Arzachel.

BIOGRAPHIE.

 

ARZACHEL/Canterbury (Angleterre)

 

Arzachel 1

 

Groupe actif en 1969, le temps d'un LP.

Label:Zel Records,Evolution.

Genre:rock psychédélique,rock progressif.

 

Steve Hillage, maillon d'Arzachel.

Le parcours discographique de Steve Hillage, célèbre guitariste et producteur britannique, est, depuis le milieu de l'année 2016, consigné dans un méga-coffret constitué de pas moins de 22 CD.

Entendez par là que la collection en question propose de revisiter l'intégralité de sa carrière personnelle (ses 8 albums solo et 6 live) ainsi que ses implications dans les divers groupes par lesquels il est passé, de Gong à Uriel, en passant par Khan ou System 7 ; l'offre dévoile une multitude de belles raretés, de démos et exhume même quelques pans de sa collection privée.

Arzachel steve hillageSteve Hillage, le plus jeune d'Uriel...

Arzachel eggThe Egg...

Arzachel lp 2...avance masqué pour signer Arzachel (1969).

Searching For The Spark couronne un itinéraire qui a souvent flirté avec les limites du rock, le portant dans des sphères inexplorées, et avec un musicien à la pointe de la musique psychédélique et expérimentale depuis la fin des 60's.

Juste reconnaissance d'un sublime CV qui se construit sur les terres d'un Canterbury prenant ses premières inspirations et dont il va devenir un maillon clé, et avec un projet nommé Arzachel...

Sur les bancs de la City Of London School.

Steve Hillage n'est pas le seul à être dans le coup de cette entreprise née sur les bancs de la City Of London School à la fin de l'année 67 et originellement baptisée Uriel.

Dave Stewart, claviériste (homonyme du guitariste-partenaire d'Annie Lennox dans Eurythmics), est également impliqué dans le montage de cette affaire qui réunit aussi la rythmique constituée d'Hugo Martin Montgomery Campbell, dit Mont (bassiste), ainsi que feu (décédé en mai 2017) le batteur Clive Brooks (futur The Groundhogs), recruté par le biais du Melody Maker, début 1968. Hillage est le plus jeune (16 ans), Brooks le plus âgé (18 ans).

D'Uriel à The Egg.

Au printemps de cette même année, Uriel tourne auprès des écoles et des clubs de jeunes en s'appuyant sur un répertoire blues-rock et pop-rock emprunté aux ténors du moment (Cream, Hendrix, The Bluesbreakers, Spencer Davis Group, Beatles, Nice) avant, durant l'été, d'enregistrer une première démo (Saturn/Bogey Man), dans un petit studio d'Holland Park, un quartier londonien.

La formation, à la même période, s'installe dans une résidence d'été victorienne (Ryde Castle Hotel), située sur le front de mer de l'île de Wight.

En août, Steve Hillage fait alors le choix de reprendre ses études (Université de Kent à Canterbury) quand, dans le même temps, ses partenaires décident eux de se professionnaliser autour d'Uriel. Le trio étoffe son répertoire en délaissant les reprises pour des originaux signés essentiellement Stewart et Campbell. Il quitte Wight pour revenir sur Londres où tout se passe.

Après avoir signé une nouvelle démo (Egoman/Swooping Bill/The Salesman Song), Uriel passe un accord pour se produire régulièrement au Middle Earth, le club psyché en vogue du 43 King Street à Covent Garden (Londres).

En passant chez Deram, Uriel se voir contraint de changer de nom. Uriel devient The Egg en janvier 1969. Puis Egg, qui s'engage avec Deram Records, la filiale progressive de Decca, gros label britannique. Uriel est, dans le même temps, sollicité pour réaliser un LP psychédélique pour une étiquette mineure, Evolution Records.

Arzachel hillage portrait

« A l'école, nous avions un groupe nommé Uriel.  Nous étions jeunes mais plutôt bons et avons commencé à décrocher de nombreux engagements, notamment au club psychédélique Middle Earth. Les autres membres du groupe voulaient eux arrêter l'école et devenir professionnels, mais pour raisons familiales, je n'ai pas pu suivre cette voie, alors j'ai laissé le groupe à l'été 1968. Les autres ont quitté l'école et ont été encadrés. Uriel est alors devenu Egg. Nous sommes toujours restés amis et ils m'ont régulièrement invité pour des concerts. Alors qu'ils venaient d'obtenir un contrat pour Decca, ils ont eu une offre pour faire un disque "work for hire" pour une petite étiquette laquelle voulait un "album de rock psychédélique". Ils m'ont invité à participer au projet, mais ils ne voulaient pas utiliser leurs vrais noms, car cela pourrait rendre les choses délicates compte tenu de leur implication pour Decca. Alors nous avons décidé de créer des pseudos ridicules pour avancer masqués. On a bien ri, en fait. » (Steve Hillage)

Quand The Egg avance masqué...

En porte-à-faux, le groupe ne voulant pas se couper du partenariat avec Decca, trouve une parade pour répondre à cette proposition ; Campbell, Brooks et Stewart insistent pour que Steve Hillage rejoigne ponctuellement le trio, ce qu'il fait de bonne grâce, et participe à ce projet d'album clandestin (enregistré en juin 69).

Cet album caché se fait sous le nom d'Arzachel (sortie automne 1969), chacun des acteurs prenant pour l'occasion des pseudos. Ainsi, Stewart officie sous Sam Lee-Uff, Campbell sous Njerogi Gategaka, Brooks sous Basil Dowling tandis qu'Hillage apparaît sous les traits de Simeon Sasparella.

...sous les traits d'Arzachel.

L'album d'Arzachel (nom hérité d'un cratère lunaire) est publié sur Zel records lequel a une connection avec Evolution Records, cité précédemment. Bouclée en moins de 24 heures, cette session de six titres (4 en face A et 2 en face B, dont un épique Metempsychosis qui flirte avec les 17 minutes) tient plus du récréatif que de l'oeuvre aboutie.

Elle est initialement pressée à une grosse poignée d'exemplaires mais, le statut de ses acteurs et la carrière remarquable de Steve Hillage notamment, a incontestablement contribué, depuis, à faire de ce binôme important du psychédélisme à l'anglaise, un objet très recherché. On court beaucoup l'Arzachel dans l'ère moderne...

A sa suite, Egg trace sa route jusqu'en 1972 et à sa dissolution, tandis que Steve Hillage poursuit son remarquable parcours par Kahn, avant de croiser la route de Gong, pierre angulaire d'une scène underground expérimentale et avant-gardiste qui va marquer des générations entières de musiciens et faire de lui un des plus grands guitaristes de la musique psychédélique et progressive (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1969

 

Arzachel lp 2

 

ARZACHEL

ARZACHEL – 1969  4,5/5
 

Publié en 1969.

Produit par Peter D. Wicker.

Durée:43:25.

Label:Evolution Records.

Genre:rock psychédélique,rock progressif.

 

Chaudement recommandé.

 

C’est pour des histoires de ce type que j’aime écrire ces chroniques. Il fallait y être et j'y étais. Le hasard m’a permis ce privilège. Merci maman, merci papa ! Moi qui n’avait rien demandé, je me suis retrouvé là, par pur coup de bol, à écouter les potes réunis autour de la table du café Bertrand et autour d'un demi qui faisait toute l'après-midi, débattre de ce disque tombé de nulle part (vraisemblablement un import), au début des 70's.

C'est la première fois que j'entendais parler de cet Arzachel dont on ne savait alors strictement rien, queudale. Ce que que l'on en a su remonte à quelques années plus tard quand Steve Hillage, son membre le plus connu et déjanté notoire, a fricoté avec Gong, le francophone.

Sur le moment, les seuls commentaires des plus initiés évoquaient de la bombe psychédélique venue d'Outre-Manche et ils n'avaient pas tort, on peut mieux en juger aujourd'hui que la rareté en question a été rééditée. L'original, quant à lui, fait l'objet d'une recherche effrénée des collectionneurs. Et pour cause...

Arzachel (en écoute intégrale ici) est né dans la clandestinité en 1969 à Canterbury, scène du mouvement du même nom que Soft Machine et Caravan (pour ne citer qu’eux) ont immortalisée.

Sous la houlette de Steve Hillage, quatre allumés qui voguaient alors sous la bannière d’Uriel (Dave Stewart, Hugh Mont Campbell et Clive Brooks plus Hillage), s’affublent de sobriquets farfelus, jouent masqués sous le nom d’Arzachel. Ils vont se révéler un des pans les plus intéressants du psychédélisme à l'anglaise, mais certainement aussi les plus éphémères, puisque l'album qui les a révélés s'est fait en un jour et n'a jamais eu de suite.

La musique de cet album s’articule principalement autour de la guitare de Hillage et l’orgue de Stewart (deux génies, n’ayons pas peur des mots !). Même si le son laisse quelque peu à désirer (mais c’est ce qui fait le charme des LP de cette fin de sixties), cet album est une mine d’or psyché.

Ce disque est révélateur du talent de ces gamins d’alors et typique de cet ère complètement barge. Bourré d’énergie, rugueux, avec un orgue qui n’en finit plus de déchirer et d’agresser, d’une remarquable habileté, plein d’enthousiasme, étrange, ce seul album répertorié sous Arzachel (43 minutes et 25 secondes) est très recherché par les puristes. Seuls 14 malheureux petits exemplaires avaient été écoulés à sa sortie, c’est effarant ! Retenez ce nom : Arzachel. Chaudement conseillé. Mais ça risque de vous coûter cher si vous vous mettez en quête de l'original… (RAZOR©).

 

1. Garden of Earthly Delights.
2. Azathoth.
3. Queen Street Gang.
4. Leg.
5. Clean Innocent Fun.
6. Metempsychosis.


Steve Hillage (Simeon Sasparella):guitare solo,chant.

Dave Stewart (Sam Lee-Uff):claviers.

Hugh Mont Campbell (Njerogi Gategaka):basse,chant.

Clive Brooks (Basil Dowling):batterie.

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