdoué.

Quand la drogue et les difficultés s'invitent.

Love est malheureusement dissous dans la foulée, des problèmes relationnels, de toxicomanie et des soucis financiers ont raison de lui. MacLean et Frossi sont addicts aux drogues dures ; ils sont virés par Arthur Lees. Echols et Stuart le sont aussi. Arthur Lee relance la mécanique en 1968 ; il est seul et dans un état de forme discutable, victime de ses excès et de sa vie dépravée.

Elektra estime que Love, autrement dit Arthur Lee, est toujours redevable d'un album. Le label est prioritaire dans le choix des pistes, contrat oblige. Ce sera le très bon Four Sail pour lequel le line-up est complètement renouvelé : Jay Donnelan (guitare), Frank Fayad (basse), George Suranovich et Drachen Theaker (batterie) entourent l'unique rescapé de Forever Changes.

Four Sail est donc le dernier opus pour Elektra, sorti deux ans après la rupture du Love originel. Mieux classé que l'album précédent (102), Four Sail marque cependant la fin de la popularité de Love dans le cœur des angelins. Arthur Lee n'est plus le catalyseur de la scène musicale de L.A.

Love meurt dans son Lee.

L'étiquette Blue Thumb prend le relais d'Elektra mais doit se contenter des miettes (des sessions d'enregistrement de Four Sail rejetées par Elektra), mais des miettes de Lee, ça constitue encore un bon repas (Out Here/décembre 1969).

Dans ce double disque de près de 70 minutes, le folk-rock et la pop psychédélique s'effacent au profit d'un heavy-psych plus brutal. Arthur Lee s'y montre encore créatif et animé par de bonnes idées, mais il n'accroche plus. Blue Thumb n'a pas misé sur le bon cheval, l'album est une grosse déception commerciale (176).

Quatre ans après avoir rayonné sur la Cité des Anges, Love n'est plus que l'ombre de lui-même ce que traduit le 6ème LP qui lui est crédité, False Start (fin 70). La magie s'est envolée malgré une pige d'Hendrix, une de ses dernières (il meurt en septembre) sur The Everlasting First.

On est ici à des années-lumière de Forever Changes et Lee se fait de plus en plus lourd à écouter, de moins en moins convaincant. Une chose est sûre à ce stade de sa carrière : MacLean et Echols lui manquent énormément pour l'aider à développer ce qui vit encore en lui. Dans les chiffres, c'est 184 (Billboard). La chute est irrémédiable, malgré son rapprochement avec Hendrix. Love est à nouveau arrêté.

Vindicator : un Lee à part.

Viré de Blue Thumb, Lee signe ensuite chez Columbia et passe l'été 71 à enregistrer un projet pour son nouveau label, accompagné de Don Poncher, Frank Fayad et Craig Tarwater. Les chansons sont rejetées ; CBS met fin au contrat sans publier une seule note du lot. Pire, Columbia ne lui octroie même pas un producteur. Terminé le tapis rouge ! Les bandes inédites réapparaîtront en 2009 chez Sundazed Records sous le titre de Love Lost.

En juillet 1972, Lee publie son premier album solo, Vindicator. Il le réalise pour A & M Records avec les musiciens précédemment évoqués, à savoir Poncher (batterie), Fayad (basse) et Tarwater (guitare), élargis à Charles Karp et David Hull. L'influence d'Hendrix est très marquée et pour cause, le guitariste de Seattle et Arthur étaient copains comme cochon depuis 1964/65 et leur première rencontre dans les studios Gold Star de L.A.

Lee est donc bien placé pour incarner le génial guitariste et ne se prive pas de multiplier ici les références à son faux frère : la voix, la guitare, un album crédité à Arthur Lee With The Group Band-Aid, clin d'oeil au super-groupe qu'Hendrix avait en projet avec Steve Winwood et Lee.

Arthur lee johnny echols

« Arthur aimait son rôle de frontman. Il était le centre d'intérêt et il était à l'aise pour ça. Comme c'est le cas pour la majorité des groupes, le chanteur est le plus regardé. Les autres étaient des musiciens d'abord. En plus d'être un merveilleux chanteur, Arthur était aussi un poète. Un manieur de mots de classe mondiale qui n'a jamais cherché à devenir un grand musicien. Il consacrait son temps et ses efforts à l'écriture. Il n'avait pas besoin d'autre chose, il était entouré de grands musiciens. » (Johnny Echols)

Du funk-rock pour se relancer.

Parallèlement à Vindicator, Arthur Lee tente, quatre ans après, une hypothétique reformation de Love, laquelle se traduit par un 7ème LP, Reel To Real (RSO/décembre 1974). Enregistré avec des musiciens de session après que Lee ait viré tous les acteurs du disque précédent, il sera le dernier album studio estampillé Love.

Le boss de RSO Robert Stigwood lui accorde tous les moyens pour le réaliser et espérer relancer l'artiste. Au lieu de ça, Lee pond un improbable album d'esprit funk-rock très mal accueilli lors de la tournée de promotion.

La carrière du kid de Memphis devient erratique et ce n'est pas Black Beauty, enregistré, à la même époque pour Buffalo Records, un label mineur, qui change la donne. L'éditeur rencontrant des difficultés financières fait faillite, le disque ne sort pas ou en version pirate. Il faut attendre 2012 pour en retrouver une réédition de qualité, grâce à High Moon Records. Celle-ci entérine l'orientation funk rock récemment opérée par Lee.

Avant de sortir un deuxième album solo (Arthur Lee chez Rhino/1981), Arthur Lee et Bryan MacLean réunissent une nouvelle mouture de Love pour deux concerts au Whisky A Go Go (20 octobre 1978). John Sterling (guitare), George Suranovich (batterie) et Kim Kesterson (basse) se retrouvent autour du duo. Ce spectacle fait l'objet de Love Live, sorti en 1980 chez Rhino. La réunion de Love sera sans suite.

La galère et la maladie avant de (gros) ennuis.

Arthur Lee (Rhino/1981) est publié dans le sillage d'un judicieux Best Of Love édité la même année 80. La compilation sert, en fait, à promouvoir un disque incohérent, inégal et à la sensation d'inachevé.

Fatigué, désabusé, amoindri, Arthur Lee passe les 80's à galérer. Il revient dans son quartier d'origine pour s'occuper de son père en phase terminale d'un cancer. Ce père, il ne l'aura vu que 3 à 4 fois dans sa vie.

Il réapparaît en 1992 quand, requinqué, il reforme un ersatz de Love avec Don Conka et Shuggie Oti, pour un album : Arthur Lee And Love. Atteint de la maladie de Parkinson, le tennesséen lève le pied mais commence à enchaîner les ennuis avec la justice.

Dans un premier temps, il force la porte de l'appartement d'une ex et commet des dégâts énormes, avant de menacer son voisin avec un pistolet. Comme il est, depuis les années 80, sous le coup d'une condamnation pour des faits de détention de drogue, il est arrêté en 1996 et libéré en 2001.

3 août 2006 : un ultime bras d'honneur.

A sa sortie de prison, il tente un retour improbable. En 5 ans, il va alors effacer ses dernières décennies d'égarement. Lee réunit un nouveau groupe de musiciens, Baby Lemonade (2002), et repart en tournée en Europe et en Amérique du Nord. Le public est de nouveau conquis d'autant que Forever Changes est rejoué en intégralité jusqu'en 2005. Arthur Lee a le bonheur d'y retrouver ponctuellement Johnny Echols, motivé par ces retrouvailles.

Hélas la maladie s'invite, une leucémie myéloïde aigüe met fin à ses projets de reprendre la scène. Démuni, Arthur Lee est soutenu par ses amis de la profession (dont Robert Plant) pour payer les factures d'un traitement de chimio très lourd. Des concerts sont organisés à cette fin en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

En vain, Arthur Lee s'éteint le 3 août 2006 à Memphis. Ultime bras d'honneur d'un surdoué qui a fait Hendrix, Morrison et surtout Forever Changes, un des plus beaux disques de toute l'histoire du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE LOVE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Love lp 66

 

LOVE

LOVE – 1966  4,5/5

 

Publié en mars 1966.

Produit par Mark Abramson,Jac Holzman,Arthur Lee.

Durée:33:53.

Label:Elektra Records..

Genre:rock psychédélique,folk-rock,pop baroque,garage,protopunk.

 

Un grand Lee pour l’Amour.

 

Dans le catalogue de Love, la grande majorité des auditeurs focalise essentiellement sur Forever Changes, oubliant, hélas, qu’avant ce chef d’œuvre, les californiens sont les auteurs de deux LP de très grande valeur et qui préfigurent le monument discographique déjà en gestation dans la tête de Lee. J’entends par là l’album qui ouvre la carrière du groupe, l’éponyme Love (en écoute intégrale ici), publié en mars 1966 et Da Capo sorti à la fin de cette même année. Attardons-nous sur le premier des deux…

Love, c’est d’abord et avant tout Arthur Lee. Musicien et leader précoce de diverses formations (The Lags, American Four), admirateur des Byrds, Lee fonde Grass Roots en recrutant les deux Johnny, Echols le guitariste, métis comme lui, et Fleckenstein (bassiste), ainsi que Don Conka, batteur.

Peu de temps avant l’arrivée du guitariste Brian MacLean, Grass Roots devient Love. Ses prestations sur la scène rock psychédélique ayant été repérées, dans les clubs de la cité Des Anges notamment (par Jac Holzman, boss d’Electra, alors jeune maison d’éditions musicales, axée sur le folk), Love, dans la plus pure tradition des groupes hippies de l’époque devient le pôle d’intérêt de la scène psychédélique de Los Angeles.

Face à cette révélation qui confirme rapidement les espoirs placés en elle, Holzman signe Love, auquel il permet de convertir sans tarder les promesses entrevues via un premier album, celui qui nous réunit. Elektra ne s’est pas trompé : ce groupe, c’est de la dynamite et son leader a toutes les caractéristiques d’un génie en mode Syd Barrett.

En 1966, Love se fait d’abord remarquer par le single My Little Red Book, une reprise du hit de Burt Bucharach. Conka et Fleckenstein quittent le bateau que rejoignent Alban Snoopy Pfisterer (batteur) et Ken Forssi (bassiste). Il ouvre l’album de la meilleure des manières.

Outre le single évoqué ci-dessus, le disque dégage quelques titres épatants comme l’hymne anti-drogue Signed D.C, en hommage à l’héroïnomane qu’est Conka, A Message To Pretty, Can’t Explain, No Matter What You Do et une version torride du Hey Joe d’Hendrix que ce dernier popularisera par la suite.

Love tenait en Arthur Lee un auteur et compositeur visionnaire, un artiste qui s’est permis, sur le plan créatif, de rivaliser avec les Beatles en personne, doublé d’une très (trop) forte personnalité. Un auteur exceptionnel comme a pu l’être un Gene Clark, des Byrds, dont Love possède le son.

Ayant connu un bon succès, cet album est cependant à l’image du groupe : méconnu. Pop cristalline sophistiquée, richesse des mélodies, mélange de rock, garage rock, folk, blues et musique psychédélique (une musique qualifiée de rock baroque), voilà ce que propose cet album sous-estimé qui annonce le sublime Forever Changes de 1967. Il n’est pas vain de partir à sa rencontre pour se rendre compte qu’avant Forever Changes, Love avait une vie musicale déjà très riche et variée dont beaucoup de groupes se sont inspirés (RAZOR©).

 

1. My Little Red Book.

2. Can't Explain.

3. A Message to Pretty.

4. My Flash on You.

5. Softly to Me.

6. No Matter What You Do.

7. Emotions.

8. You I'll Be Following.

9. Gazing.

10. Hey Joe.

11. Signed D. C.

12. Colored Balls Falling.

13. Mushroom Clouds.

14. And More.

 

Arthur Lee:chant,percussions,harmonica,batterie sur2/6/9/13/14.

Johnny Echols:lead guitare.

Bryan Maclean:guitare rythmique,choeurs, sur 5/10.

Ken Forssi:basse.

Alban "Snoopy" Pfisterer:batterie.

LP Studio 2 - 1966

 

Love da capo

 

LOVE

DA CAPO – 1967  4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Paul Rotschild.

Durée:35:54.

Label:Elektra Records.

Genre:rock psychédélique,folk-rock,pop baroque,garage,protopunk.

 

A 19 minutes de la consécration.

 

1967 est l’année de sortie de Da Capo (en écoute intégrale ici), deuxième LP du groupe Love emmené par un extravagant Mister Lee. 1967 est l’année du mythique Summer Of Love aussi. Mais ce que l’on retient en priorité de cette année, c’est la fertilité et le caractère exceptionnel de sa production musicale.

Les Beatles produisent un extraordinaire Sergent Pepper’s, Hendrix y va de son Are You Experienced, les Floyd révèlent un Piper At The Gates Of Dawn hors norme, les Doors sortent leur sublime éponyme tandis que Love nous balance, coup sur coup, Da Capo (en février) et Forever Changes, leur pièce maîtresse (fin 67, début 68). Et j’en passe, et des aussi bons…

La face initiale de ce que l’on appelait alors le vinyle était occupée par 6 titres, Revelation et ses 18 minutes 57 s’accaparant la B (c’est du jamais vu dans le rock). Pour l’occasion, le line-up en place de Love (Lee, Echols, Pfisterer, McLean et Forssi) s’est enrichi d’un saxophoniste Tjay Cantrelli et d’un batteur, Michael Stuart (qui remplace Pfisterer, lequel passe aux claviers).

Façonné à coups de clavecins, de flûte, de guitares électriques, de ruptures de rythmes, Da Capo est particulièrement psychédélique. Le LSD a vraisemblablement été consommé sans modération et par buvard entier pendant l’enregistrement de ce disque. C’est ce que révèle le single et seul hit de l’album Seven & Seven Is qui figurera au numéro 33 des charts (ce titre sera repris plus tard par les Ramones).

On retrouve cette folie psyché et cet univers hypnotique sous hallucinogènes, dans Oranges Skies, She Comes In Color (l’histoire dit qu’il s’agirait d’une chanson sur une femme indisposée. Arthur Lee, dans ses délires, n’a pas toujours été un grand poète). Toute cette face A est intéressante et annonce le Forever Changes qui va suivre : The Castle (leur squat), Stephanie Knows Who, Que Vida et les titres précédemment annoncés.

C’est la deuxième face qui me gêne. Ce Revelation, mélange de blues âpre, de pop trop sophistiquée, de jazz et de mauvaise inspiration psychédélique, qui s’étire maladroitement et d’une manière ennuyeuse, avec un Arthur Lee défoncé qui ne sait plus où il habite, et ce, pendant près de 19 minutes, je ne suis pas preneur. Cette piste a certainement plombé le succès de ce disque dont les autres morceaux sont tous auréolés de très bonnes critiques.

C’est agaçant de voir le potentiel de ce Da Capo qui, de par la faute d’un seul titre qui a vocation de remplissage, plombe tout ce que l’album regorge de merveilles.

Love, du fait de la personnalité de Lee, de l’abus de produits hallucinogènes (les autres membres étaient également de bons clients pour s’envoyer en l’air), de son mode de vie communautaire et du côté hétéroclite de son œuvre, était dur à gérer. Il a flirté plus d’une fois avec la mise à la porte de chez Elektra.

Au bord de la rupture avec leur label au moment de Da Capo, Forever Changes les sauvera. Du moins leur accordera un sursis supplémentaire. Ce sera leur aboutissement, mais on ne fera pas l’impasse sur cet album qui aurait tutoyé les sommets, de termes de notation, s’il s’était libéré de cet insupportable Revelation, techniquement moyen et aux improvisations hasardeuses. Dans ce contexte sans consistance et trop ambitieux pour certains acteurs qui s’avèrent ici dépassés, 19 minutes c’est long (RAZOR©).

 

1. Stephanie Knows Who.

2. Orange Skies.

3. Que Vida!.

4. 7 and 7 Is.

5. The Castle.

6. She Comes in Colors.

7. Revelation.

 

Arthur Lee :chant,harmonica,guitare,batterie,percussions.

Johnny Echols:lead guitare.

Bryan MacLean:guitare rythmique,chant.

Ken Forssi:basse.

Alban "Snoopy" Pfisterer:orgue,clavecin.

Michael Stuart:batterie,percussions.

Tjay Cantrelli:saxophone,flûte,percussions.

LP Studio 3 - 1967

 

Love forever changes

 

LOVE

FOREVER CHANGES  5/5

 

Publié en novembre 1967.

Produit par Bruce Botnik,Arthur Lee.

Durée:42:51.

Label:Elektra Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Entré dans la légende.

 

Forever Changes (en écoute intégrale ici), chef d’œuvre par définition de Love, est publié, en novembre 1967, dans la même indifférence que celle qui a prévalu à la rupture du groupe qui en fut l’auteur. Avec onze titres qui sont autant d’épitaphes pour un Arthur Lee trimbalant, au fond de lui et depuis Da Capo, la forte sensation que sa mort est imminente, Forever Changes, hier ignoré, est aujourd’hui doublement plébiscité, non seulement parmi les grands albums de l’année 67, mais aussi dans l’élite discographique psychédélique.

Cette reconnaissance est venue avec le temps, certes, mais rien, ni personne au vingt-et-unième siècle ne peut contester l’unanimité qui s’est progressivement construite autour de lui et de son étrangeté. Beau parcours, même tardif, que celui de ce disque qui d’un modeste rang 154 dans les charts du moment, peut aujourd’hui bomber le torse avec son statut de culte.

Car c’est de cela dont il s’agit : d’un disque élevé au rayon de légende du rock. D’un disque d’une beauté si criarde qui interroge sur le fait de ne pas avoir été décelée plus tôt. D’une œuvre partie pour faire du bruit dans le landernau du rock psychédélique et restée à l’état de pet de lapin, car débarquée quand les hippies ont, pour la plupart, déjà viré leur cuti. D’un travail fabuleux qui aurait mérité de lui dérouler le tapis rouge.

Au lieu de cela et de le laisser s’épanouir sous le double LP qu’il est supposé être initialement, Elektra revoit les budgets à la baisse, saborde l’œuvre en l’épurant de certains titres, provoquant l’ire de ses membres et d’Arthur Lee qui, en réponse et dans le contexte tendu du moment, bâclent la promotion en limitant les tournées à la seule Californie quand, dans le même temps, le monde entier lui aurait ouvert grand les bras.

Forever Changes aurait mérité une prolongation autour de la même alliance humaine, d’autant que la critique qui a toujours eu Love à la bonne, se montre présentement chaud patate pour leur troisième opus. Quelle mouche pique alors Tutur de virer tout ce beau monde, sans penser une seule seconde qu’il vient de sceller le sort et de Love, et de son plus éminent ouvrage ?

Album sombre induit par les mauvaises ondes de Lee à son endroit, persuadé d’être en train de vivre ses dernières heures, ses près de 43 minutes reflètent l’instabilité mentale, pour ne pas dire la parano qui affecte l’homme de Memphis, déjà bien abîmé par l’héroïne et le LSD. Les autres acteurs ne sont d’ailleurs pas loin derrière et des doutes existent quant à leur remplacement temporaire (Echols, Forssi et Stuart) pendant les sessions d’enregistrement qui soulèvent des questions sur la fraîcheur de leur état de santé.

Forever Changes révèle une musique d’une grande richesse aux arrangements inouïs, une œuvre aux textes bien ciselés (drogue, violence urbaine, démence, haine, désespoir…), directs et poignants, aux mélodies vertigineuses.

La magnificence de sa matière aurait pu rester à tout jamais enfouie dans le plus profond des anonymats, n’en jamais ressortir. Il aura fallu plusieurs décennies et le passage à un support plus moderne, pour qu’enfin on découvre ce vinyle anthologique et son génial maître d’œuvre, Arthur Lee. Quel bonheur que d’avoir, comme beaucoup de fidèles de Love aujourd’hui, eu la bonne idée de m’y intéresser (RAZOR©).

 

1. Alone Again Or.

2. A House Is Not a Motel.

3. Andmoreagain.

4. The Daily Planet.

5. Old Man.

6. The Red Telephone.

7. Maybe the People Would Be the Times or Between Clark and Hilldale.

8. Live and Let Live.

9. The Good Humor Man He Sees Everything Like This.

10. Bummer in the Summer.

11. You Set the Scene.

       

Arthur Lee:chant,guitare.

Johnny Echols:guitare.

Bryan MacLean:guitare rythmique,chant.

Ken Forssi:basse.

Michael Stuart:batterie,percussions.

LP Studio 4 - 1969

 

Love four sail

 

LOVE

FOUR SAIL – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Arthur Lee.

Durée :36 :52.

Label:Elektra Records.

Genre:rock psychédélique,folk-rock.

 

Il y a une vie après Forever Changes.

 

Ce quatrième LP des californiens Love, Four Sail (en écoute intégrale ici), n’a pas la magie des précédents, il n’en présente pas moins un intérêt. Différent, ce disque auquel colle un line-up complètement bouleversé suite à un énième coup de tête de son leader, a encore quelques balles explosives dans le chargeur. Malgré ce constat encore élogieux, les conditions qui amènent à ce que Lee se retrouve seul sur la grille de départ de Four Sail (1969) interrogent sur le personnage, d’autant qu’il a encore un contrat à honorer avec son éditeur Elektra avec lequel les relations se sont depuis tendues.

Pour virer manu militari tout son monde, au lendemain de ce qui aurait dû, de son temps, être une révolution pour le rock, scier la branche sur laquelle il est alors assis, on soupçonne surtout que, derrière le sympathique substantif de génie dont on l’affuble aujourd’hui, se profile en fait un beau zinzin, un junkie rivé sur son perchoir, réservant ce qu’il lui reste d’une lucidité sérieusement entamée par le LSD et l’héroïne, à sa seule musique.

En dépit de son positionnement chronologique dans le sillage de l’album devenu culte que l’on connaît, alors vu comme un ouvrage lambda, rappelons-le,  je veux parler de Forever Changes, malgré la fragilité mentale de son catalyseur, architecte et exécuteur en chef, Four Sail présente des soubresauts tentant à reconnaître que la bête n’est pas morte.  

Frank Fayad à la basse, George Suranovich à la batterie, des proches, Jay Donnellan (guitare), un très bon musicien, et Drachen Theaker également batteur, intègrent donc Love, pour enregistrer un album qui est d’un autre registre, mais qui reste un travail intéressant de la bande à Tutur.

L’ambiance est différente de ce que l’on a pu connaître sur les disques antérieurs. C’est plus puissant, plus électrique, plus dynamique et moins complexe, moins éclectique, moins raffiné aussi.

La pop baroque d’un hier encore tout frais s’efface au profit d’un folk-rock puissant, ce transfert s’accompagnant d’un abandon de la douceur et des subtiles orchestrations de Forever Changes pour un univers sonore plus incendiaire, plus âpre. Autant le Love précédent joue sur du velours et fait dans la dentelle, autant la relève chausse les Rangers et revêt le treillis, visiblement pas recrutée pour embaumer les tourments toujours en effervescence sous la casquette de Tutur.

Ce changement de cap radical ne situe pas Four Sail au rang des rognures ou autres babioles nées pour capitaliser sur le corps encore tiède du petit dernier qui a réussi. Il est un disque à part entière du catalogue de Lee et de Love, une facette supplémentaire du potentiel d’un artiste qui a eu besoin de se cramer pour s’élever. Et sa démarche de maintenir Love la tête hors de l’eau en l’éloignant de la lumière diffusée par Forever Changes n’a rien d’un entêtement ou d’un caprice de star. Il est atteint le Lee, mais il est un artiste avant tout et sa réaction discographique, fut-elle épidermique, s’appuie sur une réflexion mesurée.  

Four Sail révèle un excellent Donnellan, guitariste virtuose qui joue les Hendrix de service en lacérant les pièces de son boss de solos aussi fougueux que maîtrisés, mais dans le sillage du capitaine, c’est tout un groupe de fervents galériens qui souque ferme. Lee a été un fin DRH sur le coup, comme on peut en juger au fil du déroulement de la tracklist.

Un sublime et éthéré August pour débuter et derrière ça enclenche le turbo jusqu’à l’ironique Always See Your Face : Your Friend And Mine, I’m With You, Good Times, Singing Cowboy, Dream, Robert Montgomery, Talking In My Sleep traduisent au mieux les raisons pour lesquelles Four Sails n’est pas ce genre de disques que l’on écarte au prétexte que, parce qu’il y a eu le chef d’œuvre Forever Changes, parce que le Love de la première génération a vécu, parce que Lee est insaisissable, la suite est à mettre au rebut. Il y a une vie après Forever Changes, pas forcément celle que l’on aurait tous souhaiter certes, mais elle est. Et l’Arthur en est toujours le cador fantasque et de plus en plus perturbé. Il tient encore parfaitement le gouvernail ici, quoi qu’on puisse en dire (RAZOR©).

 

1. August.
2. Your Friend And Mine - Neil's Song.
3. I'm With You.
4. Good Times.
5. Singing Cowboy.
6. Dream.
7. Robert Montgomery.
8. Nothing.
9. Talking In My Sleep. 
10. Always See Your Face.

 

Jay Donnellan:guitare.

Frank Fayad:basse,choeurs sur 6/7.

Arthur Lee:guitare,chant.

George Suranovich:batterie,choeurs sur 6/7.

Drachen Theaker:batterie sur 2/3/4.

LP Studio 5 - 1969

 

Love out here

 

LOVE

OUT HERE – 1969  4/5

 

Publié en décembre 1969.

Produit par Arthur Lee.

Durée:69:23.

Label:Blue Thumb (U.S),Harvest (U.K).

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Comme un chien dans un junkie.

 

Il est fort vraisemblable que les sessions d’enregistrements de Four Sail, l’album du Love nouvelle version publié quelques maigres mois auparavant pour le compte d’Elektra, aient servi de cadre à Out Here, fait chez Blue Thumb en fin d’année 1969.

Double LP, Out Here (en écoute intégrale ici) amène spontanément à une constatation. Arthur Lee en a encore sous le coude et se montre plutôt prolixe en termes de songwriting. Avoir profusion de titres pour pouvoir alimenter un double quand on porte la peu enviable étiquette de junkie et ce qu’elle sous-entend au niveau de l’instabilité, de la fragilité, de la cohérence ou de l’assiduité à la tâche, je dis : chapeau Arthur !

Finalement, il nous fait quoi l’Arthur. Il joue à quoi ? Il nous change les line-up comme de slip, passant d’une incarnation qui explose au lendemain du sublime Forever Changes à un ensemble de flibustiers racés qui finit parfaitement le boulot pour Elektra (Four Sail). Il fait un doigt à la douceur de Forever Changes ainsi que tout ce qui le lui rappelle, et se façonne en parallèle un avenir qui verse dans un folk-rock dont il décide de rendre les contours plus âpres ; il montre son cul à un label qui l’a vu naître, négocie en sous-main les conditions d’un sursis artistique en prenant bien soin de le faire en loucedé et sans révéler quoi que ce soit de la matière qu’il a bien dû subtiliser pour qu’elle se retrouve sans que l’on sache ni trop pourquoi, ni comment, sur les pupitres de Blue Thumb. Il est fieffé manipulateur de Tutur. La dope ne l’a pas complètement mis sur le carreau apparemment.  

On sera d’accord pour dire que la pioche qui alimente Out Here n’est pas le summum du catalogue de Love. C’est trop inégal pour supposer le contraire, cependant, au milieu de pièces qui trahissent encore que les vieux démons ne sont pas exorcisés, se manifestent des soubresauts qui ne laissent la place à aucune ambigüité : Tutur est un génie.

Les étincelles de génie dont on n’avait pas assez de doigts pour les énumérer jusqu’alors, se font de plus en plus éparses mais elles sont. Comme les failles, de plus en plus nombreuses, elles. Le rapport s’inverse désormais et la dope ne peut pas ne pas être tenue pour responsable. Le Capitaine Lee est vacillant, presqu’à bout de souffle, mais refuse de mettre un genou à terre. Le métis est pugnace, mais son talent lui échappe de plus en plus. Pour composer surtout, poste où il ne parvient que rarement à rassembler la magie qui l’animait.

Out Of Here a pourtant encore de qui tenir. Les moments forts de cet album justifient, à défaut d’un achat, une écoute : I’ll Pray For You, I Still Wonder, Listen To My Song, Run To The Top, le psychédélique You Are Something, Stand Out, Signed D.C, une sublime version réadaptée avec un extraordinaire solo, Willow Willow, Doggone (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. I'll Pray for You.

2. Abalony.

3. Signed D.C.

4. Listen to My Song.

5. I'm Down.

6. Stand Out.

7. Discharged.

8. Doggone.


Disque 2.

9. I Still Wonder.

10. Love Is More Than Words Or Better Late Than Never.

11. Nice to Be.

12. Car Lights On In The Daytime Blues.

13. Run to the Top.

14. Willow Willow.

15. Instra-Menatal.

16. You Are Something.

17. Gather 'round.

 

Jay Donnellan:lead guitare. 
Frank Fayad:basse.
George Suranovich:batterie.
Arthur Lee:chant,guitare rythmique. 
Paul Martin:lead guitare sur 5.
Drachen Theaker:batterie sur 3.
Jim Hobson:piano sur 1,orgue sur 13. 
Gary Rowles: lead guitare sur 10.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Arthur lee vindicator

 

ARTHUR LEE

VINDICATOR – 1972  4/5

 

Publié en août 1972.

Produit par Arthur Lee,Allan McDougal.

Durée:34:51.

Label:A & M Records.

Genre:rock psychédélique,hard rock.

 

Hendrixien !

 

Beau sujet de sa majesté, comme on dit, Arthur Lee (Arthur Taylor Porter, mort en 2006), fils de l’Oncle Sam, écrit les plus belles pages de son parcours chez Love, mythique groupe psychédélique US et première formation multiraciale, qu’il crée de toutes pièces et qui sévit principalement dans la seconde moitié des années 60, accrochant successivement à son tableau de chasse quelques perles du genre (l’extraordinaire Da Capo, l’intemporel Forever Changes devenu culte et incontournable, et Four Sail, l’album de la relance). Tutur y est pour beaucoup dans la reconnaissance que le rock témoigne aujourd’hui à cette formation qu’il ne cesse de remonter à la moindre occas’.

Guitariste, chanteur, mais surtout compositeur inspiré et torturé, ce métis de Memphis, très fragile dans sa tête au point d’être considéré comme dans le top 10 des bargeots que le rock recense, accro à ce que la pharmacopée compte de plus destructeur, repris de justice pour avoir fait détention et usage de drogues, mis le feu à l’appart’ d’une meuf qui l’a éconduit, menacé d’une arme à feu un voisin venant lui demander de baisser le son de sa musique, Lee aborde sa carrière musicale en solitaire par un album qu’il serait regrettable de ne pas avoir dans sa discothèque d’or.

Vindicator (en écoute intégrale ici), sorti chez A & M Records à l'été 1972, première des quatre bornes qui jalonnent cet itinéraire solo, a de l’Hendrix dans la boite à gants. Normal, ils sont cul et chemise ; il ne surprendra donc personne que Vindicator transpire par tous ses pores les références à cet illustre artiste.

En 12 titres, Lee arpente les terres du rock, du hard, du blues, du rock psychédélique et du R & B. On est donc à des années-lumière de la pop psychédélique bien léchée et superbement arrangée de Love et qui tend à éclipser malheureusement tout le répertoire personnel du Lee frénétique de l’après Love, un Lee alors au faîte de son talent.

Par contre, on ressent parfaitement dans ce dédale musical l’influence des drogues et la parano de Lee, obsédé par la mort comme c’est perceptible dans une bonne moitié des textes de ce LP.

Busted Feet, You Want Change For Your Re-Run et Love Jumped Through The Window représentent au plus haut niveau un excellent album qui trouvera preneur auprès des supporters de Love, mais de la fin du Love s’entend. Vindicator est certainement le travail solo le plus constant de cet artiste génial (RAZOR©).

 

1. Sad Song.

2. You Can Save Up to 50%, But You're Still a Long Ways from Home.

3. Love Jumped Through My Window.

4. Find Somebody.

5. He Said She Said.

6. Every Time I Look Up I'm Down or White Dog (I Don't Know What That Means!).

7. Everybody's Gotta Live.

8. You Want Change for Your Re-Run.

9. He Knows a Lot of Good Women (Or Scotty's Song).

10. Hamburger Breath Stinkfinger.

11. Ol' Morgue Mouth.

12. Busted Feet.

 

Arthur Lee:guitare,chant.

Charlie Karp:guitare.

Frank Fayad:basse.

Clarence McDonald:claviers.

Don Poncher:batterie.

Craig Tarwater:guitare.

David Hull:basse.

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