Beauregard Ajax.

BIOGRAPHIE.

 

BEAUREGARD AJAX/Oxnard (Californie-USA)

 

Beauregard ajax intro

 

Actif entre 1966 et 1968.

Label:Shadoks Records.

Genre:rock psychédélique,acid rock.
 

Un talent ressuscité.

C'est au milieu des 60's et dans la ville californienne d'Oxnard, à une quarantaine de minutes au sud de Santa Barbara, que Beauregard Ajax a fait ses premières gammes dans le métier du rock.

C'est là, à portée de fusil de Malibu, que des ados motivés de cette cité qui, quelques années plus tôt (1962), a déjà donné le jour aux Dartells (connus pour leur Hot Pastrami, 11ème du pop charts US), ambitionnent, comme leurs aînés, comme les Beatles et les groupes de la Bristish Invasion inondant l'Amérique, comme les groupes californiens du crû, de faire du rock : le rock de leur époque.

Beauregard ajax affiche ouverte dumplings pour byrdsLes Dumplings, avant Beauregard Ajax...

Beauregard ajax photo charlie hendrixUn groupe qui mérité le respect (Photo Hendricks).

Beauregard ajax leo hartshorn 2Leo Hartshorn, batteur d'un groupe...

Beauregard ajax jim salzer...lancé par Jim Salzer.

Tous sont issus du même quartier, partagent le même lycée et n'affichent pas encore 18 ans sous la toise. Ils pratiquent leur art sous l'identité de The Poets et font essentiellement du rock garage, avant de muter rapidement sous le nom de Beauregard Ajax et d'évoluer vers un rock plus psychédélique comme c'était alors en vogue sur la scène west coast californienne.

Même s'il n'a pas laissé un souvenir impérissable auprès de la sphère psyché ambiante, le groupe initié par David Ferguson n'en a pas moins été digne d'intérêt comme en atteste Deaf Priscilla (1967), son unique fait d'armes, sorti dans les bacs alors que le groupe était enterré depuis 4 décennies. En 2006 exactement. On peut dire qu'il revient de loin.

L'héritage vinylique laissé par ces musiciens californiens morts-nés révèle un beau potentiel, un bel esprit psych, des guitares compétentes, une solide rythmique, des harmonies vocales sympas, une écriture correcte bien qu'inégale. C'est loin de boxer dans la catégorie des Airplane mais ça mérite le respect...

Des Poets aux Dumplings.

Le guitariste David Ferguson, John Boutell (guitare rythmique), Dennis Margeson à la basse sont les premiers à s'ériger en Poets en 1966. Au début de l'année suivante, le bassiste est suppléé par Clint Williams, avant que le chanteur et flûtiste Charlie Hendricks ne vienne compléter le line-up.

Celui-ci épaule aussi Ferguson à l'écriture, tandis que Leo Hartshorn s'installe à la batterie sur les recommandations d'un proche du groupe, Pat Landreville.

Diplômes en poche, études terminées, cette mouture consacre un peu plus de temps à la musique et multiplie les sorties publiques. Le combo anime alors des soirées, des bals, des fêtes locales pour les jeunes de leur génération. Cette intensification des concerts auprès des teenagers du Grand Los Angeles renforce sa popularité et amène les Poets à franchir un cap.

C'est encore Patrick Landreville qui le leur permet en faisant jouer son carnet d'adresses et en présentant les Poets à Jim Salzer, disquaire local (Oxnard Carriage Square), producteur et organisateur de concerts sur Oxnard et Santa Barbara.

Salzer, promoteur très influent sur la place de Los Angeles, impressionné par ces jeunes talents, leur obtient quelques engagements plus huppés comme le Starlight Lounge, lieu de passage des plus grandes stars du moment sur Ventura, ainsi que des premières parties de concerts.

Dans ce cadre, les jeunes musiciens ouvrent pour les Byrds (le 15 avril 1967/Earl Warren Showgrounds de Santa Barbara) ou les Doors. Les Poets deviennent alors les Dumplings, nom suggéré par Charlie Hendricks.

Dans le même temps, les Dumplings se rapprochent d'un autre musicien du crû, Mike Cullen, avec le groupe duquel ils ont l'habitude de taper le bœuf. Ce rapprochement permet, à l'occasion d'un spectacle, à la bande à Ferguson d'attirer l'attention de la femme de Jimmie Haskell, compositeur et arrangeur new yorkais (Ricky Nelson, The Grass Roots, Blondie).

Del-Fi Records comme partenaire.

Celle-ci alerte aussitôt l'associé de son mari, Bob Keane, propriétaire du label hollywoodien Del-Fi Records (en référence au Dieu grec de la musique Delphi) et producteur du légendaire Richie Valens et des premières œuvres de Zappa. Ce dernier les auditionne à l'été 1967 avant de les signer rapidement.

Pour des raisons pratiques, les Dumplings, engagement en poche, s'installent dès lors à Los Angeles dans un appartement, certes exigu, mais proche des studios d'enregistrement.

Novices, sans la moindre expérience de studio, ils se mettent néanmoins au travail dans l'optique de sortir un premier LP en s'appuyant sur les démos écrites par Ferguson et Hendricks et en pratiquant le folk-rock électrique alors en vigueur sur la place californienne et dont les Byrds sont la référence du moment.

Les Dumplings commencent à se produire plus régulièrement sur L.A, prenant même la deuxième place d'un concours régional organisé à Ventura et par Jim Salzer, comme évoqué précédemment. Les portes du légendaire Troubadour et des clubs en vogue de Sunset Strip s'ouvrent à eux.

Beauregard ajax leo hartshorn

« Je suis content de cette issue car, même si aucun des membres du groupe n’a reçu un seul centime du disque que nous avons enregistré il y a plus de 40 ans, je suis heureux que la musique que nous avons créée en qualité de jeunes musiciens de L.A soit aujourd'hui appréciée par une nouvelle génération. Quand j'écoute cette musique, je me souviens de mes anciens amis, des nombreuses expériences que j'ai vécues à Los Angeles et de ma vie d'espoirs et d'aspirations pour l'avenir. » (Leo Hartshorn)

Le bouillon pour Keane, la tasse pour Beauregard Ajax.

Sous la pression de Keane qui a vraiment ces jeunes à la bonne, ils vont alors évoluer sous une identité différente de celle des Dumplings. Le producteur-manager propose Sleep, mais un autre nom est retenu, suggéré une fois encore par Landreville. Ce sera celui de Beauregard Ajax que Keane entend bien produire à 100%.

L'avenir sera tout autre. Après avoir travaillé pendant une dizaine de mois sur l'album, les jeunes musiciens doivent se résoudre à voir leur projet discographique rester lettre morte, le label de Keane (il était associé et l'association a tourné court) étant en proie de très graves problèmes financiers. Il est même déclaré en faillite tandis que Keane, actionnaire minoritaire, est écarté de la liquidation par son associé (Larry Nunes) au printemps 1968. Si Keane boit le bouillon, Beauregard Ajax boit la tasse.

Beauregard Ajax n'a pas le temps d'amener les dernières retouches à un album alors à deux doigts d'être bouclé, qu'il trouve un jour les portes du studio cadenassées.

Il se retrouve ainsi à la rue et sans la moindre copie de ses enregistrements. Cette situation engendre des problèmes relationnels au sein du groupe, l'amenant à splitter avant la fin de l'année 1968.

2006 : le retour de Deaf Priscilla.

L'album incriminé, Deaf Priscilla, ne sera jamais publié à l'époque. Il le sera finalement en 2006 par la volonté du label allemand Shadoks Records.

Une dizaine d'années plus tôt, quand Keane relance Del-Fi (vers 1995), les bandes d'enregistrement de cet opus sont retrouvées. Elles portent deux identités distinctes : Beauregard Ajax et Sleep, le nom qui tenait à cœur au propriétaire de la maison de disques.

Plus personne, pas même Keane, ne se souvient de ces jeunes d'autant que les contrats inhérents à leur engagement ne sont jamais retrouvés.

Une recherche est alors lancée par les éditeurs pour trouver trace de ce Beauregard Ajax dont plus personne n'a de nouvelles. Finalement, les investigations menées par les équipes de Keane permettent de retrouver David Ferguson, puis certains membres du groupe lesquels donnent leur accord pour publier leur travail.

Les bandes traînent encore à gauche, à droite en Europe jusqu'à ce que Shadok Records, label spécialisé dans l'exhumation de trésors des 60's/70's ne se décide enfin à les éditer.

Deaf Priscilla tombe dans les bacs en 2006, soit 38 ans après leur enregistrement. Sous Beauregard Ajax pour les uns, sous Sleep pour Keane... Qu'importe, le talent est bien là et c'eut été dommage de s'en priver (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1968 (sorti en 2006).

 

Beauregard ajax deaf priscilla 1968

 

BEAUREGARD AJAX

DEAF PRISCILLA – 1968  3,5/5

 

Publié en 2006.

Enregistré en 1967/68.

Durée:46:44.

Label:Shadoks Records.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

Pouvait prétendre à mieux.

 

Beauregard Ajax (1966) disparaît corps et âme avant même que Deaf Priscilla (1968), le seul témoignage de son existence dans le rock, ne soit prêt pour une publication sur le marché. Ce qui se fera finalement en 2006 via Shadoks Recordings, dans un désintéressement général et grâce aux bandes d’origine (avec quatre bonus supplémentaires dispensables).

Groupe de pop/rock psychédélique californien du milieu des sixties, parti des Poets et transitant par les Dumplings, il tombe dans l’escarcelle du label Del-Fi Records du producteur angelin Bob Keane, célèbre pour avoir managé Richie Valens, lancé la carrière de Sam Cooke et travaillé ponctuellement avec Frank Zappa en 1963/64 sur ce qui allait devenir l’album de compilations Cucamonga (1998).

La brièveté d’une relation ayant vite tourné court rajoute au mystère qui entoure cette formation et Deaf Priscilla, que d’aucuns jugent aujourd’hui comme un binôme psychédélique de très haute volée.

Méfions-nous plus que jamais de ces trésors déterrés à une époque où le marketing impose de capitaliser autour de la rareté. La démarche purement commerciale cache parfois des troisièmes couteaux…

Shadoks Records, à l’initiative de cette réédition a pour lui d’avoir déjà exhumé des pièces croustillantes et particulièrement intéressantes. Il n’en est pas à son coup d’essai et a souvent le nez creux pour redonner vie à des œuvres qui en vaillent la peine.

Pour le coup, il ne s’est pas trompé, la pêche est bonne, à défaut d’être miraculeuse. Deaf Priscilla est un excellent mix de West Coast période 67/68 et de psychédélisme à l’anglaise.

Parler cependant de chef d’œuvre perdu comme il se lit sur la toile, c’est aller un peu vite en besogne. Les David Ferguson, Charlie Hendricks, Clint Williams, Jim Boutell et Leo Hartshorn, influencés par la British Invasion, nous livrent un travail propre, digne d’intérêt, dans un bel esprit psych et dénotent d’un beau potentiel, mais rien qui ne puisse faire se relever la nuit en dépit de guitares compétentes, d'une rythmique solide, d'harmonies vocales sympas.

Le bat blesse essentiellement au niveau d’un chanteur pas très convaincant au poste. Les mélodies tiennent leur rang, les textes signés Hendricks et Ferguson traitent de sujets plutôt sombres.

Dans le lot acceptable des 14 titres (j’exclus les bonus que je trouve inintéressants), émerge une poignée de curiosités qui encapsulent bien l’esprit de l’époque, telles que Goodbye Again, Dead Woman Blues, Blue Violins, Deaf Priscilla, Kaleidoscope, Is Tomorrow Thursday, Things Will Work Out Fine, Feather In A Bottle, Happy Brontosaurus ou encore Loneliness Is A Sometime Thing.

Mais là encore, rien qui ne puisse justifier d’une quelconque remise en question du genre. Maintenant, il est clair qu’on ne peut pas préjuger de ce qu’aurait pu donner ce groupe adroit aux compositions pas vilaines du tout. 3,5 c'est déjà beau pour une formation qui a pointé zéro pendant près de 40 piges (RAZOR©).

 

1. Loneliness Is A Sometime Thing.

2. Goodbye Again.

3. I Will Be Looking Away.

4. Dr. Jebediah Webb.

5. Is Tomorrow Thursday?

6. Dead Woman Blues.

7. Blue Violins.

8. Things Will Work Out Fine.

9. Happy Brontosaurus.

10. Deaf Priscilla.

11. Feather In A Bottle.

12. Take You Far Away.

13. Love Is A Prize.

14. Kaleidoscope.

15. Blue Violins (version 2).

16. Dead Woman Blues (version 2).

17. Goodbye Again (version 2).

18. I Will Be Looking Away (version 2).

 

David Ferguson:chant,guitare.

Charlie Hendricks:chant,pipe.

Clint Williams:basse électrique.

John Boutell:guitare,chant.

Leo Hartshorn:batterie.

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